• La Légende Hongroise...Du Cheval Blanc...


    Quand l’ambassadeur  Kusid, fils de Kond1 arriva dans la Bassin des Carpates où la terre était rendue fertile par le Danube, il apprécia le beau paysage et sa terre riche et féconde ainsi que les rives du fleuve très verdoyantes. Il se rendit immédiatement chez Svatopluk2, prince de la province. Il le salua au nom de son peuple et lui présenta le motif de sa venue en faisant l’éloge de sa belle et riche région. Svatopluk  s’en réjouit et pensa que Kusid et sa troupe étaient des paysans et qu’ils venaient pour cultiver la terre. Pour cette raison il se montra bienveillant à son égard, et il laissa partir l’ambassadeur.
    Après avoir rempli une gourde avec de l’eau du Danube, et avoir mis dans sa besace de la terre et de l’herbe, Kusid retourna chez les siens qui furent très contents d’entendre tout ce qu’il leur raconta. Puis Kusid leur montra l’eau, la terre et l’herbe qu’il avait rapportées.

    Ils humèrent  la terre et  ils furent convaincus qu’elle était excellente, l’eau était douce, et l’herbe était comme Kusid leur décrivait.

    Árpàd, le chef des sept tribus, en présence de tout le monde, remplit son cor de l’eau du Danube et demanda la grâce du Seigneur tout puissant pour que celui-ci leur cède définitivement cette terre fertile. Quand il termina son discours, les Hongrois crièrent trois fois: «Seigneur! Seigneur! Seigneur!» Les Hongrois gardent encore aujourd’hui cette habitude.

    Ils décidèrent ensemble de renvoyer l’ambassadeur chez Svatopluk avec un beau cheval équipé d’une selle d’or et d’une bride en or en échange de la terre. Quand Svatopluk le vit, il fut encore plus heureux que lors de la première visite de l’ambassadeur car il pensait que ce cadeau venait de la part des nouveaux cultivateurs en échange de la terre. L’ambassadeur demanda donc de la terre, de l’herbe et de l’eau à Svatopluk qui lui répondit avec le sourire qu’il en prenne autant qu’il voulait.

    L’ambassadeur retourna chez les siens. Entre-temps, Árpàd et les chefs des sept tribus, rentrèrent en Pannonie3 non pas en tant qu’invités mais comme ceux qui détenaient la terre par héritage. Ils envoyèrent un deuxième ambassadeur chez le Prince Svatoplouk avec le message suivant...

    «Árpàd et son peuple te font dire que tu ne restes  plus sur la terre qu’ils t’ont achetée pour un cheval, l’herbe pour une bride et l’eau pour une selle. Puisque tu étais à la fois dans le besoin et cupide, tu leur as cédé la terre, l’herbe et l’eau.»

    Quand Svatoplouk entendit le message, il répondit en souriant...

    «Que l’on abatte le cheval avec un maillet, que l’on jette la bride au champ et la selle d’or dans le Danube.»

    L’ambassadeur répondit ainsi...

    «Qu’avons-nous à perdre avec cela ? Si tu tues le cheval, tu donneras à manger à nos chiens, si tu jettes la bride dans l’herbe, nos faucheurs vont tomber sur la bride en or, si tu jettes la serre d’or, nos pêcheurs vont la retrouver et vont l’emporter chez eux. Donc si la terre, l’herbe et l’eau sont à nous, tout est à nous.»

    En entendant ces paroles, le Prince mobilisa vite son armée. Ayant peur des Hongrois, il demanda de l’aide de ses amis. Quand les troupes se furent regroupées, ils allèrent voir les Hongrois qui arrivaient entre-temps au bord du Danube. A l’aube, sur un champ magnifique, la bataille éclata. Avec l’aide du Seigneur, les Hongrois mirent l’ennemi en déroute. Jusqu’au Danube les Hongrois poursuivirent Svatopluk qui, étant pris de peur, se jeta dans le fleuve et fut emporté par le courant rapide. Le Seigneur rendit ainsi aux Hongrois la Pannonie.

    1 L’un des chefs de sept tribus des Magyars
    2 Prince de Grande-Moravie (870-894)...3 La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l’Autriche et de la Slovaquie...

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  • Il Était Une Fois...Contes & Légendes Hongrois...

    Pourquoi Le Renard Est-il Roux ?

     

    Il était une fois un petit ruisseau qui coulait lentement. Des écrevisses nageaient gaiement dans son eau. Tout près de ce ruisseau se trouvait un terrain broussailleux habité par des renards.
    Par une belle journée d’été bien chaude un renard eut très soif. Il descendit boire au bord du ruisseau. En buvant tranquillement, gorgée après gorgée de l’eau fraîche, il aperçut tout à coup une écrevisse. Elle ne nageait pas comme les autres animaux, vers l’avant, mais bien vers l’arrière. Le renard dit:

    «Dis donc, heureusement que le bon Dieu n’a pas créé d’autre animal aussi incapable que toi, qui n’avance jamais vers l’avant mais vers l’arrière!»
    L’écrevisse s’approcha du bord de l’eau et lui répondit:

    «Peut-être, mais je cours quand même plus vite que toi, espèce de crâneur! Regarde là-bas, il y a un vieux chêne. Celui qui y arrivera le premier, gagnera la course. En plus, je te permets de commencer avec trois pas d’avance. Quand je dirai un, deux, trois, partez! cours autant que tu le peux, car de toute façon j' arriverai avant toi.»

    Le renard rit de bon cœur.

    «Marché conclu! dit-il en souriant. On verra qui sera le vainqueur!»

    Pendant ce temps, sans se faire remarquer, l’écrevisse s’accrocha à la queue du renard avec ses pinces. Puis, elle donna le signal du départ...
    «Un, deux, trois … Partez!»

    Le renard s’élança. Après avoir fait un bon bout de chemin, il se dit:

    «Elle m’a bien eu, celle-là. Il se peut qu’elle ne soit même pas sortie de l’eau et qu'elle m’ait quand même bien fait courir. Tant pis, je vais continuer le chemin qui me reste encore à parcourir!»

    Il arriva au chêne, se retourna et à ce moment-là l’écrevisse lâcha rapidement la queue du renard. Elle se planta devant lui et dit:

    «Ce n’est que maintenant que tu arrives ? Moi, je suis là depuis longtemps. Qu’est-ce que tu as fait jusqu’ici ? Tu vois, tu étais présomptueux et finalement c’est moi qui ai dû t’attendre !»

    Le renard eut honte et devint tout rouge. C’est depuis ce temps-là que le renard a un pelage roux.
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  • Histoire de la colline des Croix en Lithuanie

    Un curieux endroit!

    La Colline des Croix est un lieu de pèlerinage situé près de la ville de Šiauliai, au nord de la Lituanie. Les premières croix ont été posées sur la colline fortifiée au XIVe siècle. Au cours des siècles, de nombreuses croix, des crucifix, sculptures de patriotes lituaniens, des statues de la Vierge Marie, des effigies en étain et des rosaires y ont été apportés par les pèlerins catholiques.

    Histoire de la Colline des Croix

    La vraie raison de l'existence de cette colline est ancrée dans l'histoire de la Lituanie. Au cours des siècles, l'endroit s'identifia à la résistance pacifique des Lituaniens catholiques en dépit des menaces auxquelles ils ont dû faire face à travers leur histoire.

    Envahie en 1795 par la Russie durant le partage de la Pologne (qui à l'époque formait une fédération avec le Grand-duché de Lituanie), la Lituanie a disparu de la carte de l'Europe. Quand l'ancienne structure politique de l'Europe de l'Est s'effondre en 1918, la Lituanie déclare à nouveau son indépendance. Durant toute cette période, la Colline des Croix a été utilisée par les Lituaniens comme centre de prière pour la paix, pour leur pays et pour l'amour des disparus.

    Plus récemment, le site a pris une signification plus particulière durant les années 1944-1990, alors que la Lituanie faisait officiellement partie de l'URSS. Les Lituaniens ont continué à se rendre à la Colline afin d'y déposer des offrandes et montrer leur attachement à leur identité, leur religion et leur racines. Ainsi, malgré l'acharnement des Soviétiques à retirer les nouvelles croix et à raser le site au bulldozer (au moins par trois fois), de nouvelles croix ont continué à apparaître. En 1985, les autorités sovétiques ont renoncé à retirer les croix.

    Depuis l'indépendance de leur pays, les Lituaniens ont continué à ajouter des milliers de croix, chapelets et autres objets de culte. Les croix y sont actuellement au nombre de 50 000, rappelant aux visiteurs la lutte d'un peuple pour la liberté de son pays.
    Le 7 septembre 1993, le Pape Jean-Paul II s'est rendu à la Colline des Croix, la déclarant site d'espoir, de paix, d'amour et de sacrifice.
    Devenues représentatives de l'art populaire du pays, des croix existent dans de nombreux villages et au bord des routes. La Lituanie est d'ailleurs parfois surnommée "le Pays des Croix".
     










     
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  • Légende chinoise, L'éléphant du Lijiang.

     

    La Colline en trompe d'éléphant, située au sud de Guilin à la confluence de la rivière Li et de la rivière des Fleurs de pêchers, en Chine.

     

    Selon la légende, le mythique empereur de Jade décida un jour de faire un voyage dans le Sud de la Chine. Comme il se déplaçait toujours en grand apparat, il était accompagné d'une suite impressionnante et de plusieurs éléphants. Comme l'empereur de Jade ne souffrait d'aucun obstacle, il détruisait tout sur son passage.

     

    L'un des éléphants transportait une jarre pleine de joyaux et tomba malade alors qu'il traversait dans la région de Guilin. Jugé inutile et ne pouvant continuer le voyage, il fut abandonné sur place.

     

    Un vieil homme s'émut de son sort et le recueillit. Il prodigua des soins à l'éléphant si bien que celui-ci fut totalement guérit. Pour le remercier, l'éléphant l'aida à rebâtir son village, détruit par le passage impérial.

     

    Quand le souverain céleste apprit la nouvelle, il rentra dans une rage folle et envoya des soldats punir cet éléphant qui s'intéressait trop au sort des hommes. L'animal se défendit avec courage pendant plusieurs jours mais fut tué par traîtrise : alors qu'épuisé, il trempait sa trompe dans le Lijiang pour se désaltérer, un soldat lui enfonça son épée dans le dos.

     

    Le temps passa et le corps de l'éléphant devint une colline en forme de trompe d'éléphant du nom de Xiangbi que l'on peut voir encore de nos jours, le long de la rive droite du fleuve Lijiang. On raconte que l'épée du traître serait devenue la pagode Puxian que l'on peut aujourd'hui admirer sur la colline.

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  • Légendes Du Monde

     
    Légende de la CorriveauPhilippe Aubert De Gaspé père...Les Anciens Canadiens...
     

    Trois ans après la conquête du pays, c’est-à-dire en 1763, un meurtre atroce eut lieu dans la paroisse de Saint-Valier, district de Québec...

    Et quoiqu’il se soit bientôt écoulé un siècle depuis ce tragique événement, le souvenir s’en est néanmoins conservé jusqu’à nos jours, entouré d’une foule de contes fantastiques qui lui donnent tout le caractère d’une légende.

    En novembre 1749, une femme du nom de Corriveau se maria à un cultivateur de Saint-Valier.

    Après onze ans de mariage, cet homme mourut dans cette paroisse le 27 avril 1760. Une vague rumeur se répandit alors que la Corriveau s’était défaite de son mari, en lui versant, tandis qu’il était endormi, du plomb fondu dans l’oreille.

    On ne voit pas toutefois que la justice de l’époque ait fait aucune démarche pour établir la vérité ou la fausseté de cette accusation...

    Et trois mois après le décès de son premier mari, la Corriveau se remariait en secondes noces, le 20 juillet 1760, à Louis Dodier, aussi cultivateur de Saint-Valier.

    Après avoir vécu ensemble pendant trois ans, la tradition s’accorde à dire que, sur la fin du mois de janvier 1763, la Corriveau, profitant du moment où son mari était plongé dans un profond sommeil, lui brisa le crâne, en le frappant à plusieurs reprises avec un broc (espèce de pioche à trois fourchons).

    Pour cacher son crime, elle traîna le cadavre dans l’écurie, et le plaça en arrière d’un cheval, afin de faire croire que les blessures infligées par le broc provenaient des ruades de l’animal. La Corriveau fut en conséquence accusée du meurtre conjointement avec son père.

    Le pays étant encore à cette époque sous le régime militaire, ce fut devant une cour martiale que le procès eut lieu.

    La malheureuse Corriveau exerçait une telle influence sur son père (Joseph Corriveau), que le vieillard se laissa conduire jusqu’à s’avouer coupable de ce meurtre...

    Sur cet aveu, il fut condamné à être pendu, ainsi que le constate la pièce suivante extraite d’un document militaire, propriété de la famille Nearn, de la Malbaie.

    La Cour martiale, dont le lieutenant-colonel Morris était président, ayant entendu le procès de Joseph Corriveau et de Marie-Josephte Corriveau, Canadiens, accusés du meurtre de Louis Dodier, et le procès d’Isabelle Sylvain, Canadienne, accusée de parjure dans la même affaire...

    Le gouverneur ratifie et confirme les sentences suivantes: Joseph Corriveau, ayant été trouvé coupable du crime imputé à sa charge, est en conséquence condamné à être pendu.

    La Cour est aussi d’opinion que Marie-Josephte Corriveau, sa fille, veuve de feu Dodier, est coupable d’avoir connu avant le fait le même meurtre, et la condamne, en conséquence, à recevoir soixante coups de fouet à neuf branches sur le dos nu, à trois différents endroits, savoir...

    Sous la potence, sur la place du marché de Québec et dans la paroisse de Saint-Valier, vingt coups à chaque endroit, et à être marquée d’un fer rouge à la main gauche avec la lettre M.La Cour condamne aussi Isabelle Sylvain à recevoir soixante coups de fouet à neuf branches sur le dos nu, de la même manière, temps et places que la dite Josephte Corriveau, et à être marquée d’un fer rouge à la main gauche avec la lettre P.

    » Heureusement ces sentences ne furent point exécutées, et voici comment le véritable état de la cause fut connu.

    Le malheureux Corriveau, décidé à mourir pour sa fille, fit venir le Père Glapion, alors supérieur des Jésuites à Québec, pour se préparer à la mort.

    À la suite de sa confession, le condamné demanda à communiquer avec les autorités. Il dit alors qu’il ne lui était pas permis consciencieusement d’accepter la mort dans de pareilles circonstances, parce qu’il n’était pas coupable du meurtre qu’on lui imputait.

    Il donna ensuite aux autorités les moyens d’arriver à la vérité et d’exonérer Isabelle Sylvain du crime supposé de parjure, dont elle était innocente.

    À la suite des procédés ordinaires, l’ordre suivant fut émané...

    « Quebec, 15th April, 1763 GENERAL ORDER.

    The Court Martial, whereof lieutenant colonel Morris was president dissolved.

    The General Court Martial having tried Marie Josephte Corriveau, for the murder of her husband Dodier, the Court finding her guilty. The Governor (Murray) doth ratify and confirm the following sentence...

    That Marie Josephte Corriveau do suffer death for the same, and her body to be hung in chains wherever the Governor shall think fit.

    (Signé) THOMAS MILLS, T. Major » (Traduction) « Québec, 15 avril 1763 ORDRE GÉNÉRAL.

    La Cour Martiale, dont le lieutenant-colonel Morris était président, est dissoute.

    la corriveau

    La cage de La Corriveau dans le Château Ramezay, à Montréal. Photo : © GrandQuebec.com

    La Cour Martiale Générale ayant fait le procès de Marie- Josephte Corriveau, accusée du meurtre de son mari Dodier, l’a trouvée coupable.

    Le Gouverneur (Murray) ratifie et confirme la sentence suivante: – Marie-Josephte Corriveau sera mise à mort pour ce crime, et son corps sera suspendu dans les chaînes, à l’endroit que le gouverneur croira devoir désigner. » (Signé) THOMAS MILLS, Major de ville ».

    Conformément à cette sentence, Marie-Josephte Corriveau fut pendue, près des plaines d’Abraham, à l’endroit appelé les buttes à Nepveu, lieu ordinaire des exécutions, autrefois.

    Son cadavre fut mis dans une cage de fer, et cette cage fut accrochée à un poteau, à la fourche des quatre chemins qui se croisent dans la Pointe-Lévis, près de l’endroit où est aujourd’hui le monument de tempérance – à environ douze arpents à l’ouest de l’église, et à un arpent du chemin. 

    Légendes Du Monde... 

    Les habitants de la Pointe-Lévis, peu réjouis de ce spectacle, demandèrent aux autorités de faire enlever cette cage, dont la vue, le bruit et les apparitions nocturnes tourmentaient les femmes et les enfants.

    Comme on n’en fit rien, quelques hardis jeunes gens allèrent décrocher, pendant la nuit, la Corriveau avec sa cage, et allèrent la déposer dans la terre à un bout du cimetière, en dehors de l’enclos.

    Cette disparition mystérieuse, et les récits de ceux qui avaient entendu, la nuit, grincer les crochets de fer de la cage et cliqueter les ossements, ont fait passer la Corriveau dans le domaine de la légende.

    Après l’incendie de l’église de la Pointe-Lévis, en 1830, on agrandit le cimetière; ce fut ainsi que la cage s’y trouva renfermée, et qu’elle y fut retrouvée en 1850, par le fossoyeur.

    La cage, qui ne contenait plus que l’os d’une jambe, était construite de gros fer feuillard. Elle imitait la forme humaine, ayant des bras et des jambes, et une boîte ronde pour la tête.

    Elle était bien conservée et fut déposée dans les caveaux de la sacristie. Cette cage fut enlevée secrètement, quelque temps après, et exposée comme curiosité à Québec, puis vendue au musée Barnum, à New-York, où on doit encore la voir.

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  • Halloween 2016, 2017 et 2018 - Date et origine

    Citrouilles d'Halloween

    Dates d'Halloween

    Halloween est prévue aux dates suivantes :

    • lundi 31 octobre 2016
    • mardi 31 octobre 2017
    • mercredi 31 octobre 2018

    La date est fixe, chaque année elle a lieu le 31 octobre.

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    Origine d'Halloween

    Le terme Halloween est l'abréviation anglaise d'"All Hallow's Eve", qui pourrait être traduite comme la veille de Tous les Saints ou la veille de la Toussaint1. Cette fête où l'on peut croiser des zombies, des vampires et autres déguisements effrayants, est en fait un héritage celtique d'une fête très ancienne, la fête de Samhain.

    L'héritage d'une fête celtique

    La fête de Samhain, Samain ou encore Samonios, est une célébration païenne et celtique qui commémorait la fin des moissons, la fin de l'été et le début de la saison courte (appelée la saison sombre en opposition avec la saison claire). Elle existe depuis environ 2500 ans et était fêtée le 31 octobre, qui correspondait au dernier jour de l'année du calendrier celte2. Lors de cette célébration, les druides priaient les Dieux pour les remercier des récoltes de l'année écoulée et afin qu'ils assurent leur protection durant l'hiver3.

    La fête durait 7 jours, 3 jours avant la Samhain et 3 jours après, et était obligatoire. Elle avait pour but d'accueillir la nouvelle année, mais aussi les défunts, autorisés à rendre visite aux vivants ce seul jour de l'année4. Les disparus étaient honorés par un grand repas et avaient leur place à table1.

    Les druides allumaient des feux sacrés pour faire revenir le soleil et chasser les mauvais esprits. Chaque habitant emportait chez lui une part de ce feu sacré pour allumer un foyer nouveau dans sa maison. La citrouille utilisée aujourd'hui comme lanterne pourrait rappeler les réceptacles utilisés pour ramener le feu chez soi5, et qui étaient peut-être à l'origine des navets2.

    Reprise par les Romains puis par les catholiques

    Quelques siècles plus tard, l'Empire romain a étendu son influence jusque dans les territoires celtiques : la fête de Samhain sera peu à peu remplacée par une célébration à la fin des moissons en l'honneur de Pomona, déesse des arbres fruitiers3. La fête en l'honneur des disparus a cependant lieu le 21 février, dans le cadre de la célébration des Feralia2.

    AU IVe siècle, la religion chrétienne devient obligatoire dans tout l'Empire. Les fêtes païennes sont lentement remplacées par des fêtes religieuses : la Toussaint est célébrée dans un premier temps au temps pascal. Plus tard, au VIIIe siècle, le pape Grégoire III la fixa à la date du 1er novembre. Les coutumes païennes persistèrent et Halloween, signifiant la veille de tous les saints, était fêtée le 31 octobre5.

    Un folklore irlandais exporté aux États-Unis

    En Irlande, mais aussi en Écosse et au Pays de Galles, la célébration de Halloween a perduré. Vers 1600, la tradition était d'installer devant chez soi un navet dans lequel on avait placé une chandelle pour guider les âmes. Pour effrayer les mauvais esprits, des visages grimaçants étaient découpés dans les navets2.

    Au XIXe siècle, une grande famine s'est abattue sur l'Irlande. De nombreux Irlandais émigrèrent aux États-Unis emportèrent avec eux cette coutume : les citrouilles illuminées ont remplacé les navets5.

    L'emploi de courge utilisée comme lanterne rappelle une autre légende irlandaise associée à l'étrange et aux mauvais esprits : la légende de Jack O'Lantern. Jack O'Lantern était un ivrogne cruel et méchant qui aurait joué aux cartes avec le diable. Plusieurs versions existent : dans l'une d'elles, le fait d'avoir gagné contre le diable lui assure de ne jamais aller en enfer. Dans une autre version, il aurait trompé plusieurs fois le diable qui cherchait à avoir son âme en lui jouant des mauvais tours.

    À sa mort, Jack O'Lantern ne put entrer au paradis, les portes étant closes. Il ne fut pas non plus accueilli en enfer, le diable lui ayant fait la promesse de ne jamais aller en enfer. Destiné à errer jusqu'à la fin des temps, Jack a demandé au diable une lanterne pour s'éclairer. Il lui fournit un navet et des braises qui lui servirent de torche6.

    Trick or Treat

    Durant Halloween, les enfants, déguisés de manière effrayante, font du porte-à-porte en annonçant cette formule pour avoir quelques friandises5. S'ils ne récoltent rien, ils sont autorisés à faire une farce.

    Les origines de la coutume Trick or Treat (un mauvais tour ou un cadeau) sont méconnues. Cette pratique était fermement ancrée dans la culture américaine dès 1950, puisqu'on la retrouve dans le comic strip Peanuts, plus connu sous le nom Snoopy et les Peanuts, ainsi qu’un épisode de Disney avec Donald Duck, nommé "Trick or Treat". Ceci dit, on retrouve dans certaines traditions celtiques de la Samhain des pratiques de déguisement, à l'aide de peaux d'animaux7.

    Au moyen-âge apparait la pratique du mumming dans les îles britanniques, qui consiste à se déguiser et à effectuer des pitreries en échange de nourriture ou de boisson. La Toussaint et la fête des Morts dans les pays celtiques conservaient aussi certains rituels de la Samhain : les pauvres frappaient aux portes des maisons riches et recevaient des soul cakes (gâteaux d'âme) en promesse de prières aux disparus de la maison. Cette pratique appelée souling a été par la suite confiée aux enfants7.

    En Écosse et en Irlande, les jeunes suivaient une pratique appelée guising : ils se déguisaient et demandaient des cadeaux de porte-à-porte. Au lieu de s'engager à prier pour les défunts, ils récitaient un poème, chantaient une chanson ou réalisaient un "tour" avant de réclamer leur cadeau, qui était le plus souvent un fruit sec ou une pièce7.

    Aujourd'hui, Halloween est une fête nationale aux États-Unis et la seconde fête la plus rentable, après Noël. En France, elle est apparue à la fin des années 1990, mais n'a pas le même succès qu'outre Atlantique.

    Célébration d'Halloween

    Ce jour-là, les enfants arborent des déguisements terrifiants et sonnent à toutes les portes pour demander des friandises. Les mamans sont mises à contribution pour la préparation de nos Sorcières, Dracula et chauve-souris d'un soir. Une citrouille est évidée afin de représenter un visage. Une bougie est placée en son centre afin de compléter l'emblème de ce jour.

    Halloween dans le monde

    • En Irlande, la fête de Samhain reste populaire dans tout le pays. La ville la plus imprégnée des festivités reste Londonderry qui voit chaque année se dérouler un magnifique défilé.
    • À Hawaï, lors de la fête d'Halloween, le centre culturel polynésien organise à la nuit tombée une excursion sur le lagon. Sur des barques, l'on y découvre alors les mystères d'une maison hantée.
    • En Transylvanie, le pays de Dracula propose des bals costumés, visites et chasses aux sorcières dans les châteaux des Carpates. De très nombreuses animations sont aussi organisées dans la ville de Sighisoara.
    • Aux États-Unis, dans la ville de New-york est organisée la "world famous pumpkin race" qui permet à qui le souhaite de transformer une citrouille en petit bolide à roulettes. Ces dernières descendront la pente jusqu'à la mer pour finalement être dégustées.
    • À la Nouvelle-Orléans, c'est tout le mois d'octobre qui est à la fête avec des défilés et décorations de circonstance sur les murs des maisons. Le Voodoo Music Experiment clôt le tout avec des concerts partout dans la ville qui rassemblent de nombreux artistes internationaux.
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  • Les mystères de l’histoire russe :
    Le millet du Prophѐte, le kéfir et
    la prisonniѐre du Caucase

    Les mystères de l’histoire russe :




    Il y a cent ans, les magasins de Moscou
    ont commencé à vendre une sorte de yaourt
    appelé kéfir pour lequel les gens étaient
    prêts à faire la queue.

    Le kéfir se vend aujourd’hui dans n’importe
    quelle laiterie mais c’était une boisson pour
    les élus jusqu’au début du XXe siècle.

    Le kéfir se fabriquait à base de lait de
    vache fermenté aux champignons de souche
    « kéfir », un mélange de plusieurs variétés
    de micro-organismes bons pour la santé.

    Certes, il n’y avait aucun problème avec le
    lait mais par contre le champignon se laissait
    mal élever en laboratoire. Son secret était
    détenu par les peuples du Caucase du Nord,
    les Karatchaïs et les Balkars, mais ils le
    gardaient jalousement. Dans ces conditions,
    les nobles russes fortunés étaient obligés
    d’entreprendre un long et périlleux voyage
    au Caucase du Nord.

    Les locaux appelaient le champignon à kéfir
    le millet du Prophète. A en croire la légende,
    Mahomet a remis ces boules jaunâtres en don
    aux montagnards du Caucase et leur a appris
    à préparer la boisson aux vertus curatives
    sous le nom de kéfir.

    La recette était bien simple : le lait était
    versé dans une outre et on y ajoutait le
    champignon. L’outre remplie et bien nouée
    était laissée au soleil devant la maison
    et tout passant pouvait lui donner un coup
    de pied. Il manifestait ainsi du respect pour
    le maître du kéfir parce que ce traitement
    facilitait la fermentation. Les montagnards
    tenaient beaucoup à ce champignon et ne
    l’offraient ni ne le vendaient à personne.
    Selon eux, dans ce cas, le champignon
    perdrait son pouvoir magique. Ceux qui
    osaient se séparer du « millet » du Prophète
    devaient se préparer aux grands malheurs.

    Nikolaï Blandov, grand laitier de Moscou a
    décidé en 1908 de se procurer chez les
    montagnards le magique « millet du Prophète ».

    Il a confié cette mission à son assistante
    Irina Sakharova. Agée de 20, Irina était belle
    et avait plus d’une corde à son arc. Un an plus
    tôt, c’est elle qui avait reçu la médaille d’or
    de l’exposition internationale à Paris pour la
    recette originale du beurre.

    Blandov a envoyé Irina chez le prince karatchaï
    Baïtchorov, le plus grand fournisseur du lait
    et des fromages au Caucase du Nord dans l’espoir
    que cette jeune beauté allait charmer le
    Caucasien récalcitrant et le convaincre de
    vendre le champignon tant convoité.

    Le prince a reçu la jeune fille avec une
    hospitalité toute caucasienne, ne tarissait pas
    en compliments et promettait d’honorer le
    moindre de ses désirs. Pourtant, il changeait
    habilement de sujet dès lors qu’il s’agissait
    du champignon à kéfir.

    Irina faisait le tour des villages en tentant
    d’acheter le « millet du Prophète » chez les
    montagnards mais ceux-ci étaient intraitables.

    Un jour Sakharova se dirigeait à Kislovodsk en
    compagnie du gérant d’une laiterie Vassiliev.
    Soudain des coups de feu retentirent et des
    cavaliers masqués de noir entourèrent le phaéton.
    L’un d’eux saisit Irina, la mit en travers de
    selle et fonça au galop en direction des
    montagnes.

    Les cavaliers amenèrent la jeune fille apeurée
    à la maison de Baïtchorov. Après avoir galamment
    présenté ses excuses pour la veille tradition
    des montagnards habitués à voler les fiancées,
    le prince la demanda solennellement en mariage.
    Mais la jeune beauté russe pragmatique
    n’apprécia pas du tout l’élan romantique de
    Baïtchorov : elle voulait non pas son coeur
    mais le champignon à kéfir. Le prince s’emporta
    et la jeune fille rétive fut sauvée in extremis
    par les policiers amenés par le compagnon d’Irina
    Vassiliev. L’affaire fut portée devant la justice
    mais personne ne voulait de scandale et le juge
    a proposé aux parties de se réconcilier.

    « Je peux pardonner le prince à une condition,
    - déclara la demoiselle. – Qu’il m’offre le
    champignon à kéfir ». Le prince accepta l’offre
    et envoya le lendemain des champignons à kéfir
    et un énorme bouquet de fleurs magnifiques.

    Irina rentra à Moscou et se consacra à la
    fabrication de la boisson. Ce sont les patients
    de l’hôpital Botkine de Moscou qui reçurent le
    premier lot de kéfir et en 1913, la boisson fit
    également son apparition dans les laiteries de
    Moscou.

    Nous ne savons, malheureusement, pas grand-chose
    sur la vie d’Irina Sakharova. Elle se maria, mit
    au monde un fils et une fille, travailla
    longuement dans une entreprise laitière de Moscou
    et décéda dans les années 1970.

    C’est pour cette raison qu’en achetant aujourd’hui
    un emballage de kéfir, nous ne nous souvenons pas
    de cette femme charmante et très courageuse à
    laquelle nous devons cette excellente boisson.



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  • Grigori Raspoutine : un saint ou un escroc?

    Grigori Raspoutine : un saint ou un escroc? .....

     

    Grigori Raspoutine est le personnage de nombreux films
    et de romans mais sa personnalité continue toujours à
    fasciner le public. Quel est donc le secret du charme
    sombre répandu par le nom de Raspoutine ?

    Si les uns l’accusaient de tous les péchés mortels,
    les autres le vénéraient comme un saint. La vie du
    simple paysan devenu ami de la famille du dernier
    tsar russe Nicolas Romanov, recèle un bon nombre
    d’énigmes. On ignore jusqu’à la date de sa naissance,
    sa biographie avant la période saint-pétersbourgeoise
    est émaillée de « taches blanches » et des légendes
    circulent toujours sur sa mort atroce.

    Le futur favori du tsar vit le jour au village sibérien
    de Pokrovskoïe. Les villageois se souvenaient que dans
    sa jeunesse Grigori leur donnait du fil à retordre :
    c’était un ivrogne doublé de bagarreur et de voleur.
    A la suite d’un vol, les paysans battirent quasiment
    à mort ce garçon égaré mais depuis lors Raspoutine
    avait complètement changé : il est devenu religieux
    et faisaient des pèlerinages à pied dans des monastères
    situés à des milliers de kilomètres de son village natal.

    On disait même qu’il avait acquis le don de prophétie.
    On se demande si c’était vrai ou si Raspoutine était
    simplement un bon comédien mais les rumeurs sur
    l’étonnant « starets » Grigori ont fini par atteindre
    Petersburg, capitale de l’empire.

    En 1904, Raspoutine commence à être reçu par les
    aristocrates de la capitale et bientôt on le présente
    à la famille impériale.

    Tous ceux qui contactaient Raspoutine notaient qu’il
    s’en dégageait une aura vraiment magique. Ce paysan
    sibérien était sans doute un excellent hypnotiseur.
    Dès la première rencontre avec le couple royal,
    Grigori prit sur lui un ascendant tout particulier.

    Maurice Paléologue, ambassadeur de France en Russie
    écrivait : « Il les avait complètement subjugués
    comme sous l’effet d’un charme ». D’ailleurs, il y
    avait en plus de « charme » une raison plus importante
    qui expliquait l’attachement du tsar et de la tsarine
    pour Raspoutine : il soignait leur fils, l’héritier
    du trône Alexis. Le gamin souffrait d’hémophilie
    (trouble de coagulation sanguine) et la moindre
    égratignure pouvait lui devenir fatale. Les meilleurs
    médecins se déclaraient impuissants mais « le starets »
    parvenait curieusement à arrêter les saignements d’Alexis.
     
    « L’héritier vivra tant que je vis », suggérait
    Raspoutine au couple impérial et ajoutait :
    « Ma mort sera aussi la vôtre ». L’influence de ce
    paysan inculte à la cour du tsar grandissait d’année
    en année. Raspoutine prenait des pots-de-vin pour faire
    du lobbying en faveur des transactions commerciales ou
    pour aider les fonctionnaires à obtenir les postes
    convoités.

    Personne n’osait rien refuser au favori du tsar. Grigori
    menait cependant un grand train et le tout Petersburg
    faisait des ragots sur ses beuveries et ses parties de
    débauche avec les femmes de la haute société. Des rumeurs
    sordides ont couru sur les liaisons intimes du « starets »
    avec la tsarine et ses filles.

    Le prestige de la dynastie régnante se dégradait à vue
    d’œil. Grigori Raspoutine se mêlait également de la
    politique en dissuadant Nicolas II à prendre part aux
    conflits armés. Ce paysan madré sentait que cela allait
    mal tourner pour la monarchie. La vie a montré qu’il
    avait raison!

    En effet, quand la Russie s’était finalement
    engagée dans la Première guerre mondiale, Raspoutine a
    convaincu le tsar à prendre le commandement de l’armée
    mais Nicolas II s’est révélé être un piètre chef militaire.

    La haine de Raspoutine n’a pas tardé à embraser toute
    la société. Voulant sauver la famille du tsar de
    l’influence maléfique du « starets » plusieurs
    aristocrates ont décidé de tuer Raspoutine.

    Dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916, les conspirateurs
    l’ont invité dans la maison du prince Félix Youssoupov.
    On lui avait servi des pâtés et du vin empoisonnés mais
    le puissant poison est, curieusement, resté sans effet
    sur lui!

    Alors Youssoupov lui tira dans le dos et Raspoutine
    s’effondra. Mais pendant que les conspirateurs se
    préparaient à se débarrasser du corps, « le cadavre »
    se ranima soudain, bouscula Youssoupov et se précipita
    dehors. Les conspirateurs lui fracassèrent le crâne et
    jetèrent le corps dans les eux glacées de la Neva.
    L’expertise devait établir par la suite qu’empoisonné,
    criblé de balles et mutilé, Raspoutine était toujours
    vivant avant de plonger dans l’eau comme si un pouvoir
    inconnu tentait de le retenir en ce monde. La mort de
    « l’hypnotiseur » n’a pas sauvé la monarchie.

    Deux révolutions à la fois ont ébranlé la Russie en 1917,
    d’abord celle antimonarchique de février suivi de
    révolution d’Octobre qui a fait table rase de l’ancien
    régime. Nicolas II et sa famille ont été fusillés par
    les bolcheviks en 1918.

    Ainsi s’accomplit pleinement la prédiction de Raspoutine:
    « Ma mort sera aussi la vôtre »…


    Grigori Raspoutine était considéré différemment de son
    vivant : pour certains c’était un saint, pour d’autre
    un démon malfaisant, les uns croyaient qu’il avait
    attiré le malheur sur la famille de Nikolaï II, les
    autres – qu’il était un prophète calomnié. Ce simple
    moujik inculte, ce paysan sibérien a réussi à devenir
    le confident de l'impératrice, l'ami du tsar, le maître
    des destinées de l'empire – il provoquait l'irritation,
    l'envie, la haine et finalement, il a été tué par des
    conspirateurs en décembre 1916.

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  • Le retour des fleurs

    Conte de tradition orale. Australie

    Le retour des fleurs..Conte de tradition orale. Australie en audio


    Comme il ne pouvait plus supporter les hommes et leur méchanceté, le plus puissant de tous les sorciers avait décidé de quitter son pays et de se réfugier tout au sommet de la plus haute des hautes montagnes. Aussitôt dit, aussitôt fait... Il s'en alla.

     

    Un grand malheur s'abattit sur la nature ; toutes les fleurs, celles des bois, celles des prairies, celles des collines, celles des bords de mer, celles du long des rivières et celles de lacs moururent instantanément. Il n'y en eu pas une seule qui survécut. Le pays, jadis si beau et si fleuri devint rapidement un désert. Tous les animaux, les oiseaux, les papillons, les insectes s'enfuirent après la mort des fleurs. Pour voir les fleurs, les habitants ne pouvaient user que de leur imagination. Mais les enfants, qui n'avaient jamais connu ces merveilles, ne voulaient pas croire les anciens.

     

    - Vous ne racontez que des histoires, leur disaient-ils et ils s'en allaient tristes dans le décor triste d'un pays sans fleurs.

    Parmi tous ces enfants, il en était un qui ne pouvait imaginer que tout eut disparu pour toujours. Lorsque sa mère, lassée de raconter l'ancien temps, se taisait, il réclamait encore et encore d'autres histoires car il aimait entendre parler de la beauté des fleurs.

    Il pensait que lorsqu'il serait un homme, il partirait à la recherche du grand sorcier et lui demanderait de redonner de la couleur au pays.

     

    Les années passèrent.

     

    Un jour, il fut grand. Son amour des fleurs avait grandi avec lui. Il s'en alla donc trouver sa mère et lui dit :

    - Mère, je vais m'en aller à la recherche du grand sorcier et lui demander de nous rendre les fleurs.

    Sa mère le regarda avec des yeux remplis d'effroi.

    - Mais fils ! s'écria-t-elle, tout ce que je t'ai raconté n'était que des histoires. Il ne faut jamais croire aux histoires. Je te disais ce que ma mère me racontait parce qu'elle l'avait entendu raconter par sa mère qui le tenait de sa mère. Malheur à toi ! Les fleurs n'ont probablement jamais existé. Tu aurais beau marcher mille ans, jamais tu ne trouverais le sorcier qui vit tout en haut de la plus haute montagne.

    Mais le fils ne l'écouta même pas, il prit son baluchon et s'en alla. Les gens du pays qui le voyaient passer se moquaient de lui :

    - Ce garçon est fou ! disaient-ils. Il n'y a que les fous qui croient aux histoires.

     

    Le jeune homme se dirigea vers le nord. Il marcha longtemps, longtemps, longtemps et arriva au pied d'une montagne, si haute, si haute que son sommet était invisible.

    Il tourna autour de la montagne, mais ne vit aucun sentier, seulement de la roche et des cailloux. Il tourna encore et encore. Las de tourner, il se dit :

    - « Il faudra bien que je découvre un chemin. Le sorcier a dû le prendre pour atteindre le sommet. »

    Il inspecta avec attention les rochers et finit par découvrir une petite marche. En regardant de plus près, il aperçut une autre petite marche et puis encore une autre. Lorsqu'il leva les yeux vers le sommet de la montagne, il aperçut un escalier et il se mit à grimper sans jamais regarder en bas pour ne pas avoir le vertige.

     

    A la fin du premier jour, il s'arrêta sur une terrasse. Le sommet de la montagne n'était pas visible. Il en fit de même le deuxième, puis le troisième, puis le quatrième puis le cinquième puis le sixième jour. Il commençait à se décourager quand, au soir du septième jour, il aperçut enfin le sommet. A force de courage et malgré la fatigue accumulée depuis 7 jours, il parvient à l'atteindre juste au moment où le soleil avait complètement disparu et que la nuit avait recouvert le monstre de pierre. Arrivé tout en haut, il aperçut une source. Il se pencha pour y boire un peu d'eau. Au premier contact de l'eau sur ses lèvres, toute sa fatigue s'évapora. Il se sentit fort et heureux comme jamais dans sa vie. Tout à coup, derrière lui, il entendit une voix qui lui demanda ce qu'il était venu chercher sur la plus haute des hautes montagnes.

    - Je suis venu, dit-il, pour rencontrer le grand sorcier et lui demander de nous rendre des fleurs et des insectes. Un pays sans fleurs, sans oiseaux et sans abeilles, est triste à mourir. Seule le beauté peut rendre les gens bons et je suis certain que les gens de mon pays cesseraient d'être méchants, si le sorcier leur redonnait les fleurs.

     

    Alors, le jeune homme se sentit soulevé par des mains invisibles. Il fut transporté délicatement vers le pays des fleurs éternelles. Les mains invisibles le déposèrent sur le sol au milieu d'un tapis de fleurs multicolores. Le jeune homme ne pouvait en croire ses yeux. Il y en avait tant et jamais il n'avait imaginé que les fleurs puissent être aussi belles ! Dans l'air, un délicieux parfum flottait et les rayons du soleil dansaient sur le sol multicolore comme des milliers et des milliers d'arcs-­en-ciel. La joie du jeune homme fut si grande, qu'il se mit à pleurer.

    La voix lui dit de cueillir les fleurs qu'il préférait. Il s'exécuta et en cueillit de toutes les couleurs. Quand il en eut plein les chargés, les mains invisibles le reconduisirent doucement au sommet de la montagne.

    Alors, la voix lui dit :

    - Rapporte ces fleurs dans ton pays. Désor­mais, grâce à ta foi et à ton courage, ton pays ne sera plus jamais sans fleurs. Il y en aura pour toutes les régions. Les vents du nord, de l'est, du sud et de l'ouest leur apporteront la pluie qui sera leur nourriture, et les abeilles vous donneront le miel qu'elles cherchent dans les fleurs.

     

    Le jeune homme remercia et commença aussitôt la descente de la montagne qui, malgré la quantité de fleurs qu'il portait, lui parut bien plus facile que la montée.


    Quand il revint dans son pays, les habitants, en apercevant les fleurs et en respirant leur parfum, ne voulurent pas croire à leur bonheur. Puis, quand ils surent qu'ils ne rêvaient pas, ils dirent :

    - Ah ! nous savions bien que les fleurs existaient et que ce n'étaient pas des histoires inventées par nos ancêtres.


    Et leur pays redevint un grand jardin. Sur les col­lines, dans les vallées, près des rivières, des lacs et de la mer, dans les bois, dans les champs et dans toutes les prairies, les fleurs crûrent et se multiplièrent. Tantôt c'était le vent du nord qui amenait la pluie, tantôt le vent du sud, de l'est ou de l'ouest. Les oiseaux revinrent, ainsi que les papillons et tous les insectes, et surtout les abeilles. Désormais, les gens purent man­ger du miel, et la joie revint sur la terre.


    Quand les hommes virent leur terre transformée grâce au jeune homme qui avait osé ce que personne n'avait cru possible, ils lui demandèrent d'être leur roi. II accepta et il devint un roi bon, courageux et intelligent.

    -Rappelons-nous, disait-il, que c'était la méchan­ceté des hommes qui avait entraîné la disparition des fleurs de notre pays.


    Et, comme personne ne voulait recommencer à habiter un désert et à être privé de miel, chacun s'efforça désormais d'être aussi bon que possible pour ne pas fâcher le grand sorcier.

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