• Et quel bien de la Mort ?............Jean de Sponde (1557-1595)

    Et quel bien de la Mort ?............

    Et quel bien de la Mort ? où la vermine ronge
    Tous ces nerfs, tous ces os ; où l’Âme se départ
    De cette orde charogne, et se tient à l’écart,
    Et laisse un souvenir de nous comme d’un songe ?
     
    Ce corps, qui dans la vie en ses grandeurs se plonge,
    Si soudain dans la mort étouffera sa part,
    Et sera ce beau Nom, qui tant partout s’épart,
    Borné de vanité, couronné de mensonge.
     
    À quoi cette Âme, hélas ! et ce corps désunis ?
    Du commerce du monde hors du monde bannis ?
    À quoi ces nœuds si beaux que le Trépas délie ?
     
    Pour vivre au Ciel il faut mourir plutôt ici :
    Ce n’en est pas pourtant le sentier raccourci,
    Mais quoi ? nous n’avons plus ni d’Hénoch, ni d’Élie.
     

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  • Commentaires

    2
    Jeudi 27 Février à 14:26

    Merci Cochonfucius 

    j'ai bien aimé celle du renard elle est à méditer

    LD

    1
    Jeudi 27 Février à 13:47

    (1)   Voyageur intergalactique
         ---------------------

    L’astronaute est en route, et ses instants s’allongent ;
    Il a presque oublié le lieu de son départ ;
    Des chemins fréquentés il se tient à l’écart,
    Cherchant à retrouver un lieu qu’il vit en songe.

    Heureux qui comme lui en un cosmos se plonge,
    Tel un errant quittant la ville et ses remparts ;
    Ou comme les grands rois Balthazar et Gaspard
    Qu’une étoile guida, ce n’est pas un mensonge.

    Que d’endroits merveilleux dans l’espace infini,
    Des cloaques maudits et des jardins bénis ;
    Des inframondes, même, aux incroyables hôtes.

    Puis, des trous noirs gloutons, des soleils sans merci,
    Tantôt dans la douceur, tantôt dans le souci :
    L’astronaute s’en va, gardant la tête haute.

     

     

    (2)   Dans les bois
         -----------------

    Le renard trouve un os, et doucement le ronge ;
    C’est un plat savoureux, c’est une riche part,
    Un festin que l’on doit savourer à l’écart,
    Comme en méditation, comme au ciel, comme en songe.

    Notre esprit, lui aussi, en ses plaisirs se plonge ;
    Derrière un petit mur ou derrière un rempart,
    Perché sur une branche ainsi qu’un léopard,
    Ou, plus perversement, sous couvert d’un mensonge.

    Le renard, de ses pairs, est souvent désuni :
    Comme larron et traître il est des cours banni,
    Sans avoir trop d’espoir du pardon de ses fautes.

    Ne ressemblez donc point au renard sans merci,
    Ayez des commensaux, sans regret, sans souci :
    D’un festin  partagé la saveur est plus haute.

     

     

     

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