• déménager à la cloche de bois

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    Abandonner discrètement, furtivement son logement.

    Origine

     

    Au milieu du XIXe siècle, la première version connue de cette expression était « déménager à la ficelle », cette corde qui permettait de descendre discrètement ses affaires par la fenêtre, puis de passer devant le concierge les mains vides, de manière à ne pas éveiller ses soupçons lorsqu’on voulait quitter les lieux furtivement, sans payer le loyer (sans oublier le lien probable avec ce terme ‘ficelle’ qui autrefois désignait aussi un escroc, un filou).

    Parallèlement, on utilisait aussi « à la sonnette de bois » avec exactement le même sens. Bien sûr la sonnette du concierge n’était pas vraiment de bois, sans quoi il n’aurait pas entendu grand monde le demander, mais cette forme indique bien le côté discret du mouvement de celui qui veut s’en aller subrepticement sans risquer d’alerter celui qui pourrait lui demander des comptes.

    C’est un peu plus tard, semble-t-il, que la ‘sonnette’, tout petit instrument, a été remplacé par la ‘cloche’, objet plus ostensible (mais tout aussi discret s’il est en bois), marquant ainsi encore mieux le côté furtif de la disparition du locataire.

    On dit aussi « déménager sans tambour, ni trompette ». Comme ces deux instruments de musique sont également bruyants, comme une cloche métallique, c’est cette fois leur absence qui permet de quitter les lieux sans se faire repérér.

    extrait de Expressio

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  • « Etre fleur bleue  »

    Être sentimental.
    Par extension, être naïf.
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    Cette expression contient un adjectif composé qui est extrait d’une locution parfois encore employée « cultiver, aimer… la petite fleur bleue ».

    Dans le langage des fleurs, le bleu pâle exprime une tendresse inavouée, discrète et idéale.

    Il faut remonter à 1811 et à une oeuvre du jeune écrivain allemand Novalis qui était en réalité le baron Friedrich von Hardenberg, pour trouver l’origine de cette expression.
    Dans son roman inachevé « Henri d’Ofterdingen » (Novalis est mort à 29 ans), il y évoque à sa manière , la légende d’un trouvère médiéval qui, parti à la recherche d’un idéal, découvre la fleur bleue symbole de la poésie.

    Les Allemands parlent d’ailleurs de « die blaue Blume der Romantik » ou « la fleur bleue du romantisme ».

    En traversant le Rhin, la fleur bleue a un peu changé de sens, puisque de la poésie, elle a été associée à une sentimentalité mêlée de naïveté.

     

    Extrait de Expressio

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  • pisser dans un violon

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    « Pisser dans un violon  » Ne servir à rien. Faire quelque chose de complètement inutile, inefficace.

    Cette expression s’emploie très souvent dans des formes comme c’est comme si on pissait dans un violon ou bien autant pisser dans un violon ! pour indiquer l’inutilité totale de l’action ainsi qualifiée.

    Pisser, mot qui vient du bas latin pissiare (pour « uriner »), n’est considéré comme vulgaire que depuis le XIXe siècle.
    Auparavant, son usage était aussi naturel que la fonction elle-même, le mot uriner étant réservé au milieu médical.
    De nos jours, dans le langage courant, on ne dit ni uriner, vu comme trop pédant (« Marie-Chantal, j’arrive dans deux minutes, je m’en vais d’abord uriner quelque peu »), ni pisser, trop vulgaire, mais plutôt faire pipi considéré comme acceptable et venu du monde des enfants.

    Mais pourquoi une telle association ? Pourquoi un violon au lieu d’un banjo, d’une pelle à tarte ou d’une passoire ?
    Telle quelle, l’expression date de la fin du XIXe siècle, et rien ne l’explique vraiment.

    Mais Alain Rey suppose que le verbe pisser n’est apparu, par plaisanterie, qu’en remplacement d’un verbe comme souffler ou siffler.

    La locution d’origine aurait alors été souffler dans un violon (dont on trouve effectivement une utilisation dans un numéro de l’Apiculteur de 1901), action dont l’inutilité est flagrante lorsqu’on sait que souffler dans une flûte ou une trompette permet effectivement de produire de la musique, mais qu’avec un violon, le résultat devient tout de suite nettement moins probant.

    Extrait de Expressio

     

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  • être en goguette

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    (Être) de bonne humeur, sous l’effet de libations un peu trop copieuses.
    (Être) en partie fine.

    ‘Goguette’ est issu du mot ‘gogue’ (d’où vient également l’expression à gogo) qui, en ancien français, voulait dire ‘réjouissance’.

    Le mot date du milieu du XVIe siècle. Mais un siècle avant, dans le même domaine, « faire goguettes », c’était « faire ripailles » ou « se régaler ». De ces excès au cours des fêtes, on disait aussi à la même époque « être dans ses goguettes » pour signifier « être de belle humeur ».

    Voilà donc une expression dont le sens n’a pas vraiment varié au fil des siècles depuis son apparition.
    ‘Goguette’ est issu du mot ‘gogue’ (d’où vient également l’expression à gogo) qui, en ancien français, voulait dire ‘réjouissance’.

     

    Extrait de Expressio

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  • homme de sac et de corde

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    illustration : Vladimir Kush

    « Homme (individu, gens) de sac et de corde  »

    Personne peu recommandable, condamnable (au sens propre du terme), malfaiteur, truand.

    Cette expression va chercher son origine dans l’Antiquité à Rome où, lorsque les voleurs et autres assassins condamnés n’étaient pas encore ou plus voués aux gémonies (chaque méthode d’élimination des truands a eu ses périodes, selon les goûts des empereurs), une joyeuse coutume consistait à les enfermer dans un sac, noué par une corde, avant de les jeter dans le Tibre pour qu’ils s’y noient.
    Tout simplement ! Un peu comme le font certains pour se débarrasser d’une portée de chats ou de chiens.

    Cette méthode fort sympathique a été utilisée longtemps après, à diverses époques et dans divers pays.
    Ainsi, chez le sultan de Constantinople, les condamnés étaient noyés de cette manière dans le Bosphore. En France aussi, sous Charles VI, entre autres, avec noyade dans la Seine.

    Avec cette expression et une autre acception du mot ‘sac’, on peut aussi faire le lien avec les brigands qui pillaient et saccagaient (hommes de sac) et qui, une fois pris, étaient condamnés à la pendaison (hommes de corde).

     

    Extrait de Expressio

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  • Tirer à hue et à dia

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    Tirer à hue et à dia

    Aller dans des directions opposées.
    Agir de manière contradictoire, de façon désordonnée.

    ‘hue’ (‘hurhaut’, autrefois) et ‘dia’ ont été des cris de charretiers pour exciter un cheval et le faire avancer, ou des cris de laboureur pour faire aller le cheval de trait à droite ou à gauche, respectivement.

    Par extension, celui qui tire à hue et à dia (sous-entendu : simultanément) fait preuve d’un manque d’organisation certain ou est condamné à être écartelé.

    Au XVIIe siècle, on utilisait l’expression « il n’entend ni à hue, ni à dia » pour dire de quelqu’un que « on ne saurait lui faire entendre raison ».

     

    extrait de Expressio

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  • l’épreuve

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    « Vous pouvez accepter une épreuve, vous pouvez la comprendre, admettre qu’elle est inévitable, mais en même temps éprouver de l’amertume, de la tristesse, du regret : vous pensez que ça aurait été tellement mieux de ne pas avoir à la subir ! Dans ces conditions, dites-vous que cette épreuve n’est pas encore terminée.

    Quand peut-on dire alors qu’une épreuve est terminée ? Quand nous sommes capables de nous en réjouir. Oui, nous en réjouir ! En apparence il est possible qu’elle ne nous ait rien apporté, mais encore qu’elle nous ait fait perdre beaucoup de choses, et même des êtres qui nous sont chers. Pourtant, après cette épreuve, il vient un jour où nous sentons que notre lumière, notre amour, notre force ont augmenté, que nous sommes habités par une paix et une joie que nous ne connaissions pas auparavant.

     

    À ce moment-là, et à ce moment-là seulement, nous pouvons dire que l’épreuve est terminée. »

     

    Omraam Mikhaël Aïvanhov

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  • Cela va faire du bruit dans Landerneau  

    C’est une affaire qui va faire beaucoup de bruit.

    C’est un petit fait qui va provoquer beaucoup de commérages.

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    pourquoi Landerneau ?

    Il se trouve qu’à la fin du XVIIIe siècle, un auteur nommé Alexandre Duval a écrit et fait jouer une pièce en un acte intitulée « Les Héritiers ».

    Dans cette comédie, un officier de marine donné pour mort, réapparaît brutalement dans sa ville d’origine, Landerneau, au grand dam des héritiers déjà en train de se disputer la succession.

    Un valet apprenant la nouvelle du retour de l’officier dit alors : « Oh le bon tour ! Je ne dirai rien, mais cela fera du bruit dans Landerneau ! »

    Cette réplique a marqué son époque au point qu’elle nous a été transmise et, même, que Landerneau est presque devenu un nom commun puisqu’on parle maintenant du landerneau politique ou du landerneau de la montagne pour désigner des mondes particuliers ayant leurs propres manies, jargon et potins.

    Extrait de Expressio

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  • être en panne  

    Arrêté dans une activité, un fonctionnement.
    Interrompu faute de moyen.

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    Ce sont encore une fois les gens de la marine à voile qui nous l’ont donnée, dès le XVIe siècle.

    « Mettre en panne« , c’était disposer ou orienter la voilure de telle manière que le bateau n’avance plus.

    Pour Furetière, c’était aussi faire pencher le bateau, lorsque celui-ci avait une voie d’eau d’un côté, à la fois pour limiter les entrées d’eau et pour mieux pouvoir colmater la brèche.

    Quant à la « panne sèche », elle ne vient pas de la voiture qui n’avance plus pour cause de révervoir vide, mais encore de la marine où cette fois la panne s’obtenait en l’absence totale de voilure, en utilisant uniquement le gouvernail, par opposition à la panne avec voilure qui s’appelait la « panne courante » [1].

    C’est depuis le début du XXe siècle que la panne s’utilise pour une voiture qui ne peut plus avancer suite à l’arrêt involontaire de son moteur.
    Elle a ensuite été étendue à d’autres usages (« je suis en panne d’idées » pour le créatif ou bien « je suis en panne d’argent » pour celui qui a du mal à joindre les deux bouts).

     

    Extrait de Expressio

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