• Escarpolette (Méfiez-vous de la corde d’)

    Escarpolette (Méfiez-vous de la corde d’)
    (D’après « Le Bulletin polymathique du Muséum d’instruction
    publique de Bordeaux ou Journal littéraire, historique
    et statistique du département de la Gironde » paru en 1817)
     
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    Consistant à se balancer sur une corde attachée à deux arbres et sur laquelle on adapte parfois une espèce de fauteuil enveloppé d’un filet, le jeu de l’escarpolette remonterait aux fêtes données en l’honneur du vigneron Icarius, suite à son assassinat
     
     

    Un des jeux favoris des jeunes gens des deux sexes est celui de l’escarpolette : il consiste à se balancer sur une corde attachée à deux arbres ; quelquefois on adapte à cette corde une espèce de fauteuil enveloppé d’un filet, et cette dernière escarpolette est la plus commode et la plus sûre pour les dames.


    Partie d’escarpolette

    L’origine de ce jeu remonterait jusqu’à la mort d’Icarius, fils d’OEbalus et père d’Erigone dans la Mythologie grecque. Bacchus ayant été accueilli chez Icarius, y séjourna quelque temps et lui enseigna l’art de cultiver la vigne et d’en exprimer le jus pour faire le vin. Le fils de Jupiter ne borna point ses leçons au père : il trouva la fille digne de ses soins, et comme il s’aperçut qu’elle résistait à de certaines instances, mais qu’elle avait un grand faible pour le raisin, il se métamorphosa en une grappe vermeille qui séduisit la trop confiante Erigone, et il ne reprit sa première forme que pour jouir de la rougeur et de la confusion de sa victime.

     

    Le temps de la vendange étant arrivé, Icarius invita les pasteurs du territoire d’Athènes à boire les prémices du jus de la treille ; mais ces bonnes gens ne connaissant point cette liqueur, ils en furent enivrés jusqu’à perdre la raison ; de sorte que d’autres les croyant empoisonnés, tombèrent sur Icarius, le tuèrent et le jetèrent dans un puits. Aussitôt les femmes de ces pasteurs furent transportées d’une fureur qui dura jusqu’à ce que l’oracle eût ordonné des fêtes en l’honneur d’Icarius. Ces fêtes furent nommées les jeux Icariens. On les célébrait en se balançant sur une corde attachée à deux arbres.

    Érigone ne prévoyant guère le malheur qui la menaçait, se promenait dans une vigne de son père où elle faisait aussi une petite vendange pour son compte. Tout à coup elle se sentit tirée par sa tunique, et se retournant elle aperçut Mera, petite chienne d’Icarius, qui n’abandonnait jamais son maître. Surprise et inquiète de l’action de cet animal, elle suivit en tremblant le chemin qu’il lui indiqua en marchant devant elle, et arriva au puits où le corps de son père avait été jeté. À cette vue, elle se pendit de désespoir ; Mera mourut de douleur, et Jupiter, que cet évènement intéressait, les transporta tous au ciel. Icarius y devint la constellation de Bootès ou du Bouvier ; Erigone, le signe de la Vierge, et Mera, celui de la canicule, dans lequel, lorsque le soleil est entré, il fait extrêmement chaud pendant quarante jours.

     

     
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