• L'aube à l'envers..........Paul VERLAINE (1844-1896).

    L'aube à l'envers

    L'aube à l'envers..........Paul VERLAINE   (1844-1896).

    Le Point-du-Jour avec Paris au large,
    Des chants, des tirs, les femmes qu'on " rêvait ",
    La Seine claire et la foule qui fait
    Sur ce poème un vague essai de charge.

    On danse aussi, car tout est dans la marge
    Que fait le fleuve à ce livre parfait,
    Et si parfois l'on tuait ou buvait,
    Le fleuve est sourd et le vin est litharge.

    Le Point-du-Jour, mais c'est l'Ouest de Paris !
    Un calembour a béni son histoire
    D'affreux baisers et d'immondes paris.

    En attendant que sonne l'heure noire
    Où les bateaux-omnibus et les trains
    Ne partent plus, tirez, tirs, fringuez, reins !

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  • Commentaires

    2
    Jeudi 23 Janvier à 13:41

    Merci cochonfucius j'ai beaucoup aime  ces deux poèsies 

    LD

    1
    Jeudi 23 Janvier à 12:43

    (1)  Tavernier songeur
         ------------

    De ce troquet, ne passons pas au large,
    C’est justement l’endroit dont je rêvais ;
    D’un peu de vin partageons les bienfaits,
    L’animation, le tavernier s’en charge.

    Ce vieux barman de ce monde est en marge,
    Pardonnons-lui, personne n’est parfait ;
    Déjà, bien jeune, en ce lieu je buvais
    (Modérément, soit dit à ma décharge).

    Quand un touriste arrive des lointains,
    Nous échangeons des blagues, des histoires
    Et des propos, parfois fort incertains.

    La nuit, dehors, est de plus en plus noire,
    Le tavernier ne perd pas son entrain ;
    Il est à l’aise, il est sur son terrain.

     

    (2)  Verlaine au comptoir
           -------------------------

    Devant Verlaine était un pichet large.
    Tout en buvant, le poète rêvait
    Aux vers charmants qu’il avait jadis faits ;
    De ce trésor, nos mémoires se chargent.

    Mille sonnets, des dessins dans les marges,
    Dans un accord le plus souvent parfait
    (Ce sont des mots que la muse buvait
    Sans soif pourtant, soit dit à sa décharge).

    Verlaine dort en un coin de Paris ;
    Sa tombe est verte et grise, sans histoire.
    De ses couplets, si le fleuve est tari,

    L’esprit survit dans la belle encre noire,
    Ces mots subtils, ce coup d’oeil, cet entrain ;
    Un monument plus ferme que l’airain.

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