• Quelle Est L’origine De L’expression

    « Minute, Papillon ! » ?

    ******

    « Minute, papillon ! » est une expression assez récente puisqu’elle date du début du 20ème siècle. Son origine est encore aujourd’hui incertaine. Deux hypothèses coexistent sans qu’il soit possible de les départager.

     

    Selon la première il s’agit de demander de ralentir le rythme à celui qui se comporte comme un papillon, volant de fleur en fleur rapidement, sans se poser nulle part très longtemps et qui agit avec impatience ou inconstance.

     

    L’injonction consiste donc à lui demander de cesser précisément de « papillonner ».

    La seconde explication ne présente aucun lien avec l’insecte.

    En 1930 des journalistes du Canard Enchainé fréquentaient le Café du Cadran à Paris.

    Là un serveur du nom de Papillon aurait eu pour habitude de répondre à toute requête provenant des clients par un systématique « minute, j’arrive ».

    Amusé par le caractère répétitif de la réplique ils l’auraient surnommé « Minute Papillon » et auraient ensuite popularisé l’expression.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Que Dalle...

    Pourquoi dit-on « que dalle » pour signifier « rien » ?

    Il existe deux explications sur l’origine de l’expression « que dalle » pour désigner l’absence de quelque chose.

    Elle serait d’abord une référence à une ancienne pièce de monnaie en argent du Saint-Empire romain germanique, le « thaler » ou « daalder » dans la langue flamande.

    Apparue au 15ème siècle cette monnaie issue de la puissance de l’empire germanique circula en Europe pendant 400 ans. A l’image du dollar elle était la monnaie des échanges commerciaux internationaux.

    Mais au 19ème siècle elle perdit toute sa valeur en grande partie en raison de la naissance du mark allemand. On se mit alors à dire que l’on avait « que dalle » pour signifier une monnaie sans valeur, c’est-à-dire « rien du tout ».

    Selon la deuxième explication, « dalle » viendrait du mot « dail » issu d’une langue tsigane, le romani, et qui a pour sens « rien du tout ». Ou encore de l’occitan qui veut dire « que de l’aile à manger », c’est-à-dire presque rien.

    Pourquoi dit-on « poser un lapin » ?

    « Poser un lapin » consiste à ne pas se rendre à un rendez-vous sans prévenir la personne qui vous attend.

    Signalons d’abord que durant l’Antiquité, le lapin était un symbole de fécondité. Celui qui n’en avait pas était donc mis dans la pauvreté.

    Mais l’expression exacte remonte à la fin du 19ème siècle. Elle avait cependant à l’époque un sens différent.

    Elle signifiait ne pas rétribuer les faveurs d’une femme dite de « petite vertu ». Le « lapin » désignait donc le refus de payer.

    Et le « poseur de lapin » était celui qui faisait attendre la femme dont il avait profité.

    Le sens que nous connaissons aujourd’hui serait apparu vers 1890 chez les étudiants et semble venir d’une autre locution, « laisser poser », qui signifiait « faire attendre quelqu’un ».

    Mais il y a eu sans aucun doute un glissement progressif dans le langage courant d’une attente de paiement non honoré (la faveur sexuelle) vers une autre attente non satisfaite (la venue de la personne attendue).

    Le Jeu En Vaut La Chandelle...

    D’où vient l’expression « le jeu en vaut la chandelle » ?

    L’origine de cette expression date du 16ème siècle. A cette époque les foyers s’éclairaient à la bougie.

    L’électricité n’existait bien sûr pas encore. Pour passer le temps ou s’adonner à son vice les gens pouvaient le soir jouer aux cartes ou aux dés. Pour y voir quelque chose il leur fallait s’éclairer à la bougie ou à la chandelle.

    Mais éclairer ces parties de jeux nocturnes avait un coût.

    Ainsi les joueurs n’étaient prêts à consentir à payer pour cet éclairage que si les montants des gains potentiels étaient élevés. Il fallait pouvoir espérer gagner une grosse somme ou au moins rentrer dans ses frais.

    Si les gains potentiels n’étaient pas énormes et pour pouvoir quand même jouer les participants aux revenus modestes donnaient une petite somme à celui qui avait accueilli la partie en dédommagement du coût des chandelles.

    Mais s’ils n’avaient vraiment pas de chance au jeu alors celui-ci n’en valait pas la chandelle !

    Pourquoi dit-on « une vie de bâton de chaise » ?

    « Mener une vie de bâton de chaise » signifie mener une vie agitée, désordonnée.

    L’expression a une origine incertaine. Mais on l’explique généralement de la façon suivante. Les « bâtons de chaise » sont les bâtons de chaise à porteurs sous l’Ancien Régime. Celles-ci présentaient en effet deux bâtons latéraux qui servaient à porter littéralement la chaise et son passager.

    Or pour déplacer le tout il fallait fréquemment manipuler ces bâtons. Ils avaient la vie dure. Ils étaient soulevés, tirés, posés, courbés. Et par analogie on se mit à décrire une vie à l’activité excessive en ayant recours à cette image.

    Si on date cette expression de la fin du 19ème siècle, date à laquelle les chaises à porteurs avaient disparu, c’est tout simplement que de nombreux spectacles relataient alors la vie de cette époque, donnant une actualité à ce mode de déplacement pourtant disparu. D’où la référence anachronique aux bâtons de chaise.

    Quelle est l’origine de l’expression « amuser la galerie » ?

    « Amuser » ou « épater » la galerie consiste à faire rire le public.

    Cette expression au caractère légèrement péjoratif a une origine sportive et date du 17ème siècle. Le tennis et d’autres jeux de raquettes viennent du jeu de paume, jeu pratiqué depuis un millénaire. Le long des terrains de ce jeu, dont les joueurs sont munis d’une raquette que depuis le début du 16eme siècle, se trouvait une galerie. Elle accueillait les spectateurs.

    Rapidement le mot « galerie » s’est mis à désigner non plus seulement la structure accueillant le public mais le public lui-même.

    Pour amuser les spectateurs, la galerie donc, les joueurs du jeu de paume réalisaient des acrobaties et tentaient d’effectuer des coups spectaculaires. Puis dans un élargissement progressif et continu de sa signification, l’opinion publique.

    Pour la petite histoire la France commença à délaisser le jeu de paume dès le 18ème siècle.

    À la bonne franquette

    Pourquoi dit-on « à la bonne franquette » ?

    Passer une soirée “à la bonne franquette” signifie sans complications, sans chichi ni manières inutiles. Si une invitation se passe « à la bonne franquette » alors les petits plats ne sont pas mis dans les grands !

    Dès le 17ème siècle on trouve l’expression « à la franquette ». Le mot « franquette » vient de « franc » qui est d’origine normande.

    La locution est utilisée à cette époque pour dire « en toute franchise ». Un siècle plus tard elle est remplacée par « à la bonne franquette » et prend dès lors le sens de « en toute simplicité ».

    Mais il faut ajouter que Jean Maillet souligne que jusqu’à la fin du 18ème siècle, le peuple disait « parler à la franquette » ou « agir à la franquette » pour exprimer l’absence de manières et façons.

    Il semble aussi qu’avant le mot « franquette » on utilisait celui de « Flanquette ».

    « « Agir à la flanquette » signifiait donc « agir franchement ». La lettre «L » ayant par la suite était roulée en « R ».

    D' où vient l’expression « les absents ont toujours tort » ?

    Cette expression est très courante mais savez-vous pourquoi les absents ont tort ? Est-ce parce qu’ils ont commis la faute de ne pas être là et se voient en conséquence punis par condamnation a priori de leurs opinions ?

    Ou bien est-ce parce qu’ils ne peuvent pas se défendre et argumenter leur position ?

    Cette seconde explication est la bonne. L’absent est toujours fautif car il n’est pas en mesure de défendre ses intérêts, d’expliquer son point de vue ou sa décision.

    Par une formule assez proche les Latins disaient : Absens hoeres non erit, c’est-à-dire « l’absent ne sera pas héritier ».

    Mais l’expression qui nous occupe date elle, du 18ème siècle. A cette époque on dit d’ailleurs plutôt...

    « Les os sont pour les absents ». Ce qui signifiait qu’en raison de leur absence ils ne pouvaient pas partager le repas et que par conséquent on leur laissait la part la moins enviable, les os.

    Connaissez-vous l’origine de l’expression « laisser le chat aller au fromage » ?

    Cette expression est certes quelque peu oubliée de nos jours mais elle a bien eu cours.

    Elle s’applique à une jeune fille qui cède aux avances d’un homme avant le mariage. Elle exprime donc l’idée traditionnellement contraire à la morale de consommer un mariage avant même sa célébration.

    On en trouve les premières traces au 16ème siècle. Des interrogations demeurent sur l’animal choisi.

    En effet ce sont plutôt les souris ou les rats qui s’intéressent au fromage, et non pas les chats. Mais s’il s’agit d’un chat et non d’un rongeur, c’est en référence au sexe féminin.

    Quant au fromage il est le symbole même de la tentation. Déjà dans la fable de La Fontaine, Le corbeau et le renard, le fromage est la proie tant convoitée par les animaux...

    « Maître Corbeau, sur un arbre perché, tenait en son bec un fromage. Maître Renard, par l’odeur alléché… ».

    Prendre des vessies pour des lanternes...

    L’origine de cette expression semble remonter au 13ème siècle, une époque à laquelle on disait « vendre vessie pour lanterne ».

    Des vessies de porc ou de bœuf étaient alors …

    Mener à la baguette...

    Cette expression signifie commander avec dureté ou autorité. On peut se demander de quelle baguette s’agit-il ?

    Est-ce une référence à la baguette du boulanger ?

    A celle du batteur ? Du chef d’orchestre ?

    Ou encore à celles qui peuvent remplacer les fourchettes ? Aucune de celles-ci…

    Quelle est l’origine de l’expression « comme cul et chemise » ?

    Deux personnes qui sont « comme cul et chemise » ont entre elles une très grande complicité.

    Elles sont inséparables. Cette métaphore de l’amitié entre deux personnes est souvent utilisée dans un sens légèrement péjoratif.

    Antoine Oudin dès 1640 utilise une expression très proche: « Ce n’est qu’un cul et une chemise.

    Ils sont toujours ensemble ; ils ont de grandes intelligences ».

    La mention du cul et de la chemise, souligne simplement le caractère inséparable des deux parties, comme le lien qui existe entre le corps (« le cul ») et le vêtement qui l’habille (« la chemise »).

    Car les chemises de l’époque n’étaient pas identiques à celles que nous connaissons aujourd’hui.

    Elles ressemblaient plutôt à de longues chasubles qui en font véritablement l’ancêtre des sous-vêtements modernes. La « chemise » atteignait ainsi le « cul ».

    Il y avait donc bien entre deux personnes la même promiscuité que celle existant entre le vêtement et le corps humain.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Courir le guilledou
    Publié / Mis à jour le VENDREDI 5 OCTOBRE 2018, 
     
    *********
     
    Aller souvent, et surtout la nuit, dans les lieux de débauche

    Guilledou, suivant Ménage, est dérivé de gildonia, espèce d’ancienne société ou confrérie dans laquelle on faisait des festins qui pouvaient servir de prétexte à d’autres débauches.

     

    Suivant Le Duchat, courir le guilledou est une corruption de courir l’aiguillette, et peut signifier proprement courir les grands corps de garde, de tout temps pratiqués dans les portes des villes, sous des tours dont les flèches se terminent en pointe comme l’aiguillette d’un clocher. Une de ces portes est appelée guildou dans l’Histoire du roi Charles VII (édition du Louvre, in-folio, p. 783) ; et, dans l’histoire du même prince, attribuée à Alain Chartier, sous l’année 1446, il est parlé d’un château de Bretagne appelé Guilledou, soit à cause de sa tour, soit parce qu’il était situé sur quelque pointe de montagne.

    L’abbé Morellet, donne l’étymologie suivante : « Le propos d’un homme qui court les lieux de prostitution est tout naturellement will do you...? Voulez-vous...? Si l’on considère que le w anglais se change souvent en g, et que dou a pu remplacer do youpour la plus grande facilité de la prononciation, on comprend aisément comment courir le guilledou est mener la vie d’un libertin, demandant aux filles will you ? ou will do you...?

     

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Pourquoi souhaite-t-on bonne chance en disant “Merde”L’interjection « merde » est d’abord un juron. Connue comme « le mot de Cambronne »...

    Elle fait référence à un passage très précis du roman de Victor Hugo, Les Misérables.L’auteur y relate un évènement survenu lors de la bataille de Waterloo.

    Le général Pierre Cambronne aurait ainsi eu recours au mot « merde » lorsque le général britannique Charles Colville lui intima l’ordre de rendre les armes.

    Quant à sa signification relative à la chance, il n’y a aucune certitude quant à son origine.

    Cependant il est communément admis qu’elle vit le jour dans le monde du théâtre à la fin du 19ème siècle.En effet utiliser les termes « bonne chance » était alors censé porter malheur.

    Il fallut trouver une astuce et on eut recours à une expression de substitution.A cette époque on pouvait juger du succès d’une pièce par le nombre de fiacres et donc d’attelages de chevaux attendant les spectateurs à la sortie du lieu de spectacle.

    Aussi le nombre de crottins était proportionnel au succès d’une pièce.

    Souhaiter de la merde signifiait par conséquent souhaiter plein succès à une pièce.

    A noter que l’acteur à qui un « merde » est adressé ne doit pas, selon la tradition, exprimer de remerciements en retour.

    Du monde du théâtre l’usage de l’expression s’est ensuite progressivement répandu dans la société....

    Et il est évident que marcher dedans porte chance.....

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Qui aime bien châtie bien

    ***********

    En punissant avec prudence et modération un enfant, on montre qu’on a pour lui une véritable amitié

    C’est assurément une bonne maxime, mais il ne faut pas que le châtiment soit dicté par l’animosité et aille jusqu’à la cruauté. (Le mot châtier est employé ici dans le sens de corriger.)

    Quand on aime réellement, on cherche à rendre meilleurs ceux qu’on affectionne et l’on n’épargne rien, pas même les châtiments, pour les remettre dans la bonne voie.

    Ce proverbe a dû son origine aux philosophes stoïciens de l’ancienne Grèce qui émettaient cette opinion que : Aimer et battre ne sont qu’une même chose. Il a été aussi attribué aux doctrines de Socrate, si l’on en juge par cette phrase tirée de la quatrième scène du cinquième acte de la comédie des Nuées d’Aristophane où un disciple de ce philosophe est représenté, battant son père en prononçant ces paroles : tout ’es eunoeïn to tuptein), dont le sens a été donné plus haut.

     

    Les Latins disaient : Qui bene amat, bene castigat, que nous avons traduit littéralement. Horace, leur grand poète satirique a su exprimer en quelques mots la force des habitudes prises par les enfants et l’importance d’empêcher les mauvaises de se former chez eux :

     

    Quo semel est imbuta recens servabit odorem
    Testa diu...

    ce qui signifie : Le vase récemment fait conservera longtemps la première odeur dont il aura été imprégné. Le poète Virgile a émis aussi la même idée dans ces deux lignes :

    ...Viamque insiste domandi
    Dum faciles animi juvenum, dum mobilis astas.

    dont voici la traduction : C’est dans la jeunesse, quand l’âme est susceptible de toutes les impressions, qu’il faut s’appliquer à réformer les dispositions vicieuses

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Médecins d’eau douce

    ********

    Médecins dont les remèdes ne font ni plus de bien ni plus de mal que de l’eau commune

     

    Cette locution proverbiale se prend en mauvaise part. Cependant d’habiles médecins ont exercé leur profession à Paris même, en vrais médecins d’eau douce. Bouvart (mort en 1787) avait ordonné à la vieille comtesse d’Esclignac de boire tous les jours à son lever un verre d’eau fraîche, de prendre une demi-heure après une tasse de chocolat, et après le chocolat un verre d’eau.

    Un matin elle ne pensa pas à la première partie de l’ordonnance, et sa distraction dura jusqu’à ce qu’elle eût pris son chocolat et le verre d’eau qui devait le suivre ; tout à coup elle s’aperçut de son oubli, et manda le médecin. Vous avez eu raison de me faire appeler, lui dit le docteur ; il faut que votre chocolat se trouve entre deux eaux : prenez un lavement.

    Tronchin (mort en 1781) excellait à guérir les vapeurs des femmes ; il leur recommandait l’exercice et la tempérance. Celles qui avaient le courage de suivre ce conseil s’en trouvaient bien : c’était le petit nombre. Quant aux autres malades, il les guérissait ou ne les guérissait pas, en leur faisant avaler des pilules de savon. Il ne connaissait pas de moyens plus efficaces de nettoyer l’estomac.

    Nous ne savons à quel médecin appartient l’anecdote suivante. Ce docteur traitait une comtesse pour un rhume.

    — Eh bien ! comtesse, lui dit-il, où en sommes-nous aujourd’hui ?

    — Voyez, lui répondit-elle en présentant son bras.

    Il le prit, et tâta le pouls longtemps, car elle avait le bras fort beau.

    — Nous en verrons la fin dans une huitaine, dit-il avec l’air satisfait ; continuez : eau de poulet, nourriture légère, se tenir chaudement, et ne pas sortir.

    — Que dites-vous donc là, docteur ? Je compte bien aller ce soir à un concert où doivent chanter mes nièces : j’ai promis ; je serai vêtue chaudement, et je n’aurai qu’un pas à faire de ma voiture à la salle de musique.

    — Allez, et revenez tout de suite.

    — Quoi ! je ne pourrai pas voir le commencement du bal ?

    — Restez-y quelques moments, mais n’en partagez pas les folies.

    — Je n’aurai garde ; ni valse, ni gavotte, ni anglaise ; une ou deux contredanses seulement où je ne ferai que marcher.

    — J’y consens. Point de souper.

    — Mais qu’importe, docteur, que je mange ici ou là mon aile de poulet ?

    — Soit. Point de liqueurs au moins.

    — Ah ! un verre de punch pour mûrir mon rhume.

    — Essayez ; mais ne restez pas trop tard.

    La dame dansa beaucoup, soupa bien, but des liqueurs et ne rentra qu’à quatre heures. Elle avoua tout le lendemain au docteur, qui ne la trouva pas plus mal, et en rit beaucoup avec elle.

     

     

     

    Google Bookmarks

    2 commentaires
  • Pierre qui roule
    n’amasse pas mousse

    ********

    La persévérance et la stabilité sont des éléments de conservation, tandis que l’agitation et l’inconstance ruinent et déconsidèrent les individus comme les nations

     

    Ce proverbe signifie qu’un homme qui change souvent de profession parvient rarement à la fortune, de même une nation s’affaiblit par elle-même en changeant trop souvent de gouvernement. La longue pratique d’un métier ou d’une profession est une condition et une garantie de succès.

     

    Les individus inconstants qui quittent une occupation pour courir bientôt après une autre, non seulement n’acquièrent aucune expérience, mais encore perdent peu à peu la faculté d’appliquer leur esprit à n’importe quel travail.

    Au XVIe siècle, on disait : Pierre souvent remuée de la mousse n’est vellée (revêtue). Ce vieux proverbe est la traduction littérale d’un dicton grec employé d’abord par l’auteur Lucien et passé depuis dans la langue latine : Saxum volutum non obducitur musco, ce qui signifie : La pierre roulée ne se recouvre pas de mousse. Nous trouvons dans la même langue un proverbe analogue : Saepius plantata arbor fructum profert exiguum, ce qui se traduit ainsi : Arbre transplanté souvent n’a jamais fruit abondant.

    Un poète latin, appelé Martial, a exprimé la même pensée dans les mots suivants : Quisquis ubique habitat... nusquam habitat, dont voici la traduction : Celui qui habite partout n’habite nulle part. Gresset, poète français du XVIIIe siècle, a composé sur ce sujet ce joli quatrain :

     

     

    Dans maint auteur de science profonde
    J’ai lu qu’on perd trop à courir le monde :
    Très rarement en devient-on meilleur.
    Un sort errant ne conduit qu’à l’erreur.

     

    Comme conclusion de ce qui a été dit précédemment, on peut émettre cette idée que l’on ne s’enrichit guère à courir le monde. Et on peut même ajouter pour l’intelligence de ce proverbe que la pierre, nue de sa nature, gagne en se garnissant de mousse, parce que celle-ci devient pour elle comme un vêtement ou une parure. Les Italiens ont un autre proverbe qui présente le même sens, le voici : « Albero spesso traspiantato mai di frutti e caricalo. »

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Tout vient à point
    à qui sait attendre

    *******

    Il faut attendre en toute chose avant de vouloir recueillir des résultats

     

    On trouve dans l’Ecclésiaste (chapitre III, v. 1) ces mots : Omnibus ora certa est et tempus suum cuilibet caepto sub caelis, qui signifient : Il y a pour tout un moment fixé et chaque entreprise a son temps marqué sous les cieux.

    C’est une maxime à l’adresse de ces hommes qui manquent de fermeté dans leurs résolutions et qui compromettent le succès des meilleures affaires par l’avidité ou par l’impatience. Rabelais, dans son Pantagruel (Livre IV, chapitre 48), s’est servi de cette expression : « Tout vient à point à qui peult attendre. » Voici ce que dit Bossuet (XVIIesiècle) à ce sujet : « La science des occasions et des temps est la principale partie des affaires. Précipiter ses affaires, c’est le propre de la faiblesse qui est contrainte de s’empresser dans l’exécution de ses desseins, parce qu’elle dépend des occasions. »

    La Fontaine a dit avec raison dans sa fable du Lion et du Rat :

     

    Patience et longueur de temps
    Font plus que force ni que rage.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Suer d’ahan
     
    *********
     
    C’est se donner une grande peine, une fatigue extraordinaire
     

    Le mot ahan, d’où vient le verbe ahanner, qu’on employait autrefois pour dire haleter en travaillant, est l’onomatopée du cri de respiration précipitée que laissent échapper les bûcherons dans leurs travaux.

    La plupart de nos vieux auteurs, depuis Jean de Meung jusqu’à Montaigne, et quelques écrivains des derniers siècles, se sont servis de ce terme très expressif. Citons Rabelais et Voltaire.

     
     

    Le premier a dit, dans son nouveau prologue du livre IV : « O Jupiter ! vous en suâtes d’ahan, et de votre sueur tombant en terre naquirent les choux-cabus. » Le second, dans une de ses lettres, parlant de certains rimailleurs, les a désignés par la périphrase suivante : « Ces pauvres diables qui suent d’ahan dans leurs greniers pour chanter la volupté. »

    Le père Labbe, qui regarde aussi le mot ahan comme une onomatopée, cite la naïveté plaisante d’un petit garçon qui disait à son père, filetoupier ou batteur de chanvre, dans l’idée de le soulager d’une partie de son travail : « Mon père, contentez-vous de battre, je vais faire ahan pour vous. »

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique