• Fête des fous à Sens et à Châlons (Yonne et Saône-et-Loire) (d’après un récit paru en 1846)

    Fête des fous à Sens et à Châlons (Yonne et Saône-et-Loire)
    (d’après un récit paru en 1846)
     
     
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    La fête des Fous se célébrait jadis à Sens. C’était le carnaval du Moyen Age et une imitation des Saturnales. On élisait un évêque des fous, et des prêtres, barbouillés de lie et habillés d’une manière ridicule, entraient dans le chœur pour y chanter des chansons. Les diacres et les sous-diacres mangeaient des boudins et des saucisses ; ils jouaient aux cartes et aux dés ; mettaient des morceaux de vieilles savates dans l’encensoir en guise d’encens ; puis ils se faisaient ensuite traîner tous par les rues dans des tombereaux, où ils se livraient à mille contorsions. On voit encore la représentation de ces scènes sur des monuments du Moyen Age ; et, d’après Millin, la marotte que l’on place aujourd’hui dans la main du dieu Comus prendrait son origine à la fête des Fous.

    Une autre fête des Fous se célébrait à Châlons, le jour de la Saint-Étienne. On dressait un théâtre la veille, devant la grande porte de la cathédrale, et le jour de la fête on y disposait un festin. Lorsque tout était prêt, on allait en procession, vers deux heures de l’après midi, à la maison de la maîtrise des Fous, pour y prendre l’évêque de ceux-ci, lequel, monté sur un âne couvert de magnifiques harnais, était ensuite conduit, au son de la musique, jusqu’au lieu où était érigé le théâtre. Cet évêque, vêtu d’une chape, ayant mitre, croix pectorale, gants et crosse, s’asseyait à table avec ses officiers et mangeait le repas servi. Les fous se composaient ordinairement des personnes les plus qualifiées.

    Après ce repas, il y en avait un second ; et pendant celui-ci, les chapelains, les chantres et les bas-officiers de l’évêque des fous se divisaient en trois troupes : la première restait autour du théâtre ; la deuxième entrait dans l’intérieur de l’église, où elle chantait des mots vides de sens, qu’elle accompagnait d’horribles grimaces ; et la troisième parcourait les rues.

    Ce dernier repas terminé, tous les fous allaient chanter précipitamment les vêpres, et le maître de musique, battant la mesure, faisait une cavalcade autour de l’église et dans les rues adjacentes, avec des hautbois, flûtes, harpes, flageolets, fifres et tambours ; la procession parcourait ensuite les autres quartiers de la ville, précédée d’une troupe d’enfants portant des flambeaux, des encensoirs et des falots ; et, arrivés au marché, les fous jouaient à la paume. Ils recommençaient ensuite leurs danses et leurs cavalcades, que suivait une assez grande affluence de peuple ; mais une partie des habitants attendait le cortège devant l’église, avec des chaudrons, des marmites et tout l’arsenal du charivari, chacun poussant des hurlements épouvantables. Ces orgies inqualifiables furent heureusement supprimées en 1583.

     

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