• C’est la danse des dindons

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    Chose qu’on a l’air de faire de bonne grâce, quoique ce soit à contrecœu

     

    Un de ces hommes dont le métier est de spéculer sur la curiosité publique, fit annoncer à son de trompe, un jour de foire, dans une petite ville de province, qu’il donnerait un ballet de dindons. La foule s’empressa d’accourir à ce spectacle extraordinaire ; la salle fut remplie ; des cris d’impatience commandèrent le lever de la toile : le théâtre se découvrit enfin, et l’on vit paraître les acteurs de basse-cour qui sautaient précipitamment, tantôt sur un pied et tantôt sur l’autre, en déployant leur voix aigre et discordante sur tous les tons, tandis que le directeur s’escrimait à les diriger avec une longue perche pour leur faire observer les règles du chassez et du croisez.

     

    Cette scène burlesque produisit sur les assistants un effet difficile à d’écrire. Les uns se récriaient de surprise, les autres applaudissaient avec transport ; ceux-ci trépignaient de joie, ceux-là poussaient des éclats de rire immodérés ; et l’engouement général était tel que personne ne soupçonnait pourquoi les dindons se donnaient tant de mouvement.

    On s’aperçut enfin que c’était pour se soustraire au contact d’une tôle brûlante sur laquelle ils étaient placés. Quelques étincelles échappées d’un des fourneaux disposés sous cette tôle découvrirent le secret de la comédie. Mais en même temps la peur du feu gagna l’assemblée : dans un instant tout y fut tohu-bohu, et les spectateurs et les acteurs, se précipitant pêle-mêle, se sauvèrent comme ils purent, les premiers avec un pied de nez, et les seconds avec des pieds à la Sainte-Ménehould (allusion à la recette de cuisine dans laquelle les pieds de porc sont longtemps bouillis avant d’être panés).

     

     

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  • Il n’y a pas de si belle rose
    qui ne devienne gratte-cul
     
     
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    Il n’y a pas de si beau visage qui n’enlaidisse
     

    Semblable à la rose, la plus belle des fleurs, dont la fraîcheur est passagère, la beauté perd son plus vif incarnat, et le temps, ce destructeur cruel, efface ses appâts, y substitue les rides et la pâleur.

    On nomme gratte-cul le fruit de l’églantier, et le bouton qui reste après que la rose a perdu ses feuilles. Les anciens ornaient de roses les statues de Vénus et de Flore ; de Vénus, parce qu’elle est la plus belle des déesses ; de Flore, parce que la rose est la plus riante et la plus riche de ses productions. Ils s’en couronnaient souvent dans leurs festins : Et rosa canos adorati capillos. (Horace)

    Ils la regardaient comme le symbole de la mollesse et de la volupté. Ovide prétend que les premières roses furent blanches, et qu’elles doivent ce tendre incarnat au sang d’Adonis. Cette ingénieuse fiction n’a point été admise par tous les mythologues ; quelques-uns ont prétendu que Vénus, en volant au secours d’Adonis, ne sentit ni les pointes des rochers ni les ronces qui la déchiraient. Les rosiers épineux furent teints, disent-ils, de ce sang vermeil ; quelques gouttes jaillirent sur les roses, et ces fleurs, qui primitivement étaient blanches, conservèrent, depuis cet accident, la couleur du sang de Vénus. Demoustier écrit :

    Je crois, en la voyant (la rose) briller sur votre cœur,
    Voir le sang de Vénus retourner à sa source.

    La mythologie nous apprend que l’Amour fit présent à Harpocrate, dieu du silence, d’une belle rose, fleur que l’on n’avait encore jamais vue, afin qu’il ne découvrît point ses tours d’espièglerie. De là est venue la coutume de suspendre une rose au plafond des appartements où les familles se réunissaient, afin que la discrétion, représentée par la rose, devînt la sûreté et la garantie de tous les entretiens ; c’est ce qui a fait naître cette expression : Nous sommes sous la rose, c’est-à-dire, en un lieu sûr ; nous pouvons causer librement.

    Chez les anciens, une rose dont les feuilles étaient éparpillées était l’emblème du trépas, et pour peindre la courte durée de notre existence, ils la comparaient à celle de cette fleur. Malherbe a bien saisi cette allégorie, lorsqu’il décrit la mort de la fille de Du Périer, son ami :

    Mais elle était du monde où les plus belles choses
    Ont le pire destin,
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

     

    Aglaé, la plus jeune des Grâces, était représentée chez les Grecs avec un bouton de rose à la main, comme l’attribut de la jeunesse et de la beauté. Nos aïeux nommaient chaperon de roses, un don léger qu’on faisait aux nouvelles mariées. Ainsi, relativement à un mariage peu fortuné, lorsqu’on demande ce qu’un père donne à sa fille, et lorsqu’on veut répondre qu’il donne peu, on dit proverbialement qu’il lui donne un chapeau de roses.

    En Allemagne, une jeune personne qui avait perdu la plus belle rose de son chapeau, fleur que les hommes prisent tant, était forcée, le jour de ses noces, de porter une couronne de roses rouges, en place d’une autre de roses blanches ou de myrte. On trouve une allusion maligne à cette perte irréparable dans la fable suivante :

    La rose rouge et la rose blanche.

    Que vous êtes pâle, ma sœur,
    Disait la rose rouge à sa sœur rose blanche ;
    Pardonnez-moi d’être si franche,
    Votre teint blême me fait peur.
    — C’est la candeur de l’innocence ;
    Vous, pour rougir ainsi, ma sœur,
    Vous avez vos raisons, je pense.
    — Mes raisons ? Du bel Adonis,
    Du favori de Cythérée,
    C’est le sang qui m’a colorée :
    J’éclate, et vos traits sont ternis.
    — Cependant, d’une vierge pure
    J’embellis encor la pudeur,
    J’éclate aussi, mais de blancheur.

     

    Les anciens ceignaient de roses blanches le front des vierges et des vestales. La rose blanche est l’attribut des jeunes personnes qui sortent de l’enfance ; on dit alors au figuré, c’est une rose ; on dit également, c’est un bouton de rose. La rose est encore l’emblème de la première heure du jour. En Turquie, on sculpte une rose sur le tombeau des jeunes vierges, comme symbole de leur pudeur et de leur modestie. A Rome, le jour appelé Dominica in rosa, les papes bénissaient des roses qu’ils envoyaient, comme une marque de distinction, à quelques princesses de l’Europe.

     

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  • Ménager la chèvre et le chou
    Publié / Mis à jour le VENDREDI 19 OCTOBRE 2018,
     
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    Parer à deux inconvénients et ménager des intérêts opposés ; c’est en un mot, prendre parti tantôt pour l’un tantôt pour l’autre, de façon à se trouver en faveur auprès de celui qui l’emportera

    Cette locution proverbiale nous est venue du problème suivant que l’on donnait à résoudre aux enfants pour les accoutumer à réfléchir et à exercer leur sagacité. Voici en quoi consistait ce problème. 
    « Un homme veut traverser un cours d’eau ; il a avec lui une chèvre, un chou et un loup.

    Ne pouvant les passer tous ensemble à cause de l’exiguïté de son bateau, et ne voulant pas laisser la chèvre avec le chou, de peur que l’une ne mangeât l’autre ou le loup avec la chèvre dans la crainte que celle-ci ne fût mangée par le premier, ce qu’il s’agissait d’éviter, voici comment il s’y prit pour arriver à une solution :

    « Il passa la chèvre en premier, persuadé qu’il n’y avait aucun danger à laisser le chou avec le loup. Après avoir déposé la chèvre sur l’autre bord, il revint chercher le loup et le chou, de cette façon la chèvre ne mangea pas le chou et le loup ne mangea pas la chèvre. »

    Cette locution s’emploie toujours en mauvaise part. Les personnes qui ménagent la chèvre et le chou sont intéressées ou ambitieuses. Il faut avoir le courage de son opinion et approuver ou désapprouver la conduite des autres, sans critiquer pour cela ostensiblement tout ce qui n’est pas conforme à son opinion. Agir autrement, c’est se rendre coupable d’hypocrisie, car on ne doit pas feindre d’applaudir des actes que l’on condamne et paraître estimer des gens qu’on méprise.

    En 1807, un M. Tournay fit de ce proverbe le sujet d’une chanson, sur l’air du Ballet des Pierrots ; en voici le premier couplet :

    Guidant la chèvre par la barbe,
    Tenant un gros chou sous le bras,
    Au point du jour, la jeune Barbe
    Au marché courait à grands pas ;

    Sa mère, prévoyante et sage,
    En l’embrassant lui dit : Mon chou,
    Songe qu’il faut dans le voyage,
    Ménager la chèvre et le chou.

     

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  • Quelle Est L’origine De L’expression

    « Minute, Papillon ! » ?

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    « Minute, papillon ! » est une expression assez récente puisqu’elle date du début du 20ème siècle. Son origine est encore aujourd’hui incertaine. Deux hypothèses coexistent sans qu’il soit possible de les départager.

     

    Selon la première il s’agit de demander de ralentir le rythme à celui qui se comporte comme un papillon, volant de fleur en fleur rapidement, sans se poser nulle part très longtemps et qui agit avec impatience ou inconstance.

     

    L’injonction consiste donc à lui demander de cesser précisément de « papillonner ».

    La seconde explication ne présente aucun lien avec l’insecte.

    En 1930 des journalistes du Canard Enchainé fréquentaient le Café du Cadran à Paris.

    Là un serveur du nom de Papillon aurait eu pour habitude de répondre à toute requête provenant des clients par un systématique « minute, j’arrive ».

    Amusé par le caractère répétitif de la réplique ils l’auraient surnommé « Minute Papillon » et auraient ensuite popularisé l’expression.

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  • Que Dalle...

    Pourquoi dit-on « que dalle » pour signifier « rien » ?

    Il existe deux explications sur l’origine de l’expression « que dalle » pour désigner l’absence de quelque chose.

    Elle serait d’abord une référence à une ancienne pièce de monnaie en argent du Saint-Empire romain germanique, le « thaler » ou « daalder » dans la langue flamande.

    Apparue au 15ème siècle cette monnaie issue de la puissance de l’empire germanique circula en Europe pendant 400 ans. A l’image du dollar elle était la monnaie des échanges commerciaux internationaux.

    Mais au 19ème siècle elle perdit toute sa valeur en grande partie en raison de la naissance du mark allemand. On se mit alors à dire que l’on avait « que dalle » pour signifier une monnaie sans valeur, c’est-à-dire « rien du tout ».

    Selon la deuxième explication, « dalle » viendrait du mot « dail » issu d’une langue tsigane, le romani, et qui a pour sens « rien du tout ». Ou encore de l’occitan qui veut dire « que de l’aile à manger », c’est-à-dire presque rien.

    Pourquoi dit-on « poser un lapin » ?

    « Poser un lapin » consiste à ne pas se rendre à un rendez-vous sans prévenir la personne qui vous attend.

    Signalons d’abord que durant l’Antiquité, le lapin était un symbole de fécondité. Celui qui n’en avait pas était donc mis dans la pauvreté.

    Mais l’expression exacte remonte à la fin du 19ème siècle. Elle avait cependant à l’époque un sens différent.

    Elle signifiait ne pas rétribuer les faveurs d’une femme dite de « petite vertu ». Le « lapin » désignait donc le refus de payer.

    Et le « poseur de lapin » était celui qui faisait attendre la femme dont il avait profité.

    Le sens que nous connaissons aujourd’hui serait apparu vers 1890 chez les étudiants et semble venir d’une autre locution, « laisser poser », qui signifiait « faire attendre quelqu’un ».

    Mais il y a eu sans aucun doute un glissement progressif dans le langage courant d’une attente de paiement non honoré (la faveur sexuelle) vers une autre attente non satisfaite (la venue de la personne attendue).

    Le Jeu En Vaut La Chandelle...

    D’où vient l’expression « le jeu en vaut la chandelle » ?

    L’origine de cette expression date du 16ème siècle. A cette époque les foyers s’éclairaient à la bougie.

    L’électricité n’existait bien sûr pas encore. Pour passer le temps ou s’adonner à son vice les gens pouvaient le soir jouer aux cartes ou aux dés. Pour y voir quelque chose il leur fallait s’éclairer à la bougie ou à la chandelle.

    Mais éclairer ces parties de jeux nocturnes avait un coût.

    Ainsi les joueurs n’étaient prêts à consentir à payer pour cet éclairage que si les montants des gains potentiels étaient élevés. Il fallait pouvoir espérer gagner une grosse somme ou au moins rentrer dans ses frais.

    Si les gains potentiels n’étaient pas énormes et pour pouvoir quand même jouer les participants aux revenus modestes donnaient une petite somme à celui qui avait accueilli la partie en dédommagement du coût des chandelles.

    Mais s’ils n’avaient vraiment pas de chance au jeu alors celui-ci n’en valait pas la chandelle !

    Pourquoi dit-on « une vie de bâton de chaise » ?

    « Mener une vie de bâton de chaise » signifie mener une vie agitée, désordonnée.

    L’expression a une origine incertaine. Mais on l’explique généralement de la façon suivante. Les « bâtons de chaise » sont les bâtons de chaise à porteurs sous l’Ancien Régime. Celles-ci présentaient en effet deux bâtons latéraux qui servaient à porter littéralement la chaise et son passager.

    Or pour déplacer le tout il fallait fréquemment manipuler ces bâtons. Ils avaient la vie dure. Ils étaient soulevés, tirés, posés, courbés. Et par analogie on se mit à décrire une vie à l’activité excessive en ayant recours à cette image.

    Si on date cette expression de la fin du 19ème siècle, date à laquelle les chaises à porteurs avaient disparu, c’est tout simplement que de nombreux spectacles relataient alors la vie de cette époque, donnant une actualité à ce mode de déplacement pourtant disparu. D’où la référence anachronique aux bâtons de chaise.

    Quelle est l’origine de l’expression « amuser la galerie » ?

    « Amuser » ou « épater » la galerie consiste à faire rire le public.

    Cette expression au caractère légèrement péjoratif a une origine sportive et date du 17ème siècle. Le tennis et d’autres jeux de raquettes viennent du jeu de paume, jeu pratiqué depuis un millénaire. Le long des terrains de ce jeu, dont les joueurs sont munis d’une raquette que depuis le début du 16eme siècle, se trouvait une galerie. Elle accueillait les spectateurs.

    Rapidement le mot « galerie » s’est mis à désigner non plus seulement la structure accueillant le public mais le public lui-même.

    Pour amuser les spectateurs, la galerie donc, les joueurs du jeu de paume réalisaient des acrobaties et tentaient d’effectuer des coups spectaculaires. Puis dans un élargissement progressif et continu de sa signification, l’opinion publique.

    Pour la petite histoire la France commença à délaisser le jeu de paume dès le 18ème siècle.

    À la bonne franquette

    Pourquoi dit-on « à la bonne franquette » ?

    Passer une soirée “à la bonne franquette” signifie sans complications, sans chichi ni manières inutiles. Si une invitation se passe « à la bonne franquette » alors les petits plats ne sont pas mis dans les grands !

    Dès le 17ème siècle on trouve l’expression « à la franquette ». Le mot « franquette » vient de « franc » qui est d’origine normande.

    La locution est utilisée à cette époque pour dire « en toute franchise ». Un siècle plus tard elle est remplacée par « à la bonne franquette » et prend dès lors le sens de « en toute simplicité ».

    Mais il faut ajouter que Jean Maillet souligne que jusqu’à la fin du 18ème siècle, le peuple disait « parler à la franquette » ou « agir à la franquette » pour exprimer l’absence de manières et façons.

    Il semble aussi qu’avant le mot « franquette » on utilisait celui de « Flanquette ».

    « « Agir à la flanquette » signifiait donc « agir franchement ». La lettre «L » ayant par la suite était roulée en « R ».

    D' où vient l’expression « les absents ont toujours tort » ?

    Cette expression est très courante mais savez-vous pourquoi les absents ont tort ? Est-ce parce qu’ils ont commis la faute de ne pas être là et se voient en conséquence punis par condamnation a priori de leurs opinions ?

    Ou bien est-ce parce qu’ils ne peuvent pas se défendre et argumenter leur position ?

    Cette seconde explication est la bonne. L’absent est toujours fautif car il n’est pas en mesure de défendre ses intérêts, d’expliquer son point de vue ou sa décision.

    Par une formule assez proche les Latins disaient : Absens hoeres non erit, c’est-à-dire « l’absent ne sera pas héritier ».

    Mais l’expression qui nous occupe date elle, du 18ème siècle. A cette époque on dit d’ailleurs plutôt...

    « Les os sont pour les absents ». Ce qui signifiait qu’en raison de leur absence ils ne pouvaient pas partager le repas et que par conséquent on leur laissait la part la moins enviable, les os.

    Connaissez-vous l’origine de l’expression « laisser le chat aller au fromage » ?

    Cette expression est certes quelque peu oubliée de nos jours mais elle a bien eu cours.

    Elle s’applique à une jeune fille qui cède aux avances d’un homme avant le mariage. Elle exprime donc l’idée traditionnellement contraire à la morale de consommer un mariage avant même sa célébration.

    On en trouve les premières traces au 16ème siècle. Des interrogations demeurent sur l’animal choisi.

    En effet ce sont plutôt les souris ou les rats qui s’intéressent au fromage, et non pas les chats. Mais s’il s’agit d’un chat et non d’un rongeur, c’est en référence au sexe féminin.

    Quant au fromage il est le symbole même de la tentation. Déjà dans la fable de La Fontaine, Le corbeau et le renard, le fromage est la proie tant convoitée par les animaux...

    « Maître Corbeau, sur un arbre perché, tenait en son bec un fromage. Maître Renard, par l’odeur alléché… ».

    Prendre des vessies pour des lanternes...

    L’origine de cette expression semble remonter au 13ème siècle, une époque à laquelle on disait « vendre vessie pour lanterne ».

    Des vessies de porc ou de bœuf étaient alors …

    Mener à la baguette...

    Cette expression signifie commander avec dureté ou autorité. On peut se demander de quelle baguette s’agit-il ?

    Est-ce une référence à la baguette du boulanger ?

    A celle du batteur ? Du chef d’orchestre ?

    Ou encore à celles qui peuvent remplacer les fourchettes ? Aucune de celles-ci…

    Quelle est l’origine de l’expression « comme cul et chemise » ?

    Deux personnes qui sont « comme cul et chemise » ont entre elles une très grande complicité.

    Elles sont inséparables. Cette métaphore de l’amitié entre deux personnes est souvent utilisée dans un sens légèrement péjoratif.

    Antoine Oudin dès 1640 utilise une expression très proche: « Ce n’est qu’un cul et une chemise.

    Ils sont toujours ensemble ; ils ont de grandes intelligences ».

    La mention du cul et de la chemise, souligne simplement le caractère inséparable des deux parties, comme le lien qui existe entre le corps (« le cul ») et le vêtement qui l’habille (« la chemise »).

    Car les chemises de l’époque n’étaient pas identiques à celles que nous connaissons aujourd’hui.

    Elles ressemblaient plutôt à de longues chasubles qui en font véritablement l’ancêtre des sous-vêtements modernes. La « chemise » atteignait ainsi le « cul ».

    Il y avait donc bien entre deux personnes la même promiscuité que celle existant entre le vêtement et le corps humain.

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  • Courir le guilledou
    Publié / Mis à jour le VENDREDI 5 OCTOBRE 2018, 
     
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    Aller souvent, et surtout la nuit, dans les lieux de débauche

    Guilledou, suivant Ménage, est dérivé de gildonia, espèce d’ancienne société ou confrérie dans laquelle on faisait des festins qui pouvaient servir de prétexte à d’autres débauches.

     

    Suivant Le Duchat, courir le guilledou est une corruption de courir l’aiguillette, et peut signifier proprement courir les grands corps de garde, de tout temps pratiqués dans les portes des villes, sous des tours dont les flèches se terminent en pointe comme l’aiguillette d’un clocher. Une de ces portes est appelée guildou dans l’Histoire du roi Charles VII (édition du Louvre, in-folio, p. 783) ; et, dans l’histoire du même prince, attribuée à Alain Chartier, sous l’année 1446, il est parlé d’un château de Bretagne appelé Guilledou, soit à cause de sa tour, soit parce qu’il était situé sur quelque pointe de montagne.

    L’abbé Morellet, donne l’étymologie suivante : « Le propos d’un homme qui court les lieux de prostitution est tout naturellement will do you...? Voulez-vous...? Si l’on considère que le w anglais se change souvent en g, et que dou a pu remplacer do youpour la plus grande facilité de la prononciation, on comprend aisément comment courir le guilledou est mener la vie d’un libertin, demandant aux filles will you ? ou will do you...?

     

     

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  • Pourquoi souhaite-t-on bonne chance en disant “Merde”L’interjection « merde » est d’abord un juron. Connue comme « le mot de Cambronne »...

    Elle fait référence à un passage très précis du roman de Victor Hugo, Les Misérables.L’auteur y relate un évènement survenu lors de la bataille de Waterloo.

    Le général Pierre Cambronne aurait ainsi eu recours au mot « merde » lorsque le général britannique Charles Colville lui intima l’ordre de rendre les armes.

    Quant à sa signification relative à la chance, il n’y a aucune certitude quant à son origine.

    Cependant il est communément admis qu’elle vit le jour dans le monde du théâtre à la fin du 19ème siècle.En effet utiliser les termes « bonne chance » était alors censé porter malheur.

    Il fallut trouver une astuce et on eut recours à une expression de substitution.A cette époque on pouvait juger du succès d’une pièce par le nombre de fiacres et donc d’attelages de chevaux attendant les spectateurs à la sortie du lieu de spectacle.

    Aussi le nombre de crottins était proportionnel au succès d’une pièce.

    Souhaiter de la merde signifiait par conséquent souhaiter plein succès à une pièce.

    A noter que l’acteur à qui un « merde » est adressé ne doit pas, selon la tradition, exprimer de remerciements en retour.

    Du monde du théâtre l’usage de l’expression s’est ensuite progressivement répandu dans la société....

    Et il est évident que marcher dedans porte chance.....

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  • Qui aime bien châtie bien

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    En punissant avec prudence et modération un enfant, on montre qu’on a pour lui une véritable amitié

    C’est assurément une bonne maxime, mais il ne faut pas que le châtiment soit dicté par l’animosité et aille jusqu’à la cruauté. (Le mot châtier est employé ici dans le sens de corriger.)

    Quand on aime réellement, on cherche à rendre meilleurs ceux qu’on affectionne et l’on n’épargne rien, pas même les châtiments, pour les remettre dans la bonne voie.

    Ce proverbe a dû son origine aux philosophes stoïciens de l’ancienne Grèce qui émettaient cette opinion que : Aimer et battre ne sont qu’une même chose. Il a été aussi attribué aux doctrines de Socrate, si l’on en juge par cette phrase tirée de la quatrième scène du cinquième acte de la comédie des Nuées d’Aristophane où un disciple de ce philosophe est représenté, battant son père en prononçant ces paroles : tout ’es eunoeïn to tuptein), dont le sens a été donné plus haut.

     

    Les Latins disaient : Qui bene amat, bene castigat, que nous avons traduit littéralement. Horace, leur grand poète satirique a su exprimer en quelques mots la force des habitudes prises par les enfants et l’importance d’empêcher les mauvaises de se former chez eux :

     

    Quo semel est imbuta recens servabit odorem
    Testa diu...

    ce qui signifie : Le vase récemment fait conservera longtemps la première odeur dont il aura été imprégné. Le poète Virgile a émis aussi la même idée dans ces deux lignes :

    ...Viamque insiste domandi
    Dum faciles animi juvenum, dum mobilis astas.

    dont voici la traduction : C’est dans la jeunesse, quand l’âme est susceptible de toutes les impressions, qu’il faut s’appliquer à réformer les dispositions vicieuses

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  • Médecins d’eau douce

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    Médecins dont les remèdes ne font ni plus de bien ni plus de mal que de l’eau commune

     

    Cette locution proverbiale se prend en mauvaise part. Cependant d’habiles médecins ont exercé leur profession à Paris même, en vrais médecins d’eau douce. Bouvart (mort en 1787) avait ordonné à la vieille comtesse d’Esclignac de boire tous les jours à son lever un verre d’eau fraîche, de prendre une demi-heure après une tasse de chocolat, et après le chocolat un verre d’eau.

    Un matin elle ne pensa pas à la première partie de l’ordonnance, et sa distraction dura jusqu’à ce qu’elle eût pris son chocolat et le verre d’eau qui devait le suivre ; tout à coup elle s’aperçut de son oubli, et manda le médecin. Vous avez eu raison de me faire appeler, lui dit le docteur ; il faut que votre chocolat se trouve entre deux eaux : prenez un lavement.

    Tronchin (mort en 1781) excellait à guérir les vapeurs des femmes ; il leur recommandait l’exercice et la tempérance. Celles qui avaient le courage de suivre ce conseil s’en trouvaient bien : c’était le petit nombre. Quant aux autres malades, il les guérissait ou ne les guérissait pas, en leur faisant avaler des pilules de savon. Il ne connaissait pas de moyens plus efficaces de nettoyer l’estomac.

    Nous ne savons à quel médecin appartient l’anecdote suivante. Ce docteur traitait une comtesse pour un rhume.

    — Eh bien ! comtesse, lui dit-il, où en sommes-nous aujourd’hui ?

    — Voyez, lui répondit-elle en présentant son bras.

    Il le prit, et tâta le pouls longtemps, car elle avait le bras fort beau.

    — Nous en verrons la fin dans une huitaine, dit-il avec l’air satisfait ; continuez : eau de poulet, nourriture légère, se tenir chaudement, et ne pas sortir.

    — Que dites-vous donc là, docteur ? Je compte bien aller ce soir à un concert où doivent chanter mes nièces : j’ai promis ; je serai vêtue chaudement, et je n’aurai qu’un pas à faire de ma voiture à la salle de musique.

    — Allez, et revenez tout de suite.

    — Quoi ! je ne pourrai pas voir le commencement du bal ?

    — Restez-y quelques moments, mais n’en partagez pas les folies.

    — Je n’aurai garde ; ni valse, ni gavotte, ni anglaise ; une ou deux contredanses seulement où je ne ferai que marcher.

    — J’y consens. Point de souper.

    — Mais qu’importe, docteur, que je mange ici ou là mon aile de poulet ?

    — Soit. Point de liqueurs au moins.

    — Ah ! un verre de punch pour mûrir mon rhume.

    — Essayez ; mais ne restez pas trop tard.

    La dame dansa beaucoup, soupa bien, but des liqueurs et ne rentra qu’à quatre heures. Elle avoua tout le lendemain au docteur, qui ne la trouva pas plus mal, et en rit beaucoup avec elle.

     

     

     

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