• qui dort dîne

    bon dodo

    « Qui dort dîne  » Le sommeil fait oublier la faim. Le sommeil tient lieu de nourriture.

    Voilà une expression intéressante, pas par ce qu’elle signifie (et qui aura du mal à convaincre un affamé), mais pour les variantes sur son origine.

    D’un côté, nous avons une foultitude au carré de sites Internet qui affirment qu’elle vient du Moyen Âge où le voyageur qui voulait dormir dans une auberge était contraint également d’y dîner, sous peine de se voir refuser le gîte.
    Autrement dit : « si tu manges, tu dors, si tu manges pas, tu sors ! », ce qu’on appelle aujourd’hui de la vente conjointe forcée et qui n’est plus autorisé (en théorie).

    D’un autre côté, nous avons Alain Rey, linguiste distingué, qui passe entièrement cette hypothèse sous silence et nous apprend que ce proverbe vient de l’ancienne pensée « le sommeil nourrit celui qui n’a pas de quoi manger » exprimée par le grec Ménandre,  auteur, entre autres, de « la nuit porte conseil » mais aussi d’une citation qui vaut son pesant de noix de cajou: « La terre et la mer produisent un grand nombre d’animaux féroces, mais la femme est la grande bête féroce entre toutes ».
    Cette explication n’est pas reprise par d’autres lexicographes dans les sources dont je dispose.

    Alors qui a raison, entre l’érudit qui propose une opinion qu’il semble être le seul à défendre et la masse qui en diffuse une autre ?

    Notez que même si Ménandre a bien émis cette pensée, rien n’empêche que les aubergistes d’autrefois aient pratiqué la vente forcée. Les deux explications ne sont donc pas incompatibles.

    Extrait de Expressio

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  • Voir midi à sa porte

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    Juger quelque chose ou une situation selon son propre point de vue.

    Les montres de poignet sont une invention très récente, à l’échelle de notre ère. Mais de tous temps les hommes ont voulu utiliser des moyens de repérer l’heure dans la journée.
    Les cadrans solaires ont eu leur ‘heure’ de gloire .

    Dans les campagnes, il était fréquent que soit installé un tel cadran sur la façade de la maison orientée au sud, la plupart du temps au dessus ou à proximité de la porte d’entrée.
    Ainsi, lorsqu’un occupant de la maison voulait savoir l’heure qu’il était, et à la condition qu’il fasse soleil (petite contrainte incontournable), il lui suffisait de passer la tête à sa porte et de regarder le cadran. Et s’il était midi, il voyait midi à sa porte.

    Mais l’imprécision des cadrans solaires ordinaires étant notoire, deux voisins, chacun avec son propre cadran solaire, pouvaient ne pas voir midi au même moment.

    C’est ainsi que chacun voyait midi à sa porte et ensuite, le goût de l’Homme pour les métaphores à fait le reste.

     

    Extrait de Expressio

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  • comment allez-vous ?

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    D’où vient l’expression : comment allez-vous ?

    Elle remonte très loin dans le temps, à l’époque où les médecins  analysaient les selles des monarques et des personnes importantes pour y déceler des symptomes d’épidémies, en particulier le Choléra.

    Il était donc habituel de poser la question :  comment allez-vous (à la selle) ?

    Chez les anglais on demande : How do you do (comment faites-vous) ?

    Alors, maintenant que vous savez cela, poserez- vous cette même question avec insouciance, la prochaine fois que vous rencontrerez quelqu’un ?

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  • « Croire dur comme fer  »

    Croire très fermement, sans pouvoir être détrompé.

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    On peut facilement imaginer qu’une expression du genre « croire mou comme flan » n’aurait pas été comprise aussi intuitivement que celle qui nous importe cette fois-ci.

    En français, ‘fer’ (venu du latin ‘ferrum’) désigne d’abord une épée, avant, à la fin du XIe siècle, de désigner le métal lui-même.
    C’est au cours du XIIIe siècle que, au figuré, ‘fer’ prend aussi la signification de « très robuste » puis « inébranlable ».

    C’est ce sens figuré qu’on retrouve dans notre expression (une croyance inébranlable) qui date du milieu du XVIIIe siècle, sens amené par la dureté du fer trempé qui servait à fabriquer les armes blanches ou les armures.

    Extrait d’Expressio

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  • Mon petit doigt m’a dit 

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    « Mon petit doigt m’a dit  » Je l’ai appris ou entendu par une source que je ne veux pas dévoiler.
    Je soupçonne que tu veux me le cacher.

     

    Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre le pourquoi de cette expression ou plutôt, le pourquoi du choix du petit doigt utilisé pour indiquer qu’on ne veut pas désigner sa source ou qu’on a des soupçons.

    A la fin du XIXe siècle, quelques érudits insatisfaits de la simplicité de l’origine, ont voulu croire que ‘doigt’ était une déformation de ‘dé’, raccourci de ‘Dieu’, le seul omniscient, capable de tout savoir sur tous.
    Mais il semble bien qu’ils se soient mis le petit doigt dans l’oeil.

    Si, en joignant le geste à la parole, vous dites à votre enfant qu’un de vos doigts vous a chuchoté à l’oreille qu’il a fait pipi dans le pot de fleur (ou toute autre bêtise faite avec témoins rapporteurs), ce n’est naturellement pas le pouce que vous allez tenter de faire entrer au début de votre conduit auditif, mais le petit doigt.
    En effet, de par sa taille, ce doigt, très justement nommé l’auriculaire, est celui qui est le plus adapté pour servir de délateur imaginaire dans le creux de l’oreille.

    Pour les incrédules devant tant de simplicité, voici une réplique d’Argan dans la scène VIII de l’acte II du Malade Imaginaire de Molière :
    « Voilà mon petit doigt pourtant qui gronde quelque chose. (Il met son doigt à son oreille.) Attendez. Eh! ah, ah! oui? Oh, oh! voilà mon petit doigt qui me dit quelque chose que vous avez vu, et que vous ne m’avez pas dit. »
    Ce qui prouve bien qu’il en est ainsi au moins depuis le XVIIe siècle.

    Extrait de Expressio

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  • branle-bas de combat

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    « Branle-bas (de combat)  » Agitation vive au cours de la préparation d’une opération (souvent dans l’urgence et le désordre).

    Si, de nos jours, l’expression s’utilise encore régulièrement avec ce terme de ‘combat’ alors qu’elle s’emploie communément hors d’un contexte guerrier, c’est bien dans le cas de préparations au combat qu’elle est apparue à la fin du XVIIe siècle, et plus précisément dans la marine.

    Pourquoi le « branle-bas » ou, plus précisément, qu’est qu’un ‘branle’ ?
    C’ est un hamac tel qu’on le retrouvait en quantité, accroché dans les entreponts des grands voiliers d’autrefois, pour que les marins puissent y dormir[1].

    Lorsqu’on sait cela, il est aisé de comprendre que, lorsque le marin devait se préparer dans l’urgence au combat, il lui fallait libérer l’entrepont en décrochant ou en « mettant à bas » son branle (d’où le « branle-bas »).

    Comme tous les marins en faisaient de même, en même temps, il s’ensuivait une certaine agitation et une certaine pagaille, notions qu’on retrouve dans notre branle-bas de combat d’aujourd’hui.

    On peut noter que les hamacs ainsi décrochés servaient aussi de pare-éclats, une fois plaqués à proximité des embrasures (les trous servant à pointer les canons).

    [1] D’ailleurs, c’est bien parce que ces hamacs avaient un mouvement oscillatoire

    qui suivait les balancements du navire, qu’ils ont pris ce nom, puisque le mot ‘branle’ désignait autrefois ce type de mouvement.

     

    Extrait de Expressio

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  • triple buse

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    « Triple buse  »  Très idiot, complètement stupide.

    Depuis le XVIe siècle au moins, un fat, un imbécile, un lourdaud est traité de ‘buse’.
    A cette époque, on disait d’ailleurs : « d’une buse, on ne saurait faire un épervier » pour indiquer qu’un imbécile était irrécupérable et qu’on ne risquait pas de pouvoir le transformer en quelqu’un d’important, l’épervier étant alors considéré comme un oiseau très noble.

    Il va donc de soi qu’une ‘triple buse’ est triplement péjoratif pour la personne visée.
    Mais pourquoi tant de haine ?

    Certains prétendent que c’est lié au fait que, quand il est en vol ou perché sur un poteau, par exemple, sa tête reste complètement immobile, comme pour quelqu’un de figé ou manquant totalement de vivacité (physique, donc d’esprit), contrairement à d’autres rapaces à la tête très mobile.

    Mais c’est en vérité un oiseau très habile pour capturer ses proies et ce n’est pas parce que sa tête serait peut-être moins mobile lorsqu’il cherche à les repérer qu’il est plus empoté que ses confrères.

     

    La réalité vient des anciens fauconniers qui, lorsqu’ils se sont rendu compte qu’il était impossible de dresser cet animal comme d’autres rapaces, l’ont considéré comme un imbécile et lui ont accordé une réputation injustifiée qui l’accompagne depuis.

     

    Extrait de Expressio

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  • Porter des cornes

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    « Porter (planter) des cornes  »  Être (faire) cocu.

    A l’origine, il y a ‘cornart’ qui, au XIIIe siècle, veut dire ‘imbécile’ puis ‘escorner’ qui, au XVe siècle, veut dire ‘ridiculiser’.
    A cette époque et pendant encore longtemps, une manière très courue d’humilier, de ridiculiser quelqu’un était de le faire cocu et de le faire savoir (Edmond Rostand utilise le verbe « ridicoculiser »).

    La corne (qu’on entend dans les deux mots cités précédemment), c’était à la fois le sexe de l’homme et l’attribut qui désignait un homme ou une femme trompé.
    Planter des cornes a une connotation sexuelle évidente.

    Voltaire dit que les Grecs désignaient déjà par ‘bouc’ (donc porteur de cornes) le mari d’une femme très portée sur la chose, par comparaison avec les chèvres qui seraient très ‘chaudes’.
    Je n’ai pas vérifié pour les chèvres, mais à la réputation qu’on fait aux légionnaires, ceux-ci auraient donc des circonstances atténuantes, ne sachant pas résister aux appels langoureux de ces femelles constamment en rut.

     

    Extrait d’Expressio

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  • .« Avaler des poires d’angoisse »

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    « Avaler des poires d’angoisse »

    Subir des traitements cruels
    Vivre des situations très désagréables

    Souvenez-vous du Moyen Âge,  à cette époque, il fallait bien trouver des  moyens autres que ceux que nous avons maintenant pour occuper ses loisirs, non ?

    Alors une des occupations préférées de quelques-uns était de torturer ceux de leurs congénères qui avaient une tronche qui ne leur revenait pas ou qui leur avaient cherché quelques noises. Quel plaisir, en effet, d’arracher des ongles, briser quelques membres à coups de barre de fer, énucléer l’oeil droit, introduire un fer rouge dans l’anus ou bien couler du plomb fondu dans un abdomen ouvert, par exemple.

    Malheureusement un gros défaut de ces amusements était le bruit, car ceux qui, dans ces activités ludiques, avaient le rôle passif, un peu à leur corps défendant, avaient la fâcheuse habitude de hurler de douleur, ce qu’on ne pouvait évidemment pas leur reprocher, en plus ; il aurait fallu en effet être un tantinet sauvage pour les menacer de quoi que ce soit s’ils continuaient à crier, hein ?

    Alors pour ne plus les entendre, un bon moyen consistait à leur enfoncer dans la bouche un instrument qui, selon Larousse, « s’ouvrait au moyen d’un ressort, se développait en forme de poire, et étouffait complètement les cris » (). Autant dire que celui qui avait cette chose dans la bouche et qui devait subir les petites gâteries de ses camarades de jeu, devait ressentir une certaine angoisse, incapable qu’il était d’extérioriser ce qu’il ressentait.
    Cela dit, ces instruments, dont le nom est cité au XVe siècle, servaient aussi plus simplement à bâillonner un prisonnier pour l’empêcher de parler.

    Si, de nos jours, le genre d’amusement lié aux poires d’angoisse originelles est tombé en désuétude dans les pays dits civilisés, on peut toujours dire de celui qui vit des situations extrêmement désagréables qu’il avale des poires d’angoisse.

    Par plaisanterie, certains faisaient aussi le rapprochement avec les poires du village d’Angoisse, en Dordogne, qui étaient, paraît-il, très âpres et dures à mâcher. Mais elle n’avaient probablement pas le potentiel de déplaisir des véritables poires d’angoisse.

    Extrait de Expressio

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