• Les petits loups

    Les petits loups  1

    Les petits loups

     

    Dans une forêt tapie près des étoiles regardez bien vous les verrez les petits loups, ils sont trois leur pelage est bleu et leurs yeux verts étonnent la natureIls se nomment
    CANDIDE
    CUPIDE et
    DORE

    Ce sont des loups solitaires qui refusent de vivre avec une tribu
    Ce sont des artistes, des excentriques. La tribu voit d’un mauvais œil
    Ces trois loups solitaires vivre leurs passions d’artistes.

     
    CANDIDE est un poète qui compose des poésies  ravissantes
    il vient d’obtenir le PRIX DU RECUEIL D’OR »
    décerné tous les dix ans  par la maison d’édition les loups du levant

    CUPIDE  est un peu économe il collectionne les vieilles monnaies et
    les classe Selon leur valeur dans de grands classeurs
    cachés dans une armoire ancienne

    DORE  est musicien en attendant que sa musique connaisse le succès mérité
    Il vit aux crochets de ses deux frères qui ne s’en plaignent guère
    Je vous ai situé les trois marginaux et à présent débute notre conte

    il était une fois… Est-ce ainsi que l’on débute les contes
    dites moi si je suis dans le vrai ?
    Nos petits loups sommeillent dans cette forêt paisible ils sont charmants bercés
    Par leur bonne fée les étoiles se penchent afin de les apercevoir
    elles rient Mais cette tranquillité sera troublée dans peu de temps

    un réel danger apparaîtra
    Et…
    mais  les laissons dormir paisiblement
    à bientôt mes amis.
    A suivre

     

    Raymonde Verney

     

     

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  • La libellule et l’abeille

    La libellule et l’abeille

    Vous ai-je conté l’histoire de la libellule et de l’abeille ?

    Non ! Réparons cet oubli.

    Dans un été torride une libellule prenait ses aises

    Libellule

    Elle s’égayait dans une nature translucide

    Ne songeant qu’à s’amuser car l’été lui seyait à merveille.

    Une abeille observait ce manège d’un œil mauvais

     

    Cette paresseuse se moque des ouvrières laborieuses.

    Abeille

    Elle en réfèrera à la doyenne des abeilles: la reine mère.

    Ma fille, lui répondit la dame sage, accepte cette erreur de la nature

    Nous ne sommes pas tous égaux.

    La libellule a une vie fugitive. Toi, un jour, tu règneras.

    L’abeille bonne fille ne se fâcha plus contre la libellule.

    Pourtant à l’orée du soir les ragots allaient bon train

    Savez vous disait le bouleau à un chêne fripé que dans la forêt des vertes
    Saisons deux amoureux se rencontrent « en cachette » ?

    La fée LUCIOLE abrite leur rencontre dans la cabane hantée

    Le bruit se répandit dans une nature assoiffée de nouvelles

    L’abeille décida  de se déguiser en fleurs

    Une nuit où la lune oublieuse  de ses serments se coiffait et se parait

    Afin de séduire le ciel, métamorphosée en fleur notre petite curieuse se Planta (le mot est juste) à côté  de la cabane hantée! Elle attendit longtemps

    Soudain! La porte grinça…le bourdon et la libellule volèrent se serrant l’un contre l’autre

    L’abeille en était retournée et stupéfaite elle se précipita à la ruche puis conta sa découverte à la reine mère

    La sage vieille dame convoqua les deux amoureux et leur demanda de régulariser leur situation

    Ainsi fut fait: la forêt des quatre saisons célébra les noces

    La fée LUCIOLE offrit aux jeunes mariés une baguette magique

     

    Raymonde Verney

    Un conte pour enfants

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  • luna 2 Contes pour les enfants

    luna 2 Contes pour les enfants..

    Un comité se réunit la veille des festivités :
    qui  remplacerait dame LUNE dans ses fonctions ?
    Hors de question de laisser la nuit régner elle en profiterait

    pour s’installer et faire l’arrogante
    Une étoile plus lumineuse que  les autres  fut désignée

     

    elle se nommait TALIA
    Elle accepta gentiment le rôle de médiatrice du ciel
    Le lendemain soir dans le ciel opaque les étoiles firent
    une haie d’honneur à la mère LUNE portant la petite LUNA.
    La source DEVIA coulait dans un bruissement soyeux d’un nuage
    à l’autre depuis mille ans cela se passait ainsi !

    Elle s’arrêta un moment et d’un doigt humide humecta
    le front de l’enfant  et lui parla une langue ancienne
    connue des initiésL’enfant
    LUNA  vêtue d’une tunique jaune était émerveillée,
    le soleil son parrain, les marraines l’étoile ANTEA ,
    la fée RYA promirent de s’occuper de son éducation.
    Le soleil ausculta sa montre : il était temps de dîner.
    On se pressa dans une caverne mousseuse.Où un bougeoir
    à  dix branches distillait une lumière délicate.
    Les étoiles, délicieuses habillées de satin beige prirent place
    sur des chaises spécialement conçues pour elles la mère LUNE,
    LUNA, le parrain et les marraines eurent les places d’honneur;
    des fantômes faisant office de valets servirent une boisson orangée
    Le repas se composa de végétaux lunaires qui poussaient en temps normal
    dans un jardin cosmique.Puis une soupe aux herbes folles suivit d’une tourte
    aux plantes, le dessert se présenta sous forme de beignets  semi-lunaire
    LUNA grandit

    << regarde le ciel les nuits de pleine lune
    tu verras une dame aux cheveux argentés tenant la main
    d’une petite fille souriante>>

    FIN

     

    Raymonde Verney

    Un conte pour enfants

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  • LA ROCHE DES FEES conte enfantin

    Active Image

    HELINOR se promène dans la montagne des grandes roches elle apprécie le soleil, la nature verdoyante
    Soudain son pied est pris dans un piège, elle pousse des cris de douleur et appelle à l’aide…
    Personne ne l’entend
    HELINOR se dégage tant bien que mal mais elle boîte, elle se dirige vers un rocher afin de s’asseoir et…  à son grand étonnement le rocher lui adresse la parole
    Une fée minuscule sort d’une petite fente elle frôle la jeune fille de sa baguette magique

     

    La douleur s’en va le pied est guéri
    Mon nom est PHILEA suis moi dans mon pays merveilleux
    si tu es d’accord je te toucherai avec ma baguette magique et tu deviendras minuscule
    Ainsi fut fait, les deux petites filles entrent dans la roche et au bout
    d’une marche silencieuse arrivent au pays des fées.
    Le tonnerre gronde pour avertir de la présence des deux visiteuses,
    les fleurs chantent et exécutent un ballet sur une musique moderne,
    les habitants de cette contrée sont petits et ravissants
    PHILEA emmène sa nouvelle amie au château des aurores
    (il est construit en cristal) résidence magique
    Dans le vestibule les tableaux parlent et s’offrent des sucreries,
    un cd sert le thé  à tous les invités et un poisson chat distribue des petits fours
    à la ronde.Les armoires en paille froissée déménagent sans cesse,
    les costumes brillants, de couleurs vives volent d’un cintre à l’autre,
    les deux fées se rendent à la cuisine où un ordinateur leur demande fort
    gentiment ce qu’elle désirent déguster des
    casseroles fument des cigarettes et cuisent le repas dans un four à bois.

    Il existe dans ce pays merveilleux un jardin où les fleurs  ravissantes ,
    dans un étang Dansent un ballet aquatique dirigé par un canard
    monsieur SERVUS maître  de ballet
    Figurez vous que les arbres marchent et traversent la forêt pour rendre visite à des amis

    le va et vient est incessant  (tout est minuscule évidemment dans cette région)
    Les oiseaux se racontent des blagues et se posent des devinettes, irréel
    me direz- vous ! Mais je vous assure que ce récit est authentique.
    Les papillons se déplacent dans un char volant, le soleil oublie
    son sérieux et danse le rock en roll Dans un ciel très étonné,
    les nuages roses, bleus, rouges participent à la danse folle.
    Helinor ramasse des pommes rouges de plaisir elles ont la grosseur
    d’une bille Une fontaine coule dans un pré  et son eau devient
    de l’or au contact du pré verdoyant  cet or est amassé
    dans une barque pour être distribué aux fées

    Les deux amies se voient dans un miroir, ce dernier,
    galant, offre à HELINOR un peigne en ivoire ne te sépare
    jamais de ce cadeau lui dit-il  sinon tu ne pourras
    jamais revenir au pays merveilleux
    Plus loin un gardien (un perroquet) dans sa livrée verte
    et jaune  ouvre le portail d’entrée du jardin Et lui
    demande de restituer le cadeau reçu la fée se méfie
    et nie avoir eu ce peigne en ivoire, car elle sait
    que désormais elle retournera souvent au pays des
    fées pour y retrouver tous ses amis

    Fin

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  •  Historique & Légende De La Tête D’Or De Lyon...

    Source :  Le lac De La Tête D'or De Lyon, France

    L’histoire se situe en 1856 et 1857, dates de la création et de la première ouverture aux lyonnais du parc.

    A cette époque, le Rhône inondait régulièrement les terrains qui l’entouraient, puis tout rentrait ensuite dans l’ordre.

    La ville de Lyon décida, à la suite du projet de parc public présenté par le préfet Vaïsse, de devenir propriétaire du domaine de la Tête d’Or.

    Il faut savoir qu’à ce moment là, Lyon connaissait des périodes houleuses.

    En effet, par deux fois, en 1831 et 1834, les Canuts s’étaient révoltés à cause des mauvaises conditions de travail dans la soierie et du chômage relatif à ce secteur d’activité.

    Aveuglés par la pauvreté et la misère, ces travailleurs désoeuvrés devaient être canalisés pour éviter d’autres débordements plus importants. Le projet de la ville arrivait donc à point nommé.

    Les soyeux-chômeurs constituaient une main d’oeuvre interessante, permettant d’apaiser les esprits, d’éviter les émeutes sanglantes, et aussi d’apporter un pécule supplémentaire aux familles de canuts.

    Mobilisés pour la création du lac dans le parc, les Canuts se munirent de pelles, de pioches, brouettes……………, tout en gardant espoir de trouver un jour, le fameux trésor du domaine de la Tête d’Or.

    C’est en tout 900 000 m3 de terre qui ont été déblayés, pour servir ensuite à l’édification de digues sur les quais du Rhône.

    Le parc de la Tête d'Or est un parc urbain de Lyon, l'un des plus grands de France. Œuvre des frères Denis et Eugène Bühler, le parc est ouvert dès 1857 alors que les travaux ne sont pas achevés.

    Wikipédia

    Pourtant une légende perdure au sein de la communauté de tisseurs lyonnais. Certains racontent qu’après avoir longtemps déblayé, remblayé, nivelé et même creusé ce terrain sur plusieurs mètres de profond (et sur une surface de 12 hectares pour aménager des massifs et autres lieux de plantations), la pelle d’un Canut aurait rencontré un obstacle résistant.

    En enlevant la terre excédante, l’homme vit apparaître, comme en rêve, la tête de Christ en or.

    Ne pouvant cacher bien longtemps sa découverte aux yeux de ses compatriotes, ils ne tardèrent pas à se quereller au sujet du partage du précieux butin. Ne voulant partager, les Canuts s’empoignèrent devant le visage impassible de la Tête d’Or.

    Face à ce triste spectacle, la légende veut que ce Christ se mît à pleurer en voyant comme sa simple présence semait le trouble chez ces travailleurs. Une larme coula le long de son visage puis tomba sur la terre de la vaste étendue creusée par les tisseurs lyonnais, pour se transformer en gigantesque lac.

    La montée des eaux fut telle qu’elle engloutit à jamais la tête du Christ sous le regard médusé des ouvriers. Selon cette légende, c’est ainsi que naquit le lac de la Tête d’Or.

    On sait qu’un réalité, après des fouilles approfondies, le domaine ne livra jamais son secret.

    Source : http://www.jardin-botanique-lyon.com/jbot/

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  • LES DEMI-AMES

    LES DEMI-AMES.......

     

    Le jour où, la boîte au dos et la pipe aux dents, je découvris pour la première fois, à travers son rideau d’élyme gris, la petite grève d’or dans laquelle fort probablement je mourrai, un couple en arpentait le sable. Il marchait à petits pas, frileusement, comme des vieillards qui se chauffent au soleil, et suivait exactement les lignes sinueuses et les demi-cercles d’écume que tracent les vagues vertes en bavant. Les prenant pour des amoureux en quête de solitude, je me gardai bien de les déranger, et je piquai mon chevalet à l’ombre d’un rocher taillé en forme de sphinx allongé, qui est bien le produit le plus extraordinaire de l’art statuaire de la mer.

    Mais ils m’aperçurent et vinrent à moi. Ils  riaient, la bouche ouverte sur les dents, sans mot dire, en sauvages, et je vis qu’ils étaient plus jeunes que je ne l’avais imaginé d’après leurs démarches sautillantes. A eux d’eux, ils n’emplissaient pas l’urne de quatre-vingts ans. La femme avait dû être assez jolie, mais l’homme était superbe encore. Avec ses traits nets et simplifiés, on l’eût dit taillé lui aussi et modelé largement par la mer dans un bloc de quartz.

    Aux réponses qu’ils firent à quelques questions banales, je ne tardai pas à m’apercevoir que j’avais affaire à un couple d’innocents ou, comme on dit ici, de « diots ». D’ailleurs, ils ne prononçaient pas un mot sans se consulter longuement du regard, et le geste que l’un hasardait, l’autre le reproduisait aussitôt, et comme une ombre sur un mur. Le soir, lorsque je pliai bagage, ils marchaient encore dans les baves multicolores de la marée descendante, qu’ils avaient suivie presque à l’horizon.

    Et comme je m’informais d’eux auprès du cabaretier de la route :

    — Ah ! me dit-il, vous avez vu les Demi-Ames ?

    — Les Demi-Ames ? fis-je, assez étonné de la désignation. 

    — Oui, reprit-il ; on les appelle ainsi parce qu’ils n’ont qu’une âme pour deux.

    Des Bretons qui buvaient se mirent à rire, et grâce à l’appât des bolées, j’obtins que l’un d’eux me contât l’histoire singulière des Demi-Ames de la Roche-Pelée.

    — Lui, fit le conteur, il s’appelle Élie ; elle, on l’appelle Anne-Marie. Ils sont bel et bien mari et femme, tels que vous les voyez, avec leurs apparences d’amoureux sempiternels. Figurez-vous, monsieur, qu’ils étaient aussi futés et fins auparavant qu’ils sont aujourd’hui simples et sans idées. Mais surtout Anne-Marie, que nous avons tous connue piquante comme tête de chardon et tout à fait avisée. Lui moins.

    « Ils venaient de se marier, lorsqu’Élie prit engagement pour la pêche au port de Saint-Malo, sur la Belle-Sophie, capitaine Géflot, car il était gars de flétan (marin de Terre-Neuve). Dès avant le départ, fixé à deux jours de là, le pauvre Élie, en manoeuvrant les tonnes de saumure sur le pont, tourne du pied, glisse et tombe à la mer. Comme il ne savait pas nager, il se perd, et voilà son corps, à la dérive. Toute la nuit on le chercha, dans un rocher et dans un autre, et tout le long de la côte. Mais  point de corps, point d’Élie. Lorsqu’un matin on vint dire à Anne-Marie, laquelle ne savait rien encore :

    « — Il y a sur la grève de la Roche-Pelée un cadavre tout blanc qui ressemble à ton homme si ce n’est lui.

    « Car il fallait la ménager.

    « Elle y va et le trouve amarré sur ce rocher qui est tout pareil à une bête couchée, avec une tête de femme. Pour tout le monde et pour vous-même, si vous eussiez été là, le gars était mort. Mais pour elle, il ne l’était pas. Il faut croire aussi que le bon Dieu fait des miracles. Toujours est-il qu’elle se colla sur lui, comme un minard (pieuvre), bouche à bouche, à croire que leur nuit de noces recommençait. Où avait-elle appris ce remède, cette Anne-Marie ? Pendant des heures et des heures, elle lui souffla dans la poitrine, sans débrider des lèvres, et, monsieur, elle l’a fait revenir, car c’est lui que vous avez vu tout à l’heure.

    Et le narrateur breton ajouta :

    — Seulement, pour le ressusciter, elle a été obligée de lui passer la moitié de son âme.

    Et le cabaretier conclut :

    — Voilà la cause pour laquelle on les appelle dans le pays : les Demi-Ames. Mais ils sont  inoffensifs, et vous n’avez rien à craindre d’eux, quand vous dessinez sur la grève. Est-ce triste, une fille si malicieuse ! la voilà « diote » à présent.

    Aujourd’hui, jour des Morts, j’ai appris que les Demi-Ames s’étaient envolées. Ils sont morts ensemble presque à la même minute et dans la même heure. On les a trouvés dans leur chaumière assis devant l’âtre éteint, et côte à côte sur deux escabeaux rapprochés.

    Un vieux Breton m’a dit :

    — Moi, je me demande qui va les prendre ?

    Oui, qui va les prendre ? dites-le moi. Car les Demi-Ames n’avaient qu’une âme pour deux, et là-haut on veut des âmes bien entières. Que ce soit Satan ou le bon Dieu qui les jugent, ces juges exigent une âme par corps. Leurs lois sont formelles. Quand ils se réincorporeront pour l’éternité, comment le pauvre Élie arrivera-t-il à faire entrer la sienne, la vraie, celle qu’il a perdue à l’eau, dans le fourreau déjà à moitié rempli ? Il lui en sortira donc une partie hors du corps ? Et d’autre part, Anne-Marie, dépourvue de sa moitié d’âme, avec quoi remplira-t-elle sa gaine demi-vide ? Peut-être, et je le crois, avec le surplus de celle  d’Élie et ce qu’il y en aura hors de lui. Alors ils se tiendront une fois encore, et j’incline à penser que n’importe où on les enverra de la sorte, soit toujours unis, ils se trouveront dans le vrai paradis.

     
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  • L’ENFANT PERDU

     Contes féeriques et rustiques

    L’ENFANT PERDU.....Émile Bergerat  (1845 – 1923)



    A une portée de fusil du hameau breton que j’habite, il y a une ferme importante, appelée la Ville-Eyrnaud, du nom de son fermier, ou plutôt de sa fermière, Jacquemine Eyrnaud, car Pierre Eyrnaud est mort l’an dernier. Dieu ait son âme !

    Établie dans une espèce de manoir, d’ailleurs sans caractère et d’un style hybride, la métairie se relie par de hautes futaies de châtaigniers et des allées magnifiques à cette forêt de Ponthual, sombre et légendaire, qui fut et redeviendrait, au besoin, un repaire de chouans. Un « doué », ou ruisseau aux eaux intermittentes, sépare le corps d’habitation de ses dépendances, potagers, vergers, étables et prairies ; il aboutit à un vivier devenu une canarderie tumultueuse, comique, toujours en  batailles d’ailes ou de becs. Un radeau, vert de graminées, y flotte et se déplace, et c’est sur le pont rustique qui la traverse que, le soir, au soleil tombant, la mère Eyrnaud préside à la rentrée de ses vaches. Les enfants qui les mènent, avec des baguettes de coudrier, ont l’air de les pousser avec des rayons.

    Puis, c’est le tour des chevaux, reconduits à l’écurie par les gars de la fermière. Elle les voit venir, blancs sur le vert bruni des sentes, écartant du garrot les éventails des fougères, et quand ils ont bu au « dormoir », chacun à leur tour, elle est contente et s’en va à la soupe.

    Au loin, l’orchestre de la mer enfle ses rumeurs, et les lignes violettes des bois tremblent à l’horizon.

    La mère Eyrnaud a sept enfants. Elle les a tous allaités, élevés et gardés. Elle les aime profondément. Ils l’aiment également.

    — Ah vère dam, oui, par exemple !

    Et, cependant, elle est toujours triste.

    Nul ne peut se vanter de l’avoir vue une seule fois rire ou chanter au rouet, et non seulement depuis la mort d’Eyrnaud, mais même auparavant. Une ride, creuse comme une ornière, lui fait deux fronts sous un seul bonnet.  Et ils ne savent pas, les gars, ils n’ont jamais su la cause de sa mélancolie. Eyrnaud non plus, ne l’a pas sue, le pauvre cher homme ! Quand, de son vivant, il la surprenait les yeux perdus, l’ouïe tendue au bruit des chemins et l’âme toute hors du corps, il soupirait et lui disait :

    — A la fin des fins, Jacquemine, tu n’es donc pas heureuse ?

    — Très heureuse, Pierre, tout va bien.

    Mais elle repartait à rêver. Alors, il branlait de la tête et s’en allait fumer sa pipe au bord de la canarderie.

    Une seule chose la tirait de son brouillard. Régulièrement, aux temps de la moisson, quand on embauche des gars pour les travaux de la récolte, elle s’activait. C’était elle qui recevait ceux qui venaient se proposer à la ferme, qui traitait avec eux et leur versait la bolée de cidre. Elle les examinait longuement, anxieusement, les tâtait et les faisait causer. Ceux qui avaient vingt ans étaient tous pris et acceptés, fussent-ils ivrognes avérés et fainéants reconnus. S’ils n’avaient pas d’outils, elle leur en procurait, et s’ils prolongeaient plus que de raison la sieste de quatre heures, elle empêchait Eyrnaud de les malmener.  

    Un jour, il en vint un qui était faible et contrefait, un pauvre « diot » comme on dit ici, plus propre à mendier son pain qu’à le gagner.

    — D’où es-tu ? lui demanda Jacquemine.

    — De Saint-Brieuc.

    — Ton nom ?

    — Je n’en ai pas. Je sommes enfant trouvé.

    — Sors-tu de l’asile ?

    — Da, j’en sortions, comme vous me voyez.

    L’infortuné avait les vingt ans requis. La fermière devint pâle et s’accrocha à la table pour ne pas défaillir.

    — Je te garde, lui dit-elle, tu vas rester ici, et je te nourrirai.

    Elle s’empara du « diot », le décrassa, l’habilla et le fit coucher dans sa chambre. Il resta un mois entier à la Ville-Eyrnaud, inutile et béat ; il y serait encore si Eyrnaud ne l’avait, un soir, remis sur le chemin de Saint-Brieuc. Il retourna à l’asile, et il conta son aventure aux Enfants-Trouvés.

    De telle sorte qu’à l’août suivant, il amenait quatre camarades à l’embauchage. Mais comme, sur le nombre, il n’y en avait que deux qui eussent vingt et un ans, elle envoya les deux plus jeunes à la fauche et ne garda dans la ferme que les deux autres. Quinze jours, ils y  vécurent comme coqs en pâte. Jacquemine, silencieuse à l’ordinaire, les harcelait de questions bizarres, leur écartait les cheveux sur le front, leur prenait les mains et les gardait entre les siennes, allait les écouter dormir, veillait à ce que leurs vêtements fussent en bon état ; enfin, elle semblait quelque vieille poule soignant les poussins d’une autre. Quand ils partirent, elle pleura.

    Pour le coup, ses sept enfants se fâchèrent, et ils lui adressèrent des reproches. Ils étaient jaloux :

    — Sont-ils donc du même sang que nous, pour que tu te lamentes du départ de ces « hossouères » ? (étrangers), que tes sept enfants ne te suffisent plus ? Tu n’en as que pour eux, et les voilà dételés sans qu’ils t’aient tant seulement payée d’un « merci, madame » !

    Eyrnaud mourut à la Saint-Michel dernière, et dans un mois on embauchera à la ferme, pour les moissons d’août.

    Il en viendra de Pleurtruit, de Ploubalay et de Plouher, de Saint-Caast et de Saint-Jacut, des solides et des malingres, des paresseux et des braves, et Jacquemine entre eux choisira. Mais pour ce qui est de ceux de Saint-Brieuc, où est l’asile des Enfants-Trouvés, elle ne choisira pas, elle les engagera tous, et s’ils ont vingt-deux ans, ni plus ni moins, et au prix qu’ils y mettront encore. Eyrnaud n’est plus là pour parer à ce vertigo de charité. Et si les sept enfants se fâchent, les sept enfants se fâcheront, il n’en ira ni mieux ni pis, et ce sera tout comme. Voici pourquoi :

    Il y a vingt-deux ans, Jacquemine n’était pas encore mariée, ni veuve. Elle s’appelait Morizot, du nom de ses père et mère, et elle était jeune fille, belle jeune fille voire : les anciens se la rappellent et ils l’ont encore dans les yeux. Sans compter qu’elle était aussi vive et chansonnière, en ce temps-là, qu’elle est, aujourd’hui, triste et taciturne. Un voyageur de commerce, qui vendait des rubans et des fanfreluches, la rencontra, une vesprée, au détour d’une sente. Il l’enjôla, lui donna des cravates de couleur et, finalement, la poussa sur une botte de paille. Ce qu’il est devenu, nul ne le sait et personne n’en a cure. Il faut que jeunesse se passe. Papa Morizot, d’ailleurs, n’en fit que rire, et la mère de même. Seulement, quand l’enfant arriva, neuf mois après, au jour requis, ils sellèrent l’âne, mirent l’enfant dans une manne et allèrent le porter à Saint-Brieuc, où il y a un hospice pour les malvenus. Au retour, ils embrassèrent leur chère Jacquemine, la soignèrent, la guérirent, et quand elle fut sur pied, fraîche comme une rose et svelte comme un jonc, ils la marièrent à Pierre Eyrnaud qui en était féru et proprement en dépérissait.

    Mariage heureux s’il en fut, et fameux dans tout le pays pour la suite de ses prospérités. Ils eurent sept enfants l’un de l’autre, tous forts, bien portants et avisés, comme pas un.

    Mais Jacquemine ne pense qu’à L’AUTRE, l’enfant perdu et le premier ! O terre immense, où est-il ? l’aîné, l’enfant de l’amour ?
    Source: https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99enfant_perd

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  • Le Petit Garçon et les Epis de Blé

    Le Petit Garçon et les Epis de Blé (Version Intégrale) en audio

    Il était une fois un petit garçon qui avait toujours faim. Et plus il mangeait, plus il avait faim. Il passait sa vie dans le cellier, à se gaver des denrées destinées à toute la maisonnée. Un jour, une merveilleuse odeur de viande rôtie l’attira hors de chez lui. Il découvrit une table exquisement dressée de mets en quantité. Son estomac en tressauta de contentement. Sa mère l’invita à s’asseoir, le servit en abondance, le resservit à outrance. N’en pouvant plus de tant de plaisirs, il souhaita s’allonger pour se reposer. Mais gonflé de tant d’excès, il ne put passer la porte. C’est alors que sa mère le chassa : « Je te redonnerai le gîte et le couvert quand tu auras prouvé mériter ta pitance. » Le petit garçon s’assit sur le seuil et se mit à pleurer. La nuit vint, qu’il sanglotait encore. Il supplia sa mère de le laisser entrer. Ce à quoi elle répliqua : « Je te redonnerai le gîte et le couvert quand tu auras prouvé mériter ta pitance. » Comme ce n’était pas une méchante femme, elle lui donna une besace contenant un quignon de pain et une gourde d’eau. Le petit garçon s’en alla.

    Il marchait depuis peu, et déjà la faim le tiraillait. Il s’apprêtait à ne faire qu’une bouchée de son pain quand il entendit : « Cela fait si longtemps que je n’ai pas mangé, que je n’aurai bientôt plus la force de mastiquer. » Le petit garçon vit, assis à l’ombre d’un arbre, un vieil homme si chétif et décharné, qu’il l’invita à partager son frugal repas. Au moment de se séparer, l’ancien remit à l’enfant trois épis de blé en lui disant : « Bien utilisé, il y en aura toujours assez. »
    Le petit garçon continua sa route. Il marchait depuis peu, et déjà la soif le tenaillait. Il s’apprêtait à vider sa gourde d’un trait, quand il entendit : « Cela fait si longtemps que je n’ai pas bu, que je n’aurai bientôt plus la force d’avaler. » Le petit garçon aperçut, étendu dans le fossé, un vieil homme si chétif et décharné, qu’il l’invita à se désaltérer. Il ne restait que quelques gouttes quand le vieil homme donna trois petits coups sur la gourde, en déclarant : « Bien utilisé, il y en aura toujours assez. »
    Le petit garçon poursuivit son périple. Il marchait depuis peu, et déjà une grande fatigue l’envahissait. Il s’apprêtait à rebrousser chemin quand il entendit « Cela fait si longtemps que je marche, que je n’aurai bientôt plus la force d’avancer. » Il remarqua un vieil homme si chétif et décharné, qu’il semblait sur le point de tomber. Ce dernier n’ayant plus très loin à aller, le petit garçon l’emmena sur son dos. Arrivés à une bicoque bancale, le vieil homme lui glissa un sou dans la main, en affirmant : « Bien utilisé, il y en aura toujours assez. »

    Le petit garçon marchait depuis quelques temps, quand il arriva près d’un moulin. Il vit un homme, la tête entre les mains, se désolant : « Je suis un homme perdu. » Le petit garçon lui demanda s’il n’avait pas un peu de pain. « Du pain ! » s’écria le meunier, « si seulement j’avais du blé ! » Et il expliqua au petit garçon que le Roi mariait sa fille et que le boulanger attendait la farine pour confectionner les pains. Malheureusement, à cause de la sécheresse, la récolte avait été mauvaise et il n’avait pas assez de céréale. Le petit garçon lui tendit ses trois épis : « Je vous les donne, si vous m’apprenez à moudre la farine.» Devant tant d’ingénuité et de volonté, le meunier accepta, gardant pour lui que trois épis de blé seraient bien insuffisants. L’un enseigna, l’autre apprit. Ébahi, le meunier dut admettre qu’il y avait là bien assez de farine. Il ne restait plus qu’à livrer le boulanger, ce que firent, sans plus tarder, le meunier et le petit garçon.
    Arrivés près des fours, ils virent un homme, la tête entre les mains, se désolant : « Je suis un homme perdu. » Le boulanger leur expliqua qu’à cause de la sécheresse, la rivière était à sec et qu’il n’avait pas assez d’eau pour confectionner la pâte. Le petit garçon lui tendit sa gourde : «je vous la donne, si vous m’apprenez à fabriquer le pain.» Devant tant d’ingénuité et de volonté, le boulanger accepta, gardant pour lui qu’une gourde d’eau serait bien insuffisante. L’un enseigna, l’autre apprit. Ébahi, le boulanger dut admettre qu’il y avait là bien assez de miches dorées à croquer. Il ne restait plus qu’à livrer le château, ce que firent, sans plus tarder, le boulanger, le meunier et le petit garçon.
    Arrivés à l’entrée du palais, ils furent hélés par un percepteur zélé, qui leur lut l’ordonnance spéciale : « Par décision du Ministre des Finances, et afin de faire face au faste de la dépense, tout fournisseur, désirant honorer sa commande, doit s’acquitter d’un sou. » Le boulanger tenta d’expliquer qu’il pourrait le payer en sortant, qu’il lui fallait livrer pour être rétribué. Imperturbable l’officier continua : «Et si, pour quelque motif que ce soit, la livraison se trouvait retardée, il serait appliquée une pénalité. » « Autant garder mes pains ! » s’exclama le boulanger. « Enfin, si le fournisseur ne livre pas la marchandise commandée, il sera emprisonné. » L’officier se tut, impassible. Le boulanger était atterré, il lui manquait un sou pour connaître la fortune. Il se tourna vers le meunier, qui, tout aussi désargenté, était fort dépité devant tant d’infortune. C’est alors que le petit garçon tendit sa pièce, ce sou bien suffisant pour accéder aux royales dépendances. Le boulanger et le meunier s’en retournèrent, compères échappés de galère, et mieux encore, les poches richement alourdies du prix de leur labeur.

    Vint le moment de se séparer. Le boulanger remboursa le petit garçon, remplit sa gourde et le récompensa d’une miche encore tiède. Le meunier lui offrit une brassée d’épi de blé et un sac de farine. Le cœur léger de tous ces présents, le petit garçon s’en retourna chez lui.
    « Mère ! Mère ! Accueillez-moi, je peux dorénavant assurer ma pitance. » Fier, il lui montra comment pétrir le pain. Fière, elle le regarda faire. Ils dînèrent de quelques tartines et d’une soupe claire, et firent meilleur chaire qu’en mangeant, solitaires, une sole meunière.

    Morale :
    En bonne compagnie, point besoin d’excès pour être rassasié.

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  • Étoile et coquelicots

    Étoile et coquelicots............


    Stella, petite étoile du jour tombée de son lit à l’aube naissante, se retrouva, tout ébaubie, au milieu d’un champ de coquelicots.
    - Bonjour, lui dirent-ils.
    Stella cligna des yeux sans comprendre tout en cherchant Vénus du regard. Ne voyant que le vert des prés et le rouge des fleurs, toute perturbée, elle se mit à pleurer des perles de rosée.
    Les coquelicots en furent très chiffonnés et baissant la tête cherchèrent comment la consoler. Stella perdait de son éclat. Toute étoile qu’elle était, elle ne savait pas comment briller sous la clarté du jour. Recroquevillée sur elle-même, elle se mit à fredonner un petit air mélancolique qu’elle chantait en famille, le soir au clair de lune.


    Les coquelicots, charmés, relevèrent la tête et se mirent à se balancer. Ils dansaient la complainte du vent frôlant les herbes hautes. Stella les regarda, d’abord étonnée, puis amusée, fredonna de plus en plus vite, de plus en plus fort, de plus en plus gaiement. La complainte se changea en valse dans laquelle elle se laissa entraîner jusqu’à en perdre la tête…

    Une étoile filante, à la nuit tombante, passant au-dessus du pré reconnut le chant mélodieux des étoiles. Elle ralentit sa course, tendit l’oreille, et d’un geste secourable emporta Stella dans sa longue écharpe blanche, vers le pays nocturne où les étoiles brillent pendant que dorment les coquelicots.

    Ainsi rêvent les étoiles quand s’épanouissent les fleurs, et rêvent les fleurs quand brillent les étoiles !


    Une histoire publiée dans un recueil de comptines et histoire pour mes petits loups. j'aime tant les coquelicots !!!

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