• Héroïnes françaises

     
    Jeanne Laisne de Beauvais dite Jeanne Hachette ; Jacqueline Robins, héroïque maraîchère ; Jeanne d'Albret, mère du prince de Navarre, futur Henri IV ; Mademoiselle Gazotte, fille du célèbre littérateur ; Mademoiselle de Sombreuil, fille du gouverneur des Invalides ; Charlotte Corday d'Armont, qui fit périr Marat ; Madame Roland, femme d'une très grande intelligence, guillotinée sous la Terreur ; Madame Ducoud-Laborde, volontaire au 6e hussard sous le 1er Empire ; Mademoiselle Weick, la postière de Strasbourg pendant le siège de la ville en 1870 ; Mademoiselle Lix, capitaine des francs-tireurs dans les Vosges, pendant la guerre de 1870-71... Autant de femmes d'une trempe peu commune et qui ont marqué leur temps. Ce petit billet, illustré par des chromolithographies anciennes, leur rend hommage.

     
     
     
     
     
     
     
     
     
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  • L’absolutisme De Louis XIV...Sous Les Galères De Louis XIV.

    L’absolutisme De Louis XIV...Sous Les Galères De Louis XIV.

    Dans l’Antiquité, la galère était un bâtiment de combat gréé d’un mât unique et d’une voile carrée. Elle était manœuvrée essentiellement à l’aviron.

    Jusqu'au règne de Louis XIV la plupart des galériens sont des volontaires. Ces rameurs professionnels n’ont d’autres choix que ce dur métier à cause de la pauvreté.

    Mais, ce sont malgré tout des hommes libres. En effet, les équipages (les chiourmes) d'hommes libres sont la règle depuis l'Antiquité.
    Avec le règne de Louis XIV, les galères deviennent synonymes de « bagne ». A partir des années 1660, la flotte de galères ancrée à Marseille est le reflet à la fois de la splendeur absolutiste du roi et de la rigueur de sa justice. Le grand siècle de la galère commence.

    Louis XIV, (1638-Versailles 1715. Roi de France de 1643 à 1715), écrira dans ses Mémoires : « Ce qui fait la grandeur et la majesté des rois n’est pas tant le sceptre qu’ils portent que la manière de le porter. C’est pervertir l’ordre des choses que d’attribuer la résolution aux sujets et la déférence au souverain.

    C’est à la tête seule qu’il appartient de délibérer et de résoudre et toutes les fonctions des autres membres ne consistent que dans l’exécution des commandements qui leur sont donnés. »

    La doctrine politique de ce roi, l’absolutisme, est inscrite dans ses formules. Autoritaire et égoïste, le Roi-Soleil entendait bien imposer sa volonté sur tous.

    Outre son autoritarisme, Louis XIV avait une passion dévorante pour tout ce qui magnifiait sa gloire et sa grandeur.
    La gloire de son royaume s’est toujours confondue avec la sienne.

    Si les galères sont redevenues à la mode sous son règne, ce n’est que par rapport à cette soif de gloire.

    Louis XIV (1701. Hyacinthe Rigaud. Musée du Louvre, Paris)

    En effet, après avoir connu son heure de gloire à la bataille de Lépante en 1571, la galère est un outil déjà archaïque au XVIIe siècle, époque où triomphe le vaisseau à voiles et à haute coque.

    Si la galère est maniable et peut s'aventurer dans des eaux peu profondes, son autonomie limitée et sa faible vitesse de croisière, de 2 nœuds, ne la rendent guère propre qu'au cabotage en Méditerranée.

    Elle devient en fait un outil de prestige, au point que Louis XIV en dispose d'une quarantaine en 1690. Parmi celles-ci, la galère du roi, décorée par le célèbre sculpteur Puget, est une véritable oeuvre d'art flottante.

    Au nom d’un égocentrisme poussé à l’excès, les galères vont user des dizaines de milliers d’hommes, attachés à leur banc le plus souvent jusqu’à leur mort.

    Qui Étaient Les Galériens ?

    Les condamnés aux galères sont en priorité ceux qui bravent l’autorité de Louis XIV : déserteurs, contrebandiers, faux-monnayeurs. Après la révocation de l’édit de Nantes, en 1685, les protestants sont systématiquement condamnés.
    A cela se rajoutent les opposants politiques.

    Bien sûr, parmi tous les condamnés qui se succèdent sur les bancs des galères, on trouve également des voleurs, des assassins, ainsi qu'une forte proportion de vagabonds.
    Mais ces délinquants sont minoritaires, par rapport à ceux qui ont osé braver les lois de l'État.

    Les galériens sont, à proprement parler, des esclaves du roi, des «esclaves d'État»; on trouve d'ailleurs parmi eux quelques esclaves, tout à fait officiels: Maures razziés, orthodoxes, Polonais, voire Indiens Iroquois.

    Une Mort Sociale...

    Le premier voyage qu'effectuent les galériens est celui qui les conduit des grandes villes du royaume où ils ont été condamnés jusqu'à Marseille, le grand et unique port des galères. Enchaînés, marqués au fer rouge sur l'épaule gauche des trois lettres d'infamie « GAL », les galériens sont alors sous la responsabilité d'entrepreneurs privés sans scrupule.

    L'embarquement Des Galériens Dans Le Port...

    De Gênes (Alessandro Magnasco 1667-1749)

    Le trajet est long et pénible. Bien des condamnés meurent avant même d'être arrivés sur le lieu où ils doivent purger leur peine. Les galériens ont le crâne rasé et sont vêtus de guenilles écarlates.
    Ce sont là des précautions destinées à rendre plus difficiles les évasions, mais aussi des signes voulus de déchéance sociale.

    En mer, les 260 rameurs d'une galère ordinaire, dite « sensile », tirent par groupes de 4 ou 5 sur une longue rame, si lourde qu'elle défonce aisément la poitrine si l'on n'y prête garde. Dans une promiscuité effrayante, les galériens mangent et dorment à leur banc.

    Les brimades, les rixes, les épidémies, notamment de typhus, laissent à peine un condamné sur deux en vie au terme de sa peine, si tant est qu'il soit un jour libéré.

    Galériens (Illustration d'un manuel d'histoire de l'entre-deux-guerres)

    Car la durée légale de la peine prononcée par les tribunaux importe en réalité peu.

    Seul le roi peut libérer un galérien, et il oublie d'autant plus volontiers de le faire que la flotte de galères manque le plus souvent d'effectifs.

    La carence est telle que Louis XIV tente un moment de convaincre le roi d'Angleterre Jacques II d'envoyer dans les galères françaises ses propres hérétiques.

    Quelques Exceptions À La Règle

    L'essentiel de la vie du galérien se déroule heureusement à terre, où les condamnés sont employés aux travaux de l'arsenal.

    Là, la discipline se relâche quelque peu. Certains galériens sont employés chez des artisans ou des bourgeois de la cité.

    La pègre locale ne manque pas de nouer des accointances avec ceux qui travaillent près des embarcadères.

    Les plus savants des galériens participent à l'administration portuaire : quelques-uns, très rares, vivent en concubinage et finissent par payer un remplaçant pour aller ramer à leur place !

    La Galère De Cléopâtre D'après Henri PICOU...

    (Gravure De GAUTIER - 1875)

    Ce sont là évidemment des situations exceptionnelles, mais elles forcent à nuancer le sombre tableau du monde des galériens.

    Les galères prennent fin en 1748. Cette année-là, près de 7 000 galériens deviennent bagnards à Marseille, à Toulon ou à Brest, tandis que les bâtiments sur lesquels ils ramaient sont désarmés.

    Les bagnes, qui sont des mouroirs, vont prendre le relais. Puis, au XIXe siècle, viendra la « mode » de la déportation outre-mer, en Australie ou en Guyane.  Le XXe siècle verra l’institution des camps de concentration toujours étroitement liés aux régimes totalitaires.

    V.Battaglia (17.11.2006)

    Référence

    Les Galères, Mémoire De L’Humanité, Editions Larousse

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  • Sur Les Pas De Jeanne D'Arc Dans Le Val De Loire...

    Par François Silvan...

     

    Sur Les Pas De Jeanne D'Arc Dans Le Val De Loire...  Par François Silvan...

    Il aura suffi de 4 mois, en 1429, pour que Jeanne d’Arc redonne espoir au royaume et devienne un symbole national. En Val de Loire, Chinon, Orléans et Loches résument cet éclair dans l’histoire de France.

    Sur l’immense place du Martroi, la non moins imposante statue équestre de Jeanne d’Arc.

    Le Symbole Jeanne D'Arc

    La guerre de Cent Ans durera encore jusqu’en 1453, mais Jeanne aura définitivement fait changer l’espoir de camp durant un court laps de temps en 1429.

    Les Français n’avaient plus gagné une bataille depuis Du Guesclin, 50 ans avant. Ils libèrent sans coup férir Orléans et déciment à la bataille de Patay le redoutable corps des archers anglais.

    L’élément décisif fut l’artillerie naissante, habilement utilisée grâce à sa portée supérieure à l’arc gallois, mais l’élan vint de la jeune Jeanne.

    Le roi semblait seul contre tous dans sa forteresse de Chinon. Avec Jeanne, Charles VII se fait sacrer dans la cathédrale de Reims, se voyant ainsi légitimé.

    Dieu semblait avoir choisi son camp, signe crucial dans l’esprit du temps... Les vassaux ayant fait allégeance à l’Angleterre reviendront alors vers Charles.

    Étape 1 : Chinon

    Sur Les Pas De Jeanne D'Arc Dans Le Val De Loire...  Par François Silvan...

    Le roi est reconnu.
 Vous pouvez toujours voir à Chinon la cheminée monumentale de la salle où Jeanne rencontra le dauphin pour la première fois vers le 25 février 1429, le reconnaissant dans la foule alors qu’il ne portait aucun attribut royal, nous dit la légende.

    En fait, la pucelle d’Orléans fut d’abord conduite à Poitiers pour un interrogatoire de trois semaines avant que le futur Charles VII prenne le risque de la présenter officiellement à la cour, dans cette fameuse salle dite de « La Rencontre », dans sa forteresse de Chinon, au cœur du conflit franco-anglais depuis trois siècles.

    Étape 2 : Orléans

    Sur Les Pas De Jeanne D'Arc Dans Le Val De Loire...  Par François Silvan...

    L’espoir change de camp. Fin avril-début mai, la jeune fille entre dans Orléans par la porte et la rue de Bourgogne avec son cheval et son étendard blancs.

    Épisode que la ville commémore chaque année. Assiégée par 5 000 Anglais depuis 6 mois, Orléans, en limite des terres contrôlées par Charles, est stratégique en vue de l’ultime phase du conflit : il n’y a alors qu’un pont entre Orléans et Blois, à Beaugency, que Jeanne délivre juste après Orléans.

    « Vous Anglais, qui n’avez aucun droit en ce royaume de France, le Roi des Cieux vous ordonne [...] que vous retourniez dans votre pays », lancera-t-elle avant la prise en trois jours des bastilles de Saint-Loup, des Augustins et des Tourelles.

    Sur Les Pas De Jeanne D'Arc Dans Le Val De Loire...  Par François Silvan...

    Les Anglais répondront à cette missive par des injures et la promesse de la brûler...

    Étape 3 : Loches

    Sur Les Pas De Jeanne D'Arc Dans Le Val De Loire...  Par François Silvan...

    La victoire est en marche
. En mai, Jeanne se rend ensuite à Loches, superbe ville médiévale qui vaut à elle seule une demi-journée de balade. Son objectif : convaincre Charles de se faire sacrer à Reims, alors au cœur de territoires contrôlés par les Anglais...

    Ce choix décide de la reconquête militaire. « Dissipant la désespérance, le miracle avait renversé le cours des choses humaines [...]. Jeanne avait rassemblé une nation », écrira l’historien Georges Duby.

    Jeanne était-elle une parente du roi, une bâtarde ? La femme cagoulée puis brûlée vive à Rouen en 1431 était-elle bien Jeanne ou une prostituée...

    Des traces écrites mentionnant jusqu’en 1440 une Jeanne, pucelle de France, mariée à Robert des Armoises ?

    Sur Les Pas De Jeanne D'Arc Dans Le Val De Loire...  Par François Silvan...

    Nous ne nous hasarderons pas à répondre à ces questions qui opposent encore chercheurs et universitaires.

    Peut-être les notes de Poitiers de 1429 apporteraient-elles des réponses,...

    Mais elles sont sous clé dans les archives du Vatican depuis la canonisation de Jeanne d’Arc en 1920...

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  • Portrait De Sainte-Blandine Dite De Lyon...

    Portrait De Sainte-Blandine Dite De Lyon...

     

    Sainte Blandine, dite de Lyon, est une chrétienne (peut-être d'origine levantine ou micrasiate de la première communauté chrétienne connue de Lugdunum (Lyon). Elle est martyrisée durant le mois de juillet 177 sous Marc Aurèle.

    Fêtes le 2 juin (synaxe de tous les Martyrs de Lyon, jour de la mort du premier d'entre eux l'évêque Pothin, usage occidental), le 25 juillet (Blandine seule, usage oriental), le 8 août (commémoration des quatre derniers martyrs,Alexandre, Attale, Pontique et Blandine, ancien usage occidental) et le 9 août dans le calendrier de l'Archidiocèse de Lyon.

    Blandine est la patronne de la ville de Lyon. Elle est aussi, avec Sainte Marthe, patronne des servantes. Dans l'iconographie de sainte Blandine, on trouve le filet, le taureau, le gril, le lion et l'ours. Elle est souvent représentée attachée à un pilier avec un lion et l'ours à ses pieds.

    Biographie

    À l'origine esclave romaine, elle se joint à la communauté chrétienne. Blandine et ses 47 compagnons (dont l'évêque de Lyon, Saint Pothin) sont les Martyrs de Lyon qui sont persécutés pendant l'été 177 ...

    Ils meurent en prison pour les uns, décapités (en vertu de leur citoyenneté romaine) ou livrés en pâture aux bêtes dans l'amphithéâtre des Trois Gaules (retrouvé sous le jardin des plantes de la Croix-Rousse).

    Les martyrs de Lyon sont connus grâce un témoin oculaire : l'auteur de la Lettre des chrétiens de Lyon à l'Église de Smyrne, qui a été insérée telle quelle par Eusèbe, évêque de Césarée, dans son Histoire ecclésiastique.

    Détention & Exécution

    Après avoir survécu à son incarcération, Blandine fait partie de six des quarante-sept martyrs de Lyon à être condamnés à l'arène. Lorsqu'elle est interrogée, elle garde systématiquement le même discours...

    « Je suis chrétienne et nous ne faisons aucun mal. » (Pour favoriser leur arrestation, les martyrs de Lyon ont été accusés d'inceste et de cannibalisme1).

    Dans un premier temps, elle est livrée aux bêtes, et ses compagnons se posent la question, en la voyant si frêle...

    « Aura-t-elle la force de tenir bon jusqu’au bout ? Ne va-t-elle pas apostasier ? ».

    Remarquant que les bêtes ne veulent lui faire aucun mal, Blandine, du haut de son poteau, prie, chante des cantiques et encourage ses compagnons à mourir pour le Christ2.

    Portrait De Sainte-Blandine Dite De Lyon...

    Saint-Pothin de Lyon

    Elle est par la suite flagellée, placée sur un gril brûlant puis livrée dans un filet à un taureau qui la lance en l'air avec ses cornes

    Comme elle survit, elle est renvoyée en prison, où elle garde un calme impressionnant alors que sa famille de substitution se fait massacrer.

    Sa quiétude est cependant ébranlée devant la martyrisation de son ami Pontique.

    Blandine doute de la solidité de sa foi, mais Pontique résiste à l’apostasie et meurt pour sa foi chrétienne.

    À la mort de Pontique, Blandine est la dernière de ses quarante-sept compagnons à être suppliciée.

    Seule dans l'arène, les spectateurs romains s’étonnent de voir que la dernière survivante est la jeune fille qui parait si fragile.

    Certains parlent entre eux : « On n’a jamais vu une femme souffrir aussi courageusement que cette esclave... », pendant que d'autres lui crient...

    « Abjure donc ! Sacrifie à nos dieux ! Tu auras la vie sauve ! », mais Blandine ne répond pas, le regard rivé vers le ciel2.

    Elle est finalement égorgée en août 177 par le bourreau, à la fin des jeux où elle a paru.

    Son corps et ceux des autres martyrs sont brûlés, et leurs cendres sont jetées dans le Rhône.

    Postérité

    En 1986, 1809 ans après les faits, le pape Jean-Paul II, alors en voyage à Lyon, déclare à son sujet et celui de ses compagnons 3 :

    « Ils n'ont pas voulu renier Celui qui leur avait communiqué sa vie et les avait appelés à être ses témoins.

    Nous savons qu'ils sont nombreux aujourd’hui encore, et dans toutes les parties du monde, ceux qui subissent les outrages, le bannissement et même la torture à cause de leur fidélité à la Foi chrétienne.

    En eux le Christ manifeste sa puissance...

    Les martyrs d’aujourd’hui et les martyrs d'hier nous environnent et nous soutiennent pour que nous gardions nos regards fixés sur Jésus ».

    L’Église catholique À Lyon

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    Principaux saints lyonnais

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  • BATAILLE DE RONCEVEAUX LA MORT DE ROLAND

    http://s-www.estrepublicain.fr/images/0BF07B6D-5423-4146-B602-378DDFBA1CDC/LER_22/charlemagne-bataille-de-roncevaux-de-triste-memoire-1433506900.jpg

    Roland est une des plus intéressantes et aussi une des mieux conservées de ces figures à demi réelles, à demi inventées ; sa défaite à Roncevaux, son courage et celui des douze pairs qui l’accompagnent, forme un des épisodes les plus remarquables de ce vaste ensemble de poèmes appelé le Cycle de Charlemagne, dont la célèbre Chronique de l’archevêque Turpin a fourni les premiers et les principaux traits, et qu’animent Renaud de Montauban et ses frères, Merlin, Ganelon, tous ces personnages fameux des fantaisies chevaleresques du Moyen Age

    http://www.alex-bernardini.fr/histoire/images/roncevaux.jpg

    Au retour d’une expédition contre les Maures d’Espagne, Charlemagne, ayant imprudemment divisé son armée dans le passage des Pyrénées, fut attaqué par les Basques, qui défirent complètement son arrière-garde engagée dans la vallée de Roncevaux.

    https://historicmodelisme.files.wordpress.com/2014/03/1345743338-1488044-1902-grobet-778-roland-g-roncevaux.jpg

    Voici comment Eginhard, l’historien de Charlemagne, raconte cet échec du grand empereur : « Charles, dit-il, ramena d’Espagne ses troupes saines et sauves. A son retour cependant, et dans les Pyrénées, il eut à souffrir un peu de la perfidie des Basques. L’armée défilait sur une ligne étroite et longue, comme l’y obligeait la conformation du terrain. Les Basques se mirent en embuscade sur la crête de la montagne, qui, par l’étendue et l’épaisseur de ses bois, favorisait leur stratagème.

    Bataille de Roncevaux
    Bataille de Roncevaux

    « De là, se précipitant sur la queue des bagages et sur l’arrière-garde destinée à protéger ce qui la précédait, ils la culbutèrent au fond de la vallée, tuèrent, après un combat opiniâtre, tous les hommes jusqu’au dernier, pillèrent les bagages, et protégés par les ombres de la nuit, qui déjà s’épaississait, s’éparpillèrent en divers lieux avec une extrême rapidité.

    « Les Basques avaient pour eux dans cet engagement la légèreté de leurs armes et l’avantage de leur position. La pesanteur des armes et la difficulté du terrain rendaient au contraire les Francs inférieurs en tout à leurs ennemis. Egghiard, maître-d’hôtel du roi ; Anselme, comte du palais ;Rotland, commandant des marches de Bretagne, et plusieurs autres, périrent dans cette occasion. »

    http://pedagogie.ac-toulouse.fr/daac/religieux/heritage-musulman/chartif.jpg

    Son nom mêlé au récit de la défaite de Roncevaux, voilà le seul souvenir que l’histoire, dans sa réalité, consacre à Roland. Mais, si Roland n’a historiquement qu’une médiocre importance, sa figure s’agrandit et prend, dans le récit poétique, dans les traditions chevaleresques, des proportions héroïques. Alors ce n’est plus le commandant des marches de Bretagne dont Eginhard ne nous a transmis que le nom et le titre ; Roland, le chevalier du Moyen Age, est un des principaux personnages de ces naïves épopées où Charlemagne et sa cour apparaissent avec des mœurs imaginaires, des caractères de pure fantaisie, où la personnalité humaine et la réalité historique se transforment sous les inventions capricieuses de l’imagination, où enfin le Moyen Age revêt de son costume et anime de ses sentiments, de sa vie toutes ces fortes figures des premiers temps de la France, qui se montrent à lui dans un passé dont l’éloignement change la véritable physionomie.

    http://his.nicolas.free.fr/Ressources/Biblio/BManuelHdF1969/HdF1969_06ARoncevaux_WEB.jpg

    C’est cependant ce héros imaginaire, ce brillant chevalier de la cour du grand roi Charlemagne dont nous avons ici voulu rappeler le souvenir ; pour un instant nous avons quitté l’histoire pour le roman, si toutefois c’est abandonner la vérité historique que de se mêler un moment aux goûts littéraires, aux habitudes, à la vie de toute une époque. Nous avons laissé l’annaliste raconter, avec sa sévère exactitude, la défaite de Roncevaux ; mais le nom de Roland mérite véritablement une autre attention, et il tient dans l’histoire une place plus considérable que celle qu’il occupe dans le récit d’Éginhard.

    Roland, le glorieux vaincu de Roncevaux, le héros des poèmes chevaleresques du Moyen Age, rappelle donc tout un ensemble de littérature, représente les mœurs de toute une époque ; et c’est sous cet aspect que nous l’avons surtout voulu considérer : c’est Roland revêtu de son armure, serrant sur sa poitrine la célèbre Durandal, que nous nous sommes efforcé de reproduire, plutôt que le commandant des marches de Bretagne.

    Celui-ci n’est qu’un nom jeté au hasard dans la foule de ceux qu’écrit le chroniqueur ; l’autre est le personnage illustre de bien des chants héroïques : c’est la personnification la plus brillante, la plus animée, de cette chevalerie qui née vers le milieu du XIe siècle se prolongea jusqu’aux derniers jours du XIIe dans sa réalité, et jusqu’au règne brillant de François Ier dans son apparence et dans sa forme. La chevalerie, dont la figure imaginaire de Roland est un des types les plus précis, les plus brillants, fut une institution d’une haute importance à une époque où la force semblait la seule loi, le seul droit.

    Roland sonnant du cor à Roncevaux
    Roland sonnant du cor à Roncevaux

    Fondée sur trois grandes passions : la foi, la valeur et l’amour ; prenant pour devise : Dieu et ma dame, la chevalerie, tant poétique, tant idéale malgré l’imperfection et le vague où elle demeura, fit faire de grandes choses, excita l’enthousiasme et influa heureusement sur le développement moral de la société. A la fois, pour ainsi dire, prêtre et soldat, le chevalier s’appuyait sur le courage et la religion : il faisait bénir cette épée qu’il consacrait à la défense du bon droit ; dans son noviciat, il apprenait l’obéissance et la valeur ; enfin, avant que le jeune écuyer reçût l’accolade, fût armé chevalier par son maître, il devait avoir fait preuve de vertu, de courage, de piété, et s’être lié par ses serments à protéger le faible, l’orphelin, et à ne combattre que pour la bonne cause ; puis il partait pour les grandes aventures, pour lesemprises d’armes, pour les lointaines expéditions.

    Ce sont ces mœurs, ces vertus héroïques, cette pureté de cœur, cette vaillante audace que célébraient les poèmes chevaleresques et, pour en rehausser sans doute l’éclat, on les mit sous le patronage des hommes qui avaient laissé dans l’histoire un nom célèbre, glorieux. C’est ainsi que Charlemagne fut le héros d’un roman, d’une épopée où le vainqueur des Saxons se transforme sous l’armure du chevalier.

    Dans ces récits l’histoire et la fantaisie, la réalité et l’idéalité se confondent, se mêlent à ce point que, plus tard, l’histoire hésita longtemps sur la voie qu’elle devait suivre, ignorant où était la vérité, et qui elle devait adopter, de ces physionomies idéales, resplendissantes de dévouement, de franchise, de piété, ou de ces barbares et courageux vainqueurs des invasions saxonnes, dont les traits sont durs, sauvages, dont la politique est adroite, rusée, la foi intéressée.

    Nous avons donné d’après les historiens le récit de la défaite et de la mort de Roland. Voici comme la tradition chevaleresque raconte cette journée dont Roland fut à la fois le héros et la victime. Surpris par les Sarrasins dans la vallée de Roncevaux, Roland et les douze pairs se défendent vaillamment ; mais, accablés par le nombre, ils succombent.

    Cependant, « navré de quatre coups de lances, forcé de pierres », Roland parvient à échapper seul aux Sarrasins. « Lors commença Roland, blessé qu’il était, à aller droit à la voie, tirant vers Charlemagne ; tant alla qu’il vint jusqu’au pied de la montagne de Césarée, au-dessous de la vallée de Roncevaux, où il trouva un beau préau d’herbe, auquel avait un bel arbre et un grand perron ; là, descendit de cheval, et s’assit pour soi reposer, et se trouva si malade que plus ne se pouvait soutenir, et se tourna le visage vers Espagne en faisant de grièves complaintes ;

    « et lors tira son épée Durandal toute nue, et, après qu’il l’eut longuement regardée, il commença à la regretter en pleurant : — Epée très belle, claire et flamboyante, j’aurai trop grande douleur si mauvais ou paresseux chevalier te possède après moi ! Et ce disant, il se leva, et en frappa trois coups sur le perron qui était là pour la briser et la rompre, et frappa de telle puissance qu’il brisa ledit perron tout en travers et demeura son épée saine et entière.

    « Alors son cor d’ivoire mit à la bouche, et sonna de si grande force et vertu qu’il le fendit, et tant s’efforça de souffler qu’il se rompit les nerfs et veines du col. » Charles entendit l’appel de son neveu ; mais le traître Ganelon, qui avait préparé l’embuscade de Roncevaux, l’empêcha de retourner sur ses pas. « Ne voyez-vous pas, dit-il, que Roland chasse dans la forêt et qu’il n’a pas besoin de vos secours ! » Son frère Beaudoin vient enfin à son aide ; mais « quand il retourna à lui, il le trouva prenant mort ; il bénit l’âme de lui ; son cor, son cheval, son épée prit et s’en alla droit à l’ost de Charlemagne. »

    De tous les souvenirs chevaleresques, celui de Roland est demeuré le plus populaire ; à chaque pas, dans le Midi, on retrouve les traces de cette fabuleuse et héroïque figure : la brèche de Roland, dans les Pyrénées, vaste défilé au milieu des montagnes, atteste encore la trempe de sa puissante épée ; dans le Roussillon, le pas de Roland maintient son souvenir ; à Blaye on a longtemps conservé son cor d’ivoire, ce cor merveilleux dont les sons se faisaient entendre à sept lieues de distance et avec lequel il adressa à son oncle Charlemagne ses suprêmes adieux ; enfin souvent nos soldats, dans les guerres contre les Anglais, s’animaient au combat en chantant la romance dont les aventures de Roland forment le sujet.

     
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  • HISTOIRE DE L'ABBAYE DE JUMIEGES  

      Clovis II, par Emile Signol, Château de Versailles

    ***

    Nichée dans une boucle de la Seine, l’Abbaye de Jumièges est fondée en 654 par l'abbé Philibert. Elle doit sa renommée à l'histoire sanglante du roi Clovis II et ses fils.

    Roi de Neustrie et de Bourgogne, Clovis II décide de partir en pèlerinage en Terre Sainte et laisse les rênes à sa femme Bathilde. Mais leur fils aîné se révolte et exclut sa mère du Conseil.


    Alerté, Clovis II écourte son séjour, mais arrivé sur ses terres, il est accueillit par une armée levée par ses deux fils aînés. Le roi sort vainqueur de l’affrontement, et veut occire ses fils pour avoir osé se rebeller.


    Mais la reine Bathilde plaide en faveur de la vie de ses fils… Au lieu de les tuer, elle suggère qu’ils soient énervés, châtiment qui consiste à brûler les nerfs et tendons des membres inférieurs.

      Les Énervés de Jumièges par Évariste-Vital Luminais, conservé au musée des Beaux-Arts de Rouen 

    Après avoir subi leur peine, les fils de Clovis II se repentent et émettent le souhait d’entrer en religion. Ne sachant pas dans quelle abbaye les placer, leurs parents les confient aux mains du destin et les installent sur un radeau dérivant le long de la Seine. 
    Le radeau s’échoue au pied de l’abbaye de Jumièges où ils sont recueillis par Philibert. Les fils de Clovis terminent leur vie en ces lieux dans la piété.

    En signe de reconnaissance, l’abbaye est placée sous protection royale, ce qui lui confère une grande puissance.
    Les gisants des énervés sont placés dans le chœur de l’abbaye en mémoire de cette protection.

         Les gisants des énervés de Jumièges

     

    Mais cette histoire est une légende. Elle est totalement fausse ! Elle a été forgée bien ultérieurement par les moines afin de justifier leur puissance sur la région.

    Les magnifiques gisants aujourd’hui conservés dans le logis abbatial n'ont été sculptés qu'au XIIIe siècle.

     

    D'après les historiens, le roi Clovis II est décédé trop jeune pour que ses fils puissent lever une armée contre lui et il n’y a aucune trace de son pèlerinage en Terre Sainte. Tous ses fils ont régné après lui.

    En revanche, la fondation de l’abbaye a bien été soutenue par la reine Bathilde qui a donné à Philibert le domaine royal de Jumièges ainsi que le droit de pêche dans la Seine et des dépendances forestières.

    L'abbaye de Philibert n’est pas celle dont nous connaissons aujourd’hui les ruines sublimes et mystérieuses. Les bâtiments originels ont été ravagés lors des raids vikings menés par Ragnar Lodbrok (selon la légende).

       Tête dite "tête de Guillaume le Conquérant", musée de l'abbaye de Jumièges  

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  • Les secrets du Palais-Royal

     

    Les secrets du Palais-Royal

     

    Le  Palais-Royal, construit par le cardinal de Richelieu en 1628 et légué à Louis XIII à sa mort, n’est clairement pas un palais comme les autres. Sa centralité au cœur de Paris, son histoire multi-centenaire et sa grande diversité architecturale en ont fait l’un des endroits les plus vivants de la capitale. On vous dévoile quelques secrets sur la vie trépidante du Palais-Royal à travers les siècles !

     

    Ici est né le premier musée de cire de « Madame Tussaud »

     

    Berlin, Amsterdam, Las Vegas, Singapour ou encore Hong Kong. Depuis la création, en 1835, du musée londonien accueillant des personnalités de cire, l’empire de Madame Tussauds n’a cessé de grandir. Mais saviez-vous que le premier musée Tussauds a vu le jour à Paris, au Palais-Royal précisément ?

     

    C’est en effet ici qu’une certaine Marie Grosholtz, jeune sculptrice alsacienne, crée, avec son tuteur le médecin anatomiste Curtius, le premier cabinet présentant des sculptures en cire en 1776. Dans ce cabinet sobrement nommé Salon de Figures, le concept est déjà celui qui fait le succès des musées Madame Tussauds et Grévin aujourd’hui : des sculptures faites à la cire, grandeur nature et représentant des célébrités. Voltaire, la famille royale, Jean-Jacques Rousseau ou encore Benjamin Franklin font partie des « people » de l’époque immortalisés à la cire.

     

    Le musée de cire du Palais-Royal ne durera pas très longtemps puisque Curtius le transfère dès 1782 au boulevard du Temple, mais il reste tout de même le premier du genre. Quant à Marie Grosholtz, elle se mariera plus tard avec un certain monsieur Tussaud et ouvrira son propre musée, à Londres où elle est exilée depuis plusieurs décennies. Un musée qui porte toujours son nom aujourd’hui et que l’on trouve dans presque toutes les grandes villes du monde… mais pas à Paris !

    Les secrets du Palais-Royal

    Sculpture en cire représentant Madame Tussaud 

     

    Le Palais-Royal, haut-lieu de la prostitution parisienne

     

    Tout au long du XVIIIe siècle et jusqu’à la révolution de Juillet, le Palais-Royal s’est constitué comme un micro-quartier où le divertissement et le plaisir étaient les véritables rois. Pourquoi ? La raison est double. Premièrement, tous les bâtiments et espaces verts qui gravitent autour de l’ancienne bâtisse royale sont considérés comme faisant partie du « domaine national du Palais-Royal ». Deuxièmement, la police a longtemps eu l’interdiction d’officier dans l’enceinte de ce domaine, ancienne demeure du roi Louis XIV. Résultat, on pouvait (presque) faire ce qu’on y voulait !

     

    Véritable centre du plaisir, du divertissement et du libertinage, le Palais-Royal a concentré plus d’établissements hédonistes et ludiques que n’importe quel autre lieu à Paris. Théâtres, maisons de jeu, cafés, boutiques de luxe, loteries clandestines et commerces d’ouvrages pornographiques se pressaient dans cette centaine de mètres carrés qui a connu des heures particulièrement libérées. Car, le soir venu, cet enclos protégé de la police se transformait en véritable bordel : les filles, descendant des appartements du quartier, se mêlaient aux flâneurs, entraient dans les cafés ou les maisons de jeu, etc. Bref, elle partaient à la chasse aux clients et en trouvaient beaucoup ! C’est d’ailleurs ici qujeune Napoléon se serait fait dépuceler...    

    Les secrets du Palais-Royalle jeune Napoléon se serait fait dépuceler...   

    Les feuilles du jardin ont marqué l’histoire de France

     

    Parce qu’il était un lieu où se réunissait le peuple bourgeois de Paris pour s’amuser, le Palais-Royal a très tôt été le cœur battant de la révolution française. En effet, c’est là que les premiers signes de révolte qui mèneront à la prise de la Bastille ont eu lieu. Le 12 juillet 1789 dans l’après-midi, Camille Desmoulins, jeune avocat parisien, vient d’apprendre que le conseiller Necker a démissionné à Versailles. Pour lui, pas de doute, il a été renvoyé par le roi et le peuple parisien doit reprendre le pouvoir. C’est devant une foule très nombreuse réunie dans les jardins du Palais-Royal, que le futur député de la Convention nationale entonne alors son discours historique.

     

    Debout sur une table, un pistolet à la main, il harangue la foule à prendre les armes pour défendre leurs droits. Il les invite également à revêtir une cocarde en signe de ralliement. Joignant les gestes à la parole, il s’empare, dit-on, d’une feuille de tilleul et la place sur son chapeau. La cocarde verte, couleur de l’espérance, sera le signe de ralliement des révolutionnaires parisiens. Deux jours plus tard, le peuple de Paris s’empare de la prison de la Bastille.  

    Il s’agit plus d’une légende que d’un fait avéré, Camille Desmoulins ayant lui-même avoué avoir emmené avec lui un ruban vert en guise de cocarde, mais les feuilles des tilleuls du jardin du Palais Royal sont restées, deux siècles plus tard, un symbole fort de la révolte parisienne de 1789.

    Les secrets du Palais-Royalle jeune prison de la Bastille.   

    Le petit canon méridien du jardin donne l’heure depuis 1785

     

    Vous l’avez sans doute déjà remarqué lors d’une balade dans les jardins du Palais-Royal : un petit canon en bronze posé sur un socle en pierre trône au milieu du parterre central. Pendant plus d’un siècle, ce canon, inventé en 1785 par un horloger qui possédait une boutique dans la galerie de Beaujolais, tonnait tous les jours à midi pile et permettait aux riverains de régler leurs montres.

     

    Considéré comme le meilleur de Paris pour y régler ­sa ­montre, le canon fonctionnait grâce à un ingénieux système automatique de mise à feu. Une loupe, précisément installée dans l’axe du méridien de Paris, concentrait les rayons du soleil qui enflammaient une mèche. Cette dernière mettait alors le feu à une petite charge de poudre noire qui produisait une forte détonation, à midi… pétante !

     

    L’original ayant été volé en 1998, c’est une copie qui se trouve désormais dans le jardin du Palais Royal. Cette dernière continue néanmoins de tonner l’heure chaque mercredi à midi pile grâce à un artificier chargé de déclencher le tir.

    Les secrets du Palais-Royalle

    Le petit canon méridien des jardins du Palais Royal 

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  • Les secrets du Panthéon

     

    Les secrets du Panthéon

    a-t-il une mission plus noble pour un monument que celle d’abriter les Grands Hommes de la Nation dans leur repos éternel ? C’est en tout cas ce qui a fait du Panthéon un symbole républicain et l’un des monuments les plus emblématiques de Paris. Situé au cœur du Quartier Latin, il a été témoin d’événements majeurs de l’Histoire de France et sa propre histoire est riche en rebondissements, anecdotes insolites et secrets… Sur lesquels nous levons enfin le voile dans cet article !

    Le Panthéon fut d’abord une église

    Au milieu du 18e siècle, le roi Louis XV tombe gravement malade. Il prie Sainte-Geneviève – la sainte patronne de Paris – de le sauver, lui promettant de lui faire construire une magnifique basilique en son honneur si elle exauçait sa prière. Miraculeusement guéri, il tient sa parole et lui fait élever notre actuel Panthéon en tant qu’église dont il posera lui-même la première pierre en 1764.

    Les secrets du Panthéon

    Une affectation chaotique

    Mais à la Révolution, on considère que les vrais dieux sont les héros de la Nation. On transforme donc la basilique Sainte-Geneviève en Panthéon laïc. Désormais, ce tombeau national accueillera les dépouilles des grands personnages ayant marqué l’Histoire de France. Cependant, au fil du temps et des gouvernement successifs, le Panthéon redevient une église sous le Premier Empire, puis un Panthéon pendant la Monarchie de Juillet, de nouveau une église durant le Second Empire… Et enfin un Panthéon avec la Troisième République.

    Les éjectés du panthéon

    Certains défunts ont aussi subi ces revirements de situation : c’est le cas de Mirabeau, qui avait été inhumé au Panthéon en grande pompe et qui en fut sorti 3 ans plus tard, accusé de corruption par la découverte de documents secrets ! Il fut remplacé le jour même par Marat… qui sera lui aussi dépanthéonisé 5 mois plus tard ! À ce jour, leurs corps n’ont pas été retrouvés.

    Des amis et ennemis réunis à jamais

    Etant décédés à 2 mois d’écart, les philosophes Voltaire et Rousseau ont été placés face à face au Panthéon… Dommage pour eux, car même si dans notre imaginaire collectif ils forment le même cercle des Lumières, en réalité, ils ne partageaient pas les mêmes idées et ne se fréquentaient pas du tout ! En revanche, Alexandre Dumas et Victor Hugo, les deux figures majeures du Romantisme et grands amis, sont aussi réunis côte à côté dans la crypte, pour l’éternité !

    Un écrin pour les expériences scientifiques

    Au milieu du 19e siècle, quand le physicien Léon Foucault cherche une structure assez grande pour accueillir son pendule visant à démontrer que la Terre tourne, le Panthéon est tout de suite désigné. La première démonstration publique y aura donc lieu en 1851 et vous pouvez toujours le voir fonctionner aujourd’hui ! De même quelques décennies plus tard, lorsque le scientifique Eugène Ducretet établit la première liaison de radio française en 1898, il émettra ses sons du Panthéon à la Tour Eiffel.

    Les secrets du Panthéon

    Une coupole peut en cacher une autre

    Situé en hauteur sur la montagne Sainte-Geneviève, le dôme du Panthéon est visible depuis de nombreux endroits à Paris. Mais il cache en réalité 3 coupoles encastrées :
    – Celle visible de l’intérieur, à caissons et ouverte en son centre pour laisser passer la lumière
    – Une intermédiaire, magnifiquement peinte et visible à travers l’ouverture de la première
    – Et enfin le dôme, visible de l’extérieur, et construit en pierre recouverte de plomb.

    Coupe-Panthéon-Coupoles-Paris

     
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  • Le cardinal de Richelieu, Histoire et Biographie de Richelieu

    Le cardinal de Richelieu, Histoire et Biographie de Richelieu

    Armand Jean du Plessis le cardinal de Richelieu

    Armand Jean du Plessis né le 9 septembre 1585 à Paris, est le cardinal-duc de Richelieu et de Fron Plessissac. Il était un ecclésiastique, pair de France ainsi que le principal ministre auprès de Louis XIII.

    Richelieu est décédé à paris le 4 décembre 1642.

    Armand Jean du Plessis Cardinal de Richelieu

     

    Enfance et jeunesse

    Armand Jean du Plessis du Richelieu est né dans la rue du Bouloi à Paris, bien qu’une ancienne tradition du Poitou situe sa naissance dans le château de Richelieu en Poitou. Il est le cinquième enfant d’une famille d’ancienne noblesse et pauvre. Son père, François du Plessis était un soldat et un grand prévôt de France en 1578, il dirigeait la police et la justice pendant le règne d’Henri III.

    François du Plessis mourut en 1590 lors de l’un des combats des guerres de religion, alors qu’Armand n’avait que cinq ans laissant sa famille endettée et sans provision. Quand il a eu 9 ans, Armand fut conduit à Paris par son oncle Amador de la Porte pour étudier. Il entame une formation militaire à l’école de Monsieur de Pluvinel.

    Bien qu’il soit destiné à une carrière militaire, Richelieu était contraint d’abandonner ses études pour conserver l’héritage de son père de l’évêché de Luçon. Son grand frère Alphonse ayant  refusé de devenir moine. Il se tourne immédiatement vers les études de théologie pour approfondir ses connaissances religieuses. En 1606, il est nommé évêque de Luçon par le roi et l’investiture canonique lui a été attribuée par le pape en 1607.

    En dépit de son manque en matière de vocation religieuse, Armand se présente comme un réformateur catholique incontournable en observant à la lettre les réformes du Concile de
    Trente
    décrites en 1545 par le pape Paul III. Il est le premier évêque en France qui réussit à instaurer ses décrets.

    C’est lors de cette époque qu’il rencontre François Leclerc du Tremblay, le Père Joseph, un  moine capucin. Il devient très vite son confident intime.

    Ses débuts politiques

    Richelieu a été élu député du clergé poitevin aux états généraux en 1614, il fut obligé de se tenir à Paris. Il est désigné ensuite par Marie de Médicis comme étant la porte parole de l’assemblée. C’est à ce poste qu’il fait l’éloge du gouvernement, le 23 février 1615. En novembre 1615, Marie de Médicis lui accorda le rôle d’aumônier d’Anne d’Autriche, la future épouse de Louis XIII, ce qui lui a valu de s’installer au Conseil du roi en 1616.

    Le cardinal de Richelieu

    Le cardinal de Richelieu

    L’assassinat de Concino Concini, l’aventurier italien favori de Marie de Medicis, en 1617 dont Louis XIII est l’instigateur avec le duc de Luynes provoque la mise à l’écart de la régente et de tout son entourage.

    Richelieu a dut alors s’exiler dans son évêché où il dédie tout son temps à l’écriture, c’est à cette époque qu’il écrite L’Instruction du chrétien. Il contribua ensuite à la réconciliation entre la régente et son fils Louis XIII.

    Grâce à ces négociations qui ont abouti aux traités d’Angoulême et celui d’Angers, il réussit à avoir le titre de cardinal en 1622 avant de reprendre sa place au sein du Conseil du roi le 29 avril 1624, date à laquelle le règne de Louis XIII marque un tournant décisif.

    En effet, le rôle de Richelieu auprès du roi est similaire à ce qu’on appelle aujourd’hui  le premier ministre, à l’époque il est désigné par l’expression du ministre principal du roi. Le poste inclut les aspects politiques, diplomatiques, culturels et religieux.

    Richelieu au conseil du roi

    Dès son retour au palais, Richelieu propose des objectifs à Louis XIII afin de renforcer son autorité, il lui incite à détruire le pouvoir des protestants qui le considérait comme étant etat dans un état, ensuite la lutte contre la noblesse qui ne cessait pas de contemplait conte le roi et la minimisation du pouvoir de la maison d’Autriche.

    Réprimant violemment les duels il les fait interdire en 1626.

    Il obligea la ville de La Rochelle qui abritait les protestants de se rendre en 1628. il élabora l’accord de la paix d’Alès Richelieu en 1629 qui assura la pais, et la liberté de culte aux protestants.

    Marie de Médicis, à qui Richelieu doit tout son succès, offensée de l’indépendance extrême de ce dernier incita au roi de le destituer pendant la journée des dupes en 1630. Louis XIII sachant bien les ambitions de Richelieu, il estime cependant son besoin à l’homme, il le soutiendra. C’est finalement Marie de Médicis qui doit partir s’exiler définitivement.

    Richelieu fera décapiter le duc de Montmorency qui a dirigé une révolte en Languedoc en 1632.

    On raconte notamment que le comte de Soissons, vainqueur des troupes royales à la bataille de La Marfée, a été assassiné en 1641 par un agent du cardinal. Il ordonna l’exécution de  Cinq-Mars à la place de Grève en 1642. Quelques temps après, Armand de Richelieu mourut à Paris à l’âge de 57 ans.

    Sa mort a été accueillie avec un soulagement populaire. Pourtant, on peut le considérer parmi l’un des premiers fondateurs de l’état  moderne de la France.

    Richelieu serait à l’origine de la fondation du Palais Royal qu’il en fait cadeau au roi pour lui montrer son loyauté. Il restaurera la Sorbonne. Il était connu pour son soutien aux arts, c’est grâce à lui en fait que l’Académie française a été fondé.

    Il est notamment célèbre pour son cap rouge qui reflète son caractère sanguinaire.

    Marion  de Lorne cette très belle femme connue à l’époque du règne de LouisXIII disait  « Regardez tous ! Voilà l’homme rouge qui passe » en faisant signe vers Richelieu.

    Il faut avouer que le règne de Louis XIII guidé par le cardinal de Richelieu était de bras de fer, plusieurs nobles ont été exécutés.

     

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