• AVOIR UN COUP DE POMPE

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    Cette expression est d’abord née aux débuts de l’aviation, avant de passer dans le cyclisme lors du Tour de France, puis d’être transmise au langage courant.
    Les premiers aviateurs ont rapidement fait connaissance avec le phénomène des trous d’air, que les habitués des voyages en avion connaissent bien : à certains endroits une dépression se forme. Quand un appareil volant traverse une telle dépression, il perd soudainement de l’altitude.
    En bref, il tombe de quelques mètres, parfois beaucoup plus. Les premiers aviateurs ont appelé ça un  »coup de pompe », le phénomène évoquant pour eux le mouvement (vers le bas, en l’occurence) d’une pompe.
    L’expression serait ensuite passée dans le monde du cyclisme, même s’il est vrai qu’à vélo, une pompe sert plutôt à regonfler les pneus (donc à aller mieux), et qu’elle n’évoque pas vraiment une perte de moral, un passage à vide, qui est le sens qu’a pris cette expression dans le langage courant.

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  • revenons à nos moutons

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     « Revenons à nos moutons !  »

    Revenons à notre sujet, à ce dont il est question !

    Cette expression, qui se prononce en général après une digression, nous vient de 1464.
    Si, pour les moutons de Panurge, il faut se référer à Rabelais, pour ces moutons-ci on reste dans la littérature ancienne, mais c’est cette fois vers une comédie de la fin du Moyen-Âge qu’il faut se retourner, »la farce de Maître Pathelin »[1].

    Dans cette histoire, on assiste à un procès dans lequel Maître Pathelin est un avocat douteux qui a réussi à extorquer des marchandises à un drapier, Guillaume Joceaulme. Or, dans ce procès, on juge un berger qui a dérobé des moutons à ce même drapier.
    Etonné de voir Pathelin dans ces lieux, Joceaulme s’embrouille et entremêle les deux histoires. Le juge ne comprenant pas pourquoi il est question de draps, dit alors au plaignant : « Revenons à nos moutons ! ».

    « De par le diable, vous bavez !
    Eh ! Ne savez-vous revenir
    Au sujet, sans entretenir
    La cour de telle baveries ?
    Sus, revenons à ces moutons !
    Qu’en fut-il ?
     »

    Extrait de Expressio

    PUBLIÉ DANS : JOUER AVEC LES MOTS - EXPRESSIONS |LE 4 JUILLET, 2014 |PAS DE COMMENTAIRE
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  • : avoir la poisse

    « Avoir la poisse  »  Être (très) malchanceux, de manière durable. Attirer les ennuis.

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    La poix était une sorte de colle visqueuse fabriquée à partir de résine de pin, de résine de sapin ou de goudron de bois[1].

    C’est de cette substance qu’est né le verbe ‘poisser’ (enduire de poix) au XVIe siècle et de ce verbe que la ‘poisse’ a été tirée avec, dans son sens figuré de ‘malchance’ (au début du XXe siècle), une allusion à cette matière dont on n’arrive à pas à se défaire, comme on n’arrive pas à se dépéguer (comme ils disent en Provence) d’une malchance tenace.

    D’après Gaston Esnault, cette locution serait d’abord apparue dans l’argot des coureurs cyclistes.

    [1] Au Moyen-Âge, lors des assauts des châteaux, les assaillants avaient l’immense plaisir de recevoir sur eux de la poix brûlante. Comme cette mixture leur collait après, ils ne pouvaient pas s’en débarrasser aisément et ils ne pouvaient que subir atrocement les brûlures infligées par cette poix à très haute température.

    Extrait de Expressio

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  • C’est pas le Pérou ! »

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    « C’est pas le Pérou !  » C’est une somme modeste. Ça ne rapporte pas beaucoup. Ce n’est pas grand chose.

    L’Eldorado, le pays de l’or, a longuement fait rêver les Européens, au XVIe siècle, lorsqu’ils ont mené de nombreuses expéditions en Amérique du Sud, avec l’espoir d’y localiser ce pays dont le prince se faisait saupoudrer d’or de la tête aux pieds chaque matin (selon les racontars de l’explorateur espagnol Martinez).

    Parmi les différentes vagues d’exploration et de pillage du continent sud-américain, c’est en 1532 que Francisco Pizarro défait les Incas au Pérou en capturant leur roi Atahualpa et en massacrant jusqu’à 20 000 des personnes qui l’accompagnaient dans le piège que le conquistador avait tendu.

    Le roi prisonnier fait alors livrer aux Espagnols de très grandes quantités d’or et d’argent en échange d’une libération qu’il n’obtiendra jamais puisqu’il sera garrotté dans sa prison en 1533.
    Cet or sera ramené en Espagne par un des frères de Pizarro.

    C’est ce symbole de richesse qu’était le Pérou qui, en 1661, a fait d’abord apparaître le nom commun ‘pérou’ pour désigner un trésor ou une fortune.
    Puis, c’est en 1790 que sont nées aussi bien la version positive de l’expression (« c’est le Pérou ! ») que la négative, beaucoup plus utilisée aujourd’hui.

     

    extrait de Expressio

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  • « En deux coups de cuiller à pot »

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    « En deux coups de cuiller à pot  » Très rapidement, sans difficulté apparente.

    Cette expression semble apparaître juste avant la guerre de 14-18.
    La cuiller à pot n’est jamais qu’une grosse louche qui, en raison de sa taille, permet de vider rapidement un récipient ou de servir vite fait de grandes louchées de nourriture.

    C’est de là que viendrait la notion de rapidité associée à notre locution qui serait née dans le milieu militaire ou carcéral (le service rapide du rata des bidasses ou des prisonniers).

    L’absence de difficulté sous-entend parfois l’intervention d’un facteur chance, qu’on retrouve aussi dans « avoir du pot ».

    Une autre origine quelquefois proposée viendrait de la marine à voile, la cuiller à pot étant un sabre d’abordage muni d’une coquille en forme de cuiller destinée à protéger la main.

    Ce sabre, comme toute arme du même type, permettait de régler très facilement un problème en en assénant un ou deux coups en travers de la tête de l’importun.

    Cette origine est toutefois passée sous silence par Alain Rey et rejetée par Claude Duneton.

    Enfin, une troisième hypothèse existe, aussi historique que douteuse, même si elle plus savoureuse.

    Elle nous viendrait d’Antoine de Bourbon, roi de Navarre, dont le château se situait à Pau. Alors qu’il était retenu loin de la reine Jeanne d’Albret, celle-ci donna naissance à un beau bébé qui allait devenir le futur Henri IV.

    Prévenu de l’heureux événement, le roi annonça la bonne nouvelle à ses courtisans en disant « Messieurs, la reine nous a donné un petit prince en deux coup de cul hier à Pau ».

    Extrait de Expressio

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  • expression : c’est du nanan

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    « C’est du nanan  » C’est très bon, exquis, très agréable. C’est facile.

    Les lexicographes ne sont pas d’accord sur la date d’apparition de cette expression avec son sens actuel. Pour certains, elle date de 1727, pour d’autres du milieu du XIXe siècle. Mais sommes-nous à un siècle près ?
    Par contre, ils s’accordent parfaitement pour convenir que le vieux mot ‘nanan’ qui, lui, date de 1640, vient de la racine ‘nann-’ ou ‘nam-’ qui, paraît-il, a donné naissance à de nombreux mots enfantins dans différents dialectes régionaux.

    ‘Nanan’, avec une majuscule, a d’abord désigné de la viande. Par la suite, dans le monde des enfants, le ‘nanan’ a très vite servi à désigner une friandise, puis, par extension, quelque chose de délicieux.

    Par extension toujours, l’expression a aussi pris le sens de « c’est facile » qui est à rapprocher de « c’est du gâteau », une tarte tatin bien réussie ne pouvant qu’être exquise, comme chacun sait !

    extrait de Expressio

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  • expression : « A point nommé »

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    « A point nommé » Au moment adéquat, attendu, souhaité - Au bon moment

    Cette expression nous vient du XVIe siècle.
    On peut s’étonner de son sens temporel (le moment) car le participe passé adjectivé nommé semble alors peu pertinent ou adapté.

    Mais si on remonte dans le temps vers seulement quelques dizaines d’années avant qu’elle prenne cette signification (chez Montaigne, selon certains), cette expression avait d’abord un sens spatial et signifiait « exactement à l’endroit désigné », bien plus en rapport avec ce que l’on comprendrait intuitivement.
    Et comme une des acceptions d’alors du verbe nommer était « convenir », on aurait assez facilement glissé de l’endroit désigné au moment qui convient en passant par l’endroit qui convient.

    extrait de Expressio

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  • expression : « Prendre une biture » S’enivrer, prendre une cuite.

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    « Prendre une biture  » S’enivrer, prendre une cuite.

    Voilà une expression qui nous vient de la marine.

    Officiellement, la ‘biture’ (qu’on écrit aussi très rarement ‘bitture’, puisque le mot est issu de ‘bitte’, celle d’amarrage) est la longueur de la chaîne de l’ancre qui est disposée en zigzag sur le pont de manière que, au moment du mouillage, l’ancre puisse filer le plus rapidement et librement au fond.

    Mais quel lien entre la biture et le fait de boire de l’alcool au point d’en être complètement soûl, me direz-vous ? Eh bien il y a deux manières de relier les deux.

    La première, c’est par simple analogie entre la disposition de la biture sur le pont et la trajectoire pour le moins zigzagante de celui qui marche alors qu’il s’est pris une muflée de derrière les fagots.

    Pour la seconde, on peut supposer que, lorsque la (véritable) biture a correctement filé, c’est probablement que le marin est arrivé au port, et qu’il peut donc se permettre d’y ripailler et aussi d’y boire à volonté. Ce lien est renforcé par la première signification métaphorique de ‘biture’.

    En effet, à l’origine, ce sens imagé de ‘biture’ désignait un repas copieux, en 1825. Puis, un peu après la moitié du XIXe siècle, il désignait une forte dose de spiritueux.

    Ce n’est qu’à partir de 1888 que le mot est attesté dans la langue générale en tant que ‘cuite’, mais il semble qu’il était employé comme tel auparavant dans certaines régions de l’Ouest de la France où les gens sont réputés pour avoir une bonne pratique du lever de coude.

    Extrait de Expressio

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  • Expression : le premier chien coiffé

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    « Le premier chien coiffé  » Le premier venu

    Peut-on juger que quelqu’un est digne d’intérêt à la seule vue de sa belle coiffure ?

     

    Cette expression, qui date du XVIe siècle, n’est plus utilisée aujourd’hui que dans certaines régions.

    Elle s’emploie le plus souvent dans le cas où deux personnes se mettent ensemble, l’une au moins ayant eu beaucoup de mal à trouver l’âme soeur et, selon ceux qui la jugent, s’étant finalement rabattue sur le premier venu à peu près présentable (« elle a épousé le premier chien coiffé« ).

    Ce dernier est alors comparé à un chien qui serait devenu beau, simplement parce qu’il a été peigné ou qu’il porte une coiffe.

    Dans le même sens, on trouvait aussi le « chat coiffé » ou la « chèvre coiffée ».
    Ainsi, l’expression « il serait amoureux d’une chèvre coiffée » signifiait « il pourrait s’amouracher de n’importe quelle femme, aussi laide soit-elle ».

     

    Extrait de Expressio

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