• La Légende Hongroise...Du Cheval Blanc...


    Quand l’ambassadeur  Kusid, fils de Kond1 arriva dans la Bassin des Carpates où la terre était rendue fertile par le Danube, il apprécia le beau paysage et sa terre riche et féconde ainsi que les rives du fleuve très verdoyantes. Il se rendit immédiatement chez Svatopluk2, prince de la province. Il le salua au nom de son peuple et lui présenta le motif de sa venue en faisant l’éloge de sa belle et riche région. Svatopluk  s’en réjouit et pensa que Kusid et sa troupe étaient des paysans et qu’ils venaient pour cultiver la terre. Pour cette raison il se montra bienveillant à son égard, et il laissa partir l’ambassadeur.
    Après avoir rempli une gourde avec de l’eau du Danube, et avoir mis dans sa besace de la terre et de l’herbe, Kusid retourna chez les siens qui furent très contents d’entendre tout ce qu’il leur raconta. Puis Kusid leur montra l’eau, la terre et l’herbe qu’il avait rapportées.

    Ils humèrent  la terre et  ils furent convaincus qu’elle était excellente, l’eau était douce, et l’herbe était comme Kusid leur décrivait.

    Árpàd, le chef des sept tribus, en présence de tout le monde, remplit son cor de l’eau du Danube et demanda la grâce du Seigneur tout puissant pour que celui-ci leur cède définitivement cette terre fertile. Quand il termina son discours, les Hongrois crièrent trois fois: «Seigneur! Seigneur! Seigneur!» Les Hongrois gardent encore aujourd’hui cette habitude.

    Ils décidèrent ensemble de renvoyer l’ambassadeur chez Svatopluk avec un beau cheval équipé d’une selle d’or et d’une bride en or en échange de la terre. Quand Svatopluk le vit, il fut encore plus heureux que lors de la première visite de l’ambassadeur car il pensait que ce cadeau venait de la part des nouveaux cultivateurs en échange de la terre. L’ambassadeur demanda donc de la terre, de l’herbe et de l’eau à Svatopluk qui lui répondit avec le sourire qu’il en prenne autant qu’il voulait.

    L’ambassadeur retourna chez les siens. Entre-temps, Árpàd et les chefs des sept tribus, rentrèrent en Pannonie3 non pas en tant qu’invités mais comme ceux qui détenaient la terre par héritage. Ils envoyèrent un deuxième ambassadeur chez le Prince Svatoplouk avec le message suivant...

    «Árpàd et son peuple te font dire que tu ne restes  plus sur la terre qu’ils t’ont achetée pour un cheval, l’herbe pour une bride et l’eau pour une selle. Puisque tu étais à la fois dans le besoin et cupide, tu leur as cédé la terre, l’herbe et l’eau.»

    Quand Svatoplouk entendit le message, il répondit en souriant...

    «Que l’on abatte le cheval avec un maillet, que l’on jette la bride au champ et la selle d’or dans le Danube.»

    L’ambassadeur répondit ainsi...

    «Qu’avons-nous à perdre avec cela ? Si tu tues le cheval, tu donneras à manger à nos chiens, si tu jettes la bride dans l’herbe, nos faucheurs vont tomber sur la bride en or, si tu jettes la serre d’or, nos pêcheurs vont la retrouver et vont l’emporter chez eux. Donc si la terre, l’herbe et l’eau sont à nous, tout est à nous.»

    En entendant ces paroles, le Prince mobilisa vite son armée. Ayant peur des Hongrois, il demanda de l’aide de ses amis. Quand les troupes se furent regroupées, ils allèrent voir les Hongrois qui arrivaient entre-temps au bord du Danube. A l’aube, sur un champ magnifique, la bataille éclata. Avec l’aide du Seigneur, les Hongrois mirent l’ennemi en déroute. Jusqu’au Danube les Hongrois poursuivirent Svatopluk qui, étant pris de peur, se jeta dans le fleuve et fut emporté par le courant rapide. Le Seigneur rendit ainsi aux Hongrois la Pannonie.

    1 L’un des chefs de sept tribus des Magyars
    2 Prince de Grande-Moravie (870-894)...3 La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l’Autriche et de la Slovaquie...

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  • Il Était Une Fois...Contes & Légendes Hongrois...

    Pourquoi Le Renard Est-il Roux ?

     

    Il était une fois un petit ruisseau qui coulait lentement. Des écrevisses nageaient gaiement dans son eau. Tout près de ce ruisseau se trouvait un terrain broussailleux habité par des renards.
    Par une belle journée d’été bien chaude un renard eut très soif. Il descendit boire au bord du ruisseau. En buvant tranquillement, gorgée après gorgée de l’eau fraîche, il aperçut tout à coup une écrevisse. Elle ne nageait pas comme les autres animaux, vers l’avant, mais bien vers l’arrière. Le renard dit:

    «Dis donc, heureusement que le bon Dieu n’a pas créé d’autre animal aussi incapable que toi, qui n’avance jamais vers l’avant mais vers l’arrière!»
    L’écrevisse s’approcha du bord de l’eau et lui répondit:

    «Peut-être, mais je cours quand même plus vite que toi, espèce de crâneur! Regarde là-bas, il y a un vieux chêne. Celui qui y arrivera le premier, gagnera la course. En plus, je te permets de commencer avec trois pas d’avance. Quand je dirai un, deux, trois, partez! cours autant que tu le peux, car de toute façon j' arriverai avant toi.»

    Le renard rit de bon cœur.

    «Marché conclu! dit-il en souriant. On verra qui sera le vainqueur!»

    Pendant ce temps, sans se faire remarquer, l’écrevisse s’accrocha à la queue du renard avec ses pinces. Puis, elle donna le signal du départ...
    «Un, deux, trois … Partez!»

    Le renard s’élança. Après avoir fait un bon bout de chemin, il se dit:

    «Elle m’a bien eu, celle-là. Il se peut qu’elle ne soit même pas sortie de l’eau et qu'elle m’ait quand même bien fait courir. Tant pis, je vais continuer le chemin qui me reste encore à parcourir!»

    Il arriva au chêne, se retourna et à ce moment-là l’écrevisse lâcha rapidement la queue du renard. Elle se planta devant lui et dit:

    «Ce n’est que maintenant que tu arrives ? Moi, je suis là depuis longtemps. Qu’est-ce que tu as fait jusqu’ici ? Tu vois, tu étais présomptueux et finalement c’est moi qui ai dû t’attendre !»

    Le renard eut honte et devint tout rouge. C’est depuis ce temps-là que le renard a un pelage roux.
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  • Histoire de la colline des Croix en Lithuanie

    Un curieux endroit!

    La Colline des Croix est un lieu de pèlerinage situé près de la ville de Šiauliai, au nord de la Lituanie. Les premières croix ont été posées sur la colline fortifiée au XIVe siècle. Au cours des siècles, de nombreuses croix, des crucifix, sculptures de patriotes lituaniens, des statues de la Vierge Marie, des effigies en étain et des rosaires y ont été apportés par les pèlerins catholiques.

    Histoire de la Colline des Croix

    La vraie raison de l'existence de cette colline est ancrée dans l'histoire de la Lituanie. Au cours des siècles, l'endroit s'identifia à la résistance pacifique des Lituaniens catholiques en dépit des menaces auxquelles ils ont dû faire face à travers leur histoire.

    Envahie en 1795 par la Russie durant le partage de la Pologne (qui à l'époque formait une fédération avec le Grand-duché de Lituanie), la Lituanie a disparu de la carte de l'Europe. Quand l'ancienne structure politique de l'Europe de l'Est s'effondre en 1918, la Lituanie déclare à nouveau son indépendance. Durant toute cette période, la Colline des Croix a été utilisée par les Lituaniens comme centre de prière pour la paix, pour leur pays et pour l'amour des disparus.

    Plus récemment, le site a pris une signification plus particulière durant les années 1944-1990, alors que la Lituanie faisait officiellement partie de l'URSS. Les Lituaniens ont continué à se rendre à la Colline afin d'y déposer des offrandes et montrer leur attachement à leur identité, leur religion et leur racines. Ainsi, malgré l'acharnement des Soviétiques à retirer les nouvelles croix et à raser le site au bulldozer (au moins par trois fois), de nouvelles croix ont continué à apparaître. En 1985, les autorités sovétiques ont renoncé à retirer les croix.

    Depuis l'indépendance de leur pays, les Lituaniens ont continué à ajouter des milliers de croix, chapelets et autres objets de culte. Les croix y sont actuellement au nombre de 50 000, rappelant aux visiteurs la lutte d'un peuple pour la liberté de son pays.
    Le 7 septembre 1993, le Pape Jean-Paul II s'est rendu à la Colline des Croix, la déclarant site d'espoir, de paix, d'amour et de sacrifice.
    Devenues représentatives de l'art populaire du pays, des croix existent dans de nombreux villages et au bord des routes. La Lituanie est d'ailleurs parfois surnommée "le Pays des Croix".
     










     
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  • Légende chinoise, L'éléphant du Lijiang.

     

    La Colline en trompe d'éléphant, située au sud de Guilin à la confluence de la rivière Li et de la rivière des Fleurs de pêchers, en Chine.

     

    Selon la légende, le mythique empereur de Jade décida un jour de faire un voyage dans le Sud de la Chine. Comme il se déplaçait toujours en grand apparat, il était accompagné d'une suite impressionnante et de plusieurs éléphants. Comme l'empereur de Jade ne souffrait d'aucun obstacle, il détruisait tout sur son passage.

     

    L'un des éléphants transportait une jarre pleine de joyaux et tomba malade alors qu'il traversait dans la région de Guilin. Jugé inutile et ne pouvant continuer le voyage, il fut abandonné sur place.

     

    Un vieil homme s'émut de son sort et le recueillit. Il prodigua des soins à l'éléphant si bien que celui-ci fut totalement guérit. Pour le remercier, l'éléphant l'aida à rebâtir son village, détruit par le passage impérial.

     

    Quand le souverain céleste apprit la nouvelle, il rentra dans une rage folle et envoya des soldats punir cet éléphant qui s'intéressait trop au sort des hommes. L'animal se défendit avec courage pendant plusieurs jours mais fut tué par traîtrise : alors qu'épuisé, il trempait sa trompe dans le Lijiang pour se désaltérer, un soldat lui enfonça son épée dans le dos.

     

    Le temps passa et le corps de l'éléphant devint une colline en forme de trompe d'éléphant du nom de Xiangbi que l'on peut voir encore de nos jours, le long de la rive droite du fleuve Lijiang. On raconte que l'épée du traître serait devenue la pagode Puxian que l'on peut aujourd'hui admirer sur la colline.

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  • Légende Hongroise...

    Le Petit Carcassin...

    **********

      Il était une fois un homme pauvre. Avec sa femme, aussi pauvre que lui, ils étaient les plus démunis de leur village. L’homme allait pêcher chaque jour pour qu’ils aient de quoi manger.   Un jour, quand il tira son filet, il y trouva un petit carassin. 
    «Puisque tu es rentré dans mon filet, je te prends. Je t’emporte à la maison, et je vais te donner à mon chat», dit le pauvre.
    «Ecoute mon pauvre, dit le petit poisson, si tu ne me donnes pas au chat, en échange de ta bonne action, je te ferai du bien. Tu sais, un bienfait n’est jamais perdu.» Le pauvre homme remit alors le petit poisson dans l’eau.
    En rentrant, sa femme lui posa tout de suite la question: «Alors, as-tu pris quelque chose ?»
    «Rien», répondit-il et il raconta son histoire avec le poisson. Sa femme lui dit...

    «Retourne, et dis au petit poisson qu’il fasse de toi un juge.»


    Ce fut ainsi. Le pauvre cria...
     

    «Petit carassin! Petit carassin! Où es-tu ?»
    «Je suis ici! Que puis-je faire pour toi ?» répondit le carassin.
    «Je souhaite devenir le juge de mon village», dit le pauvre homme.
    «D’accord, rentre chez toi, tu seras élu dimanche matin», dit le petit carassin.

    Le pauvre homme rentra à la maison, sa femme lui demanda:

    «Alors, tu t’en es bien tiré?»

    Il lui raconta que dimanche il sera élu juge.


    Ce fut ainsi. Il était le juge de son village pendant trois ans. Il ne devait plus aller pêcher puisque avec sa femme ils vécurent à l’aise de son salaire.

    Un jour sa femme luit dit...

    «Etre juge n’est pas assez. C’est la fonction la moins appréciée dans le village. Va voir le petit carassin et dis lui que tu veux devenir notaire.»


    Ce fut ainsi. Le pauvre cria...
     

    «Petit carassin! Petit carassin! Où es-tu ?» 
    «Je suis ici ! Que puis-je faire pour toi ?» répondit le carassin.
    «Je souhaite devenir le plus important notaire dans mon village», dit le pauvre homme.
    «D’accord, rentre chez toi, demain tu seras élu notaire», dit le petit carassin. Le pauvre homme rentra à la maison, sa femme lui demanda:
    «Alors, ta journée, qu’est-ce qu’elle a donné ?»
    «Il dit que demain je serai élu le notaire le plus important du village! Mais maintenant calmons-nous!» répondit le pauvre homme. Sa femme ne disait rien. Les années passèrent, un jour elle dit à son mari:

    «Ecoute-moi ! Cela ne me va plus! Sois juge du comitat ! »


    Le pauvre homme alla le lieu où il rencontrait le poisson et se mit à crier...
     


    «Petit carassin! Petit carassin! Où es-tu ?»

    Le petit poisson fit son apparition et lui demanda:
    «Je suis ici ! Que puis-je faire pour toi ?»
    «Je veux être juge du comitat!» dit le pauvre homme.
    «Rentre chez toi, tu le seras !» répondit le petit poisson.

    En rentrant à la maison, le pauvre homme dit à sa femme...


    «Je souhaite que nous nous soyons d’accord pour que je reste sur ce poste. Cela me suffira !»

    «D’accord!» céda sa femme.

    Mais au bout de cinq ans, elle n’en pouvait plus et recommença...

    «Je veux que tu sois le premier dignitaire! Sois préfet du comitat »

    Le pauvre homme alla au bord de la rivière où il avait rencontré le poisson et se mit à crier...
     


    «Petit carassin! Petit carassin! Où es-tu ?»

    Le petit poisson fit son apparition et lui demanda:
    «Je suis ici ! Que puis-je faire pour toi ?»
    «Je veux être le préfet du comitat !» dit le pauvre homme.
    «Rentre chez toi, ne t’inquiète de rien, tu seras élu!» répondit le petit carassin.

    Six ans passés, sa femme lui dit:

    «Tu sais ce que je pense ? Tu dois être roi !»

    Le pauvre homme cria au bord de la rivière...


    «Petit carassin! Petit carassin !»

    Le poisson sautilla et lui demanda...
    «Dis-moi ce que tu veux, je t’écoute !»
    «Je veux être roi! » dit le pauvre homme.
    «Ton vœu sera exhaussé», répondit le petit carassin. 

    Ce fut ainsi, le pauvre homme devint le roi de son pays.


    Mais un beau jour la femme murmura à l’oreille de son mari...

    «Chaque pays a son roi, c’est normal. Mais je veux que tu dises au petit poisson que c’est toi qui veux diriger la Lune et le Soleil.»

    La pauvre homme alla voir le petit poisson et cria...

    «Petit carassin! Petit carassin !» 
    «Que puis-je faire pour toi, pauvre homme ?» répondit le carassin.
    «Je veux diriger la Lune et le Soleil», répondit le pauvre homme.

    Le petit carassin se mit en colère, et répondit au pauvre homme...

    «Rentre chez toi pour reprendre ta vie misérable. Remercie ta femme qui n’a jamais été contente de tes fonctions et qui demandait toujours plus. Tu ne peux pas être Dieu ! » 
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