• Avoir les yeux de Chimène

    *********


    Éprouver un fort intérêt ou une passion (pour quelque chose ou quelqu'un).


    Origine

    Ceux qui sont passés par le lycée se souviennent certainement de la pièce de Corneille "Le Cid" dont le personnage principal[1] est inspiré par un guerrier ayant réellement existé au XIe siècle, Rodrigo Díaz de Bivar dit le Cid Campéador  .

    Dans cette pièce, Rodrigue, surnommé Le Cid, est le fils de Don Diègue, rival du Comte de Gormas dont la fille, Chimène, est amoureuse de Rodrigue (et inversement). Mais ce dernier est partagé entre son amour et son intention de venger l'honneur de son père humilié par le Comte.
    À la fin, Chimène condamne Rodrigue qui a assassiné son père.

    Les premières représentations de la pièce, au début de l'an 1637, sont un triomphe. Mais elle est vite critiquée par des auteurs rivaux ainsi que par Richelieu.
    Boileau, qui la défend, écrira :
    « En vain contre le Cid un ministre se ligue,
    Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue »
    Car tout Paris, effectivement, évoque le dilemme (cornélien, bien sûr !) de Rodrigue.

    Mais, comme tout est bien qui finit presque bien (sauf pour le Comte), l'amour que Chimène porte à Rodrigue lui fait en partie pardonner son acte, d'autant plus que, pendant un moment, elle le croit mort.
    La fin reste ouverte : Chimène retombera-t-elle vraiment dans les bras de Rodrigue alors que le roi lui demande de l'épouser ? L'histoire ne le dit pas car Corneille n'a pas écrit "Le Cid II - Le retour".

    Si les yeux de Chimène sont d'abord ceux d'une femme amoureuse, qui finit généralement par pardonner, l'expression a pris un sens figuré pour désigner un intérêt certain pour quelque chose ou quelqu'un.

    Qui, je tiens à le préciser pour certains, n'était ni Breton, ni brute.

    Exemple

    « C'était un beau garçon joufflu, haut en couleur, large d'épaules, ayant l'air heureux d'être au monde et enchanté de sa robuste personne ; le type complet d'un Rodrigue de village pour qui tout Gigondas aurait eu les yeux de Chimène. »
    A. de Pontmartin - Les jeudis de Madame Charbonneau - 1862
    Compléments

    On oublie parfois que le Comte, un des personnages de la pièce, était féru d'informatique.
    Et pourtant, il en reste cette fameuse scène :

    « - À moi Comte, deux mots, connais-tu bien ton dièse ? »
    À ces mots, le Comte ne se sentit plus de joie
    Et, de ses doigts habiles, tapa AltGr 3

     
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • EXPRESSION DE LA LANGUE FRANCAISE  JETER L'ARGENT PAR LES FENETRES
    ****

     
    Être extrêmement dépensier
    Origine

    Au Moyen-Âge, en l'absence de tout-à-l'égout, les fenêtres voyaient passer toutes sortes de choses, et il ne faisait pas bon passer dessous à ce moment là ; on pouvait en effet se faire décorer de liquides souillés ou d'immondices diverses. On y jetait aussi parfois des pièces de monnaie pour récompenser le troubadour de passage (ou le faire partir vite, s'il chantait comme Assurancetourix).

    Mais l'image que véhicule cette expression se comprend très aisément : celui qui jetterait son argent par les fenêtres de son logement gaspillerait aussi stupidement sa fortune qu'en la dépensant à acheter des quantités de choses sans intérêt ou inutiles.

    La version de 1762 du dictionnaire de l'Académie Française nous signale qu'on disait déjà à cette époque "un homme ne jette rien, ne jette point son bien par les fenêtres" pour dire "il ne fait point de folles dépenses".
    Cette expression date donc probablement de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle.

    Claude Duneton signale qu'Oudin écrivait qu'au XVIIe, "jeter les épaules de mouton par la fenêtre" était signe de prodigalité.
    Pourquoi les épaules ? Et que du mouton ? C'est un mystère !
    Exemple

    « (...) car je ne suis pas de ces avares qui vivent misérablement pour le plaisir de laisser une fortune considérable à des héritiers qui se moquent d'eux, et qui jettent l'argent par les fenêtres comme si c'était de la boue. »
    Felix Macdonogh - L'hermite en Écosse - 1825

     
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • D’où vient l’expression « avoir un poil dans la main »

     

    « Avoir un poil dans la main » signifie être fainéant ou paresseux. L’image est aisément compréhensible.

     Tel individu est un si grand oisif qu’il utilise peu ses mains. A tel point que l’absence de frottements a permis à des poils d’y pousser.

     L’origine exacte de l’expression n’est pas attestée. Mais il est certain que le poil y symbolise la paresse coupable.

    Même si la composition du corps humain empêche la réalisation physique de cette expression, elle a bel et bien vu le jour dès le 19ème siècle.

     Depuis le langage parlé comme la littérature l’utilisent largement. Comme Catherine Challandes, dans L’escarlopette publié en 1990 :

     « Lui, on ne le voyait pour ainsi dire jamais, il devait avoir un poil dans la main, ce qui lui permettait d’écouter la radio à longueur de journée. »

     Dans certaines régions de France le poil est remplacé par un palmier pour accentuer l’effet comique.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • DES MOTS DES PHRASES  DES EXPRESSIONS ,UNE RICHESSE QUI S'EST FAITE AU FILS DU TEMPS ET DES SIECLES.

    *******
     

    S'en laver les mains


    Décliner toute responsabilité de ce qui pourrait se passer.
    Ne plus s'en préoccuper.

    une bien triste histoire vieille de deux millénaires et parler de Ponce. Non pas Pierre, l'homme au tempérament volcanique, mais Pilate.

    Ponce Pilate, donc, est procurateur romain en Judée, environ 33 ans après la naissance de Jésus. Et quand on est procurateur, on a des décisions à prendre, fussent-elles lourdes de conséquences. Or, cette fois-là, il doit ratifier la condamnation à mort de Jésus alors que sa femme, à la suite d'un rêve, lui a conseillé de ne pas s'associer au meurtre d'un juste.
    Mais la foule excitée gronde et Ponce Pilate voit mal comment il pourrait ne pas lui accorder la victime tant attendue. Alors pour se disculper, il « prend de l'eau et se lave les mains en présence de la foule en disant : je suis innocent de ce sang, c'est désormais votre affaire ». Les Juifs, sans imaginer non plus les conséquences, acceptent que le sang retombe sur eux et leurs enfants, puis s'emparent de Jésus pour le crucifier.
    Et c'est à partir du moment où n'y a plus eu de Pilate dans l'avion que les choses ont vraiment mal tourné pour Jésus.

    C'est de ce lavage de mains 'purificateur', permettant de s'exonérer de la responsabilité d'un acte, que notre expression est née.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  •   Expressions de nos grands-parents 

     **********

    Je ne sais pas vous mais moi je passais toutes mes vacances avec mes grands-parents

    Que ça soit à la campagne ou à la mer, j'avais toujours l'impression d'être dans un autre pays !

    Pourquoi ? Car tout était différent même la langue !

    Vous vous rappelez de certaines des expressions favorites de votre grand-mère ?

    Allez, on fait un petit tour dans le passé avec ces expressions que plus personne (ou presque) n’utilise.

     

    1. Ma grand mère disait (vla-ti-pas )
    1. Tu es fagoté comme un as de pique.
    1. Tu risques de te casser la margoulette !
    1. Ne te monte pas le bourrichon !
    1. T'es pas en sucre !
    1. On va pas attendre jusqu'à la Saint-glinglin quand même ?
    1. Il n'y a pas le feu au lac !
    1. C'est kif-kif bourricot !
    1. Je vais aller faire les commissions.
    1. Ça ne tombera pas plus bas !
    1. Il n'y a pas de petites économies.
    1. On n'est pas sortis de l'auberge.
    1. N'en fais pas tout un fromage !
    1. Regarder une page de réclame.
    1. Ne mets pas la charrue devant les bœufs.
    1. Il a pris la poudre d'escampette.
    1. Il est beurré comme un Petit Lu !
    1. Elle a vu le loup !
    1. Faire une tête de six pieds de long.
    1. On n'est pas aux pièces.
    1. Ça ne fait pas un pli.
    1. Tu files un mauvais coton.
    1. Bruler la chandelle par les deux bouts.
    1. Je t'ai payé rubis sur l’ongle.
    1. À la bonne franquette.
    1. Parlons peu mais parlons bien.
    1. Faut pas pousser Mémé dans les orties.
    1. Cela ne fait ni une ni deux.
    1. Péter plus haut que son cul.
    1. Pas la peine de chercher midi à 14h.
    1. Il a une descente que j'aimerais pas remonter à vélo.

     

    MOI JE LES UTILISE ENCORE.....        Et vous  ?

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  "Être (comme) cul et chemise"

    ********************


    "Ces deux-là, ils sont cul et chemise !" En disant cela de deux personnes qu’elle connaissait (mais évitait de fréquenter), grand-mère n’en soulignait pas seulement la proximité, l’inséparabilité, mais aussi la coupable complicité, l’
    indécence du mot cul devant nécessairement donner à la phrase un tourpéjoratif.

    Dès 1640, Antoine Oudin nous fournit une expression approchante : "Ce n’estqu’un cul et une chemise. Ils sont toujours ensemble ; ils ont de grandesintelligences" et Fleury de Bellingen, en 1656, en emploie une autre : "elle a ajouté que c’estoient deux culs dans une chemise ; c’est à dire deux intimes et parfaits amis, qui semblaient avoir un même esprit, un même sentiment, et une même inclination" (L’Étymologie ou Explication des proverbes françois, XXVIII).

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • L'EXPRESSION DU JOUR "Soupe à la grimace"

    ***********


    "Bien sûr nous eûmes des orages…" Quel couple peut se vanter de n’en avoirjamais eus ? Orage ou brouille passagère, le résultat se traduit bien souventpar une soupe à la grimace, l’image étant celle d’un repas pris en face d’un
    visage revêche : celui de votre conjoint dont la moue renfrognée traduit l’inimitié.

    L’expression ne semble pas remonter au-delà du XXe siècle et l’idée de repas en a progressivement disparu, celle d’accueil hostile étant seule conservée. Une autre, un peu plus ancienne, nous parle de "soupe aux larmes" mais, plus que de l’hostilité, c’est de la tristesse qu’elle exprime :"Londres est maintenant détestable, poursuivit Reggie avec un grand sérieux.

    Je n’aime pas, vous savez... La guerre... Partout à Londres, c’est comme unesoupe aux larmes" (Francis Carco, Les Innocents, 1916). Ajoutons que celuiqui mange la soupe à la grimace doit aussi souvent "dormir à l’hôtel du cultourné" [dormir dos à dos dans le lit, pour un couple fâché, ], la
    guéguerre conjugale étant ainsi pleinement consommée.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • L'EXPRESSION DU JOUR "Avoir les nerfs en pelote"

    ********


    C’est la manifestation d’un agacement, d’une irritation extrême. Datée de1901 (dans L’Argot au XXe siècle d’Aristide Bruant, à Colère), l’expression semettre les nerfs en pelote fait partie de toute une liste où le mot nerfs aupluriel est associé aux notions d’exaspération, d’excitation, etc. :
    Taper sur les nerfs, "énerver, irriter", (1816, porter sur les nerfs dans L’Hermite de Guyane d’Étienne de Jouy), un paquet (ou une boule) de nerfs,"personne très nerveuse", avoir les nerfs à fleur de peau, "être irritable", êtresur les nerfs, "éprouver une grande tension nerveuse", autant d’états qui
    peuvent mener à la crise de nerfs (1825, dans la Physiologie du goût deBrillat-Savarin) au cours de laquelle on doit passer ses nerfs sur quelqu’unpour espérer retrouver son calme, etc.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • "Bâton merdeux"

    ***********


    Au sens propre (si l’on ose dire !), il s’agit d’un ustensile si souillé qu’on nepeut le saisir par aucun bout. Au sens figuré, c’est un individu acariâtre aucaractère si détestable qu’on ne sait comment l’aborder. C’est en ce sens quegrand-mère disait (rarement et à voix basse) de quelque connaissance peufréquentable : "C’est un bâton merdeux."

    L’expression a ensuite évolué pour désigner toute situation si délicate, toutproblème si épineux qu’on ne sait comment les appréhender. Le bâton enquestion a peut-être été l’accessoire principal d’un jeu d’enfants, celui que cite Rabelais au chapitre XXII de Gargantua (1534), entre "pet en gueulle" et"brandelle", parmi quelque deux cent vingt autres auxquels s’adonnait le filsde Grandgousier : "Guillemin, baille my ma lance."

    La règle de ce jeu est donnée par l’abbé François Guyet (1575-1655) dans l’une des nombreuses notes qu’il écrivit en marge de son Rabelais : "On bandeles yeux à l’un de la troupe, lequel on traite de Chevalier. En cet état ilcommande à son Écuyer, soit Guillemin ou Robin, de lui bailler sa lance. 'Attendez, Monsieur', répond l’Écuyer, 'je vous l’agence'. L’Écuyer disant ensuite à son Maître qu’il lui présente effectivement une lance : dans le temps que Monsieur le Chevalier ouvre la main pour empoigner cette lance, son Écuyer lui met en main un bâton qu’il a pris le loisir d’enduire de m… à l’endroit que l’autre doit toucher."

    On voit ici que "Guillemin" est construit sur l’ancien verbe guiller, "tromper,attraper", également à l’origine de "guilledou" ["courir le guilledou", c'est être volage, ]. Est-ce la véritable origine du bâton merdeux ? Une autre

    possible source est évoquée dans certaines pages de littératurepornographique qui, pas plus que le bâton en question, n’est à mettre entretoutes les mains, par exemple :

    "Oh ! par ma foi, moi qui suis sans culture / J’appelle un con un con, et dissans bouffissure / Qu’un vit de bougre est un bâton merdeux"

    (L’Odissée en raccourci, in Origine des puces, 1793.)
    Quand on sait que "bougre" (déformation de "bulgare" datant du XIIe siècle)fut un surnom donné aux sodomites, on comprend l’allusion graveleuse.

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique