• La Basilique.............Théophile GAUTIER..1811- 1872

    La Basilique

    Recueil : "Premières poésies"

    La Basilique.............Théophile GAUTIER

    « The pillared arches were over their head,
    And beneath their feet were the bones of the dead. »

    — The Lay of the Last Minstrel.

    « On voit des figures de chevaliers à genoux sur un tombeau, les mains jointes… les arcades obscures de l’église couvrent de leurs ombres ceux qui reposent. » — GOERRES.

    Il est une basilique
    Aux murs moussus et noircis,
    Du vieux temps noble relique,
    Où l’âme mélancolique
    Flotte en pensers indécis.

    Des losanges de plomb ceignent
    Les vitraux coloriés,
    Où les feux du soleil teignent
    Les reflets errants qui baignent
    Les plafonds armoriés.

    Cent colonnes découpées
    Par de bizarres ciseaux,
    Comme des faisceaux d’épées
    Au long de la nef groupées,
    Portent les sveltes arceaux.

    La fantastique arabesque
    Courbe ses légers dessins
    Autour du trèfle moresque,
    De l’arcade gigantesque
    Et de la niche des saints.

    Dans leurs armes féodales,
    Vidames et chevaliers
    Sont là, couchés sur les dalles
    Des chapelles sépulcrales,
    Ou debout près des piliers.

    Des escaliers en dentelles
    Montent avec cent détours
    Aux voûtes hautes et frêles,
    Mais fortes comme les ailes
    Des aigles ou des vautours.

    Sur l’autel, riche merveille,
    Ainsi qu’une étoile d’or,
    Reluit la lampe qui veille,
    La lampe qui ne s’éveille
    Qu’au moment où tout s’endort.

    Que la prière est fervente
    Sous ces voûtes, lorsqu’en feu
    Le ciel éclate, qu’il vente,
    Et qu’en proie à l’épouvante,
    Dans chaque éclair on voit Dieu ;

    Ou qu’à l’autel de Marie,
    À genoux sur le pavé,
    Pour une vierge chérie
    Qu’un mal cruel a flétrie,
    En pleurant l’on dit : Ave !

    Mais chaque jour qui s’écoule
    Ébranle ce vieux vaisseau ;
    Déjà plus d’un mur s’écroule,
    Et plus d’une pierre roule,
    Large fragment d’un arceau.

    Dans la grande tour, la cloche
    Craint de sonner l’Angelus.
    Partout le lierre s’accroche,
    Hélas ! et le jour approche
    Où je ne vous dirai plus :

    II est une basilique
    Aux murs moussus et noircis,
    Du vieux temps noble relique,
    Où l’âme mélancolique
    Flotte en pensers indécis.

    « Lueurs des tirs – Océan de terre..............Guillaume APOLLINAIRE.1880 -1918Les oreilles d’Amaranthe..............Pierre de MARBEUF.de 1619 à 1623. »
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