• Pierre qui roule
    n’amasse pas mousse

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    La persévérance et la stabilité sont des éléments de conservation, tandis que l’agitation et l’inconstance ruinent et déconsidèrent les individus comme les nations

     

    Ce proverbe signifie qu’un homme qui change souvent de profession parvient rarement à la fortune, de même une nation s’affaiblit par elle-même en changeant trop souvent de gouvernement. La longue pratique d’un métier ou d’une profession est une condition et une garantie de succès.

     

    Les individus inconstants qui quittent une occupation pour courir bientôt après une autre, non seulement n’acquièrent aucune expérience, mais encore perdent peu à peu la faculté d’appliquer leur esprit à n’importe quel travail.

    Au XVIe siècle, on disait : Pierre souvent remuée de la mousse n’est vellée (revêtue). Ce vieux proverbe est la traduction littérale d’un dicton grec employé d’abord par l’auteur Lucien et passé depuis dans la langue latine : Saxum volutum non obducitur musco, ce qui signifie : La pierre roulée ne se recouvre pas de mousse. Nous trouvons dans la même langue un proverbe analogue : Saepius plantata arbor fructum profert exiguum, ce qui se traduit ainsi : Arbre transplanté souvent n’a jamais fruit abondant.

    Un poète latin, appelé Martial, a exprimé la même pensée dans les mots suivants : Quisquis ubique habitat... nusquam habitat, dont voici la traduction : Celui qui habite partout n’habite nulle part. Gresset, poète français du XVIIIe siècle, a composé sur ce sujet ce joli quatrain :

     

     

    Dans maint auteur de science profonde
    J’ai lu qu’on perd trop à courir le monde :
    Très rarement en devient-on meilleur.
    Un sort errant ne conduit qu’à l’erreur.

     

    Comme conclusion de ce qui a été dit précédemment, on peut émettre cette idée que l’on ne s’enrichit guère à courir le monde. Et on peut même ajouter pour l’intelligence de ce proverbe que la pierre, nue de sa nature, gagne en se garnissant de mousse, parce que celle-ci devient pour elle comme un vêtement ou une parure. Les Italiens ont un autre proverbe qui présente le même sens, le voici : « Albero spesso traspiantato mai di frutti e caricalo. »

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  • Tout vient à point
    à qui sait attendre

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    Il faut attendre en toute chose avant de vouloir recueillir des résultats

     

    On trouve dans l’Ecclésiaste (chapitre III, v. 1) ces mots : Omnibus ora certa est et tempus suum cuilibet caepto sub caelis, qui signifient : Il y a pour tout un moment fixé et chaque entreprise a son temps marqué sous les cieux.

    C’est une maxime à l’adresse de ces hommes qui manquent de fermeté dans leurs résolutions et qui compromettent le succès des meilleures affaires par l’avidité ou par l’impatience. Rabelais, dans son Pantagruel (Livre IV, chapitre 48), s’est servi de cette expression : « Tout vient à point à qui peult attendre. » Voici ce que dit Bossuet (XVIIesiècle) à ce sujet : « La science des occasions et des temps est la principale partie des affaires. Précipiter ses affaires, c’est le propre de la faiblesse qui est contrainte de s’empresser dans l’exécution de ses desseins, parce qu’elle dépend des occasions. »

    La Fontaine a dit avec raison dans sa fable du Lion et du Rat :

     

    Patience et longueur de temps
    Font plus que force ni que rage.

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  • Suer d’ahan
     
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    C’est se donner une grande peine, une fatigue extraordinaire
     

    Le mot ahan, d’où vient le verbe ahanner, qu’on employait autrefois pour dire haleter en travaillant, est l’onomatopée du cri de respiration précipitée que laissent échapper les bûcherons dans leurs travaux.

    La plupart de nos vieux auteurs, depuis Jean de Meung jusqu’à Montaigne, et quelques écrivains des derniers siècles, se sont servis de ce terme très expressif. Citons Rabelais et Voltaire.

     
     

    Le premier a dit, dans son nouveau prologue du livre IV : « O Jupiter ! vous en suâtes d’ahan, et de votre sueur tombant en terre naquirent les choux-cabus. » Le second, dans une de ses lettres, parlant de certains rimailleurs, les a désignés par la périphrase suivante : « Ces pauvres diables qui suent d’ahan dans leurs greniers pour chanter la volupté. »

    Le père Labbe, qui regarde aussi le mot ahan comme une onomatopée, cite la naïveté plaisante d’un petit garçon qui disait à son père, filetoupier ou batteur de chanvre, dans l’idée de le soulager d’une partie de son travail : « Mon père, contentez-vous de battre, je vais faire ahan pour vous. »

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  • D’où Vient L’expression « Ça Fait Des Lustres » ?

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    « Ça fait des lustres » signifie « ça fait très longtemps ». L’expression date du 17ème siècle.

    Les « lustres » en question ne sont pas des appareils d’éclairage suspendus au plafond des salons. Le lustre fait ici référence à l’unité de temps du même nom qui correspondait à une durée de 5 ans dans la Rome antique.

    A cette époque le lustre était plus précisément une cérémonie de purification effectuée avant les recensements réalisés tous les cinq ans.

    A cette occasion les censeurs, c’est à dire les hauts magistrats, le plus souvent choisis parmi les anciens consuls, étaient élus.

    Mais le lustre désignait tout aussi bien la cérémonie que le laps de temps s’écoulant entre deux « lustres ».

    Par extension, utilisé au pluriel, « des lustres » ont pris le sens d’une période toute à la fois de étendue et imprécise.

    Ainsi, aujourd'hui lorsque par exemple, on croise une personne que l'on n'a plus vue depuis longtemps on emploie:

    " Ben Ça Alors, Ça Fait Des Lustres!"

    Dans ce cas  précis il est  également fait usage de l'expression

    " Ca Fait Un Bail !"

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  •  Pourquoi Dit-On « À Tue-Tête » ?

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    Celui qui chante à tue-tête a une voix si forte et puissante que le son qu’il émet peut faire mal à la tête. Il est en tous cas le plus souvent dérangeant.

    Dès le 12ème siècle « tuer » était utilisé dans diverses expressions afin d’exprimer l’idée d’évanouissement. Mais la locution « à tue-tête » trouve son origine bien plus tard, au XVIe siècle.

    A cette époque le terme « tuer » ne signifiait pas seulement enlever la vie. Il pouvait être également être utilisé pour exprimer l’idée de frapper le plus souvent à la tête ou bien signifier « fatiguer » ou « exténuer ».

    Cette dernière signification explique l’expression aujourd’hui disparue « à tue-chevaux » signifiant « très vite ».

    Dès lors, le sens de l’expression qui nous intéresse est apparu naturellement et n’a pas évolué malgré les siècles.

    Quelqu’un qui chante ou crie à tue-tête a de fortes chances de fatiguer ceux ou celles qui se trouvent à proximité....

    Il est à noter que aussi bizarrement que cela puisse paraitre...

      Ce terme est régulièrement utilisé pour des oiseaux semblant  s'égosiller  donc " à  tue-tête "...Chantant fort....

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  • Expressions d'un Autre Temps, vraimen

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    -1-Tu es fagoté comme un as de pique.

    -2-Tu risques de te casser la margoulette !

    -3-Ne te monte pas le bourrichon !

    -4-T'es pas en sucre !

    -5-On va pas attendre jusqu'à la Saint-glinglin quand même ?

    -6-Il n'y a pas le feu au lac !

    7-C'est kif-kif bourricot !

    8-Je vais aller faire les commissions.

    9-Ça ne tombera pas plus bas !

    10-Il n'y a pas de petites économies.

    11-On n'est pas sortis de l'auberge.

    12-N'en fais pas tout un fromage !

    13-Regarder une page de réclame.

    14-Ne mets pas la charrue avant les boeufs.

    15-Il a pris la poudre d'escampette.

    16-Il est beurré comme un Petit Lu !

    17-Elle a vu le loup !

    18-Faire une tête de six pieds de long.

    19-On n'est pas aux pièces.

    20-Ça ne fait pas un pli.

    21-Tu files un mauvais coton.

    22-Brûler la chandelle par les deux bouts.

    23-Je t'ai payé rubis sur l’ongle.

    24-À la bonne franquette.

    25-Parlons peu mais parlons bien.

    26-Faut pas pousser Mémé dans les orties.

    27-Cela ne fait ni une ni deux.

    28-Péter plus haut que son cul.

    29-Pas la peine de chercher midi à 14h.

    30-Il a une descente que j'aimerais pas remonter à vélo.

     

    MOI JE LES UTILISE ENCORE.....

     

    Et vous ?

     

     

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  •  EXPRESSION DE LA LANGUE FRANCAISE   COMME UN POISSON DANS L'EAU

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    Comme un poisson dans l'eau
    Être complètement à l'aise
    Se trouver dans son élément

    Origine

    Si vous décrochez un poisson de l'hameçon qui l'a sorti de l'eau et le déposez au fond  de votre seau, il restera certes muet comme une carpe, mais vous constaterez   aisément et rapidement qu'il n'est pas vraiment à son aise. Alors que si, à travers une  eau claire, vous en regardez un en train de nager, il vous semble vraiment dans son   élément. Peut-être tout simplement parce qu'il y est, autant que vous à l'air libre.

    Cette constatation facile à faire par tout un chacun a donné naissance à notre  expression sous sa forme actuelle au XVIIe siècle, parfois accompagné de l'adjectif 

    'heureux' ("Être heureux comme...").
    Mais on a eu auparavant un "sain comme un poisson en l'eau" et même, au XIIIe, un

    "je ne suis pas si aise com le poisson qui noe (nage)".

    Autant dire que ça fait bien longtemps que les poissons dans l'eau sont comme des  poissons dans l'eau (étonnant, non ?).

    Exemple

    « Nous savons que le plus intime de nos gestes contribue à faire l'histoire (…) que nous

    appartenons à une époque qui aura plus tard un nom et une figure et dont les grands  traits, les dates principales, la signification profonde, se dégageront aisément : nous  vivons dans l'histoire comme les poissons dans l'eau, nous avons une conscience  aiguë de notre responsabilité historique. »
    Jean-Paul Sartre - Situations II - 1965

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  • Quelle est l’origine de l’expression: « Montrer patte blanche » ?

    « Montrer patte blanche » signifie donner un signe de reconnaissance pour être autorisé à entrer dans un lieu.

    Par ce geste on prouve que l’on est digne de confiance.

    Cette expression semble trouver son origine, ou du moins l’explication de sa popularisation, dans une fable de Jean de La Fontaine qui date de 1668...

    Le loup, la chèvre et le chevreau. Dans cette histoire, la chèvre s’absente et doit laisser son chevreau seul. Elle lui recommande durant son absence de n’ouvrir à personne, d’être méfiant et d’attendre son retour.
    Consigne supplémentaire, le chevreau devra demander à voir la patte du visiteur avant d’ouvrir, pour s’assurer qu’elle est bien blanche, comme celle de sa mère et non pas sombre comme celle du loup.

    Il faudra attendre plus de deux siècles après la mort de La Fontaine pour trouver cette expression reprise dans un ouvrage.

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  • Avoir les yeux de Chimène

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    Éprouver un fort intérêt ou une passion (pour quelque chose ou quelqu'un).


    Origine

    Ceux qui sont passés par le lycée se souviennent certainement de la pièce de Corneille "Le Cid" dont le personnage principal[1] est inspiré par un guerrier ayant réellement existé au XIe siècle, Rodrigo Díaz de Bivar dit le Cid Campéador  .

    Dans cette pièce, Rodrigue, surnommé Le Cid, est le fils de Don Diègue, rival du Comte de Gormas dont la fille, Chimène, est amoureuse de Rodrigue (et inversement). Mais ce dernier est partagé entre son amour et son intention de venger l'honneur de son père humilié par le Comte.
    À la fin, Chimène condamne Rodrigue qui a assassiné son père.

    Les premières représentations de la pièce, au début de l'an 1637, sont un triomphe. Mais elle est vite critiquée par des auteurs rivaux ainsi que par Richelieu.
    Boileau, qui la défend, écrira :
    « En vain contre le Cid un ministre se ligue,
    Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue »
    Car tout Paris, effectivement, évoque le dilemme (cornélien, bien sûr !) de Rodrigue.

    Mais, comme tout est bien qui finit presque bien (sauf pour le Comte), l'amour que Chimène porte à Rodrigue lui fait en partie pardonner son acte, d'autant plus que, pendant un moment, elle le croit mort.
    La fin reste ouverte : Chimène retombera-t-elle vraiment dans les bras de Rodrigue alors que le roi lui demande de l'épouser ? L'histoire ne le dit pas car Corneille n'a pas écrit "Le Cid II - Le retour".

    Si les yeux de Chimène sont d'abord ceux d'une femme amoureuse, qui finit généralement par pardonner, l'expression a pris un sens figuré pour désigner un intérêt certain pour quelque chose ou quelqu'un.

    Qui, je tiens à le préciser pour certains, n'était ni Breton, ni brute.

    Exemple

    « C'était un beau garçon joufflu, haut en couleur, large d'épaules, ayant l'air heureux d'être au monde et enchanté de sa robuste personne ; le type complet d'un Rodrigue de village pour qui tout Gigondas aurait eu les yeux de Chimène. »
    A. de Pontmartin - Les jeudis de Madame Charbonneau - 1862
    Compléments

    On oublie parfois que le Comte, un des personnages de la pièce, était féru d'informatique.
    Et pourtant, il en reste cette fameuse scène :

    « - À moi Comte, deux mots, connais-tu bien ton dièse ? »
    À ces mots, le Comte ne se sentit plus de joie
    Et, de ses doigts habiles, tapa AltGr 3

     
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