• Epée de Damoclès

     ***

    « Epée de Damoclès  » Péril imminent et constant.- Danger qui plane sur quelqu’un.

    Bien que l’histoire qui en est à l’origine ait été racontée par Horace  et Cicéron, ce qui commence à pas mal dater, cette expression n’est employée qu’à partir du début du XIXe siècle.

    A la fin du Ve siècle avant J.C., Damoclès était un courtisan de Denys l’Ancien, tyran de Syracuse.
    Au cours d’un banquet, alors que Damoclès lui disait combien il enviait son pouvoir et sa richesse, Denys chercha à le convaincre que la vie d’un tyran n’était pas aussi agréable qu’il le croyait.

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    Il faut bien reconnaître qu’entre les comploteurs et empoisonneuses prêts à l’envoyer ad patres à tout bout de champ, les épouses, concubines et maîtresses qu’il fallait satisfaire, l’argent volé aux pauvres qu’il fallait dépenser, l’absence de télé et de jeux vidéo…, la vie d’un tyran n’était finalement pas bien rose.

    Bien entendu Damoclès n’en crut pas un mot.

    Denys le fit alors s’asseoir sur son trône, prit son épée, arracha un crin de la queue de son cheval (qui hennit de désapprobation), y attacha l’épée et la suspendit la pointe en bas au-dessus de la tête de Damoclès en lui disant : « Profite bien maintenant de ce banquet et amuse-toi ! Tu vas rester à ma place jusqu’à sa fin et je te garantis que tu ne verras plus les choses de la même manière ».

    Effectivement, Damoclès, dont la vie ne tenait plus qu’à un crin, eut un peu de mal à bien profiter de la suite du banquet. Un petit quelque chose l’empêchait d’être suffisamment serein pour apprécier pleinement sa nouvelle situation.

    Extrait de Expressio

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  • un pied noir

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    « Un pied-noir  » Un français d’Algérie

    Ceci n’est pas vraiment une expression, mais une appellation qui a fait couler beaucoup d’encre quant à son origine.

    Les explications sont en effet variées, et en voici quelques-unes :

     

    • Ce nom aurait été donné par les autochtones aux soldats et colons français qui sont arrivés en Algérie en 1830, portant des bottes noires ;
    • Les pieds des colons qui défrichaient les zones marécageuses ou qui foulaient le raisin devenaient noirs ;
    • La mentalité de cow-boys des premiers colons français les aurait fait comparer à la tribu indienne des Pieds-Noirs ;
    • Le nom viendrait d’un certain Jean-Baptiste Piednoir, soldat venu de la Mayenne et débarqué en Algérie le 14 juin 1830 ;
    • Les soutiers (ceux qui travaillaient dans la soute à charbon) des bateaux qui allaient vers l’Algérie travaillaient pieds nus et avaient donc les pieds noirs ;

    Mais, comme le détaille Guy Pervillé dans un long exposé très argumenté datant de 2004, il semble que ces origines soient plutôt fantaisistes et que la réalité soit ailleurs.

     

    Je vais ici simplement en évoquer les principaux points, à charge pour les curieux de lire l’intégralité du document.

    Primo, une chose semble claire, c’est que cette dénomination a d’abord désigné les Algériens eux-mêmes, que ce soient ceux qui marchaient pieds nus dans le bled, ceux qui travaillaient (et non les Français) dans les soutes à charbons ou ceux qui bataillaient pour la France dans les tranchées vers la fin de la guerre de 14-18. Pied noir était d’ailleurs, comme ‘bicot’, par exemple, une injure raciste anti-Arabe.

    Secundo, pendant et autour de la seconde guerre mondiale, aussi bien au Maroc qu’en Algérie, ce même terme a désigné les blancs venus de n’importe où en Europe ou même d’Afrique noire et qui débarquaient dans ces pays.

    Nous avons donc là deux usages différents de ce mot qui désignait soit des indigènes, soit des nouveaux arrivants non indigènes.

     

    Comment en est-il venu à désigner principalement les Français établis en Algérie ?

    Guy Pervillé fait remonter l’origine de l’affectation de cette appellation aux colons français en Afrique du Nord au début des années 50, une période agitée au Maroc, où le nom aurait eu une publicité inattendue grâce un quotidien qui titrait en une « Les Pieds-noirs passent à l’attaque ! » en parlant de jeunes émeutiers français opposés à l’indépendance et issus du quartier du Maârif à Casablanca, où ce nom était déjà attesté depuis 1937.

    De là, un peu par défi, le terme aurait rapidement été adopté par les jeunes des autres quartiers, puis repris par la presse métropolitaine avant de se répandre dans tout le Maghreb dans les années qui ont suivi.

    S’il a été vu comme péjoratif par les Français de France, il était porté avec fierté par les colons d’Algérie pour lesquels il venait au bon moment remplacer le terme d’Algériens qu’ils se donnaient auparavant, par opposition aux ‘indigènes’, ceux d’origine Arabe, que ces derniers commençaient à revendiquer pour eux.

    Puis, au moment du rapatriement des colons en France, ce mot a également permis de cataloguer ou différencier nettement les Français de souche de ces Français d’ailleurs.

     

    Extrait de Expressio

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  • Mettre sa main au feu

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      »Mettre sa main au feu »   Être sûr de/affirmer fermement quelque chose.

    Au Moyen Âge, il existait plusieurs moyens de déterminer avec une exactitude sans faille qui était coupable de quelque chose.

    Parmi eux, il y avait les combats. Par la force divine, le vaincu n’était jamais simplement le plus faible, c’était obligatoirement le fautif.

    Et il y avait aussi l’épreuve du feu. Elle consistait soit à saisir puis garder un moment en main une barre de fer rougie au feu, soit à mettre la main dans un gant métallique également rougi au feu. Quelle que soit la méthode, grâce à l’intervention divine, celui dont la main guérissait en moins de trois jours était déclaré innocent de ce dont on l’accusait.

    C’est de cette épreuve redoutable qu’est née notre expression.

    Mais aujourd’hui, pas fous ou moins croyants on n’emploie cette expression, « je suis prêt à en mettre ma main au feu », que parce qu’on sait qu’il y a très peu de risques qu’on soit amené à le faire vraiment, même si ce qu’on a péremptoirement affirmé est  faux.

    En effet, même chez ceux qui croient fermement en D-ieu, il en est peu pour imaginer encore qu’il est suffisamment fort pour guérir très rapidement leur main dans une telle situation.

     

    Extrait d’Expressio

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  • « Cousu de fil blanc »  

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    « Cousu de fil blanc  » Très grossier et visible (pour un procédé).
    Extrêmement prévisible (pour une histoire).

    Les couturières savent parfaitement ce que veut dire faufiler, utiliser un fil d’une couleur qui tranche avec le tissu et le coudre avec de longs points pour maintenir le tissu en place avant la couture définitive.

    La plupart du temps, ce fil est blanc (sauf sur du tissu blanc !) et on peut donc dire qu’on a affaire avec quelque chose qui est cousu de fil blanc.

    Mais si nous allons bien rester dans la couture, là n’est pas la véritable origine de l’expression.

    Elle vient simplement du fait que toute couturière qui se respecte sait parfaitement que, pour qu’une couture soit la plus discrète possible, il faut qu’elle soit faite avec un fil exactement de la même couleur que le tissu ; sinon, elle se voit comme le nez au milieu de la figure, ce qui n’est généralement pas l’effet voulu (sauf sur certains types de vêtements comme les jeans, par exemple).

    La métaphore est donc facile à comprendre. Le fil blanc rejoint ici les « grosses ficelles » qui, par rapport aux procédés, ont la même signification.

    Cette expression est attestée depuis la fin du XVIe siècle.

    Extrait de Expressio

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  • Voir quelque chose par le petit bout de la lorgnette 

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    « Voir quelque chose par le petit bout de la lorgnette  » Ne voir des choses qu’une petite partie, qu’un aspect accessoire dont on exagère l’importance, au point de négliger l’ensemble. Avoir des vues étriquées, un esprit étroit.

    Notre lorgnette, ici, n’est pas cette ancienne paire de lunettes tenue à la main par sa poignée mais cet instrument optique, généralement rétractable, qui permet de voir de plus près et avec plus de détail des choses éloignées ; une demi-paire de jumelles, en quelque sorte.

    Cette expression date du milieu du XIXe siècle.

    Si son sens est clair pour la plupart des gens, elle semble pourtant souvent absurde à certains car ils croient que « voir par le petit bout », veut dire tenir la lorgnette à l’envers, avec le gros bout devant l’oeil, la vue étant ‘transmise’ vers sa cible par le petit bout.

    Mais que nenni ! C’est bien du bon usage de la lorgnette qu’il s’agit !

    En effet, si vous utilisez normalement cet instrument, avec l’oeil sur le petit bout (vous regardez bien alors « par le petit bout »), pour viser un objet relativement proche de vous, vous n’en verrez qu’une toute petite partie, démesurément grossie.
    L’objet étant vu à travers la lorgnette, vous n’en voyez que des détails et sa vue d’ensemble vous échappe.

    La métaphore de notre expression devient donc limpide.

     

    Extrait de Expressio

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  • tailler des croupières  

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    « Tailler des croupières  » Occasionner des difficultés, des embarras.
    Faire obstacles à des projets.

    La croupière est une longe qui est reliée à la selle d’un cheval, qui passe sur sa croupe (d’où le nom), puis sous sa queue et qui est destinée à empêcher la selle de remonter vers le garrot.

    Au XVIIe siècle, à une époque où les blindés n’existaient pas encore et où le cheval était le seul ‘véhicule’ de combat, tailler des croupières, c’était « combattre rudement » et « mettre en fuite », par allusion aux cavaliers qui galopaient à la suite et suffisamment près des ennemis en fuite pour, de coups d’épée ou de lance, couper leurs croupières et, ainsi, les déstabiliser et provoquer leur chute.

    C’est des difficultés ainsi  occasionnées à l’ennemi que, par extension, l’expression a pris son sens actuel.

    Extrait d’Expressio

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  • spiritualité et sourire

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     « Est-ce que vous avez déjà expérimenté la puissance du sourire ? Vous éprouvez une déception, vous rencontrez une difficulté, un désagrément, quelqu’un vous a vexé, etc. Au lieu de vous laisser aller à l’irritation ou au découragement, essayez d’utiliser la méthode du sourire.

     

    Vous direz : « La méthode du sourire ? Qu’est-ce que c’est ? Sourire aux autres ? » Non, pas nécessairement. Même si vous êtes seul, essayez de sourire, comme ça, pour vous montrer que vous êtes au-dessus de tous les petits inconvénients de la vie. Pensez qu’au plus profond de vous, vous êtes invulnérable, immortel, éternel, et en passant devant une glace, donnez-vous un sourire… D’abord il sera peut-être un peu tordu, mais qu’importe !… ce sera déjà le commencement de quelque chose.

     

    Du moment que vous avez décidé de vous mettre dans de bonnes dispositions en prenant de la distance vis-à-vis des événements, vous arriverez plus facilement à surmonter vos contrariétés. »

     

    Omraam Mikhaël Aïvanhov

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  • le pourquoi du comment ?

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    Pourquoi dit-on « sécher » l’école ?

    C’est une expression qui date du début du siècle.

     

    Vous rappelez-vous des enfants en blouse, la plume à la main et l’encrier incrusté dans les tables en bois de l’école publique ?

     

    Pendant que l’élève faisait l’école buissonnière

    L’encre séchait dans son encrier

    Donc  « il séchait l’école »

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  • un navet

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    « Un navet !  » Un mauvais tableau ! (ancien – Un mauvais spectacle / film !

    Ce terme n’est pas vraiment une expression, mais comme il mérite qu’on s’y attarde un peu quand même…

    Pourquoi ce légume (peu engageant et au goût fade, certes) est-il devenu le symbole d’une oeuvre complètement ratée ?

    Selon certains, c’est au XIIIe siècle qu’il faut remonter, puisqu’à cette époque, le mot était déjà employé au figuré pour indiquer une valeur de nullité ou minime, peut-être parce que c’était un légume extrêmement répandu et au coût très faible.
    Ce sens ne s’est ensuite jamais complètement perdu (« des naveaulx ! » -variante du mot ‘navet’- était au XVIe siècle une expression de refus, comme « des nèfles ! » ou notre « que dalle ! » aujourd’hui)et c’est au milieu du XIXe siècle qu’un mauvais tableau est alors affublé du nom de ‘navet’, avant que ce terme soit transposé aux pièces de théâtre et aux films.

    Duneton donne une autre explication qui n’est pas incompatible avec la précédente, au moins pour l’usage de la dénomination à partir du XIXe.

    À Rome, dans le jardin du Belvédère, se trouve depuis longtemps une statue antique d’Apollon, longtemps considérée comme un symbole de la perfection.
    Mais à la fin du XVIIIe siècle, les jeunes artistes français qui passaient là-bas n’étaient pas complètement d’accord avec cette perception de la haute qualité de l’oeuvre et la surnommaient « le navet épluché » en raison de sa blancheur et de la forme allongée et lisse des membres sans musculature apparente.

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    Cette statue ayant été transférée à Paris par Napoléon en 1798 (mais elle est retournée à Rome depuis), la moquerie l’accompagna et le terme péjoratif finit par s’étendre, au milieu du XIXe, aux tableaux mal dessinés ou mal peints.
    Et lorsque le cinématographe prit de l’ampleur, c’est assez naturellement que le ‘navet’ désigna des films bâclés, sans intérêt ou ne répondant pas aux attentes des spectateurs

     

    Extrait de Expressio

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