• s’attirer les foudres (de quelqu’un)

    000000000000000000000000000000000000000000000foudre

     « S’attirer les foudres (de quelqu’un)  » S’attirer des reproches, une condamnation

    Si vous lisez ces lignes, c’est probablement que vous n’avez jamais pris une décharge de foudre sur la tête, car très rares sont ceux qui y survivent.

    Pour nous, la foudre est une manifestation naturelle, une décharge électrique extrêmement intense qui se produit par temps d’orage soit entre deux nuages, soit entre un nuage et le sol.
    Mais il y a à peine quelques siècles, cette ‘petite’ décharge était considérée comme la manifestation de la colère divine (il ne faut pas oublier, en remontant plus loin encore dans le temps, que Jupiter ou Zeus était traditionnellement représenté tenant un ou plusieurs foudres, faisceaux enflammés qui lui servaient d’armes).

    Or, en général, c’est une faute qui provoque la colère de l’autre. C’est ainsi que « les foudres », au pluriel, ont été assimilés à de sévères reproches, à une condamnation (« s’attirer les foudres de l’Église », par exemple) et que l’expression est apparue à la fin du XVIe siècle.

     

    Extrait de Expressio

    Google Bookmarks

    1 commentaire
  • Ce n’est pas pour des prunes


    C’est comme si l’on disait : Ce n’est pas pour rien

     

    Il y a ici une allusion aux prunes, qui sont des fruits à très bon marché, par cela même qu’elles sont excessivement communes. De là le mot prune a servi de base à ce proverbe et se trouve au nombre des termes qu’on employait pour indiquer une appréciation très minime de la valeur d’un objet. Il y a une expression proverbiale analogue qui fait le pendant de celle-ci : Ce n’est pas pour des nèfles, signifiant la même chose, parce que les nèfles sont aussi fort communes.

    On peut citer comme origine de ce proverbe le fait suivant, extrait de la Correspondance d’Orient (tome Vl) : « Les prunes de Damas ont une grande célébrité. En 1148, nos croisés étant retournés à Jérusalem après avoir vainement assiégé Damas, furent accusés d’avoir fait le voyage de Damas pour des prunes. » On trouve dans Molière ce vers qu’il fait dire à Sganarelle : « Si je suis affligé, ce n’est pas pour des prunes », c’est-à-dire, ce n’est pas pour rien.

    On cite à ce propos une petite anecdote sur laquelle quelques personnes s’appuient pour en déduire l’origine de ce proverbe : « On avait fait présent au docteur Martin Gandin, doyen de la Sorbonne, de quelques boîtes de bonnes prunes de Gênes qu’il serra dans son cabinet. Une fois, par mégarde, il laissa la clé sur sa porte et des écoliers, ses pensionnaires, en entrant dans ce cabinet, firent main basse sur une demi-douzaine de ces boîtes. Le Dr Grandin, ne pouvant accuser personne de ce larcin que ses écoliers, fit grand bruit et voulut les chasser immédiatement, lorsque l’un deux se jeta à ses genoux en disant : Hé ! monsieur, si vous nous traitez de la sorte, on dira que vous nous avez chassés pour des prunes. A ces mots le docteur ne put s’empêcher de rire et pardonna. »

    http://www.france-pittoresque.com

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Chercher la petite bête

    Être tatillon, critique à l’excès

    Chercher la petite bête

    Cette locution proverbiale s’applique à toute recherche relative aux motifs cachés d’une affaire ou à la garde d’un secret. On s’en sert aussi pour qualifier des hommes méticuleux à l’excès ; elle est aussi applicable aux critiques qui perdent leur temps dans les simples détails d’une phrase, au lieu de s’occuper de choses plus importantes.

    Voici l’origine que l’on peut donner à cette expression. « Un ancien acteur du théâtre des Variétés, appelé Brunet, absorbé par l’étude de son rôle, cherchait à produire sur la scène un effet de niaiserie. On le voyait sans cesse marmottant entre ses dents et, quand un camarade lui demandait à quoi il songeait, il répondait invariablement : Je cherche la petite bête. 

    »http://www.france-pittoresque.com

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Jeter une pierre dans le jardin de quelqu’un

    Jeter une pierre dans le jardin de quelqu’un

    L’accuser ou le faire soupçonner d’un acte ou d’une parole dont il peut être innocent, mais dont, dans tous les cas, sa réputation doit souffrir

    Cette comparaison entre un jardin et le caractère d’une personne tend à indiquer une intention de nuire, soit par des paroles malveillantes dites ostensiblement ou à mots couverts. On raconte à ce sujet l’anecdote suivante :

    « L’abbé de Beauvais, prédicateur du XVIIIe siècle, n’épargnait pas dans ses sermons de dures vérités au roi et aux seigneurs de la cour. Un jour qu’il avait tonné contre les vieillards vicieux, Louis XV en parut affecté ainsi que le duc de Richelieu. Le roi dit alors à celui-ci : « Il me semble que le prédicateur a jeté bien des pierres dans votre jardin ! – Oui, sire, répond le duc, et avec une telle force que je crois qu’il est tombé quelques-unes de ces pierres dans le parc de Versailles. »

    http://www.france-pittoresque.com

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Se faire montrer du doigt

    Se faire montrer du doigt

    ’est se faire désigner au public comme un individu mal famé que les passants se montrent au doigt

    Chez les Anciens la même façon de parler avait un tout autre sens. Ainsi, chez les Grecs, l’orateur Démosthène se félicitait d’être l’objet d’une pareille démonstration.

    Chez les Latins, leur poète Horace remerciait en ces termes son protecteur de ce que les citoyens, grâce à lui, se l’indiquaient ainsi les uns aux autres et il disait :

    Totum muneris hoc tui est
    Quod monstror digito praetereuntium.

    ce qui signifie : C’est bien là un effet de ta faveur que les passants me montrent au doigt.

    Alors le mouvement de l’index était pris en bonne part ; mais, si ce doigt était accompagné d’un autre, la signification du geste changeait totalement, c’était celle du mépris. Dans l’ouvrage de l’historien Joinville (XIIIe siècle), on trouve ces mots : Montrer a le doy(doigt).

    http://www.france-pittoresque.com/

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Se crever un œil pour faire perdre les deux à un autre

    Le vice se trouve puni par le vice même

     

    Ce proverbe a été employé par Scarron dans le Roman comique, et par d’autres auteurs français bien plus anciens. Il rappelle le fait imaginé par notre trouvère Jean de Boves dans son ingénieux fabliau intitulé le Convoiteux et l’Envieux, dont voici le sujet :

    Un convoiteux et un envieux, faisant route ensemble, rencontrent saint Martin, qui, après avoir cheminé quelque temps avec eux, se fait connaître et leur dit, au moment de les quitter : « Je veux vous rendre heureux. Que l’un de vous demande tout ce qu’il désire, je le lui accorderai à l’instant, et je donnerai le double à celui qui n’aura pas demandé. »

    Voilà nos deux compères bien joyeux, mais en même temps bien embarrassés, car chacun d’eux aspire à la part plus avantageuse que le saint s’est réservé de faire lui-même, et il sent trop qu’elle ne peut lui échoir que par le désistement de son compétiteur, qui n’est pas assez sot pour y renoncer. La situation est des plus comiques. Tous deux s’exhortent mutuellement à former le plus magnifique souhait, et tous deux se gardent bien de céder à une pareille instance.

    Toutes les raisons, toutes les ruses sont impuissantes contre leur résolution fermement arrêtée. Enfin, le convoiteux, transporté de fureur, se précipite sur l’envieux, qu’il saisit à la gorge, en menaçant de l’étrangler s’il ne parle le premier. Celui-ci, dans une telle extrémité, prend encore conseil de sa passion et s’écrie : « Je souhaite avoir un œil de moins. » Aussitôt dit, aussitôt fait : le voilà borgne et son compagnon aveugle. C’est tout le bénéfice qu’ils retirent de leur position, et le vice se trouve puni par le vice même.

    Quel dommage que la Fontaine n’ait pas mis en vers ce fabliau si digne de son talent !

    http://www.france-pittoresque.com/

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Mettre quelqu’un au pied du mur

    ****

    C’est le mettre dans l’impossibilité de répondre aux arguments qu’on lui oppose

    On peut, par extension, dire que c’est réduire une personne à reconnaître son erreur ou son tort sans pouvoir présenter aucune objection raisonnable.

    Cette locution n’est pas, comme on pourrait le croire, une métaphore prise de l’escrime où celui qui pousse son adversaire jusqu’au pied du mur, lui ôte par là tout moyen de reculer davantage et le force à s’avouer battu.

    http://www.france-pittoresque.com

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Jamais grand nez n’a gâté beau visage

    Formule pour glorifier les grands nez

    Jamais grand nez n’a gâté beau visage

    On a prétendu que ce proverbe signifiait qu’un beau visage n’a jamais été le siège d’un grand nez. Adopte une telle explication qui voudra. Il semble qu’elle doive être rejetée. En effet, le proverbe a été formulé pour glorifier les grands nez et non pour les déprécier. Cette opinion quant à l’origine du proverbe s’appuie sur de nombreux documents historiques et s’accorde parfaitement avec celle qui a dominé constamment chez la généralité des hommes de tous les temps et de tous les pays.

    En effet, on ne trouvera pas de peuple qui ne réprouve les petits nez et les nez camus comme déplaisants ou de mauvais augure, et qui n’admire les nez proéminents et grandioses. Ces nez d’élite, dont la forme superbe étonne et captive les regards, ont figuré toujours dans le monde avec un honneur infini. Témoin le nez de la Sulamite comparé à la tour du Liban par le sage Salomon dans le Cantique des cantiques, nasus tuus sicut turris Libani (VII, 4) ; témoin encore le nez de Cyrus que le philosophe Platon appelait un nez vraiment royal, et le nez de l’illustre Scipion Nasica, la gloire des nez romains, et le nez magnifique de François Ier, etc.

    Au reste, ce ne sont pas seulement les poètes et les historiens qui ont proclamé l’importance et la suprématie des grands nez. L’Église elle-même s’est prononcée en leur faveur. Elle les a signalés comme des attributs éminemment propres à imposer le respect et l’obéissance, et a décidé qu’ils étaient obligatoires pour les prétendants aux dignités monastiques. Laurent de Peyrinnis, un des supérieurs de l’ordre des Minimes, l’a dit en ces termes formels : Naso carentes eligi non possunt ad dignitates monasticas. « Ceux qui manquent de nez ne peuvent être élus aux dignités monastiques. » Bien plus, un autre proverbe nous apprend qu’il faut avoir du nez pour être pape, et l’on voit par ce qu’on vient de lire que ce proverbe doit se prendre dans le sens littéral plus encore que dans le sens figuré du mot nez, puisque c’était de la forme de cet organe que dépendait l’élection aux dignités monastiques qui devenaient presque toujours les degrés par lesquels on s’élevait à la papauté.

    On sait que Rabelais, traçant le portrait du moine par excellence personnifié dans frère Jean des Entommeures, l’a représenté bien fendu de gueule, bien advantagé en nez (liv. I, ch. XXVII).

    Mais à quoi bon citer tant d’exemples ? Ne suffit-il pas pour la gloire des grands nez qu’ils aient obtenu la considération de la plus belle moitié du genre humain ? Il y a une épigramme dialoguée du chevalier de Choisy, dans laquelle une dame vante les grands nez et un monsieur les critique. En voici les quatre derniers vers 

    Jamais grand nez n’a gâté beau visage

    Caricature exécutée par Grandville

    Le caricaturiste Grandville (1803-1847) a pris parti contre les grands nez, qu’il a un peu confondus avec les gros, et son crayon malicieux en a tracé une caricature fort drolatique. Rien de mieux réussi, sans doute et comme vous le voyez ci-dessus, pour l’effet qu’il s’est proposé, que ces deux ligures contrastantes, dont l’une, au nez camus, rit de l’ampleur nasale de l’autre.

    Il faut pourtant observer qu’en joignant aux traits mignons de celle-ci un si curieux morceau d’histoire naturelle sous forme d’organe olfactif, il a suivi une mauvaise variante du proverbe où l’ignorance du populaire a substitué, joli visage à beau visage, sans égard à la différence des deux expressions.

    Assurément il avait le droit de choisir cette variante si susceptible d’être démentie et ridiculisée, et force est de reconnaître qu’il l’a très bien figurée dans son dessin, mais remarquons qu’elle est tout à fait erronée. L’épithète de joli ne pouvant guère s’appliquer que par ironie à un visage que gâte la grandeur du nez, fausse le sens du proverbe qui se prend ordinairement au sérieux. Aussi n’a-t-elle été admise dans aucun recueil.

    Celle du beau, au contraire, est dans la plupart de ceux qu’on a publiés depuis près de trois siècles, parce qu’on a reconnu qu’un grand nez, d’une forme correcte toutefois, ne dépare pas la beauté d’une mâle figure. Du reste, le texte primitif du proverbe dit tout simplement : Jamais grand nez n’a gâté visage.

    http://www.france-pittoresque.com

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Pas piqué des vers / hannetons

    00000000000000000000000000000000000000000000000000000009782253134367

    « Pas piqué des vers / hannetons  »Parfait, excellent, exceptionnel, très réussi, formidable… Bien conservé, intact.

    Lorsque le bois des anciens meubles est envahi par les vers, on dit qu’il est ‘piqué’ par ces animaux rampants, en raison des traces laissées par les nombreux petits trous visibles à la surface du bois.
    Il va de soi que l’état de tels meubles est très loin d’être considéré comme parfait ou exceptionnel.
    Dès le XVIIe siècle, on utilisait déjà « piqué de vers » pour désigner des vêtements mités ou du bois rongé par les insectes.

    On imagine aisément que l’inverse de « piqué de vers » qualifie quelque chose d’intact, bien conservé, en parfait état et, par extension, quelque chose d’exceptionnel ou d’excellent.
    La version ‘hannetonnée’, est apparue au XIXe siècle, un peu après sa soeur avec exactement le même sens.

    Cette expression serait attestée en 1832 dans « les amours de Mahieu » pour désigner une belle jeune fille, fraîche, en pleine santé, apte à satisfaire les besoins de galipettes du bossu paillard héros de l’ouvrage.
    La signification actuelle apparaît au début du XXe siècle.

     

    Extrait modifié de Expressio

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique