• Ceci ne figure pas dans les manuels d'histoire. ...............
     

     Qui a donc dit que l'histoire était ennuyeuse ?   

     LE SAVIEZ-VOUS ? La prochaine fois que vous vous laverez les mains et que vous trouverez la température de l'eau pas vraiment agréable, ayez une pensée émue pour nos ancêtres.    Voici quelques faits des années 1500 :  

     La plupart des gens se mariaient en juin, parce qu'ils prenaient leur bain annuel en mai et se trouvaient donc encore dans un état de fraîcheur "raisonnable" en juin.


     Mais évidemment, à cette époque, on commençait déjà à puer légèrement et c'est pourquoi la mariée tentait de masquer un tant soit peu son odeur corporelle en portant un bouquet.
     

     Qui a donc dit que l'histoire était ennuyeuse ?

      C'est à cette époque qu'est née la coutume du bouquet de la mariée. 
      

       Pour se baigner, on utilisait une grande cuve remplie d'eau très chaude.

    Le Maître de maison jouissait du privilège d'étrenner l'eau propre ; suivaient les fils et les autres hommes faisant partie de la domesticité puis les femmes et enfin les enfants...


     Les bébés fermaient la marche. À ce stade, l'eau était devenue si sale qu'il aurait été aisé d'y perdre quelqu'un.. D'où l'expression     Jeter le bébé avec l'eau du bain !
        

     Qui a donc dit que l'histoire était ennuyeuse ?

    En ces temps-là, les maisons avaient des toits en paille, parfois même la maison n'était qu'un toit.
     C'était le seul endroit où les animaux pouvaient se tenir au chaud.
    C'est donc là que vivaient les chats et les petits animaux (souris et autres bestioles nuisibles), dans le toit.

     Lorsqu'il pleuvait, celui-ci devenait glissant et il arrivait que les animaux glissent hors de la paille et tombent du toit.
     D'où l'expression anglaise " It's raining cats and dogs " ("Il pleut des chats et des chiens"). 

     Qui a donc dit que l'histoire était ennuyeuse ?


    Pour la même raison, aucun obstacle n'empêchait les objets ou les bestioles de tomber dans la maison.
    C'était un vrai problème dans les chambres à coucher où les bestioles et déjections de toute sorte s'entendaient à gâter la literie.
    C'est pourquoi on finit par munir les lits de grands piliers afin de tendre par-dessus une toile qui offrait un semblant de protection.

    Ainsi est né l'usage du ciel de lit ; bien évidemment, les plus pauvres devaient s'en passer...

          
    À cette époque, on cuisinait dans un grand chaudron perpétuellement suspendu au-dessus du feu.
     Chaque jour, on allumait celui-ci, et l'on ajoutait des ingrédients au contenu du chaudron.
     On mangeait le plus souvent des légumes, et peu de viande.
     On mangeait ce pot-au-feu le soir et laissait les restes dans le chaudron.

    Celui-ci se refroidissait pendant la nuit et le cycle recommençait le lendemain.
    De la sorte, certains ingrédients restaient un bon bout de temps dans le chaudron...  
    Les plus fortunés pouvaient s'offrir des assiettes en étain.
    Mais les aliments à haut taux d'acidité avaient pour effet de faire migrer des particules de plomb dans la nourriture, ce qui menait souvent à un empoisonnement par le plomb (saturnisme) et il n'était pas rare qu'on en meure.

      C'était surtout fréquent avec les tomates ce qui explique que celles-ci aient été considérées pendant près de 400 ans comme toxiques.

         
    Le pain était divisé selon le statut social.

     Les ouvriers en recevaient le fond carbonisé, la famille mangeait la mie et les hôtes recevaient la croûte supérieure,bien croquante. 

     Qui a donc dit que l'histoire était ennuyeuse ?    

     Pour boire la bière ou le whisky, on utilisait des gobelets en plomb.
    Cette combinaison mettait fréquemment les buveurs dans le coma pour plusieurs jours !
         
     Et quand un ivrogne était trouvé dans la rue, il n'était pas rare qu'on entreprenne de lui faire sa toilette funèbre .
      Il restait ainsi plusieurs jours sur la table de la cuisine, où la famille s'assemblait pour boire un coup en attendant que l'olibrius revienne à la conscience : d'où l'habitude de la veillée mortuaire. 

     La Grande-Bretagne est en fait petite et à cette époque, la population ne trouvait plus de places pour enterrer ses morts ;du coup, on déterra des cercueils et on les vida de leurs ossements qui furent stockés dans des bâtiments ad hoc afin de pouvoir réutiliser les tombes. 

    Mais lorsqu'on entreprit de rouvrir ces cercueils, on s'aperçut que 4 % d'entre eux portaient des traces de griffures dans le fond, ce qui signifiait qu'on avait enterré là quelqu'un de vivant.

     Qui a donc dit que l'histoire était ennuyeuse ?


     Dès lors, on prit l'habitude d'enrouler une cordelette au poignet du défunt reliée à une clochette    à la surface du cimetière ; et l'on posta quelqu'un toute la nuit dans les cimetières avec mission de prêter 'oreille et c'est ainsi que naquit là l'expression « sauvé par la clochette ». 
     C'est une grenouille en marbre sculptée sur un bénitier à l'entrée de la cathédrale de Narbonne qui est à l'origine de l'expression imagée ''grenouille de bénitier''. 

      Qui a donc dit que l'histoire était ennuyeuse ?

     

    A plus .   .   .   .   , je vais prendre  ma douche"
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Ces personnages de l’histoire de France qui ne parlaient pas français

    Même les cinéastes, qui soignent tant les costumes, semblent s'en désintéresser. Pourtant, la langue parlée par quelques grands acteurs de l'histoire a laissé des traces profondes.

    ****************

    Loin de parler le français standard comme semble l'indiquer le cinéma, le roi Henri IV avait un accent gascon à couper au couteau.

    Wikimedia Commons

    Dans le film La Reine Margot, de Patrice Chéreau, Daniel Auteuil interprète un Henri de Navarre parlant un français standard. Le futur Henri IV (1553-1610) avait pourtant un accent gascon à couper au couteau. Son français était mêlé à tant de gasconnismes que certaines élégantes de la Cour, écœurées, partirent abriter leurs échanges sophistiqués dans des salons. Il en est de même pour Napoléon (1769-1821), qui n'a appris le français qu'au moment de son entrée à l’école militaire de Brienne, à l'âge de 9 ans, et qui n'a jamais pu se départir de ses corsismes. Mais où est passé son accent dans les reconstitutions? La fresque télévisuelle dédiée à l'empereur, interprété par Christian Clavier, a complètement zappé cette dimension sonore.

    Dans la galerie de personnages de l'histoire de France, certains des plus éminents ne savaient ni parler français, ni même un proto-français. Si les langues font les hommes, certains hommes font aussi les langues. En s'intéressant à celles parlées par les acteurs de notre histoire, c'est le fil d'Ariane du français que l'on tire.

     

    Ces rois des Francs qui ne parlaient pas français

    Bien souvent, on débute l'histoire de France avec Vercingétorix (mort en -46 avant J.-C.). La grande figure de la révolte gauloise face aux Romains n'aurait cependant pas compris un traître mot du français contemporain. Aujourd'hui, les propos d'Astérix sont intelligibles pour César. Mais il y a 2000 ans, le général romain devait se faire accompagner d'un interprète en celte, la langue répandue en Gaule, des rives de la Méditerranée jusque dans les îles britanniques. Un parler mal connu car les druides renâclaient à déposer leurs mots à l'écrit. Face au latin triomphant, ce celte a disparu de Gaule en quelques générations –même s'il se réimplantera plus tard en Bretagne. Seuls «ifs», «alouette» et une grosse centaine d'autres motsdérivés du celte auraient survécu dans notre français.

     

    Quand les Francs, de culture germanique, arrivent en Gaule des siècles plus tard, ils découvrent une population gallo-romaine qui s'exprime en un «latin de cuisine». Et quel héritage! Infiniment moins nombreux que les autochtones, ils légueront pourtant leur nom à la future France, mais aussi à une langue parlée aujourd'hui par 300 millions de personnes dans le monde. À l'origine, ils parlaient le francique. Et clairement, ça ne sonnait pas comme du français. Pour s'en donner une idée, rappelons que leur roi le plus célèbre, Clovis (466-511), s'appelait en réalité Chlodowig. Pendant cinq siècles, même s'ils maîtrisaient le latin, la langue de ces rois francs restait germanique.

    Gravure de Stefano della Bella (1644) | The Metropolitan Museum of Art via Picryl

    Il en est ainsi de Charlemagne (74?-814), poids lourd de l'histoire européenne. La France et l'Allemagne s'en réclament toutes deux. Mais culturellement, ce serait plutôt du côté allemand que pencherait l'empereur. C'est d'ailleurs à Aix-la-Chapelle qu'il établit son palais. Et surtout, sa langue maternelle était le tudesque, un idiome germanique qui se maintiendra à la cour des Carolingiens, même après l'éclatement de l'empire (843). Ce long passage germanique a influencé le français dans sa prononciation et l'a enrichi de 500 mots encore très usités (de «framboise» à «guerre»), faisant de la langue française la plus germanisée des langues romanes. Le peuple parlait en effet le roman, un dérivé du latin éclaté en d'innombrables dialectes.

    L'un d'eux, le parler de Paris, n'avait aucune prédisposition particulière pour servir de valeur étalon au futur français. Mais en 987, les barons du royaume ceignirent la tête d'Hugues Capet, comte de Paris, de la couronne de roi des Francs. Ils ne soupçonnaient pas qu'ils arrimaient ainsi le futur français à la confluence de la Seine et de la Marne. Le nouveau roi ne parlait pas tudesque et s'exprimait dans le roman parisien. C'est ainsi que l'ancien français parvint enfin sur le trône. Certes, face aux puissants du Sud, les ducs d'Aquitaine ou les comtes de Toulouse, Hugues n'était qu'un fragile roitelet. Mais ses successeurs deviendront les imposants rois de France. Et c'est leur idiome qui servira de creuset au français. Un creuset dans lequel, au fil des siècles, les autres régionalismes verseront leurs mots, du «balai» breton à l'«auberge» provençale.

     

    La langue de Guillaume conquiert l'Angleterre

    Le dialecte normand était proche de celui de Paris. Quand Guillaume le Conquérant envahit l'Angleterre (1066), un pays profondément germanique, il plaça sa langue continentale à son sommet. Une langue qui prit racine. Et pendant trois siècles, toute l'élite anglaise parlait l'anglo-normand, une version du français qui n'avait rien d'anglais. Les premières légendes du Roi Arthur furent écrites, le plus souvent, en anglo-normand. Idem pour la Chanson de Roland. C'est un comble, mais l'Angleterre devenait un des foyers les plus flamboyants de la littérature française du Moyen Âge. N'en déplaise à Sean Connery, le roi Richard Cœur de Lion (1157-1199) aurait été bien incapable de s'exprimer avec Robin des Bois: il ne parlait pas un mot d'anglais. Son royaume vivait dans une diglossietotale, avec d'un côté l'illustre langue romane des puissants et de l'autre le patois germanique des masses.

    C'est la rivalité franco-anglaise, exacerbée par la guerre de Cent Ans, qui poussa les souverains anglais à réinvestir l'anglais de leur peuple. En 1399, monta sur le trône le premier roi depuis longtemps à disposer de l'anglais pour langue maternelle. Mais l'aura du français à la cour demeurera considérable les siècles suivants. Sous les Tudors, Henri VIII (1491-1547) entretenait en français une correspondance passionnée avec Anne Boleyn pour la séduire –même si cela ne transparaît guère dans Deux sœurs pour un roi. Sous le règne de sa fille, Élisabeth, les courtisans entremêlaient français et anglais, comme on peut subrepticement le constater dans Marie Stuart, Reine d'Écosse, actuellement en salles.

     

    Et ce n'est qu'au XVIIIe siècle que le vocabulaire judiciaire bascule en anglais. Ces anciennes interférences avec le français sont visibles au premier coup d'œil pour un francophone contemporain. La langue de Shakespeare est aujourd'hui truffée de gallicismes. Jusqu'aux deux tiers du lexique, selon la linguiste Henriette Walter, dont de nombreux faux amis qui piègent tant d'élèves français. Les journalistes Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow vont jusqu'à écrire que «le français est le latin de l'anglais».

     

    Même s'il s'exportait outre-Manche auprès des élites, le français restait parlé par une petite minorité de Français et de Françaises. Plutôt des citadines et des habitantes des provinces proches de Paris. Et il s'en est fallu de peu pour que Jeanne d'Arc (1412-1431) ne parlât pas français. Son village, Domrémy, était traversé par un ruisseau qui le divisait en deux. Côté ouest, on parlait le dialecte champenois, proche de celui de Paris; côté est, c'était le barrois, un idiome germanisant. Coup de chance, la Pucelle est née à l'ouest et s'est fait comprendre du dauphin qu'elle a fait sacrer Charles VII. Elle conservait un fort accent, comme l'illustrent les erreurs de transcription du greffier lors de son procès. Il orthographiait son nom «Tarc». Le film Jeanne la Pucelle, avec Sandrine Bonnaire, n'en laisse rien paraître. Sans parler de la Jeanne d'Arc de Luc Besson où Milla Jovovich parle… anglais!

    Et le français supplanta le latin

    Au Moyen Âge succède la Renaissance. François 1er, roi qu'on se représente comme éminemment lettré, a certes encouragé les artistes et humanistes de son temps. En revanche, il semble qu'il ne fut pas aussi cultivé que la légende l'a véhiculé. Il lit peu. Et il est piètre latiniste, une langue qui n'avait pas encore dit son dernier mot. Prestigieuse, elle demeurait bien vivante pour les juristes et tout esprit érudit de ce temps. Le linguiste Claude Hagège explique que «si le monarque parle à peu près la même langue que les masses, son entourage reste essentiellement latinophone». C'est dans ce contexte qu'il signe l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 qui énonce que les actes juridiques et notariés (contrats de mariage, etc.) doivent être écrits en «langage maternelle francoys, et non autrement». Cette volonté de «délatinisation» était dans l'air du temps et Martin Luther appelait au même moment à traduire la Bible latine en langues vernaculaires. Mais on imagine que le roi n'était pas mécontent de s'en débarrasser.

    Perdant du terrain, le latin se recroquevilla sur son dernier pré carré: la diplomatie. Une position parfaite pour une langue neutre. Mais l'Europe se délatinisait et même ses élites en perdaient leur latin. Pour le compte de Louis XIV, le maréchal de Villars devait négocier en 1714 le traité de Rastatt avec les Habsbourg. Mais son niveau dans la langue de Cicéron était trop médiocre pour qu'il remplisse cette tâche. Pour accommoder Villars, on consentit à le rédiger uniquement en français –une première–, mais une clause précisait que c'était à titre exceptionnel. Cette exception fera pourtant jurisprudence. Le français entamait une longue carrière diplomatique. Par la suite, tous les traités furent rédigés dans cette langue. Que la France gagne ou non la guerre. Qu'elle fasse ou non partie des belligérants.

    Son «règne» international prit fin il y a pile un siècle. Signé en 1919, le traité de Versailles fut certes écrit en français, mais également en anglais. Une relégation d'autant plus surprenante que la France, au premier rang des alliés, était auréolée du prestige de la victoire. Pour comprendre, il faut aussi fouiller l'histoire anecdotique. Il semble que le président américain Wilson n'était pas très à l'aise en français. Au contraire, Georges Clemenceau avait été marié à une Américaine et parlait parfaitement anglais. Pour faire avaler cette couleuvre, le Tigre arguera que l'anglais «ce n'est jamais que du français mal prononcé». Un bon mot qui masquait mal une autre réalité, plus géostratégique: celle de l'ascension américaine. On connaît la suite...

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Femmes de tête, femmes d’influence, femmes de science… Paris Zigzag revisite les portraits du beau sexe, de celles qui ont fait l’Histoire parisienne. Petites et grandes destinées s’entremêlent, le temps d’un panorama flamboyant !

    Sainte Geneviève

    On la connaît comme étant la patronne de Paris, mais qu’a-t-elle fait ? Rien moins que repousser les Huns en dehors de la ville. A l’annonce du siège ennemi, cette modeste nonne entreprend de convaincre les Parisiens de résister à l’invasion coûte que coûte.

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Ouverture dans 0Sponsorisé par FiatNOUVELLE FIAT 500XUn SUV au Design made in Italy qui embarque les dernières technologies d'aide à la conduite.JE LA DÉCOUVRE   

    L’entreprise est un succès.

    Les habitants se préparent au siège, portés par la ferveur communicative de la religieuse. Les Huns n’aimant que les victoires faciles, Paris est alors laissée tranquille. En hommage à cette heure de gloire, Sainte Geneviève est enterrée dans l’église Saint-Etienne-du-Mont.

    Olympe de Gouges

    Femme d’avant-garde, Olympe est l’une des premières politiciennes de la capitale. Son premier champ d’action ? Le théâtre, où elle se fait rapidement connaître au 18e siècle pour ses pièces controversées. Auteure d’une vingtaine d’œuvres essentiellement politiques, elle milite avec rage pour l’abolition de l’esclavage, le droit des Femmes ou encore le droit au chômage des ouvriers.

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Mais d’autres causes lui tiennent aussi à cœur. Un an après son puissant plaidoyer en faveur du divorce, la loi concernée obtiendra gain de cause.

    Comtesse de Castiglione

    Sa beauté est légendaire, mais fait surtout diversion. Car avant d’être un modèle renommé de photographie, la Comtesse Virginia de Castiglione est espionne avant tout. Italienne d’origine, elle attire Napoléon III dans ses filets et devient sa maîtresse, piégeant sur l’oreiller tout un tas de secrets politiques français… Ses proies sont nombreuses et jalonnent son parcours mystérieux de femme de l’ombre.

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Louise Colet

    En admiration devant elle, Victor Hugo l’appelle « la déesse des Muses ». A l’inverse, Flaubert la dénigre facilement en public. En cause ? Leur rupture difficile après plusieurs années de folle passion. Militante féministe et poétesse, Louise Colet se fait surtout connaître pour son Poème de la Femme, projet inachevé de six longs récits qui devaient retracer la destinée féminine dans toutes ses conditions sociales. Elle n’en achève que trois volets avant sa mort, mais l’œuvre est puissante et fait longtemps résonner son nom dans Paris.

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Sarah Bernhardt

    On ne présente plus « la Voix d’Or » des planches… C’est pour elle que Cocteau, dans un moment d’inspiration, consacra l’expression « monstre sacré ». Tragédienne, oui, mais star populaire avant tout : Sarah Bernhardt influence son époque aussi bien au théâtre que dans les boutiques de mode ou la sphère politique (elle défend Zola pendant l’affaire Dreyfus).

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Sa devise ? Un « quand même » victorieux qui remonte à l’enfance, lorsqu’elle parvient à traverser un ruisseau qu’on disait infranchissable. Même avant sa mort, pourtant amputée d’une jambe, sa détermination à jouer sur scène est intouchable. Elle se donne en spectacle assise, et remporte à sa mort des funérailles nationales.

    Marie Curie

    Première femme à avoir reçu un prix Nobel, la seule à en avoir eu deux, on oublie parfois que Marie Curie est parisienne d’adoption. A la mort de son mari, celle qui a déjà découvert la radioactivité prend un poste de professeur à la Sorbonne et obtient (encore) le célèbre prix pour ses travaux sur le radium et le polonium.

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Amie d’Einstein, elle met en place « les petites Curies », des ambulances à rayons X qui localisent les balles dans le corps des blessés pendant la première Guerre Mondiale. Longtemps associée à son mari, l’Histoire lui a rendu ses titres d’honneur en la considérant comme l’une des plus grandes scientifiques.

    Simone de Beauvoir

    C’est dans son petit trois-pièces parisien, rue de la Bûcherie, que la célèbre intellectuelle écrira le « Deuxième Sexe ». Décriée par les hommes à la sortie du livre, Simone de Beauvoir gagne le cœur des femmes et de l’Histoire en posant des jalons de la libération féminine des années 70. Même adresse, elle compose le très autobiographique « Mandarins », qui lui vaut le prix Goncourt en 1954. 

    Parisienne de tête et de cœur, elle est aujourd’hui enterrée à Montparnasse.

     

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Eugénie Buffet

    Célèbre chanteuse de cabaret début 20e, Eugénie Buffet ne se repose pas sur ses lauriers. Sa notoriété ne l’empêche pas de chanter dans les rues parisiennes, gardant toujours un contact étroit avec le peuple. Elle donne une partie de ses gains aux pauvres et aux malades, et pendant la grande Guerre, on la surnomme « Caporale » parmi les Poilus : elle a pris l’habitude de chanter pour eux et pour leurs veuves. L’Histoire la retient comme l’un des plus grands cœurs du vieux Paris. Pour Jean Renoir, c’est Piaf qui l’interprétera sur grand écran.

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Joséphine Baker

    On la connaît comme la première star noire et l’enchanteresse des salles parisiennes, où elle dansait à demi-nue avec un charme explosif. Le public s’emballe sans pour autant lui donner la faveur du respect, n’oublions pas l’époque… Mais toujours est-il qu’elle devient un emblème incontournable, celui d’une liberté nouvelle et d’une culture jazz qui s’infiltre en grande pompe à Paris. Ce qu’on sait moins d’elle ? Elle obtient la médaille de la Résistance à la Libération, pour ses services rendus au contre-espionnage pendant la guerre.

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

    Régine Deforges

    C’est la première femme à avoir ouvert sa propre maison d’édition, en 1968. Vive et rebelle, Régine Deforges se lance dans une carrière éditoriale brûlante où défilent des titres d’ouvrages récriés, sulfureux, souvent censurés (comme sa réédition du con d’Irène, retiré de la vente 48h après sa publication). Régine n’aura de cesse de se battre avec la justice pour garder sa liberté éditoriale. Elle écrit la Bicyclette Bleue en 1981, succès phénoménal à travers le pays.

    Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • 349 ans après, la commande a été finalisée à Versailles !

    349 ans après, la commande a été finalisée à Versailles !

    « Nous avons décidé d’honorer la commande, comme à l’époque... », a déclaré Khalid Massoud, gérant d’une carrière de marbre de Caunes dans l’Aude, aux journalistes d’Europe 1.
    Effectivement, le Château de Versailles recevra bien sa commande de marbre rouge passée il y a plus de 300 ans !

    349 ans après, la commande a été finalisée à Versailles !

    Le bloc de marbre rouge devait être utilisé dans la création d’une chapelle au sein du palais encore en construction au 17e siècle au moment de la commande. Du fait des délais de livraison trop importants, le projet fût abandonné par l’architecte Louis Le Vau. Plus de 300 ans plus tard, le bloc fut finalement retrouvé, caché derrière un bosquet !

    Cependant, le bloc sera livré comme il l’aurait été à l’époque, c’est-à-dire, en chariot et tiré par des cheveux. Alors, encore un peu de patience…

     
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Versailles : des marécages aux dorures

    jardin de versailles 

    Le Louvre, Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau, et tant d’autres. La France ne compte plus ses résidences royales.

    Et il y a Versailles, THE place to be !

    Comment le petit château construit sur des marécages puants est devenu le plus beau palais d’Europe ?

    Tout débute avec Louis 13

    En août 1607, le jeune garçon découvre le petit village médiéval de Versailles lors d’une chasse avec son père, Henri 4. Plus tard, il deviendra un roi discret et mélancolique. Versailles, à 2h de cheval de la capitale foisonnante, est fait pour lui !

    Il faut imaginer un village isolé et difficile d’accès. C’est une cuvette remplie de marécages, infestés de moustiques. Quelle puanteur. Heureusement… il y a d’immenses forêts et dès que son emploi du temps le permet, place à la chasse, bien sûr.

    D’ailleurs, Saint-Simon, le chroniqueur de l’époque disait : « le plus triste et le plus ingrat de tous les lieux, sans vue, sans bois, sans eau, sans terre parce que tout y est sable mouvant et marécages… ».

    1623 : Louis 13 a 20 ans. Il rase le moulin sur la colline et fait construire à la place un pavillon de chasse : 4 pièces, 1 galerie, quelques dépendances, c’est tout. Il adore son château où les femmes ne sont pas admises ! Il n’y a pas de « chambre de la reine » dans ce premier château…Il déclare même qu’  « un grand nombre de femmes lui gâterait tout ».

    Les passe-temps sont en effet, plutôt…virils ! Chasses, visites des plantations et quand le temps est mauvais : réunions militaires au coin du feu,  jeux de tric-trac, d’échecs … Très loin de l’image actuelle, ce premier château forme le cœur de l’actuel édifice, devant la cour de marbre.

    versailles-contruction

    © Château de Versailles / Jean-Marc Manaï

     C’est Louis 14 qui va le transformer et en faire un palais digne de contes de fées.

    Louis connait bien Versailles, il s’y réfugie pendant son adolescence pour échapper à la fronde : la révolte des nobles et du peuple contre le pouvoir. Il se sent humilié et menacé à Paris.

    C’est décidé, Versailles deviendra son home sweet home, 3 bonnes raisons à cela :

    Première raison : l’adultère
    Louis à 23 ans, il n’est pas heureux en ménage et  se console auprès de sa maitresse : Louise de La Vallière. A Paris, ils se retrouvent la nuit en cachette. Les paparazzis se bousculent, l’atmosphère est étouffante. Versailles offre à leur love story l’écrin parfait.

    Deuxième raison : le potentiel
    Louis est un visionnaire. Il voit au-delà de la nature hostile de Versailles et imagine de merveilleux jardins à la française entourant son palace. Il adorera d’ailleurs  les faire visiter lui-même. Il  écrit même un guide. « La manière de montrer les jardins à Versailles ».

    Troisième raison : l’empreinte
    Louis 14 appartient à la dynastie des Bourbons qui n’ont encore construit aucun château. Il veut un palais bien à lui construit selon ses plans pour laisser son empreinte.

    Et comme Louis est quelqu’un d’obstiné,  Il va faire de cet endroit quelque peu lugubre, un lieu féerique. Versailles avec un grand V met 50 ans à voir le jour. Personne ne comprend cette obstination. Colbert, son bras droit, ose même critiquer le projet, expliquant au roi qu’en délaissant Le Louvre il se trompe.

    construction chateau versailles

    1663 : Louis est jeune et beau. Il organise à Versailles des fêtes extraordinaires en l’honneur de ses maîtresses. Celle pour Louise de La Vallière durera 2 jours durant lesquels Dancefloor, concerts, expos, feux d’artifice se succèdent.  Une ménagerie  avec toutes sortes d’animaux, des grottes à jeux d’eau, des bassins, des fontaines sont créés et mis en scène. Et Louis est très fier de montrer le grand canal rempli de bateaux : Gondoles, frégates, galères de luxe y flottent. C’est « Le port de Versailles.

     Après de longues hésitations, Louis a décidé de conserver le petit château de son père. A partir de 1668, les travaux avancent bien. Le duo Le Nôtre/ Le Vau est parfait : un paysagiste génial  doublé d’un architecte à la pointe.

    A l’intérieur, grande nouveauté, Louis veut loger toute la cour alors le château sera gigantesque. La décoration est époustouflante ! Il fait venir les plus belles sculptures et bronzes de l’antiquité romaine et dépouille la France et l’Europe des plus grands artistes.

    Quelques années plus tard en 1672,  le château peut recevoir le conseil pendant quelques jours. Les dorures commencent à briller.

    Au fil des ans et des échafaudages, le château a complètement changé.

    Versailles_depuis_les_hauteurs_de_Satory

    Nous sommes en 1682 : Ça y est : Louis et sa cour quitte Paris. Versailles, jusque-là lieu de fêtes devient résidence royale. Un jeune architecte est nommé : Mansart. Avec le roi ils sont en parfait accord. C’est l’apothéose. Ils  créent à eux deux, des percées monumentales et la fameuse galerie des glaces.

    C’est au départ une simple terrasse où le roi aime venir contempler le coucher du soleil, elle sera couverte suite à de nombreux problèmes d’étanchéité. La galerie est née mais pas encore la galerie des glaces. La guerre est déclarée entre Le Brun et Mansart. Le Brun, le peintre veut des tableaux sur tous les murs. Mais Mansart, l’architecte a une meilleure idée : des miroirs qui refléteront les jardins.

    Gagné. Le roi adore l’idée. Mais il y a un problème. Le roi veut uniquement du Made in France… Et Venise garde secrètement la recette des miroirs… Comme au foot aujourd’hui on réalise de gros transferts. On achète à prix d’or les gardiens du secret de l’étamage. On crée une manufacture royale : Saint-Gobain. Près de 350 miroirs sont soufflés à la bouche. Les plus grands jamais fabriqués. La galerie des glaces est enfin née. Avec elle, Le luxe à la française…

    construction_Versailles_chateau

    Le château après le premier agrandissement en 1668
    © Photo RMN-Grand Palais  / Gérard Blot

    Côté sombre de l’histoire 

    Le chantier fait des  milliers de morts ! Les 36000 ouvriers galèrent dans les échafaudages, les plâtres, la poussière…et le paludisme n’arrange rien. Tous les matins, le spectacle est hallucinant : ballet de charrettes pour ramasser les morts sur le chantier.

    Dernier grand chantier de Louis : la chapelle royale. Sol en marbre polychrome,  voûte entièrement peinte, le chantier dure, dure, et coûte très cher. Il mobilise 110 sculpteurs, 8 peintres et 2 architectes.

    Louis est arrivé à Versailles en jeune homme, il entrera dans cette chapelle en vieillard. Il aura consacré sa vie à bâtir son palais.

    versailles-histoire-contruction

    La Chapelle royale de Versailles

    1715 : A la mort de Louis 14, Versailles se vide. Tout le monde repart à Paris. La vie culturelle et mondaine se passe dans la capitale. Ducs et princes y retrouvent leurs hôtels particuliers.

    jardin de versailles

    Lorsque Louis 15 a 13 ans, il vient se balader  à Versailles. Et là, c’est la révélation. Il court, émerveillé dans les jardins. Il s’allonge dans la galerie des glaces … Et c’est reparti ! Tout le monde revient à Versailles.

    Moins jetset que Louis 14, Louis 15 et Louis 16 aménagent des appartements privés, plus intimes, plus confortables. Moins de fêtes, moins d’étiquette, moins de tout…

    Au total : la construction de Versailles aura coûté 81 millions de livres (terrassements, jardins et château) et près de 100 millions de livres pour les meubles et œuvres d’art (Louis 14 se fait faire un trône et du mobilier en argent massif, il y avait même la Joconde à Versailles !). Elle aura permis de soutenir l’industrie du luxe, du BTP, et de nombreux artistes !

    Chateau_de_Versailles_histoire

    Malgré tout, Louis 14 a réussi. Il a réalisé son rêve : laisser son empreinte.

    Encore aujourd’hui Les députés et les sénateurs se réunissent pour modifier la constitution française, les plus grands réalisateurs tournent des scènes de films, les couturiers les plus prestigieux organisent des défilés, et nous tous, visiteurs du monde entier, nous pressons aux  grilles du château comme les courtisans autrefois pour apercevoir le lit de sa majesté…

    versailles-we

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • 28 janvier 1613 : déclaration de Louis XIII
    contre les duels avec protestation
    de n’en jamais accorder la grâce

    **************

    La mort du baron de Lux, tué dans la rue Saint-Honoré par le chevalier de Guise, qui l’avait forcé de mettre l’épée à la main, fut l’occasion de ce nouvel édit. Ce qui est remarquable, c’est que, peu de temps après, le même chevalier de Guise tua le fils du baron de Lux , et que l’on n’en fit pas de recherches, parce qu’alors la reine-mère ménageait messieurs de Guise, pour les détacher du parti du prince de Condé. Ce chevalier de Guise périt, l’année suivante, de l’éclat d’un canon auquel il voulut mettre le feu, et qui creva.

    Duel. Gravure de Jacques Callot (1622)
    Duel. Gravure de Jacques Callot (1622)

    Le nouvel édit n’eut pas plus d’effet que les précédents. La noblesse continua de se livrer au duel sans cause, et uniquement pour faire preuve de son adresse dans le maniement des armes ; mais la sévérité dont le cardinal de Richelieu usa envers François de Boutteville, Montmorency, père du maréchal de Luxembourg, fit plus d’impression sur les esprits que tous les édits.

     

     

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La leçon d’histoire de la statue de la République

    C’est une place que nous connaissons tous. La place de la République est, depuis plus d’un siècle, le lieu où se rassemblent les Parisiens pour manifester, célébrer ou rendre hommage. Il y a deux raisons à cela : avec ses 33 000 m², c’est l’une des plus grandes esplanades parisiennes et son Monument à la République en fait un lieu on ne peut plus symbolique.

    Inaugurée en 1883, cette immense statue représente une allégorie de la République. Constituée d’une sculpture en bronze de 9,5 mètres et d’un piédestal élevé sur 15,5 mètres, cet ensemble statuaire nous présente quelques uns des symboles les plus éminents de la République Française. Marianne est accompagnée d’un bonnet phrygien, d’une tablette des « Droits de l’Homme » et d’un rameau d’olivier, représentant la paix. Un lion en bronze, symbolisant le suffrage universel, et trois statues servant d’allégorie à la devise française viennent compléter ce monumental ouvrage. Mais la grande particularité de cette statue se trouve autour de son piédestal : 12 hauts-reliefs en forme de tableaux. Chacun d’eux représente une date importante de l’Histoire de France, et plus particulièrement de la République Française. On les découvre.

    Les prémices de la Révolution 

    Le premier relief illustre la date du 20 juin 1789. En ce jour-là, les députés réunis pour les États-Généraux entraient en résistance contre le roi et rédigeaient le premier texte de la révolution : le Serment du Jeu de Paume. Le relief reprend le tableau inachevé du peintre David et nous montre le député Jean-Sylvain Bailly, futur premier maire de Paris, lisant le texte au reste de l’assemblée. Vient ensuite la date du 14 juillet 1789 et son illustration de la prise de la Bastille, puis le 4 août 1789, jour qui a vu l’intégralité des privilèges féodaux être supprimée. Le 14 juillet 1790 complète ce premier ensemble et représente la Fête de la Fédération, célébrée sur le Champ-de-Mars pour le premier anniversaire de la prise de la Bastille. Le marquis de La Fayette, le grand héros de cette journée, est représenté au centre du relief, symbole d’une France unie et réconciliée.

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Au cœur de la Révolution 

    Les quatre reliefs suivants évoquent des dates importantes de la période révolutionnaire. Le 11 juillet 1792,  l’Assemblée législative proclame « la Patrie en danger » suite à de multiples défaites des troupes françaises contre le Saint-Empire romain germanique. Le relief suivant semble lui répondre. Le 20 septembre 1792 illustre la fameuse bataille de Valmy, première victoire de l’armée française contre les troupes prussiennes. Enfin, la date du 21 septembre 1792 ne pouvait être que présente sur le piédestal du Monument de la République puisqu’elle correspond à l’abolition de la royauté et, de facto, à la naissance de la République.

    Ils nous a fallu chercher un peu plus longtemps pour comprendre à quoi correspond le huitième relief. La raison n’est pas tant que la date est écrite en calendrier républicain, mais parce que nous ne l’avons jamais apprise à l’école. Le 13 prairial an 2, soit le 1er juin 1794, correspond à une bataille navale qui a eu lieu près d’Ouessant entre les flottes britanniques et françaises. Seule spécificité de cette bataille, sa victoire a été revendiquée par les deux camps… Une façon de clamer notre supériorité face à nos amis d’outre-Manche ?

     

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Le siècle républicain

    Avec les quatre derniers reliefs, nous entrons de plain-pied au XIXe siècle. Un saut dans le temps de presque quarante ans et nous arrivons au 29 juillet 1830, date qui voit le peuple parisien triompher sur les forces armées du roi Charles X.  En ce troisième jour d’insurrection que l’on appellera les « Trois Glorieuses », le peuple a remporté sa victoire dans la rue et l’option républicaine est encore envisagée. Dès le lendemain cependant, l’on pense plutôt à mettre un nouveau roi sur le trône et les espoirs républicains s’effondrent. La monarchie de Juillet sera proclamée dix jours plus tard.

    18 années passent, la révolution est à nouveau en marche. Le 24 février 1848, après trois jours d’insurrection, la Deuxième République est proclamée. Ce n’est pourtant pas cette date qui figure sur le dixième relief, mais bien celle du 4 mars 1848. Cette dernière correspond à l’une des premières dispositions prise par ce nouveau régime : l’adoption du suffrage universel masculin.

    Les deux dernières dates, enfin, sont contemporaines de l’édification du monument. La première, le 4 septembre 1870, correspond à la proclamation de la Troisième République. La seconde, le 14 juillet 1880, est la date de la première Fête Nationale qui s’est déroulée 90 ans après la Fête de la Fédération dont elle en est la célébration.

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Cette douzaine de tableaux sculptés est représentative des idéaux et du point de vue qu’avait la Troisième République sur son histoire. On ne s’étonnera pas que la Révolution Française soit l’époque la plus représentée sur les hauts-reliefs. Elle est en effet considérée par la Troisième République comme l’événement fondateur du mouvement républicain en France.

    Néanmoins, des dates importantes comme l’exécution de Louis XVI, la chute de Robespierre ou encore la Commune de Paris ne sont pas représentées, sans doute trop controversées. Des époques entières manquent également à l’appel, telles que l’Empire ou la Restauration, logiquement discréditées tout au long de la Troisième République. Le monument à la République reste néanmoins un bel aperçu des événements qui ont marqués nos ancêtres du XIXe siècle.

    Cyrielle Didier

     *********************************************

    La place de la République au début du XXème siècle

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Voici, en partenariat avec Paris en Images, une sélection de photos qui vous feront découvrir la place de la République au début du XXème siècle

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Paris Xème arr.. Les magasins réunis et l’Hôtel moderne, place de la République. Vers 1920. © Albert Harlingue / Roger-Viollet

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Guerre 1939-1945. Libération de Paris. Combats place de la République. Août 1944. © LAPI / Roger-Viollet

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Guerre 1939-1945. Libération de Paris. Parisiens s’abritant pendant une fusillade place de la République. 25 août 1944 © LAPI / Roger-Viollet

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Tramway à deux chevaux Charenton-Place de la République. Paris, 1912. © Jacques Boyer / Roger-Viollet

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Meeting. Paris, place de la République, janvier 1948. © Collection Roger-Viollet / Roger-Viollet

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Construction du Métropolitain. Etat des travaux, place de la République. Paris, juillet 1906. © Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Manifestation du 1er mai 1909. Place de la République. Paris. © Roger-Viollet

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Guerre 1939-1945. Cérémonie en mémoire des fusillés de Chateaubriant, place de la République. Paris, juillet 1945 © LAPI / Roger-Viollet

    La leçon d’histoire de la statue de la République

    Guerre 1939-1945. Libération de Paris, la foule place de la République célébrant la fin de l’occupation allemande. Paris, 25 août 1944. © LAPI / Roger-Viollet

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Alfred de Vigny prône un
    gouvernement probe et économe

    *******

    Si l’on ne présente plus la figure du romantisme, le dramaturge, poète et académicien Alfred de Vigny, l’homme politique est moins connu...

     

    Candidat à la députation du département de la Charente aux élections législatives d’avril 1848, il ne cache pas, dans une profession de foi rédigée pour les électeurs et dont nous donnons ici l’intégralité, sa foi en la IIe République proclamée le 25 février précédent :

    « C’est pour moi un devoir de répondre à ceux de mes compatriotes de la Charente qui ont bien voulu m’appeler à la candidature par leurs lettres et m’exprimer des sentiments de sympathie dont je suis profondément touché. La France appelle à l’Assemblée Constituante des hommes nouveaux. Ce sentiment est juste après une révolution plus sociale que politique, et qui a enseveli dans les débris les catégories haineuses des anciens partis.

    Alfred de Vigny
    Alfred de Vigny

     

    « Mais les hommes nouveaux qu’il lui faut ne sont-ils pas ceux que des travaux constants et difficiles ont préparé à la discussion des affaires publiques et de la vie politique ? Ceux qui se sont tenus en réserve dans leur retraite sont pareils à des combattants dont le corps d’armée n’a pas encore donné. Ce sont là aussi des hommes nouveaux, et je suis de ceux-là.

    « Chaque révolution après sa tempête laisse des germes de progrès, dans la terre qu’elle a remué et, après chaque épreuve, l’Humanité s’écrie : Aujourd’hui vaut mieux qu’hier, demain vaudra mieux qu’aujourd’hui. Je me présente à l’élection sans détourner la tête pour regarder le passé, occupé seulement de l’avenir de la France. Mais, si mes concitoyens veulent rechercher dans les années écoulées pour voir ma vie, ils y trouveront une indépendance entière, calme, persévérante, inflexible ; seize ans de cette vie consacrés au plus rude des services de l’armée, tout le reste donné aux travaux des lettres, chaque nuit vouée aux grandes études.

    « Existence sévère, dégagée des entraves et des intrigues de partis. J’ai ce bonheur, acquis avec effort, conservé avec courage, de ne rien devoir à aucun gouvernement, n’en ayant ni recherché, ni accepté aucune faveur. Aussi ai-je souvent éprouvé combien cette indépendance de caractère et d’esprit est plus en ombrage au pouvoir que l’opposition même. La raison en est celle-ci : les pouvoirs absolus ou qui prétendent à le devenir peuvent espérer corrompre ou renverser un adversaire, mais ils n’ont aucun espoir de fléchir un juge libre, qui n’a pour eux ni amour ni haine. Si la République sait se comprendre elle-même, elle saura le prix des hommes qui pensent et agissent selon ce que je viens de dire. Elle n’aura jamais à craindre d’eux, puisqu’elle doit être le gouvernement de tous par chacun et de chacun pour tous.

    « Ainsi conçu, ce mâle gouvernement est le plus beau. J’apporte à sa fondation ma part de travaux dans la mesure de mes forces. Quand la France est debout, qui pourrait s’asseoir pour méditer ? Lorsque l’Assemblée nationale, dans de libres délibérations, aura confirmé, au nom de la France, la République déclarée, efforçons-nous de la former à l’image des Républiques sages, pacifiques et heureuses, qui ont su respecter la Propriété, la Famille, l’Intelligence, le Travail et le Malheur ; où le gouvernement est modeste, probe, laborieux, économe ; ne pèse pas sur la nation , pressent, devine ses vœux et ses besoins, seconde ses larges développements et la laisse librement vivre et s’épanouir dans toute sa puissance.

    « Je n’irai point, chers concitoyens, vous demander vos voix. Je ne reviendrai visiter au milieu de vous cette belle Charente qu’après que votre arrêt aura été rendu. Dans ma pensée, le peuple est un souverain juge qui ne doit pas se laisser approcher par les solliciteurs et qu’il faut assez respecter pour ne point tenter de l’entraîner ou de le séduire. Il doit donner à chacun selon ses œuvres. Ma vie et mes œuvres sont devant vous. »

    Non élu, Alfred de Vigny se présenta également aux élections de l’année suivante, sans succès.

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Enfance et éducation du futur
    Henri IV pensées par son grand-père
    (D’après « La Mosaïque », paru en 1883)
     
    *************
     
    La naissance et l’éducation de Henri IV annoncèrent ce qu’il devait être un jour, et le vieux roi de Navarre, Henri d’Albret, son grand-père, prophétisa que la « brebis avait enfanté le lion », pour répondre à la raillerie des Espagnols, qui avaient dit de sa femme, par allusion aux armes de Béarn qui portent deux vaches de gueules ou rouges en champ d’or, que la « vache avait enfanté une brebis ». Et c’est ce même grand-père qui fixa les principes de son éducation, afin d’en faire un personnage au caractère bien trempé en prévision des épreuves qu’il le pressentait être amené à affronter.
     
     

    Ce ne pouvait pas être un prince ordinaire celui qui fut conçu, mis au monde, nourri et élevé autrement que tous les fils de rois. Henri d’Albret, roi de Navarre, qui avait perdu en 1512 une partie de ses États usurpés par Ferdinand, roi d’Aragon, désirait ardemment que sa fille unique Jeanne d’Albret, mariée à Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, lui donnât un héritier. Les deux premiers enfants nés de cette union étaient morts jeunes, par suite d’accidents, l’un ayant été étouffé par sa nourrice, l’autre étant tombé des bras de sa gouvernante.

    Avant que la duchesse de Vendôme devînt grosse pour la troisième fois, Henri d’Albret, prince austère et philosophe, l’avait priée de lui confier le nouveau-né, qu’elle devait à la gloire de sa maison ; il voulait, disait-il, apprendre à son petit-fils la vengeance qu’il fallait tirer des Espagnols, usurpateurs du royaume de Navarre, et il s’engagea, vis-à-vis de sa fille, à lui montrer le contenu de son testament aussitôt qu’elle lui montrerait ce que contenait son ventre. Il exigeait d’elle une humeur égale et joyeuse durant cette grossesse, et il lui fit promettre de chanter une chanson pendant les douleurs de l’enfantement, afin qu’elle n’eût pas un enfant « pleureur et rechigné ».

    Jeanne d’Albret, se trouvant à la cour de France, s’aperçut qu’elle était enceinte : elle ne se pressa pas de revenir se confiner dans la petite cour de Navarre, qui ne lui offrait aucune distraction agréable, et ne changea rien à la vie de plaisir qu’elle menait au milieu du tourbillon des fêtes et des tournois ; seulement, pour se conformer aux désirs de son père, quand approcha le terme de sa grossesse, elle retourna en Béarn, où elle accoucha, neuf jours après son arrivée au château de Pau, le 13 décembre 1553.

    Toutes les portes de son appartement restèrent ouvertes à l’heure de ses couches, et chacun put entendre une voix ferme, qui chantait ce noël en langue basque : « Notre-Dame du Bout-du-Pont, aidez-moi à cette heure ! » Il Le vieux roi était là, impatient de connaître le succès de ses vœux ; il reçut dans ses bras l’enfant, dont il constata le sexe, et il l’enveloppa dans un coin de sa houppelande, en jetant sur le lit de l’accouchée une boîte d’or qui renfermait son testament : « Ma fille, voilà ce qui est à vous, et ceci est à moi ! » dit-il.

    A ces mots, il emporta l’enfant qui le regardait fixement, sans pousser un seul cri, et avant de le remettre aux soins des nourrices, qu’il avait choisies parmi les paysannes, il lui frotta les lèvres avec une gousse d’ail et lui fit sucer du Jurançon, dans sa coupe d’or, pour préparer le régime fortifiant auquel devait être soumis le prince de Béarn. Henri d’Albret, qui vécut encore deux années, eut le temps de voir les premiers résultats de l’éducation qu’il avait préparée, et la future reine de Navarre lui promit de suivie expressément ses dernières volontés à l’égard de l’enfant chéri qu’il bénissait en mourant.

    « Mignonne des rois ! disait-il à sa fille, qu’on appelait ainsi à cause de la tendresse que les rois François Ier et Henri II avaient eue pour elle, notre petit Béarnais est séparé de la couronne de France par neuf princes du sang, tous jeunes et bien portants ; mais j’augure que les plus grands obstacles du monde terrestre ne retarderont pas les décrets du ciel. Henri sera un vaillant homme de guerre, un clément pacificateur, un roi tout-puissant. »

    Portrait présumé de Henri IV enfant (Musée du château de Pau)
    Portrait présumé de Henri IV enfant (Musée du château de Pau)

     

    Ce prince, soustrait dès l’enfance au contact de la cour, n’en prit pas les pernicieuses habitudes : son physique et son moral se développèrent d’eux-mêmes, en liberté, sous les auspices de la simple nature. Il fut élevé, jusqu’à l’âge de dix ans, au château de Coarasse, antique forteresse des comtes de Béarn, située dans la solitude la plus pittoresque, au sommet d’un rocher, et entourée de montagnes, de lacs et de torrents. C’est là qu’il donna carrière à ses nobles instincts de bonté, de franchise, de générosité, de grandeur d’âme ; c’est là qu’il acquit ces grandes qualités qui firent le fond de son caractère : le courage et la résignation, le dédain du danger et l’amour du travail ; car. tout prince qu’il fut, il était vêtu de bure, comme les vachers et les chevriers, ses compagnons de jeux et de promenades.

    Ces premières années de son enfance avaient été consacrées surtout à donner une trempe robuste à sa constitution. Suzanne de Bourbon, baronne de Miossens, alliée de la famille d’Albret, était sa gouvernante ; elle veillait, en cette qualité, à faire exécuter scrupuleusement le plan d’éducation que le vieux sire d’Albret avait tracé pour son petit-fils ; on endurcissait ainsi le jeune prince à des exercices pénibles et grossiers, pour lui faire oublier que sa naissance et son rang l’appelaient à jouir de toutes les douceurs, de toutes les délicatesses de la vie aristocratique. Souvent la vieille baronne pleurait de compassion, en cachant ses larmes, quand elle voyait l’enfant revenir au château, épuisé de fatigue, mourant de faim, à demi mort de froid, mais toujours de bonne humeur.

    Grimper sur les rocs à pic, enlever des nids d’aigle, traverser à la nage la rivière des Gaves, courir pieds nus dans la neige, vagabonder nu-tête au soleil d’été, jouer au bord des précipices, gravir les montagnes, descendre dans les vallées, tuer des oiseaux à coups de flèche et de fronde, bêcher la terre, porter des fardeaux, monter au faîte des grands pins, telles étaient les occupations journalières du prince, qui ne trouvait à Coarasse qu’une nourriture frugale, du pain bis, du fromage, de l’ail et de l’eau pure tous les jours, un peu de vin et du porc salé tous les dimanches.

    Cette alimentation agreste et à peine suffisante, assaisonnée par l’appétit, l’accoutumèrent de bonne heure, aux privations qu’il devait plus tard supporter mieux que ses soldats dans les rudes épreuves de la guerre ; son caractère gai et vif, exempt d’inquiétude et d’entraves, continuait à épanouir la fleur de sa santé.

    A vrai dire, il n’avait pas eu d’enfance. Le précepteur du jeune Henri, qui se nommait La Gaucherie, était aussi maladroit dans ses paroles que dans ses actions ; car il disait toujours ce qu’il devait taire, et, par l’effet d’une distraction irrémédiable, il laissait échapper tout ce qu’il tenait à la main. Henri de Bourbon se trouvait ainsi abandonné à la garde d’un petit valet de chambre, âgé de douze ans, appelé Mamelot. Le château de Coarasse n’était habité que par d’anciens serviteurs de la baronne de Miossens, et l’on n’y voyait que des barbes grises et des cheveux blancs ; ce qui ne contribuait pas peu à rendre plus triste encore le séjour de cette forteresse féodale, dans un site âpre et désolé.

    Henri s’affligeait souvent de la solitude où ses parents l’oubliaient ; et, pour échapper au contact des vices et de la mauvaise nature de Mamelot, il s’en allait seul rêver de guerre et de chevalerie dans les forêts de sapins qui couronnaient les hauteurs voisines de Coarasse, ou bien il s’enfermait dans la grande salle du château, toute tendue de tapisseries de haute lice, représentant les Métamorphoses d’Ovide, et vis-à-vis de ces peintures de laine il donnait libre carrière à des réflexions qui contrastaient avec les habitudes rustiques et incultes de son éducation.

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique