• manger le morceau/se mettre à table

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    « Manger le morceau / Se mettre à table  » Avouer, dénoncer des complices (pour un truand).

    Ces expressions sont argotiques. La première est apparue à la fin du XVIIIe siècle, la deuxième au milieu du XIXe.
    Leur origine est strictement identique.

    Autrefois, quand les policiers voulaient faire avouer un truand capturé, un des moyens utilisés était de le priver d’alimentation.
    Lorsque le repris de justice finissait par craquer, il avait alors le droit de manger, au sens propre du terme.

    C’est ainsi qu’en argot, celui qui avait fini par manger (le morceau) ou qui s’était mis à table pour manger est donc devenu celui qui avait avoué.

    Extrait de Expressio

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  • être à couteaux tirés

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    « Etre à couteaux tirés  » Être dans une situation de grande hostilité.

    Voilà une expression qui nous vient de la fin du XVIIe siècle sous sa forme actuelle, et dont l’origine est facile à comprendre lorsqu’on se réfère aux habitudes de l’époque lorsqu’une dispute éclatait entre des personnes.

    Au XVIe siècle, on disait « en être aux épées et aux couteaux » en l’appliquant à des personnes ayant un différend et ayant dégainé leurs armes de leur fourreau et prêtes à en découdre, sans craindre de verser le sang.

    C’est à la fin du XVIe qu’apparaît « aux cousteaux tirer » dont le sens était « prêts à tirer les couteaux », c’est-à-dire prêts à dégainer les lames.
    Ensuite, l’expression a évolué, avec un cran de plus dans la préparation au combat, puisque maintenant les couteaux sont tirés ou dégainés.

    Si, aujourd’hui, les gros différends se règlent plutôt en justice ou à l’arme à feu, la locution est restée, suffisamment explicite.

    Extrait de Expressio

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  • expression : à gogo

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    « A gogo  » Abondamment, à profusion.

    Cette expression date du XVe siècle.
    gogo est une duplication plaisante à l’oreille de ‘go’, issu de ‘gogue’ qui voulait dire « réjouissance, liesse ».

    Furetière écrivait : « A gogo se dit des choses plaisantes et agréables qu’on a en abondance. Les gens riches vivent à gogo. Il a de l’argent à gogo… »

    C’est de ‘gogue’ que viennent les mots ‘goguenard’ et ‘goguette’ encore employés de nos jours.

    Extrait de Expressio

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  • la critique est aisée mais l’art est difficile

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     La critique est aisée, mais l’art est difficile  »

    Il est très facile de critiquer ce que font les autres, autrement plus difficile de réaliser quelque chose.

    Cette locution proverbiale a été imaginée en 1732 par Philippe Néricault, auteur et comédien dont le nom de scène était Destouches.

    En tant qu’auteur, il n’a pas laissé de souvenir réellement impérissable sauf pour trois de ses citations, toujours très utilisées à notre époque.
    On a en effet retenu de lui, en plus de notre expression, « les absents ont toujours tort » et « chassez le naturel, il revient au galop »

    La version originale de l’expression était : « la critique est aisée et l’art est difficile ».
    Le sens de l’expression est très simple à comprendre, la « critique » étant ici le jugement défavorable, tandis que l’ « art » n’est pas seulement lié à la création d’oeuvres artistiques, car il désigne, d’une manière générale, la façon de faire quelque chose.

    extrait d’Expressio

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  • expression : la croix et la bannière

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    « La croix et la bannière  » De grandes complications ou difficultés.

    Cette expression, sous une forme un peu différente, est attestée dès le XVe siècle, issue de l’italien.

    A cette époque, la religion était omniprésente, dans toutes les activités et à tous les niveaux de la société.

    La croix, représentant celle du Christ, était donc obligatoirement brandie en tête de toutes les processions, qu’il s’agisse des religieuses accompagnant des reliques diverses ou organisées pour des évènements particuliers, ou bien de celles destinées à accompagner l’arrivée d’un notable dans la ville.

    Dans ces différentes processions, on portait aussi des étendards ou des bannières diverses, que ce soit celle de la Vierge, de la paroisse, d’une confrérie, du notable en déplacement ou de celui le recevant.

    Mais l’organisation de ces processions n’était pas facile, paraît-il. Les formalités, les règles à suivre, le respect de l’importance des participants, qu’elle soit honorifique ou hiérarchique, transformait parfois leur préparation en de véritables casse-têtes.

    Ce qui explique le sens de « grandes complications ».

    En 1690, Furetière indique que « il faut la croix et la bannière pour inviter quelqu’un » signifiait « il faut aller le chercher avec des formes telles qu’il ne puisse se dérober ».

    Dans ce sens, on retrouve l’apparat, la procession organisée pour accueillir au mieux un visiteur éminent en déplacement qui, ainsi accueilli avec faste, ne pouvait décemment pas s’esquiver.

    Notre forme actuelle « c’est la croix et la bannière pour… » est attestée en 1822.

     

    Extrait de Expressio

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  • faire revenir une viande, un aliment

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    « Faire revenir une viande, un aliment  » Passer un aliment dans un corps gras très chaud afin d’en dorer le pourtour.

    Cette expression date du XVIIe siècle.

    Elle vient probablement du sens de ‘revenir’ dans « revenir à soi », ou « retrouver ses esprits, retrouver vie », comme après un évanouissement, par exemple.

    Dès le XVIe siècle, on utilisait ‘’se revenir’’ pour parler de la viande qui se ramollit (qui reprend vie ?) lorsqu’on la passe au feu.

    Puis, au XVIIe, faire revenir est une opération culinaire qui consiste à poser de la viande sur des charbons allumés ou sur un gril, soit pour la barder avant de la rôtir, soit pour la préserver de l’altération.

    C’est à la fin du XVIIIe siècle que notre expression prend exactement son sens d’aujourd’hui.

     

    Extrait de Expressio

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  • Pourquoi dit-on : 22 v’la les flics ?

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    Pourquoi dit-on ’22′ lorsque la police passe ?

    Plein d’explications possibles

     

    1)    Vers 1870 les typographes signalaient l’arrivée du chef en utilisant un code basé sur la valeur numérique du mot « chef » soit : c=3+h=8+e=5+f=6 = 22

    2)    Une déformation du juron « vingt Dieux »

    3)    Le 22 était l’ancien numéro de téléphone pour appeler la police remplacé aujourd’hui par le 17

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  • AVOIR UN COUP DE POMPE

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    Cette expression est d’abord née aux débuts de l’aviation, avant de passer dans le cyclisme lors du Tour de France, puis d’être transmise au langage courant.
    Les premiers aviateurs ont rapidement fait connaissance avec le phénomène des trous d’air, que les habitués des voyages en avion connaissent bien : à certains endroits une dépression se forme. Quand un appareil volant traverse une telle dépression, il perd soudainement de l’altitude.
    En bref, il tombe de quelques mètres, parfois beaucoup plus. Les premiers aviateurs ont appelé ça un  »coup de pompe », le phénomène évoquant pour eux le mouvement (vers le bas, en l’occurence) d’une pompe.
    L’expression serait ensuite passée dans le monde du cyclisme, même s’il est vrai qu’à vélo, une pompe sert plutôt à regonfler les pneus (donc à aller mieux), et qu’elle n’évoque pas vraiment une perte de moral, un passage à vide, qui est le sens qu’a pris cette expression dans le langage courant.

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  • revenons à nos moutons

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     « Revenons à nos moutons !  »

    Revenons à notre sujet, à ce dont il est question !

    Cette expression, qui se prononce en général après une digression, nous vient de 1464.
    Si, pour les moutons de Panurge, il faut se référer à Rabelais, pour ces moutons-ci on reste dans la littérature ancienne, mais c’est cette fois vers une comédie de la fin du Moyen-Âge qu’il faut se retourner, »la farce de Maître Pathelin »[1].

    Dans cette histoire, on assiste à un procès dans lequel Maître Pathelin est un avocat douteux qui a réussi à extorquer des marchandises à un drapier, Guillaume Joceaulme. Or, dans ce procès, on juge un berger qui a dérobé des moutons à ce même drapier.
    Etonné de voir Pathelin dans ces lieux, Joceaulme s’embrouille et entremêle les deux histoires. Le juge ne comprenant pas pourquoi il est question de draps, dit alors au plaignant : « Revenons à nos moutons ! ».

    « De par le diable, vous bavez !
    Eh ! Ne savez-vous revenir
    Au sujet, sans entretenir
    La cour de telle baveries ?
    Sus, revenons à ces moutons !
    Qu’en fut-il ?
     »

    Extrait de Expressio

    PUBLIÉ DANS : JOUER AVEC LES MOTS - EXPRESSIONS |LE 4 JUILLET, 2014 |PAS DE COMMENTAIRE
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