• expression : un foudre de guerre

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    « Un foudre de guerre  » Une personne forte, capable, compétente.
    Un objet puissant, performant.

    Il est certain que la puissance de la foudre aurait parfaitement pu donner naissance à notre expression et justifier cette notion de puissance, de force qu’elle donne à l’objet ou à la personne désignée. Mais on remarquera qu’ici, on parle « d’un foudre » (masculin)

    Il ne s’agit pourtant pas d’une erreur.
    Le mot foudre au masculin existe bel et bien : pour commencer, il désigne l’arme de Jupiter (forgée par les Cyclopes, cela va de soi) Mais par comparaison avec les effets de la foudre, ce mot s’utilisait aussi pour une personne rapide (comme la foudre) ou crainte (comme la foudre).

    Et par extension, au XVIIe siècle, un foudre de guerre était un homme au génie militaire extraordinaire ou un guerrier très redoutable, donc quelqu’un susceptible d’engendrer la crainte chez ses ennemis.

    A part dans quelques rares locutions, le foudre n’est plus utilisé, l’ancien sens du foudre de guerre est complètement tombé en désuétude.

    Extrait modifié de expressio

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  • expression : proposer la botte

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    « Proposer la botte (à une femme)  » Proposer de faire l’amour (à une femme)

    Comment amener à coup sûr une femme dans son lit ? Il semble, au vu de notre expression, qu’il faille lui proposer une botte.
    Mais faut-il tenter la botte de foin, celle de poireaux ou bien la botte de sept lieues pour l’emmener au septième ciel (sans ascenseur) ?
    D’aucune de ces bottes-là, il n’est ici question !

    Non, on se rapprocherait plutôt de celle de Nevers, cette botte secrète qui permettait à Largardère  d’envoyer son adversaire ad patres.

    Autrement dit, c’est bien d’escrime dont on parle, lorsque celui qui, utilisant une botte sortie de derrière les fagots, pourfend son adversaire.

    Cette ‘botte’-là, qui date du XVIIIe siècle, serait donc une image comparant le duelliste à l’homme qui, doté de son épée magique, embroche sa partenaire. Mais on trouve aussi dans l’expression l’image de l’action rapide de la botte d’escrime mise en parallèle avec la proposition de fornication faite brutalement, sans travaux préalables d’approche et de séduction.

     

    Extrait de Expressio

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  • expression : courir comme un dératé  

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    « Courir comme un dératé  »  Courir très vite.

    Si vous vous êtes, un jour ou l’autre, adonné aux joies de la course à pied, il vous est très probablement arrivé d’avoir un point de côté.

    Au début de notre ère, les anciens étaient persuadés que c’était la rate () qui était à l’origine de cette douleur.
    Ils imaginèrent donc des décoctions, destinées à leurs athlètes, ayant pour but de ‘consumer’ leur rate et leur permettre ainsi de courir sans subir ce désagréable inconvénient. Ces préparations devaient être prises pendant plusieurs jours avant les épreuves, tout en faisant un régime sans graisses ; la diététique était née !

    Par la suite, à la fin du XVIe siècle, avec les progrès de la médecine, certains chirurgiens prétendirent que l’homme vivrait bien mieux s’il se faisait ‘dérater’, enlever cet organe en apparence inutile.
    Des expériences nombreuses menées sur des chiens montrèrent qu’ils ne mouraient pas… tout de suite, mais bien suffisamment rapidement pour qu’aucun cobaye humain ne soit prêt à se faire charcuter. Cette histoire fit longtemps rire dans la société de l’époque.

    Si l’idée de courir comme un dératé est donc très ancienne, ce n’est pourtant qu’au début du XIXe siècle que notre expression est attestée pour la première fois.

    extrait de Expressio

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  • expression : dire à quelqu’un ses quatre vérités

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    « Dire ses quatre vérités (à quelqu’un)  » Dire (à quelqu’un) ce qu’on pense de lui, franchement et parfois brutalement. Dire (à quelqu’un) des choses désobligeantes ou blessantes, sans ménagement.

    Au XVIe siècle, lorsque cette expression apparaît, d’abord sous la forme « dire ses vérités », les vérités sont des « choses vraies ».
    Ainsi lorsqu’une personne disait « ses vérités » à quelqu’un, elle lui disait des choses vraies ou justifiées sur lui, principalement négatives, sans hypocrisie, qu’il ait envie ou pas de les entendre.
    Et cela n’a pas vraiment changé depuis.

    Maintenant, pourquoi avoir greffé en plus ce ‘quatre’ ?
    Selon les lexicographes, malgré la faible valeur de ce nombre, il faut le voir comme un intensif, mais sans qu’on ait une explication réelle sur le choix de ce nombre au lieu de sept ou mille, entre autres.

    On peut toutefois noter que ce ‘quatre’ est utilisé dans de nombreuses autres expressions (couper les cheveux en quatre, faire ses quatre volontés, se mettre en quatre, ne pas y aller par quatre chemins, …) et que ce choix est probablement lié à des choses immuables comme les quatre membres de l’homme, les quatre saisons, les quatre points cardinaux…

    Extrait de expressio

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  • expression : Manger comme un chancre

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    « Manger (bouffer) comme un chancre  » Manger avec voracité.
    Manger excessivement.

    ‘Chancre’ est un mot qui vient du latin ‘cancer’ et qui désigne un ulcère ou une tumeur.

    Mais, en botanique, c’est aussi une plaie vive de l’écorce d’un arbre attaquée par un champignon.

    Dans tous les cas, le chancre est donc soit quelque chose qui tend à s’étendre en ‘dévorant’ ce qui l’entoure ou bien une crevasse qui, est susceptible d’engloutir les inconscients qui s’en aventurent trop près.

    Notre métaphore, qui date du XVIIIe siècle, est donc facile à comprendre, celui qui mange comme un chancre dévorant ou engloutissant toute la nourriture ayant la mauvaise idée de passer à sa portée.

    Mais il est possible que sa naissance soit également due à une déformation ou ‘adaptation’ de l’ancienne comparaison « comme un chantre » (gras comme un chantre, boire comme un chantre).

    En effet, à l’époque où il y avait des chantres dans les églises, pour chanter au cours des cérémonies religieuses, ceux-ci avaient la réputation, comme les moines et les chanoines, de faire bonne chère, de bien ripailler, justifiant ainsi la naissance de la comparaison.

    Extrait de Expressio

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  • Expression : Pierre qui roule n’amasse pas mousse

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    « Pierre qui roule n’amasse pas mousse  » Une vie aventureuse ne permet pas d’amasser des biens (ou des richesses).

    L’existence de ce proverbe est attestée en France au XVIème s. Mais il existe déjà dans la Grèce antique.

    Ceux qui aiment se promener dans des sous-bois frais et humides en auront vite compris l’origine.

    Ils ont en effet pu constater que, sur les cailloux (ou les pierres) qui n’ont pas bougé depuis longtemps, on trouve plein de cette belle mousse verte qui s’y accroche fermement de ses petits bras musclés.

    Par contre, sur les cailloux qui bougent régulièrement, ceux déplacés par les torrents, par exemple, point de mousse il y a, car elle n’a pas l’occasion d’avoir le temps de s’y déposer et s’y répandre.

    Ce proverbe incite donc les gens à rester casaniers pour avoir des chances (mais pas des certitudes, ça se saurait !) de remplir leur portefeuille.

    Extrait modifié  de Expressio

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