• Quéssé Qui Disent Ces Québécois ?

    Voici Quelques Expressions Québécoises &  Leurs Traductions...

    Voici Quelques Expressions Québécoises &  Leurs Traductions...

    Ça Va Aider Nos Cousins De France À Nous Comprendre...  

    Faire la baboune =  bouder
      Ya des bidoux c'te gars-là  = avoir beaucoup d'argent
    Des motons dans l'estomac = être angoissé
    J'ai la chienne =  j'ai peur
    Coudon, as-tu la danse de St-Guy =  il bouge tout le temps
      Ya de la mine dans le crayon = un gros appétit sexuel
    J'ai eu de la flouxe =  j'ai eu de la chance

    La guédille au nez  =  le nez qui coule
    T'es mieux de te tenir le corps raide et les oreilles molles =  tiens-toi tranquille
    J'ai le feu au cul = je suis enragé
    Il a la gueule fendue jusqu'au oreilles =  il sourit largement
    J'ai le feu au passage = être en colère

    J'ai le flu = la diarrhée
    J'ai le moton = être ému
    Les garcettes en l'air = gesticuler beaucoup
    Avoir les yeux crasse = des yeux enjôleurs
    Elle veut son biscuit = elle désire une relation sexuelle
      J'ai tu une poignée dans le dos ? = tu me prends pour un imbécile ?
    Avoir un rapport =  faire un rot
    J'ai déjà vu neiger avant toi = j'ai de l'expérience
    Un beau smatte =  un gars qui n'agit pas intelligemment
    Beurrer épais = exagérer une situation
    Branler dans le manche = difficulté à faire un choix
    Broche à foin = quelque chose de mal organisé
    Je suis lodé = j'ai plein de travaux à faire
      Yé guerlot ce soir = il a trop bu
    Être chicken = avoir peur

    Partir sur un go = faire le party
    Passer dans le beurre = manquer son coup
      Yva manger ses bas = y va avoir de graves problèmes
    Je suis rendu au boutte = je suis épuisé
    Courir la galipotte = avoir de nombreuses aventures

    Ça prend tout mon petit change = faire de gros efforts
      Ya tu vu la binne ?  = as-tu vu son expression en parlant de quelqu'un
    Té viré su'le top  =  t'as perdu la tête
    La vieille sacoche = en parlant d'un femme âgée peu aimable
    C'est un beau tireux de pipes = en parlant d'un blagueur

    Tu me tapes sur le gros nerf = incapable d'endurer quelqu'un d'insupportable
    Là... je tire la plogue  = j'en ai fini avec cette situation
    Tire-toi une bûche =  viens t'asseoir
    Il se pète les bretelles = il est très fier 
    Se poigner le moine =  être là à ne rien faire

    Tu t'es mis sur ton 36 = tu as mis des beaux vêtements
    T'énerves pas le poil des jambes = panique pas
    S'enfarger dans les fleurs du tapis = s'arrêter à des détails insignifiants
    Il sent le ouistiti = il pue
    Je me fens le cul...  =  je fais de gros efforts

    Je lui ai passé un petit Québec = je lui ai joué dans le dos
    On n'est pas sorti du bois = on est pas à bout de nos misères
    Dégraye la table = desservir la table
    Je vais la domper = je vais terminer notre relation
    As-tu vérifier les fiouses ? = as=tu vérifié les fusibles ?

    Ça c'est une grosse menterie =  un gros mensonge
    Elle a toute une paire de jos = elle a de gros seins
    Quessé  = qu'est=ce que ?
    Questa ? = qu'est=ce que tu as ?
    Une vraie réguine = un truc qui fonctionne mal

    Asteure  =  maintenant
    Aller au batte =  affronter une situation difficile
    Ousse que  j'ai mis barniques ? = chercher ses lunettes
    Bobépines =  pinces à cheveux
    Mon chandail bâré  =  chandail à rayures
    Y a tu vu le bazou ?  = vieille voiture 

    Une bébitte à patates = une coccinelle
    Une bécosse qui pue  =  WC, des toilettes à l'extérieur
    Les beus  =  les policiers
    Une bière tablette = une bière à la température de la pièce
    Il est bizouneux = quelqu'un qui ne fait pas grand chose

    C'est un bon jack = quelqu'un de bien, gentil
    La boss de bécosses = quelqu'un qui donne des ordres
    Un botch de cigarette =  un mégot de cigarette
    Un boc de bière = un verre de bierre pression
    Mets ta bougrine =  manteau

    Une braoule = une grosse cuillère
    Un petit coup de fort = prendre de la boisson alcoolisée
    Elle a été bumpée =  elle a été supplantée à son travail
    Je l'ai câlé au travail = téléphoné au travail
    Un beau camail  =  beau chapeau

    Capot de chat = manteau en fourrure de chat sauvage
    Capoter = perdre les nerfs
    As-tu fini de chigner ?  = arrête de pleurnicher
    Les chnolles = les testicules
    Une bonne chotte de cognac=  un petit coup 
    Champlures = les robinets

    Avoir la falle basse = être fatigué
    Ja vais aller gazer = aller mettre de l'essence

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  • Se chauffer à la cheminée du roi René

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    Se chauffer aux rayons du soleil

     

    Proverbe provençal. René, roi de Sicile, comte d’Anjou et de Provence, mort en 1480, avait coutume de partager son temps entre l’Anjou et la Provence ; mais lorsque Louis XI, son oncle, se fut emparé de l’Anjou, la Provence devint le lieu habituel de sa résidence.

    René se livra à son goût pour la vie pastorale. Comme au temps de Saturne et de Rhée, il garda quelquefois ses troupeaux avec Jeanne de Laval son épouse. A Marseille, où il passait ordinairement l’hiver, on le voyait sur le port se pénétrer des rayons du soleil ; et de là vint le proverbe, Se chauffer à la cheminée du roi René.

     

    Les Provençaux l’avaient surnommé le Bon ; il fut en effet le bienfaiteur de tous les pays qu’il gouverna. La France lui doit l’introduction des raisins muscats, des paons blancs, des perdrix rouges et des œillets dits de Provence. Ce qui est bien autrement recommandable, il fit naître dans l’Anjou et dans la Provence le goût des belles-lettres et des arts. La France possède quelques tableaux de sa main. Au moment où il apprit que Louis XI venait de s’emparer de l’Anjou par surprise, il peignait une perdrix dans son château de Beaugé ; il continua de travailler, et ne témoigna d’autre regret que celui de quitter pour toujours un pays auquel il était tendrement attaché. Ce prince était gai, vif et fécond en saillies.

    Le 24 août 1819, on posa la première pierre d’un monument que les Provençaux érigent dans la ville d’Aix à la mémoire du roi René. Dans un poème en quatre chants, intitulé leis Magnans, c’est-à-dire les Vers a soie, l’ingénieux auteur, Diouloufet, a eu l’art d’amener un épisode intéressant, relatif au roi René, et parfaitement conforme aux souvenirs historiques. Pour peindre le bonheur dont on croit généralement que la Provence a joui sous son règne, le poète s’est exprimé en quatre vers dont la traduction rigoureusement littérale, sans déplacer un seul mot, produit ces quatre vers français :

    On vit partout aux bords de la Durance
    De grands troupeaux de moutons et de bœufs ;
    Poules alors pondaient de plus gros œufs,
    Et l’âge d’or existait en Provence.

     

    Lorsque ce prince voyageait dans ses provinces, c’était toujours sans aucun faste ; souvent il préférait la modeste habitation d’un simple particulier au château d’un grand seigneur ; et en partant, il crayonnait sur la muraille de la chambre qu’il avait occupée, son portrait avec ce vers : Sicelidum regis effigies est ista Renati (Ceci est le portrait de René, roi de Sicile). Quelquefois il faisait rebâtir les maisons de ses sujets les moins aisés.

     

     

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  • A bon vin pas d’enseigne

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    Ce qui est bon se fait assez connaître par ses qualités sans avoir besoin d’être vanté

    Cette locution proverbiale nous vient d’un proverbe latin dont l’auteur s’appelait Columelle : Vino vendibili suspensa hedera non opus est, dont la traduction est Au vin qui se vend bien il ne faut pas de lierre suspendu, c’est-à-dire de bouquets de lierre pour enseigne.

    Car, l’usage de mettre des branches de cette plante à la porte des débits de vin est très ancien ; il subsiste encore en Suisse et dans certaines parties de la France. Le lierre était la plante consacrée jadis au dieu Bacchus. Actuellement, on se sert indifféremment du lierre ou du houx.

    On a dit aussi au XVIIe siècle : A bon vin il ne faut pas de bouchon – le mot bouchondésignant ici un petit paquet de paille ou d’herbe qu’on met à la porte d’un cabaret –, ce qui signifie que les bonnes choses n’ont pas besoin d’être vantées et qu’une personne, instruite ou habile dans son industrie ou dans son art, n’a pas besoin de recommandation.

     

    De même tout écrivain qui fait prôner ses productions pour en assurer la vente fait revivre l’usage que suivaient les cabaretiers d’autrefois qui, non contents d’avoir une belle enseigne devant leur débit, faisaient encore crier leur vin par les rues, afin d’en augmenter la vente.

    Telle est l’opinion à ce sujet de deux auteurs latins qui ont émis chacun une idée analogue. Voici les paroles de Plaute : Proba merx facile emptorem reperit, ce qui veut dire : La bonne marchandise trouve facilement un acheteur ; puis celles d’Horace :

    Largius aequo,
    Laudat venales qui vult extrudere merces.

     

    dont voici la traduction : Celui qui veut vendre ses marchandises en fait l’éloge plus qu’il ne le faudrait. Les Espagnols disent : El bon vino la venta trahe consigo, ce qui signifie : Le bon vin porte sa vente en soi.

    On peut donc tirer de ce proverbe cet axiome que les bonnes choses en tout genre se recommandent suffisamment par leur propre valeur, sans avoir besoin d’être pompeusement annoncées et qu’il n’est pas nécessaire d’attirer l’attention du public sur un bon vin par une image quelconque.

     

     

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  • A bon entendeur salut ou demi-mot

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    Celui qui entend et qui comprend l’avis reçu doit en faire son profit

     

    On doit attribuer à cet aphorisme la conclusion d’un conseil émis à mots couverts par lequel celui qui le donne cherche à bien faire comprendre l’importance de son avis. Aux gens intelligents quelques mots suffisent pour qu’ils puissent comprendre : Bon entendeur signifie celui qui comprend bien.

    Donc, le sens exact de celle locution doit être que celui qui entend et qui comprend l’avis reçu doit en faire son profit, par conséquent échapper à un danger et, en un mot, trouver son salut. Pour ce qui est du mot salut, il est loin de signifier indistinctement bonjour ou adieu, parce que la formule de salutation varie selon l’heure du jour et aussi selon la circonstance qui fait que l’on s’aborde ou que l’on se quitte.

    Cette locution proverbiale qui s’emploie aussi quelquefois comme expression de menace était déjà en usage au XVIIe siècle, mais on disait alors : A bon entendeur peu de paroles.

     

    Les Allemands disent : Wer klüg ist merkt die Sache an einem Wort, dont voici la traduction : A bon entendeur il ne faut pas une charretée de paroles, c’est-à-dire qu’un signe quelconque suffit à une personne intelligente. Ils disent encore : Gelehrten ist gut predigen, ce qui signifie : Il est bon de prêcher un savant, tout comme en français nous disons : Il est facile de prêcher un converti ou de convaincre un convaincu.

    Il ne faut pas omettre ici, en terminant cet article, cette phrase latine : Viro docto bene dicitur, viro probo assurgitur, qui veut dire : A l’homme savant on dit de bonnes paroles, devant l’homme probe on se lève par respect.

     

     

     

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  • A bon chat, bon rat

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    Se dit de ceux qui luttent à forces égales

     

    Ce proverbe qui était déjà connu au XVIIe siècle, était surtout employé entre gens de guerre pour désigner deux adversaires de la même force aux prises l’un avec l’autre. A cette époque, on disait : A bon assailleur, bon défendeur, voulant faire entendre que deux adversaires en présence peuvent se battre avec les mêmes avantages. Au Moyen Age, on disait : Un Roland pour un Olivier, ce qui signifiait exactement la même chose.

    Un auteur latin, Térence, a dit : Par pari respondere, qui veut dire : Répondre d’égal à égal. Pour bien saisir la portée de ce proverbe, il faut lire la fable de La Fontaine (livre&nbsp ;III, fable 16) ayant pour titre : le Chat et le vieux Rat, dans laquelle il est démontré qu’il faut savoir déjouer la ruse par la prudence.

    Voici, en quelques mots, comment le fabuliste s’explique : « Rodilardus était un chat rusé, il savait plus d’un tour et avait croqué maints rats et souris. Une fois, pour mieux les saisir, il s’était suspendu à un meuble et lorsqu’il avait vu rôder sous lui un certain nombre de ces animaux, il s’était laissé retomber sur ses pattes et avait attrapé les moins alertes qu’il avait croqués, bien entendu. En dernier lieu, il s’était roulé dans de la farine, et, pour mieux tromper les rôdeurs, était resté dans une immobilité complète. Mais il avait fini par trouver un adversaire digne de lui dans un vieux rat, qui avait payé son expérience au prix de sa queue perdue à la bataille. »

    Laissons parler La Fontaine par l’organe de ce vieux rat :

    Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille,
    S’écria-t-il de loin au général des chats.
    Je soupçonne dessous encor quelque machine,
    Rien ne te sert d’être farine,
    Car, quand tu serais sac, je n’approcherais pas.
    C’était bien dit à lui : j’approuve sa prudence ;
    Il était expérimenté
    Et savait que la méfiance
    Est mère de la sûreté.

     

     

     

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  • Pierre qui roule
    n’amasse pas mousse

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    La persévérance et la stabilité sont des éléments de conservation, tandis que l’agitation et l’inconstance ruinent et déconsidèrent les individus comme les nations

     

    Ce proverbe signifie qu’un homme qui change souvent de profession parvient rarement à la fortune, de même une nation s’affaiblit par elle-même en changeant trop souvent de gouvernement. La longue pratique d’un métier ou d’une profession est une condition et une garantie de succès.

     

    Les individus inconstants qui quittent une occupation pour courir bientôt après une autre, non seulement n’acquièrent aucune expérience, mais encore perdent peu à peu la faculté d’appliquer leur esprit à n’importe quel travail.

    Au XVIe siècle, on disait : Pierre souvent remuée de la mousse n’est vellée (revêtue). Ce vieux proverbe est la traduction littérale d’un dicton grec employé d’abord par l’auteur Lucien et passé depuis dans la langue latine : Saxum volutum non obducitur musco, ce qui signifie : La pierre roulée ne se recouvre pas de mousse. Nous trouvons dans la même langue un proverbe analogue : Saepius plantata arbor fructum profert exiguum, ce qui se traduit ainsi : Arbre transplanté souvent n’a jamais fruit abondant.

    Un poète latin, appelé Martial, a exprimé la même pensée dans les mots suivants : Quisquis ubique habitat... nusquam habitat, dont voici la traduction : Celui qui habite partout n’habite nulle part. Gresset, poète français du XVIIIe siècle, a composé sur ce sujet ce joli quatrain :

    Dans maint auteur de science profonde
    J’ai lu qu’on perd trop à courir le monde :
    Très rarement en devient-on meilleur.
    Un sort errant ne conduit qu’à l’erreur.

     

    Comme conclusion de ce qui a été dit précédemment, on peut émettre cette idée que l’on ne s’enrichit guère à courir le monde. Et on peut même ajouter pour l’intelligence de ce proverbe que la pierre, nue de sa nature, gagne en se garnissant de mousse, parce que celle-ci devient pour elle comme un vêtement ou une parure. Les Italiens ont un autre proverbe qui présente le même sens, le voici : « Albero spesso traspiantato mai di frutti e caricalo. »

     

     

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  • C’est la danse des dindons

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    Chose qu’on a l’air de faire de bonne grâce, quoique ce soit à contrecœu

     

    Un de ces hommes dont le métier est de spéculer sur la curiosité publique, fit annoncer à son de trompe, un jour de foire, dans une petite ville de province, qu’il donnerait un ballet de dindons. La foule s’empressa d’accourir à ce spectacle extraordinaire ; la salle fut remplie ; des cris d’impatience commandèrent le lever de la toile : le théâtre se découvrit enfin, et l’on vit paraître les acteurs de basse-cour qui sautaient précipitamment, tantôt sur un pied et tantôt sur l’autre, en déployant leur voix aigre et discordante sur tous les tons, tandis que le directeur s’escrimait à les diriger avec une longue perche pour leur faire observer les règles du chassez et du croisez.

     

    Cette scène burlesque produisit sur les assistants un effet difficile à d’écrire. Les uns se récriaient de surprise, les autres applaudissaient avec transport ; ceux-ci trépignaient de joie, ceux-là poussaient des éclats de rire immodérés ; et l’engouement général était tel que personne ne soupçonnait pourquoi les dindons se donnaient tant de mouvement.

    On s’aperçut enfin que c’était pour se soustraire au contact d’une tôle brûlante sur laquelle ils étaient placés. Quelques étincelles échappées d’un des fourneaux disposés sous cette tôle découvrirent le secret de la comédie. Mais en même temps la peur du feu gagna l’assemblée : dans un instant tout y fut tohu-bohu, et les spectateurs et les acteurs, se précipitant pêle-mêle, se sauvèrent comme ils purent, les premiers avec un pied de nez, et les seconds avec des pieds à la Sainte-Ménehould (allusion à la recette de cuisine dans laquelle les pieds de porc sont longtemps bouillis avant d’être panés).

     

     

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  • Il n’y a pas de si belle rose
    qui ne devienne gratte-cul
     
     
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    Il n’y a pas de si beau visage qui n’enlaidisse
     

    Semblable à la rose, la plus belle des fleurs, dont la fraîcheur est passagère, la beauté perd son plus vif incarnat, et le temps, ce destructeur cruel, efface ses appâts, y substitue les rides et la pâleur.

    On nomme gratte-cul le fruit de l’églantier, et le bouton qui reste après que la rose a perdu ses feuilles. Les anciens ornaient de roses les statues de Vénus et de Flore ; de Vénus, parce qu’elle est la plus belle des déesses ; de Flore, parce que la rose est la plus riante et la plus riche de ses productions. Ils s’en couronnaient souvent dans leurs festins : Et rosa canos adorati capillos. (Horace)

    Ils la regardaient comme le symbole de la mollesse et de la volupté. Ovide prétend que les premières roses furent blanches, et qu’elles doivent ce tendre incarnat au sang d’Adonis. Cette ingénieuse fiction n’a point été admise par tous les mythologues ; quelques-uns ont prétendu que Vénus, en volant au secours d’Adonis, ne sentit ni les pointes des rochers ni les ronces qui la déchiraient. Les rosiers épineux furent teints, disent-ils, de ce sang vermeil ; quelques gouttes jaillirent sur les roses, et ces fleurs, qui primitivement étaient blanches, conservèrent, depuis cet accident, la couleur du sang de Vénus. Demoustier écrit :

    Je crois, en la voyant (la rose) briller sur votre cœur,
    Voir le sang de Vénus retourner à sa source.

    La mythologie nous apprend que l’Amour fit présent à Harpocrate, dieu du silence, d’une belle rose, fleur que l’on n’avait encore jamais vue, afin qu’il ne découvrît point ses tours d’espièglerie. De là est venue la coutume de suspendre une rose au plafond des appartements où les familles se réunissaient, afin que la discrétion, représentée par la rose, devînt la sûreté et la garantie de tous les entretiens ; c’est ce qui a fait naître cette expression : Nous sommes sous la rose, c’est-à-dire, en un lieu sûr ; nous pouvons causer librement.

    Chez les anciens, une rose dont les feuilles étaient éparpillées était l’emblème du trépas, et pour peindre la courte durée de notre existence, ils la comparaient à celle de cette fleur. Malherbe a bien saisi cette allégorie, lorsqu’il décrit la mort de la fille de Du Périer, son ami :

    Mais elle était du monde où les plus belles choses
    Ont le pire destin,
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

     

    Aglaé, la plus jeune des Grâces, était représentée chez les Grecs avec un bouton de rose à la main, comme l’attribut de la jeunesse et de la beauté. Nos aïeux nommaient chaperon de roses, un don léger qu’on faisait aux nouvelles mariées. Ainsi, relativement à un mariage peu fortuné, lorsqu’on demande ce qu’un père donne à sa fille, et lorsqu’on veut répondre qu’il donne peu, on dit proverbialement qu’il lui donne un chapeau de roses.

    En Allemagne, une jeune personne qui avait perdu la plus belle rose de son chapeau, fleur que les hommes prisent tant, était forcée, le jour de ses noces, de porter une couronne de roses rouges, en place d’une autre de roses blanches ou de myrte. On trouve une allusion maligne à cette perte irréparable dans la fable suivante :

    La rose rouge et la rose blanche.

    Que vous êtes pâle, ma sœur,
    Disait la rose rouge à sa sœur rose blanche ;
    Pardonnez-moi d’être si franche,
    Votre teint blême me fait peur.
    — C’est la candeur de l’innocence ;
    Vous, pour rougir ainsi, ma sœur,
    Vous avez vos raisons, je pense.
    — Mes raisons ? Du bel Adonis,
    Du favori de Cythérée,
    C’est le sang qui m’a colorée :
    J’éclate, et vos traits sont ternis.
    — Cependant, d’une vierge pure
    J’embellis encor la pudeur,
    J’éclate aussi, mais de blancheur.

     

    Les anciens ceignaient de roses blanches le front des vierges et des vestales. La rose blanche est l’attribut des jeunes personnes qui sortent de l’enfance ; on dit alors au figuré, c’est une rose ; on dit également, c’est un bouton de rose. La rose est encore l’emblème de la première heure du jour. En Turquie, on sculpte une rose sur le tombeau des jeunes vierges, comme symbole de leur pudeur et de leur modestie. A Rome, le jour appelé Dominica in rosa, les papes bénissaient des roses qu’ils envoyaient, comme une marque de distinction, à quelques princesses de l’Europe.

     

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  • Ménager la chèvre et le chou
    Publié / Mis à jour le VENDREDI 19 OCTOBRE 2018,
     
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    Parer à deux inconvénients et ménager des intérêts opposés ; c’est en un mot, prendre parti tantôt pour l’un tantôt pour l’autre, de façon à se trouver en faveur auprès de celui qui l’emportera

    Cette locution proverbiale nous est venue du problème suivant que l’on donnait à résoudre aux enfants pour les accoutumer à réfléchir et à exercer leur sagacité. Voici en quoi consistait ce problème. 
    « Un homme veut traverser un cours d’eau ; il a avec lui une chèvre, un chou et un loup.

    Ne pouvant les passer tous ensemble à cause de l’exiguïté de son bateau, et ne voulant pas laisser la chèvre avec le chou, de peur que l’une ne mangeât l’autre ou le loup avec la chèvre dans la crainte que celle-ci ne fût mangée par le premier, ce qu’il s’agissait d’éviter, voici comment il s’y prit pour arriver à une solution :

    « Il passa la chèvre en premier, persuadé qu’il n’y avait aucun danger à laisser le chou avec le loup. Après avoir déposé la chèvre sur l’autre bord, il revint chercher le loup et le chou, de cette façon la chèvre ne mangea pas le chou et le loup ne mangea pas la chèvre. »

    Cette locution s’emploie toujours en mauvaise part. Les personnes qui ménagent la chèvre et le chou sont intéressées ou ambitieuses. Il faut avoir le courage de son opinion et approuver ou désapprouver la conduite des autres, sans critiquer pour cela ostensiblement tout ce qui n’est pas conforme à son opinion. Agir autrement, c’est se rendre coupable d’hypocrisie, car on ne doit pas feindre d’applaudir des actes que l’on condamne et paraître estimer des gens qu’on méprise.

    En 1807, un M. Tournay fit de ce proverbe le sujet d’une chanson, sur l’air du Ballet des Pierrots ; en voici le premier couplet :

    Guidant la chèvre par la barbe,
    Tenant un gros chou sous le bras,
    Au point du jour, la jeune Barbe
    Au marché courait à grands pas ;

    Sa mère, prévoyante et sage,
    En l’embrassant lui dit : Mon chou,
    Songe qu’il faut dans le voyage,
    Ménager la chèvre et le chou.

     

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