• Berceuses populaires (Les) :
    airs entêtants, apaisants,
    traversant le temps et les provinces
    (D’après « Histoire de la chanson populaire de France », paru en 1889)
     
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    En dépit de sa monotonie, condition requise pour obtenir l’endormissement de l’auditeur, la berceuse, qui se complaît, toutes provinces confondues, dans des formes musicales rudimentaires et répétées, a son intérêt, son charme et, étonnamment, le procédé utilisé dans la célèbre Dodo, l’enfant do se retrouve dans des airs du sommeil composés pour des opéras ou autres productions d’un ordre tout artistique
     
    En dépit de sa monotonie, condition requise pour obtenir l’endormissement de l’auditeur, la berceuse, qui se complaît, toutes provinces confondues, dans des formes musicales rudimentaires et répétées, a son intérêt, son charme et, étonnamment, le procédé utilisé dans la célèbre Dodo, l’enfant do se retrouve dans des airs du sommeil composés pour des opéras ou autres productions d’un ordre tout artistique
     

    Quelle est la condition essentielle que doit remplir avant tout la berceuse, premier poème de l’enfant, premier chant au travers duquel, peut-être, l’imagination naissante a pu faire entrevoir à quelque prédestiné le prestige d’un art que la suite lui aura montré si complexe ? Cette condition première, c’est la régularité du rythme, la monotonie du dessin mélodique, dont le retour périodique et incessant, agissant chaque fois plus vivement sur les sens, calme les nerfs et provoque le repos.

    Si déjà l’enfant parle, il faut en outre que les vers, par leur peu de signification, ne tiennent pas son attention en éveil : une série de syllabes formant des semblants de mots, comme les tra la la et les autres onomatopées déjà rencontrées, mais avec des sonorités plus voilées ; quelques paroles sans suite, des images très simples surtout, avec force diminutifs, et cela répété indéfiniment, comme un refrain auquel on revient sans cesse, refrain sans chanson, en quelque sorte, voilà ce qui convient à la berceuse.

    La monotonie est donc la première condition requise pour la berceuse ; elle se complaît dans des formules musicales rudimentaires et incessamment répétées, des paroles sans lien ni sens, comme dans l’exemple suivant :

    Tête à tête,
    Tête-bêche,
    Au berceau,
    Dodo mon poulot.
    Où es-tu né ?
    Dans un fossé.
    Qui t’y plaça ?
    Un vieux chevâ.
    Qui t’en sortit ?
    Une brebis qui crie :
    Ma mère, béée !
    Apportez-moi du lolo
    Pour la soupe à mon poulot,
    Là-bas dans un petit pot, etc.Rimes et jeux de l’enfance, E. Rolland

    La mélodie, devant être chantée à mi-voix, doucement, mystérieusement, en quelque sorte, se meut habituellement sur un très petit nombre de notes, de façon à ne pas dépasser des intervalles que la voix ne puisse franchir sans changer de timbre ou d’intensité. C’est le triomphe de la formule mélodique de trois ou quatre notes marchant par degrés conjoints et tournant pour ainsi dire sur elles-mêmes.

    Avec cela, la berceuse populaire trouve encore parfois le moyen d’avoir de l’intérêt et du charme, et de conserver dans la mélodie quelque chose de la nature et du tempérament du pays dans lequel elle est en usage. Voici, par exemple, une berceuse basque donnée par Vinson dans Pays basque, et dont la traduction est : « Pauvre enfant, dodo et dodo ! Il y a une bonne envie de dormir : vous d’abord et moi ensuite, tous deux nous ferons dodo ! dodo, dodo, dodo ! Le méchant père est à l’auberge, le coquin de joueur ! Il reviendra vite à la maison, ivre de vin de Navarre. »

    Il y a aussi des berceuses en Bretagne, avec des paroles en bas breton ; tel est par exemple le Son al Laouënanic (Chant du roitelet), dont la musique est peut-être moins caractéristique, mais dont les paroles sont curieuses : les versiculets de la berceuse bretonne font apparaître à l’enfant qui s’endort un roitelet imaginaire, dont le plumage pèse cent livres et qu’on a mené à l’abattoir pour le faire égorger par le boucher ; c’est ainsi que la chanson mène tout d’abord l’enfant au pays des rêves. Les animaux, les oiseaux surtout, sont les personnages de prédilection de la berceuse. Bujeaud, dans Ouest, cite comme telles le Chat à Jeannette, la P’tit’ poul’ grise, le Bal des souris et les Noces du papillon.

    Le recueil languedocien de Montel et Lambert, dont le premier volume (le seul paru) est une véritable encyclopédie des berceuses et chansons enfantines populaires dans les pays de langue d’oc, consacre toute une série aux pièces de cette nature : il s’y trouve onze versions différentes de la chanson des mariages d’oiseaux ; d’autres sont intitulées l’Hirondelle, la Chèvre, les Bêtes, le Chant de l’oiseau, etc. Citons, à ce sujet, une chanson de même forme et de même caractère que plusieurs des chansons citées dans Montel et Lambert, et appropriée au même usage :

    Dedans le bois
    Savez-vous ce qu’il y a ?
    Il y a un arbre,
    Le plus beau des arbres,
    L’arbre est dans le bois,

    Refrain.
    Oh ! oh ! oh ! le bois,
    Le plus joli de tous les bois.

    Dessus cet arbre
    Savez-vous ce qu’il y a ?
    Il y a un’ branche,
    La plus bell’ des branches,
    La branche est sur l’arbre,
    L’arbre est dans le bois.

    Oh ! oh ! etc.

    A chaque couplet, on ajoute un nouveau vers désignant un nouvel objet, en répétant une fois de plus la portion de la formule mélodique suivante : « Il y a un arbre, / Le plus beau des arbres / L’arbre est dans le bois ». De sorte qu’après avoir énuméré successivement la branche qui est sur l’arbre, le nid sur la branche, l’œuf dans le nid, l’oiseau dans l’œuf et la plume sur l’oiseau, on arrive au dernier couplet suivant :

    Sur cette plume
    Savez-yous ce qu’il y a ?
    Il y a un’ fille,
    La plus bell’ des filles,
    La fill’ sur la plume,
    La plum’ sur l’oiseau,
    L’oiseau dedans l’œuf,
    L’œuf dedans le nid,
    Le nid sur la branche,
    La branche sur l’arbre,
    L’arbre dans le bois.
    Oh ! oh ! oh ! le bois, etc.
    Berceuse auvergnate
    Berceuse auvergnate

    Cette forme de chanson est connue sous le nom de randonnée, ou chanson énumérative, forme non spéciale à la berceuse, mais qui lui convient parfaitement, à cause de la monotonie résultant de la répétition continuelle des mêmes paroles et de la même formule mélodique. On assure que le type réputé pour le plus ancien du genre, la chanson des Séries (Ar Rannou), où de Villemarqué croit pouvoir retrouver des vestiges des pratiques des druides de l’antique Bretagne, n’est restée dans le souvenir des habitants de la presqu’île armoricaine qu’à titre de berceuse : la mélodie, composée de deux courtes formules et d’une conclusion qui, dans les derniers couplets surtout, ne revient qu’à des intervalles très éloignés, a rendu cette appropriation toute naturelle.

    Personne n’a songé encore à recueillir les berceuses populaires des provinces qui sont les véritables pépinières des interprètes naturelles de ces sortes de chansons (nous voulons parler des nourrices), Bourgogne et Nivernais notamment. Un exemple semblant des mieux appropriés à la nature du genre, et en même temps des plus généralement répandus, est la berceuse suivante, de provenance dauphinoise :

    Néné petite
    Sainte Marguerite
    Endormez-moi mon enfant
    Jusqu’à l’âge de quinze ans.
    Quand quinze ans seront passés,
    Il faudra la marier,
    Avec un garçon sage,
    Qu’ils fassent bon ménage,
    Dans une chambrette,
    Pleine de noisettes :
    Un marteau pour les casser,
    Du pain blanc pour les manger.

    Le mot néné, par lequel commence cette berceuse, ou, sous d’autres formes, nononenna, correspondant au non moins populaire dodo, est en usage dans toute la région méridionale de la France. Montel et Lambert désignent sous le nom de nennas toute la première série des berceuses de leur recueil languedocien ; une autre série est, pour la même raison, intitulée : Som-som ; les pièces qui composent cette dernière sont, dit le collectionneur, de simples invocations au sommeil, avec un caractère païen assez prononcé. On les chante d’ailleurs bien loin du Languedoc proprement dit.

    Voici un Som-som de l’Auvergne dont la mélodie représente assez bien la caractéristique du genre :

    Som-som, beni, beni, beni,
    Som-som, beni, beni, donc.
    Lou som-som pas beni,
    L’éfon tou bou pas durmi.
    Som-som, beni, beni, beni,
    Som-som, beni o l’éfont.

    Dans un recueil comprenant une série consacrée aux berceuses alsaciennes, Weckerlin constate la fréquence d’un dessin de deux notes représentant presque à lui seul le thème, le sujet de la mélodie. Voici la traduction d’un exemple : « Tombez, tombez, gouttes de pluie. Il faut fouetter les garçons ; les filles, on les met dans le lit céleste ; les garçons, on les met dans des sacs remplis de crapauds. »

    Mais le type par excellence du genre, la véritable berceuse populaire, celle qui nous a endormis tous, tant que nous sommes (qui ne s’en souvient ?), c’est le Dodo, l’enfant do, l’enfant dormira tantôt. Ici, la même succession de deux notes placées à intervalles de seconde se présente encore : il semble qu’il y ait dans ce minuscule parcours de la voix quelque chose de calme, de reposant. Il n’est pas moins curieux d’observer que, dans les nombreux airs du sommeil composés pour des opéras ou autres productions d’un ordre tout artistique, le procédé que nous venons de constater pour les berceuses populaires se retrouve, employé par des maîtres, et cela, à coup sûr, spontanément, sans la moindre arrière-pensée d’imitation.

    Nous le trouvons pour la première fois, à notre connaissance, dans un air d’opéra italien du dix-septième siècle, l’Orontea de Cesti : « Dormi, dormi ben mio ». Dans le trio des songes de Dardanus de Rameau, le chœur répond de même à l’incantation des solistes par le refrain : Dormez, dormez, murmuré sur deux notes à distance de seconde mineure. C’est également par seconde mineure que procède la mélodie du premier vers de la berceuse du Pardon de Ploërmel : Dors, petite, dors tranquille, l’ut dièze qui succède au  (en sol majeur) donnant à la tonalité quelque chose de doux et de vague qui ajoute à l’expression de la cantilène.

    Berceuse quercynoise
    Berceuse quercynoise

     

    Au second acte de l’Armide de Gluck, même procédé, mais, cette fois, à l’orchestre : dans la dernière ritournelle de l’air de Renaud : Plus j’observe ces lieux, pendant laquelle le sommeil gagne le héros, les seconds violons répètent six fois de suite la succession sol fa dièze, enlacée dans les contrepoints de la flûte et des premiers violons qui vont s’éteignant peu à peu jusqu’à la fin ; de même, dans une scène de l’Éclair pendant laquelle un des personnages s’endort sur le théâtre, le même dessin de deux notes, le leitmotiv du sommeil, se fait entendre, et cette fois-ci, non moins de trente-trois fois de suite, passant des flûtes aux hautbois, puis à la clarinette, au cor, et allant se perdre enfin dans les bassons et les violoncelles.

    Dans le domaine purement instrumental, Couperin, sous le titre du Dodo, a composé une fort délicate pièce de clavecin en se servant du même procédé ; une berceuse pour violon et piano, de Reber, commence par les notes si sol, si sol, se succédant en temps égaux et auxquelles répond, dans la reprise suivante, le dessin ré mi bémol, ré mi bémol, plus conforme encore au caractère du morceau.

    Ainsi la simple intuition, le sentiment juste de l’expression a conduit des musiciens d’expérience à employer, et, nous le répétons, sans parti pris d’imitation, instinctivement, un procédé que l’on retrouve, exactement pareil, dans la chanson populaire. En faut-il davantage, et peut-on trouver des exemples plus frappants pour caractériser un genre que l’instinct populaire et le génie des maîtres de l’art ont formé de traits absolument semblables ?

     

     
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  • Vin et vendanges célébrés par
    une confrérie de gastronomes
    (D’après « Le Gastronome français ou l’Art de bien vivre », paru en 1828)
     
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    En 1828, quelques anciens membres du Caveau modernesociété de gastronomes et d’épicuriens qui publia entre 1806 et 1815 un recueil mensuel sous le titre de Journal des Gourmands et des Belles, et tint un dîner le 20 de chaque mois exigeant des convives une réputation reconnue dans les lettres et dans l’art des dégustations nutritives, entreprennent de faire l’apologie des vendanges et de ce vin constituant, à leurs papilles, « ce qui a été donné de meilleur à l’homme »
     
     

    Depuis Noé, Bacchus et autres buveurs contemporains, le vin est regardé comme le fruit le plus merveilleux de la culture et le don le plus précieux de la munificence céleste. Les plus grands poètes ont fait son éloge. On ne tarit pas sur ses bienfaits et sur ses charmes : « Il donne du courage, produit la franchise et l’amitié, embellit l’espérance, chasse le souci, fait éclore les beaux arts, inspire l’éloquence et enfante la liberté », écrit Horace, qui va plus loin en prétendant que quiconque ne sait pas boire n’a ni verve ni génie.

    A pleins paniers, la femme avec ardeur / De raisins mûrs, charge le vendangeur
    A pleins paniers, la femme avec ardeur / De raisins mûrs, charge le vendangeur

    Buvons donc pour être aimables, et chantons Bacchus pour être bien inspirés ! Empruntons la langue des poètes ; c’est par des hymnes qu’il convient de célébrer nos mystères. Répétons les refrains joyeux du panégyriste du Falerne, et chantons soir et matin avec lui... nunc est bibendum (c’est maintenant qu’il faut boire)...

    Un érudit, dont l’esprit et la raison ne sont pas contestés, a fait un livre raisonnablement gros intitulé : Eloge île l’Ivresse. M. de Sallengres a très bien prouvé que le vin est ce qui a été donné de meilleur à l’homme ; et quand nos lecteurs sauront combien c’est un remède puissant contre le chagrin, combien il donne de bonnes pensées, de beaux sentiments, de douces illusions, il n’en est aucun qui ne rougît de craindre de s’enivrer avec les sages, les philosophes, les poètes, les savants, les pères de l’église, les moines, les papes, les saints même, et tout ce que le soleil a vu de plus illustre. Rien n’égale la logique pressante et l’éloquence foudroyante de l’auteur quand il réfute les objections honteuses ou ridicules des détracteurs de l’ivresse ; c’est un torrent ! c’est un tonnerre !

    Une vérité qui ne trouvera point d’incrédules, c’est que le culte de Bacchus a survécu a toutes les fêtes du paganisme ; il compte encore autant de fidèles que l’Europe renferme de Gourmands : c’est y comprendre à peu près tous les chrétiens qui l’habitent. Il n’est point de pays vignoble où les vendanges ne soient une sorte de solennité bruyante et joyeuse fort ressemblante aux bacchanales ; il ne se donne point de repas où les libations libérales n’arrosent l’autel et ne purifient le palais des convives. Nos pressoirs, nos celliers et nos caves sont les temples du dieu, et chaque quartier de vigne est un terrain consacré.

    Il n’y a point de sage qui ne s’enivre une fois dans sa vie, poursuivent les auteurs du Gastronome français ; le savant Hippocrate et le grave Caton sont d’accord sur ce point de physique et de morale : l’un conseillait l’ivresse quelquefois pour la santé, et l’autre exécutait ce précepte divin. Gallien, Avicène, nous conseillent l’ivresse une fois par semaine.

    Les vendanges
    L’été s’écoule et fait place à l’automne. Le printemps nous promit de beaux jours et de plus solides richesses que ses fleurs, l’été nous donna ses ardeurs et ses orages ; l’automne seul acquitte les promesses du printemps, et répare les outrages de l’été. La feuille, desséchée par les feux de la canicule, est remplacée par la sève d’automne ; c’est la saison des chasseurs, des convives, des amants, comme c’est celle qui met à couvert le produit des labeurs de ses sœurs. Remarquons même que c’est dans le mois où la terre, épuisée par ses dons, va goûter le repos, que depuis l’espiègle écolier jusqu’au grave interprète des lois de Thémis, tout dans la nature, par un concert unanime, a placé les vacances ; il n’est aucun de nos lecteurs, même au front ombragé de cheveux blancs, qui, en lisant ce mot autrefois si fêté, vacances, ne sente encore palpiter son cœur d’émoi au doux souvenir de sa jeunesse, de ses exploits classiques, de ses succès de collège , et de son retour sous le toit paternel.

    Dans ce mois , dont la température se compose des ardeurs expirantes de l’été et de la fraîcheur avant-courrière de l’hiver, un goût plus épuré préside aux compositions du poète, du peintre et du musicien : on imagine au printemps, on médite en été, on exécute en automne pour corriger en hiver ; et il est rare que l’épreuve de ces quatre influences n’assure pas le succès de l’auteur, qui les consulta tour à tour pour recevoir les diverses inspirations de ces divers temps de l’année.

    C’est dans le mois d’octobre qu’il appartient de célébrer les dons du vainqueur de l’Indus, et de chanter le dieu des vendanges au milieu des groupes réunis par son culte. Remplis ma coupe, Erigone, en pressant sous tes doigts rougissants cette grappe arrachée au pampre qui couronne ton front ! Désertant le séjour de Cythère, Amour s’est fait vendangeur ; et tandis que les Grâces, ses compagnes, que les nymphes du bocage remplissent leurs paniers des dépouilles de la vigne, l’enfant malin, aux ailes dorées, quitte sa légère écharpe, son carquois, et jusqu’à son bandeau, pour fouler le raisin bouillonnant dans la cuve. L’extrémité de ses ailes se teint de cette couleur vermeille, et c’est de ces plumes purpurines qu’il arme les flèches dont il blesse ces bergères qui, pendant les fêtes consacrées à Bacchus, boivent à longs traits le doux poison d’amour avec le jus de la treille.

    D’autres rediront des hymnes à Bacchus, des chants au dieu d’amour ; moi, dans un idiome plus vulgaire, je vais continuer de célébrer les bienfaits du patriarche qui, le premier, enrichit l’Orient de la culture de, la vigne, et au conquérant qui, ne voulant que des sujets vaincus par ses largesses, faisait précéder de tonneaux ses armées, et ne combattait que ceux qui refusaient de lui prêter leur hommage en portant sa coupe à leurs lèvres. Heureux propagandiste d’un culte dont la morale fut fondée au bruit des façons et des verres, dont les lois n’ont de règle que la soif des convives, et d’empire que sur un peuple d’adorateurs dévoués et fervents.

    Sous le pressoir le doux jus de la treille / Coule à longs flots dans la cuve vermeille
    Sous le pressoir le doux jus de la treille / Coule à longs flots dans la cuve vermeille

    Une vapeur vineuse embaume les airs ; parcourons les coteaux ouverts à la vendange : voyez ce groupe de corybantes agiter le thyrse, et s’animer à la conquête des richesses de la vigne dès l’aube du jour ! Les cuves sont dressées, le pressoir est abreuvé ; la vis graissée roule dans ses écrous ; des charrettes ont déposé à l’extrémité de chaque héritage les tonneaux que vont remplir les agiles vendangeuses. C’est bien ici le moment de dire avec le chantre immortel des Saisons, Charles Sartrouville :

     

     
    « Jouissez, ô mortels, et par des cris de joie
    Rendez grâces au ciel des biens qu’il vous envoie ;
    Que la danse et les chants, les jeux et les amours,
    Signalent à la fois les derniers des beaux jours !
     

    Vendanges parisiennes
    On vendange en septembre, dans les états méridionaux du Bacchus européen ; mais pour une partie de la Bourgogne, de la Champagne et des rives rhénanes, le pressoir ne coule qu’en octobre. Le raisin pend encore aux ceps de Surène et du mont Valérien, et c’est le plus glorieux moment pour les vignes de la banlieue de Lutèce.

    Rendons-nous, mes amis, au temple le plus prochain du dieu dont nous professons le culte, lance encore Le Gastronome français ; partout où le vin fume le plaisir nous attend ; amenons nos amies, et n’oublions pas les flacons de l’Hermitage et de Volnay. Nous verrons faire du Surène, mais nous n’en boirons pas ; l’amour se chargera de nous ôter la raison ; et, mariant, par des libations de vieux Bordeaux, la Garonne au dieu de la Seine, peut-être inoculerons-nous le bon vin, comme la vaccine, à tous les crûs du canton. Dans l’espoir de ce miracle, qui a déjà été fait aux noces de Cana, buvons et réjouissons-nous ; que nos festins durent autant que les vendanges ; que les vendanges durent pour nous toute l’année. Une soif inextinguible, un appétit toujours renaissant sont des biens trop au-dessus des mortels ; mais entre la coupe qui pétille et la nymphe qui la remplit le désir succède de près au plaisir ; car de tous les humains c’est le buveur qui goûte le plus de la suprême félicité.

    Qu’on cesse de nous débiter les lieux communs de la sobriété contre l’ivresse ; que d’autorités respectables ne pourrions nous pas opposer à l’envie ! mais qu’il nous suffise de citer ces dictons proverbiaux, la sagesse des nations et le produit de l’expérience : Boire comme un templiermener une vie de chanoineêtre gras comme un moinefaire un repas de pape.

    Hé bien, favoris de Momus et d’Evohé, voulons-nous autre chose qu’imiter ces chevaliers valeureux, ces sages solitaires ? Si nous mêlons un peu d’amourettes a leurs saintes habitudes, cela y gâte-t-il quelque chose ? et ne faudrait-il pas être évidemment mal intentionné pour nous en faire un nouveau crime ?

    Celui-là fut maudit en naissant dont le front ne s’épanouit jamais à table, et dont les yeux ne s’animent point à la rencontre de deux beaux yeux. Or, il ne s’agit pas ici de nous reprocher des excès : qui use s’expose nécessairement à abuser quelquefois ; l’excès est aussi dans la précaution et le scrupule, et qui craint d’abuser n’usera jamais de rien.

    Nous ne pouvons résister au désir de citer cet enivrant tableau de la vendange, par Saint-Lambert dans Les saisons :

     

    Déjà près de la vigne un grand peuple s’avance ;
    Il s’y déploie en ordre, et le travail commence ;
    Le vieillard que conduit l’espoir du vin nouveau,
    Arrive le premier au penchant du coteau ;
    Déjà l’heureux Lindor et Lisette charmée
    Tranchent au même ceps la grappe parfumée ;
    Ils chantent leurs amours et le Dieu des raisins ;
    Une troupe à ces chants répond des monts voisins ;
    Le bruyant tambourin, le fifre et la trompette,
    Font entendre des airs que le vallon répète.
    Le rire, les concerts, les cris du vendangeur
    Fixent sur le coteau les regards du chasseur.
    Mais le travail s’avance, et les grappes vermeilles
    S’élèvent en monceaux dans de vastes corbeilles ;
    Colin, le corps penché sur ses genoux tremblants,
    De la vigne au cellier les transporte à pas lents ;
    Une foule d’enfants autour de lui s’empresse,
    Et l’annonce de loin par des cris d’allégresse.
    (...)
    Mais je vois sur les monts tomber l’astre du jour ;
    Le peuple vendangeur médite son retour :
    Il arrive, ô Bacchus, en chantant tes louanges ;
    Il danse autour du char qui porte les vendanges ;
    Ce char est couronné de fleurs et de rameaux,
    Et la grappe en festons pend au front des taureaux.

    ***

    Et Roucher écrit dans Les Mois :

    Arrivés au pressoir, du milieu de la foule
    Un couple pétulant s’élance, écrase, foule ;
    Sous ses bonds redoublés, des grappes en monceaux
    Le vin jaillit, écume, et coule en longs ruisseaux.
    A ces ruisseaux pourprés enivrez-vous ensemble,
    O vous tous que la soif près des cuves rassemble !
    Creuse » vos mains en coupe, et que sur vos habits
    De vos mentons riants le vin coule en rubis :
    D’un bachique repas couronnez la journée.
    Les soucis, les travaux, les sueurs de l’année
    Vous méritent assez ce bonheur d’un moment !

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  • Enseignes à travers les âges :
    fruits d’une inspiration goguenarde
    égayant maisons et rues
    (D’après « Le Petit Journal. Supplément du dimanche », paru en 1914)
     
     
    **************
    De pittoresques enseignes décoraient jadis les boutiques parisiennes et donnaient aux rues de la ville la physionomie la plus originale. Quel spectacle amusant ce devait être que celui de ces rues étroites et tortueuses d’autrefois, avec toutes ces grandes enseignes qui se balançaient au bout de longues tringles de fer. Et si une ordonnance de 1766 exige qu’elles ne prennent plus la forme, dangereuse pour les passants, d’une potence, elles n’en connaissent pas moins un fabuleux essor, devenant même le support de messages politiques facétieux au XIXe siècle.
     

    Le Moyen Age fut, dans nos vieilles villes, l’époque où les enseignes se multiplièrent. En ce temps-là, les rues ne portaient pas de nom, les maisons n’avaient pas de numéros. C’est par quelque enseigne connue qu’on désignait les unes et les autres. La place Saint-Michel dut son nom à une maison qui portait pour enseigne la figure de l’archange terrassant le démon ; de même la rue de l’Homme Armé, qui ne disparut qu’au XIXesiècle ; et aussi la rue de l’Arbre-Sec et celle du Chat-qui-pêche, qui existent encore aujourd’hui.

    A Paris alors, les marchands des divers métiers avaient la coutume de mettre, à leurs fenêtres et sur leurs portes des bannières en forme d’enseignes, où se trouvaient figurés le nom et le portrait du saint ou de la sainte qu’ils avaient choisi pour patron ; cependant, on rencontrait aussi, parfois, au lieu d’une figure de moine ou de vierge martyre, divers emblèmes ou rébus qui exerçaient l’esprit sagace des curieux, dont le plaisir était grand de chercher le sens caché de l’enseigne.

    Il existait autrefois à Paris, une rue qui portait le nom de rue du Bout-du-Monde, parce qu’il y avait, dans cette rue, une enseigne sur laquelle on avait représenté un bouc, un duc (oiseau) et un monde. Autres exemples : A l’Assurance (Un A sur une anse) ; Au puissant vin (Au puits sans vin) ; A la vieille science (Une vieille femme qui sciait une anse). Ces compositions naïves suffisaient à amuser nos aïeux. Le goût s’en perpétua presque jusqu’à nos jours. Vers le milieu du XIXesiècle, on voyait encore sur le boulevard du Temple, près du cirque Olympique, un limonadier dont l’enseigne représentait un paysan qui coupait un épi, avec, au-dessous, cette légende : A l’Epi scié.

    Les plus savants personnages ne dédaignaient pas d’user de ces jeux de mots dans leurs enseignes. C’est ainsi que le médecin Coitier, qui soigna Louis XI, et que le roi voulut faire pendre en un jour de mauvaise humeur, s’était fait bâtir une maison, sur laquelle il avait mis cet à peu près : A l’Abri-Coitier.

    Mais nos aïeux ne se contentaient pas toujours de l’enseigne représentée par un bas-relief sculpté dans la muraille ou par un tableau se balançant au-dessus de l’entrée de la boutique. Ils employaient aussi l’enseigne vivante. Ainsi, la Truie qui filele Coq-Héronle Singe-Vert, étaient des animaux en cage dont l’adresse émerveillait les passants, et dont l’éducation prouvait la patience de l’industriel du XVe ou du XVle siècle.

    A cette époque, l’enseigne était obligatoire. Une ordonnance de 1567 prescrit à ceux qui veulent obtenir la permission de tenir auberge, de faire connaître au greffe de la justice « leurs noms, prénoms, demeurances affectes et enseignes ». Un édit de Henri III de mars 1577 ordonne aux aubergistes de placer une enseigne à l’endroit le plus apparent de leurs maisons « à cette fin que personne n’en prétende cause d’ignorance même les illettrés ». Mais sous Louis XIV l’enseigne n’est plus que facultative. La pratique n’en diminue pas pour cela. Il n’est point à Paris, une boutique sans enseigne.

    Même, la fureur des grandes enseignes parlantes prend à cette époque un développement considérable. Chacun veut avoir une enseigne plus volumineuse que celle de son voisin. Et tous ces attributs gigantesques qui se balancent en avant des maisons, au bout de longues potences, ne vont pas sans quelques inconvénients. Si bien qu’au XVIIIe siècle, le lieutenant de police Antoine de Sartine (1759-1774) se résolut à mettre ordre à cet abus. Par ordonnance de 1766, il prescrivit la suppression de ces potences menaçantes et ordonna que les enseignes seraient dorénavant appliquées en tableaux sur les murs, scellées de plâtre et cramponnées en haut et en bas. Le pittoresque y perdit, mais la sécurité des passants y gagna.

    Jacques Coitier (ou Coictier, Coytier, Coittier) (1430-1506)
    Jacques Coitier (ou Coictier, Coytier, Coittier) (1430-1506)

    Mercier, dans son Tableau de Paris, a applaudi à cette réforme. « Les enseignes, écrit-il, sont maintenant (1780) appliquées contre le mur des maisons et des boutiques ; au lieu qu’autrefois elles pendaient à de longues potences de fer ; de sorte que l’enseigne et la potence, par les grands vents, menaçaient d’écraser les passants dans les rues. Quand le vent soufflait, toutes ces enseignes, devenues gémissantes, se heurtaient et se choquaient entre elles ; ce qui composait un carillon plaintif et discordant... De plus, elles jetaient, la nuit, des ombres larges qui rendaient nulle la faible lueur des lanternes.

    « Ces enseignes avaient pour la plupart un volume colossal, et en relief. Elles donnaient l’image d’un peuple gigantesque, aux yeux du peuple le plus rabougri de l’Europe. On voyait une garde d’épée de six pieds de haut, une botte grosse comme un muid, un éperon large comme une roue de carrosse, un gant qui aurait logé un enfant de trois ans dans chaque doigt, des têtes monstrueuses, des bras armés de fleurets qui occupaient toute la largeur de la rue. La ville, qui n’est plus hérissée de ces appendices grossiers, offre pour ainsi dire, un visage poli, net et rasé ».

    Et Mercier termine son article par un brillant éloge d’Antoine de Sartine, qui supprima impitoyablement le pittoresque des enseignes à potence. D’ailleurs, dès cette époque, les rues portaient des noms inscrits sur des plaques de tôle à toutes les encoignures ; de ce fait, les enseignes étaient moins indispensables qu’auparavant. Mais les maisons n’étaient pas encore numérotées. Une ordonnance de 1768 avait bien prescrit ce numérotage, mais les habitants n’en avaient guère tenu compte ; et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que, dans les voies les plus importantes de la capitale, les maisons portèrent régulièrement des numéros.

    Les meilleurs artistes du temps passé n’ont pas dédaigné de peindre ou de sculpter des enseignes. Dans la plupart de nos vieilles villes, à Rouen, à Reims, à Amiens, à Beauvais, on en trouve qui sont, à coup sûr, l’œuvre de « tailleurs d’images », d’un indiscutable talent. On note également nombre d’enseignes peintes par les artistes les plus célèbres du XVIIIe et même du XIXe siècle. Tout le monde connaît, au moins par la gravure, la fameuse enseigne que Watteau peignit pour son ami Gersaint, le marchand de tableaux du pont Notre-Dame.

    Chardin, le peintre exquis des intérieurs bourgeois, peignit dans sa jeunesse une enseigne pour un chirurgien parisien. Le panneau, qui n’avait pas moins de neuf à dix pieds de long, représentait un homme blessé d’un coup d’épée, qu’on apportait dans l’officine du chirurgien. Le commissaire, le guet, des femmes et toutes sortes de curieux remplissaient la scène et, détail intéressant, Chardin avait pris pour modèles des personnages de son tableau, les principaux membres de sa famille. La boutique pour laquelle l’enseigne fut faite était située en bas du pont Saint-Michel.

    Le peintre Pierre Prudon (1758-1823) dit Prud’hon fit une enseigne pour un chapelier. Elle représentait deux ouvriers travaillant le feutre au milieu d’un amoncellement de chapeaux. En 1833, le peintre et dessinateur Auguste Raffet (1804-1860), en pleine célébrité, peignait une enseigne pour un fabricant de papier qui faisait l’angle de la rue Saint-Marc et de la place des Italiens, aujourd’hui place Boieldieu. Ce tableau représentait une accorte cantinière portant, au lieu du traditionnel tonnelet, une boîte à papier. François Boucher (1703-1770) fit une enseigne pour une sage-femme ; Philibert-Louis Debucourt (1755-1832) en peignit plusieurs : une pour un négociant de la place des Trois-Mariées, aujourd’hui place de l’École, à côté de la mère Moreaux ; et une autre pour Corcelet, le marchand de primeurs à l’enseigne du Gourmand. Le peintre Narcisse Diaz (1807-1876) décora de superbes panneaux une boutique de fruitier du marché Saint-Honoré.

    Jean-François Millet (1814-1875), qui réalisa le célèbre Angélus (1859), dut peindre des enseignes pour vivre. Au coin de la rue Notre-Dame-de-Lorette et de la rue Saint-Lazare, il composa pour un magasin une enseigne représentant Notre-Dame-de-Lorette écrasant le serpent. Vers 1862, il exécuta peur un marchand de vins deux stores allégoriques : la Vendange et la Moisson. A Cherbourg, il travailla pour un laitier et pour une sage-femme. Il fit même, pour la façade d’une baraque foraine, un tableau représentant le Maréchal Bugeaud à la bataille d’Isly ; et plus tard, le pauvre artiste disait mélancoliquement que c’était là, peut-être, une de ses meilleures toiles.

    Sait-on qu’une enseigne, un jour, alarma le pouvoir ? Un restaurant de Paris fondé en 1792 — fermé en 1936 —, Le Bœuf à la mode, portait au début du XIXe siècle sur son enseigne un bœuf orné d’un châle, d’un chapeau à brides, en un mot habillé à la mode du Directoire (1795-1799), celle qui avait vu éclore les Incroyables et les Merveilleuses. C’est cette enseigne qui eut l’étonnante fortune d’inquiéter le gouvernement de Louis XVIII. L’Intermédiaire des chercheurs et curieux retrouva aux Archives un rapport de police ainsi conçu :

    « Paris, 13 juin 1816.

    « Un restaurateur nouvellement établi rue du Lycée, n°8, en face le corps de garde attenant au Palais-Royal, vient de faire apposer une enseigne au-dessus de son local qui a pour titre : Le Bœuf à la mode. Cet animal, symbole de la force, fait déjà parler beaucoup par la nature de son harnachement et de sa coiffure, qui se compose d’un cachemire rouge, d’un chapeau de paille surmonté de plumes blanches et orné d’un ruban bleu ; un autre ruban de même couleur est autour de son col et portant une espèce de toison d’or, comme la portent les souverains. Le chapeau qui représente la couronne est rejeté en arrière et prêt à tomber »,

    « Cette raison, et particulièrement la réunion des trois couleurs réprouvées, ne paraissent être placées qu’avec une mauvaise intention, enfin il n’y a pas jusqu’à la classe vulgaire qui ne voie dans cette allégorie, une caricature des plus sales contre Sa Majesté.

    « Signé : LE FURET ».

    Enseigne du restaurant Le Boeuf à la mode en 1816
    Enseigne du restaurant Le Bœuf à la mode en 1816

    Ces indications du Furet émurent suffisamment le comte Élie Decazes, préfet de police de Paris depuis le 7 juillet 1815, pour qu’il prescrivît un supplément d’enquête, d’autant qu’un autre rapport affirmait que les garçons du restaurant tenaient de mauvais propos :

    « Je vous invite, écrivait Decazes, à faire vérifier sur le champ, ce qu’il pourrait y avoir de fondé dans ces remarques et à vous assurer des opinions politiques des propriétaires de l’établissement. Je n’ai pas besoin de vous engager à faire mettre dans cette espèce d’enquête, beaucoup de discrétion, et s’il paraissait convenable de faire disparaître cette enseigne, d’avoir soin que l’opération ait lieu sans éclat ».

    Il faut croire que l’enquête définitive ne fut pas trop défavorable ou que l’esprit politique l’emporta sur un zèle maladroit ; l’enseigne resta et Louis XVIII n’en fut pas renversé.

    Au surplus, il arriva parfois à l’enseigne de faire de la politique. Vers 1830, il y avait à Paris un pâtissier nommé Leroy qui avait écrit sur sa boutique : Leroy fait des brioches. La police s’émut de cette inscription qui semblait censurer irrespectueusement les actes de Louis-Philippe. Le commissaire appela le pâtissier et lui ordonna de changer son enseigne. Ce que fit le facétieux commerçant en remplaçant l’inscription par celle-ci : Leroy continue à faire des brioches. Il est à ce sujet assez amusant de noter qu’à Reims, déjà 40 ans auparavant selon Prosper Tarbé (Reims. Essais historiques sur ses rues et ses monuments, paru en 1844), « en 1790 demeurait sous les Loges un estimable pâtissier nommé Leroy. Déjà dans ce temps on avait trouvé le secret des réclames, et la science des enseignes était en progrès. Notre pâtissier donc écrivit au-dessus de sa porte : Leroy fait ses brioches. La monarchie était alors sur son déclin et l’on aimait à rire à ses dépens. »

    C’est dans les mêmes années 1830 qu’un fruitier de la rue Saint-Denis fit peindre sur sa boutique le portrait de Louis-Philippe, avec cette inscription : « Spécialité de poires » — on sait que le célèbre Daumier fit paraître en 1831 dans le journal qu’il dirigeait, un portrait caricatural de Louis-Philippe intitulé La Métamorphose du roi Louis-Philippe en poire.

    La République de 1848 ne fut pas mieux traitée par l’enseigne. Sur sa devanture, un marchand de tabacs avait fait peindre trois blagues au-dessous de la devise : Liberté, Egalité, Fraternité. Et comme enseigne, il avait écrit : « Aux trois blagues ». Un numéro du Phare de la Loire de 1930, donc un siècle plus tard, nous apprend qu’il existe alors un bureau de tabac d’une bourgade située non loin de Périgueux, arborant cette même enseigne.

    Enseigne À l'ours au 95 rue du Faubourg Saint-Antoine, en 1894
    Enseigne À l’ours au 95 rue du Faubourg Saint-Antoine, en 1894

    Que de choses il y aurait à dire sur l’humour de l’enseigne. L’esprit goguenard de nos pères se donna là libre carrière. Il y avait jadis, à Troyes, une enseigne avec ce titre : Au trio de malice. Elle représentait un singe, un chat et une femme. Et quelle variété de fantaisie dans les enseignes poéti

    ques. On mentionnera le fameux quatrain inscrit sur la boutique d’un coiffeur de la rue Basse-Porte-Saint-Denis :

    Les coiffeurs se sont d’ailleurs signalés de tout temps par l’originalité poétique de leurs enseignes. On signalait, au début du XXe siècle, l’enseigne d’un perruquier de Brie-Comte-Robert, M. Toulemonde :

    Sans parcourir le monde entier,
    Sans voyager sur l’onde
    Entrez chez ce perruquier
    Vous verrez tout le monde.

    Sans parcourir le monde entier,
    Sans voyager sur l’onde
    Entrez chez ce perruquier
    Vous verrez tout le monde.

     

    Car l’esprit que prodiguaient nos pères dans leurs enseignes n’a pas complètement disparu. Mais ce sont les enseignes elles-mêmes qui n’existent plus guère. Dans son Voyage aux bords du Rhin, Victor Hugo disait : « Où il n’y a pas d’églises, je regarde les enseignes ; pour qui sait visiter une ville les enseignes ont un grand sens ». Hélas ! l’illustre poète n’aurait plus grand chose à regarder aujourd’hui.

     

     
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  • Mardi Gras et Carnaval

     
    Le Mardi Gras précède le Mercredi des Cendres, jour de pénitence et de privations dans la religion chrétienne et, de fait, le début du Carême, une période de 40 jours avant Pâques pendant laquelle on s'abstient notamment d'aliments carnés et graisseux (viande et charcuterie). On profite donc de la veille, c'est-à-dire le mardi, pour faire une dernière fois bonne chère. Traditionnellement, le Carnaval débute le 6 janvier et se termine le mercredi des Cendres.

    À cet effet sont organisés des festins et des fêtes colorées et bruyantes : le Carnaval (mot issu du latin médiéval "carnelevare" signifiant "enlever, retirer la chair".) On se déguise et on défile dans les rues. Dans certains pays comme l'Allemagne, c'est le jour des fous ("die Narren"). Autrefois, quand les croyances religieuses et la pratique des abstinences étaient encore communément suivies, surtout à des époques où manger à sa faim demeurait une préoccupation centrale, le mardi gras et le carnaval étaient vécus avec beaucoup d'intensité. On profitait donc de ce jour pour faire « gras », c'est-à-dire qu'on finissait les aliments gras avant de se mettre au carême. On mangeait beaucoup de fritures, notamment des beignets, ainsi que des crêpes (puisque les œufs étaient également proscrits pendant le carême). 
    Images du carnaval de Venise
    En Allemagne, le carnaval est un des moments forts de l'année. Il commence en fait dès le 11 novembre, à 11heures 11 très précisément, avec la proclamation de la Loi du Carnaval. Mais la fête bat son plein en février, dans la sixième semaine avant Pâques, pour se terminer le mercredi des cendres (Aschemittwoch). Les festivités débutent le jeudi, jour où les femmes sont à l'honneur. Elles se déguisent, embrassent les hommes et découpent la cravate de leur supérieur ou collègues, car elles jouissent de tous les privilèges en ce jour particulier. Le samedi et le dimanche sont consacrés aux cortèges des enfants qui défilent costumés dans les rues.
    Ci-dessus, le défilé de la Mainzer Prinzgarde (la Garde du Prince) à Mainz

    Vient ensuite le lundi dit des roses (Rosenmontag), le jour le plus important. La tradition dit qu'au Moyen-Âge le pape transmettait le quatrième dimanche du Carême une rose dorée à une personne comme distinction honorifique. C'est un jour férié pour les enfants qui ne vont pas à l'école et un grand défilé, qui dure plusieurs heures, a lieu dans les villes allemandes.
    Le précédent historique du carnaval sont les Saturnales romaines ou les fêtes dionysiaques en Grèce. Durant cette fête très populaire et plutôt débridée, l'ordre hiérarchique des hommes et logique des choses est inversé de façon parodique et provisoire : l'autorité des maîtres sur les esclaves est suspendue. Ces derniers ont le droit de parler et d'agir sans contrainte, sont libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux. Les tribunaux et les écoles sont en vacances et les exécutions interdites, le travail cesse. On fabrique et on offre de petits présents (saturnalia et sigillaricia). Des figurines sont suspendues au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. Un marché spécial (sigillaria) a lieu. De somptueux repas sont offerts.

    Pieter Bruegel l'Ancien, Deux fous de carnaval, 1542
     
     Pieter Bruegel l'Ancien, Trois fous de carnaval, 1542

    Pieter Bruegel l'Ancien, La fête des fous, 1570

      
     
    Pieter Bruegel l'Ancien, Le combat de Carnaval et Carême, 1559
     
     
     
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  •  LE 1 MAI & SES ORIGINES - JOYEUSE FÊTE DU MUGUET -

    La fête du 1er mai a en réalité deux origines et deux histoires. La première remonte aux cultes celtes et médiévaux tandis que la seconde trouve ses origines dans le mouvement ouvrier du XIXe siècle.  

    Le 1er mai, c’est aujourd'hui. On connaît ce jour ferié pour le muguet, le retour des beaux jours et les manifestations politiques ou festives. Mais comment se sont constituées les traditions du 1er mai, jour de la Fête du travail ?

    D’où vient la spécificité de cette date ? Quel est le rapport entre cette journée et l’histoire du monde ouvrier ? Pourquoi offre-t-on du muguet ce jour-là ? Comment la célèbre-t-on dans d’autres pays ?

    Le 1er mai tel qu’on le connaît aujourd’hui est en réalité la fusion de plusieurs traditions. Cette date est en effet célèbre pour le muguet. Il s’agit d’une lointaine descendance de coutumes celtes célébrant le passage à la saison claire. Par ailleurs, le 1er mai est également marqué par la Fête du Travail, célébrée depuis la fin du XIXe siècle en hommage aux combats du mouvement ouvrier (comme la journée de huit heures).

    Pourquoi Le 1er Mai Est La Fête Du Muguet ?

    Il semble que le muguet aussi appelé lys des vallées, une plante originaire du Japon, soit présente en Europe depuis le Moyen-Age. La plante à clochettes a toujours symbolisé le printemps et les Celtes lui accordaient des vertus porte-bonheur.

    Le 1er mai 1561, le roi Charles IX officialisa les choses : ayant reçu à cette date un brin de muguet en guise de porte-bonheur, il décida d’en offrir chaque année aux dames de la cour. La tradition était née.

    La fleur est aussi celle des rencontres amoureuses. Longtemps, furent organisés en Europe des « bals du muguet« . C’était d’ailleurs l’un des seuls bals de l’année où les parents n’avaient pas le droit de cité. Ce jour-là, les jeunes filles s’habillaient de blanc et les garçons ornaient leur boutonnière d’un brin de muguet. A Paris, au début du siècle, les couturiers en offrent trois brins aux ouvrières et petites mains. Mais il faut attendre 1976 pour qu’il soit associé à la fête du 1er mai. Sur la boutonnière des manifestants, il remplace alors l’églantine et le triangle rouge qui symbolisait la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs.

     Pourquoi Le 1er Mai Est La Fête Du Travail ?

    Le 1er mai, Fête du travail, tire ses origines dans l’histoire du monde ouvrier. Le point de départ est le samedi 1er mai 1886.

    Ce jour-là, à Chicago, un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures est lancé par les syndicats américains, alors en plein développement. Une grève, suivie par 400 000 salariés paralyse de nombreuses usines.

    La date du 1er mai n’est pas choisie au hasard : il s’agit du « moving day », le jour où traditionnellement, les entreprises américaines réalisent les calculs de leur année comptable.

    Le mouvement se poursuit et le 4 mai, lors d’une manifestation, une bombe est jetée sur les policiers qui ripostent. Bilan : une dizaine de morts, dont 7 policiers. S’en suivra la condamnation à mort de cinq anarchistes.

    Trois ans plus tard, le congrès de la IIe Internationale socialiste réuni à Paris pour le centenaire de la Révolution française, décide de faire du 1er mai une « journée internationale des travailleurs » avec pour objectif, d’imposer la journée de huit heures.

    Cette date fut choisie en mémoire du mouvement du 1er mai 1886 de Chicago.

     Dès 1890, les manifestants arborent un triangle rouge symbolisant leur triple revendication : 8 heures de travail, 8 heures de sommeil, 8 heures de loisirs.

    Cette marque est progressivement remplacée par une fleur d’églantine, en 1891, lorsqu’une manifestation à Fourmies, dans le nord de la France dégénère, les forces de l’ordre tirant sur la foule.

    Ce jour-là, une jeune femme portant une églantine est tuée.

    Cette fleur devient le symbole du 1er mai (le muguet ne reviendra que plus tard).

    Comment Le 1er Mai Est Devenu Un Jour Férié ?

    Il faudra attendre près de 30 ans que les ouvriers français soient entendus. Le 23 avril 1919, le Sénat ratifie la loi instaurant la journée de huit heures.

    Exceptionnellement, pour célébrer cette avancée, la haute Assemblée déclare le 1er mai 1919 journée chômée.

    Dans les années qui suivent, le 1er mai s’impose peu à peu comme un rendez-vous ouvrier, un jour de cortèges.

    Les manifestations du 1er mai 1936 marquent durablement l’imaginaire français. La journée se déroule entre les deux tous des élections législatives.

    Le 3 mai 1936, la coalition des gauches (SFIO, PCF, radicaux et divers gauche) remporte le scrutin : c’est le début de la période de pouvoir du Front Populaire.

    Présidé par le socialiste Léon Blum, ce gouvernement ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs, la semaine de 40 heures, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical.

    C’est le régime de Vichy qui rend officiellement férié le 1er mai. Avec cette mesure, le Maréchal Pétain et son ministre du Travail, René Belin – un ancien membre éminent de l’aile socialiste de la CGT converti à la Révolution nationale – tentent d’obtenir le soutien des ouvriers. Le jour, institué le 24 avril 1941, est nommé : « Fête du Travail et de la Concorde sociale ». Une appellation qui souligne la volonté de Vichy d’unir patrons et ouvriers selon un esprit corporatiste et de mettre fin à la lutte des classes. C’est le régime de Vichy et seulement lui qui, dans l’histoire de France, désignera officiellement le 1er mai comme « fête du travail ». Le terme n’est pas repris ensuite par le gouvernement de la Libération. En avril 1947, le gouvernement issu de la Libération confirme que le 1er mai demeurera un jour férié et payé.
    Aujourd’hui, la Fête du Travail est commémorée par un jour chômé dans la plupart des pays d’Europe à l’exception notamment de la Suisse et des Pays-Bas. Le 1er mai est aussi fêté en Afrique du Sud, en Amérique Latine, en Russie, au Japon. Au Royaume-Uni, c’est le premier lundi de mai qui est fêté. Aux Etats-Unis, le « Labor Day » est célébré le premier lundi de septembre. Ce jour d’hommage au mouvement ouvrier est né en 1887, à la demande des syndicats, après la tuerie de Chicago. Mais, à la demande du président américain Grover Cleveland, il n’a pas été fixé au 1er mai afin de ne pas rappeler ce moment dramatique.

    1er Mai : Du PCF Au FN, Une Journée Syndicale & Politique...

    En hommage au mouvement ouvrier, les principaux syndicats français (CGT, CFDT, FO, CFTC…) organisent traditionnellement des défilés le 1er mai. Certains partis politiques comme le Parti Communiste Français participent aux cortèges tandis que de nombreux militants vendent du muguet au bénéfice de l’organisation.

    Le rassemblement du Front national dans le quartier de l’Opéra à Paris est de tradition beaucoup plus récente.

    La fête de Jeanne-d’Arc était classiquement organisée le 8 mai (ce jour-là, en 1429, elle participa à la libération d’Orléans des Anglais) par l’Action française et regroupait des groupuscules d’extrême droite.

    La tradition est reprise par le Front National à la fin des années 1970 et déplacée au 1er mai en 1988.

    En effet, cette année-là, Jean-Marie Le Pen espère profiter du rassemblement des militants de son parti pour peser sur le second tour de l’élection présidentielle, organisé le 8 mai.

    Cette modification permettait aussi au parti de se distinguer d’autres groupes d’extrême droite, qui, eux, continuent d’organiser leur propre marche courant mai.

    1er Mai : Origine Celtique, Maibaum & Sorcières

    Avant même l’avènement du monde ouvrier ou la célébration du muguet, le 1er mai était la date de rituels.

    Pour les Celtes, cette date marquait la fête de Beltaine : elle marquait le passage de la saison sombre à la saison claire, la reprise de la chasse, de la guerre.

    Cette « renaissance » est liée à Belenos (incarnation en lumière du dieu Lug).

    Selon les textes, des druides allumaient des feux, chargés de protéger symboliquement le bétail des épidémies.

    Cette fête s’opposait donc à Samain – ancêtre de notre Toussaint – qui marquait le retour aux ténèbres.

    Des traces de ces pratiques subsistent lors de la nuit de Walpurgis, une célébration païenne christianisée : de grands feux étaient allumés en Allemagne, en Suède ou en Europe centrale.

    Les esprits sont omniprésents dans ces traditions. En Moselle-est et en Basse-Alsace, on parle de « nuit des sorcières » (Hexennacht, en Platt, le francique lorrain).

    Les enfants patrouillaient le soir – il y a vingt ans encore – afin de subtiliser tous les objets trouvés dans les jardins pour les regrouper au centre du village, faisant penser à une intervention surnaturelle.

    Aujourd’hui, la principale trace de ces célébrations est l’Arbre de mai – le Maibaum – particulièrement présent dans le sud de l’Allemagne. Dans les villages de Bavière, de Souabe ou de Rhénanie, la tradition veut que l’on dresse un mât en bois orné d’une girouette ou de blasons. C’est l’occasion d’organiser des réjouissances arrosées aux sons des fanfares. L’un des attraits de la fête consiste à subtiliser nuitamment l’arbre du village voisin.

     

    1er Mai : La Règlementation De La Vente De Muguet

    C’est l’exception qui est la règle. Habituellement, la vente de fleurs sur la voie publique est interdite (en dehors des étals des fleuristes, évidemment).

    Cependant, le 1er mai, la vente du muguet sauvage est autorisée pour les particuliers « à titre exceptionnel conformément à une longue tradition ».

    Il convient néanmoins de respecter les règles fixées par la commune.

    Ainsi, à Paris, il est interdit de s’établir à moins de 40 mètres d’un fleuriste et commerces.

    D’autres communes prohibent l’installation de comptoirs en bois ou le fait d’attirer l’attention des clients à voix-haute.

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  • La culture Slave à travers des costumes très anciens

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    La culture Slave est mise à l’honneur avec des clichés de la photographe Polonaise Marcin Nagraba qui est aidée par la couturière et costumière Agnieszka Osipa.

    On peut voir les détails des tenues qu’avaient les gens de l’époque et c’est presque insolite!

    C’est très charmant, mais porter de tels costumes est sans doute pour les grandes occasions, comme les fêtes par exemple!

    Les images qui suivent rendent hommage à la culture Slave.

    Admirez ces clichés, il y ‘a de l’art dans chacun de ces déguisements!

    On découvre avec ces images des costumes, coiffes et accessoires d’un peuple qu’on ne connait pas très bien.

    Grâce à la photographe d’origine Slave, on apprécie ces portraits qui semblent un peu comme s’ils sont sortis d’un conte de fée.

    C’est peut-être là le quotidien de ces gens qu’on respecte, mais c’est un peu trop de décorations et cela doit être lourd et peu confortable pour bouger.

    En tous les cas, c’est là une bonne occasion que d’admirer un art qui survit grâce au talent des nouvelles générations.

    C’est beau de faire revivre des traditions pour que les gens puissent les connaître.

    C’est ainsi que le savoir se transmet, à travers les souvenirs et la culture.

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  • La Crèche De Noël

    Une Tradition Populaire Aux Mille Facettes

    Santons habillés d'Emilie Puccinelli-Meinnier, 1905-1974 (musée du santon Marcel Carbonel, Marseille), DRIl a fallu fouiller au grenier ou chercher dans la cave la vieille boîte où, depuis presque un an, tous les personnages attendent patiemment de revoir le jour.

    C'est l'étable qui est installée en premier, puis viennent l'âne et le bœuf, et enfin tous les autres...

    Comme à chaque veille de Noël, la crèche retrouve sa place dans de nombreux foyers, en France et dans le monde, pour perpétuer une tradition plus que millénaire, associée à la célébration de lanaissance du Christ, la Nativité.

    Isabelle GrégorLe Récit Évangélique De La Nativité

    « Or, pendant qu'ils étaient là [à Bethléem], le jour où elle [Marie] devait accoucher arriva : elle accoucha de son fils premier-né, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle d'hôtes.

    Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d'une grande crainte.

    L'ange leur dit : « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :

    Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur ; et voici le signe qui vous est donné...

    Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». […]

    Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire » (Évangile selon saint Luc, 2).

    Un Berceau Dans Une Étable

    La crèche est née avec le christianisme puisqu'elle est évoquée dans les premiers écrits des évangélistes.

    C'est Luc qui y fait directement allusion, expliquant que Marie et Joseph, venus à Bethléem pour être recensés, n'avaient pu trouver place dans la salle commune de leur hôte.

    Faute de mieux, celui-ci les avait installés dans la pièce inférieure, affectée aux animaux.

    Une version tardive du IIe siècle a fait de cette étable une grotte.

    Conrad von Soest, Nativité, 1403, Bad WildungenL'enfant Jésus aurait donc été placé, dès sa naissance, dans la mangeoire pour bestiaux, désignée en allemand par le mot krippe qui a donné, au XIIe siècle, notre « crèche ».

    Par extension, ce terme désigna rapidement les représentations de cet épisode, mais uniquement sous forme de décors comportant des personnages mobiles...

    Joliment laïcisé, il désigne aujourd'hui une structure administrative qui accueille les tout-petits pendant que leurs parents travaillent.

    Tandis que, d'un côté, les artistes s'emploieront à figurer des « nativités », de l'autre, le peuple mettra tout son talent à la mise en scène de « crèches ».

    Mais restons encore un peu à Bethléem : c'est ici en effet que la première crèche, « la vraie », fut vénérée dès les premiers siècles.

    Au IVe siècle, saint Jérôme s'indigne déjà de sa disparition : « Elle m’est autrement précieuse, celle qui a été enlevée ; […] la foi chrétienne est digne de cette crèche d'argile. […]

    J'admire le Seigneur qui, quoique créateur du monde, naît, non entre l'or et l'argent, mais dans la boue » (Homélie sur la Nativité).

    Certains fragments du Saint Berceau auraient cependant été conservés et rapportés par des pèlerins dans la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome où dès 432, le pape Sixte III avait créé une copie de la Grotte.

    Crèches Vivantes & Édification Des Fidèles  

    C'est à cette époque en effet, tandis qu'expire l'empire romain d'Occident, que la célébration de la naissance de Jésus devient courante. Au cœur de l'hiver, elle prend la place des fêtes païennes dédiées au solstice et à la renaissance du soleil.

    À l'origine, la crèche n'est qu'un outil, un décor rendant plus réalistes et frappantes les représentations « théâtrales » organisées à l'intérieur puis à l'extérieur des églises.

    Il s'agit de mettre en scène sous forme de tableaux vivants les différents épisodes de la vie du Christ afin de les enseigner au peuple illettré.

    Saint François d'Assise, se rendant compte de l'efficacité du procédé, aurait été le premier en 1223 à créer une crèche vivante dans un cadre naturel, avec l'aide des villageois de Greccio.

    Son exemple fut suivi dans toute la chrétienté, y compris en France sous la forme de représentations pieuses appelées « mystères ».

    S'éloignant par trop de la morale religieuse, elles furent interdites en 1548 à Paris.

    La Crèche De Saint François

    « Le bienheureux François, comme il faisait souvent, [...] fit appeler à lui [un homme appelé Jean] environ quinze jours avant la nativité du Seigneur et lui dit :

    ''Si tu désires que nous célébrions la présente fête du Seigneur à Greccio, dépêche-toi de t’y rendre à l’avance et ce que je te dis, prépare-le soigneusement.

    Car je veux faire mémoire de cet enfant qui est né à Bethléem et observer en détail, autant que possible de mes yeux corporels, les désagréments de ses besoins d’enfant...

    Comment il était couché dans une crèche et comment, à côté d’un bœuf et d’un âne, il a été posé sur le foin''. Entendant cela, l’homme bon et fidèle courut bien vite et prépara en ce lieu tout ce que le saint avait dit.

    [...] De fait, on prépare une crèche, on apporte du foin, on conduit un bœuf et un âne.

    Là est honorée la simplicité, exaltée la pauvreté, louée l’humilité et l’on fait de Greccio comme une nouvelle Bethléem » (Thomas de Celano, Vita Prima, 1128).

    Fra Angelico, La Nativité, 1441, Florence, couvent saint Marc

    Crèches & Santons

    La vogue des crèches vivantes, à la fin du Moyen Âge, ne fait pas pour autant disparaître les crèches décoratives.

    Celles-ci deviennent au contraire plus maniables sous la forme de figurines dont la première mention date du XIIIe siècle, dans un monastère bavarois.

    Malgré l'hostilité des disciples de Calvin à toute imagerie religieuse, les crèches se multiplient en Europe dans les siècles suivants sous l'influence de la Contre-Réforme, qui y voit un outil didactique.

    L'époque baroque est pour elles le temps de la multiplication des personnages et de l'exubérance sans limite : dans la région de Naples...

    Toutes les grandes familles se disputent l'honneur de posséder le plus bel exemplaire de preseppe (mot italien pour une « étable »)  !

    Les rois mages, crèche du palais de Caserte (Campanie), DR

    Les Jésuites en installent une à Prague en 1562 tandis qu'à Paris, c'est Anne d'Autriche qui donne un écrin grandiose à la représentation de la Nativité...

    Il s'agit de l'église du Val-de-Grâce, érigée en « action de grâce de la naissance de Louis XIV, après vingt-deux ans d'attente ».

    La Révolution, interdisant les manifestations publiques de croyance, fait rentrer les crèches dans les maisons.

    Moule de Jean-Louis Lagnel (Marseille, 1764-1822)Elle suscite à son corps défendant une nouvelle forme d'art populaire : les santouns, ou petits saints, des figurines en mie de pain qui permettent à chaque Provençal de créer sa propre crèche dans l'intimité.

    Leur succès est tel que, dès 1803, une grande foire leur est consacrée à Marseille, foire qui a toujours lieu aujourd'hui.

    Au début du XIXe siècle, le sculpteur Jean-Louis Lagnel a l'idée de fabriquer les santons non plus en plâtre mais en argile, à partir de moules et donc reproductibles à volonté. 

    À partir de 1914, ils s'habillent grâce à l'abbé César Sumien qui montre un vrai souci du détail. Artisanaux ou fabriqués à la chaîne, les santons de Provence se caractérisent encore aujourd'hui par leur grande variété et leurs couleurs vives. 

    Santons habillés par l'abbé César Sumien, 1858-1934 (musée du santon Marcel Carbonel, Marseille), DRCohabitant avec les personnages sacrés, ils nous donnent une image de la vie de cette région au XIXe siècle avec ses habitants en costume paysan, portant sous le bras les instruments de leur quotidien.

    Si parfois saint François y cohabite avec le maire du village, c'est surtout le personnage de « lou ravi » qui attire les regards : bras au ciel, le simple d'esprit témoigne à lui seul de la joie de toute la population.

    On dit d'ailleurs qu'il est le seul personnage indispensable de la crèche provençale.

    Un voyageur à Béthléem : Louis-René de Chateaubriand

    « Les premiers fidèles avaient élevé un oratoire sur la crèche du Sauveur.

    Adrien le fit renverser pour y placer une statue d’Adonis. Sainte Hélène détruisit l’idole, et bâtit au même lieu une église dont l’architecture se mêle aujourd’hui aux différentes parties ajoutées par les princes chrétiens. [...]

    On y voit un autel dédié aux mages. Sur le pavé au bas de cet autel on remarque une étoile de marbre : la tradition veut que cette étoile corresponde au point du ciel où s’arrêta l’étoile miraculeuse qui conduisit les trois rois.

    Ce qu’il y a de certain, c’est que l’endroit où naquit le Sauveur du monde se trouve perpendiculairement au-dessous de cette étoile de marbre, dans l’église souterraine de la Crèche.
    […] après avoir passé l’entrée d’un des escaliers qui montent à l’église supérieure, vous trouvez la crèche.

    On y descend par deux degrés, car elle n’est pas de niveau avec le reste de la grotte. C’est une voûte peu élevée, enfoncée dans le rocher.

    Un bloc de marbre blanc, exhaussé d’un pied au-dessus du sol, et creusé en forme de berceau, indique l’endroit même où le souverain du ciel fut couché sur la paille » (Itinéraire de Paris à Jérusalem, 1811).

    Petite Galerie De Personnages

    Lou ravi, santon de Provence  (musée du santon Marcel Carbonel, Marseille), DRInstallée le 1er dimanche de l'Avent et rangée le 2 février, jour de la Chandeleur ou Présentation de Jésus au Temple, la crèche est une œuvre immédiatement identifiable grâce aux personnages qui la composent.

    On y trouve la Sainte Famille avec la Vierge en prière face à son enfant et Joseph, souvent un peu en retrait. La naissance dans la grotte ou l'étable est signe de dénuement, tandis que la paille rappellerait l'éphémère de la vie.

    À leur côté, voici l'âne, peut-être celui qui va leur permettre de fuir en Égypte, et son compagnon le bœuf, locataire de l'étable ; tous deux réchauffent l'enfant de leur souffle.

    Symboles de douceur comme de force, ils ne sont apparus qu'au VIe siècle dans l'évangile apocryphe du pseudo-Matthieu, où ils tissent un rapprochement symbolique avec la Bible hébraïque. 

    On peut lire en effet dans celle-ci un texte imprécatoire du prophète Ésaïe qui reproche au peuple d'Israël de s'être détourné de Dieu...

    « Un boeuf connaît son propriétaire et un âne la mangeoire chez son maître : Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas » (Ésaïe, 1:3).

    Passons aux visiteurs. Venus d'Orient selon l'évangéliste Matthieu, trois mages, sans doute des prêtres du culte perse de Mazda, présentent au nouveau-né leurs trésors contenant de l'or, de l'encens et de la myrrhe, symboles de royauté, de divinité et d'humanité.

    Ce n'est qu'au VIe siècle qu'ils se voient attribuer un nom : Gaspard, le « roi maure », est le plus jeune, Balthazar est d'âge mûr et noir de peau et Melchior, vieillard à la barbe grise, est celui qui est agenouillé.

    Ils représentent les différents âges de l'Homme comme la diversité des peuples de la terre. Ils ont été guidés jusqu'à Bethléem par une étoile que certaines théories essaient de raccrocher à un phénomène astronomique avéré.

    On les représente souvent accompagnés de leurs chameaux, voire d'éléphants, pour la touche exotique.

    À côté des rois prennent place les bergers qui auraient reçu en premier la nouvelle de la naissance, annonce faite par un ange souvent représenté parmi eux.

    Selon les époques et les cultures, d'autres personnages participent à la scène, au point de retrouver toute la population du quartier ou du village, chats et poules y compris !

    En or, en argile ou en paille, au cœur des cathédrales ou sur un coin de table, les crèches deviennent alors un miroir de la société rendant hommage à la maternité, à l'enfance, à la vie.

    Charles de La Fosse, L'Adoration des mages, 1715, Paris, musée du LouvreLe Témoignage De L'âne

    « Sous [un] abri précaire, on avait dressé une mangeoire et étalé une litière pour les bêtes des clients de l'auberge.

    C'est là qu'on m'attacha à côté d'un bœuf qu'on venait de dételer d'une charrette. […] Les voyageurs refoulés par l'aubergiste avaient envahi la grange.

    Je me doutais bien qu'on ne me laisserait pas longtemps en paix. Bientôt en effet un homme et une femme se glissèrent dans notre étable improvisée.

    L'homme, une sorte d'artisan, était assez âgé. […] Il rassembla la paille des litières et le foin des rateliers pour confectionner entre le bœuf et moi une couche de fortune où il fit étendre la jeune femme.

    […] Quand je me suis réveillé, j'ai senti qu'un grand changement avait eu lieu, non seulement dans notre réduit, mais partout, et même, aurait-on dit, dans le ciel dont notre misérable toiture laissait paraître de scintillants lambeaux. […]

    Que s'était-il passé ? Presque rien. On avait entendu, sortant de l'ombre chaude de la paille, un cri léger, et ce cri ne venait à coup sûr ni de l'homme, ni de la femme.

    C'était le doux vagissement d'un tout petit enfant » (Michel Tournier, Gaspard, Melchior et Balthazar, 1980).

    La Crèche De Noël

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  • CANADA traditions et coutumes

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    Avec 20 millions de visiteurs en 2016, le Canada fait partie des destinations les plus prisées au monde. Le pays est remarquable pour la beauté de ses paysages et grands espaces. Il est aussi réputé pour ses valeurs humaines partagées par ses habitants. Découvrez le Canada à travers ses coutumes et traditions qui occupent une place importante pour les Canadiens.


    La Tire, une coutume synonyme de bon temps passé entre familles et amis

    CANADA traditions et coutumesLa Tire fait partie des pratiques les plus célèbres qui se font de génération en génération au Canada. Il s'agit de récolter la sève des érables en pratiquant la saignée dans leurs écorces. Cette coutume se fait annuellement à la fin de l'hiver, entre mars et avril. Les températures commencent à grimper à ce moment de l'année. Alors, la sève des érables se dégèle, ce qui rend possible sa récolte, grâce à la saignée. Pendant cette période de nombreux Canadiens, petits et grands, rejoignent les érablières pour s'adonner à ce moment de liesse qui correspond également à la célébration du retour du soleil.
    Si vous avez la possibilité de faire un séjour au Canada pendant cette période de l'année, correspondant au début du printemps, alors la Tire est certainement l'activité de que vous ne devrez pas manquer. Le sirop d'érable est d'abord chauffé pour que sa consistance augmente. Puis, il est versé et étalé en ruban dans un bac rempli de neige qui le fige aussitôt. On le récupère ensuite à l'aide d'un bâtonnet en bois, et c'est parti pour des moments de plaisir pendant lesquels petits et grands se sucrent le bec à volonté.

    Le hockey, une passion qui se transmet de génération en génération depuis plus d'un siècle

    CANADA traditions et coutumesLe Canada est aussi un connu pour sa tradition du hockey sur glace.
    Il faut savoir que ce sport est né sur les terres canadiennes. Non seulement il s'agit du sport qui attire le plus grand nombre de public au Canada, mais la plupart des habitants du pays en jouent aussi. Si vous leur demandez quel est le symbole qui est le plus distinctif du Canada, il est fort probable qu'ils vous répondent « le hockey sur glace ». Le hockey est une institution, partie intégrante de l'histoire et de la culture du Canada. De plus, il rassemble les habitants autour d'une même passion. Certains spécialistes trouvent même un lien entre ce sport et le nationalisme. En tout cas, n'hésitez pas à aller voir un match de hockey lors de votre voyage sur les terres canadiennes. Ce sera pour vous un moyen de connaitre un peu plus le pays et d'en savoir davantage sur cette tradition qui s'y perpétue depuis voilà plus d'un siècle.

    Les fêtes, pour des moments de partage et de joie entre Canadiens

    CANADA traditions et coutumes
    Au Canada, les fêtes religieuses ou profanes, occupent une place importante dans la vie des canadiens. Cela s'explique parce qu'ils ont un sens accru de la communauté et d'appartenance à leur Nation. C'est pourquoi fêtes et célébrations nationales, sont très plébiscitées par les habitants.
    Le Canada est un pays ouvert, accueillant et très convivial.
    Capitale Canada : Ottawa. Population : 36,29 millions d'habitants. Le pays s'étend sur 10 millions de kilomètres carrés. Les langues officielles sont l'anglais et le français. La monnaie le dollar canadien.
     
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  • Origine De La Fête De Saint-Nicolas

    La Suite & Fin...

    Allemagne

    Origine De La Fête De Saint-Nicolas   La Suite & Fin..

    Nikolaus, accompagné par le Knecht Ruprecht (Ruprecht, Robert le valet), descend du ciel dans une luge chargée de petites gourmandises et de cadeaux.

    Saint Nicolas et l'Avent, en Allemagne et en Autriche, sont au moins aussi populaires que le Père Noël.

    Le soir du 5 décembre, les enfants placent leurs chaussures nettoyées dans un endroit particulier.

    Le matin du 6 décembre, ils vont très vite voir s'il y a des cadeaux et des friandises dans leurs chaussures. C'est le début des fêtes de fin d'année.

    Dans la région de Hanovre et en Westphalie, on l'appelle aussi Klas ou Bullerklas ; c'est à lui que les enfants adressent leurs prières, se réjouissant de petits présents qui les attendent pour le 6 décembre.

    Autriche

    Saint Nicolas défile le soir du 5 décembre dans les rues accompagné de personnages tout droit sortis de l'enfer, lesKrampus.

    Saint Nicolas, que l'on nomme Nikolo ou Niglo dans l'est de l'Autriche et Santaklos ou Klos dans le Tyrol et le Vorarlberg, questionne les enfants pour savoir s’ils connaissent leur catéchisme et leurs prières.

    Si les enfants répondent correctement à ses questions, celui-ci distribue des noix, des pommes, des oranges et des cadeaux.

    Les Krampus qui l'entourent font peur à la foule. Portant un masque de diable cornu et de grosses fourrures, ils agitent des chaînes, poursuivent les gens avec des bâtons et les jeunes filles pour les palper.

    Gare aux enfants qui ne répondraient pas bien aux questions de saint Nicolas ; les mauvais diables essayent alors de les emmener en Enfer dans leur Buckelkraxen : leur hotte !

    Dans certaines parties de l'Autriche comme la Haute Styrie et dans la vallée de l'Enns, saint Nicolas est aussi accompagné de Schab. Les Schabs sont des personnages rembourrés de paille avec de longues antennes sur la tête, des grelots et un fouet.

    Ils accomplissent les Nikolospiele ou « jeux de saint Nicolas ». Précédant saint Nicolas, ils battent une mesure à six temps et marchent à pas lent en faisant claquer leur fouet pour chasser les démons de l'hiver selon la légende13.

    Hongrie

    En Hongrie, les enfants laissent leurs bottes sur le rebord de la fenêtre le soir du 5 décembre.

    Le lendemain matin, saint Nicolas (Szent Miklós traditionnellement, mais plus communément connu sous le nom de Mikulás) aura déposé des bonbons et des cadeaux s'ils ont été gentils, et un bâton (virgács) s'ils ont été méchants (en fin de compte, la plupart des enfants reçoivent des petits cadeaux, mais aussi un petit bâton).

    Saint Nicolas est souvent accompagné par le Krampusz, l'effrayant assistant qui est chargé d'enlever les méchants enfants.

    Luxembourg

    Au Luxembourg, on l'appelle généralement Kleeschen. Ce mot vient de Zinnikleeschen, ce qui est la façon luxembourgeoise de désigner saint Nicolas.

    Le compagnon du Saint-Nicolas luxembourgeois est nettement différent des autres. Le Père Fouettard, appelé Housecker en luxembourgeois, est un petit homme, dont le visage n'est pas visible car il est caché par une énorme capuche.

    Il est habillé d'un vêtement noir ou gris en forme de sac, tenu par une ceinture noire. Il porte un sac avec plein de brindilles, les Ruten, qu'il distribue aux enfants qui n'ont pas été sages.

    Origine De La Fête De Saint-Nicolas   La Suite & Fin..

    Saint Nicolas entre dans le pays deux semaines avant le 6 décembre et, à partir de ce moment-là, tous les soirs, les enfants mettent leur pantoufle devant la porte d'entrée de la maison.

    Le matin, avec émerveillement, les enfants y découvrent une petite friandise ou une Rute, s'ils n'ont pas été sages.

    Pologne

    En Pologne, la Saint-Nicolas s'appelle Mikołaj et c'est une occasion d'offrir et de recevoir des cadeaux supplémentaires avant Noël.

    On profite notamment de cette occasion pour organiser des petites fêtes à l'école pendant laquelle chacun offre un petit cadeau symbolique à un collègue dont le nom est tiré au sort quelques jours avant.

    Suisse

    Origine De La Fête De Saint-Nicolas   La Suite & Fin..

    La Saint-Nicolas est fêtée le 6 décembre en Suisse. En Suisse, la fête donne lieu à des défilés nocturnes. Les Iffelträger défilent en portant d’énormes mitres éclairées...

    Ils sont accompagnés de centaines de personnes qui agitent de grosses cloches et des grelots (en particulier dans la région de Küssnacht am Rigi). À Zurich, ce sont les enfants qui défilent dans les rues avec des masques illuminés.

    Dans d'autres régions du pays, la fête est devenue une affaire commerciale, avec la distribution aux enfants « sages » de friandises (mandarines, noix, pain d'épices, chocolat).

    On confectionne traditionnellement de petits hommes en pâte à pain, que l'on appelle Grittibenz14.

    Pays-Bas

    Aux Pays-Bas, la fête de Sinterklaas est très répandue et d'allure nationale. Deux semaines avant le 5 décembre, Saint Nicolas fait son entrée au pays.

    Il arrive avec sa grande barbe blanche et sa mitre depuis l'Espagne sur un bateau à vapeur que l'on appelle Pakjesboot 12 (Bateau des petits paquets 12).

    Sinterklaas est toujours entouré de ses nombreux assistants, des serviteurs à la peau colorée de noir (descendant dans les cheminées pleines de suies pour déposer les cadeaux, d'où leur couleur) aux tenues vives et répondant au nom de Zwarte Piet (ou Père Fouettard).

    Ces assistants ne sont pas très malins et font parfois des bêtises mais ils aident Sinterklaas dans sa lourde tâche de distribution des cadeaux.


    Chaque année, on choisit une ville différente pour le débarquement du père et il est accueilli par le bourgmestre et les notables de la ville.

    Puis, c'est la tournée à travers les Pays-Bas, et chaque commune lui prépare un accueil. Le 5 décembre, veille de la Saint-Nicolas, a lieu le Pakjesavond, soirée des paquets-surprises.

    Les paquets-surprises donnés par Sinterklaas par la cheminèe ou sur le pallier sont accompagnés de poèmes d'occasion.

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