• Véritable (La) histoire
    du 14 juillet
    (Source : Le Figaro)
     
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    Pourquoi le 14 juillet est devenu fête nationale ? Depuis quand ? L’historien Jean Sévillia raconte les dessous de cet évènement symbolique et les enjeux de sa commémoration.
     

    Jean Sévillia est Rédacteur en chef adjoint du Figaro magazine et écrivain. Son dernier livre Histoire passionnée de la France est paru chez Perrin.

    Figarovox : Depuis quand et pourquoi le 14 juillet est-il devenu notre fête nationale ? Que commémore-t-on exactement ?

    Jean Sévillia : C’est en 1880 que le 14 juillet est devenu fête nationale. Reprenons le contexte. En 1871, après l’effondrement du Second Empire et la défaite face aux Prussiens, se met en place, avec une majorité royaliste élue au suffrage universel, un régime d’attente, fait pour préparer la restauration de la monarchie, restauration qui n’aura pas lieu en raison de la division entre légitimistes et orléanistes et du refus du comte de Chambord, l’aîné des Bourbons, de composer avec les principes issus de la Révolution.

    Faute de roi s’installe une République conservatrice, la République des ducs (Mac-Mahon, Broglie, etc.) En 1876, les républicains de conviction obtiennent la majorité à l’Assemblée. En 1877, ils forcent le Président conservateur, Mac-Mahon, à se soumettre en acceptant la prééminence du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif. En 1879, le Sénat passe aux républicains et Mac-Mahon démissionne. Commence alors la République des Jules (Simon, Grévy, Ferry), la République des républicains.

    Sous le Second Empire, on fêtait la Saint-Napoléon le 15 août, date de l’Assomption, grande fête mariale dans l’Eglise catholique, fête confortée, en 1854 par la proclamation du dogme de l’Immaculée-Conception par le pape Pie IX. Le 15 août était donc la fête nationale de la France sous Napoléon III. Symboliquement, quand ils arrivent au pouvoir, en 1879, les républicains veulent donc instaurer une fête nationale qui soit en accord avec le projet politique dont ils sont porteurs : républicaniser la France, la couper de l’influence de l’Eglise.

    Prise de la Bastille le 14 juillet 1789
    Prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Aquarelle d’époque, de Jean-Pierre Houël

     

    Depuis 1872, le parti républicain organisait des manifestations privées à la date du 14 juillet. Lors d’un discours prononcé le 14 juillet 1872 à la Ferté-sous-Jouarre, Gambetta avait ainsi exalté le souvenir de la prise de la Bastille, affirmant que le peuple de Paris ne s’était pas levé « pour renverser une Bastille de pierre, mais pour détruire la véritable Bastille : le Moyen-Age, le despotisme, l’oligarchie, la royauté ».

    La loi promulguée le 6 juillet 1880 annonce que « la République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle ». Le choix de cette date, en réalité, ratifie une pratique antérieure du parti républicain, mais en jouant sur la double signification du 14 juillet : les radicaux commémorent la prise de la Bastille (14 juillet 1789), tandis que les modérés, à qui la violence révolutionnaire fait peur, préfèrent se souvenir de la Fête de la Fédération (14 juillet 1790).

    Dès lors, ce choix fera-t’il l’objet d’un consensus ?

    En 1880, le 14 juillet ne fait pas l’unanimité. Ni les conservateurs, qui n’ont accepté la République que par défaut, ni les catholiques, heurtés de front par l’anticléricalisme gouvernemental, anticléricalisme qui restera le ciment du parti républicain jusqu’en 1914, ne sont prêts à commémorer un événement révolutionnaire. Jusqu’à la Grande Guerre, le 14 juillet, à l’instar de l’école laïque de Jules Ferry, restera idéologiquement marqué : il est un symbole républicain, c’est-à-dire de gauche, anticlérical et patriotique au sens des Volontaires de l’An II. Peu à peu, toutefois, il deviendra une fête populaire, avec ses bals et ses lampions.

    Le 14 juillet 1919 voit le défilé de l’armée française victorieuse, derrière Joffre et Foch, avec des détachements de tous les pays vainqueurs. Les deux France se retrouvent dorénavant dans un 14 juillet qui revêt plus une signification militaire et nationale que politique. La politique revient le 14 juillet 1935 avec le défilé politico-syndical des organisations de gauche, prélude au défilé unitaire du 14 juillet 1936 qui rattache le Front populaire au mouvement de 1789.

    Le 14 juillet 1945, c’est de nouveau un défilé de la victoire. A l’exception de 1989 et du défilé du Bicentenaire griffé par le publicitaire Jean-Paul Goude, la fête nationale s’est éloignée de sa source originelle. Elle n’est plus qu’une fête militaire, chérie du grand public, une fête populaire, avec ses feux d’artifice et encore ses bals de pompiers, et un micro-événement politique pour les amateurs de « petites phrases », dans les années où le chef de l’Etat parle à la télévision... Les restrictions budgétaires ont enterré la garden-party, qui était en passe de devenir une tradition mixte, à la fois républicaine dans la mesure où tout citoyen, virtuellement, pouvait être amené à fouler les pelouses de l’Elysée, et monarchique dans l’autre mesure où il fallait une invitation du Château pour y participer.

    On a fait de la prise de la Bastille l’élément fondateur marquant le début de la Révolution française. Est-ce vrai ? Est-ce réellement la borne qui marque « le début de la fin d’un monde » ?

    Le 20 juin 1789, quand les députés du tiers-état qui se sont proclamés les mandataires de toute la population française, excluant de la représentation nationale la noblesse et le clergé, se rassemblent dans la salle du Jeu de Paume, à Versailles, et font serment de ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution à la France, la Révolution commence vraiment, puisque les institutions qui maintenaient l’ancienne France deviennent caduques.

    Il en est de même pour le 4 août 1789, où ce qu’on appelle improprement « l’abolition des privilèges », privilèges qui représentaient en réalité l’organisation socio-territoriale de droit coutumier de l’Ancien Régime, marque l’entrée dans un monde nouveau. Le 5 et 6 octobre 1789, quand la foule ramène la famille royale à Paris et que le roi est prisonnier de la révolution parisienne, marque aussi la fin d’un monde.

    La prise de la Bastille était-elle un mouvement populaire spontané, une révolte plébéienne contre l’arbitraire, ou bien une manipulation des masses orchestrée par le haut ?

    Le 12 juillet 1789, Camille Desmoulins appelle les Parisiens à prendre les armes. Le 14 juillet au matin, quelques milliers d’émeutiers envahissent les Invalides, et prennent armes et canons. A l’autre bout de Paris, la Bastille, prison d’Etat dénoncée par les libellistes comme un symbole de l’arbitraire royal, est assaillie non par la population spontanément mobilisée, mais par une bande d’agitateurs qui ont préparé l’opération. De l’édifice sont extraits, en fait de victimes de l’absolutisme, sept prisonniers, dont quatre faussaires, deux fous et un débauché.

    Le gouverneur Launay, qui a capitulé devant l’émeute et qui a été conduit à l’Hôtel de Ville, est assassiné avec Flesselles, le prévôt des marchands, leurs corps étant dépecés et leurs têtes placées au bout d’une pique. 83 assaillants ont péri dans l’assaut. Le premier sang de la Révolution a coulé. L’opération a été orchestrée, mais elle a revêtu tout de suite un sens politique et une dimension symbolique.

    On évoque souvent les mots de Louis XVI dans son journal le jour de cet événement historique : 14 juillet : rien, pour montrer l’aveuglement et la nonchalance du roi. Comment se fait-il que ce dernier ne se soit pas rendu compte de l’importance de l’évènement ?

    Rappelons d’abord que ce « rien » consigné par Louis XVI dans son carnet désignait son tableau de chasse, vide en l’occurrence puisqu’il n’avait pas chassé ce jour-là. Il est néanmoins exact que le roi n’a pas tout de suite pris la mesure de ce qui s’est passé à la Bastille, d’où le dialogue, authentique ou apocryphe, survenu lorsqu’on lui a raconté les événements : « Mais c’est une révolte ? - Non, Sire, c’est une Révolution ! » Horrifié par le récit de la mort de Launey et Flesselles, Louis XVI sera conforté dans son refus de verser le sang, disposition d’esprit qui va lui dicter sa conduite face à la Révolution.

    Le 14 juillet peut-il être le moment permettant la réconciliation des deux histoires de France, révolutionnaire et contre-révolutionnaire, dans la « République, notre royaume de France » chère à Péguy ?

    La question me semble un peu dépassée, dans la mesure où la vie politique française ne s’organise plus du tout autour de l’axe pour ou contre la Révolution. Le débat sur la Révolution n’est pas épuisé intellectuellement, mais il n’a pas de traduction politique immédiate. En sens inverse, le 14 juillet d’aujourd’hui n’a pratiquement rien à voir avec la Révolution, ce qui était déjà le cas en 1989, lors du défilé du Bicentenaire évoqué plus haut. Encore une fois, le 14 juillet n’est plus que la fête de l’armée, ce qui déplace le débat : le rituel militaire est-il vraiment compris dans une époque où le patriotisme n’est plus enseigné, où l’armée est invitée à se battre pour les droits de l’homme et non pour le territoire national ou les intérêts extérieurs du pays, et où le sens du sacrifice renvoie à une morale en voie de disparition ?

    Eugénie Bastié
    Le Figaro

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  • Révolution dite française : fille
    des Illuminés de Bavière
    et de la franc-maçonnerie ?

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    En 1798, Le Moniteur universeljournal de propagande révolutionnaire fondé en 1789, relaie, en les fustigeant, les propos tenus dans un article récemment paru dans la presse anglaise attribuant la paternité de la Révolution dite française à l’ordre des illuminés de Bavière, fondé en Allemagne en 1776 par le professeur de droit Adam Weishaupt et bientôt allié à la franc-maçonnerie pour détruire la monarchie, la religion, et faire vaciller l’ordre social pour instaurer une liberté de façade.

     

    En préambule de cette traduction, Le Moniteur universel explique que depuis quelques années, plusieurs écrivains « ont gravement débité qu’ils [les Illuminés de Bavière] sont des espèces d’enragés, dont le projet est de tuer tous les rois de l’Europe pour venger la mort de Jacques Molay, grand-maître de l’ordre des Templiers, exécuté à Paris il y a 600 (sic) ans, sous le règne de Philippe le Bel. »

    Dans les idées de ces écrivains, poursuit Le Moniteur, « les Illuminés qui ne seraient ainsi qu’une filiation de l’ordre des Templiers, doivent toujours avoir des princes parmi eux, leur promettre le souverain pouvoir pour les séduire ; leur permettre d’en approcher très près, mais ne pas souffrir qu’ils s’en emparent »

    Supplice de Jacques de Molay (dernier maître des Templiers) à Paris en 1314. Enluminure extraite des Grandes Chroniques de France (vers 1410)
    Supplice de Jacques de Molay (dernier maître des Templiers) à Paris en 1314.
    Enluminure extraite des Grandes Chroniques de France (vers 1410)

     

    Selon Le Moniteur, si l’on demandait à l’auteur qui a rédigé l’article dont il donne plus loin la traduction, son opinion sur ce que veulent et peuvent faire les sociétés secrètes, il répondrait que, « la guerre, qu’on peut regarder comme presque inévitable, servira encore les projets des sociétés secrètes, en occupant la majeure partie des forces militaires des souverains ; et les rigueurs de toute espèce, les vexations, les charges que ce fléau entraîne après lui exalteront le mécontentement des peuples, ce dont les Illuminés ne manqueront pas de profiter. Si l’on veut se convaincre de la puissance de ces sortes d’associations, qu’on lise le rapport fait dans la chambre des communes du parlement d’Irlande sur l’insurrection des Irlandais-Nus ; on verra qu’il existait dans cette contré un véritable gouvernement secret, qui faisait lever à volonté les habitants de l’île ; imposait des contributions, traitait avec les puissances étrangères ; en un mot, rivalisait de pouvoir avec le gouvernement apparent. »

    Le Moniteur universel rapporte que l’on a inséré il y a quelque temps, dans une feuille anglaise, The Kentish gazette, un morceau sur les Illuminés : le journaliste dit l’avoir en sa possession depuis plus de deux ans, et qu’il a été envoyé en Angleterre par un illustre personnage qu’il ne nomme pas, mais qu’il prétend être devenu un objet de persécution et de proscription. Et Le Moniteur de livrer ensuite la traduction littérale de cette étrange pièce :

    « Dans le printemps de l’année 1776, il se forma à Ingolstadt, ville de Bavière célèbre par son université, une société qui dans ses commencements n’était composée que de quelques professeurs de collège et d’étudiants, et semblait être une imitation de l’ordre des francs-maçons, dont il y a plusieurs associations dans d’autres académies d’Allemagne. Le fondateur de la société ci-dessus mentionnée, était un nommé Adam Weishaupt, professeur à Ingolstadt, et ses membres furent appelés Illuminés.

    « L’objet de cette institution était le renversement de la religion chrétienne et des gouvernements existants, ainsi qu’il paraît par une lettre du professeur Weishaupt, écrite en 1778 à M. Zvvalh, conseiller aulique, un de ses premiers disciples, dans laquelle il s’exprime ainsi : Vous verrez renaître et s’établir par degrés un nouveau système de morale, d’éducation et de religion ; et si nous continuons comme nous avons commencé, notre pays sera bientôt à nous : le but de notre ordre est la liberté.

    Adam Weishaupt (1748-1830). Gravure de 1799 de C. K. Mansinger
    Adam Weishaupt (1748-1830). Gravure de 1799 de C. K. Mansinger

     

    « Trois ans s’étaient écoulés avant que l’ordre des Illuminés eût conçu l’idée de s’unir à celui des francs-maçons, ou que celui-ci eût la moindre connaissance d’une semblable intention ; mais dans le mois de novembre 1778 , le conseiller Zwahl rencontra l’abbé Marotti à Augsbourg, et se fit expliquer tout les secrets de la maçonnerie, jusqu’à ceux qu’on n’apprend que dans les grades écossais. Il informa le professeur Weishaupt d’une si importante acquisition, et lui fit sentir la nécessité de joindre leurs efforts pour réunir les deux ordres de manière que les premiers grades de la maçonnerie devinssent comme une école préparatoire, un séminaire de l’ordre des Illuminés ; mais l’exécution de ce plan fut différé par une suite de l’ignorance où ils étaient des véritables règlements ou de l’institution de l’ordre des francs-maçons.

    « Enfin ils trouvèrent un homme très propre à servir leur projet. Cet homme était le baron de Knigge, membre mécontent de l’ordre des Templiers (lequel ordre est supposé avoir donné la première idée de celui des Illuminés). Le baron de Knigge, dégoûté des mystères de la maçonnerie, parce qu’ils ne lui avaient pas procuré des lumières et des connaissances utiles pour ses recherches et ses expériences en alchimie, et n’avaient pas répondu à son attente, était très disposé à embrasser tous les nouveaux plans qu’on pourrait lui proposer ; il était aussi très nécessaire aux Illuminés de se servir de ses connaissances en maçonnerie, dont l’ignorance et l’inexpérience de Weishaupt n’avait pu leur donner une véritable idée.

    « Les opinions du baron en religion et en morale étaient déjà connues : à une grande énergie et à beaucoup d’activité, il joignait de l’éloquence, de la force dans l’expression et le talent de persuader. Il alla en Bavière en 1781 ; et après avoir bien médité le plan de la réunion de l’ordre des Illuminés avec celui des francs-maçons dans le quel il s’était fait remarquer par son zèle, il sentit mieux que tout autre la grande importance d’une fusion avec un ordre aussi généralement connu, établi, privilégié et composé du personnel du plus haut rang, comme était celui des francs-maçons.

    « Pendant que Knigge était occupé et entièrement absorbé par les soins qu’entraînait l’illustration qu’il voulait donner au nouvel ordre, il éclata contre lui en Bavière, en 1784 . une violente persécution. Sur la découverte qu’on avait fait des abominables principes de plusieurs membres, tels que Zwach, les comtes Constant, Savioli, etc. ils furent démis de leurs emplois, et d’autres se virent obligés de chercher leur sûreté dans la fuite. Weishaupt lui-même quitta Ingolstadt, et après avoir parcouru une grande partie de l’Allemagne, il se fixa à Gothq. C’est dans ce lieu où, au milieu du XVIe siècle, avait déjà paru un certain Grumbach qui avait cherché les moyens de renverser la constitution de l’Empire Germanique, que Weishaupt trouva un asile ; il y obtint le respectable titre de conseiller aulique et une bonne pension, et y jouit en outre de la faveur du prince.

    Adolph Freiherr von Knigge (1752-1796) en 1796. Gravure de Wilhelm Arndt (1750-1813)
    Adolph Freiherr von Knigge (1752-1796) en 1796. Gravure de Wilhelm Arndt (1750-1813)

     

    « En 1788, Bode et un autre membre nouvellement initié entreprirent de faire un voyage apostolique à Paris ; et dans la société ou loge du Contrat-Social, fondée par l’incrédule de Leutre et par le grand-maître de toutes les loges de France, le duc d’Orléans, ils prêchèrent l’évangile des Illuminés, dont l’objet était la destruction de la religion chrétienne et de tous les rangs existants dans la société. Il n’y a aucun doute que cette doctrine n’ait fait la plus grande impression sur les membres de la loge sus-mentionnée, enthousiastes de la liberté, comme Lafayette, d’Esprémenil, Condorcet, Mirabeau, Fauchet, etc. ; car ils formèrent immédiatement dans cette loge un comité politique, lequel en engendra d’autres dans les loges de Paris, et celles des villes de province.

    « La semence de cette doctrine ne pouvait manquer de prendre racine et de fleurir au point où nous l’avons vue en 1789 chez un peuple porté à se croire opprimé, et d’ailleurs assez corrompu pour adopter avec facilité les principes de l’irréligion, et la fausse politique des philosophes. L’effet de ces principes, si semblables à ceux des Illuminés, a été la destruction de toute religion, et de tous les rangs en France ; en un mot, le renversement du trône et de l’autel qui a suivi immédiatement.

    « Au moyen de cette association et de cette intimité fraternelle, il était naturel d’attendre que les jacobins de France trouveraient de nombreux adhérents parmi leurs frères d’Allemagne, et malheureusement ils étaient trop fondés à le croire. Bohmen, Forster, Wadekind, Dorsch, Blau, Matternich, Hoffmann, Stam et un grand nombre d’autre clubistes de Mayence, et membres e cette convention nationale qui a été formée dans cette ville, étaient tous de la loge des Illuminés, ainsi que tous les chefs des clubs établis à Spire, Worms, etc.

    « C’était sur l’appui et la coopération de ces frères d’Allemagne, que ceux de France comptaient surtout. Lametherie a observé judicieusement que l’Allemagne renferme dans son sein une secte connue seulement jusqu’à ce jour sous le nom d’Illuminés, et qu’il y a parmi ses membres ou adhérents des personnes de !a première distinction et même des princes.

    Insigne de la société secrète des Illuminés de Bavière, à l'effigie de la chouette de Minerve
    Insigne de la société secrète des Illuminés de Bavière,
    à l’effigie de la chouette de Minerve

     

    « Les Français ne furent point trompés dans l’attente où ils étaient des secours de leurs frères d’Allemagne, pour élever avec plus d’efficacité le temple de l’irréligion et l’anarchie sur les ruines de l’autel et du trône. Pour parvenir à cette fin, l’on employa, ainsi qu’il a été avancé par Dumourier, trente millions de livres, qui furent répandus dans les clubs étrangers, et qui, distribués par les comités secrets, suffirent pour se faire des créatures de ceux qui n’auraient pu être entraînés par le fanatisme. Ils suffirent encore à nourrir les auteurs affamés dont on se servit, et à indemniser les libraires des pertes qu’ils éprouvèrent par suite de la suppression de ces productions séditieuses et des procédures commencées contre eux.

    « D’après cela il est impossible de nier que la vigilance et l’attention des gouvernements et des magistrats ne soient indispensablement nécessaires pour surveiller les mouvements de ces associations clandestines. L’indolence et l’indifférence qu’on a montrées si longtemps, ont été appelées par les Illuminés, modération, clémence, tolérance dignes de princes grands et éclairés ; mais ils voulaient amuser ceux qui étaient assez faibles pour craindre les reproches d’intolérance et de tyrannie. Combien, hélas ! ont été abusés par ce sophisme.

    « Maintenant, Dieu en soit loué, les princes commencent à prévoir le danger qui les menace, et à prendre des mesures pour s’en défendre : jusqu’à présent, celles-ci ont été trop faibles. On a proposé, il n’y a pas longtemps, à la diète de Ratisbonne d’abolir toutes les sociétés secrètes ; mais la pluralité des suffrages a restreint la suppression de l’Ordre des étudiants ; ce qui est une nouvelle victoire pour celui des Illuminés qui se trouve, par ce moyen, tacitement toléré. Qui ne voit pas dans cela même une profonde et toute puissante influence ?

    « Il n’y a que des mesures vigoureuses qui puissent éloigner le danger ; des mesures lentes et insuffisantes indiquent de la faiblesse et encouragent l’ennemi : et jusqu’à ce que ces traîtres envers la religion et l’ordre social, qui se trouvent établis en Europe depuis plusieurs siècles, aient été atteints dans leurs profonds retranchements, et qu’ils en aient été arrachés, nous devons craindre constamment pour notre religion, notre liberté, notre propriété, notre vie, et nous regarder comme dignes du mépris et de la haine de la postérité la plus reculée. »

    Cérémonie d'initiation d'un nouveau membre au sein des Illuminés de Bavière. Gravure de 1879
    Cérémonie d’initiation d’un nouveau membre au sein des Illuminés de Bavière. Gravure de 1879

     

    L’auteur de l’article ajoute la note suivante : « Les principes de cette société ont été recueillis dans la conversation de plusieurs de ses chefs ; ils sont en substance, que l’ordre actuel de la société a été fondé et soutenu par l’erreur et l’imposture ; que nommément la religion chrétienne est un système dont toutes les ressources se trouvent maintenant épuisées, et que le genre humain est parvenu à un degré de lumières qui ne permet pas qu’il soit dupe plus longtemps de cette religion. Les fondements de l’édifice sont ruinés ; ainsi tout ce qui est élevé dessus doit naturellement tomber bientôt en poudre, et une révolution aura lieu. Le genre humain reviendra au premier état de nature, état de barbarie ; puis, il passera ensuite à celui de l’adolescence, de la maturité, et enfin à la vieillesse, époque à laquelle nous sommes parvenus. Enfin ceux-là seront les plus heureux qui, convaincus les premiers de ces principes, voudront se précautionner contre le naufrage général.

     

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  • Consulat

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    Points de repère de l’Histoire de France : Consulat. Précis chronologique abrégé consignant les événements marquants et faits historiques notoires sous le Consulat. Toutes les dates principales nécessaires à une bonne compréhension de l’Histoire.

    1799
    Le Consulat provisoire prend en main le gouvernement (11 novembre). — Adoucissement par divers actes du pouvoir de plusieurs des mesures révolutionnaires. — Constitution de l’an VIII (24 décembre). — Le gouvernement et les conseils sont organisés comme suit : un Premier Consul assisté de deux consuls avec voix consultative (l’initiative des lois réservée au gouvernement), un Sénat de soixante membres, un Tribunat de cent membres, un Corps législatif de trois cents membres. La Constitution de l’an VIII est acceptée par 3 011 007 suffrages.

    1800
    Traité d’El-Arisch entre Kléber, le général anglais Sidney-Schmit et la Turquie (24 janvier). — Traité entre Bonaparte et les derniers chefs vendéens, à Luçon (17 janvier), suivi de la soumission des dernières bandes d’insurgés bretons. — Établissement de la Banque de France (11 février). — Loi sur la division du territoire français en départements et arrondissements communaux (17 février). — Le gouvernement anglais désavoue le traité d’El-Arisch ; reprise des hostilités en Égypte ; victoire de Kléber à Héliopolis (20 mars), Kléber reconquiert l’Égypte révoltée ; il meurt assassiné au Caire (14 juin). Le général Menou lui succède. — Bonaparte reprend les hostilités contre la coalition : victoires de Moreau à Engen, Moskirch et Biberach (3 au 9 mai). — Passage des Alpes par l’armée française (18-20 mai). — Occupation d’Augsbourg (29 mai). — Premiers essais de vaccination en France (Ier juin). — Occupation de Milan ; nouvelle proclamation de la République cisalpine (2 et 4 juin). 
    — Occupation de Gênes (5 juin). — Victoire de Marengo (14 juin), Desaix y est tué. — Convention d’Alexandrie (Italie) portant reddition au général Suchet de toutes les places fortes du Piémont et de la Lombardie (18 juin). — Victoire des Français à Hochstedt (19 juin). — Nouveau traité contre la France entre l’Autriche et l’Angleterre, à Vienne (20 juin).

    — Par suite des succès de Moreau en Bavière, armistice de Parsdorf (15 juillet). — Signature de préliminaires de paix avec l’Autriche (28 juillet), l’Autriche cède à la France Ulm, Ingolstadt et Philippsbourg. — Capitulation de Malte aux mains des Anglais (25 septembre). — Insurrection contre les Français en Toscane : ils prennent possession de Florence et de quelques autres villes (15 octobre). — Les négociations pour la paix étant entravées par l’Autriche, l’offensive est reprise sur tous les fronts. Victoire des Français à Hohenlinden (3 décembre). — Occupation de Salzbourg, de Lintz et de Steyer (18 décembre). — Invasion du Tyrol italien. — Passage par Brune du Mincio et de l’Adige. — Nouvel armistice avec l’Autriche, en vue de la conclusion de la paix, à Steyer. Bonaparte ne reconnaissant pas l’abandon de Malte aux Anglais, la cède au czar Paul Ier, à qui les Anglais refusent de la livrer. Paul Ier se détache de la coalition et s’allie avec la Prusse, le Danemark et la Suède contre l’Angleterre (16 déc.). — Au cours de cette année, il a été fait entre la France et les Etats-Unis un traité d’amitié et de commerce (30 sept.). — Mesures pour rétablir la situation financière de la France. — Complots contre le premier consul : explosion d’une e machine infernale » lancée contre sa voiture (24 décembre). — Négociation pour la paix, à Lunéville.

    1801
    Sénatus-consulte ordonnant la déportation de cent trente personnes à propos de l’explosion de la e machine infernale » (4 janvier). Plusieurs sont exécutées (9 janvier). — Occupation de Vicence et de Vérone par les Français (3 et 8 janvier). — Armistice entre l’Autriche et l’armée d’Italie (16 janvier). — Signature du traité de paix de Lunéville entre la France et l’Autriche (9 février). — Entrée en guerre de l’Espagne, à l’instigation de la France, contre le Portugal soutenu par l’Angleterre (22 février). — Traité de Florence entre Murat et la Cour de Naples (18 mars). — Traité entre la France et l’Espagne, relatif aux États italiens qui s’ajouteront à l’État de Parme sur lequel règne le fils du roi d’Espagne (21 mars). — Perte de l’Égypte par les Français par suite des défaites infligées à Menou par lord Abercromby (8 mars au 9 avril, 27 juin). — Évacuation de l’Égypte (2 septembre). — Combat naval d’Algésiras : victoire sur la flotte an-glaise (5 juillet). — Paix de Badajoz entre l’Espagne et le Portugal (29 septembre). — Restauration du culte catholique en France : il redevient public ; signature d’un nouveau concordat avec le Saint-Siège (15 juill.). — Traité de Saint-Ildefonse entre la France et l’Espagne, qui lui cède la Louisiane (1er octobre). — Traité de paix entre la France et la Russie (8 octobre). — Ouverture du Congrès d’Amiens pour la paix avec l’Angleterre (8, 9 octobre). — Traités avec la régence d’Alger (27 décembre).
    Les territoires gagnés par la France par le traité de Lunéville sur la rive gauche du Rhin, forment quatre départements : Roër (Aix-la-Chapelle) ; Rhin-et-Moselle (Coblenz) ; Mont-Tonnerre (Mayence) ; Sarre (Trèves). — Le Concordat fixe, entre autres choses, l’attribution à l’État de la police des cultes, l’attribution aux ecclésiastiques d’un salaire fixe ; la consécration par le Saint-Siège de la vente des biens nationaux ; le droit de nomination des archevêques et évêques réservé à l’État, le Saint-Siège ne gardant à leur égard que le droit d’investiture canonique. — Grandes fêtes officielles en France à l’occasion de la paix générale. — Départ de l’expédition de Saint-Domingue (14 décembre).

    1802
    Le frère du premier consul, Louis Bonaparte, épouse Hortense de Beauharnais (9 janvier). — Paix d’Amiens entre la France et l’Angleterre (25 mars). — Inauguration solennelle du Concordat à Notre-Dame (18 avril). — Loi instituant la Légion d’honneur (19 mai). — Déclaration d’amnistie pour tous les émigrés qui rentreront en France dans les délais indiqués (26 avril). — Le Sénat proclame Bonaparte premier consul à vie (2 août). — Remplacement du ministère de la police par une Direction générale dépendant du ministère de la justice. — Réunion du Piémont à la France : il formera cinq départements (11 septembre). — Le duc de Parme étant mort, ses États font retour à la France comme le porte le traité conclu avec l’Espagne le 21 mars 1801, et en conséquence sont occupés par des troupes françaises (9 octobre). — Le général Leclerc, qui commandait l’expédition de Saint-Domingue, laquelle avait débuté par des succès, meurt à son retour en France ; il a laissé les troupes en proie à la fièvre jaune ; les noirs se révoltent dans toute l’île.
    Cette année 1802 a vu commencer de grands travaux publics : canal de l’Ourcq, canal de Saint-Quentin, canal de Nantes à Brest ; digue de Cherbourg ; routes du Simplon et du mont Genèvre. — Réforme des grands corps de l’État et des corps élus ; organisation de l’enseignement secondaire et de l’Institut.

    1803
    Actes hostiles de l’Angleterre contraires aux stipulations du traité de paix d’Amiens : elle refuse d’évacuer Malte (mars) et plus tard, elle fera saisir des colonies des Hollandais nos alliés. — Projets et préparatifs de descente en Angleterre. — Essai de navigation sur la Seine du bateau à vapeur construit par Fulton, citoyen américain (9 août), création de l’École militaire de Fontainebleau. — A Saint-Domingue (Haïti), les noirs massacrent les colons de race blanche et les mulâtres, et une partie du corps expéditionnaire français. Évacuation de l’ancienne colonie (novembre).

    1804
    Conspiration dirigée contre le premier consul par Georges Cadoudal (ancien chef chouan) et les deux généraux français Pichegru et Moreau ; ils sont arrêtés (le 15 février). — Enlèvement, dans le duché de Bade, du duc d’Enghien, fils du prince de Condé, son transfert à Vincennes, son jugement, son exécution (15-20 mars). — Pichegru s’étrangle dans sa prison (5 avril). — Protestations du czar et du roi de Suède (beaux-frères du grand-duc de Bade) contre la violation du territoire du duché par les Français qui ont enlevé le duc d’Enghien : ils en appellent à la Diète Germanique (7 mai). — Adoption par le Corps législatif du Code civil (mai). — Le Tribunat, le Corps législatif et le Sénat votent l’empire héréditaire.

    Napoléon Ier est proclamé empereur, à Saint-Cloud (le 18 mai). Il est le second fils de Charles Bonaparte, gentilhomme corse, et de Laetitia Ramolino, et né à Ajaccio en 1769. Il a épousé en 1796 Joséphine Tascher de la Pagerie, née à la Martinique en 1763 et veuve du vicomte de Beauharnais, mort sur l’échafaud en 1794.

     

     

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  • Directoire

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    Points de repère de l’Histoire de France : Directoire. Précis chronologique abrégé consignant les événements marquants et faits historiques notoires sous le Directoire. Toutes les dates principales nécessaires à une bonne compréhension de l’Histoire.

    1795
    Formation du Directoire exécutif (1er novembre), son installation au Luxembourg (4 novembre). Les nouveaux pouvoirs se partagent comme suit : le Conseil des Anciens, le Conseil des Cinq-cents et le Directoire exécutif ; les premiers Directeurs sont : Rewbell, Barras, La Réveillère-Lépeaux, Letourneur et Carnot. — Évacuation de l’île d’Yeu par les Anglais (17 novembre). — Les Français (Schérer) battent les Autrichiens à Loano, d’où suspension d’armes (23 novembre). — Prise de Creuznach (1er décembre). — L’Autrichien Wurmser reprend Manheim (21 décembre). — En cette année (28 décembre), Madame, fille de Louis XVI, est échangée contre les représentants français que Dumouriez avait livrés à l’ennemi le ler avril 1793. — Carnot a organisé trois armées : celles de Rhin-et-Moselle (Moreau), Sambre-et-Meuse (Jourdan, puis Hoche), Italie (Bonaparte). Elles devront se réunir sous les murs de Vienne et porter ensemble un coup décisif à la monarchie autrichienne.

    1796
    Création du ministère de la police (let janvier). — Bonaparte est nommé commandant en chef de l’armée d’Italie (23 février). — Fin de la guerre de Vendée, les chefs vendéens Stofflet et Charette sont fusillés (février et 29 mars), au général Hoche est due l’heureuse terminaison de la guerre. — Insurrection dans le Berry (2 au 9 avril). — Début des opérations de Bonaparte en Italie : batailles de Montenotte (11-12 avril), de Millesimo et de Diégo (14-15 avril), de Mondovi (22 avril). — Combat du Pont de Lodi (10 mai). — Traité de Paris entre la République française et le roi de Sardaigne (15 mai). — Bataille d’Albenkirchen (4 juin). — Passage du Rhin par les Français à Kehl (24 juin). — Prise du château de Milan (29 juin). — Bataille de Rastadt (5 juillet). — Occupation de Stuttgart (25 juillet) et de Bamberg (4 août). — Traité de Berlin, entre la République française et le roi de Prusse (5 août). — Victoire de Castiglione (5 août) et occupation de Vérone (8 août). — Bataille de Neresheim (11 août). — Mesures de pacification en Vendée (août). — Occupation, après combat, d’Amberg (17 août). — Traité de Saint-Ildefonse : alliance offensive et défensive entre la France et l’Espagne (18 août). — Combat de Neumarck (23 août). — Bataille de Wurtzbourg (3 septembre). — Combats de Roveredo ; occupation de Trente ; combat de Bassano (3, 4, 5, 8 sept.). — Bataille de Biberach (2 octobre).

    — Le roi d’Espagne déclare la guerre à l’Angleterre (8 octobre). — Traité de paix, à Paris, entre la République et Ferdinand IV, roi des Deux-Siciles (10 octobre). — Les Anglais sont chassés de la Corse, qui rentre sous la domination française (22 octobre). — Bataille d’Arcole (15-17 novembre). — Formation et départ d’un corps expéditionnaire pour aider l’Irlande à chasser les Anglais (décembre).

    1797
    Kehl se rend à l’archiduc Charles (9 janvier). — Bataille de Rivoli (victoire des Français) (14-18 janvier). — Occupation de Trente (29 janvier). — Prise de Mantoue (2 février). — Reddition de la tête de pont d’Huningue (5 février). — Prise d’Ancône par les Français (9 février). — Traité de paix à Tolentino entre la République française et le pape Pie VI (19 février). — Passage du Tagliamento (16 mars). — Prise de Gradisca (19 mars) et de Botzen (22 mars). — Combat de Tarvis (24 mars). — Prise de Trieste (24 mars), de Klagenfurth (29 mars), de Laybach (let avril). — Signature, à Léoben, des préliminaires de paix entre la France et l’Autriche (15 avril). — L’armée de Sambre-et-Meuse passe le Rhin à Neuwied (18 avril). — Passage du Rhin par l’armée de Rhin-et-Moselle, qui prend Kehl et Offenbourg. — Armistice sur le Rhin (20, 21, 23 avril). — Éntrée d’Augereau à Venise (16 mai). — Prise de Corfou (28 juin). — Proclamation de la République cisalpine (9 juillet). — Coup d’État du Directoire contre les membres opposants du Conseil des Cinq-Cents et des Anciens (4 septembre : 18 fructidor). — Loi excluant les ex-nobles des fonctions publiques et les privant de leurs droits politiques (15 septembre). — Mort de Hoche à Wetzlar (18 septembre). — Traité de paix de Campo-Formio, suite des préliminaires de Léoben, entre la France et l’Autriche ; fin de la guerre d’Italie (17 octobre). — Ouverture du Congrès de Rastadt (9 décembre). — Présentation solennelle au Directoire du général Bonaparte qui lui remet le traité de Campo-Formio (10 décembre).

    1798
    Invasion de la Suisse. — Réunion de Mulhouse au territoire français (28 janvier). — Prise de Fribourg ; occupation de Soleure et Morat ; prise de Berne (2 et 5 mars). — Traité réunissant Genève à la France (26 mars). — De la première coalition contre la France, l’Angleterre est restée seule ; mais elle n’a pas désarmé. Bonaparte fait approuver par le Directoire son projet d’aller l’attaquer dans ses possessions de l’Inde : la première partie de ce projet comporte l’expédition d’Égypte. — Départ de l’expédition d’Égypte (19 mai). — Prise de Malte (10-13 juin). — Prise d’Alexandrie (Ier-3 juillet). — Bataille des Pyramides (21 juillet). — Bataille navale d’Aboukir, désastreuse pour la flotte française (Ier août). — Loi établissant la conscription militaire en France (5 septembre). — Déclaration de guerre de la Turquie à la France (12 septembre). — Bataille de Sédyman (7 octobre). — Combat de Civita-Castellana (5 décembre). — Déclaration de guerre de la France aux rois de Naples et de Sardaigne (8 décembre). — Occupation de Turin (8 et 10 décembre). — Occupation de Rome par Champion-net (15 décembre). — L’Angleterre s’allie avec la Russie contre la France (18 décembre). La Russie prend également pour alliée la Turquie (23 déc.). — Au cours de cette année, les derniers Français (blancs) ont été chassés par les noirs du territoire de la République d’Haïti (ancienne colonie de Saint-Domingue).

    1799
    Championnet occupe Naples et proclame la République Parthénopéenne (23 janvier). — Prise de Corfou et des autres îles Ioniennes aux Français par les flottes russe et turque. — Démission du général Joubert ; destitution du général Championnet, accusé de concussion (mars). — Remaniement dans le commandement des armées ; Schérer, armée d’Italie ; Macdonald, armée de Naples ; Masséna, armée d’Helvétie ; Jourdan, armée du Danube ; Bernadotte, armée du Rhin ; Brune, armée de Hollande (mars). — L’archiduc Charles passe le Lech (mars). — Déclaration de guerre du Directoire à l’Autriche (12 mars). — Une deuxième coalition se déclare contre la France : elle englobe l’Autriche, l’Angleterre, une partie de l’empire germanique, le royaume de Naples (réduit à la Sicile), le Portugal, la Turquie, les États barbaresques et la
    Russie (mars). — Jourdan battu à Stockach (22 mars). — Défaites des Français par les Autrichiens sur l’Adige (30 mats) et à Magnano (5 avril). — Assassinat des plénipotentiaires français à Rastadt (28 avril).

    Souwaroff prend le commandement des Russes et des Autrichiens en Italie ; Moreau celui de l’armée française (27 avril). — Remaniement dans le Directoire et dans les ministères (juin et juillet). — Levée en masse (12 juillet). — Combats de la Trébie (17-19 juin) qui achèvent la ruine de la domination française sur l’Italie et la Lombardie. Perte par les Français de la bataille de Novi, où Joubert est tué (15 août). — Les Anglais débarquent au Helder (27 août). — Victoire de Brune sur les Anglais et Russes en Hollande
    (19 sept.), capitulation des mêmes à Alkmaer (6 octobre). — En Syrie et Égypte : prise par Bonaparte d’Él Arisch, de Jaffa et de Gaza. — Siège de Saint-Jean-d’Acre. — Victoire de Bonaparte au Mont Thabor (février au 18 avril). — La peste sévit dans l’armée française ; Bonaparte ramène ses troupes en Egypte (20 mai). — Destruction d’une armée turque à Aboukir (24 juillet). — Bonaparte remet le commandement de l’armée à Kléber et s’embarque en secret pour la France (22 août). II débarque à Fréjus (8 octobre). — Coup d’État du 18 brumaire : un décret préparé par les partisans de Bonaparte lui confère le commande-ment général et ordonne la translation du Directoire et des Conseils à Saint-Coud (9 nov.). — Le Conseil des Cinq-cents est chassé par la force armée de la salle de ses séances (9 novembre, dix-huit brumaire) ; Bonaparte, Roger Ducos et Sieyès sont proclamés consuls provisoires (10 novembre) par le Conseil des Anciens.

     

     

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  • Révolution française

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    Points de repère de l’Histoire de France : Révolution française. Précis chronologique abrégé consignant les événements marquants et faits historiques notoires sous la Révolution française. Toutes les dates principales nécessaires à une bonne compréhension de l’Histoire.

    1789
    Ouverture des États généraux à Versailles (5 mai). — Le clergé renonce à ses privilèges pécuniaires (20 mai). — La noblesse renonce aux mêmes privilèges (23 mai). — Élection de Bailly à la présidence du tiers état (3 juin). — Le tiers état se constitue en Assemblée nationale (17 juin). — Le roi fait fermer la salle de l’Assemblée nationale à Versailles.

    — Serment du Jeu de Paume (20 juin). — Séance royale des États généraux ; le roi casse les résolutions du tiers état déclarant inviolables les députés de la nation (23 juin). — A la demande de Louis XVI, le clergé et la noblesse se réunissent au tiers état (27 juin). — L’Assemblée nationale se déclare constituante (9 juillet). — Renvoi de Necker (11 juillet). — Prise de la Bastille par le peuple de Paris (14 juillet).

    — Commencement de l’émigration (16 juillet et suiv.).

    — Bailly est nommé maire de Paris, et La Fayette commandant de la milice parisienne (16 juillet). — Le roi, à Paris, accepte la cocarde tricolore (17 juillet). 
    — Séance nocturne de l’Assemblée nationale dans laquelle sont décrétés : l’égalité d’impôts, l’abolition des droits féodaux, privilèges et justices seigneuriales et la vénalité des offices (4 août). — Décrets établissant la liberté religieuse (23 août) et la liberté de la presse (24 août). — Rappel de Necker à la tête du ministère (28 août). — Émeute à Paris : le peuple se porte à Versailles et force le roi et sa famille à revenir dans la capitale (6 octobre). — Translation (12 octobre) et première séance (19 octobre) de l’As-semblée nationale à Paris, salle du Manège, près des Tuileries. — Présentation au roi du premier texte des Droits de l’Homme. — Création des assignats (17 décembre).

    1790
    L’Assemblée nationale décrète la division de la France en 83 départements (15 janvier). — Le roi se rend à l’Assemblée nationale et jure de maintenir la Constitution (4 février). — Décrets : supprimant les
    voeux monastiques (13 février) ; et les droits féodaux (15 mars) ; enjoignant la vente des biens nationaux, à concurrence de 400 millions (17 mars) ; attribuant à la nation seule le droit de guerre et de paix (22 mai) ; fixant la liste civile du roi et le douaire de la reine, ensemble à 29 millions (9 juin) ; supprimant tous titres de noblesse, ordres, livrées et armoiries (19 juin).
    Fête de la Fédération (des 83 départements) au Champ-de-Mars (14 juillet). — Sédition militaire à Nancy (31 août). — Démission de Necker (4 sept.). — Décret sur l’organisation judiciaire et supprimant les Parlements (7 septembre). — Acceptation par le roi de la Constitution civile du clergé (26 décembre).

    1791
    Loi sur la prestation de serment des ecclésiastiques (26 janvier). — Le peuple de Paris détruit les parapets du château de Vincennes (28 février). — L’église Sainte-Geneviève prend le nom de Panthéon (4 avril) ; le corps de Mirabeau, qui vient de mourir, y est déposé. — Abolition de la torture ; adoption de la guillotine (31 mai). — Fuite du roi : il quitte clandestinement Paris avec la reine, leurs enfants, le dauphin et Madame Royale, sa soeur Madame Élisabeth et M. de Tourzel (20 au 21 juin) ; son arrestation à Varennes (22 juin). — Le roi et les personnes qui l’accompagnaient sont ramenés à Paris (25 juin). — Décret enjoignant aux émigrés de rentrer en France dans les deux mois (9 juillet). — Translation des cendres de Voltaire au Panthéon (11 juillet). — Le roi est suspendu de ses fonctions jusqu’à la présentation de l’Acte constitutionnel (15 juillet).

    L’empereur d’Allemagne et le roi de Prusse se mettent d’accord, à Pilnitz, pour menacer l’Assemblée constituante de prendre les armes afin de délivrer le roi (27 août). — Acceptation par le roi de la Constitution (13 septembre). — Réunion à la France d’Avignon et du Comtat Venaissin (14 septembre). — Clôture de l’Assemblée nationale (30 septembre) et son remplacement par l’Assemblée législative (1er octobre). — Mesures contre les émigrés (28 octobre, 8 et 11 novembre). — Pétion est nommé maire de Paris (17 novembre), Manuel, procureur-syndic de la commune de Paris (2 décembre), Narbonne, ministre de la guerre (6 décembre).

    1792
    Les princes de la famille royale et plusieurs autres émigrés sont décrétés d’accusation (1er janvier). — Déclaration de guerre à l’empereur d’Autriche François II (20 avril) et commencement des hostilités près de Lille (28 avril). — Échec des Français à Tournai. Le général Dillon est assassiné, le général Biron se replie sur Valenciennes. — Un décret menace de la déportation les ecclésiastiques non assermentés (26 mai). — Décret ordonnant la formation d’un camp de 20000 hommes près de Paris (8 juin). — Veto du roi à cette mesure (10 juin), les faubourgs se soulèvent contre le veto du roi (20 juin). — Luckner (maréchal français) est victorieux à Menin (19 juin), à Courtrai et à Ypres (20 juin).

    Décret proclamant que la patrie est en danger (11 juillet).

    Le roi est suspendu de ses fonctions et enfermé au Temple avec sa famille (10 et 12 août). — Décret convoquant une Convention nationale (10 août). — Décret d’accusation contre les Girondins (15 août). — Décret fixant à 21 ans la majorité des Français (16 août). — La Fayette quitte la France avec son état-major (20 août). — Luckner est remplacé par Kellermann (23 août). — Massacre, par la populace, des prisonniers détenus pour causes politiques dans les prisons de Paris (2, 3, 4 septembre). — Suppression par décrets des ordres : de Malte (19 septembre) et de Saint-Louis (15 octobre). — Dernière séance de l’As-semblée législative et installation de la Convention nationale (21 septembre). — La Convention déclare la royauté abolie et proclame la République (21 septembre). — Un décret rendu postérieurement fixe au 22 septembre le commencement de l’an W de la République. — Décret portant la peine de mort contre les émigrés pris les armes à la main (6 octobre). — Décret proscrivant les dénominations Monsieur et Madame et les remplaçant par citoyen et citoyenne (10 octobre). — Réunion de la Savoie à la France : elle forme le département du Mont-Blanc (21 et 27 novembre). — Décret portant que Louis XVI sera jugé par la Convention (3 décembre). — Louis XVI, mandé à la barre de la Convention, répond aux quarante-deux questions de Barrère, président, et choisit pour ses défenseurs Tronchet et Target : le premier seul accepte (11 décembre). — Nouvelle comparution de Louis XVI devant la Convention (26 décembre).

    Faits de guerre : d’août à fin décembre. 2 septembre reddition de Verdun par Beaurepaire, marche du roi de Prusse sur Paris ; 11 septembre : le comte d’Artois se joint à l’armée prussienne avec 6 000 cavaliers ; 14 septembre : retraite des Français sur Châlons-sur-Marne ; 20 septembre : victoire de Kellermann sur les Prussiens à Valmy ; 22 septembre : occupation de la Savoie par les Français ; 28 septembre : prise de Nice par les Français ; 29 septembre : bombardement de Lille, prise de Spire par Custine ; retraite des Prussiens ; 4 octobre : prise de Worms ; 13 octobre reprise de Verdun ; 21 octobre : prise de Mayence par Custine et de Longwy par Kellermann ; 22 octobre : évacuation du territoire français par les Prussiens 28 octobre : prise de Francfort-sur-le-Mein par Custine ; 6 novembre : victoire de Jemmapes, remportée par Dumouriez ; 8 et 12 novembre : prise de Tournai, de Gand et de Charleroi par les Français ; 13 au 30 novembre : les Français prennent les villes de Bruxelles, Ostende, Malines, Ypres, Furnes, Bruges, Anvers, Tirlemont ; 2 décembre : prise de Namur ; 10 et 14 décembre : prise de Ruremonde, Merzick, Freidenburg et Saarbrück ; 21 décembre : l’année française s’empare de tout le pays compris entre la Saar et la Moselle jusqu’à Consaarbrück.
    Le 28 novembre, un corps de Hessois resté dans Francfort, a livré cette ville aux Prussiens qui en ont massacré la garnison française.

    1793En cette année, le duc de Choiseul, combattu par la favorite de Louis XV, la comtesse du Barry, fut disgracié. Le prétexte de son renvoi fut l’appui qu’il donnait au Parlement, lequel était en lutte avec la Cour. Condamnation à mort de Louis XVI et son exécution (17 et 21 janvier). — Déclaration des princes (émigrés) reconnaissant le dauphin pour roi de France, (17 octobre). — Condamnation et exécution de vingt et un députés girondins (31 octobre). — Établissement du culte de la Raison (10 novembre). — Condamnation et exécution du duc d’Orléans, de Mme Roland, de Bailly, du général Houchard, de la comtesse du Barry (31 octobre au 8 décembre). — Reprise de Toulon aux Anglais par Dugommier (19 décembre), avec le concours de Bonaparte, alors capitaine d’artillerie et qui sera nommé l’année suivante général de brigade. — C’est en cette année qu’ont lieu les premiers essais de télégraphie optique par Chappe (12 juillet). — En cette année également que les mois de l’année commencent à porter les noms qui les mettent en concordance avec les saisons (Calendrier républicain).

    1794
    Le chancelier de Maupeou, créature du parti ennemi du duc de Choiseul, prit la place de ce dernier. Incapable, corrompu et vindicatif, Maupeou fit expier au Parlement ses velléités d’indépendance : les meilleurs de ses membres furent exilés, et le ministre forma un parlement de son choix (le Parlement Maupeou), dont la composition le fit tourner en dérision. Pendant ce temps, l’abbé Terray que Maupeou s’était adjoint pour les finances, gaspillait les deniers publics et lais-sait la concussion et la spéculation achever la ruine de l’État. Le duc d’Aiguillon, chargé des affaires étrangères, mais médiocre diplomate, complétait ce triumvirat dont l’administration acheva de consommer le discrédit et l’appauvrissement de la France. Marseille est déclarée rebelle et sans nom (16 janvier). — La Convention décrète la liberté des nègres et une loi proclame l’abolition immédiate de l’esclavage dans les colonies françaises (4 février). — Adoption par la Convention du drapeau national à trois couleurs : bleu, blanc, rouge (15 février). — Achèvement par les Anglais de la conquête de la Martinique (22 février). — Fondation de l’École polytechnique (11 mars). — Condamnation et exécution : des Hébertistes (24 mars), de Danton, Camille Des-moulins, etc. (5 avril). — Les rois d’Angleterre et de Prusse et le stathouder concluent à La Haye un traité contre la France (19 avril). — Les armées de la coalition s’emparent de Landrecies (30 avril). — Proclamation, à l’instigation de Robespierre, de l’existence de l’Être suprême (7 mai) et première fête nationale en son honneur (8 juin). — Condamnation et mort de Madame Élisabeth, soeur de Louis XVI (10 mai). — Succès des années de la République à Tourcoing, Fleurus, Ypres, Ostende, Mons, Tournai, Gand, Bruxelles, Namur, Nieuport, Anvers (du 15 juin au 31 juillet). — Atrocités ordonnées par les commissaires du gouvernement dans les départements : Carrier et Fouché à Nantes, Tallien à Bordeaux, Lebon dans le Pas-de-Calais, etc. — Chute de Robespierre et du parti de la Montagne ; exécution de Robespierre et de soixante et onze de ses partisans (27 et 28 juillet, soit les 9 et 10 thermidor : c’est la fin du régime dit de la Terreur).

    1795

    — Succès des Français en Espagne (Fontarabie, 1er août ; Saint-Sébastien, 4 août). — Occupation de Trèves par les Français ; reprise par eux du Quesnoy, de Valenciennes, de Condé (6 au 30 août). — Explosion de la poudrière de Grenelle à Paris (31 août). — Reprise du fort de Bellegarde et occupation d’Aix-la-Chapelle (18 et 22 septembre). — Destruction par la marine française des établissements anglais à Sierra-Leone et autres points de la côte d’Afrique (24 septembre). — Prise de Juliers, Bois-le-Duc, Cologne, Vanloo, par les Français (22 septembre au 7 octobre) et de Maestricht, Nimègue, puis Figuières (4, 8 et 27 novembre).

    — Établissement, par décret, du Conservatoire des Arts et Métiers : 10 oct. et de l’EcoIe Normale : 30 octobre.

    — Suppression de toutes les mesures et lois édictées pour établir ou assurer le maximum (24 décembre). — Invasion de la Hollande par les Français (25 déc.). En cette année, la France perd les petites Antilles. — Les Anglais s’emparent momentanément de la Corse (fév. à juin). — Masséna, à la tête d’une armée française, envahit le Piémont (avril), est battu et obligé de battre en retraite sur Gênes. — Révolution à Genève en faveur de la France (19 juillet). — Grave disette en France. — Les Français occupent Amsterdam (19 janvier). — Prise de la flotte hollandaise (immobilisée par les glaces) par des hussards français (20 janvier). — Prise de Berg-op-Zoom et de Zwoll par les Français. — Prise de Rosas (act. Pyrénées-Orientales) par les Français (3 février). — Première pacification de la Vendée conclue à La Jaunaye (15 février). — Division, par décret, de la commune de Paris en douze arrondissements (21 février). — Les conventionnels Barrère, Billaaud-Varennes, Colot d’Herbois et Vadier sont décrétés d’accusation et arrêtés (2 mars). — Combat naval dans la Méditerranée (13 mars). Insurrection des faubourgs de Paris contre la Convention (1er avril). — Traité de paix, conclu à Bâle, entre la République française et le roi de Prusse (5 avril). — Décret introduisant le système décimal dans les poids, monnaies et mesures (7 avril). — Traité de paix et d’alliance entre la France et les Provinces-Unies (Hollande) (16 mai). — Insurrection à Paris des Jacobins (20 au 28 mai). — Suppression, par décret, du Tribunal révolutionnaire (31 mai). — Prise de Luxembourg par les Français (7 juin). — Déclaration de la mort au Temple du dauphin, fils de Louis XVI (8 juin). — Le comte de Provence, frère de Louis XVI, alors à Vérone, prend le titre de roi de France sous le nom de Louis XVIII, le nom de Louis XVII ayant été censé porté par le dauphin mort au Temple (juin). — Combat naval à la hauteur du Morbihan (23 juin). — Reprise par Charette de la guerre en Vendée (24 juin). — Occupation par les Français de Bilbao et Vittoria (17 juill.). — Traité de paix, à Bâle, entre la France et l’Espagne (22 juillet). — Établissement, par décret, du Conservatoire de musique (3 août). — Passage du Rhin par l’armée française de Sambre-et-Meuse, et prise de Dusseldorff (6 septembre). — Capitulation de Manheim (20 septembre). — Proclamation de la Constitution de l’an III (23 septembre). — Décret incorporant au territoire de la République tous les pays conquis en deçà du Rhin, la Belgique, l’État de Liège et le Luxembourg Ier octobre), — Débarquement d’une cadre anglaise à l’île d’Yeu (2 octobre). — Insurrection des Sections de Paris contre la Convention, écrasée par le général Bonaparte : 13 vendémiaire (5 octobre). — Défaite des Français par les Autrichiens à Hochst et devant Mayence (11 et 29 oct.). — Création de l’Institut de France (25 octobre). — Fin de la session de la Convention nationale et sa clôture (26 octobre). — Première séance des deux Conseils législatifs (28 octobre). — Combats de Manheim et de Morbach (29 octobre).

     

     

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  • Deuxième moitié du XVIIIe siècle

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    Points de repère de l’Histoire de France : deuxième moitié du XVIIIe siècle. Précis chronologique abrégé consignant les événements marquants et faits historiques notoires de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Toutes les dates principales nécessaires à une bonne compréhension de l’Histoire.

    1755
    Lally-Tollendal continua la lutte, mais avec peu de ressources, et sans succès, les Anglais nous chassèrent de toutes nos positions et restèrent maîtres de territoires immenses.

    1756-1763
    Guerre de Sept ans. La prospérité de notre marine marchande et les succès de Dupleix et de La Bourdonnais dans l’Inde avaient alarmé l’Angleterre, qui appréhenda de voir le commerce de la France concurrencer victorieusement le sien. Les Anglais se livrèrent, sans provocation de nos nationaux, à de véritables actes de piraterie : en 1755 et 1756, ils saisirent, dans différents ports, trois cents vaisseaux de commerce et deux grands bâtiments de guerre, et un diplomate français fut assassiné. Louis XV leur déclara la guerre. Aussitôt une expédition française, sous les ordres du duc de Richelieu, débarqua à Minorque (possession anglaise) et enleva la citadelle de Port-Mahon (1756).
    En cette même année, Louis XV, à l’instigation de sa funeste favorite, la marquise de Pompadour, fit alliance avec l’Autriche contre la Prusse (qui avait été notre alliée royalement récompensée dans la précédente guerre). C’était la donner pour alliée aux Anglais et compromettre toutes les chances que nous avions d’en venir à bout.

    1757
    Victoires des Français : dans le nord de l’Allemagne, sur les Anglais, en Hanovre, à Hastembeck (maréchal d’Estrées) et à Closter Seven (maréchal de Richelieu). Les Prussiens (Frédéric II) firent face d’abord avec succès aux Autrichiens alliés avec les Russes, puis ils se retournèrent contre nous et battirent notre général, l’incapable Soubise, à Rosbach.
    Attentat de Damiens contre la vie de Louis XV, qu’il frappe d’un couteau. Il est condamné au supplice de la roue.

    1758-1759
    Les Français (prince de Clermont) sont de nouveau battus à Crevelt (par le duc de Brunschwig) et un peu plus tard (maréchal de Contades) à Minden. Entre temps, le duc de Broglie (Français) avait remporté la victoire de Bergen.

    1758
    Les Anglais tentèrent d’établir le blocus de nos principaux ports et de détruire Saint-Malo ; ils incendièrent Cherbourg. Ils tentèrent ensuite un débarquement dans la baie de Saint-Brieuc, mais les habitants les tinrent en respect jusqu’à l’arrivée de troupes de secours qui les culbutèrent à Saint-Cast.

    1759
    Perte du Canada et de l’Inde. Pendant que Lally-Tollendal luttait pour essayer de conserver au moins Pondichéry à la France, Montcalm et le marquis de Vaudreuil se débattaient désespérément au Canada contre les Anglais auxquels ils ne pouvaient opposer que des forces insuffisantes. Malgré leurs supplications, la Cour n’envoyant pas de renforts, Montcalm livra devant Québec une dernière bataille, qu’il perdit. C’était la fin de la domination française en Amérique.

    1760
    Victoire des Français à Clostercamp, où s’illustrèrent, par leur dévouement héroïque, le chevalier d’Assas et le sergent Dubois.

    1761
    Cependant le duc de Choiseul, mis à la tête des affaires en 1758, avait cherché le moyen de ne paslaisser cette guerre tourner en désastre. Ardent patriote et habile diplomate, il reprit la tradition de Louis XIV et réussit, en concluant le Pacte de Famille, à renouer l’alliance entre tous les Bourbons qui régnaient alors en Europe. L’Espagne joignit sa flotte à la nôtre, et bien que les Anglais profitèrent de cette occasion pour attaquer quelques colonies espagnoles, ils craignirent néanmoins de voir la nouvelle alliance s’augmenter et devenir plus puissante qu’eux. La paix devenait pour eux une nécessité aussi bien que pour Frédéric II, que ses succès contre l’Autriche avaient affaibli.

    1762-1765
    Durant cette période, le Parlement et la Cour s’attachèrent à préparer l’expulsion des jésuites, dont les agissements et les intentions étaient en opposition avec les intérêts du royaume. Le Parlement de Paris les condamna en 1762 et le duc de Choiseul fit rendre contre eux en 1765 un édit de bannissement.

    1763
    Le Traité de Paris mit donc fin à la guerre dite de Sept ans. La France perdait au profit de l’Angleterre, l’Acadie, le Canada, le golfe de Saint-Laurent, plusieurs des Antilles, le Sénégal et presque toutes ses possessions de l’Inde. La Louisiane était abandon-née à l’Espagne. C’est de cet événement que date la puissance coloniale de l’Angleterre.

    1766
    Mort de Stanislas Leczinska, et retour de la Lorraine à la France.

    1768
    Choiseul, qui fut un excellent ministre, s’employa activement au relèvement de la France, par le commerce, la marine et l’industrie. Il conclut de nombreux traités avantageux pour notre pays. En 1768, il se fit céder par la République de Gênes l’île de Corse.

    1769
    L’agronome Parmentier use d’un stratagème, grâce auquel la culture et la consommation de la pomme de terre se généralisent désormais en France.

    1770
    En cette année, le duc de Choiseul, combattu par la favorite de Louis XV, la comtesse du Barry, fut disgracié. Le prétexte de son renvoi fut l’appui qu’il donnait au Parlement, lequel était en lutte avec la Cour.

    1771
    Le chancelier de Maupeou, créature du parti ennemi du duc de Choiseul, prit la place de ce dernier. Incapable, corrompu et vindicatif, Maupeou fit expier au Parlement ses velléités d’indépendance : les meilleurs de ses membres furent exilés, et le ministre forma un parlement de son choix (le Parlement Maupeou), dont la composition le fit tourner en dérision. Pendant ce temps, l’abbé Terray que Maupeou s’était adjoint pour les finances, gaspillait les deniers publics et lais-sait la concussion et la spéculation achever la ruine de l’État. Le duc d’Aiguillon, chargé des affaires étrangères, mais médiocre diplomate, complétait ce triumvirat dont l’administration acheva de consommer le discrédit et l’appauvrissement de la France..

    1772
    Partage (sans protestation de Louis XV) de la Pologne par la Prusse, la Russie et l’Autriche.

    1774
    Mort de Louis XV. Si ce règne de cinquante-neuf ans ne profita pas à la prospérité matérielle et à la grandeur politique de la France, il fut cependant un de ceux pendant lesquels notre pays a le plus brillé dans le domaine des lettres, des arts et des sciences. Les idées philosophiques qui s’éveillèrent à partir de la seconde moitié de cette période et se répandirent plus ou moins dans les diverses classes de la société, émancipèrent les esprits et préparèrent les voies à la Révolution de 1789. Parmi les personnalités qui illustrèrent cette époque hors des camps, on peut citer Diderot et d’Alembert, fondateurs de l’Encyclopédie, immense recueil qui présentait le tableau complet des connaissances humaines à la fin du règne ; J.-J. Rousseau, Montesquieu, Voltaire, plus une foule de conteurs, de poètes, d’auteurs dramatiques de talent. Dans le domaine des sciences Linné, Buffon, de Jussieu, Lavoisier. Nombreux furent sous ce règne les artistes : peintres, sculpteurs, graveurs, les plus fameux de l’Europe ; les beaux-arts et le luxe sous toutes ses formes et l’élégance, y arrivèrent à leur plus haute expression : la manufacture de Sèvres date de là. Entre beaucoup d’autres noms de ce temps que l’Histoire a gardés, il en est malheureusement beaucoup qui s’accompagnent d’une renommée moins flatteuse, tels ceux des favorites : la marquise de Pompadour et la comtesse du Barry. Encore la première fit-elle excuser ses prodigalités et sa mauvaise influence sur le roi par la protection qu’elle donna aux écrivains et aux artistes, tandis que la seconde n’a laissé que le souvenir du mal qu’elle fit.

    Avènement de Louis XVI, né en 1745, petit-fils de Louis XV. (Son père était le dauphin Louis, fils de Louis XV ; sa mère, Marie-Josèphe de Saxe.) Il avait épousé en 1770 Marie-Antoinette d’Autriche, née en 1755. Animé des meilleures intentions, mais faible, d’intelligence assez courte, et irrésolu, il était mal armé pour prendre le pouvoir dans les circonstances difficiles que traversait le pays. Bien qu’il fit ce qu’il put pour réparer les fautes de son prédécesseur, il était destiné à expier les erreurs et les abus du règne auquel il n’avait pas pris part.

    1774-1776
    Dès son accession au trône, Louis XVI fit remise au peuple du « don de joyeux avènement » ; il prit pour ministres deux hommes recommandables par leur probité et leurs lumières, Malesherbes et Turgot ; malheureusement, il avait donné sa faveur à Maurepas dont la frivolité devait empêcher les efforts de ses collègues de produire les bons effets qu’il en espérait Malesherbes, jurisconsulte éminent, projetait des ré-formes dont l’acceptation immédiate eût peut-être sauvé la monarchie : faculté pour les accusés d’être défendus devant les tribunaux, liberté de conscience et de la presse, rétablissement de l’édit de Nantes, suppression des lettres de cachet, abolition de la torture, convocation des États généraux, etc. : Turgot, ancien intendant de la province de Limousin, supprima les maîtrises et les jurandes, qui ne permettaient qu’à quelques ouvriers de devenir patrons ; il abolit la corvée, améliora la navigation intérieure, amorça les mesures destinées à assurer la liberté du commerce, principalement de celui des grains. Il eût voulu constituer un système d’assemblées provinciales où se fussent débattus les intérêts locaux ; il remplaça les impôts arbitraires existants par un impôt territorial qui pesait également sur toutes les classes. Malheureusement son bon vouloir échoua contre l’obstination des classes privilégiées qui entendaient ne faire aucune concession au bien-être général, et même du peuple qui ne comprit pas tout ce qu’il avait à gagner aux réformes accomplies ou projetées. Bref, Malesherbes et Turgot durent se retirer du ministère. Le banquier genevois Necker fut appelé par le roi à la direction des finances.

    1775
    Le Barbier de Séville, de Beaumarchais.

    1777
    Cette année vit deux événements intéressants, quoique de peu d’importance en regard de ceux qui se préparaient : la création du Mont-de-piété et l’apparition du premier quotidien (Journal de Paris).

    1778
    Les colonies anglaises d’Amérique du Nord s’étaient, dès 1776, soulevées contre la métropole et déclarées indépendantes ; sous la présidence de Washington, elles s’étaient réunies en une « confédération » des Etats-Unis. Mais elles avaient à se défendre contre l’Angleterre qui prétendait les faire rentrer sous sa domination. Un homme d’État américain, Franklin, traversa l’Océan pour venir demander à Louis XVI l’appui de la France. Une expédition de volontaires se forma pour porter secours aux Américains, sous la conduite de La Fayette. Louis XVI signa un traité avec les États-Unis, les reconnaissant ainsi comme puissance indépendante. La guerre éclata ouvertement entre la France et l’Angleterre. Notre flotte connut de nouveau la victoire ; une partie de nos vaisseaux avait passé en Amérique où elle soutenait avec succès la marine de la jeune république (comte d’Éstaing). Sur nos côtes et un peu partout, nos capitaines attaquaient victorieusement les Anglais, notamment à Ouessant (d’Orvilliers). Énfin, un corps d’armée français commandé par Rochambeau alla aider sur terre les Américains. La marine espagnole se joignit à la nôtre en 1779.

    1780-1783
    Sous le prétexte de cette guerre, l’Angleterre s’était arrogé le droit de faire la police des mers et ses vaisseaux empêchaient la marine des neutres de commercer librement. Presque toutes les Cours d’Europe s’insurgèrent contre ces prétentions : une ligne de neutralité année se dressa contre la Grande-Bretagne. Celle-ci riposta en faisant jeter des troupes dans les îles hollandaises des Antilles. L’amiral de Grasse fut envoyé dans ces mers avec une flotte française, qui coupa toutes les communications de la marine et des troupes anglaises avec l’Angleterre. Cette action énergique assura le triomphe définitif des Américains (capitulation anglaise de York-Town, 1781).

    L’année suivante, un autre marin français célèbre, le bailli de Suffren, réduisait à presque rien, par quatre victoires navales, la puissance britannique dans la mer des Indes. Les Anglais n’étaient pas, en général, plus heureux dans les différentes Antilles où les flottes alliées leur faisaient bientôt expier les maigres succès qu’ils pouvaient remporter ici ou là en des débarquements furtifs. En Europe, la garnison de Gibraltar restait assiégée depuis 1779 par des forces franco-espagnoles. Outre les personnages que nous venons de citer, on remarqua dans cette guerre Du Couédic, La Touche-Tréville, La Motte-Picquet, de Guichen, etc.

    1783
    Traité de Versailles, qui mit fin à cette guerre. L’Angleterre reconnaissait l’indépendance des États-Unis. La France recouvrait, dans l’Inde, les possessions qui lui étaient restées après la chute de la Compagnie (Pondichéry, etc.) ; les îles de Tabago et Sainte-Lucie ; Saint-Pierre et Miquelon et le droit de pêche à Terre-Neuve ; Gorée et le Sénégal. A l’Éspagne était rendue Minorque.

    1778-1783
    La guerre d’Amérique avait relevé le prestige de la France et lui avait rendu ses colonies, sauf le Canada, mais n’avait pas enrichi le Trésor. Les financiers se succédaient au ministère sans pouvoir faire aboutir les réformes, même les plus utiles.

    Necker fut renvoyé pour avoir rendu public l’état des recettes et des dépenses de la nation. La Cour, c’est-à-dire la reine et quelques favoris, ainsi que la noblesse, soutenaient le premier ministre Maurepas, ennemi de tout ce qui comportait la suppression ou l’atténuation des abus ; il mourut heureusement en 1781. Il y eut après Necker, Joly de Fleury, d’Ormesson, Calonne, dont chacun, dominé par les circonstances, creusa un peu plus le déficit. A la fin de 1780, le total des emprunts de l’État atteignait près d’un milliard.

    1783
    Le 2 novembre, première ascension d’un ballon libre (appelé Montgolfière, du nom de l’inventeur Montgolfier) par Pilâtre de Rozier et d’Arlande.

    1783-1784
    Long et très rigoureux hiver qui crée, en aggravant la misère, de lourdes charges à l’Etat.

    1785
    Affaire du collier : arrestation du cardinal de Rohan. Le cardinal cherchait le moyen de se concilier les bonnes grâces de Marie-Antoinette. Une intrigante, la comtesse de La Motte, lui raconta que la reine désirait posséder un collier estimé 1 600 000 fr. et que le roi, eu égard aux embarras du Trésor, refusait de lui donner. Le cardinal acheta le collier, à crédit, aux joailliers Boehmer et Bossange qui le remirent, chez la comtesse, à un personnage qu’on leur dit être un serviteur de la reine et qui n’était que le complice ou l’amant de la comtesse. Le collier ne parvint naturellement pas à destination : le cardinal ne put payer le premier terme de ses engagements et les joailliers ébruitèrent l’affaire. Louis XVI fit enfermer le cardinal à la Bastille. Un procès s’ouvrit devant le Parlement ; la politique fit, de ce qui n’était qu’une escroquerie vulgaire, une affaire d’État : les nombreux ennemis de la reine y ayant vu une bonne occasion de ternir sa réputation de femme et sa respectabilité de souveraine. Rohan fut acquitté par le Parlement, mais exilé en Auvergne ; la comtesse condamnée à être fouettée, marquée au fer rouge et enfermée à la Salpêtrière ; son mari fut lui-même l’objet d’une condamnation : ils avaient volé le collier et vendu les diamants. Les joailliers ne furent qu’en partie payés. Cette affaire, dans laquelle la reine n’avait certainement rien à se reprocher, fut néanmoins le prétexte de vives attaques contre elle, et indirecte-ment, contre la monarchie.

    1786
    En cette année se peuvent constater les progrès faits pour le relèvement de notre marine : les forces navales et le personnel sont réorganisés.

    Conclusion d’un traité de commerce et de navigation avec l’Angleterre.

    Introduction en France des moutons dits « mérinos » (à Rambouillet).

    « Fardier » de Cugnot.

    1787
    Le ministère propose à l’Assemblée des Notables une répartition plus équitable des charges publiques, qui augmenterait les revenus : cette proposition qui menaçait les biens du clergé est rejetée. Le ministre Calonne se retire ; il est remplacé par Loménie de Brienne qui ne fera pas mieux que lui, bien que Louis XVI essaie d’imposer, par des édits, les mesures qu’il préconise. Le Parlement, qui refusait d’enregistrer ces édits, est exilé à Troyes, et peu après rappelé. Le Parlement ne s’oppose pas à la création de nouveaux impôts jusqu’à concurrence de 420 millions, non plus qu’à la concession de tous droits civils et politiques aux protestants, que Malesherbes réclamait depuis 1771.

    Louis XVI confie à Montmorin le ministère des affaires étrangères.

    1788
    Conflit entre le ministère (Loménie de Brienne, premier ministre et Lamoignon, garde des sceaux) et le Parlement, les ministres émettant la prétention de réduire les attributions de celui-ci à la connaissance des affaires privées, et de confier la connaissance des affaires de l’État à une cour plénière recrutée dans les classes privilégiées.

    Le conseiller Duval d’Eprémesnil est arrêté pour avoir dénoncé publiquement ce projet ; un mouvement populaire en sa faveur fait différer la réunion de la cour plénière projetée : le mécontentement populaire est général et se traduit un peu partout par une vive agitation.

    Le roi rend un édit de convocation des États généraux, pour l’ouverture en avoir lieu le 1er mai 1789.

    Loménie de Brienne, de plus en plus impopulaire, se retire (25 août) et Necker est rappelé au ministère des finances (27 août). Lamoignon se retire à son tour le 1er septembre.

    La fin de l’année est remplie d’incidents où continue à s’affirmer la tension entre la Cour et la Nation.

     

     

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  • Première moitié du XVIIIe siècle

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    Points de repère de l’Histoire de France : première moitié du XVIIIe siècle. Précis chronologique abrégé consignant les événements marquants et faits historiques notoires de la première moitié du XVIIIe siècle. Toutes les dates principales nécessaires à une bonne compréhension de l’Histoire.

    1701-1713
    Guerre de la succession d’Espagne. Elle a une double cause : 1° l’émotion suscitée dans les Cours d’Europe par le testament de Charles II d’Espagne ; celui-ci, en mourant en 1700 sans postérité, léguait tous ses États au duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, à la condition toutefois que la monarchie espagnole ne subirait aucun amoindrissement territorial, et ne serait en aucun cas réunie à la France ; 2° malgré le traité de Ryswick, Louis XIV reconnaissait, comme roi d’Angleterre, le fils de Jacques II, et, à l’encontre du testament de Charles II, il réservait au duc d’Anjou (devenu roi d’Espagne sous le nom de Philippe V) ses droits à la succession au trône de France pour le cas où la branche aînée des Bourbons viendrait à s’éteindre (le duc d’Anjou, né en 1683, était le second fils du Dauphin, fils de Louis XIV). Dans cette guerre, la France eut à lutter contre l’Angleterre, la Hollande, l’Autriche, le Portugal et la Savoie, que l’infatigable Guillaume III avait réunis en une Ligue contre elle : la Ligue de La Haye. L’Espagne et la Bavière étaient ses seules alliées. (La Bavière cependant prétendait, comme l’Autriche, avoir des droits dans la succession d’Espagne).

    1702
    Victoire des Français (Villars) à Friedlingen.

    1703
    Victoire des mêmes à Hochstedt.

    1704
    Les généraux français Marsin et Tallard, à Hochstedt, sont battus par Marlborough (Anglais) et le prince Eugène de Savoie. Par suite de leur défaite, les Français se voient contraints d’évacuer l’Allemagne.

    1705
    Villeroi (Français) battu à Ramillies par Marlborough. Le duc de La Feuillade (Français) battu à Turin par Eugène de Savoie.

    1707
    Berwick (fils naturel de Jacques II, naturalisé Français, général au service de la France) bat les Impériaux à Almanza (Espagne).

    Victoire des Français (Villars) à Stalhofen, près de Strasbourg.

    1708
    Vendôme et le duc de Bourgogne (Français) sont battus à Oudenarde par Marlborough et Eugène de Savoie. Par suite de ces défaites, les Français se sont vu contraints d’évacuer l’Italie et la Belgique.

    1709
    Prise de Lille par les ennemis au maréchal de Boufflers, malgré une belle défense.

    Défaite des Français (Villars) à Malplaquet.

    La rigueur de l’hiver, cette année-là en France, est restée légendaire.

    1710
    Victoire de Villaviciosa remportée par Vendôme. La situation de Philippe V, un moment compromise, est rétablie par cette victoire, et il régnera désormais sans encombre jusqu’en 1746.

    1711
    Paix avec l’Angleterre, qui abandonne la lutte et demande la paix par suite de la mort de l’empereur Joseph II d’Autriche, les succès contre la France ne pouvant dès lors servir qu’à fortifier et à unir l’Espagne et l’Autriche, ce qui eût été reconstituer la puissance de Charles-Quint.

    1712
    Villars remporte à Denain, sur Eugène de Savoie, une grande victoire qui hâte la conclusion de la paix avec les autres membres de la Ligue.

    1713
    Traité d’Utrecht, qui met fin à la guerre de la succession d’Espagne : Louis XIV cède à l’Angleterre Terre-Neuve, l’Acadie, la baie d’Hudson, déclare abandonner la cause des Stuarts, et s’engage à combler le port de Dunkerque. Philippe V conserve toutes ses colonies, mais renonce pour lui et sa postérité au trône de France. Il abandonne à l’Angleterre Gibraltar et l’île Minorque. L’Empereur d’Autriche obtient les Pays-Pas, le Milanais, le royaume de Naples, la Sardaigne. Le duc de Savoie reçoit la Sicile. Enfin, l’électeur de Brandebourg est reconnu roi de Prusse.

    1714
    Mort (date incertaine) de Denis Papin.

    1715
    Mort de Louis XIV. A ce moment, la France est complètement épuisée par les guerres incessantes qu’elle a soutenues ; les conséquences du terrible hiver de 1709 pèsent encore sur l’agriculture et le commerce ; la France a perdu une grande partie de ses colonies, ; l’industrie a été arrêtée dans son essor par la révocation de l’Edit de Nantes ; le trésor public est vide. Ce règne pourtant a été glorieux, et fécond pour la civilisation, par le grand nombre de savants, d’écrivains et d’artistes qui l’ont illustré ; il fut grand pour la France par le prestige qu’il donna à notre nation, et par les acquisitions territoriales qui étendirent ses limites.

    La Régence. Le trône de France revenait à Louis XV qui était fils du duc de Bourgogne et par conséquent arrière-petit-fils de Louis XIV, mais ce prince n’était encore âgé que de cinq ans. Louis XIV avait prévu par son testament la composition du Conseil de régence qui devrait gouverner en attendant la majorité de Louis XV. Mais le neveu de Louis XIV, Philippe, duc d’Orléans, intervint ; il fit casser le testament de Louis XIV par le Parlement, qui lui déféra la régence sans conditions. On ne désigne générale-ment ce personnage que sous le nom de Régent : de même, la période pendant laquelle il a gouverné est la seule de notre histoire à laquelle on donne couramment le nom de Régence sans autre désignation. Le duc d’Orléans était d’une intelligence supérieure, et connu pour sa bravoure : mais la légèreté de son esprit, son amour du plaisir et sa faiblesse de caractère furent la cause de grands malheurs pour la France. Le Régent s’adjoignit le cardinal Dubois comme premier ministre.

    1716
    Création de la banque de Law. L’Écossais Law, habile financier, crut qu’il pourrait rétablir la situation financière de la France au moyen de la circulation d’une sorte de papier-monnaie. La banque fondée par Law avec l’autorisation du Régent était au capital de 6 millions, divisé en 1 200 actions ; elle émettait des billets payables à vue en espèces invariables de poids et de titre (ce qui était appréciable, sur-tout à cette époque où les monnaies étaient fréquemment altérées par l’État). De plus, la banque escomptait à taux modéré, et par-là était utile au commerce. La banque fut déclarée Banque royale en 1718.

    1717
    Création de la Compagnie Commerciale pour exploiter les richesses naturelles du Mississipi et qui, ayant absorbé les autres compagnies, devient la Compagnie des Indes.

    Séjour à Paris de Pierre Ier, tsar de Russie (Pierre le Grand).

    1717-1720
    Quadruple alliance (entre France, Angleterre, Hollande, Autriche) formée par le cardinal Dubois, pour tenir en respect le roi d’Espagne Philippe V, lequel avait comploté par le moyen de son ambassadeur Cellamare, avec la duchesse du Maine (Conspiration de Cellamare), d’enlever la régence au duc d’Orléans et de se faire rendre les territoires que le traité d’Utrecht lui avait enlevés. Une armée française entra en Espagne, et Philippe V effrayé demanda la paix.

    1720
    Le système de Law, pratiqué sans ménagement, avait d’abord favorisé un immense développement des affaires ; mais les émissions de papier se succédèrent, sans être dès lors garanties par quoi que ce fût, et lorsque les porteurs des dix milliards de papier émis voulurent réaliser, on s’aperçut que tout le numéraire qui existait alors en France ne dépassait pas un milliard. De là une banqueroute sans précédent. Law dut s’enfuir pour n’être pas lapidé.

    Peste de Marseille. Dans cette ville et en Provence, plus de 85000 personnes périrent, victimes du fléau. A cette occasion l’évêque de Marseille, Belzunce et le magistrat municipal Rose, ainsi que de nombreux échevins, firent preuve d’un dévouement héroïque.

    1723
    Majorité de Louis XV. Il prend les rênes du gouvernement.

    Mort du cardinal Dubois et du duc d’Orléans. Le nouveau roi prit pour premier ministre le duc de Bourbon, petit-fils du grand Condé. Le premier acte de celui-ci fut de répudier la politique de Louis XIV à l’égard de l’Espagne, en froissant cette puissance. En effet, il renvoya à la Cour d’Espagne une infante espagnole qui était élevée à la Cour de France et qui était fiancée à Louis XV, rompant ainsi l’union projetée, dans le but de faire épouser au jeune roi une personne qui ne dût qu’à lui-même son élévation et sa fortune. Il avait arrêté son choix sur la fille de Stanislas Leczinski, roi détrôné de Pologne fixé en France, qu’il fit en effet épouser à Louis XV (1725). Marie Leczinska, née en 1703, plus âgée par conséquent de sept ans que Louis XV, eut de ce dernier dix enfants, dont deux garçons.

    1726
    Le cardinal Fleury, ancien précepteur du roi, devient premier ministre, à l’âge de 73 ans, et conservera jusqu’à 81 ans cette charge, dans laquelle il rendit de grands services par son bon sens, son honnêteté, sa bonne entente des affaires. Il ne put cependant éviter la guerre, qui eut lieu deux fois pendant son ministère.

    1733-1735
    Guerre de la succession de Pologne. Par suite de la mort du roi de ce pays, Auguste II, le trône fut réclamé par Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV, sur lequel se portèrent en effet les suffrages de la noblesse polonaise. Mais l’Autriche et la Russie avaient des raisons pour préférer Auguste de Saxe et soutenir sa candidature. Stanislas, qui avait cru pou-voir prendre possession de la couronne, vit se dresser contre lui ces redoutables ennemis : enfermé dans Dantzig, il fut assiégé par les Russes. Le cardinal Fleury envoya un secours de 1 500 hommes. Le chef de cette petite troupe ne pouvant affronter les assiégeants la ramenait sans avoir combattu lorsque le comte de Plélo, ambassadeur de France au Danemark, en prit le commandement, la ramena sous Dantzig et y livra une bataille où elle fut presque anéantie et où lui-même fut tué. Fleury, pour venger cet échec, ne pouvant atteindre la Russie, attaqua l’Autriche. En vertu d’une entente avec l’Espagne à qui il promit le royaume de Naples, et la Maison de Savoie qui devait recevoir le Milanais, il envoya une armée en Italie sous les ordres de Villars, qui mourut dès le début de l’offensive, à Turin. Le maréchal de Coigny le rem-plaça, remporta les victoires de Parme et de Guastalla (1734) qui le rendirent maître du Milanais, pendant que les Espagnols (général de Montemar), à la suite de leur victoire de Bilonto, occupaient le royaume de Naples. Les hostilités, du fait de cette guerre, étaient ter-minées en 1735, mais la paix ne fut signée qu’en 1738.

    1738
    Le traité de Vienne, signé cette année-là, mit fin à la guerre de la succession de Pologne. Auguste III de Saxe était reconnu roi de ce pays. Stanislas Leczinski, en dédommagement de son trône perdu, était fait duc de Lorraine ; la Lorraine et le Barrois, érigés à cette occasion en royaume devaient, à sa mort, faire retour à la France : il mourut en 1766. Don Carlos, deuxième fils de Philippe V, recevait le royaume des Deux-Siciles, fondant ainsi la maison des Bourbons de Naples.

    1741-1748
    Guerre de la succession d’Autriche. L’empereur d’Allemagne Charles VI laissait ses biens héréditaires à sa fille Marie-Thérèse, mais les droits de cette princesse furent contestés par les rois de Pologne, de Prusse et d’Espagne et le duc de Bavière. Les prétentions de ce dernier étaient soutenues par Louis XV. L’Angleterre, la Hollande et la Russie prirent le parti de Marie-Thérèse. Il s’ensuivit une guerre dans laquelle nos armées s’illustrèrent, d’ailleurs sans profit ; en voici les principaux faits.

    1741
    Invasion de la Bohême par les Français ; siège et prise de Prague, puis les Français, commandés par Chevert, sont contraints d’abandonner la ville.

    1745
    Victoire des Français, commandés par Maurice de Saxe, à Fontenoy, sur les Anglo-Hollandais.

    Entrée des Français à Bruxelles (1746).

    1746
    Prise de Namur, par les Français, et leur victoire à Raucoux sur les Anglo-Impériaux.

    1747
    Victoire des Français, à Lawfeld sur les Anglo-Hollandais et prise par eux de la ville de Berg-op-Zoom.

    1748
    Traité d’Aix-la-Chapelle qui met fin à cette guerre. Les droits de Marie-Thérèse sont reconnus et son époux, François de Lorraine, est proclamé empereur d’Allemagne. Frédéric II, par deux fois, s’était retiré de la lutte, laissant ses alliés dans l’embarras et compromettant la cause commune ; cependant il se voit attribuer la Silésie que d’ailleurs ses soldats avaient conquise, ce qui commença la fortune du royaume de Prusse. Louis XV n’ayant rien demandé se retire de la guerre qu’il a gagnée sans aucune compensation : « Nous ne faisons pas la guerre, dit-il, en marchand, mais en roi. »

    L’Esprit des Lois, de Montesquieu.

     

     

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  • Première moitié du XVIIe siècle

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    Points de repère de l’Histoire de France : première moitié du XVIIe siècle. Précis chronologique abrégé consignant les événements marquants et faits historiques notoires de la première moitié du XVIIe siècle. Toutes les dates principales nécessaires à une bonne compréhension de l’Histoire.

    1601
    Cette année se marque par une courte guerre contre le duc de Savoie que Henri IV contraint à lui céder le Bugey et la Bresse, provinces françaises de langue et de moeurs.

    1601-1610
    Ces années du règne de Henri IV ne sont troublées que par deux conspirations qui sont découvertes à temps et ne peuvent aboutir. Admirablement se-condé par le ministre Sully, Henri IV se consacra avec ardeur à la pacification du royaume et à sa prospérité. En 1603, on rappelle les jésuites qui devront toujours avoir l’un d’eux à la Cour, en quelque sorte comme otage ; en 1604 est rendu l’édit de la Paulette en vertu duquel les charges du Parlement peuvent être achetées ; en 1605, commence à se construire le canal de Briare ; en 1606, des Français établis en Acadie prennent possession du Canada. En 1607, réunion du Béarn (patrimoine de Henri IV) à la couronne de France. Henri IV d’autre part, mûrit de grands projets, entre autres, celui de reprendre la lutte contre la Maison d’Autriche dont il importe, dans l’intérêt de la France, de ne pas laisser grandir la puissance. Henri IV rêve d’une redistribution politique de l’Europe selon le « principe des nationalités » et de manière que l’équilibre européen soit assuré pour toujours.

    1610
    Mort de Henri IV : le 14 mai il est assassiné à Paris par un fanatique nommé Ravaillac. Henri IV a été le roi le plus populaire de France. S’il eût vécu quelques années de plus, il eût certainement porté la puissance politique et commerciale de la France à un très haut degré. La fin de son règne vit la renaissance de notre commerce et de notre industrie ; la marine s’augmenta ; les finances s’améliorèrent considérablement. Enfin l’agriculture connut une prospérité à laquelle elle n’avait encore pas atteint. Les personnalités qui ont le plus fortement marqué dans ce règne sont : le ministre Sully, Olivier de Serres, Malherbe et Mathurin Régnier. Avènement de Louis XIII, fils de Henri IV et de Marie de Médicis, né en 1601. Henri IV laisse trois autres enfants : Isabelle (qui épousera Philippe IV, roi d’Espagne), Gaston d’Orléans et Henriette (qui épousera Charles Ier, roi d’Angleterre). A peine Henri IV a-t-il rendu le dernier soupir, que le Parlement déclare régente la reine Marie de Médicis, sur les instances du duc d’Epernon.

    1610-1614
    Si Henri IV a été un bon roi, il n’a pas été un mari modèle : ses nombreuses liaisons extra-conjugales ont gravement indisposé contre lui Marie de Médicis. Aussi celle-ci prendra-t-elle, lui mort, le contrepied de tout ce dont il a poursuivi la réalisation. Elle commence par renvoyer l’intègre Sully qui est remplacé par un aventurier florentin, Concini, lequel, par sa femme Léonora Galigaï, la domine complètement. Autour de la régente se rallient les mécontents du précédent règne, qui profitent de sa faiblesse pour mettre le Trésor au pillage, et devenus de plus en plus exigeants réclament la convocation des États généraux desquels ils espèrent obtenir de nouvelles ressources.

    1614
    Majorité de Louis XIII. — États généraux de Paris ; la lutte y est vive entre le tiers-état et la no-blesse, celui-là critique sévèrement l’avidité et les pré-tentions de celle-ci. Cette session se passe en débats passionnés, mais qui n’aboutissent à rien. (Les États généraux ne seront plus réunis qu’en 1789.)

    1615
    Mariage de Louis XIII avec Anne d’Autriche, infante d’Espagne, fille de Philippe III, née en 1601. La noblesse, mécontente de ce mariage, se sou-lève. Marie de Médicis fait avec les révoltés le traité de Loudun en leur achetant à gros deniers leur neutralité.

    1617
    Louis XIII, bien que déclaré majeur depuis 1614, ne se presse pas de prendre le pouvoir, qui continue d’être exercé sous le nom de la régente, par son favori Concini, au grand scandale de la noblesse et du peuple. Auprès du jeune roi est un gentilhomme nommé Albert de Luynes, compagnon assidu de ses chasses et de ses rares plaisirs. De Luynes finit par pousser Louis XIII à secouer son apathie, et par lui inspirer le désir de régner : il faut pour cela se débarrasser du tout-puissant Concini. On en charge le capitaine des gardes du roi, Vitry, qui tue le favori italien d’un coup de pistolet, comme il entrait au Louvre. Léonora Galigaï est arrêtée, et suppliciée comme sorcière. Marie de Médicis se retire à Blois. Louis XIII, en possession du pouvoir, prend pour premier ministre de Luynes, qui est fait duc et pair.

    1617-1624
    Cette période est marquée par de nombreux troubles. Une partie de la noblesse qui est restée fidèle à Marie de Médicis, se soulève à deux reprises en sa faveur : cette agitation donne lieu au combat des Ponts-de-Cé (1620). D’autre part, les protestants du Midi ont profité de leur supériorité numérique dans quelques provinces pour se donner une organisation grâce à laquelle ils forment dans l’État comme un État indépendant. Une expédition pour les faire rentrer dans le devoir est confiée à de Luynes qui emmène Louis XIII avec lui. La Guyenne et la Gascogne sont soulevées. De Luynes met le siège devant Montauban, centre de la révolte, mais il meurt pendant ces opérations, et Louis XIII n’arrive pas à prendre la ville (1621). En 1622, Louis XIII impose la paix aux protestants, et ne leur laisse que les deux places de Montpellier et La Rochelle. En 1622, Marie de Médicis qui était en exil à Blois est autorisée à rentrer dans Paris et reprend place dans les conseils de l’État. Elle amène avec elle un ecclésiastique, Armand de Richelieu, évêque de Luçon, qui a été dans les jours d’exil son conseiller avisé, et obtient pour lui le chapeau de cardinal.

    1624
    Richelieu devient premier ministre. Ses principaux grands projets, dont il poursuivra énergiquement la réalisation, sont : miner le parti politique protestant, détruire le pouvoir de la noblesse au profit de la consolidation de la monarchie ; abaisser la Maison d’Autriche.

    1625
    Une expédition française enlève aux Espagnols la Valteline, province du territoire helvétique, qui est, par le traité de Monçon, incorporée à la République des Grisons. Manifestations armées contre les protestants, à la suite desquelles est rendu à leur sujet un nouvel édit de pacification.

    1626
    Édit défendant les duels dont la noblesse se faisait un jeu. Conspiration contre Richelieu : le maréchal d’Ornano et le comte de Chalais sont arrêtés pour ce crime. : ce dernier est décapité. Le frère du roi, Gaston d’Orléans, était du complot.

    Des marchands français fondent des comptoirs au Sénégal et à la Guyane.

    1627
    Poursuites contre des duellistes qui ont enfreint l’édit : deux grands seigneurs sont exécutés en place de Grève.

    Richelieu n’est l’adversaire des protestants que sur le terrain politique, mais il entend ne pas les laisser se donner une organisation, qui serait une menace pour la sécurité de l’État. Ils ont fait de La Rochelle une place forte de premier ordre où ils peuvent braver l’autorité royale et où d’ailleurs il leur est facile de recevoir des secours de l’étranger. Louis XIII et Riche-lieu viennent l’assiéger et Richelieu fait construire en dehors du port une digue qui empêche les vaisseaux d’y entrer. La Rochelle est ainsi coupée de ses communication avec l’Angleterre et réduite à ses seules ressources. Le siège dure un an ; et les habitants sont sou-tenus dans leur longue résistance par leur maire, l’intrépide Guiton.

    1628
    Chute de La Rochelle (28 octobre) par suite surtout de la famine. La ville voit ses fortifications rasées, et perd ses privilèges. Les gens de guerre protestants qui avaient défendu la ville, dispersés, se reforment dans le Midi et continuent la guerre sous la conduite du duc de Rohan.

    Mort de Malherbe.

    1629
    Les protestants de Rohan ne pouvant plus lutter, acceptent la paix d’Alais et un peu plus tard l’édit de Nîmes leur laisse la liberté de leur culte et l’égalité civile avec les catholiques, mais ils cessent d’exister comme parti politique. La chute de Montauban, que quelques forces protestantes occupaient encore, est le dernier acte de cette lutte entre Richelieu et les Réformés.

    1629-1630
    Richelieu décide Louis XIII à intervenir dans les affaires du duché de Mantoue, dans le but d’y imposer comme prince le duc de Nevers. Une expédition française (avec le cardinal et le roi) passe en Italie en forçant le passage des Alpes au Pas-de-Suse, défendu par le duc de Savoie. En 1830, le duc de Montmorency gagne la bataille de Veillane sur les Espagnols ; les Français dégagent Casal assiégé, et imposent la paix. La France sera représentée sur le trône ducal de Mantoue par le duc de Nevers, et conservera la forteresse de Pignerol. (Cette paix est négociée par un futur premier ministre de France, un abbé italien, Jules Mazarin).

    1630
    Journée des Dupes (11 octobre). Au retour de cette expédition relative à Mantoue, Louis XIII tombe malade à Lyon. Les ennemis de Richelieu profitent de sa faiblesse et de l’absence du cardinal pour monter contre ce dernier une cabale en vue d’obtenir son renvoi par le roi. Ils se croient assurés du succès, lorsque le cardinal revient et en quelques heures retrouve tout son ascendant sur Louis XIII. Les conjurés, qui se voyaient déjà au pouvoir, sont déçus. La reine mère, Marie de Médicis, qui avait été l’âme du complot, est exilée à Compiègne, d’où elle réussit peu après à s’en-fuir en Belgique, où elle mourra bientôt, pauvre et abandonnée de tous. Plusieurs grands personnages compromis dans cette affaire furent emprisonnés.

    En cette année, le service des postes devient public dans tout le royaume.

    1632
    Traité de Saint-Germain, confirmation du traité de Chérasque qui reconnaît Pignerol à la France.

    Nouvelle conspiration et soulèvement contre l’autorité royale. Les fauteurs en sont le frère du roi, le duc de Lorraine et le duc de Montmorency : ils arment des partisans en Languedoc. Cette révolte, dirigée en réalité surtout contre Richelieu, échoue après quelques combats. Montmorency est pris, et condamné à mort par le Parlement de Toulouse.

    1632-1636
    Années remplies par les luttes que Richelieu a à soutenir contre le parti des grands seigneurs à la tête desquels est Gaston d’Orléans, frère du roi. En 1633, Richelieu fait alliance avec le duc de Parme contre les Espagnols. En 1834, procès et supplice d’Urbain Grandier, curé de Loudun, pour crime de sorcellerie.

    En 1635, fondation de l’Académie française et du Muséum d’histoire naturelle. Les Français s’établissent à la Guadeloupe.

    1635-1648
    Depuis 1618 est commencée la guerre connue dans l’Histoire sous le nom de Guerre de Trente ans, engagée entre les États protestants et quelques princes de l’Allemagne du Nord contre la Maison d’Autriche qui tend par ses actes à imposer sa domination sur toute l’Allemagne. Cette guerre a aussi pour but d’assurer à l’Allemagne non catholique la liberté religieuse. La Guerre de Trente ans se divise en quatre périodes : Ier période, palatine ; 2e période, danoise ; 3e période, suédoise, suivant la nationalité des princes qui l’ont dirigée, sans d’ailleurs y trouver de succès décisif. Enfin la quatrième période est la période française. Richelieu déclare la guerre à l’Espagne (alliée de l’Autriche) parce que les Espagnols se sont emparés de la ville de Trèves placée sous le protectorat français. Le véritable but de Richelieu est de continuer contre les deux branches de la Maison d’Autriche (Autriche et Espagne) la lutte que n’ont pas encore fait aboutir les trois premières périodes de la guerre commencée en 1618. La France a pour alliés le duc de Savoie, le duc de Parme, une partie de la Suisse, les Suédois, quelques princes allemands et les Provinces Unies (Hollande). La guerre se fait à la fois sur toutes nos frontières. Signalons-en les épisodes auxquels les Français sont directement mêlés.

    1635
    Victoire des Français à Avein (Belgique) sur les Impériaux. Elle permet aux Français de faire leur jonction avec les Hollandais, mais ceux-ci secondent mal nos troupes, et les Impériaux en profitent pour envahir la Picardie (1636). Ils prennent Corbie, mais un vigoureux retour des Français les en chasse. Le duc de Rohan, qui commande les troupes des Grisons, rem-porte plusieurs succès sur les Espagnols (1635). Le prince de Condé qui s’est mis au service de l’Espagne, en haine de Richelieu, échoue dans une tentative contre Dôle (1636). Le duc de Parme allié de la France voit ses États envahis et dévastés par les Espagnols (1636).

    Les Français et les Hollandais enlèvent aux Espagnols la ville de Breda (1637). Les alliances nouées par Richelieu se rompent : le duc de Parme se rallie aux Espagnols, le duc de Mantoue meurt, de même le duc de Savoie et leurs successeurs ne nous sont pas, ou nous sont peu favorables. Les Grisons nous abandonnent (1635-1637).

    Le duc de Saxe-Weimar a fait avec l’aide de contingents suédois, la conquête de l’Alsace : il meurt en 1639. Richelieu achète ses conquêtes en Alsace, et son armée suédoise.

    Sièges d’Arras et de Turin par les Français (1640).

    Succès des Français à Casai et à Ivrée (1640).

    Une révolution en Portugal place sur le trône de ce pays un prince de la Maison de Bragance (1640) qui s’allie avec la France (1641). Campagne de l’armée royale française en Roussillon. Perpignan se rend et Louis XIII prend possession de toute la province (1642). Le comte de Guébriant qui commande l’armée suédoise du duc de Saxe-Weimar bat les Impériaux à Kempen (Cologne, 1642). Pendant ce temps, les alliés de la France continuaient de leur côté la lutte contre les armées impériales, avec des alternatives diverses.

    Sourdis, archevêque de Bordeaux, commande une flotte française qui n’a cessé d’inquiéter les côtes d’Espagne ; elle a attaqué le royaume de Naples et soutenu la Catalogne et le Portugal révoltés contre la monarchie espagnole.

    En 1641, révolte du comte de Soissons contre Louis XIII et Richelieu.

    Fondation de l’Académie Française.

    1637
    Discours de la Méthode, de Descartes.

    Le Cid (et non en 1636).

    1642
    Complot contre la France, ourdi sur les conseils de Cinq-Mars (favori de Louis XIII) entre l’Espagne, Gaston d’Orléans et le duc de Bouillon. Le complot découvert, le duc de Bouillon est dépouillé de Sedan et Cinq-Mars est exécuté ainsi que son ami de Thou qui n’avait pas voulu le dénoncer. Gaston d’Orléans doit faire amende honorable.

    Mort de Richelieu à Paris (4 décembre). Son despotisme, qui lui a suscité de son vivant tant et de si puissants ennemis, a cependant triomphé de la résistance des grands et a définitivement unifié la France sous l’autorité de la monarchie. Son génie a valu à notre pays une grande extension territoriale et a imposé à l’étranger le respect du nom français.

    Mazarin est choisi par Louis XIII pour lui succéder à la tête du gouvernement.

    1643
    Mort de Louis XIII (14 mai). Ce prince, d’une santé précaire, d’un caractère taciturne et d’un esprit irrésolu, eut le bon esprit, on pourrait dire le mérite de résister à toutes les intrigues, à toutes les cabales qui eurent pour but de le détacher de son premier ministre dont il appréciait la grande valeur et qu’il voyait faire passer en toutes choses, avant tout, l’intérêt de la France.
    Si le règne de Louis XIII a été en grande partie rem-pli par des guerres (dont les conséquences ont été heureuses pour notre pays), il a vu aussi s’accomplir dans le domaine économique des actes importants. Notre marine, par exemple, reçut un grand développement et favorisa la création de plusieurs de nos colonies. La Guerre de Trente ans qui durait encore à la mort de Louis XIII, touchait cependant à sa fin.

    Régence d’Anne d’Autriche. Le fils de Louis XIII (Louis XIV) n’étant âgé que de cinq ans, le Parlement nomme régente sa mère Anne d’Autriche : elle garde pour premier ministre Mazarin.

    Cette même année, quelques mois seulement après la mort de Louis XIII, le duc d’Enghien (qui sera plus tard le grand Condé), âgé seulement de vingt et un ans, inflige aux Espagnols, à Rocroi, une défaite dans laquelle ils perdent presque complètement l’infanterie qui formait le fond de leur armée.

    1644
    Victoire de Condé sur les Impériaux, à Fribourg.

    1645
    Victoire de Condé sur les Impériaux, à Nordlingen.

    1646
    Condé s’empare de Dunkerque.

    1648
    Turenne bat les Impériaux à Summershausen.

    Condé remporte sur les Espagnols la victoire de Lens.

    Traités de Westphalie conclus entre l’empereur d’Allemagne, la France et la Suède. Ils mettent fin à la Guerre de Trente ans. Les princes allemands du Nord y gagnent des avantages territoriaux, la liberté de religion et le droit d’alliance avec l’étranger. La France y gagne l’Alsace. Ils marquent l’échec des tentatives de l’Autriche pour exercer l’hégémonie en Allemagne. Insurrection à Paris, causée par l’arrestation, sur l’ordre de Mazarin, de deux conseillers au Parlement qui combattaient son autorité au sein de cette assemblée. C’est la Journée des Barricades par laquelle commencèrent les troubles de la Fronde, dite Fronde parlementaire ou Vieille Fronde. La Cour dut relâcher les parlementaires.

    Fuite de la régente à Saint-Germain, suivie d’un accord conclu à Rueil (1649) avec le Parlement, et par suite duquel la Cour rentre à Paris. Entre temps Condé, mis à la tète des troupes royales, avait établi un blocus autour de Paris et il en était résulté quelques engagements sans importance entre ses soldats et la population. Les exigences de Condé, qui cherchait à s’imposer à la régente, déterminent Mazarin à le faire enfermer en compagnie de son frère, le prince de Conti et de son beau-frère, le duc de Longueville.

    1649
    Les amis de ces personnages s’unissent pour soulever contre le premier ministre leurs partisans : leur action est connue sous le nom de Fronde des Princes ou Jeune Fronde.

    1650
    Turenne, pour soutenir la Fronde, s’était mis à la tête de forces espagnoles ; il est battu par les troupes royales à Rethel. Afin d’enrayer les progrès de la Fronde dans les provinces, Mazarin fait remettre Condé et ses compagnons en liberté ; il se retire à Cologne, d’où il revient avec une petite armée levée à ses frais pour lutter contre la Fronde et dont il donne le commandement à Turenne, rentré dans le devoir. Condé s’est mis au service de l’Espagne à qui il demande des troupes pour marcher sur Paris.

     

     

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  • Troisième République (1870-1940)
    Publié / Mis à jour le VENDREDI 9 AVRIL 2010, 
     
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    Points de repère de l’Histoire de France : Troisième République (1870-1940). Précis chronologique abrégé consignant les événements marquants et faits historiques notoires sous la Troisième République (1870-1940). Toutes les dates principales nécessaires à une bonne compréhension de l’Histoire.

    1870
    Proclamée le 4 septembre 1870. — Elle a eu pour présidents : Adolphe Thiers (1871-1873). — Maréchal de Mac-Mahon (1873-1879). — Jules Grévy (1879-1887). — Sadi-Carnot (1887-1894). — Casimir-Perier (1894-1895). — Félix Faure (1895-1899). — Emille Loubet (1899-1906). — Armand Fallières (1906-1913). — Raymond Poincaré (1913-1920). — Paul Deschanel (1920). — Millerand (1920-1924). — Gaston Doumergue (1924-1931). — Paul Doumer (1931-1932). — Albert Lebrun (1932-1940).

    1871
    Élections pour l’Assemblée Nationale (8 février) ; sa réunion à Bordeaux (12) ; Établissement du gouvernement provisoire : Adolphe Thiers nommé chef du pouvoir exécutif (17) ; Ratification par l’Assemblée Nationale des préliminaires de paix signés à Versailles entre Thiers et Bismarck le 26.

    Proclamation de la déchéance du gouvernement impérial (1er mars). — Insurrection à Paris : assassinat des généraux Lecomte et Clément Thomas par les insurgés (18). — Le gouvernement se retire à Versailles et confie le soin de sa défense au maréchal de Mac-Mahon (19). — Établissement de la Commune (municipalité révolutionnaire) ; elle s’empare du gouverne-ment de la capitale (26).

    Lutte de la Commune contre le gouvernement (avril au 28 mai). — La Commune a organisé un gouverne-ment et armé une partie de la population : ses soldats reçoivent le titre de Fédérés ; le 3 avril ils marchent sur Versailles pour renverser le gouvernement national ; refoulés, ils s’enferment dans Paris, que viennent assiéger les troupes régulières.

    1872
    Les troupes régulières forcent une des portes de Paris le 21 mai, et pénètrent dans la capitale qu’elles doivent enlever aux Fédérés rue par rue. La lutte dure jus-qu’au 28 mai. Pendant cette période, le gouvernement de la Commune se signale par ses atrocités : massacres de prisonniers et d’otages, et dans les derniers jours de sa résistance, par l’incendie du palais des Tuileries, de la Cour des Comptes, et d’autres édifices publics.

    Signature du traité de Francfort (10 mai) qui termine la guerre avec l’Allemagne ; ce traité enlève l’Alsace et une partie de la Lorraine à la France, qui en outre, devra payer une indemnité de guerre de 5 milliards, et dont plusieurs départements resteront occupés par les Allemands tant que cette indemnité ne sera pas intégralement payée (les territoires cédés à l’Allemagne en vertu de ce traité s’étendent sur les départements des Bas-Rhin et Haut-Rhin, Moselle, Meurthe et Vosges, soit 14 475 kilomètres carrés).
    Les versements à valoir sur l’indemnité commencent quelques semaines après la signature du traité. L’Assemblée Nationale décerne à Thiers la présidence de la République (31 août).

    Après la mort de l’ingénieur Sommeiller, inauguration du tunnel du Mont Cenis, qui fait communiquer la France et l’Italie, de Modane (en (France) à Bardonnèche (Italie) à travers les Alpes Cottiennes (17 sept.). (Les travaux de percement avaient commencé en 1860.)

    1872
    Loi astreignant tous les Français au service militaire personnel de vingt à quarante ans ; création de l’armée territoriale (27 juillet).

    1873
    Mort à Chislehurst (Angleterre) de l’ex-empereur Napoléon III (9 janvier).
    L’Assemblée Nationale décerne à Thiers le titre de Libérateur du territoire pour le remercier d’avoir, par d’habiles et sages mesures, assuré par anticipation le paiement de l’indemnité de guerre imposée à la France par le Traité de Francfort, ce qui oblige l’Allemagne à retirer ses troupes d’occupation (lesquelles auront complètement évacué le sol français le 16 septembre).
    Démission de Thiers (amenée par son refus de faire prévaloir dans le gouvernement une politique conservatrice) (24 mai). — Élection du maréchal de Mac-Mahon à la présidence de la République.

    Commencement le 8 octobre du procès, devant le Conseil de guerre, du maréchal Bazaine accusé d’avoir livré, par capitulation, à l’ennemi, la place forte de Metz avec une armée de 160 000 hommes. Reconnu coupable, il est condamné à mort le 10 décembre, mais cette peine est commuée en celle de vingt ans de détention. (Enfermé dans l’île Sainte-Marguerite — golfe de Lion — Bazaine s’évade en 1874 et va finir ses jours en Espagne.)
    Institution du septennat (en vertu duquel les présidents de la République française seront désormais élus pour sept ans) (19 novembre). Prise de Hanoi (Tonkin) par le lieutenant de vaisseau Garnier.

    1874
    Traité de Hué entre la France et l’Empire d’Annam, ouvrant ce pays au commerce français, et plaçant le Tonkin sous le protectorat français (15 mars). — Loi relative à l’électorat municipal (1er Juillet). — Loi sur la mise en état de défense de Paris et de plu-sieurs places de l’Est (17 juillet).

    1875
    Vote de la Constitution de 1875 (Wallon) qui établit définitivement en France la République et pourvoit à son organisation ; elle fixe que le président en sera élu par le Congrès, comprenant le Sénat et la Chambre des députés (25 février). — Ministère de Cissey (6 mars) ; Loi autorisant la création d’universités libres (juin). — Voyages d’exploration de de Brazza dans l’Afrique équatoriale.

    1876
    Réunion des premières Chambres (Sénat et Députés) élues selon la Constitution de 1875 (janvier et février). — Ministères : Dufaure (février) et Jules Simon (décembre).

    1877
    Démission du cabinet Jules Simon, remplacé par le ministère de Broglie (période dite du Seize-Mai) (16 mai). — Dissolution de la Chambre des députés (22 juin). — Mort d’Adolphe Thiers (3 septembre). — Élections législatives (14 octobre). — Ministère Dufaure (13 décembre).

    1878
    Mort de Victor-Emmanuel In roi d’Italie (9 janvier) et du pape Pie IX (7 février). — Exposition uni verselle à Paris au palais du Trocadéro (la 3e) ; ouverture le 1er niai. — Ouverture du Congrès de Berlin (3 juin) (qui décidera le démembrement de la Turquie ; entre autres résultats du Congrès, l’Autriche est autorisée à occuper la Bosnie-Herzégovine et Chypre est cédée à l’Angleterre).

    1879
    Démission du maréchal de Mac-Mahon président de la République ; élection, à sa place, de Jules Grévy (30 janvier). — Élection de Gambetta à la présidence de la Chambre des députés (31 janvier). 
    — Mort au Zoulouland du Prince Impérial, fils de Napoléon III (ler juin). — Les Chambres (qui siégeaient jusqu’alors à Versailles) rentrent à Paris où elles siégeront dorénavant.

    1880
    Décrets ordonnant la dispersion de l’ordre des Jésuites et autres congrégations non reconnues par l’État (29 mars). — Loi d’amnistie en faveur des con-damnés pour participation à la Commune (10 juillet). — Première célébration officielle et publique du Quatorze Juillet, anniversaire de la prise de la Bastille, comme fête nationale (14 juillet). — Annexion des îles Tahiti et de la Société, cédées à la France par le roi Pomaré V (août). — Ministère Jules Ferry (23 septembre). — Commencement des travaux du perce-ment de l’isthme de Panama sous la direction de Ferdinand de Lesseps (septembre). — Débuts des auto-mobiles e à « pétrole ».

    1881
    Annexion des Îles Gambier (15 février). — Loi établissant la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques (28 mars). — Actes insurrectionnels de Bou-Amama en Algérie (mai). — Ministère Gambetta (dit le grand ministère), 14 novembre ; il durera jusqu’au 25 janvier 1882. — Expédition de Tunisie. Elle a pour causes des sévices exercés par une tribu tunisienne du littoral sur des marins français, et des incursions armées de Kroumirs (sujets tunisiens) en territoire algérien. Nos troupes de terre (général Forgemol) entrent en Tunisie (avril) et occupent après combats plusieurs localités, tandis que notre marine attaque le littoral. La première phase se termine par le traité du Bardo qui impose le protectorat français à la Régence de Tunis (13 mai) ; protestations de la Turquie et de l’Italie contre ce traité ; insurrection pour la même cause à Tunis. Reprise des hostilités et prise de Kairouan ; fin de la répression (octobre).

    1882
    Chute du ministère Gambetta sur la question d’une révision partielle de la Constitution (26 janvier). — Ministère de Freycinet (30 janvier). — Loi rendant obligatoire l’instruction primaire (28 mars). — Inauguration du nouvel Hôtel de Ville de Paris (13 juillet), édifié à la place de celui qui avait été détruit par la Commune en 1871. — Le cabinet Freycinet remplacé par le cabinet Duclerc (7 août). — Mort accidentelle de Gambetta (31 décembre).

    1883
    Mort du général Chanzy (février). — Décret mettant en retrait d’emploi trois princes de la famille d’Orléans qui appartiennent à l’armée : ducs d’Aumale, de Chartres et d’Alençon (24 février). — Occupation par Savorgnan de Brazza des baies de Loango et de Punta-Negra (Afrique occidentale). — Mort du comte de Chambord, dernier représentant pour la France de la monarchie de droit divin (24 août). — Loi sur l’organisation judiciaire de la France (31 août). — Décret instituant le Conseil supérieur des colonies (19 octobre). — Expédition de Madagascar (1883-1886) causée par des tentatives faites par les Hovas en vue de s’emparer des territoires de la côte nord-ouest placés sous le protectorat français. — Bombardement de Tamatave par l’amiral Pierre (13 juin).
    Guerre avec le Tonkin et la Chine (1883-1884) causée par le mauvais vouloir de la cour de Hué à exécuter le traité de 1874 en vertu duquel trois ports du Tonkin devaient être ouverts à notre commerce et recevoir nos consuls, le meurtre, dans un guet-apens, du commandant Rivière et les agissements de pirates du pays soutenus par les autorités indigènes ; le Tonkin lui-même est soutenu par la Chine. Bombardement de Thuan-An par l’amiral Courbet, et traité de Hué qui place l’Annam sous le protectorat français (23 août). 
    — Prise de Son-Tay par les Français (16 décembre). — Succès à Bac-Ninh, Hang-Hoa, Thuyen-Quan. — Premier traité de Tien-Tsin avec la Chine (11 mai 1884). — Reprise des hostilités par suite du guet-apens de Bac-Lé tendu par les Chinois. — Combats de Chu, Dang-Son, Lang-Son ; l’amiral Courbet détruit la flotte chinoise à Fou-Chéou, et l’arsenal de cette ville, saisit les îles Pescadores et établit le blocus de Formose. — Deuxième traité de Tien-Tsin (avril 1885), par lequel la Chine renonce à sa suzeraineté sur l’Annam, et s’engage à évacuer le Tonkin. — Mort, à la fin de cette campagne, de l’amiral Courbet.

    1884
    Année d’expansion coloniale. — Création d’établissements commerciaux français au cap Lopez (janvier). — Annexion du Cambodge à la Cochinchine (18 juin). — Convention préludant à la conclusion d’un traité de commerce avec l’État de Tombouctou (décembre). — Révision partielle de la Constitution de 1875 par le Congrès réuni à Versailles (4 août).

    1885
    Adoption par la Chambre des députés du scrutin de liste pour les élections législatives à venir (24 mars). — Chute du ministère Jules Ferry (31 mars) ; il est remplacé par le cabinet Brisson-Freycinet (7 avril). — Mort de Victor Hugo (22 mai). — Guet-apens de Hué dressé par des soldats indigènes du Tonkin contre nos troupes (général de Courcy) qui en sortent victorieuses (5 juillet). — Ouverture de la première ligne de chemin de fer du Sénégal (Saint-Louis-Dakar) le 3 juillet, et de Cochinchine (Saigon-Mytho) le 20 juillet. — Traité entre la France et le gouvernement hova qui met fin à l’expédition de Madagascar (17 décembre). — Réélection de Jules Grévy à la présidence de la République (28 décembre).

    1886
    Troisième ministère Freycinet (8 janvier). — Loi d’exil contre les membres des familles qui ont régné sur la France (prince Jérôme Napoléon et son fils Victor, comte de Paris, ducs d’Orléans et d’Aumale).

    1887
    Mort de Guillaume Ier empereur d’Allemagne et avènement de son fils Frédéric III.

    1888
    Mort de Frédéric III qui a pour successeur son fils Guillaume II. — Succès du général Boulanger.

    1889
    Exposition universelle à Paris, du 6 mai au 6 novembre (Tour Eiffel). — Célébration officielle du centenaire du Serment du Jeu de Paume (20 juin). — Translation au Panthéon des cendres de Carnot, Marceau, La Tour d’Auvergne, Baudin (4 août). — Échec du Boulangisme.

    1890
    Commencement de la conquête du Soudan occidental (sera en grande partie achevée en 1894).

    1891
    Visite de la flotte française à Cronstadt (Russie) où elle est reçue avec de chaleureuses manifestations de sympathie. — Suicide du général Boulanger.

    1892
    Conquête du Dahomey. — Affaire du canal de Panama ; la distribution frauduleuse de fonds importants destinés à cette entreprise donne lieu à des procès retentissants ; d’autre part, la mauvaise gestion de l’affaire provoque sa banqueroute qui fait perdre un milliard et demi à l’épargne française et entraîne l’abandon des travaux. Le projet de percement sera repris plus tard et exécuté dans une autre partie de l’isthme par les États-Unis.

    1893
    Visite à la France, à Toulon, de la flotte russe (octobre) ; grandes fêtes données à cette occasion.

    1894
    Assassinat à Lyon du président Carnot par l’anarchiste Caserio (24 juin). — Élection de Casimir Périer à la présidence de la République. — Prise de Tombouctou, qui complète la conquête du Soudan. — Loi de sûreté générale contre les anarchistes et la presse (30 juillet). — Condamnation de Dreyfus.

    1895
    Démission du président Casimir Périer (15 janvier) ; élection de Félix Faure à la présidence de la République. — Expédition de Madagascar que provoque la rupture par le gouvernement hova du traité de 1885 ; prise de la capitale Tananarive et nouveau traité par lequel la reine Ranavalo accepte le protectorat français.

    1896
    Visite du tsar Nicolas II et de la tsarine à Paris : grandes fêtes données en leur honneur (5-9 octobre). Découverte par le savant français Becquerel de la radioactivité (mars) ; de cette découverte sortira un peu plus tard celle du radium par Pierre et Marie Curie.

    1897
    De nouvelles violations des traités par les Hovas obligent le gouvernement français à prendre des mesures énergiques contre leurs auteurs ; la reine Ranavalo est déposée et déportée à la Réunion (février) ; l’île de Madagascar devient possession française. — Visite au tsar du président Félix Faure (août ) ; l’alliance franco-russe est ouvertement annoncée. — Avion d’Ader. — Incendie du Bazar de la Charité.

    1898
    Arrivée en janvier à Fachoda (Soudan égyptien) la mission Marchand, qui y arbore le pavillon Français ; difficultés à ce sujet avec le gouvernement britannique (réglées par voie diplomatique). — Ministère Brisson (juin). — Défaite et capture de l’almamy Samory, qui depuis longtemps luttait contre nos troupes au Soudan français (septembre). La chute de ce redoutable potentat nous livre une grande partie des pays qu’il terrorisait.

    1899
    Mort du président Félix Faure le 18 février, et élection à la présidence d’Émile Loubet (le 18). — Conférence de La Haye (mai). — Ministère Waldeck-Rousseau (juin). — « Affaire Dreyfus », qui cause dans tout le pays une violente agitation.

    1900
    Exposition universelle à Paris, la plus considérable et la plus brillante que l’on ait faite jusqu’à ce jour dans le monde entier. — Événements en Afrique : chute de l’empire de nabab, notre ennemi, et mort de ce potentat ; et prise par les Français de l’oasis d’In-Salah. — Expédition de Chine occasionnée par la révolte des Boxers, et effectuée en coopération avec les autres grandes puissances (mai-septembre).

    1901
    Visite du tsar et de la tsarine en France : grande revue à Betheny. — Confirmation de l’alliance entre les deux nations.

    1902
    Visite du président de la République au tsar, en Russie, et au roi de Danemark. — Catastrophe de la Martinique ; la ville de Saint-Pierre est détruite par une éruption volcanique, qui fait en outre d’innombrables victimes. — Ministère Combes (anticlérical).

    1903
    Visite officielle du roi Édouard VII au chef de l’État français.

    1904
    Suppression de l’ambassade de France auprès du Saint-Siège. — Loi interdisant l’enseignement aux congrégations religieuses, même autorisées ; mise sous séquestre des biens des congrégations. — Entente politique avec l’Angleterre (Entente cordiale).

    1905
    Ministère Rouvier (janvier). — Loi de séparation des Églises et de l’État (9 décembre). — Mort de Jules Verne.

    1906
    Catastrophe des mines de Courrières. — Expiration du septennat d’Émile Loubet ; élection d’Armand Fallières à la présidence de la République (10 février). — Ministère Sarrien (mars). — Conférence d’Algésiras relative aux affaires du Maroc (janvier-avril). — Loi sur l’obligation d’accorder aux travailleurs le repos hebdomadaire. — Ministère Clemenceau. — Réhabilitation de Dreyfus.

    1907
    Refus par l’épiscopat français de constituer les associations cultuelles prévues par la loi de séparation ; prise de possession, par l’État, des évêchés, presbytères, séminaires. — Massacre de Français au Maroc et pillage de leurs biens. Intervention militaire (août), bombardement de Casablanca. — Affaire des déserteurs de Casablanca machinée par l’Allemagne.

    1908
    Loi sur la dévolution des biens ecclésiastiques saisis en 1907 (ils seront attribués aux communes et aux institutions de bienfaisance). — Visite aux souverains anglais du président Fallières (juin), puis à la cour de Suède et au tsar, à Revel ; au cours de cette dernière entrevue, confirmation de l’alliance entre la Russie et la France.
    Premiers vols en aéroplane par Wilbur Wright au camp d’Auvours (8 août).

    1909
    Accord entre la France et l’Allemagne au sujet de leurs intérêts respectifs au Maroc (février). — Béatification de Jeanne d’Arc (avril). — Ministère Briand (juillet). — Traversée de la Manche par Blériot (25 juillet).

    1910
    Continuation au Maroc de l’état d’anarchie et des manifestations xénophobes. — Différents agitateurs cherchent à s’emparer du pouvoir. — Ultimatum du gouvernement français à Mouley-Hafid (février). — Graves inondations à Paris, qui entravent plusieurs semaines durant la vie économique. — Loi sur les retraites ouvrières (avril). — Provocation allemande d’Agadir. — Naufrage du Général-Chanzy.

    1911
    Ministères Monis (mars) et Caillaux (juillet). Nomination du général Joffre aux fonctions de chef d’état-major général de l’armée. — Convention franco-allemande par laquelle la France cède une partie du Congo français à l’Allemagne en échange de sa liberté d’action au Maroc.

    1912
    Ministère Poincaré (janvier). — Proclamation du protectorat français sur le Maroc, accepté par le sultan Mouley-Hafid (30 mars). — Le général Lyautey nommé résident général de France au Maroc (28 avril). — Année du naufrage du Titanic (14 avril).

    1913
    Fin du septennat d’Armand Fallières ; élection de Raymond Poincaré à la présidence de la République (17 janvier). — Loi rétablissant le service militaire de trois ans (10 août).

    1914
    Ministère Viviani (juin). — Visite du président Poincaré aux souverains russes à Saint-Pétersbourg (juillet). — La rentrée en France du président est hâtée en raison des bruits de guerre imminente. — Assassinat de Jean Jaurès.

     

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