• C’est coton

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    « C’est coton  » C’est difficile, pénible.

    Cette signification argotique de ‘coton’ date de la deuxième moitié du XIXe siècle.

    Elle viendrait à la fois du fait que le tissage de ce matériau nécessitait une attention très soutenue pour empêcher l’apparition de bourres de coton néfastes à la qualité de la production, et du fait que les poussières de coton qui flottaient dans l’air provoquaient des problèmes respiratoires et oculaires.

     

    L’expression serait née de ces tâches pénibles dans les filatures avant de s’étendre à toute tâche ou activité difficile.

     

    Extrait de Expressio

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  • faire la cour à quelqu’un

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    « Faire la cour (à quelqu’un)  » Chercher à séduire une autre personne.
    Anciennement, chercher à gagner la faveur, les bonnes grâces de quelqu’un.

    Les méthodes d’approche ont évolué au cours des siècles, même si le but final reste toujours le même : former un couple, qu’il soit de courte ou de longue durée.

    Mais avant d’être restreint à un usage galant (plus ou moins, parce qu’on ne peut pas vraiment dire que la version moderne est un parangon de galanterie), faire la cour avait une utilisation plus générale dès le XVIe siècle.

    En effet, il faut penser à ce qu’étaient la ‘cour’, le domaine et l’entourage du roi, et les courtisans de cette époque, ceux qui s’affairaient autour du souverain à lui faire la cour, non pas dans le but de partager le même lit, mais simplement pour s’attirer ses bonnes grâces, être bien vu de lui et, autant que possible, en obtenir diverses faveurs.

    Et, même si elle en était originaire, cette expression ne s’utilisait pas uniquement à la cour, mais partout où une personne cherchait à se faire bien voir d’une autre.

    Puis, lorsqu’elle a été limitée à l’usage en galanterie et utilisée telle quelle depuis le milieu du XVIIe siècle, son but est resté le même : se faire bien voir, obtenir des faveurs de la part de la personne ‘courtisée’.

    Extrait d’Expressio

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  • Pousser comme un champignon

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    « Pousser comme un champignon  » Se développer, croître rapidement.

    Pousser comme un champignon, ça se passe plus souvent à l’automne, dans les sous-bois où il fait bon folâtrer pour profiter des couleurs magnifiques et de la douceur du fond de l’air.

    En effet, les véritables champignons communs, qui ne sont pas des végétaux, ont la particularité, contrairement à la plupart des plantes, de pousser très rapidement, parfois du jour au lendemain, si les conditions atmosphériques (humidité, température…) sont réunies.

    C’est de la comparaison avec ces poussées très rapides que l’expression est née, étant attestée dès le XVIe siècle.

    Au départ, elle désignait des personnes qui devenaient rapidement riches et puissantes (un « champignon d’une nuit » désignait un nouveau riche).

    Maintenant, on l’utilise pour évoquer une croissance rapide (« la ville, le quartier, l’entreprise pousse comme un champignon ») probablement suite à l’influence de l’expression anglaise « a mushroom city » (« une ville-champignon »).

     

    Extrait de Expressio

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  • demain, on rase gratis

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    « Demain, on rase gratis !  » Faire des promesses que l’on ne tient pas.

    « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient/les écoutent ». Voilà une phrase qui a été mise dans la bouche de nombreux élus (ou en passe de l’être).
    Il faut dire que l’activité favorite de nos hommes politiques de tous bords, c’est de faire des promesses inconsidérées, travail qui leur est facilité parce que l’Homme est faible et qu’il préfère entendre des fausses promesses de bonheur que des promesses de temps difficiles, même s’il sait que leur venue ou réalisation est bien plus probable.
    L’avantage pour les politiques, c’est que c’est un sport qui ne fatigue que leur langue et pas trop leurs méninges.

    Cette expression viendrait d’un barbier qui aurait mis à l’entrée de son échoppe une grande pancarte proclamant : « demain on rase gratis ». Mais notre artisan, pas totalement idiot et près de ses sous, l’y laissait tous les jours.
    Par conséquent, le benêt qui, le lendemain du jour où il avait vu la pancarte, venait se faire raser ou couper les cheveux et qui s’étonnait de devoir quand même payer, s’entendait répondre : « oui, mais il y a écrit que c’est demain que c’est gratuit ».

    Pourquoi cette histoire dont la véracité reste à prouver met-elle en scène un barbier ?
    C’est peut-être bien parce qu’autrefois il existait une corporation qui englobait les dentistes, les chirurgiens et les barbiers, et qui n’avait pas vraiment une bonne réputation. Ce qui explique qu’on disait : « menteur comme un arracheur de dents ».

    Extrait de expressio

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  • Trois (quatre) pelés et un tondu

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    « Trois (quatre) pelés et un tondu  » Dans une assemblée ou une réunion, très peu de monde, et que des personnes peu considérées, inintéressantes.

    Cette expression contient deux informations sur lesquelles il faut se pencher : le nombre de personnes est très réduit et ces personnes sont sans intérêt.

    Pour ce qui est du nombre, la compréhension est facile : trois plus un font quatre, ce qui est très peu pour un endroit ou une réunion où l’on s’attend à trouver du monde.

    Mais pourquoi ce dédain pour les pelés et le tondu ?

    Avant d’avancer dans l’explication, il est bon de savoir que Rabelais, au XVIe siècle, utilisait « trois teigneux et un pelé » et que, si notre expression est apparue à la fin du XVIIIe, on utilisait aussi avant « trois tondus et un pelé », donc toujours des gens mal considérés.

    En ancien français, un pelé est, dans un sens métaphorique péjoratif, un avare, une canaille, un miséreux, c’est-à-dire quelqu’un de peu fréquentable.

    A ces sens, il faut aussi ajouter plus tard celui qui est pelé parce qu’atteint de ‘pelade’, affection du cuir chevelu faisant craindre aux autres, à tort, un risque de contamination.
    Quant au tondu, s’il l’était, c’est parce qu’il avait la teigne, dermatose parasitaire du cuir chevelu (d’où les ‘teigneux’ de Rabelais).

    Nous avons donc affaire ici à des gens qui étaient considérés comme malsains ou malpropres et ce sont eux qui ont été choisis autrefois pour, dans notre expression, désigner des personnes sans intérêt, à éviter.
    Mais l’histoire ne dit pas pourquoi ce sont ceux-là et pas d’autres comme les pestiférés, les cholériques ou, plus simplement, les pouilleux ou autres ‘morpionneux’ qui ont été retenus.

     

    Extrait de Expressio

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  • « Le haut du pavé »

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    « Le haut du pavé  » Une situation sociale, hiérarchique…élevée.

    Bien avant l’apparition du tout-à-l’égout et des trottoirs, les rues et ruelles qui étaient pavées, n’étaient pas plates. Elles avaient une forme en creux, le haut du pavé contre la facade des habitations et le creux, au centre de la rue, servant d’égout à l’air libre pour évacuer les eaux de pluies mais aussi toutes les eaux usées qu’y déversaient les habitants.

    En l’absence de trottoir, les piétons marchaient le plus près possible des maisons pour éviter de s’approcher du cloaque situé au milieu.
    Lorsque des nobles ou aristocrates, ou des gens respectables, ne seraient-ce que par leur âge, croisaient des gens du peuple (mais c’était souvent simplement l’apparence ou la richesse des vêtements qui servait de repère), ces derniers devaient se décaler vers le centre et laisser le haut du pavé aux gens supposés être de la haute société.

    C’est ainsi que les gens qui tiennent le haut du pavé sont des personnes qui ont une situation sociale élevée ou qui en dominent d’autres.

     

    Extrait de Expressio

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  •  le pourquoi du comment

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    Pourquoi un ‘croque-mort’ s’appelle ainsi ?

    Il y a quelques années, pour être sûr que l’on enterrait pas quelqu’un vivant, celui qui était chargé de fermer le cercueil mordait l’orteil du présumé mort.

    S’il ne bougeait pas, c’est qu’effectivement, il avait passé l’arme à gauche.

    L’homme qui s’occupe du cercueil est ainsi resté le  »croque-mort » !
    brrrrr….

    L’autre explication est que le croque-mort est appelé ainsi parce qu’il croquait les morts non pas en leur mordant un orteil mais en les  »croquant » , ancien mot qui voulait dire : faire disparaître, et pour cela, il utilisait un croc ou crochet qui lui servait à tirer et traîner le mort enveloppé dans son suaire jusqu’à sa charrette qui l’emmenait à la fosse commune.

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  • Epée de Damoclès

     ***

    « Epée de Damoclès  » Péril imminent et constant.- Danger qui plane sur quelqu’un.

    Bien que l’histoire qui en est à l’origine ait été racontée par Horace  et Cicéron, ce qui commence à pas mal dater, cette expression n’est employée qu’à partir du début du XIXe siècle.

    A la fin du Ve siècle avant J.C., Damoclès était un courtisan de Denys l’Ancien, tyran de Syracuse.
    Au cours d’un banquet, alors que Damoclès lui disait combien il enviait son pouvoir et sa richesse, Denys chercha à le convaincre que la vie d’un tyran n’était pas aussi agréable qu’il le croyait.

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    Il faut bien reconnaître qu’entre les comploteurs et empoisonneuses prêts à l’envoyer ad patres à tout bout de champ, les épouses, concubines et maîtresses qu’il fallait satisfaire, l’argent volé aux pauvres qu’il fallait dépenser, l’absence de télé et de jeux vidéo…, la vie d’un tyran n’était finalement pas bien rose.

    Bien entendu Damoclès n’en crut pas un mot.

    Denys le fit alors s’asseoir sur son trône, prit son épée, arracha un crin de la queue de son cheval (qui hennit de désapprobation), y attacha l’épée et la suspendit la pointe en bas au-dessus de la tête de Damoclès en lui disant : « Profite bien maintenant de ce banquet et amuse-toi ! Tu vas rester à ma place jusqu’à sa fin et je te garantis que tu ne verras plus les choses de la même manière ».

    Effectivement, Damoclès, dont la vie ne tenait plus qu’à un crin, eut un peu de mal à bien profiter de la suite du banquet. Un petit quelque chose l’empêchait d’être suffisamment serein pour apprécier pleinement sa nouvelle situation.

    Extrait de Expressio

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  • un pied noir

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    « Un pied-noir  » Un français d’Algérie

    Ceci n’est pas vraiment une expression, mais une appellation qui a fait couler beaucoup d’encre quant à son origine.

    Les explications sont en effet variées, et en voici quelques-unes :

     

    • Ce nom aurait été donné par les autochtones aux soldats et colons français qui sont arrivés en Algérie en 1830, portant des bottes noires ;
    • Les pieds des colons qui défrichaient les zones marécageuses ou qui foulaient le raisin devenaient noirs ;
    • La mentalité de cow-boys des premiers colons français les aurait fait comparer à la tribu indienne des Pieds-Noirs ;
    • Le nom viendrait d’un certain Jean-Baptiste Piednoir, soldat venu de la Mayenne et débarqué en Algérie le 14 juin 1830 ;
    • Les soutiers (ceux qui travaillaient dans la soute à charbon) des bateaux qui allaient vers l’Algérie travaillaient pieds nus et avaient donc les pieds noirs ;

    Mais, comme le détaille Guy Pervillé dans un long exposé très argumenté datant de 2004, il semble que ces origines soient plutôt fantaisistes et que la réalité soit ailleurs.

     

    Je vais ici simplement en évoquer les principaux points, à charge pour les curieux de lire l’intégralité du document.

    Primo, une chose semble claire, c’est que cette dénomination a d’abord désigné les Algériens eux-mêmes, que ce soient ceux qui marchaient pieds nus dans le bled, ceux qui travaillaient (et non les Français) dans les soutes à charbons ou ceux qui bataillaient pour la France dans les tranchées vers la fin de la guerre de 14-18. Pied noir était d’ailleurs, comme ‘bicot’, par exemple, une injure raciste anti-Arabe.

    Secundo, pendant et autour de la seconde guerre mondiale, aussi bien au Maroc qu’en Algérie, ce même terme a désigné les blancs venus de n’importe où en Europe ou même d’Afrique noire et qui débarquaient dans ces pays.

    Nous avons donc là deux usages différents de ce mot qui désignait soit des indigènes, soit des nouveaux arrivants non indigènes.

     

    Comment en est-il venu à désigner principalement les Français établis en Algérie ?

    Guy Pervillé fait remonter l’origine de l’affectation de cette appellation aux colons français en Afrique du Nord au début des années 50, une période agitée au Maroc, où le nom aurait eu une publicité inattendue grâce un quotidien qui titrait en une « Les Pieds-noirs passent à l’attaque ! » en parlant de jeunes émeutiers français opposés à l’indépendance et issus du quartier du Maârif à Casablanca, où ce nom était déjà attesté depuis 1937.

    De là, un peu par défi, le terme aurait rapidement été adopté par les jeunes des autres quartiers, puis repris par la presse métropolitaine avant de se répandre dans tout le Maghreb dans les années qui ont suivi.

    S’il a été vu comme péjoratif par les Français de France, il était porté avec fierté par les colons d’Algérie pour lesquels il venait au bon moment remplacer le terme d’Algériens qu’ils se donnaient auparavant, par opposition aux ‘indigènes’, ceux d’origine Arabe, que ces derniers commençaient à revendiquer pour eux.

    Puis, au moment du rapatriement des colons en France, ce mot a également permis de cataloguer ou différencier nettement les Français de souche de ces Français d’ailleurs.

     

    Extrait de Expressio

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