• être en panne  

    Arrêté dans une activité, un fonctionnement.
    Interrompu faute de moyen.

    000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000009xgtvv2z

    Ce sont encore une fois les gens de la marine à voile qui nous l’ont donnée, dès le XVIe siècle.

    « Mettre en panne« , c’était disposer ou orienter la voilure de telle manière que le bateau n’avance plus.

    Pour Furetière, c’était aussi faire pencher le bateau, lorsque celui-ci avait une voie d’eau d’un côté, à la fois pour limiter les entrées d’eau et pour mieux pouvoir colmater la brèche.

    Quant à la « panne sèche », elle ne vient pas de la voiture qui n’avance plus pour cause de révervoir vide, mais encore de la marine où cette fois la panne s’obtenait en l’absence totale de voilure, en utilisant uniquement le gouvernail, par opposition à la panne avec voilure qui s’appelait la « panne courante » [1].

    C’est depuis le début du XXe siècle que la panne s’utilise pour une voiture qui ne peut plus avancer suite à l’arrêt involontaire de son moteur.
    Elle a ensuite été étendue à d’autres usages (« je suis en panne d’idées » pour le créatif ou bien « je suis en panne d’argent » pour celui qui a du mal à joindre les deux bouts).

     

    Extrait de Expressio

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  • l’argent n’a pas d’odeur

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    « L’argent n’a pas d’odeur  » L’argent malhonnêtement gagné ne trahit pas son origine.
    Peu importe d’où provient l’argent, l’essentiel est d’en avoir.

    Cette expression s’emploie en général pour un bien mal acquis dont on préfère oublier l’origine douteuse.

    C’est de l’empereur Vespasien qui régna sur Rome de 69 à 79 après J.-C., qu’elle viendrait.

    En effet, les caisses de l’empire étant vides, son contenu ayant été dilapidé par Néron , Vespasien institua nombre de taxes diverses afin de renflouer le trésor de l’Etat.

    L’une d’entre elles marqua plus particulièrement les esprits, celle sur les urines destinées à être collectées pour servir aux teinturiers (elles servaient à dégraisser les peaux). Elle était payable tous les quatre ans par tous les chefs de famille, en fonction du nombre de personnes (et d’animaux) vivant sous leur toit.

    Bien entendu, le peuple se moqua de cette taxe et Titus, le fils de Vespasien, lui en fit la remarque. L’empereur lui mit alors une pièce de monnaie sous le nez et lui dit : « ça ne sent rien » (« non olet »), sous-entendant ainsi que peu importait la provenance de l’argent tant qu’il remplissait les caisses.

    Extrait de Expressio

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  •  avoir pignon sur rue

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    « Avoir pignon sur rue  »


    Avoir une maison (ou un commerce) à soi.
    Par extension : avoir une notoriété certaine (pour un commerce ou une entreprise).


    Du XVe au XVIIe siècle, la façade des maisons en ville, souvent étroites et construites en bois et torchis, comportait en haut un pignon, généralement triangulaire, destiné à supporter l’extrémité de la poutre principale (faîtière) de la charpente.
    Avoir pignon sur rue, c’était donc posséder une maison ou un commerce en ville.

    La façade sur la rue et son pignon étant les parties les plus visibles de la maison, les gens aisés ne se privaient pas de la décorer, en fonction de leurs moyens, pour afficher leur niveau de richesse.
    Au XVIe siècle, le sens de l’expression a alors évolué pour désigner des gens qui possédaient des immeubles et des biens, ou des riches commerçants.

    A partir de 1667 et pendant longtemps, les façades à pignon (et les charpentes associées) ont été interdites suite à l’incendie de Londres dans lequel les flammes s’étaient propagées de proche en proche via les charpentes.
    Mais l’expression est restée et son sens a encore évolué pour désigner toute personne, entreprise ou commerce qui a une forte notoriété, avec une connotation d’honnêteté ou de solvabilité.

     

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  • les carottes sont cuites

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    « Les carottes sont cuites  »Tout est perdu. Il n’y a plus aucun espoir.

    Remontons d’abord au XVIIe siècle.

    A cette époque et encore longtemps après, la carotte est considérée comme un aliment pauvre. Mais, du fait d’une forme similaire et d’une prononciation très proche (paronymie), elle est aussi associée à la ‘crotte’. On disait d’ailleurs de quelqu’un de constipé qu’il « chiait des carottes », ce qui est excrêmement vulgaire.

    Un peu plus tard, « ne vivre que de carottes », c’était « vivre très chichement ».

    Cette valeur péjorative liée à la carotte est restée et, à la fin du XIXe siècle, « avoir ses carottes cuites », c’était « être mourant », mais sans qu’on sache exactement le pourquoi de cette association du bientôt mort avec ces légumes cuits (peut-être était-ce par allusion au fait que, dans les familles pauvres, les plats de viande -donc d’animal mort- étaient souvent accompagnés de carottes également cuites ?).

    EXTRAIT DE EXPRESSIO

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  • la boite à Pandore

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    « La boîte de Pandore  » La source des ennuis. L’origine de malheurs, de catastrophes.

    Les truands parlent de la boîte des pandores, autrement dit du « panier à salade », les pandores désignant les gendarmes.

    Mais la ‘véritable’ boîte de Pandore nous vient de la Mythologie gréco-romaine.
    Les deux frères Prométhée et Epiméthée, qui étaient des Titans, furent chargés par Zeus de créer les hommes, ce qu’ils firent. Mais Prométhée, ému par la nudité de ses créatures, vola le feu aux dieux, apprit aux hommes à s’en servir et s’installa parmi eux.

    Zeus, plus que furax, jura de se venger de Prométhée. Il demanda alors à Héphaistos de créer une femme identique à une déesse (et qui deviendra donc la première femme), munie de tous les attributs qui vont bien avec, c’est-à-dire beauté et habileté, ce à quoi Hermès ajouta aussi d’autres traits de caractère habituels chez la femme, comme la ruse, la fourberie, la paresse, la méchanceté, la sottise, la parole enjôleuse et trompeuse, auxquelles il ajouta, pour faire bon poids, une curiosité sans bornes.

    Pandore fut alors envoyée chez les deux Titans, munie d’un beau récipient (ou jarre ou boîte, selon les versions) offert par Zeus à destination de son futur époux et renfermant un paquet de maux parmi lesquelles on trouvait la vieillesse, la maladie, le chagrin, la folie, le vice ou la famine, tous inconnus des hommes . Ce récipient contenait également un petit bonus d’une autre catégorie, l’espérance.

    Malgré les nombreuses réticences de Prométhée, Epiméthée se laissa subjuguer et épousa aussi sec Pandore qui, bien entendu, avait eu l’interdiction absolue d’ouvrir le récipient.
    Mais à cause de son insatiable curiosité, elle profita un jour de l’absence d’Epiméthée pour ouvrir la boîte dont tous les maux s’échappèrent et se répandirent sur l’humanité.
    Au fond de la boîte, il ne restait plus que l’espérance qui finit aussi par sortir, et heureusement, car sans elle l’Homme aurait eu bien du mal à supporter tout le reste.

    Il existe quelques petites variantes de cette histoire « un peu » misogyne, mais on peut faire un parallèle certain avec Eve, la croqueuse de pommes, à cause de laquelle l’Homme a été chassé du Paradis et a dû apprendre à subir tout ce qui, dans notre histoire, s’est échappé de la boîte de Pandore.

    extrait de Expressio

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  • être dans de beaux draps

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    « Etre dans de beaudraps  » Être dans une très mauvaise situation. Être dans une position désagréable ou dangereuse.

    Cette expression est ce qu’on appelle une antiphrase,comme quand on dit « nous voilà beaux » ou « nous voilà propres  » pour dire la même chose.

    Il y a eu une petite évolution de cette expression et de son sens. Au XVIIIe siècle, elle se disait « être dans de beaux draps blancs » pour dire « être montré avec tous ses défauts » (ce qui n’est pas non plus une situation agréable, mais est moins fort que le sens actuel).

    Depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen Âge, les draps désignaient les vêtements.
    Et si le blanc est bien pour nous un symbole de propreté, de pureté ou d’innocence, les habits blancs ont longtemps servi à vêtir les gens qui avaient commis certaines fautes.
    Ainsi, celui qui avait commis le péché d’adultère devait, en pénitence, assister à la messe entièrement vêtu de blanc. Et puis rappelez-vous Jésus qu’Hérode a renvoyé devant Ponce Pilate après l’avoir habillé de blanc.

    Autrement dit, les gens qui devaient se vêtir de blanc étaient en général dans une situation peu enviable.
    Cet ancien usage du vêtement blanc et l’idée du linceul, sorte de drap blanc dans lequel on ne se trouve que si on est dans une très très fâcheuse situation, le tout mêlé à un brin d’ironie, peuvent expliquer à la fois l’usage du beau et la gravité de la situation qu’indique maintenant l’expression.

    Extrait de Expressio

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  • Sabler/sabrer le champagne

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     Sabler/sabrer le champagne  » Boire/ouvrir une bouteille de champagne pour fêter un joyeux événement.

    Voilà encore une expression qui a brisé de nombreux ménages ou des amitiés vieilles de trente ans, chacun tenant à ‘sa’ vérité lorsqu’il s’agissait de savoir s’il fallait dire sabler ou sabrer le champagne.

    La vérité m’oblige à dire que c’est le candidat qui a choisi sabler qui aura le droit de revenir en deuxième semaine, tout en ne niant pas à l’autre participant qu’il est tout à fait possible de sabrer le champagne avant de le sabler.

    Pour évacuer le mauvais choix, disons que sabrer le champagne, c’est tout simplement en faire sauter le goulot avec un sabre ou un gros couteau 

    Ce qui est probablement un reste d’anciennes débauches militaires, est à la fois un bon moyen de perdre beaucoup de ce précieux liquide (qui jaillit de la bouteille ainsi martyrisée) et de se blesser avec des bords de bouteille coupants ou des morceaux de verre dans les flûtes, si l’opération est mal réalisée.

    Maintenant que la vérité est rétablie, pourquoi ‘sable’-t-on cet alcool à bulles ?

    Cela date du XVIIIe siècle.

    A cette époque, sabler, c’était « boire d’un trait » un liquide, principalement alcoolisé. Ce n’est qu’au début du siècle dernier que ce verbe n’a plus été utilisé qu’avec la boisson festive.

    L’origine de ce ‘sablage’ d’une boisson viendrait (selon Furetière) d’une comparaison avec le fondeur qui, au XVIIe siècle, faisait couler très rapidement son métal en fusion dans un moule à base de sable fin, comme le buveur fait couler sa boisson au fond de son gosier.

    Extrait de Expressio

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  • trier sur le volet

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    « Trier sur le volet  » Choisir, sélectionner avec soin.

    Au Moyen Âge, un volet était un tissu si fin et léger qu’il pouvait « voleter » au vent. Il était utilisé, entre autres, pour fabriquer des tamis servant à trier les graines, tamis qui, par extension, sont eux-mêmes devenus des volets.

    Le mot a perduré et, au XVe siècle, le volet désignait l’assiette en bois dans laquelle les femmes triaient les pois et les fèves.

    Un peu plus tard, Rabelais a d’ailleurs écrit : « Elus choisis et triés comme beaux pois sur le volet ».

    Depuis, les beaux pois ont été mangés et le volet est resté, sans qu’on comprenne maintenant ce qu’il vient faire dans la sélection, si on ne connaît pas le fin mot de l’histoire.

     

    Extrait de Expressio

     

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  • Dès potron-minet

    expression : Dès potron-minet 0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000telechargement

    « Dès potron-minet  » Dès l’aube, le petit matin, les premières lueurs du jour.

    A l’origine, dès le XVIIe siècle, cette expression se disait « Dès potron-jacquet », le’ jacquet’ étant l’écureuil, petite bestiole sympathique ayant la particularité de commencer à s’activer très tôt le matin.

    Quant au mot potron, il est une déformation de ‘poistron’ qui vient du latin ‘posterio’ qui veut dire ‘postérieur’ ou ‘derrière’.

    En clair, l’expression originale veut dire « Dès que l’écureuil sort de son sommeil et daigne montrer son popotin ». Donc très tôt le matin (sauf pour les écureuils ayant fait la nouba la veille).

    Mais le genre humain urbanophile perdant progressivement ses repères forestiers, le petit écureuil a finalement été remplacé par le chat, animal beaucoup plus présent dans les villes et également très matinal.

    Extrait de Expressio

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