• trier sur le volet

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    « Trier sur le volet  » Choisir, sélectionner avec soin.

    Au Moyen Âge, un volet était un tissu si fin et léger qu’il pouvait « voleter » au vent. Il était utilisé, entre autres, pour fabriquer des tamis servant à trier les graines, tamis qui, par extension, sont eux-mêmes devenus des volets.

    Le mot a perduré et, au XVe siècle, le volet désignait l’assiette en bois dans laquelle les femmes triaient les pois et les fèves.

    Un peu plus tard, Rabelais a d’ailleurs écrit : « Elus choisis et triés comme beaux pois sur le volet ».

    Depuis, les beaux pois ont été mangés et le volet est resté, sans qu’on comprenne maintenant ce qu’il vient faire dans la sélection, si on ne connaît pas le fin mot de l’histoire.

     

    Extrait de Expressio

     

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  • Dès potron-minet

    expression : Dès potron-minet 0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000telechargement

    « Dès potron-minet  » Dès l’aube, le petit matin, les premières lueurs du jour.

    A l’origine, dès le XVIIe siècle, cette expression se disait « Dès potron-jacquet », le’ jacquet’ étant l’écureuil, petite bestiole sympathique ayant la particularité de commencer à s’activer très tôt le matin.

    Quant au mot potron, il est une déformation de ‘poistron’ qui vient du latin ‘posterio’ qui veut dire ‘postérieur’ ou ‘derrière’.

    En clair, l’expression originale veut dire « Dès que l’écureuil sort de son sommeil et daigne montrer son popotin ». Donc très tôt le matin (sauf pour les écureuils ayant fait la nouba la veille).

    Mais le genre humain urbanophile perdant progressivement ses repères forestiers, le petit écureuil a finalement été remplacé par le chat, animal beaucoup plus présent dans les villes et également très matinal.

    Extrait de Expressio

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  • Se mettre martel en tête

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    « Se mettre martel en tête » Se faire du souci, être obsédé par une inquiétude.

    Vous avez certainement tous entendu parler du Grand Charles.
    Non, pas De Gaulle ! Mais Martel, cet homme de guerre, accessoirement grand-père de Charlemagne, et qui a stoppé l’invasion arabe à Poitiers en 732. Si vous avez étudié l’histoire de France, cela doit vous rappeler quelque chose !

    Dans le cas contraire, ça n’a pas grande importance, car ce n’est pas de ce martel qu’il s’agit dans cette expression, même si cet homme utilisait un « martel » comme arme dans ses combats.

    « Martel » est en effet une ancienne forme de marteau, cet outil servant à planter des clous.

    Dès le XVIe siècle, « avoir martel », c’était « avoir du souci » ; « marteler le cerveau de quelqu’un », c’était « le peiner, le tourmenter ».

    C’est à partir du XVIIIe siècle que l’expression prend la forme d’aujourd’hui.

    C’est une métaphore aisément compréhensible qui compare les préoccupations permanentes à des coups de marteau qui résonneraient dans la tête.

    [1] Au moins, grâce à cette introduction, ça vous aura rappelé qu’il n’y a pas que 800, 1515 ou 1789 comme grande date dans l’histoire de France.

     

    Extrait d’Expressio.

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  • qui dort dîne

    bon dodo

    « Qui dort dîne  » Le sommeil fait oublier la faim. Le sommeil tient lieu de nourriture.

    Voilà une expression intéressante, pas par ce qu’elle signifie (et qui aura du mal à convaincre un affamé), mais pour les variantes sur son origine.

    D’un côté, nous avons une foultitude au carré de sites Internet qui affirment qu’elle vient du Moyen Âge où le voyageur qui voulait dormir dans une auberge était contraint également d’y dîner, sous peine de se voir refuser le gîte.
    Autrement dit : « si tu manges, tu dors, si tu manges pas, tu sors ! », ce qu’on appelle aujourd’hui de la vente conjointe forcée et qui n’est plus autorisé (en théorie).

    D’un autre côté, nous avons Alain Rey, linguiste distingué, qui passe entièrement cette hypothèse sous silence et nous apprend que ce proverbe vient de l’ancienne pensée « le sommeil nourrit celui qui n’a pas de quoi manger » exprimée par le grec Ménandre,  auteur, entre autres, de « la nuit porte conseil » mais aussi d’une citation qui vaut son pesant de noix de cajou: « La terre et la mer produisent un grand nombre d’animaux féroces, mais la femme est la grande bête féroce entre toutes ».
    Cette explication n’est pas reprise par d’autres lexicographes dans les sources dont je dispose.

    Alors qui a raison, entre l’érudit qui propose une opinion qu’il semble être le seul à défendre et la masse qui en diffuse une autre ?

    Notez que même si Ménandre a bien émis cette pensée, rien n’empêche que les aubergistes d’autrefois aient pratiqué la vente forcée. Les deux explications ne sont donc pas incompatibles.

    Extrait de Expressio

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  • Voir midi à sa porte

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    Juger quelque chose ou une situation selon son propre point de vue.

    Les montres de poignet sont une invention très récente, à l’échelle de notre ère. Mais de tous temps les hommes ont voulu utiliser des moyens de repérer l’heure dans la journée.
    Les cadrans solaires ont eu leur ‘heure’ de gloire .

    Dans les campagnes, il était fréquent que soit installé un tel cadran sur la façade de la maison orientée au sud, la plupart du temps au dessus ou à proximité de la porte d’entrée.
    Ainsi, lorsqu’un occupant de la maison voulait savoir l’heure qu’il était, et à la condition qu’il fasse soleil (petite contrainte incontournable), il lui suffisait de passer la tête à sa porte et de regarder le cadran. Et s’il était midi, il voyait midi à sa porte.

    Mais l’imprécision des cadrans solaires ordinaires étant notoire, deux voisins, chacun avec son propre cadran solaire, pouvaient ne pas voir midi au même moment.

    C’est ainsi que chacun voyait midi à sa porte et ensuite, le goût de l’Homme pour les métaphores à fait le reste.

     

    Extrait de Expressio

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  • comment allez-vous ?

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    D’où vient l’expression : comment allez-vous ?

    Elle remonte très loin dans le temps, à l’époque où les médecins  analysaient les selles des monarques et des personnes importantes pour y déceler des symptomes d’épidémies, en particulier le Choléra.

    Il était donc habituel de poser la question :  comment allez-vous (à la selle) ?

    Chez les anglais on demande : How do you do (comment faites-vous) ?

    Alors, maintenant que vous savez cela, poserez- vous cette même question avec insouciance, la prochaine fois que vous rencontrerez quelqu’un ?

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  • « Croire dur comme fer  »

    Croire très fermement, sans pouvoir être détrompé.

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    On peut facilement imaginer qu’une expression du genre « croire mou comme flan » n’aurait pas été comprise aussi intuitivement que celle qui nous importe cette fois-ci.

    En français, ‘fer’ (venu du latin ‘ferrum’) désigne d’abord une épée, avant, à la fin du XIe siècle, de désigner le métal lui-même.
    C’est au cours du XIIIe siècle que, au figuré, ‘fer’ prend aussi la signification de « très robuste » puis « inébranlable ».

    C’est ce sens figuré qu’on retrouve dans notre expression (une croyance inébranlable) qui date du milieu du XVIIIe siècle, sens amené par la dureté du fer trempé qui servait à fabriquer les armes blanches ou les armures.

    Extrait d’Expressio

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  • Mon petit doigt m’a dit 

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    « Mon petit doigt m’a dit  » Je l’ai appris ou entendu par une source que je ne veux pas dévoiler.
    Je soupçonne que tu veux me le cacher.

     

    Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre le pourquoi de cette expression ou plutôt, le pourquoi du choix du petit doigt utilisé pour indiquer qu’on ne veut pas désigner sa source ou qu’on a des soupçons.

    A la fin du XIXe siècle, quelques érudits insatisfaits de la simplicité de l’origine, ont voulu croire que ‘doigt’ était une déformation de ‘dé’, raccourci de ‘Dieu’, le seul omniscient, capable de tout savoir sur tous.
    Mais il semble bien qu’ils se soient mis le petit doigt dans l’oeil.

    Si, en joignant le geste à la parole, vous dites à votre enfant qu’un de vos doigts vous a chuchoté à l’oreille qu’il a fait pipi dans le pot de fleur (ou toute autre bêtise faite avec témoins rapporteurs), ce n’est naturellement pas le pouce que vous allez tenter de faire entrer au début de votre conduit auditif, mais le petit doigt.
    En effet, de par sa taille, ce doigt, très justement nommé l’auriculaire, est celui qui est le plus adapté pour servir de délateur imaginaire dans le creux de l’oreille.

    Pour les incrédules devant tant de simplicité, voici une réplique d’Argan dans la scène VIII de l’acte II du Malade Imaginaire de Molière :
    « Voilà mon petit doigt pourtant qui gronde quelque chose. (Il met son doigt à son oreille.) Attendez. Eh! ah, ah! oui? Oh, oh! voilà mon petit doigt qui me dit quelque chose que vous avez vu, et que vous ne m’avez pas dit. »
    Ce qui prouve bien qu’il en est ainsi au moins depuis le XVIIe siècle.

    Extrait de Expressio

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  • branle-bas de combat

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    « Branle-bas (de combat)  » Agitation vive au cours de la préparation d’une opération (souvent dans l’urgence et le désordre).

    Si, de nos jours, l’expression s’utilise encore régulièrement avec ce terme de ‘combat’ alors qu’elle s’emploie communément hors d’un contexte guerrier, c’est bien dans le cas de préparations au combat qu’elle est apparue à la fin du XVIIe siècle, et plus précisément dans la marine.

    Pourquoi le « branle-bas » ou, plus précisément, qu’est qu’un ‘branle’ ?
    C’ est un hamac tel qu’on le retrouvait en quantité, accroché dans les entreponts des grands voiliers d’autrefois, pour que les marins puissent y dormir[1].

    Lorsqu’on sait cela, il est aisé de comprendre que, lorsque le marin devait se préparer dans l’urgence au combat, il lui fallait libérer l’entrepont en décrochant ou en « mettant à bas » son branle (d’où le « branle-bas »).

    Comme tous les marins en faisaient de même, en même temps, il s’ensuivait une certaine agitation et une certaine pagaille, notions qu’on retrouve dans notre branle-bas de combat d’aujourd’hui.

    On peut noter que les hamacs ainsi décrochés servaient aussi de pare-éclats, une fois plaqués à proximité des embrasures (les trous servant à pointer les canons).

    [1] D’ailleurs, c’est bien parce que ces hamacs avaient un mouvement oscillatoire

    qui suivait les balancements du navire, qu’ils ont pris ce nom, puisque le mot ‘branle’ désignait autrefois ce type de mouvement.

     

    Extrait de Expressio

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