• Histoire de la colline des Croix en Lithuanie

    Un curieux endroit!

    La Colline des Croix est un lieu de pèlerinage situé près de la ville de Šiauliai, au nord de la Lituanie. Les premières croix ont été posées sur la colline fortifiée au XIVe siècle. Au cours des siècles, de nombreuses croix, des crucifix, sculptures de patriotes lituaniens, des statues de la Vierge Marie, des effigies en étain et des rosaires y ont été apportés par les pèlerins catholiques.

    Histoire de la Colline des Croix

    La vraie raison de l'existence de cette colline est ancrée dans l'histoire de la Lituanie. Au cours des siècles, l'endroit s'identifia à la résistance pacifique des Lituaniens catholiques en dépit des menaces auxquelles ils ont dû faire face à travers leur histoire.

    Envahie en 1795 par la Russie durant le partage de la Pologne (qui à l'époque formait une fédération avec le Grand-duché de Lituanie), la Lituanie a disparu de la carte de l'Europe. Quand l'ancienne structure politique de l'Europe de l'Est s'effondre en 1918, la Lituanie déclare à nouveau son indépendance. Durant toute cette période, la Colline des Croix a été utilisée par les Lituaniens comme centre de prière pour la paix, pour leur pays et pour l'amour des disparus.

    Plus récemment, le site a pris une signification plus particulière durant les années 1944-1990, alors que la Lituanie faisait officiellement partie de l'URSS. Les Lituaniens ont continué à se rendre à la Colline afin d'y déposer des offrandes et montrer leur attachement à leur identité, leur religion et leur racines. Ainsi, malgré l'acharnement des Soviétiques à retirer les nouvelles croix et à raser le site au bulldozer (au moins par trois fois), de nouvelles croix ont continué à apparaître. En 1985, les autorités sovétiques ont renoncé à retirer les croix.

    Depuis l'indépendance de leur pays, les Lituaniens ont continué à ajouter des milliers de croix, chapelets et autres objets de culte. Les croix y sont actuellement au nombre de 50 000, rappelant aux visiteurs la lutte d'un peuple pour la liberté de son pays.
    Le 7 septembre 1993, le Pape Jean-Paul II s'est rendu à la Colline des Croix, la déclarant site d'espoir, de paix, d'amour et de sacrifice.
    Devenues représentatives de l'art populaire du pays, des croix existent dans de nombreux villages et au bord des routes. La Lituanie est d'ailleurs parfois surnommée "le Pays des Croix".
     










     
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Légende chinoise, L'éléphant du Lijiang.

     

    La Colline en trompe d'éléphant, située au sud de Guilin à la confluence de la rivière Li et de la rivière des Fleurs de pêchers, en Chine.

     

    Selon la légende, le mythique empereur de Jade décida un jour de faire un voyage dans le Sud de la Chine. Comme il se déplaçait toujours en grand apparat, il était accompagné d'une suite impressionnante et de plusieurs éléphants. Comme l'empereur de Jade ne souffrait d'aucun obstacle, il détruisait tout sur son passage.

     

    L'un des éléphants transportait une jarre pleine de joyaux et tomba malade alors qu'il traversait dans la région de Guilin. Jugé inutile et ne pouvant continuer le voyage, il fut abandonné sur place.

     

    Un vieil homme s'émut de son sort et le recueillit. Il prodigua des soins à l'éléphant si bien que celui-ci fut totalement guérit. Pour le remercier, l'éléphant l'aida à rebâtir son village, détruit par le passage impérial.

     

    Quand le souverain céleste apprit la nouvelle, il rentra dans une rage folle et envoya des soldats punir cet éléphant qui s'intéressait trop au sort des hommes. L'animal se défendit avec courage pendant plusieurs jours mais fut tué par traîtrise : alors qu'épuisé, il trempait sa trompe dans le Lijiang pour se désaltérer, un soldat lui enfonça son épée dans le dos.

     

    Le temps passa et le corps de l'éléphant devint une colline en forme de trompe d'éléphant du nom de Xiangbi que l'on peut voir encore de nos jours, le long de la rive droite du fleuve Lijiang. On raconte que l'épée du traître serait devenue la pagode Puxian que l'on peut aujourd'hui admirer sur la colline.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Légendes Du Monde

     
    Légende de la CorriveauPhilippe Aubert De Gaspé père...Les Anciens Canadiens...
     

    Trois ans après la conquête du pays, c’est-à-dire en 1763, un meurtre atroce eut lieu dans la paroisse de Saint-Valier, district de Québec...

    Et quoiqu’il se soit bientôt écoulé un siècle depuis ce tragique événement, le souvenir s’en est néanmoins conservé jusqu’à nos jours, entouré d’une foule de contes fantastiques qui lui donnent tout le caractère d’une légende.

    En novembre 1749, une femme du nom de Corriveau se maria à un cultivateur de Saint-Valier.

    Après onze ans de mariage, cet homme mourut dans cette paroisse le 27 avril 1760. Une vague rumeur se répandit alors que la Corriveau s’était défaite de son mari, en lui versant, tandis qu’il était endormi, du plomb fondu dans l’oreille.

    On ne voit pas toutefois que la justice de l’époque ait fait aucune démarche pour établir la vérité ou la fausseté de cette accusation...

    Et trois mois après le décès de son premier mari, la Corriveau se remariait en secondes noces, le 20 juillet 1760, à Louis Dodier, aussi cultivateur de Saint-Valier.

    Après avoir vécu ensemble pendant trois ans, la tradition s’accorde à dire que, sur la fin du mois de janvier 1763, la Corriveau, profitant du moment où son mari était plongé dans un profond sommeil, lui brisa le crâne, en le frappant à plusieurs reprises avec un broc (espèce de pioche à trois fourchons).

    Pour cacher son crime, elle traîna le cadavre dans l’écurie, et le plaça en arrière d’un cheval, afin de faire croire que les blessures infligées par le broc provenaient des ruades de l’animal. La Corriveau fut en conséquence accusée du meurtre conjointement avec son père.

    Le pays étant encore à cette époque sous le régime militaire, ce fut devant une cour martiale que le procès eut lieu.

    La malheureuse Corriveau exerçait une telle influence sur son père (Joseph Corriveau), que le vieillard se laissa conduire jusqu’à s’avouer coupable de ce meurtre...

    Sur cet aveu, il fut condamné à être pendu, ainsi que le constate la pièce suivante extraite d’un document militaire, propriété de la famille Nearn, de la Malbaie.

    La Cour martiale, dont le lieutenant-colonel Morris était président, ayant entendu le procès de Joseph Corriveau et de Marie-Josephte Corriveau, Canadiens, accusés du meurtre de Louis Dodier, et le procès d’Isabelle Sylvain, Canadienne, accusée de parjure dans la même affaire...

    Le gouverneur ratifie et confirme les sentences suivantes: Joseph Corriveau, ayant été trouvé coupable du crime imputé à sa charge, est en conséquence condamné à être pendu.

    La Cour est aussi d’opinion que Marie-Josephte Corriveau, sa fille, veuve de feu Dodier, est coupable d’avoir connu avant le fait le même meurtre, et la condamne, en conséquence, à recevoir soixante coups de fouet à neuf branches sur le dos nu, à trois différents endroits, savoir...

    Sous la potence, sur la place du marché de Québec et dans la paroisse de Saint-Valier, vingt coups à chaque endroit, et à être marquée d’un fer rouge à la main gauche avec la lettre M.La Cour condamne aussi Isabelle Sylvain à recevoir soixante coups de fouet à neuf branches sur le dos nu, de la même manière, temps et places que la dite Josephte Corriveau, et à être marquée d’un fer rouge à la main gauche avec la lettre P.

    » Heureusement ces sentences ne furent point exécutées, et voici comment le véritable état de la cause fut connu.

    Le malheureux Corriveau, décidé à mourir pour sa fille, fit venir le Père Glapion, alors supérieur des Jésuites à Québec, pour se préparer à la mort.

    À la suite de sa confession, le condamné demanda à communiquer avec les autorités. Il dit alors qu’il ne lui était pas permis consciencieusement d’accepter la mort dans de pareilles circonstances, parce qu’il n’était pas coupable du meurtre qu’on lui imputait.

    Il donna ensuite aux autorités les moyens d’arriver à la vérité et d’exonérer Isabelle Sylvain du crime supposé de parjure, dont elle était innocente.

    À la suite des procédés ordinaires, l’ordre suivant fut émané...

    « Quebec, 15th April, 1763 GENERAL ORDER.

    The Court Martial, whereof lieutenant colonel Morris was president dissolved.

    The General Court Martial having tried Marie Josephte Corriveau, for the murder of her husband Dodier, the Court finding her guilty. The Governor (Murray) doth ratify and confirm the following sentence...

    That Marie Josephte Corriveau do suffer death for the same, and her body to be hung in chains wherever the Governor shall think fit.

    (Signé) THOMAS MILLS, T. Major » (Traduction) « Québec, 15 avril 1763 ORDRE GÉNÉRAL.

    La Cour Martiale, dont le lieutenant-colonel Morris était président, est dissoute.

    la corriveau

    La cage de La Corriveau dans le Château Ramezay, à Montréal. Photo : © GrandQuebec.com

    La Cour Martiale Générale ayant fait le procès de Marie- Josephte Corriveau, accusée du meurtre de son mari Dodier, l’a trouvée coupable.

    Le Gouverneur (Murray) ratifie et confirme la sentence suivante: – Marie-Josephte Corriveau sera mise à mort pour ce crime, et son corps sera suspendu dans les chaînes, à l’endroit que le gouverneur croira devoir désigner. » (Signé) THOMAS MILLS, Major de ville ».

    Conformément à cette sentence, Marie-Josephte Corriveau fut pendue, près des plaines d’Abraham, à l’endroit appelé les buttes à Nepveu, lieu ordinaire des exécutions, autrefois.

    Son cadavre fut mis dans une cage de fer, et cette cage fut accrochée à un poteau, à la fourche des quatre chemins qui se croisent dans la Pointe-Lévis, près de l’endroit où est aujourd’hui le monument de tempérance – à environ douze arpents à l’ouest de l’église, et à un arpent du chemin. 

    Légendes Du Monde... 

    Les habitants de la Pointe-Lévis, peu réjouis de ce spectacle, demandèrent aux autorités de faire enlever cette cage, dont la vue, le bruit et les apparitions nocturnes tourmentaient les femmes et les enfants.

    Comme on n’en fit rien, quelques hardis jeunes gens allèrent décrocher, pendant la nuit, la Corriveau avec sa cage, et allèrent la déposer dans la terre à un bout du cimetière, en dehors de l’enclos.

    Cette disparition mystérieuse, et les récits de ceux qui avaient entendu, la nuit, grincer les crochets de fer de la cage et cliqueter les ossements, ont fait passer la Corriveau dans le domaine de la légende.

    Après l’incendie de l’église de la Pointe-Lévis, en 1830, on agrandit le cimetière; ce fut ainsi que la cage s’y trouva renfermée, et qu’elle y fut retrouvée en 1850, par le fossoyeur.

    La cage, qui ne contenait plus que l’os d’une jambe, était construite de gros fer feuillard. Elle imitait la forme humaine, ayant des bras et des jambes, et une boîte ronde pour la tête.

    Elle était bien conservée et fut déposée dans les caveaux de la sacristie. Cette cage fut enlevée secrètement, quelque temps après, et exposée comme curiosité à Québec, puis vendue au musée Barnum, à New-York, où on doit encore la voir.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Halloween 2016, 2017 et 2018 - Date et origine

    Citrouilles d'Halloween

    Dates d'Halloween

    Halloween est prévue aux dates suivantes :

    • lundi 31 octobre 2016
    • mardi 31 octobre 2017
    • mercredi 31 octobre 2018

    La date est fixe, chaque année elle a lieu le 31 octobre.

    ****
     

    Origine d'Halloween

    Le terme Halloween est l'abréviation anglaise d'"All Hallow's Eve", qui pourrait être traduite comme la veille de Tous les Saints ou la veille de la Toussaint1. Cette fête où l'on peut croiser des zombies, des vampires et autres déguisements effrayants, est en fait un héritage celtique d'une fête très ancienne, la fête de Samhain.

    L'héritage d'une fête celtique

    La fête de Samhain, Samain ou encore Samonios, est une célébration païenne et celtique qui commémorait la fin des moissons, la fin de l'été et le début de la saison courte (appelée la saison sombre en opposition avec la saison claire). Elle existe depuis environ 2500 ans et était fêtée le 31 octobre, qui correspondait au dernier jour de l'année du calendrier celte2. Lors de cette célébration, les druides priaient les Dieux pour les remercier des récoltes de l'année écoulée et afin qu'ils assurent leur protection durant l'hiver3.

    La fête durait 7 jours, 3 jours avant la Samhain et 3 jours après, et était obligatoire. Elle avait pour but d'accueillir la nouvelle année, mais aussi les défunts, autorisés à rendre visite aux vivants ce seul jour de l'année4. Les disparus étaient honorés par un grand repas et avaient leur place à table1.

    Les druides allumaient des feux sacrés pour faire revenir le soleil et chasser les mauvais esprits. Chaque habitant emportait chez lui une part de ce feu sacré pour allumer un foyer nouveau dans sa maison. La citrouille utilisée aujourd'hui comme lanterne pourrait rappeler les réceptacles utilisés pour ramener le feu chez soi5, et qui étaient peut-être à l'origine des navets2.

    Reprise par les Romains puis par les catholiques

    Quelques siècles plus tard, l'Empire romain a étendu son influence jusque dans les territoires celtiques : la fête de Samhain sera peu à peu remplacée par une célébration à la fin des moissons en l'honneur de Pomona, déesse des arbres fruitiers3. La fête en l'honneur des disparus a cependant lieu le 21 février, dans le cadre de la célébration des Feralia2.

    AU IVe siècle, la religion chrétienne devient obligatoire dans tout l'Empire. Les fêtes païennes sont lentement remplacées par des fêtes religieuses : la Toussaint est célébrée dans un premier temps au temps pascal. Plus tard, au VIIIe siècle, le pape Grégoire III la fixa à la date du 1er novembre. Les coutumes païennes persistèrent et Halloween, signifiant la veille de tous les saints, était fêtée le 31 octobre5.

    Un folklore irlandais exporté aux États-Unis

    En Irlande, mais aussi en Écosse et au Pays de Galles, la célébration de Halloween a perduré. Vers 1600, la tradition était d'installer devant chez soi un navet dans lequel on avait placé une chandelle pour guider les âmes. Pour effrayer les mauvais esprits, des visages grimaçants étaient découpés dans les navets2.

    Au XIXe siècle, une grande famine s'est abattue sur l'Irlande. De nombreux Irlandais émigrèrent aux États-Unis emportèrent avec eux cette coutume : les citrouilles illuminées ont remplacé les navets5.

    L'emploi de courge utilisée comme lanterne rappelle une autre légende irlandaise associée à l'étrange et aux mauvais esprits : la légende de Jack O'Lantern. Jack O'Lantern était un ivrogne cruel et méchant qui aurait joué aux cartes avec le diable. Plusieurs versions existent : dans l'une d'elles, le fait d'avoir gagné contre le diable lui assure de ne jamais aller en enfer. Dans une autre version, il aurait trompé plusieurs fois le diable qui cherchait à avoir son âme en lui jouant des mauvais tours.

    À sa mort, Jack O'Lantern ne put entrer au paradis, les portes étant closes. Il ne fut pas non plus accueilli en enfer, le diable lui ayant fait la promesse de ne jamais aller en enfer. Destiné à errer jusqu'à la fin des temps, Jack a demandé au diable une lanterne pour s'éclairer. Il lui fournit un navet et des braises qui lui servirent de torche6.

    Trick or Treat

    Durant Halloween, les enfants, déguisés de manière effrayante, font du porte-à-porte en annonçant cette formule pour avoir quelques friandises5. S'ils ne récoltent rien, ils sont autorisés à faire une farce.

    Les origines de la coutume Trick or Treat (un mauvais tour ou un cadeau) sont méconnues. Cette pratique était fermement ancrée dans la culture américaine dès 1950, puisqu'on la retrouve dans le comic strip Peanuts, plus connu sous le nom Snoopy et les Peanuts, ainsi qu’un épisode de Disney avec Donald Duck, nommé "Trick or Treat". Ceci dit, on retrouve dans certaines traditions celtiques de la Samhain des pratiques de déguisement, à l'aide de peaux d'animaux7.

    Au moyen-âge apparait la pratique du mumming dans les îles britanniques, qui consiste à se déguiser et à effectuer des pitreries en échange de nourriture ou de boisson. La Toussaint et la fête des Morts dans les pays celtiques conservaient aussi certains rituels de la Samhain : les pauvres frappaient aux portes des maisons riches et recevaient des soul cakes (gâteaux d'âme) en promesse de prières aux disparus de la maison. Cette pratique appelée souling a été par la suite confiée aux enfants7.

    En Écosse et en Irlande, les jeunes suivaient une pratique appelée guising : ils se déguisaient et demandaient des cadeaux de porte-à-porte. Au lieu de s'engager à prier pour les défunts, ils récitaient un poème, chantaient une chanson ou réalisaient un "tour" avant de réclamer leur cadeau, qui était le plus souvent un fruit sec ou une pièce7.

    Aujourd'hui, Halloween est une fête nationale aux États-Unis et la seconde fête la plus rentable, après Noël. En France, elle est apparue à la fin des années 1990, mais n'a pas le même succès qu'outre Atlantique.

    Célébration d'Halloween

    Ce jour-là, les enfants arborent des déguisements terrifiants et sonnent à toutes les portes pour demander des friandises. Les mamans sont mises à contribution pour la préparation de nos Sorcières, Dracula et chauve-souris d'un soir. Une citrouille est évidée afin de représenter un visage. Une bougie est placée en son centre afin de compléter l'emblème de ce jour.

    Halloween dans le monde

    • En Irlande, la fête de Samhain reste populaire dans tout le pays. La ville la plus imprégnée des festivités reste Londonderry qui voit chaque année se dérouler un magnifique défilé.
    • À Hawaï, lors de la fête d'Halloween, le centre culturel polynésien organise à la nuit tombée une excursion sur le lagon. Sur des barques, l'on y découvre alors les mystères d'une maison hantée.
    • En Transylvanie, le pays de Dracula propose des bals costumés, visites et chasses aux sorcières dans les châteaux des Carpates. De très nombreuses animations sont aussi organisées dans la ville de Sighisoara.
    • Aux États-Unis, dans la ville de New-york est organisée la "world famous pumpkin race" qui permet à qui le souhaite de transformer une citrouille en petit bolide à roulettes. Ces dernières descendront la pente jusqu'à la mer pour finalement être dégustées.
    • À la Nouvelle-Orléans, c'est tout le mois d'octobre qui est à la fête avec des défilés et décorations de circonstance sur les murs des maisons. Le Voodoo Music Experiment clôt le tout avec des concerts partout dans la ville qui rassemblent de nombreux artistes internationaux.
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Les mystères de l’histoire russe :
    Le millet du Prophѐte, le kéfir et
    la prisonniѐre du Caucase

    Les mystères de l’histoire russe :




    Il y a cent ans, les magasins de Moscou
    ont commencé à vendre une sorte de yaourt
    appelé kéfir pour lequel les gens étaient
    prêts à faire la queue.

    Le kéfir se vend aujourd’hui dans n’importe
    quelle laiterie mais c’était une boisson pour
    les élus jusqu’au début du XXe siècle.

    Le kéfir se fabriquait à base de lait de
    vache fermenté aux champignons de souche
    « kéfir », un mélange de plusieurs variétés
    de micro-organismes bons pour la santé.

    Certes, il n’y avait aucun problème avec le
    lait mais par contre le champignon se laissait
    mal élever en laboratoire. Son secret était
    détenu par les peuples du Caucase du Nord,
    les Karatchaïs et les Balkars, mais ils le
    gardaient jalousement. Dans ces conditions,
    les nobles russes fortunés étaient obligés
    d’entreprendre un long et périlleux voyage
    au Caucase du Nord.

    Les locaux appelaient le champignon à kéfir
    le millet du Prophète. A en croire la légende,
    Mahomet a remis ces boules jaunâtres en don
    aux montagnards du Caucase et leur a appris
    à préparer la boisson aux vertus curatives
    sous le nom de kéfir.

    La recette était bien simple : le lait était
    versé dans une outre et on y ajoutait le
    champignon. L’outre remplie et bien nouée
    était laissée au soleil devant la maison
    et tout passant pouvait lui donner un coup
    de pied. Il manifestait ainsi du respect pour
    le maître du kéfir parce que ce traitement
    facilitait la fermentation. Les montagnards
    tenaient beaucoup à ce champignon et ne
    l’offraient ni ne le vendaient à personne.
    Selon eux, dans ce cas, le champignon
    perdrait son pouvoir magique. Ceux qui
    osaient se séparer du « millet » du Prophète
    devaient se préparer aux grands malheurs.

    Nikolaï Blandov, grand laitier de Moscou a
    décidé en 1908 de se procurer chez les
    montagnards le magique « millet du Prophète ».

    Il a confié cette mission à son assistante
    Irina Sakharova. Agée de 20, Irina était belle
    et avait plus d’une corde à son arc. Un an plus
    tôt, c’est elle qui avait reçu la médaille d’or
    de l’exposition internationale à Paris pour la
    recette originale du beurre.

    Blandov a envoyé Irina chez le prince karatchaï
    Baïtchorov, le plus grand fournisseur du lait
    et des fromages au Caucase du Nord dans l’espoir
    que cette jeune beauté allait charmer le
    Caucasien récalcitrant et le convaincre de
    vendre le champignon tant convoité.

    Le prince a reçu la jeune fille avec une
    hospitalité toute caucasienne, ne tarissait pas
    en compliments et promettait d’honorer le
    moindre de ses désirs. Pourtant, il changeait
    habilement de sujet dès lors qu’il s’agissait
    du champignon à kéfir.

    Irina faisait le tour des villages en tentant
    d’acheter le « millet du Prophète » chez les
    montagnards mais ceux-ci étaient intraitables.

    Un jour Sakharova se dirigeait à Kislovodsk en
    compagnie du gérant d’une laiterie Vassiliev.
    Soudain des coups de feu retentirent et des
    cavaliers masqués de noir entourèrent le phaéton.
    L’un d’eux saisit Irina, la mit en travers de
    selle et fonça au galop en direction des
    montagnes.

    Les cavaliers amenèrent la jeune fille apeurée
    à la maison de Baïtchorov. Après avoir galamment
    présenté ses excuses pour la veille tradition
    des montagnards habitués à voler les fiancées,
    le prince la demanda solennellement en mariage.
    Mais la jeune beauté russe pragmatique
    n’apprécia pas du tout l’élan romantique de
    Baïtchorov : elle voulait non pas son coeur
    mais le champignon à kéfir. Le prince s’emporta
    et la jeune fille rétive fut sauvée in extremis
    par les policiers amenés par le compagnon d’Irina
    Vassiliev. L’affaire fut portée devant la justice
    mais personne ne voulait de scandale et le juge
    a proposé aux parties de se réconcilier.

    « Je peux pardonner le prince à une condition,
    - déclara la demoiselle. – Qu’il m’offre le
    champignon à kéfir ». Le prince accepta l’offre
    et envoya le lendemain des champignons à kéfir
    et un énorme bouquet de fleurs magnifiques.

    Irina rentra à Moscou et se consacra à la
    fabrication de la boisson. Ce sont les patients
    de l’hôpital Botkine de Moscou qui reçurent le
    premier lot de kéfir et en 1913, la boisson fit
    également son apparition dans les laiteries de
    Moscou.

    Nous ne savons, malheureusement, pas grand-chose
    sur la vie d’Irina Sakharova. Elle se maria, mit
    au monde un fils et une fille, travailla
    longuement dans une entreprise laitière de Moscou
    et décéda dans les années 1970.

    C’est pour cette raison qu’en achetant aujourd’hui
    un emballage de kéfir, nous ne nous souvenons pas
    de cette femme charmante et très courageuse à
    laquelle nous devons cette excellente boisson.



    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Grigori Raspoutine : un saint ou un escroc?

    Grigori Raspoutine : un saint ou un escroc? .....

     

    Grigori Raspoutine est le personnage de nombreux films
    et de romans mais sa personnalité continue toujours à
    fasciner le public. Quel est donc le secret du charme
    sombre répandu par le nom de Raspoutine ?

    Si les uns l’accusaient de tous les péchés mortels,
    les autres le vénéraient comme un saint. La vie du
    simple paysan devenu ami de la famille du dernier
    tsar russe Nicolas Romanov, recèle un bon nombre
    d’énigmes. On ignore jusqu’à la date de sa naissance,
    sa biographie avant la période saint-pétersbourgeoise
    est émaillée de « taches blanches » et des légendes
    circulent toujours sur sa mort atroce.

    Le futur favori du tsar vit le jour au village sibérien
    de Pokrovskoïe. Les villageois se souvenaient que dans
    sa jeunesse Grigori leur donnait du fil à retordre :
    c’était un ivrogne doublé de bagarreur et de voleur.
    A la suite d’un vol, les paysans battirent quasiment
    à mort ce garçon égaré mais depuis lors Raspoutine
    avait complètement changé : il est devenu religieux
    et faisaient des pèlerinages à pied dans des monastères
    situés à des milliers de kilomètres de son village natal.

    On disait même qu’il avait acquis le don de prophétie.
    On se demande si c’était vrai ou si Raspoutine était
    simplement un bon comédien mais les rumeurs sur
    l’étonnant « starets » Grigori ont fini par atteindre
    Petersburg, capitale de l’empire.

    En 1904, Raspoutine commence à être reçu par les
    aristocrates de la capitale et bientôt on le présente
    à la famille impériale.

    Tous ceux qui contactaient Raspoutine notaient qu’il
    s’en dégageait une aura vraiment magique. Ce paysan
    sibérien était sans doute un excellent hypnotiseur.
    Dès la première rencontre avec le couple royal,
    Grigori prit sur lui un ascendant tout particulier.

    Maurice Paléologue, ambassadeur de France en Russie
    écrivait : « Il les avait complètement subjugués
    comme sous l’effet d’un charme ». D’ailleurs, il y
    avait en plus de « charme » une raison plus importante
    qui expliquait l’attachement du tsar et de la tsarine
    pour Raspoutine : il soignait leur fils, l’héritier
    du trône Alexis. Le gamin souffrait d’hémophilie
    (trouble de coagulation sanguine) et la moindre
    égratignure pouvait lui devenir fatale. Les meilleurs
    médecins se déclaraient impuissants mais « le starets »
    parvenait curieusement à arrêter les saignements d’Alexis.
     
    « L’héritier vivra tant que je vis », suggérait
    Raspoutine au couple impérial et ajoutait :
    « Ma mort sera aussi la vôtre ». L’influence de ce
    paysan inculte à la cour du tsar grandissait d’année
    en année. Raspoutine prenait des pots-de-vin pour faire
    du lobbying en faveur des transactions commerciales ou
    pour aider les fonctionnaires à obtenir les postes
    convoités.

    Personne n’osait rien refuser au favori du tsar. Grigori
    menait cependant un grand train et le tout Petersburg
    faisait des ragots sur ses beuveries et ses parties de
    débauche avec les femmes de la haute société. Des rumeurs
    sordides ont couru sur les liaisons intimes du « starets »
    avec la tsarine et ses filles.

    Le prestige de la dynastie régnante se dégradait à vue
    d’œil. Grigori Raspoutine se mêlait également de la
    politique en dissuadant Nicolas II à prendre part aux
    conflits armés. Ce paysan madré sentait que cela allait
    mal tourner pour la monarchie. La vie a montré qu’il
    avait raison!

    En effet, quand la Russie s’était finalement
    engagée dans la Première guerre mondiale, Raspoutine a
    convaincu le tsar à prendre le commandement de l’armée
    mais Nicolas II s’est révélé être un piètre chef militaire.

    La haine de Raspoutine n’a pas tardé à embraser toute
    la société. Voulant sauver la famille du tsar de
    l’influence maléfique du « starets » plusieurs
    aristocrates ont décidé de tuer Raspoutine.

    Dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916, les conspirateurs
    l’ont invité dans la maison du prince Félix Youssoupov.
    On lui avait servi des pâtés et du vin empoisonnés mais
    le puissant poison est, curieusement, resté sans effet
    sur lui!

    Alors Youssoupov lui tira dans le dos et Raspoutine
    s’effondra. Mais pendant que les conspirateurs se
    préparaient à se débarrasser du corps, « le cadavre »
    se ranima soudain, bouscula Youssoupov et se précipita
    dehors. Les conspirateurs lui fracassèrent le crâne et
    jetèrent le corps dans les eux glacées de la Neva.
    L’expertise devait établir par la suite qu’empoisonné,
    criblé de balles et mutilé, Raspoutine était toujours
    vivant avant de plonger dans l’eau comme si un pouvoir
    inconnu tentait de le retenir en ce monde. La mort de
    « l’hypnotiseur » n’a pas sauvé la monarchie.

    Deux révolutions à la fois ont ébranlé la Russie en 1917,
    d’abord celle antimonarchique de février suivi de
    révolution d’Octobre qui a fait table rase de l’ancien
    régime. Nicolas II et sa famille ont été fusillés par
    les bolcheviks en 1918.

    Ainsi s’accomplit pleinement la prédiction de Raspoutine:
    « Ma mort sera aussi la vôtre »…


    Grigori Raspoutine était considéré différemment de son
    vivant : pour certains c’était un saint, pour d’autre
    un démon malfaisant, les uns croyaient qu’il avait
    attiré le malheur sur la famille de Nikolaï II, les
    autres – qu’il était un prophète calomnié. Ce simple
    moujik inculte, ce paysan sibérien a réussi à devenir
    le confident de l'impératrice, l'ami du tsar, le maître
    des destinées de l'empire – il provoquait l'irritation,
    l'envie, la haine et finalement, il a été tué par des
    conspirateurs en décembre 1916.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Le retour des fleurs

    Conte de tradition orale. Australie

    Le retour des fleurs..Conte de tradition orale. Australie en audio


    Comme il ne pouvait plus supporter les hommes et leur méchanceté, le plus puissant de tous les sorciers avait décidé de quitter son pays et de se réfugier tout au sommet de la plus haute des hautes montagnes. Aussitôt dit, aussitôt fait... Il s'en alla.

     

    Un grand malheur s'abattit sur la nature ; toutes les fleurs, celles des bois, celles des prairies, celles des collines, celles des bords de mer, celles du long des rivières et celles de lacs moururent instantanément. Il n'y en eu pas une seule qui survécut. Le pays, jadis si beau et si fleuri devint rapidement un désert. Tous les animaux, les oiseaux, les papillons, les insectes s'enfuirent après la mort des fleurs. Pour voir les fleurs, les habitants ne pouvaient user que de leur imagination. Mais les enfants, qui n'avaient jamais connu ces merveilles, ne voulaient pas croire les anciens.

     

    - Vous ne racontez que des histoires, leur disaient-ils et ils s'en allaient tristes dans le décor triste d'un pays sans fleurs.

    Parmi tous ces enfants, il en était un qui ne pouvait imaginer que tout eut disparu pour toujours. Lorsque sa mère, lassée de raconter l'ancien temps, se taisait, il réclamait encore et encore d'autres histoires car il aimait entendre parler de la beauté des fleurs.

    Il pensait que lorsqu'il serait un homme, il partirait à la recherche du grand sorcier et lui demanderait de redonner de la couleur au pays.

     

    Les années passèrent.

     

    Un jour, il fut grand. Son amour des fleurs avait grandi avec lui. Il s'en alla donc trouver sa mère et lui dit :

    - Mère, je vais m'en aller à la recherche du grand sorcier et lui demander de nous rendre les fleurs.

    Sa mère le regarda avec des yeux remplis d'effroi.

    - Mais fils ! s'écria-t-elle, tout ce que je t'ai raconté n'était que des histoires. Il ne faut jamais croire aux histoires. Je te disais ce que ma mère me racontait parce qu'elle l'avait entendu raconter par sa mère qui le tenait de sa mère. Malheur à toi ! Les fleurs n'ont probablement jamais existé. Tu aurais beau marcher mille ans, jamais tu ne trouverais le sorcier qui vit tout en haut de la plus haute montagne.

    Mais le fils ne l'écouta même pas, il prit son baluchon et s'en alla. Les gens du pays qui le voyaient passer se moquaient de lui :

    - Ce garçon est fou ! disaient-ils. Il n'y a que les fous qui croient aux histoires.

     

    Le jeune homme se dirigea vers le nord. Il marcha longtemps, longtemps, longtemps et arriva au pied d'une montagne, si haute, si haute que son sommet était invisible.

    Il tourna autour de la montagne, mais ne vit aucun sentier, seulement de la roche et des cailloux. Il tourna encore et encore. Las de tourner, il se dit :

    - « Il faudra bien que je découvre un chemin. Le sorcier a dû le prendre pour atteindre le sommet. »

    Il inspecta avec attention les rochers et finit par découvrir une petite marche. En regardant de plus près, il aperçut une autre petite marche et puis encore une autre. Lorsqu'il leva les yeux vers le sommet de la montagne, il aperçut un escalier et il se mit à grimper sans jamais regarder en bas pour ne pas avoir le vertige.

     

    A la fin du premier jour, il s'arrêta sur une terrasse. Le sommet de la montagne n'était pas visible. Il en fit de même le deuxième, puis le troisième, puis le quatrième puis le cinquième puis le sixième jour. Il commençait à se décourager quand, au soir du septième jour, il aperçut enfin le sommet. A force de courage et malgré la fatigue accumulée depuis 7 jours, il parvient à l'atteindre juste au moment où le soleil avait complètement disparu et que la nuit avait recouvert le monstre de pierre. Arrivé tout en haut, il aperçut une source. Il se pencha pour y boire un peu d'eau. Au premier contact de l'eau sur ses lèvres, toute sa fatigue s'évapora. Il se sentit fort et heureux comme jamais dans sa vie. Tout à coup, derrière lui, il entendit une voix qui lui demanda ce qu'il était venu chercher sur la plus haute des hautes montagnes.

    - Je suis venu, dit-il, pour rencontrer le grand sorcier et lui demander de nous rendre des fleurs et des insectes. Un pays sans fleurs, sans oiseaux et sans abeilles, est triste à mourir. Seule le beauté peut rendre les gens bons et je suis certain que les gens de mon pays cesseraient d'être méchants, si le sorcier leur redonnait les fleurs.

     

    Alors, le jeune homme se sentit soulevé par des mains invisibles. Il fut transporté délicatement vers le pays des fleurs éternelles. Les mains invisibles le déposèrent sur le sol au milieu d'un tapis de fleurs multicolores. Le jeune homme ne pouvait en croire ses yeux. Il y en avait tant et jamais il n'avait imaginé que les fleurs puissent être aussi belles ! Dans l'air, un délicieux parfum flottait et les rayons du soleil dansaient sur le sol multicolore comme des milliers et des milliers d'arcs-­en-ciel. La joie du jeune homme fut si grande, qu'il se mit à pleurer.

    La voix lui dit de cueillir les fleurs qu'il préférait. Il s'exécuta et en cueillit de toutes les couleurs. Quand il en eut plein les chargés, les mains invisibles le reconduisirent doucement au sommet de la montagne.

    Alors, la voix lui dit :

    - Rapporte ces fleurs dans ton pays. Désor­mais, grâce à ta foi et à ton courage, ton pays ne sera plus jamais sans fleurs. Il y en aura pour toutes les régions. Les vents du nord, de l'est, du sud et de l'ouest leur apporteront la pluie qui sera leur nourriture, et les abeilles vous donneront le miel qu'elles cherchent dans les fleurs.

     

    Le jeune homme remercia et commença aussitôt la descente de la montagne qui, malgré la quantité de fleurs qu'il portait, lui parut bien plus facile que la montée.


    Quand il revint dans son pays, les habitants, en apercevant les fleurs et en respirant leur parfum, ne voulurent pas croire à leur bonheur. Puis, quand ils surent qu'ils ne rêvaient pas, ils dirent :

    - Ah ! nous savions bien que les fleurs existaient et que ce n'étaient pas des histoires inventées par nos ancêtres.


    Et leur pays redevint un grand jardin. Sur les col­lines, dans les vallées, près des rivières, des lacs et de la mer, dans les bois, dans les champs et dans toutes les prairies, les fleurs crûrent et se multiplièrent. Tantôt c'était le vent du nord qui amenait la pluie, tantôt le vent du sud, de l'est ou de l'ouest. Les oiseaux revinrent, ainsi que les papillons et tous les insectes, et surtout les abeilles. Désormais, les gens purent man­ger du miel, et la joie revint sur la terre.


    Quand les hommes virent leur terre transformée grâce au jeune homme qui avait osé ce que personne n'avait cru possible, ils lui demandèrent d'être leur roi. II accepta et il devint un roi bon, courageux et intelligent.

    -Rappelons-nous, disait-il, que c'était la méchan­ceté des hommes qui avait entraîné la disparition des fleurs de notre pays.


    Et, comme personne ne voulait recommencer à habiter un désert et à être privé de miel, chacun s'efforça désormais d'être aussi bon que possible pour ne pas fâcher le grand sorcier.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Abraham Lincoln

    Abraham Lincoln.......

    Abraham Lincoln, né le 12 février 1809 dans le comté de Hardin (Kentucky) et mort assassiné à Washington, est le 16ème président des États-Unis. Il est élu à deux reprises président des États-Unis (1860 et 1864).Abraham Lincoln est le premier président républicain de l'histoire du pays. Il a dirigé les États-Unis lors de la guerre de Sécession (1861-1865), pire crise constitutionnelle, militaire et morale de son histoire, et réussit à préserver l'Union. C’est au cours de cette guerre qu’il fait ratifier le XIIIe amendement de la Constitution des États-Unis et abolit l’esclavage. Il sort victorieux de la guerre. Assassiné le 14 avril 1965, à la suite d'un complot organisé par des confédérés, il ne termine pas son second mandat.

    Dans les dix phrases de ce discours, Lincoln replace son pays dans la ligne historique de la Déclaration d'indépendance des États-Unis et décrit la guerre de Sécession comme une guerre pour la liberté, l'égalité et contre l'esclavage. Dans la dernière de ces dix phrases, Lincoln crée le concept de « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » repris entre autres en 1946 dans le dernier alinéa de l'Article 2 de la Constitution de la quatrième république française.

     

    Il s’agit ici de la version dite du Mémorial, inscrite sur les murs du Lincoln Memorial à Washington D.C.

     
    Source: https://fr.wikisource.org/wiki/Adresse_de_Gettysburg

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Images de la domination en temps de crise

     

    L’exemple des stalles de la collégiale de Montréal (Yonne, Bourgogne) à la charnière entre Moyen Âge et Renaissance
    Images of Domination in Times of Crisis: The Example of the Montréal (Yonne, Burgundy) Collegial Stalls between the Middle Ages and the Renaissance
    Welleda Muller

      

    ************

    Résumés

    Le pouvoir royal a fait l’objet de nombreuses discussions et de multiples écrits au Moyen Âge. Or la plupart de ces discussions portaient surtout sur le nécessaire équilibre de ce pouvoir avec l’autorité sacerdotale – équilibre érigé en idéal. Ces dissensions entreauctoritas et potestas culminent à l’époque charnière entre le Moyen Âge et la Renaissance où une crise triple intervient : politique avec l’élection impériale, religieuse avec la Réforme et la Contre-Réforme, intellectuelle avec l’avènement de l’héliocentrisme. L’ensemble de stalles de la collégiale de Montréal (Yonne, Bourgogne), datant des environs de 1520, fait référence à ce contexte troublé à travers un projet iconographique présentant deux exemples de dominations face à face : le pouvoir royal d’un côté et l’autorité sacerdotale de l’autre.

    ************

    Entrées d’index

    Index géographique :

    Europe, France, Bourgogne, Yonne, Montréal

    Index chronologique :

    XVIe siècle, Renaissance

    **********

    Le pouvoir royal et la domination exercés par les souverains ont fait l’objet de nombreuses discussions et de multiples écrits durant le Moyen Âge. La plupart de ces discussions portaient sur le pouvoir royal mais aussi et surtout sur le nécessaire équilibre de ce pouvoir avec l’autorité sacerdotale, un équilibre érigé en idéal par les théologiens Bernard de Clairvaux (1090-1153)1, Dante Alighieri (1265-1321)2 ou encore Nicolas de Cues (1401-1464)3. En effet, cet idéal semble avoir été rarement réalisé, puisque depuis Charlemagne (vers 742-814), les souverains n’ont cessé d’empiéter sur le rôle des pontifes, eux-mêmes cherchant à exercer un pouvoir temporel. Ces dissensions entre auctoritas etpotestas culminent à l’époque charnière entre le Moyen Âge et la Renaissance (XVe-XVIe siècles), à tel point que le christianisme subit un bouleversement avec les Réformes successives (protestante puis catholique). Les débuts du XVIe siècle sont d’ailleurs marqués par une crise triple : politique avec l’élection impériale4, religieuse avec les événements protestants puis la riposte catholique5, mais aussi intellectuelle avec l’émergence de nouvelles conceptions du monde dans la lignée des idées de Copernic6.

    2Du point de vue de l’histoire de l’art, cette triple crise et cet affrontement entre pouvoir royal et autorité sacerdotale ont surtout été l’objet d’œuvres de propagande, destinées à soutenir un pouvoir royal et religieux sur le déclin ou en pleine gloire. Or, il existe un exemple sculpté, véritable témoin de cette époque charnière, qui figure le pouvoir royal littéralement face à l’autorité sacerdotale, d’un point de vue idéal, mais avec l’incursion d’éléments faisant référence à la triple crise que subit l’Europe occidentale à l’époque.

    Iconographie des jouées et groupes en ronde-bosse des stalles de Montréal

    • 7 Claude Courtépée et Edmé Béguillet,Description générale et particulière du duché de Bourgogne, 5 t (...)
    • 8 Peut-être parce que de nombreuses archives ont brûlé dans l’incendie du château par les Huguenots e (...)

    3Cet exemple prend place sur les stalles sculptées de la collégiale de Montréal dans l’actuel département de l’Yonne en Bourgogne. Il s’agit d’un ensemble de vingt-six stalles datant des environs de 1522 selon l’abbé Courtépée qui écrivit en 1774 une Description générale et particulière du Duché de Bourgogne en quatre tomes7 dans laquelle il donna certaines informations, notamment le nom des huchiers qui réalisèrent ces stalles (les frères Rigoley, de Nuits-sur-Armançon) ; informations qui furent ensuite reprises par tous les spécialistes, malheureusement sans vérification. N’ayant trouvé aucun marché d’ouvrage dans les archives aujourd’hui disponibles8, j’ai cherché à reconstituer l’intention du commanditaire, en proposant une hypothèse de projet iconographique.

    • 9 Hilaire de Poitiers,Commentaire sur l’évangile de Matthieu, Paris, Le Cerf, 1978 (rédaction vers 3 (...)

    4Dans un premier temps, cette intention apparut à travers un dispositif symétrique remarquable sur les jouées (panneaux latéraux fermant un rang de stalles) et les groupes en ronde-bosse qui les surmontent. Ce dispositif saute aux yeux dès les deux premières jouées, puisque nous y voyons le péché originel en face du baptême du Christ : le péché de l’humanité et sa rédemption. En poussant plus avant l’analyse, on remarque que du côté sud est figuré l’Évangile de Matthieu avec l’adoration des Mages et la Sainte Famille dans l’atelier de Joseph le charpentier à Nazareth, alors que ce sont des épisodes tirés de l’Évangile de Luc qui prennent place du côté nord avec la présentation au Temple, la Visitation et l’Annonce aux bergers. Or, d’après les théologiens, tels Ambroise de Milan (vers 340-397) et Hilaire de Poitiers (315-367)9, Matthieu présente un Christ roi, alors que Luc parle du Christ prêtre.

    5Cette observation analytique d’une résonnance iconographique liée à la symétrie se prolonge sur les divers groupes en ronde-bosse et jouées sculptées, dans cette optique, en cherchant une certaine cohérence. La cohérence de l’ensemble met en évidence un véritable projet iconographique, sur une structure double avec du côté nord l’autorité sacerdotale (le Christ prêtre) et du côté sud le pouvoir royal (le Christ roi).

    Fig. 1 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Homme à demi-nu se battant contre un lion.

    Fig. 1 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Homme à demi-nu se battant contre un lion.

    Cliché Welleda Muller, 2012

    6Cette interprétation se vérifie avec l’analyse des autres jouées et groupes en ronde-bosse. Les secondes jouées qui se font face, après le péché et le baptême, représentent au sud [fig. 1] un homme à demi nu se battant contre un lion, deux autres déjà morts à ses pieds ; dans l’arrière-plan un château ou une ville fortifiée se dresse en haut d’un paysage.

    Fig. 2 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Personnage vêtu du manteau et du chapeau carré des clercs au début du XVIe siècle, tenant d’une main un livre ouvert et de l’autre une étoffe entourant le cou d’un démon assis qui détourne le regard.

    Fig. 2 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Personnage vêtu du manteau et du chapeau carré des clercs au début du XVIe siècle, tenant d’une main un livre ouvert et de l’autre une étoffe entourant le cou d’un démon assis qui détourne le regard.

    Cliché Welleda Muller, 2012

    7Au nord [fig. 2], un personnage, vêtu du manteau et du chapeau carré des clercs au début du XVIe siècle, tient d’une main un livre ouvert et de l’autre une étoffe entourant le cou d’un démon assis qui détourne le regard. Après réflexion, il semblerait que le premier personnage soit le futur roi David qui protégeait son troupeau des attaques des lions, symbole royal par excellence. Cette jouée met d’ailleurs en avant le pouvoir physique (qui est celui des rois) par trois références à la royauté : les lions, le château, ainsi que la figure de David. Le personnage qui lui fait face semble plutôt être une allégorie de l’autorité sacerdotale ; il soumet le démon, non par la force, mais par l’autorité de son regard et la lecture des Écritures qu’il tient dans sa main.

    Fig. 3 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Présentation au Temple.

    Fig. 3 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Présentation au Temple.

    Cliché Welleda Muller, 2012

    Fig. 4 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Adoration des Mages.

    Fig. 4 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Adoration des Mages.

    Cliché Welleda Muller, 2012

    8Sur les deux premiers groupes en ronde-bosse qui se font face, on trouve la Présentation au Temple au nord [fig. 3] et l’Adoration des Mages au sud [fig. 4]. Dans la Présentation au Temple, la figure du prêtre Syméon est particulièrement mise en valeur avec les symboles de l’autorité sacerdotale, comme la mitre et l’autel sur lequel l’Enfant est assis. La place de la prophétesse Anne est également importante, alors que les deux parents, Marie et Joseph, sont relégués en arrière-plan. Dans l’Adoration des Mages, la Vierge trône sur un grand siège, tandis que les rois Mages apportent leurs présents (l’or, l’encens et la myrrhe) dans des vases en orfèvrerie ; on trouve plusieurs symboles royaux, comme la couronne sur le chapeau aux pieds de la Vierge, l’épée sur le côté du mage à genoux. L’attention portée par les huchiers aux vêtements et surtout aux ornements (colliers, etc.) reflète le faste et le luxe temporel d’une cour royale.

    9Le groupe en ronde-bosse au-dessus de la jouée de David a malheureusement disparu, mais l’abbé Courtépée en donne une description (sans doute a-t-il été détruit ensuite). Voici ce qu’on peut lire dans le court passage consacré aux stalles de Montréal :

    • 10 C. Courtépée, E. Béguillet, Description générale […], t. 5, p. 643.

    « Sur un [groupe en ronde-bosse] sont les figures d’un juge assis sur son tribunal, d’un plaideur découvert, un genou en terre, ayant son escarcelle, et derrière un procureur qui fouille dans la bourse et lui enlève ses écus10. »

    10Cette image de l’exercice de la justice est bien en conformité avec l’idée du pouvoir royal et donc juridique regroupé au sud.

    Fig. 5 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Personnages se faisant face de part et d’autre d’un lutrin

    Fig. 5 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Personnages se faisant face de part et d’autre d’un lutrin

    Cliché Welleda Muller, 2012

    • 11 Ambroise de Milan,Apologie de David, trad. Marius Cordier, Paris, Le Cerf, 1977 (rédaction vers 38 (...)

    11Au-dessus de la jouée du clerc et du démon, deux personnages [fig. 5], eux-aussi vêtus comme le clergé séculier de l’époque, se font face, séparés par un lutrin. Or, si l’on est attentif à l’expression de leurs visages, ils donnent l’impression de ne pas partager le même point de vue ; l’un détourne même la tête (du côté gauche, « sinistre »), rappelant le détournement du démon face au clerc juste en dessous. Faut-il y voir l’évocation des luttes intestines qui gangrenaient l’Église au XVIe siècle avant le Concile de Trente ? La sculpture est encore plus ironique avec une vue d’ensemble, puisque l’on voit le groupe en ronde-bosse de l’angle de l’ensemble de stalles nord, qui figure deux lions se disputant un os. Il est intéressant de remarquer ici que le commanditaire a voulu traiter l’autorité sacerdotale sans complaisance, en présentant les dérives dues à la perte d’un pouvoir. Notons d’ailleurs qu’Ambroise de Milan dans l’Apologie de David rappelle la symbolique de l’os qui représente l’Église et les « saintes réunions du peuple pieux11 ». Cet ouvrage très connu et diffusé durant le Moyen Âge inspira certainement le commanditaire dans la représentation de ces deux lions qui se disputent l’Église elle-même et ses fidèles comme le firent les protestants et les catholiques au XVIe siècle.

    • 12 Luc, 1, 39-45.

    12La jouée sous le groupe des lions n’est évidemment pas en face de son pendant du côté sud, puisqu’il faut passer à l’intérieur des sièges pour la voir. Néanmoins, elle s’inscrit encore dans la thématique de l’autorité sacerdotale, puisqu’elle représente la Visitation décrite dans l’Évangile de Luc12. Très classiquement, on retrouve la Vierge face à Élisabeth qui touche son ventre, elle-même enceinte ; l’arrière-plan est occupé par un paysage bucolique, avec une maison à droite et un moulin à vent à gauche. Or, Luc insiste tout particulièrement sur la figure du prêtre Zacharie et sur sa femme Élisabeth, descendante d’Aaron, frère de Moïse, considéré comme l’ancêtre des familles de grands prêtres du Temple de Jérusalem. Avec cette jouée, le commanditaire insiste sur la lignée sacerdotale du Christ et donc encore une fois sur l’autorité religieuse.

    • 13 On distingue leurs gouges posées sur la table à laquelle ils sont assis.
    • 14 Matthieu, 13, 55.

    13En pendant, sous un groupe en ronde-bosse qui est considéré traditionnellement comme l’autoportrait des deux frères huchiers qui ont réalisé les stalles13 on trouve la Sainte Famille dans l’atelier de Joseph à Nazareth. Or, Matthieu est le seul évangéliste à préciser le métier de Joseph : charpentier14 ; même si Joseph taille ici un petit pinacle à l’aide d’une gouge (en partie détruite). D’une part, on trouve ici la représentation de la structure sociale grâce à la famille réunie, qui est assez banale, puisque Joseph travaille et Marie coud ; sans l’ajout d’un angelot poussant l’Enfant Jésus dans un chariot de bois, on pourrait croire à une scène de la vie quotidienne. D’autre part, avec la représentation de Joseph travaillant, dont les deux buveurs au-dessus forment un écho, plus trivial, c’est le labeur et son organisation en corporations et en guildes qui sont rappelés ; c’est donc encore une fois un élément attaché au pouvoir temporel.

    Résonances du contexte historique, politique et religieux

    • 15 A. D. de l’Yonne, G 2275, deuxième liasse.

    14On sait peu de choses sur le commanditaire des stalles de Montréal. Deux hypothèses sont envisageables : soit il s’agissait d’un chanoine et dans ce cas, on ignore son nom et tout ce qui le concerne, malgré un dépouillement systématique des archives ; soit il s’agit du capitaine-châtelain habitant le château mitoyen de l’église (entièrement rasé à la Révolution), placé là par François Ier, et dans ce cas il pourrait s’agir tout aussi bien du seigneur de Chamerolles (capitaine-châtelain jusqu’en 1522), de Jeannet de Damas (lieutenant gouverneur de Bourgogne, à Montréal de 1522 à 1524) ou de Frédéric de Gonzague, marquis de Bagé, que l’on rencontre aussi sous le nom de Frédéric de Baulge, qui resta en place un peu plus longtemps que les autres (de 1524 à 1531). Philippe Chabot, amiral de France et gouverneur de Bourgogne prend la suite de 1531 à 1543. Si les précédents sont de simples chefs de guerre, l’amiral Chabot est en revanche un homme politique de premier plan et l’homme de confiance de François Ier (1494-1547). Trois lettres de François Ier, datées respectivement de 1521, 1525 et 1542 et adressées au chapitre et à la ville de Montréal15 sont d’ailleurs conservées aux archives départementales de l’Yonne. En outre, on sait que le roi de France vint à deux reprises dans la ville : en 1521, puis en 1529 pour y présider les États de Bourgogne. Il profita de ce dernier voyage pour y confirmer la charte d’affranchissement et les privilèges des habitants. Il fit également un don au chapitre de la collégiale qui était déjà fort riche à l’époque du fait des nombreuses terres qui lui appartenaient tout autour de la ville. Les archives donnent aussi quelques indications sur la fréquentation de l’église, déjà collégiale au XVIe siècle, où les paroissiens de la ville n’étaient pas admis. Les habitants de Montréal devaient alors parcourir environ un kilomètre pour aller assister aux offices à Chérisy, au bord du Serein.

    • 16 L’abbé Courtépée mentionne la date de 1522 sans citer ses sources pour la confirmer.

    15Malheureusement, trop d’incertitudes quant à la datation subsistent encore et trop peu d’informations sur ces divers personnages sont parvenues jusqu’à nous16. Néanmoins, on peut penser que le commanditaire est plutôt l’un des seigneurs du château et on verra plus loin qu’il était un soutien incontestable de François Ier. Peut-être est-ce ce fameux commanditaire qui est représenté à deux reprises dans les stalles avec son épouse, sur un appui-main et dans un médaillon au-dessus de la jouée de la Sainte-Famille. Leur récurrence est suffisamment éloquente pour suggérer des portraits, d’autant plus que les physionomies sont assez ressemblantes sur les deux supports. Quoi qu’il en soit, il paraît assez évident que le commanditaire était un lettré qui possédait la culture nécessaire pour à la fois faire référence à la triple crise de son temps et à des théologiens médiévaux ayant montré l’équilibre idéal entre pouvoir royal et autorité sacerdotale. Nous avons déjà vu qu’il faisait certainement référence aux luttes intestines qui marquaient l’Église au début du XVIe siècle avec la juxtaposition des deux clercs au lutrin et des deux lions se disputant un os.

    • 17 Le lion est d’ailleurs le symbole de la maison de Bourgogne.

    16Il semble également faire une référence importante à l’élection impériale qui eut lieu peu de temps après la mort de Maximilien le 12 janvier 1519. Pour acquérir un surcroît de prestige et un poids diplomatique certain, plusieurs personnages se sont affrontés âprement. Charles Ier d’Espagne (futur Charles Quint), petit-fils de Maximilien était le candidat « naturel » à la succession ; contre lui se présentèrent Henri VIII d’Angleterre, le duc Albertin Georges de Saxe et François Ier. Mais très vite, la compétition se recentra sur un duel entre François Ier et Charles Quint. Or, cette lutte pour le trône impérial pourrait être représentée par David terrassant les lions sur la deuxième jouée sud. En effet, David, même s’il est ici représenté en berger, est le roi par excellence, le modèle à suivre par chaque souverain, et il combat un lion, symbole de la royauté, alors que deux autres lions sont déjà morts à ses pieds. Pourquoi deux ? Il n’est pas précisé dans les Écritures qu’il s’agissait de trois lions, mais « de lions et d’ours » : Où sont les ours ? Je propose l’interprétation suivante : les deux lions morts représentent Henri VIII et Georges de Saxe, dont la candidature a vite été écartée. David figure François Ier, auquel on sait l’attachement du chapitre de Montréal et certainement la loyauté du seigneur, et le lion avec lequel il se bat est une évocation de Charles Quint, son adversaire le plus coriace17. Cette assimilation peut aussi nous renseigner sur la datation des stalles : après le 12 janvier 1519 et certainement peu de temps après le sacre de Charles Quint le 28 juin 1519. Le programme iconographique aurait alors été imaginé durant l’année 1519 et la réalisation des stalles terminée aux alentours de 1520, voire prolongée jusqu’en 1522 comme le supposait l’abbé Courtépée. Le commanditaire prend d’ailleurs clairement parti pour François Ier, qui est érigé en souverain idéal, niant alors le succès de Charles Quint à l’élection impériale et donc la perte d’un pouvoir par le roi de France.

    Fig. 6 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Annonce aux bergers

    Fig. 6 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Annonce aux bergers

    Cliché Welleda Muller, 2012

    Fig. 7 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Le Christ et la Samaritaine auprès d’un puits

    Fig. 7 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Le Christ et la Samaritaine auprès d’un puits

    Cliché Welleda Muller, 2012

    • 18 Jean, 4, 6-27.

    17Mais une autre crise est aussi évoquée dans ses stalles, une crise intellectuelle. En effet, il reste deux dernières jouées historiées, qui ne se font pas face, mais qui sont dirigées vers le chœur. Celle au nord représente l’Annonce aux bergers [fig. 6], dans laquelle deux anges emplissent le ciel au-dessus de la tête de deux bergers pour leur annoncer la naissance du Sauveur. Celle au sud figure un épisode cité uniquement dans l’Évangile de Jean, celui de la rencontre du Christ et de la Samaritaine auprès d’un puits18 [fig. 7]. La juxtaposition des deux jouées est intéressante, surtout si l’on compare les deux traitements du ciel. Dans l’Annonce aux bergers [fig. 6], le ciel est littéralement plein : il est occupé par une coquille Saint-Jacques d’abord et par deux anges ensuite, qui tiennent un phylactère. En revanche, dans La Samaritaine au puits [fig. 7], le ciel est presque entièrement vide, simplement dominé par la poulie du puits qui est fixée à l’arcade et deux petits chérubins apparaissent dans les écoinçons, complètement en dehors de la scène.

    • 19 Jean-Pierre Verdet,Astronomie et astrophysique, Paris, Larousse, 1993, p. 189-190. Le De Revolutio (...)
    • 20 P. Duhem, Le Système du monde […],t. VIII, p. 328-333.
    • 21 Jean Scot Érigène,Commentaire sur l’évangile de Jean, trad. Édouard Jeauneau, Paris, Le Cerf, 1999 (...)
    • 22 Thomas d’Aquin,Commentaire sur l’Évangile de saint Jean, Paris, Cerf, 2002 (rédaction vers 1269-12(...)
    • 23 L’étymologie est d’ailleurs assez voisine, puisque mechanaomaisignifie « faire des machines », et (...)
    • 24 Fanny Cosandey et Robert Descimon,L’Absolutisme en France, histoire et historiographie, Paris, Le (...)

    18Or, dès 1514 les théories sur l’héliocentrisme de Nicolas Copernic (1473-1543) sont diffusées en Europe grâce à des lettres19. Toutefois, presque deux siècles plus tôt, au XIVe siècle, des théories remettant en cause l’idée que les orbes et corps célestes sont mus par des anges sont formulées. Ainsi, Jean Buridan (1292-1363) émet l’hypothèse d’une impulsion initiale donnée par Dieu : l’impetus qui grâce à la « force d’inertie » permet aux astres de se mouvoir seuls sans l’aide des anges ; une hypothèse reprise beaucoup plus tard par Galilée (1564-1642) puis Isaac Newton (1643-1727) et par les théoriciens du Big Bang. Nicole Oresme (1325-1382) compare quant à lui les mouvements de l’Univers à ceux d’une immense horloge. Une vision « mécaniste » du monde émerge, mais il faut attendre le début du XVIe siècle pour constater un véritable changement de paradigme dans la conception du monde20. La mise en valeur de la poulie du puits dans la jouée de la Samaritaine semble faire écho à ce contexte de crise intellectuelle : les anges qui peuplaient le ciel des bergers ont laissé place à un « soleil » mécanique et surtout à un grand vide. Et le choix de la Samaritaine au puits n’est pas anodin, puisque selon Jean Scot Érigène (vers 800-876)21 et Thomas d’Aquin (vers 1224-1274)22 notamment, cette femme cherchait à connaître la nature des choses. Elle avait eu cinq maris et vivait avec un sixième homme auquel elle n’était pas mariée, ce qui correspondait selon les théologiens aux cinq sens et à la raison. Sa vie adultère est mise en évidence et une analogie est faite entre cette femme et la science mécanique, elle aussi qualifiée d’adultère notamment par Thomas d’Aquin, Hugues de Saint-Victor (1096-1141) et Albert le Grand23. Notons enfin que Thomas d’Aquin dans ses commentaires de l’Évangile de Jean, écrit que la rencontre du Christ et de la Samaritaine eut lieu lorsque le soleil était à son zénith ; détail renforçant l’idée de la poulie symbolisant le soleil dans un univers mu par des forces mécaniques. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la jouée de la Samaritaine est du côté du pouvoir temporel. Peut-être l’idée était-elle ici de montrer que les changements de conception du monde émergent sous couvert du pouvoir royal et non pas dans l’esprit de l’Église qui condamnera systématiquement ces nouvelles idées ; pouvoir royal, qui deviendra d’ailleurs absolu au siècle suivant avec Louis XIV, qui se posera alors lui-même en soleil dominant l’univers24.

    • 25 J. Donne, An Anatomy of the World, 1611, cité par Alexandre Koyré, Du monde clos à l’univers infini(...)

    19On peut donc en déduire que le commanditaire des stalles a renouvelé la référence imagée au contexte dans lequel il vivait et qu’il s’inscrivait plutôt dans une pensée « médiévale ». En effet, la mise en valeur du vide dans le panneau de la Samaritaine semble plutôt correspondre à une critique des nouvelles conceptions mécanistes du monde, dans lesquelles les anges ont disparu. Tel John Donne (1572-1631) un siècle plus tard, le commanditaire semble déplorer cette « philosophie nouvelle [qui] rend tout incertain. L’élément du feu est tout à fait éteint ; le soleil est perdu et la terre ; et personne aujourd’hui ne peut plus nous dire où chercher celle-ci25 ».

    • 26 Voir P. Duhem,Études sur Léonard de Vinci, ceux qu’il a lus et ceux qui l’ont lu, Paris, Éd. des A (...)

    20On trouve encore d’autres références à cette thématique dans le panneau du péché originel, avec des détails soigneusement choisis autour d’Adam et Ève. Du côté d’Adam on aperçoit un petit dragon dans une grotte, alors que du côté d’Ève est figurée une sorte de citerne. Rappelons que nous sommes à l’époque où plusieurs expériences autour de la force hydraulique sont tentées et font surtout l’objet de nombreuses discussions, notamment par Léonard de Vinci (1452-1519)26. La prise de position est plus évidente avec la juxtaposition d’un arbre mort du côté d’Ève et d’un arbre chargé de fruits du côté d’Adam. Deux types d’énergie sont ici représentés, l’énergie alchimique avec le dragon et la force mécanique que l’on peut maîtriser : l’une apporte la vie, l’autre la mort. Bien évidemment, ces éléments ont aussi d’autres significations, la polysémie des images étant une caractéristique importante à l’époque, mais il est intéressant de voir ici la cohérence du raisonnement mené à son terme. Ces exemples montrent à quel point les significations d’une image peuvent être multiples et parfois se superposer à travers différents niveaux de lecture.

    Conclusion

    21Si certains éléments iconographiques font référence au contexte troublé de la première moitié du XVIe siècle, les éléments sculptés des stalles de Montréal présentent plutôt un idéal d’équilibre entre le pouvoir royal et l’autorité sacerdotale. Cet équilibre avait été prescrit par de nombreux théologiens durant le Moyen Âge, notamment par Nicolas de Cues au XVe siècle, dans saConcordance Catholique. Or, cette préoccupation semble se déliter progressivement à la Renaissance, peut-être à cause des événements protestants et d’une certaine perte de pouvoir de l’Église catholique. On peut alors supposer que le commanditaire des stalles de Montréal a voulu présenter ici un idéal, dont il avait en quelque sorte la nostalgie. La façon dont est figuré le ciel « nouveau » dans la Samaritaine au puits avec pour seul astre une poulie, prouve encore son attachement aux conceptions médiévales du monde dans lesquelles les astres étaient mus par des anges plutôt que par des « forces mécaniques ».

    Notes

    1 Bernard de Clairvaux, Textes choisis, Albert Béguin et Paul Zumthor éds., Paris, Egloff, 1947, lettre 224 à l’empereur Conrad, p. 178.

    2 Dante, Œuvres complètes, Monarchie, livre III, 16, trad. André Pézard, Paris, Gallimard, 1965, p. 736-737.

    3 Nicolas de Cues, Concordance catholique, trad. R. Galibois et M. de Gandillac, Sherbrooke, Centre d’Études de la Renaissance [Université de Sherbrooke], 1977, Livre III, chap. XLI (p. 568-580), p. 401-405.

    4 Voir notamment Daniel Tollet (dir.), Guerres et paix en Europe centrale aux époques moderne et contemporaine, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2003, p. 21 sq.

    5 Alain Tallon, Le Concile de Trente, Paris, Le Cerf, 2000.

    6 Pierre Duhem, Le Système du monde, Histoire des doctrines cosmologiques de Platon à Copernic, Paris, Hermann, t. IX, 1958, p. 328-333.

    7 Claude Courtépée et Edmé Béguillet, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, 5 tomes, Dijon, V. Lagier, 1847 [2e éd. revue et augmentée, 1e éd. en 1774].

    8 Peut-être parce que de nombreuses archives ont brûlé dans l’incendie du château par les Huguenots en 1545.

    9 Hilaire de Poitiers, Commentaire sur l’évangile de Matthieu, Paris, Le Cerf, 1978 (rédaction vers 353-356), p. 91.

    10 C. Courtépée, E. Béguillet, Description générale […], t. 5, p. 643.

    11 Ambroise de Milan, Apologie de David, trad. Marius Cordier, Paris, Le Cerf, 1977 (rédaction vers 387-388), p. 163.

    12 Luc, 1, 39-45.

    13 On distingue leurs gouges posées sur la table à laquelle ils sont assis.

    14 Matthieu, 13, 55.

    15 A. D. de l’Yonne, G 2275, deuxième liasse.

    16 L’abbé Courtépée mentionne la date de 1522 sans citer ses sources pour la confirmer.

    17 Le lion est d’ailleurs le symbole de la maison de Bourgogne.

    18 Jean, 4, 6-27.

    19 Jean-Pierre Verdet, Astronomie et astrophysique, Paris, Larousse, 1993, p. 189-190. Le De Revolutionibus est publié en 1543. Dans ce traité, Copernic expose en détail sa théorie héliocentrique et l’argumente à l’aide de calculs mathématiques précis.

    20 P. Duhem, Le Système du monde […], t. VIII, p. 328-333.

    21 Jean Scot Érigène, Commentaire sur l’évangile de Jean, trad. Édouard Jeauneau, Paris, Le Cerf, 1999 (rédaction avant 870), p. 293-299, 301-311 et 323.

    22 Thomas d’Aquin, Commentaire sur l’Évangile de saint Jean, Paris, Cerf, 2002 (rédaction vers 1269-1272), p. 273-274 et 283.

    23 L’étymologie est d’ailleurs assez voisine, puisque mechanaomai signifie « faire des machines », et moechari « être adultère » ; Albert le Grand, De natura et origine animae, I, 1.

    24 Fanny Cosandey et Robert Descimon, L’Absolutisme en France, histoire et historiographie, Paris, Le Seuil, 2002 ; François Bluche, Louis XIV, Paris, Hachette, 1999 [1e édition : 1986].

    25 J. Donne, An Anatomy of the World, 1611, cité par Alexandre Koyré, Du monde clos à l’univers infini, Paris, Gallimard, 1973, p. 47-48.

    26 Voir P. Duhem, Études sur Léonard de Vinci, ceux qu’il a lus et ceux qui l’ont lu, Paris, Éd. des Archives contemporaines, 1984, p. 195 (l’écoulement uniforme des cours d’eau), p. 198 (l’invention du principe fondamental de l’hydrostatique).

    Haut de page

    Table des illustrations

    Titre Fig. 1 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Homme à demi-nu se battant contre un lion.
    Crédits Cliché Welleda Muller, 2012
    URL http://siecles.revues.org/docannexe/image/1703/img-1.jpg
    Fichier image/jpeg, 1,5M
    Titre Fig. 2 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Personnage vêtu du manteau et du chapeau carré des clercs au début du XVIe siècle, tenant d’une main un livre ouvert et de l’autre une étoffe entourant le cou d’un démon assis qui détourne le regard.
    Crédits Cliché Welleda Muller, 2012
    URL http://siecles.revues.org/docannexe/image/1703/img-2.jpg
    Fichier image/jpeg, 1,5M
    Titre Fig. 3 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Présentation au Temple.
    Crédits Cliché Welleda Muller, 2012
    URL http://siecles.revues.org/docannexe/image/1703/img-3.jpg
    Fichier image/jpeg, 1,4M
    Titre Fig. 4 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Adoration des Mages.
    Crédits Cliché Welleda Muller, 2012
    URL http://siecles.revues.org/docannexe/image/1703/img-4.jpg
    Fichier image/jpeg, 1,4M
    Titre Fig. 5 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Personnages se faisant face de part et d’autre d’un lutrin
    Crédits Cliché Welleda Muller, 2012
    URL http://siecles.revues.org/docannexe/image/1703/img-5.jpg
    Fichier image/jpeg, 2,2M
    Titre Fig. 6 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Annonce aux bergers
    Crédits Cliché Welleda Muller, 2012
    URL http://siecles.revues.org/docannexe/image/1703/img-6.jpg
    Fichier image/jpeg, 1,2M
    Titre Fig. 7 - Stalles de la collégiale de Montréal (Yonne) : Le Christ et la Samaritaine auprès d’un puits
    Crédits Cliché Welleda Muller, 2012
    URL http://siecles.revues.org/docannexe/image/1703/img-7.jpg
    Fichier image/jpeg, 1,5M

    Pour citer cet article

    Référence électronique

    Welleda Muller, « Images de la domination en temps de crise », Siècles [En ligne], 35-36 | 2012, mis en ligne le 05 mars 2014, consulté le 23 août 2016. URL : http://siecles.revues.org/1703

    Auteur

    Welleda Muller

    Docteur en histoire de l’art du Moyen Âge et de la Renaissance
    Patrimoine et Langages Musicaux (PLM), Université Paris-Sorbonne, EA 4087

    Haut de page

    Droits d’auteur

    Tous droits réservés

     

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique