Les parades amoureuses des oiseaux sont parfois de vrais spectacles. Entre les danses et les chants mélodieux, les mâles se donnent du mal pour conquérir les femelles. L'araponga blanc, lui, a opté pour une autre approche : hurler à pleins poumons à la face de sa belle. Et le volume est assourdissant ! Cet oiseau, qui vit dans le nord de la forêt amazonienne, peut atteindre les 125 décibels au top de sa forme, un bruit comparable à un concert de rock ou un marteau-piqueur ! Impressionnant pour un oiseau qui ne pèse que 250 grammes pour la taille d'une colombe.

"Il chante la première note, tourné vers l'extérieur, puis il opère une rotation dramatique, presque théâtrale (...) expulsant une deuxième note en direction de sa prétendante ", explique à l'AFP le biologiste Jeff Podos, coauteur d'une étude parue dans la revue Current Biology. Avant d'admettre : "Nous ne savons pas comment des animaux si petits arrivent à être si bruyants  !". Les scientifiques ont en revanche remarqué que plus le cri est sonore, plus sa durée est limitée.

Si les scientifiques ont du mal à savoir exactement pourquoi les mâles araponga crient ainsi, ils supposent que le cri aurait un rôle dans la sélection sexuelle. Mais, alors que les oiseaux réservent d'habitude leurs cris les plus bruyants pour les communications longue distance, l'araponga fait tout l'inverse. Il augmente au contraire le volume de sa chanson de plusieurs décibels lorsqu'il est tout proche d'une femelle, ce qui peut lui endommager l'ouïe.

Mais l'espèce pourrait bien disparaître d'ici 20 ans. La zone où ces oiseaux vivent est sujette aux feux de forêt. Sans compter les fermiers qui mettent le feu à leurs parcelles près de la jungle. "Ce sont de magnifiques oiseaux, ils ne sont pas très connus. Et, sans aucune faute de leur part, ils sont en danger, conclut Jeff Podos. C'est simplement la manière dont la culture humaine s'est répandue."