• Nouvel An et Noël en Russie – coutumes et traditions

    Nouvel An et Noël en Russie – coutumes et traditions

    La période des fêtes de fin d’année vous offre une occasion fantastique de découvrir « la magie de Noël » versions russe. Une escapade à Moscou ou Saint-Pétersbourg vous permettra de découvrir l’inimitable hiver russe, mais aussi les traditions du pays et la singularité historique et culturelle des deux Réveillon en Russie. C’est aussi une belle opportunité de profiter du dur hiver russe dans une ambiance joyeuse, festive et bon enfant. Le Nouvel An est la principale fête russe. Son importance est telle que les questions organisationnelles peuvent tarauder les Russes plusieurs mois avant les célébrations et les préparatifs culinaires peuvent durer plusieurs semaines. Le résultat en est chaleureux et féérique !

     

    1. Calendrier des fêtes de fin d’année
    Nouvel An : 1er janvier
    Noël orthodoxe : 7 janvier
    Les Russes célèbrent les fêtes de fin d’année dans l’ordre inverse par rapport aux pays catholiques, et même de nombreuses autres églises orthodoxes du monde. Le Nouvel An prime tant dans le calendrier que par son importance.

    2. Histoire
    Ded Moroz (Grand-père Gel) et sa petite-fille et assistante Snegourotchka

    Le réveillon du Nouvel an est célébré en Russie dans la nuit du 31 décembre au 1erjanvier depuis Pierre 1er – avant, le Nouvel An était célébré en mars ou en septembre – mais ce n’est que sous le pouvoir soviétique que la fête supplantera Noël, interdit en 1929. Le Nouvel An est officiellement célébré à partir de 1935 et les attributs traditionnels de Noël – Ded Moroz (Grand-père Gel), sa petite-fille et assistante Snegourotchka, le sapin et les cadeaux – sont laïcisés. En 1947, le 1er janvier deviendra un jour férié. Depuis, les célébrations ne cessent de prendre de l’ampleur – aujourd’hui, c’est un véritable congé national de 10 jours.

    De nombreuses fêtes sont organisées pour les enfants par les différents lieux culturels russes. A l’issue d’un spectacle festif, animé par Ded Moroz et Snegourotchka, les enfants repartiront avec un cadeau (généralement un assortiment de bonbons) et de beaux souvenirs.

    3. Table du Réveillon en Russie : plats et traditions
    Table du Réveillon en Russie : plats et traditionsLe Nouvel An en Russie est une fête familiale, célébrée autour de la table réunissant les proches et les amis intimes. La table doit être riche et pleine à craquer – zakousski (amuse-bouche), champagne (russe), salades (olivier-ésalade russe" et hareng en fourrure), mandarines, etc. L’on expédiera d’abord l’année passée, passant en revue les faits mémorables et se souhaitant que les bonnes choses se poursuivent dans la nouvelle année, puis, après les vœux officiels télévisés du président, le carillon du Kremlin retentira à minuit et l’on pourra se souhaiter la bonne année en levant une coupe de champagne. La télévision est donc un élément indispensable dans la célébration de la nouvelle année pour la plupart des Russes. La programmation traditionnelle comprendra les comédies soviétiques, appréciées encore à ce jour, comme L'Ironie du sort ou La Nuit de carnaval.

    4. Croyances et coutumes
    Les Russes étant un peuple très superstitieux, nombre de croyances accompagnent le passage dans la nouvelle année – on portera de préférence des habits neufs, car on passera alors la nouvelle année en habits neufs ; on réglera toutes les dettes avant le réveillon (et on évitera d’emprunter de l’argent cette nuit-là), sinon on devra en régler toute l’année ; on ne dormira pas la nuit du réveillon, sinon l’année sera molle et ennuyeuse (seuls les enfants font exception à la règle) ; la table sera riche de mets et de vins, pour que l’année soit joyeuse et fortunée ; et l’on pensera également à jeter la vaisselle cassée et à laver les fenêtres et les miroirs.

    5. Noël orthodoxe en Russie : histoire et traditions
    La grande messe de Noël dans la cathédrale du Christ Saint-Sauveur de Moscou Noël reste à ce jour une fête purement religieuse pour les Russes. Il a marqué son retour avec l’effondrement de l’Union soviétique et a rapidement attiré les foules dans les églises pour la messe de minuit. Noël est célébré en Russie dans la nuit du 6 au 7 janvier, car l’église orthodoxe russe se réfère toujours au calendrier julien : le calendrier grégorien fut imposé en Russie par le bolcheviks et, ces derniers ayant persécuté l’église, le clergé russe refusa le changement contrairement aux autres églises orthodoxes du monde. Aujourd’hui, la grande messe de Noël est célébrée par le patriarche dans la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou en présence des dirigeants russes et de milliers de croyants. La fête s’inscrit dans le congé annuel de 10 jours, qui court à partir du 1er janvier.
     
    Si vous souhaitez assister à la messe de Noël le 6 janvier, vous trouverez de nombreuses églises et cathédrales dans les différents quartiers de Moscou et de Saint-Pétersbourg. La principale célébration à Saint-Pétersbourg se tient à la cathédrale de Kazan vers 23h30. La laure Sainte-Trinité-Alexandre-Nevski est un choix un peu plus excentré, mais plus authentique. Si vous préférez un endroit moins bondé, optez pour l’église du quartier, mais sachez que tous les lieux de culte célébrant le Réveillon orthodoxe risquent d’être très remplis. A Moscou, optez également pour les églises ou les monastères du quartier et évitez la cathédrale du Christ Sauveur. 

    6. Décorations de Noël
    Décorations de Noël en RussieLes décorations de Noël, composante importante de l’ambiance de Réveillon, sont une tradition très ancienne en Russie. La décoration du sapin est en elle-même un rituel. Pour les Russes, les décorations de Noël sont associées à l’enfance. A ce jour, on fabrique souvent des décorations à la main par des ateliers d’artisanat vieux de plus de 100 ans. Si vous voulez rapporter un souvenir original de votre voyage en Russie en hiver, qui vous rappellera pendant des années le Nouvel An russe et sa riche culture artisanale, les décorations de Noël sont un bon choix !

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  • Les traditions russes sur la semaine du Mardi Gras

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    Les rites du Mardi Gras en Russie

    Les régalades de fêtes à Mardi Gras, la RussieEn effet, on peut appeler le Mardi gras comme la fête la plus gaie sur Russie. Cette fête est considérée comme l'écho des temps d'avant l'ère chrétienne, quand les Slaves étaient encore les païens.

    Autrefois le Mardi Gras était une fête de la commémoration des défunts. La combustion du Mardi gras est ses obsèques, mais les crêpes sont une régalade funèbre. Mais le temps a passé, et les Russes, avides jusqu'à la gaieté et le repos, ont transformé la fête triste à joyeux Mardi gras. Mais la tradition de cuire des crêpes - ronds, jaunes et chauds, comme le soleil, est restée. Et vers elle on avait ajouté les promenades à cheval et les descentes des traîneaux, les combats, les veillées chez belles-mères. Les rites du Mardi Gras sont très extraordinaires et intéressants, puisqu'ils comprennent l’achèvement de la période des rites d'hiver et l'ouverture de la nouvelle période des fêtes et des rites du printemps, qui devaient contribuer à la réception de la récolte abondante.

    On célèbre le Mardi gras la semaine entière devant le Carême. Et en outre chaque jour de la semaine de carnaval était consacré aux rites spéciaux.

    Les costumes de fêtes à Mardi Gras, la Russie Les costumes de fêtes à Mardi Gras, la Russie FLes costumes de fêtes à Mardi Gras, la Russie

    Lundi, Mardi Gras

    Lundi on rencontrait le Mardi gras. Ce jour on faisait l’épouvantail de l’Hiver de la paille, lui mettait de vieux vêtements féminins et avec le chant transportait sur le traîneau en village. Puis on mettait l'épouvantail sur la montagne de neige, où on commençait le patinage sur le traîneau. La descente en traîneau ce n'est pas simple l'amusement, mais un ancien rite. En effet, il est considéré que, celui qui descend de la montagne plus de fois que les autres, celui-là aura le lin le plus haut.

    Mardi, Mardi Gras

    On appelait Mardi «le jeu». De ce jour les distractions de type différent commençaient dans tout le village : les patinages en traîneau, les fêtes populaires, les représentations des bouffons et des théâtres de marionnettes à la tête avec Petrouchka. Dans les rues les gens s’affublés, en masques, se promenaient et organisaient impromptu les concerts gais. On se promenait par de grandes compagnies à travers ville, à cheval et en traîneau simple.

    A Moscou, aucune semaine de carnaval du denier siècle ne se passait pas de la représentation d'ours. L'amusement d'ours était très populaire parmi toutes les couches de la population de grandes et de petites villes, des villages. Les ours dressés faisaient rire le public, en représentant, comme les jeunes filles sont peintes devant le miroir, comme les femmes cuisent des crêpes.

    Les régalades de fêtes à Mardi Gras, la Russie Les régalades de fêtes à Mardi Gras, la Russie Les régalades de fêtes à Mardi Gras, la Russie

    Mercredi, Mardi Gras

    Le mercredi - le gourmand - ouvrait la régalade par le plat de culte, crêpes, et d’autres mets dans toutes les maisons. Dans chaque famille on servait les tables de la bonne nourriture bonne, on cuisait des crêpes, brassait la bière. Il y avait partout des tentes commerciales. On y vendait des sbytegnes chauds (les boissons de l’eau, du miel et des épices), des noisettes séchées au four, des pains d'épice. Directement à la belle étoile, on pouvait boire du thé du samovar bouillant.

    Jeudi, Mardi Gras

    Jeudi - la débauche - on venait des jeux et la gaieté. Notamment à ce temps-là on passait des pugilats chauds de carnaval.

    Vendredi, Mardi Gras

    Si mercredi les gendres se régalaient des crêpes dans la maison de leur belle-mère, vendredi ils organisaient chez eux « les soirées de la belle-mère » avec les crêpes. La belle-mère était engagée à envoyer dès le soir tout le nécessaire à la cuisson des crêpes : poêle, louche etc, mais le beau-père envoyait le sac du gruau de sarrasin et du beurre. L'irrévérence du gendre à cet événement est considérée comme le déshonneur et l'offense, et était le prétexte à l'hostilité éternelle entre lui et sa belle-mère.

    En général sur le Mardi gras la place spéciale était conduite au sujet des relations nuptiales de la famille : sur le Mardi gras on célébrait les jeunes mariés. On organisait aux jeunes les premières visites dans le village : on les mettait vers les poteaux des portes et forçait à s'embrasser sur les yeux de tout le monde, couvrait de vieux laptis (espandrilles trissées en tille) ou de la paille, mais parfois on faisait «les baisers». C’est quand les hommes du même village pouvaient venir à la maison des jeunes et faire le baiser à la jeune. La tradition demandait qu'ils partent «aux gens» dans le traîneau couvert de peinture, faisaient les visites à tous, qui était sur leur mariage. La semaine de carnaval passait aussi dans les visites mutuelles de deux familles récemment apparentées.

    L'épouvantail de Mardi Gras, la Russie Les danses à Mardi Gras, la Russie La crémation de l'épouvantail de Mardi Gras, la Russie

    Samedi, Mardi Gras

    Samedi à la semaine de carnaval était consacré aux veillées de belle-soeurs. De jeunes belles-soeurs faisaient un acceuil cordial des parents.

    Dimanche, Mardi Gras

    Dimanche a reçu le nom "Pardonné". Ce jour les proches demandaient pardon l'un de l'autre pour toutes les offenses et les ennuis; il était usage de de visiter le soir les cimetières et "faire ses adieux" avec des morts. Dans le dernier jour de la semaine de carnaval il y a une action la plus intéressante – la fin des réjouissances du Mardi gras - avec la combustion solennelle de l'épouvantail de l'Hiver. Les gens jetaient les crêpes et les restes de la régalade à un grand feu. On disait aux enfants que toute la nourriture copieuse a brûlé dans le feu, en leur expliquant, pourquoi au Carême on mange seulement la nourriture maigre.

    Les adieux avec le Mardi gras

    Les adieux avec le Mardi gras s'achevaient au premier jour du Carême - lundi Propre, qu’on trouvait comme le jour du nettoyage du péché. Lundi Propre on se lavait obligatoirement dans le bains, mais les femmes lavaient la vaisselle, en la nettoyant de la graisse et de ses restes.

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  • Traditions Russes à Noël

    Traditions Russes à Noël   ..Traditions Russes à Noël   ..Traditions Russes à Noël   .. 

    En quelques jours, beaucoup de nos lecteurs célébreront Рождество(Noël). Comme vous le savez peut-être, la plupart des Russes ne célèbrent pas Noël le 25 décembre, mais plutôt le 7 janvier selon Юлианский календарь (le calendrier julien).

    Tout comme le jour de Noël aux États-Unis, le jour de Noël en Russie est официальный выходной (jour férié officiel). Cela suit les talons des новогодние праздники (vacances de Noël) qui sont également des jours de congé et forment une méga-fête que cette année dure du тридцатое декабря (30 décembre) au) au восьмое января (8 janvier).

    Alors que pour beaucoup cette longue période de зимние праздники(vacances d'hiver) est le temps de la fête et beaucoup de nourriture délicieuse, les Russes (religieux) font le jeûne de 40 jours. Il se termine dans la soirée du 6 janvier, l'heure connue sous le nom de les Russes (religieux) font le jeûne de 40 jours. Il se termine dans la soirée du 6 janvier, l'heure connue sous le nom de Сочельник (Veille de Noël).

    Le mot сочельник est plutôt inhabituel. Contrairement à la “veille” en français, сочельник est seulement utilisé pour décrire la veille de Noël. Les jours avant toute autre fête ou événement sont appelés канун (veille, la nuit de la veille), bien que le mot канун puisse également être utilisé pour Noël.

    • Сочельник - это канун Рождества - La veille de Noël est le jour avant Noël
    • Канун Нового года в России является нерабочим днём - Le réveillon du Nouvel An est un jour de congé en Russie.
    • Накануне Нового года магазины продают больше всегошампанского - Les magasins vendent le vin le plus mousseux dans les jours précédant le Nouvel An.

    Peut-être que vous avez remarqué que le mot сочельник ressemble à un autre mot russe, сочный (juteux). En effet, les deux mots partagent la même racine, сок (jus). La veille de Noël est le jour du строгого поста(jeûne strict) et de la réflexion. Traditionnellement, le jeûne dure до первой звезды (jusqu'à ce que la première étoile apparaisse). Et le plat traditionnel servi à ce point est сочиво également connu sous le nom : кутья, un plat de grains de blé cuit avec des noix, des raisins secs et du miel. D'où le mot pour la fête de Noël - сочельник, le moment où сочивоest mangé.

    La Russie a de nombreuses traditions de Noël. Il y a de nombreuses années, une des traditions les plus aimées a eu lieu в ночь перед Рождеством(la nuit de Noël). Après avoir coupé le jeûne de 40 jours avec la famille, les gens se tenaient debout toute la nuit, promenaient de maison en maison et chantaient колядки (chants de Noël). En récompense, колядующие(ceux qui chantent колядки) donnerait de généreux угощение(rafraîchissements). Cette tradition возраждается (se résurgit).

    Beaucoup de chanteurs se déguisent en mettant des наряды (costumes) et des маски (masques) ou личины (masques, du mot лицо - visage). Ces ряженые (masques), en plus des chansons, jouent des farces sur ceux qui n'étaient pas vraiment plus (généreux) avec la récompense pour le chant ou les costumes.

    La nuit de Noël commence dans une période connue sous le nom de святки(yuletide), un temps pour святочные гадания (diseur de bonne aventure yuletide). Les jeunes filles essayaient гадать (pour lire la fortune) dans les feuilles de thé, les miroirs, la cire de bougie, les bruits de grange, etc. La plupart de ces aventures ont eu à faire avec угадать (deviner) à quoi ressemblerait суженый (Le Prince Charmant), quand il apparaîtrait dans la vie d'une fille, et si la vie conjugale serait heureuse.

    L'une des œuvres les plus célèbres de la littérature classique russe, «Eugene Onegin» de Pouchkine, a une scène où la jeune héroïne, Tatiana Larina, essaie de prédire le nom de son futur mari alors qu'elle se dirige vers la route au milieu de la nuit pour demander son nom au premier passant (qui, selon la croyance, serait aussi le nom de son futur mari).

    Beaucoup d'autres auteurs classiques russes ont écrit des descriptions ou des descriptions de Noël et ses обычаи (coutumes) dans leurs œuvres. L'une des histoires les plus aimées est le conte de fées de Gogol “Ночь перед Рождеством” (La Veille de Noël ou La Nuit qui Précède Noël). Il commence avec le diable à voler la lune, deux ivrognes se perdant dans la tempête de neige et une belle fille faisant une demande déraisonnable d'un jeune homme courageux et beau qui l'adore. Mais tout se termine car les choses devraient se terminer au Noël. Les bons sont récompensés et même les mauvais ne sont pas trop punis.

    Traditions Russes à Noël   ..

    Alors saisissez une copie de la Veille de Noël (disponible en anglais)ouregardez-la en ligne et profitez de la saison. Счастливого Нового года и весёлого Рождества! (Bonne année et Joyeux Noël!)

    Traditions Russes à Noël   ..

     Un repas de Noêl à la Russe

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  • Chandeleur...À Quelle Date Exactement...

    Fête-t-On Les Crêpes En 2019 ?

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    CHANDELEUR 2019 -

      Ce samedi 2 février est le jour J. Origines, traditions, recette... toutes les infos concernant la Chandeleur pour briller en société.

    Date de la Chandeleur

    Samedi 2 février 2019

    Dimanche 2 février 2020

    Origines de la Chandeleur

    Chandeleur : la définition

    Chandeleur et présentation au Temple

    Chandeleur et tradition des crêpes

    Chandeleur : recette des crêpes

    Evènements de la Chandeleur

    Tous à vos poêles ! Quand la Chandeleur 2019 sera enfin arrivée ! L'occasion de célébrer les crêpes. Chaque année la date reste fixe. Il s'agit du 2 février.

    Par contre, le jour de la semaine change :  Les origines de la savoureuse célébration des crêpes conservent un certain mystère pour nombre d'entre nous.

    Aussi bien païennes que chrétiennes, elle puise sa source dans la symbolique des récoltes fertiles et de la lumière divine.

    D'où sa forme ronde et sa couleur de soleil, ainsi que son nom "Chandeleur"...

    Inspiré des chandelles allumées pour commémorer l'épisode biblique de la Présentation de Jésus au Temple.

    Pâte à crêpes, la meilleure recette

    Découvrez cette recette indémodable de crêpes venue de Bretagne. Elle ne nécessite aucun repos de la pâte grâce à sa quantité d'oeufs !

    Comment la date de la chandeleur a-t-elle été fixée et quelle place tient précisément la chandeleur dans notre calendrier ?

    Quel lien existe entre la Chandeleur, devenue fête chrétienne, et les rites païens d'autrefois ?

    Quelle est la signification du mot Chandeleur ? Quelle est la tradition la plus importante de la fête des crêpes ?

    Quelle symbolique recouvrent les chandelles et les crêpes dans cette célébration ?

    Ou encore quelle est la meilleure recette des crêpes pour les faire chez soi ? Toutes les réponses dans ce dossier !

    Qu'est-Ce Que La Chandeleur ?

    La Chandeleur doit son nom à la "Festa candelarum" : en latin, "fête des chandelles".

    Dans la tradition chrétienne, il est d'usage d'allumer des chandelles ou des cierges. Cette tradition est notamment vivace dans les églises...

    Chez les catholiques, le prêtre peut profiter de cette fête pour bénir les chandelles des personnes venues prier, achetées à l'avance et qui seront utilisées dans l'année.

    Les fidèles en ramènent souvent une chez eux et l'exposent à leur fenêtre le 2 février.

    Pour les chrétiens, cette clarté rappelle la "lumière" prodiguée par le Christ et est un symbole du renouvellement de la foi mais aussi de la pureté de la Vierge Marie.

    Autrefois, il était d'usage d'enlever les objets liés à Noël (houx, crèche...) à l'occasion de la Chandeleur.

    Célébrée 40 jours après la veillée de Noël, sa date est fixe, au contraire d'autres évènements comme Mardi Gras ouPâques.

    La Chandeleur de nos jours, ce n'est pas seulement les crêpes, mais aussi le cidre qui les accompagne ! 

    En fonction de la garniture des crêpes, le cidre le plus indiqué peut changer...

    Du cidre à la poire sublimera par exemple les crêpes au chocolat quand du cidre rosé se mariera délicatement avec les crêpes fourrées à la confiture.

    Un bon cidre brut fera l'affaire pour des crêpes à la pomme.

    Date De La Chandeleur

    Le chiffre à retenir est 40. Dans la liturgie chrétienne, la Chandeleur est fixée au 2 février, c'est à dire 40 jours après la veillée de Noël du 24 décembre.

    La date est en effet censée représenter un épisode biblique : la Présentation au temple de l'enfant Jésus par sa mère, Marie.

    Cet évènement raconté dans la Bible aurait eu lieu 40 jours après la naissance du Christ. 

    Plus tard, au IVe siècle, la papauté a fixé la célébration de la naissance du Christ au 25 décembre, jour de la Nativité, c'est à dire Noël. 

    La Chandeleur est donc fixée quarante jours après Noël, au 2 février, dans la tradition catholique.

    Il s'agit du 33ème jour de l'année et même la survenue d'années bissextiles ne change pas sa date. 

    L'Eglise anglicane a dérogé à la règle, en fixant la célébration religieuse au dimanche précédent ou suivant cette date. 

    Pour les orthodoxes, qui ont conservé le calendrier julien, la fête a lieu le 14 février, puisque Noël est repoussé début janvier selon notre nomenclature. 

    Dans certains villages de France, on savoure les crêpes à retardement, lors de la mi-Carême : à mi-chemin du Carême...

    Et ses privations, on fait une pause gourmande en mangeant des crêpes, on se déguise et on participe à des défilés, notamment de carnavals. 

    Contrairement à d'autres fêtes chrétiennes, comme Pâques, la Chandeleur ne glisse pas dans le calendrier au gré d'évènements astronomiques (phases de la Lune, etc.).

    La Chandeleur annonce d'autres fêtes mélangeant liturgie chrétienne et tradition populaire comme Mardi Gras, le carnaval et le Carême...

    Qui ont lieu - ou commencent - de manière générale, courant février (en fonction de la date de Pâques).

    Chandeleur 2019

    Cette année, la chandeleur est prévue le samedi 2 février 2019. De date fixe, elle tombe comme chaque année un 2 février, mais le jour de la semaine change.

    A l'inverse d'une date du calendrier religieux comme le Mardi gras, dont la date change mais le jour de la semaine non...

    Puisqu'il a toujours lieu, comme son nom l'indique, un mardi.

    Chandeleur 2019

    Pour savoir à quel moment de la semaine vous allez déguster vos crêpes, voici les dates des chandeleurs des années suivantes...

    Chandeleur 2019...Samedi 2 février 2019

    Chandeleur 2020...Dimanche 2 février 2020

    Les Origines De La Chandeleur

    Les origines de la Chandeleur demeurent disputées. Dans l'Empire Romain, il était d'usage, mi-février, de fêter les Lupercales.

    Cette période, riche en célébrations débridées (à l'image des Saturnales de la mi-décembre..

    Qui auraient engendré Noël), se célébrait au Lupercal, une grotte située au pied du Palatin à Rome..

    En l'honneur de Faunus, divinité des troupeaux et de la fécondité.

    Or, le mois de février marquait, dans une société fondée sur l'agriculture, une période importante : celle des premières semailles.

    La période correspond également, en Europe du nord, à l'ancien culte celte irlandais d'Imbolc.

    Les paysans célébraient alors la divinité de la fécondité en organisant des parades aux flambeaux. 

    Pas sûr, néanmoins, que ces fêtes païennes aient directement engendré la fête que nous connaissons.

    Des réjouissances célébrant la présentation de Jésus au Temple, quarante jours après la veillée de Noël...

    Sont signalées dans les textes au Proche-Orient dès le IVe siècle.

    Le pape Gélase aurait "officialisé" le rite un peu plus tard, l'étendant à l'ensemble de la chrétienté...

    Qui n'était pas encore divisée (les églises catholiques, orthodoxes ou protestantes apparaîtront bien plus tard). 

    La fête aurait également été popularisée par l'empereur bizantin Justinien. 

    Chandeleur...Sa Définition

    La crêpe Saumon fumé, crème citron-ciboulette...

    Ingrédients

    Valeur nutritive

    4 œufs

    1/2 c. à thé (2,5 ml)de sel

    2 tasses (500 ml)de farine tout usage

    2 tasses (500 ml)de lait (1 %)

    1/4 tasse (60 ml)d'huile végétale

    1 1/2 tasse (375 ml)de crème sure ou crème fraîche

    1/4 tasse (60 ml)d'aneth frais, haché

    2 paquets (150 g) de saumon fumé tranché finement, coupé en petits morceaux

    Préparation

    Étape 1 Mélanger les œufs et le sel dans un bol moyen.

    Ajouter progressivement la farine en alternance avec le lait, en battant au batteur électrique..

    Ou en fouettant jusqu’à consistance lisse.

    Ensuite, battre ou fouetter le mélange avec l’huile.

    Étape 2 Couvrir et réfrigérer la pâte au moins 30 minutes pour permettre à la farine de gonfler et aux bulles d’air d’éclater.

    Étape 3 Vaporiser une poêle antiadhésive de 8 pouces (20 centimètres) ou une crêpière d’aérosol de cuisson.

    Chauffer à une chaleur moyenne à forte, jusqu’à ce que des gouttelettes d’eau grésillent quand vous aspergez légèrement la poêle.

    Brasser la pâte. Verser environ 3 c. à table (45 ml) de pâte dans la poêle d’un coup.

    Incliner et pivoter rapidement la poêle pour enduire uniformément le fond de pâte.

    (La pâte devrait s’étendre facilement. Si elle a épaissi durant le temps de repos, ajouter 2 c. à table (30 ml) de lait à la pâte dans le bol.)

    Étape 4 Cuire jusqu’à ce que le dessous de la crêpe soit doré, environ 45 secondes.

    Retourner la crêpe. Cuire de 15 à 30 secondes et la mettre dans une assiette.

    Répéter avec le reste de la pâte en ajoutant de l’enduit à cuisson à la poêle si les crêpes commencent à coller.

    Étape 5 Mélanger la crème sure à l’aneth dans un petit bol.

    Tartiner environ 1 c. à table (15 ml) du mélange sur une crêpe.

    Disposer quelques morceaux de saumon sur le dessus.

    Plier la crêpe en quartiers ou la rouler. Répéter avec les autres crêpes.

    Remplacer la garniture de crème sure et d’aneth par de la tartinade de fromage à la crème à l’aneth.

    Les crêpes restantes peuvent être empilées en les séparant par du papier ciré, avant de bien les emballer.

    Elles peuvent être surgelées jusqu’à 4 mois.

    Comment définir la chandeleur en quelques mots ? 

    Comme les origines latines et païennes de la fête ne sont pas tout à fait avérées..

    Il est de coutume de dire que c'est une fête catholique.

    Pour compléter la définition, la chandeleur commémore la présentation au temple de Jésus...

    D'où le nom d'origine de la célébration : "fête de la présentation".

    Dans sa version longue, la définition de la chandeleur fait également allusion à la "purification de Marie". 

    Une "tradition de la loi de Moïse", précise le site liturgiecatholique.fr...

    Selon laquelle la mère doit accomplir le rite de purification après l'accouchement. (Lévitique 12, 8). 

    Chandeleur & Présentation Au Temple ?

    Pour Les Chrétiens, Le 2 Février Correspond À Un Épisode Biblique...

    La Présentation de Jésus au Temple. Il est raconté par l'évangéliste Luc...

    "Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur selon ce qui est écrit dans la Loi...

    Tout premier né de sexe masculin sera consacré au Seigneur".

    Traditionnellement, le rite juif demandait aux parents d'un nouveau né de participer à une cérémonie de purification de la mère, quarante jours après l'accouchement. 

    Dans la Bible, Marie et Joseph se présentent au Temple à Jérusalem (qui fut plus tard détruit par Rome)...

    À ce moment précis et procèdent au sacrifice de deux colombes, selon les préceptes révélés par Moïse. 

    Un vieil homme sage nommé Syméon serait entré dans le Temple et aurait reconnu la "nature divine" du nouveau-né en le prenant dans ses bras.

    L'homme aurait vu dans l'enfant la "lumière" qui éclairerait les païens. 

    La scène de la présentation au Temple a servi de sujet à de nombreux peintres : Fra Bartolomeo, Hans Holbein, Philippe de Champaigne, Simon Vouet...

    Un cantique en est aussi né, ou chant de Syméon, composé à partir des paroles qu'aurait alors tenues le prophète...

    "Maintenant, Seigneur, tu peux me laisser m'en aller dans la paix, tu peux me laisser reposer... car mes yeux ont vu le Salut que tu prépares à la face des peuples."

    Chandeleur & Tradition Ses Crêpes

    Chair dorée et forme de disque, leur apparence ressemble à celle de la galette de l'Epiphanie.

    Selon la croyance populaire, les crêpes figurent le retour du soleil après les nuits à rallonge de l'hiver .

    En ce début du mois de février, l'astre se lève de plus en plus tôt à l'est et se couche de plus en plus tard...

      À l'ouest (la durée du jour s'allonge de 3 minutes par jour).

    La consommation de crêpes serait donc un hommage à la renaissance de la nature, au cycle de saisons et plus précisément au printemps qui s'annonce.

    Dans les campagnes, on disait aussi que la farine de l'année serait perdue si elle ne servait pas aux crêpes de la Chandeleur.

    Aux alentours du Ve siècle, les paysans utilisaient donc la farine en trop des semailles pour préparer des crêpes symbolisant une prospérité à venir. 

    La version qui prétend que le pape Gélase distribuait des crêpes aux pauvres romains semble apocryphe. De nombreuses traditions liées aux crêpes ont vu le jour, notamment en France. 

    L'une d'elles consiste à tenir un louis d'or (ou plus communément, une pièce de monnaie) dans une main et à retourner une crêpe en la jetant en l'air depuis sa poêle.

    Une retombée élégante et non pliée de la pâte serait de bonne augure pour les finances du foyer.

    Par ailleurs, les plus supersticieux conserveront la première crêpe dans une armoire...

    Là, elle aurait le don d'attirer la chance.

    Chandeleur...La recette Des Crêpes

    Rappel important pour la saison de la Chandeleur...

    La recette des crêpes ! 

    Pour réaliser les crêpes les plus simples, la recette est bien connue.

    D'abord, mettre de la farine dans un saladier. Ajouter ensuite du sucre, des oeufs et du beurre fondu.

    Battre ensuite le tout, en versant petit à petit du lait...

    Vous obtiendrez ainsi une pâte fluide et lisse.

    Il convient ensuite de laisser reposer la pâte à température ambiante pendant une à deux heures.

    Une phase ultra-importante, qu'il convient de ne pas éviter. 

    Après cela, vous pouvez verser cette pâte sur une poêle chauffée.

    N'oubliez pas d'étaler de l'huile sur la poêle entre chaque crêpe à l'aide d'un essuie-tout.

    Sans cela, il sera impossible de la faire sauter, comme l'exige la tradition de la Chandeleur.

    Pour bien la faire voler, décollez là d'abord légèrement avec une spatule...

    Puis secouez la poêle, pour vous assurer que la crêpe est bien décollée.

    Ensuite, un coup de poignet sec et ferme devrait donner le résultat escompté ! 

    Une fois que vous connaissez la recette basique des crêpes, toutes les variantes de garniture sont permises...

    (Nutella, marmelade d'orange, sucre et citron, crème de marron et chantilly, banane sauce chocolat...) et se déclinent presque à l'infini. 

    On peut aussi s'inspirer des crêpes "tendances", à l'image de celles de l'hiver dernier, qui d'après le magazine

    Elle étaient : la crêpe en mode "câlin", soufflée et moelleuse ; la crêpe version décalée, avec des combinaisons telles...

    Que beurre-sucre-yuzu-shiitaké-jambon truffé chez Gigi dans le "e arrondissement de Paris ou encore la crêpe façon luxe comme dans les grands restaurants qui marient langoustine et blé noir. 

    Événements Liés À La Chandeleur

    Le jour de la Chandeleur de l'an 962, l'empereur Othon Ier est sacré Empereur des Romains.

    En 1440, c'est Frédéric de Habsbourg qui devient à son tour maître du Saint-Empire romain germanique. 

    En 1610, le roi de France Henri IV signe une alliance avec les principautés protestantes allemandes...

    C'est l'un des motifs qui conduiront à son assassinat, quelques mois plus tard. 

    En 1920, l'Estonie accède à l'indépendance à l'issue d'une guerre contre l'armée rouge soviétique. 

    Vingt-trois ans plus tard, en 1943, cette même Armée rouge remporte une victoire historique...

    En mettant fin à la bataille de Stalingrad, disputée depuis des mois avec les nazis. 

    En 1990, l'ANC, le parti politique de Nelson Mandela est légalisé...

    L'Afrique du sud met progressivement fin à la politique d'apartheid.

    Neuf ans plus tard, Hugo Chavez devient officiellement chef de l'Etat au Vénézuela. 

    Chandeleur & Proverbes

    A la fête de la Chandeleur correspondent de nombreux proverbes, souvent liés à la météo.

    De "À la Chandeleur, l'hiver se meurt ou prend vigueur" (indice...

    "Si la Chandeleur pleure, l'hiver ne demeure") à "À la Chandeleur, grande neige et froideur" en passant par "Si le ciel n'est ni clair ni beau...

    Nous aurons plus de vin que d'eau (Bordelais)", les pronostics sur la fin ou le maintien des températures hivernales vont bon train.

    "À la Chandeleur, la neige est à sa hauteur" signifie même dans la tradition du proverbe...

    Que c'est souvent le jour de la Chandeleur que le Québec connaît son épaisseur de neige maximum.

    La Chandeleur au Luxembourg, un petit air d'Halloween

    La Chandeleur n'est pas fêtée qu'en France. Au Luxembourg, la fête des chandelles est appelée Liichtmëssdag, et les enfants en sont les rois.

    Le 2 février, des grappes de bambins parcourent les rues avec un lampion fait maison à la main et entonnent des chants traditionnels dans les maisons ou les magasins.

    La fête ressemble à Halloween sans les costumes effrayants : en effet les enfants peuvent espérer obtenir en récompense...

    De leurs efforts des sucreries ou de la petite monnaie (avant, on remettait aux marmots du lard, des petits pois ou encore des biscuits). 

    Les Îles Chandeleur

    C'est au large du Golfe du Mexique, près des côtes de la Louisiane. 

    Un ensemble d'îles y porte le nom de Chandeleur. L'explorateur français Pierre Le Moyne d'Iberville les a découvertes le 1er février 1700.

    Une Veille De Chandeleur...  

    Chandeleur & Gourmandise 

    Avec ses crêpes, la Chandeleur éveille l'intérêt des gourmands.

    Pour autant, les disques de pâte ronds et dorés à la poêle ne sont pas les seules mets sucrés consommés ce jour-là.

    A Marseille, on se rue sur les navettes chaque 2 février.

    Les savoureuses pâtisseries en forme de barque sont traditionnellement parfumées à la fleur d'oranger. 

    Quant à la Corse, on y confectionne bien des crêpes mais leur pâte contient de la farine de châtaigne.  

    Avec cette vidéo TF1, partez à la rencontre d'une famille de crêpiers depuis quatre générations 

    Jean-Claude Prado, 70 ans, crêpier depuis 55 ans
    Carnac possède un établissement incontournable...

    Une crêperie, fondée en 1959 par Jean-Claude Prado.

    A l’époque, ce sont ses grands-parents qui tenaient un café à cet endroit.

    A la mort de son grand-père, Jean-Claude investit les lieux avec sa mère pour en faire une crêperie.

    Plus de 50 ans après, le restaurant est un passage obligé à Carnac !

    Aujourd’hui, c’est sa fille Gaëlle et son gendre Yvan qui sont aux commandes de la crêperie...

     

    La Chandeleur, c'est ce jeudi 2 février !

    Cette fête, aujourd'hui chrétienne, trouve ses origines dans les rites païens.

    Elle symbolise la lumière et la prospérité... Et pas mal de gourmandise au dessert !

     

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  • Langue du blason, contemporaine
    de la formation du français
    (D’après « Ma revue : hebdomadaire illustré pour la famille », paru en 1907)
     
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    Sans doute la connaissance de la langue du blason est de nos jours moins utile pratiquement que la connaissance d’une langue étrangère. Si on ne l’enseigne point aux examens d’entrée de nos grandes écoles, elle présente un réel intérêt historique : contemporaine de la formation de notre langue elle-même, elle a conservé un certain nombre d’expressions vigoureuses et pittoresques.
     
     

    Les littérateurs ont très souvent emprunté à la langue du blason des vocables. Le poète José-Maria de Heredia (1842-1905) a fait tout un sonnet qui utilise et met en valeur les expressions héraldiques. Il importe donc d’en connaître le sens. C’est d’ailleurs une excursion dans le passé qui ne manque ni d’attrait, ni d’imprévu.

    Indiquons d’abord sommairement quelle est l’origine primitive de ces blasons, de ces écus, de ces armoiries qui servaient, en quelque sorte, de signe distinctif aux familles nobles. Voici un siècle, les armoiries se gravaient encore sur les cartes de visite ou se peignaient sur la portière des voitures de maîtres. Elles s’inscrivaient également sur les portefeuilles, sur les porte-cartes, où elles figuraient en métal précieux sur les cuirs de luxe, souples et fins.

    Blason de la famille de La Trémoïlle
    Blason de la famille de La Trémoïlle :
    d’or au chevron de gueules accompagné de trois aiglettes d’azur,
    becquées et membrées du second

     

    Mais leur usage originel était plus belliqueux. Aux débuts de notre histoire, les combats de grandes masses étaient inconnus. On ne connaissait guère que le corps à corps et l’opposition de petites unités. Dans ces luttes, où les seules armes employées étaient la lance et l’épée, les mêlées n’étaient pas seulement fréquentes, mais étaient la règle. Comment les soldats auraient-ils reconnu leur chef, sous son épaisse armure, sans un signe distinctif, bien clair, bien caractéristique ? Tel était au début le rôle et l’utilité des armoiries.

    Le mot blason vient du verbe allemand blasen, qui veut dire souffler et aussi sonner du cor. Dans les combats singuliers et les tournois, un héraut d’armes avait pour mission, avant que les combattants n’entrassent en lice, de sonner du cor et de proclamer à haute voix les armoiries, le blason de chacun des chevaliers qui se présentaient au tournoi.

    Les couleurs du blason sont au nombre de sept : le bleu, le rouge, le vert, le noir, le violet, le jaune et le blanc. Les cinq premières de ces couleurs sont désignées sous le nom d’émaux et portent en langage héraldique les noms suivants : azurgueulessinoplesablepourpre. Les deux dernières sont dites métaux et se nomment or et argent. A ces sept couleurs, il faut joindre deux autres tons, dits fourrures et qui sont l’hermine et le vair.

    La pièce essentielle des armoiries est l’écu, en forme de bouclier. Mais il existe aussi des pièces accessoires, qui servent à distinguer les différents degrés de dignité et marquer les différences, les particularités de famille à famille. La première et la plus importante de ces pièces accessoires est le timbre, qui sert uniquement à désigner le rang, le titre. Donnons comme exemple la tiare papale, le chapeau des cardinaux, les croix, les couronnes, les casques.

    Les tenants sont des images latérales qui semblent supporter, soutenir, tenir l’écu. Ce sont des figures humaines ou symboliques. Elles sont quelquefois remplacées par des animaux ou des êtres chimériques. Dans ce cas, on les appelle des supports.

    La devise est une inscription formée d’un ou de plusieurs mots, formant un texte ou une maxime. Elle est inscrite au-dessous de l’écu sur une banderole, qui prend plus souvent le nom de listel.

    La partie supérieure de l’écu se nomme chef ; la partie basse : pointe ; le côté : dextre à droite, senestre à gauche. Quand l’écu ne présente qu’une seule couleur, on dit qu’il est simple, plain ou plein. Quand il est orné de plusieurs émaux, on dit qu’il est composé ou divisé. Les lignes qui divisent l’écu, selon le contour des couleurs, s’appellent partitions. On dit alors que l’écu est coupépartiécartelétranchétaillé, ou gironné, selon la direction des lignes qui le divisent.

    Blason de la famille Failly
    Blason de la famille Failly :
    d’argent au houx de trois feuilles arraché de gueules, accompagné de
    deux merlettes de sable affrontées en pointe

     

    Ces divisions de l’écu ont donné naissance à des figures conventionnelles, qu’on appelle pièces. Les plus fréquentes sont les besants, figure arrondie, colorée d’un des deux tons métalliques (or et argent de la gamme héraldique). Les tourteaux ont la même forme, mais empruntent leur teinte à l’une des cinq couleurs émaux, dont nous avons parlé plus haut.

    Enfin, il faut citer les pièces dites meubles d’armoiries, animaux, étoiles, croissants, qui se subdivisent en figures naturelles, artificielles ou chimériques. Voici quelques exemples de figures naturelles : le soleil, le croissant, le léopard ; de figures artificielles : la roue, l’ancre, le pont ; de figures chimériques : le dragon, la sirène, le chérubin.

    Quelques exemples donneront une idée du pittoresque et de la précision de la langue héraldique. Lorsque le lion est dressé sur ses pattes, on dit qu’il est rampant ; lorsqu’il est représenté marchant, on dit qu’il est passant ; couchant, lorsqu’il est étendu sur le ventre. Le lion naissant montre seulement la moitié supérieure de son corps. Contourné, il regarde la partie gauche de l’écu ; quand il sort d’une pièce, il est issant. On indique la couronne qu’il porte en disant qu’il est couronné de... Quand ses griffes et sa langue sont d’un émail différent, on dit qu’il est armé de... ou bien lampassé de... Sans queue, il est diffamé. Sans griffe ni langue, il est morné. Deux lions qui se regardent sont dits affrontés ; quand ils se tournent le dos, on dit qu’ils sont adossés.

    Ces indications très simples, très élémentaires ne permettent évidemment pas de lire couramment la langue du blason. Mais elles suffisent à la déchiffrer, à la comprendre dans ses éléments essentiels. Elle fait partie de ces langages spéciaux, dont Théophile Gautier disait qu’ils sont, avec les langages techniques, la meilleure école pour bien écrire le français.

     

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  • Pain mangé par nos aïeux :
    sa nature, son prix
    (D’après « Le Petit Journal. Supplément illustré », paru en 1920)
     
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    La question du pain a toujours préoccupé les instances gouvernementales. Rappelons que c’est seulement par lettres patentes de 1305 (exactement du mercredi après l’octave de Pâques de l’an 1305) que les bourgeois de Paris reçurent de Philippe le Bel la permission de cuire leur pain dans leurs maisons et de se vendre du pain les uns aux autres. C’était créer le boulanger, et abolir tacitement la servitude des fours banaux.
     
     

    Du temps des premiers rois capétiens, Paris n’avait qu’un four banal auquel chaque habitant portait cuire son pain. En 1137, la reine Alix, veuve de Louis VI le Gros, en fit bâtir un deuxième sur la terre de Champeaux, sur l’emplacement où se trouvèrent par la suite les Halles. Plus tard, l’évêque de Paris en fit construire un troisième pour les bourgeois de Saint-Germain-l’Auxerrois. Puis eurent leur four les religieux de Saint-Germain-des-Prés, l’abbé de Saint-Maur-des-Fossés, les chanoines de Saint-Marcel, etc. De là, les nombreuses rues du Four, dont les unes ont été emportées par l’expropriation, les autres débaptisées pour éviter les confusions.

    Les ordonnances royales sur la boulangerie, la vente des farines, la fabrication du pain sont innombrables. Charles V décide, en 1366, que les boulangers seront tenus de ne faire que deux sortes de pains, l’un de deux, l’autre de quatre deniers ; six ans plus tard il reconnaît trois qualités de pain et en règle expressément les prix : le pain blanc ou pain de Chailli, pesant 25 onces 1/2, se vendra deux deniers ; le pain bourgeois, de 37 onces 1/2 se vendra deux deniers ; quant au pain de brode, de qualité inférieure, il pèsera 36 onces et se vendra la modique somme d’un denier.

    Ne concluez pas de ceci que nos aïeux du Moyen Age connaissaient le pain blanc tel que nous le mangeons aujourd’hui. Il n’en est rien. Ce pain blanc, qu’ils dénommaient pain de Chailli, et qui était le pain des riches, ne leur paraissait blanc que parce qu’il était moins noir que les autres. Mais le véritable pain blanc est un progrès tout moderne. Et d’ailleurs, les hygiénistes, partisans du pain complet, vous diront que ce n’est même pas un progrès et que nos aïeux, en mangeant du pain noir, mangeaient peut-être de meilleur pain que le nôtre.


    Le pain. Extrait du Tacuinum sanitatis (fin du XIVe siècle)

     

    Peu à peu, la boulangerie fait des progrès. Au XVe siècle, nous sommes loin des trois sortes de pain de Charles V. Les chartes en énumèrent plus de quinze variétés. Il y a le pain de cour, le pain de chevalier, d’écuyer, de chanoine, le pain pour les hôtes, pour les servants, pour les valets ; il y a même des gâteaux légers faits d’un pain spécial, le pain semainiau que les oublieux vendent par les rues et qu’ils annoncent par ce cri : « Oublies chaudes, oublies renforcées, échaudés ! »

    Dès cette époque, les gens aisés, la haute bourgeoisie, la noblesse mangent d’un pain presque blanc, qui, pour être moins raffiné que celui d’à présent, est déjà bien allégé des éléments qui constituent le pain complet. Le peuple des villes mange du pain bis. Quant aux « vilains » des campagnes, le bon blé qu’ils récoltent n’étant pas pour eux, ils se repaissent de pain d’orge, de seigle, de méteil, de son pétri en pâte grossière.

    Au XVIIe siècle encore, même à la cour on mangeait du pain bis ; et, trop souvent, de qualité inférieure. Héroard, médecin de Louis XIII, raconte dans son Journal, que le prince, alors dauphin, jeta un jour son pain parce qu’il était pourri.

    D’Avenel assure que le pain rassis était en ce temps-là de consommation courante puisqu’en beaucoup de maisons bourgeoises, on ne chauffait le four qu’une fois par mois. Les montagnards du Dauphiné cuisaient leur pâte en octobre pour tout l’hiver ; aussi devenait-elle si dure qu’il fallait la couper à la hache comme du bois.

    Il n’en va pas beaucoup mieux au siècle suivant. N’a-t-on pas maintes fois cité le mot du duc d’Orléans, jetant un jour sur la table du Conseil, devant Louis XV, un pain fait de détestable farine et disant : « Voilà, Sire, de quel pain se nourrissent vos sujets ! » Au dire d’un contemporain de Louis XV, il n’y avait pas alors, en Europe, plus de 2 millions d’hommes mangeant du pain blanc. Et encore, ce pain était-il vraiment blanc ? D’Avenel rapport encore qu’en Beauce, patrie du froment, le paysan ne mangeait que de l’orge et du seigle ; en Normandie et en Bretagne, il se nourrissait de blé noir, partout il avait recours à l’avoine. « Le méteil même, jusqu’à la Révolution, demeura du luxe ; en beaucoup de villages de la région parisienne, on ne mangeait du pain blanc que le jour de la fête patronale ».

    Le pain blanc est une conquête du XIXe siècle. Donnons, au cours de ce siècle, quelques aperçus du prix du pain. De 1804 à 1812, 0 fr. 60 les 2 kilos ; en 1812, 0 fr. 90 ; de 1823 à 1853, 0 fr. 80 ; de 1865 à 1885, 0 fr. 70 ; en 1904, 0 fr. 75 ; en 1920, 1 franc. Le prix est alors amené à plus que doubler, l’Etat ne pouvant continuer à acheter le blé cher et à faire vendre au consommation le pain bon marché, ce qui fait dire à l’époque que, d’une part, nos pères, en quelques circonstances rares de famine causée par les guerres, n’auront jamais connu le pain à un tel prix, d’autre part il importe de ne pas gaspiller ce pain blanc que nous mangeons et que nos aïeux eussent considéré comme du gâteau.

    A ce sujet, reproduisons ici un passage extrait du célèbre livre de Jules Vallès, Jacques Vingtras : « J’ai, dit Vallès, le respect du pain. Un jour, je jetais une croûte ; mon père est allé la ramasser. Il ne m’a pas parlé durement comme il le fait toujours. Mon enfant, m’a-t-il dit, il ne faut pas jeter le pain ; c’est dur à gagner. Nous n’en avons pas trop pour nous ; mais si nous en avions trop, il faudrait le donner aux pauvres. Tu en manqueras peut-être un jour et tu verras ce qu’il vaut. Rappelle-toi ce que je te dis là, mon enfant ! Je ne l’ai jamais oublié.

    « Cette observation qui, pour la première fois peut-être dans ma vie de jeunesse me fut faite sans colère, mais avec dignité, me pénétra jusqu’au fond de l’âme ; et j’ai eu le respect du pain depuis lors. Les moissons m’ont été sacrées : je n’ai jamais écrasé une gerbe pour aller cueillir un coquelicot ou un bluet ; jamais je n’ai tué sur sa tige la fleur du pain !

    « Ce qu’il dit des pauvres me saisis aussi, et je dois peut-être à ces paroles prononcées simplement ce jour-là d’avoir toujours eu le respect et toujours la défense de ceux qui ont faim. Tu verras ce qu’il vaut... Je l’ai vu. »

     

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  • Jeux de la Tarasque : le coeur
    de Tarascon bat pour un dragon
    (D’après « L’Illustration », paru en 1846)
     
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    Relatant les jeux de la Tarasque se déroulant en 1846, un chroniqueur du temps nous explique qu’alors, au milieu de cette population en rumeur, à entendre ces cris de fête, à voir ces costumes d’un autre temps, l’on pourrait se croire en plein Moyen Age. Et d’ajouter : « Vous auriez beau ressusciter à Paris le dragon de saint Marcel, à Vendôme le dragon de saint Bienheuré, à Rouen la gargouille, à Reims la kraulla, à Poitiers la grande Gueule ou la bonne sainte Vermine, à Troyes la Chair salée, à Metz la Grouille, etc., vous n’exciteriez pas le délire et l’enthousiasme qui exaltent ces imaginations méridionales, quand on leur crie que la tarasque va courir !
     

    Il semblerait que c’est hier qu’ils ont été délivrés, par un miracle, du monstre antédiluvien qui ravageait le littoral des Bouches-du-Rhône, rapporte encore ce témoin des réjouissances de l’année 1846 liées à l’ancestrale légende de la Tarasque ; que c’est hier que sainte Marthe est venue exprès de la Palestine pour éteindre ses fureurs avec quelques gouttes d’eau bénite ; et que, dans la procession qui aura lieu plus tard pour célébrer les vertus de leur céleste libératrice, les Tarasconais seront persuadés qu’ils la voient elle-même conduire en laisse, avec un ruban, cette espèce de crocodile ou de saurien, dont l’appétit ne pouvait se satisfaire qu’avec de petits enfants, voire même avec des adultes.

    Le monstre a existé, poursuit notre chroniqueur ; vous avez au moins une de ses vertèbres dans les fossiles de Cuvier. Sans croire pieusement à tous les détails de la légende de sainte Marthe, je crois au monstre avec tous les géologues modernes ; et je ne consens nullement à partager l’opinion de ces savants archéologues qui voient dans les jeux de la tarasque une allégorie mystique, où le paganisme est représenté par un dragon, et le christianisme par une vierge armée de l’aspersoir.

    La Tarasque
    La Tarasque

     

    Le roi René arrangea en roi littérateur ces divertissements populaires ; il y ajouta quelques scènes, et les remit en faveur, comme fit Shakespeare pour les vieilles pièces du théâtre anglais ; mais il respecta la tradition, et n’inventa rien ; il n’inventa surtout pas la tarasque, serpent de l’espèce de celui que le chevalier Gozon détruisit à Rhodes, qui avait réellement habité les environs de Tarascon, et qui, d’après une autre légende manuscrite, fut tué par un chasseur artésien ; exploit qui valut à la famille d’Arlatan le privilège de prélever un droit sur la récolte annuelle du kermès.

    Quelle que soit l’origine de ces jeux, nous apprend encore l’auteur de ce récit paru dans l’Illustration à la demande du rédacteur de la revue, ils ont été exécutés cette année à Tarascon avec une pompe extraordinaire. On eût dit que les Tarasconais, en voyant les rails de deux chemins de fer se croiser sur leur ville, pressentaient que c’en était fait des vieilles traditions, des vieux usages, des vieilles fêtes, et qu’avec la civilisation nouvelle il n’y aurait bientôt plus place pour la tarasque elle-même sur la place publique ; ils semblaient lui adresser un solennel adieu ; et quelque jour, nous le pensons nous-même, le spectacle que nous voudrions esquisser ne conservera d’autres vestiges que les lithographies de l’Illustration. Mais déjà on entend les fifres et les tambourins ; allons voir défiler la bravade : c’est le prologue de la pièce, la revue préliminaire des personnages principaux.

    Où nous placer ? Il n’est que neuf heures du matin, et la foule encombre toutes les rues : les fenêtres sont garnies de dames, les toits ont leurs spectateurs, et tous les gradins des échafauds attestent, par la diversité des costumes, que plus de trente mille curieux sont arrivés de vingt lieues à la ronde : la belle juive d’Avignon n’a pas eu peur d’être insultée, comme la Rébecca de Walter Scott au tournoi d’Ashby-la-Zouche ; la protestante des Cévennes a oublié ses rigueurs puritaines ; elle a les yeux aussi animés que l’Arlésienne, qui est doublement fière de se sentir la plus belle de toutes par ses charmes naturels et l’élégance de sa toilette.

    Ce serait une douce occupation d’étudier ces spectatrices si fraîches et si bien parées... ; Mais voici le cortège. En tête marchent les héros du jour, les tarascaïres ou chevaliers de la tarasque, sur deux rangs ; ils sont trente environ, précédés de leur chef qui porte le bâton du commandement, et suivis de leur drapeau, sur lequel est représentée la tarasque. Leur costume brille par la dentelle et la soie ; à leur écharpe en sautoir pend l’image de la tarasque, décoration dont ils sont plus glorieux qu’un grand d’Espagne de l’image de la Toison d’or ; leur cocarde est rouge et bleue, ce sont les couleurs de la tarasque.

    A la grande satisfaction des fabricants de Nîmes et de Saint-Étienne, il s’est débité depuis la veille je ne sais combien de mètres de rubans de cette nuance : chaque tarascaïre en décore le nerf de bœuf et la longue fusée qui arment ses mains ; il en distribue à ses amis et à ses hôtes, aussi prodigue de ces faveurs bicolores que les héritiers constitutionnels de l’empereur du ruban de sa Légion d’honneur.

    Après les chevaliers de la tarasque vient un corps de musique, c’est-à-dire, de tambourins et de fifres appartenant à la corporation des vignerons, que vous voyez avec les ustensiles de leur travail, des ceps de vignes, des gourdes, des barillets, etc. Les derniers de ces enfants de Noé traînent une corde qui servira à la cérémonie. Ils sont suivis de quatre hommes, dont deux portent un baril connu sous le nom de bouto embriagou (le tonneau d’ivresse) ; les deux autres ont sur l’épaule de longues barres.

    La coiffure des deux premiers est burlesquement composée avec le fond de leurs sacs, que les deux autres ont plié autour du buste. Après eux se déploie encore une bannière, et puis vous reconnaissez les jardiniers, qui se sont munis de toute espèce de plantes potagères, de choux monstres, d’artichauts ; quelques-uns ont préféré des faisceaux de fleurs ; celui-ci porte un arrosoir, celui-là une pompe, et les trois derniers ont tressé une longue guirlande en rameaux de buis. Qui prend rang après les horticulteurs ? La houlette indique que ce sont les bergers, dont l’un porte un barillet rempli de cette espèce d’huile qu’on extrait du genévrier, et appelée ici oli de cadi.

    Aux bergers succèdent les ménagers ou agriculteurs, y compris les charretiers et les garçons de ferme. Un second groupe de tambours et de fifres complète le cortège, qui, avant de défiler, est allé entendre la messe à Sainte-Marthe. Un repas de corps attend les diverses corporations ; mais quand une heure sonnera, elles seront toutes à leur poste.

    A une heure après-midi, a lieu la première course de la tarasque. Lagadeou, lagadeou ! la tarascou, la tarascou ! Lagadeou, lagadidadeou, la tarascou, lou casteou ! (le château) Lagadeou ! est le cri traditionnel qui annonce l’approche du monstre : lagadeou ! mot sacramentel qui ferait tressaillir un Tarasconais, n’importe dans quel lieu du monde vous le prononceriez ; lagadeou ! mot talismatique dont se servira l’ange du jugement dernier, pour ressusciter toutes les générations qui dorment dans le cimetière de Tarascon. Le château (lou casteou !) est encore un cri local, le château de Tarascon étant l’unique monument de la ville, un modèle d’architecture militaire qui, par sa date et son style, appartient au règne du bon roi René.

    Une explosion d’artifices annonce bientôt la tarasque elle-même sur la place de la Mairie, où la foule frémissante l’appelle par ses cris. A son aspect, les acclamations redoublent. Les mères montrent à leurs enfants cet animal extraordinaire, masse informe, abritée sous une carapace d’où sort une tête de dragon, jetant par les naseaux des gerbes de feu.

    Procession de la Tarasque
    Procession de la Tarasque

     

    Quelques tarascaïres, cachés dans les entrailles de la tarasque, ont soin d’entretenir ce souffle infernal avec leurs fusées ; d’autres, poussant le monstre, lui prêtent une agilité extraordinaire ; mais il faut se garder surtout de sa queue, longue poutre qui se meut en tout sens, et qui a plus d’une fois cassé bras et jambes ; car ce jeu est sérieux pour ceux sur qui la tarasque se retourne tout à coup à l’improviste ; et c’est alors que la tarasque a bien fait (a ben fa), comme on dit du taureau qui blesse ou tue un toréador ; c’est alors qu’on crie plus haut : Lagadeou ! la tarascou !...

    Heureusement, cette année, le nombre des boiteux et des manchots de Tarascon ne s’est pas augmenté. La tarasque a décrit toutes ses évolutions avec toute sa fureur traditionnelle ; mais les fuyards ont couru plus vite qu’elle ; ceux qui l’ont poursuivie se sont toujours écartés à propos, ou ils en ont été quittes pour, quelques contusions.

    La bouto-embriagou n’a pas non plus envoyé beaucoup d’estropiés à l’hôpital. Pendant que la tarasque se repose de sa première sortie, les hommes aux sacs et aux barres, qui sont des portefaix, courent avec leur tonnelet suspendu à la corde ; ils renversent tous ceux qui se laissent toucher par leurs barres et par la bouto-embriagou, dont l’oscillation continuelle rend cette course assez originale.

    Un épisode invite tout à coup au recueillement au milieu du tumulte. Notre-Dame des Pâtres vient en personne assister à la fête, escortée de ceux que nous avons vus défiler avec leurs houlettes. Notre-Dame se présente sur l’animal qui eut l’honneur de servir de monture à la sainte famille lorsqu’elle se réfugia en Egypte. Notre-Dame elle-même a pris la forme d’une petite fille toute rayonnante, d’une innocente beauté, d’une petite fille jolie comme on raconte que l’était Marie enfant, dans l’évangile apocryphe de la Vierge.

    Deux gracieuses figures du même âge, que la coquetterie maternelle a couvertes de bijoux, sont assises avec elle sur le trône en baldaquin qu’on a artistement fixé sur l’ânesse. Admirez-les sans profane indiscrétion ; car, dans le cortège des bergers, il en est un de qui il faut vous défier, celui qui porte la provision d’huile visqueuse avec laquelle on goudronne la laine des moutons hargneux. Pendant que vous êtes là à vous ébahir, le nez au vent, il trempe une baguette dans son huile et vous la passe sur la lèvre supérieure, de manière à y laisser une sale et puante moustache. Les rieurs ne seront pas de votre côté, si vous êtes la victime de cette grossière malice.

    Tenez-vous aussi à une distance prudente des ouvriers qui viennent piocher la terre et y planter leurs ceps. Il en est deux qui traînent chacun un bout de la corde dont ils se sont servis pour délimiter le champ du travail. Au moment où la foule se serre autour de ces vignerons, la corde se déploie, et ses replis tendus s’ouvrent pour fouetter les jambes des badauds, qui se renversent les uns sur les autres.

    La musique annonce une autre scène : c’est l’enfant Jésus qui a voulu, lui aussi, comme sa mère, venir voir les jeux de la tarasque. En l’absence de l’ânesse, il a accepté l’offre du robuste personnage à qui sa complaisance pour l’enfant divin a valu le nom grec de Christophe (Christo-Phore) et le titre de patron des portefaix. Saint Christophe, avec sa robe de soie fanée, semble avoir été autrefois un grand seigneur ruiné ; le petit Jésus, intronisé sur ses larges épaules, a tout le luxe d’un enfant de sang royal, le diadème sur le front, et en main la croix qui a sauvé le monde.

    L’enfant se sert de sa croix pour bénir les fidèles ; mais saint Christophe, dont la statue herculéenne est placée ordinairement au vestibule des églises, se conduit en vrai saint d’antichambre : il s’est armé d’un balai terminé par une touffe d’orties, et, sous prétexte de nettoyer la voie publique pour son divin fardeau , il s’adresse aux jambes des curieux. Les cris de la mauvaise humeur des patients, comme les joyeux éclats de rire, se perdent, dans la musique des tambourins et des fifres qui précèdent l’enfant au céleste sourire et le géant goguenard.

    Les jardiniers ont aussi leur intermède : ils ont orné une charrette d’un dôme de feuillage et de fleurs, sous lequel ils s’abritent ; vraie décoration à l’italienne, digne de la ville où l’on admire à bon droit la tonnelle de M. Audibert, le Vilmorin et le Loudon de la Provence. A ce char triomphal sont attelées des mules, animal employé ici à tous les travaux agricoles. Tout à coup elles partent au galop. Malheur à ceux qui se trouvent sur leur passage ! ce n’est pas seulement qu’ils risquent d’être écrasés, mais les jardiniers, qui ont avec eux leurs arrosoirs et leurs pompes, font tomber au loin une pluie d’orage.

    A l’averse de terre succède la trombe marine, lorsqu’un autre char en forme de bateau, connu sous le nom de l’Esturgeon, signale la présence des mariniers du Rhône dans la fête. Les pompes des bateaux lancent leur déluge plus haut que les pompes des jardiniers. Si vous n’avez été qu’arrosé une première fois, vous êtes noyé une seconde.

    Les malices des ménagers sont plus innocentes, et dignes de l’âge d’or. Il en est bien parmi eux qui, feignant de prendre votre soif en pitié, vous invitent à donner l’accolade à leur calebasse, et, l’approchant eux-mêmes de vos lèvres, vous inondent au lieu de vous désaltérer ; mais la plupart se contentent de figurer sur leurs mules dans la promenade de saint Sébastien, distribuant çà et là des petits pains. A leur tête marche un timbalier, qui bat la mesure à la musique. Cette cavalcade fait sourire les spectateurs venus de Montpellier, qui disent tout bas qu’ils préfèrent à la tarasque lou Chivalé, comme on l’appelle, dans le département de l’Hérault, le cheval de la danse mauresque que j’ai vu exécuter autrefois sur la place de la Canourgue.

    Peut-être les Tarasconais abandonneraient-ils à votre critique quelques détails de leurs fêtes ; mais gardez-vous bien de médire de la tarasque qui a fourni ses trois courses entre les scènes d’intermèdes ! Vous seriez traité de sacrilège et expulsé de la ville, si vous n’y étiez pendu ; car la tarasque est à la fois, pour Tarascon, ce qu’était le Palladium pour la ville de Priam, le Veau d’or pour Israël idolâtre, le dieu Bel pour les Babyloniens.

    Attaquer la tarasque, c’est attaquer le Tarasconais dans ses affections, son honneur, sa religion même. Lorsque, sous la Restauration, le comte d’Artois (Charles X) passa à Tarascon, le royalisme local se manifesta en offrant au prince une petite tarasque en or !

     

     
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  • Chandeleur : entre coutumes
    et croyances
     
    (D’après « La Tradition », paru en 1904)
    Publié / Mis à jour le JEUDI 1ER FÉVRIER 2018,
     
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    La fête de la Chandeleur, qui aujourd’hui n’est plus chômée en France, a pour objet de rappeler la présentation, au Temple, de l’enfant Jésus né quarante jours plus tôt la nuit de Noël, et la purification de la Sainte-Vierge. Son nom lui vient des cierges bénits qu’on y portait en procession à l’église.
     

    Le pape Gélase (472) jugeant plus sage de christianiser un usage païen que d’essayer de le détruire, l’aurait substitué, d’après Bède le vénérable, moine et historien anglais du VIIe siècle, aux antiques Lupercales romaines, ou, d’après d’autres auteurs, aux fêtes de Proserpine et de Cérès, qui se célébraient à la même époque et où l’on portait aussi des torches allumées.

    Aujourd’hui, la Chandeleur n’est plus fêtée que par l’Église catholique, le 2 février, et les paysans chez qui se sont encore conservées les traditions ancestrales. Et ces traditions ont quelque chose de curieux que nous voulons raconter.

    C’est une des superstitions et des coutumes de la vieille France qu’à la Chandeleur on fait des crêpes dans l’âtre du laboureur et que chacun doit retourner la sienne. « À la Chandeleur, dit Abel Hugo, si les paysans ne faisaient point de crêpes, leur blé de l’année serait carié. Et celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse pas tomber dans les cendres, ou qui ne la rattrape point dans la poêle, sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur — de l’argent, cette forme tangible du bonheur — jusqu’à la Chandeleur de l’année suivante. »

    Crêpes de la Chandeleur
    Crêpes de la Chandeleur

     

    Qu’elle est jolie, cette coutume des crêpes. Le laboureur de France, qui bat sa farine pour en faire de légères pâtes dorées qu’il retourne avec soin afin que son blé de la moisson prochaine soit bon et dense, se doute-t-il qu’il rend, comme le firent ses ancêtres perdus dans la nuit des siècles, un hommage à la blonde Cérès ? Que de traditions de ce genre dans nos mœurs et qui — devenues inexplicables aujourd’hui — subsistent encore, en dépit des années et des révolutions ! Il y a l’atavisme des coutumes comme il y a l’atavisme des tempéraments, des caractères et de la chair.

    Depuis que la Chandeleur existe, il y a eu des parties de crêpes homériques. Nous en connaissons du temps de Henri II et aussi du XVIIIe siècle qui seraient toutes intéressantes à raconter. Citons seulement cet exemple qui doit, il le faut, passer à la postérité :

    Avant de partir pour la campagne de Russie, Napoléon, fêtant la Chandeleur, faisait une partie de crêpes. Arriva son tour de « tenir la queue de la poêle ».

    — Si je retourne celle-ci, dit-il, je gagnerai la première bataille !

    Et la crêpe se retourna ronde comme une lune.

    — Si je retourne cette autre, je gagnerai la deuxième !

    Et encore la crêpe tournoya comme un louis d’or. La troisième fit de même ; quant à la quatrième, comme un torchon boueux, elle roula dans la cendre. Celle-là, c’était la Bérézina ! Peut-être, durant l’incendie de Moscou, qui éclairait ses premiers revers, l’empereur se rappela-t-il la quatrième crêpe du palais des Tuileries.

    Dans nos campagnes, on fait encore bénir le jour de la Purification un cierge neuf. On l’allume et on essaie de le rapporter « tout clairant » à la maison : s’il ne s’éteint pas, c’est un heureux présage, et celui qui le tient est sûr de ne pas mourir dans l’année.

    Le cierge de la Chandeleur passe pour le plus précieux des talismans contre les sortilèges et les maléfices. Quand un animal domestique est malade, on fait couler trois ou quatre gouttes du cierge dans son breuvage. On l’allume pour conjurer la foudre lorsque l’orage gronde On l’allume aussi pour bénir les premiers communiants et les fiancés avant leur départ pour l’église : de même lorsque le prêtre vient administrer les derniers sacrements à un mourant.

    La fête de la Chandeleur est aussi consacrée aux amoureux. Les jeunes filles et jeunes garçons qui veulent savoir ce que l’avenir leur réserve, font une neuvaine à la chapelle de la Vierge. Le dernier jour écoulé, le jeune homme, une fois endormi, verra en rêve celle qui sera son épouse, et inversement. Dans la Haute-Saône, les fiancés devaient se rendre, le 2 février, à la source la plus voisine pour y échanger des gâteaux. Toutes ces coutumes, dont le sens symbolique échappe souvent, remontent à la plus haute antiquité. Enfin, les proverbes nous affirment que, s’il fait beau le jour de la Chandeleur, l’hiver reprendra pendant quarante jours.

     

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  • Chandeleur (La) d’autrefois
    et l’indispensable rituel des crêpes
     
    (D’après « Annales politiques et littéraires », paru en 1903)
    Publié / Mis à jour le MERCREDI 1ER FÉVRIER 2017,
     
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    A l’occasion de la Chandeleur 1903, Jules Claretie, de l’Académie française évoque ses souvenirs de jeunesse liés à une fête qui, indissociable de crêpes possédant l’étrange pouvoir d’augurer d’un avenir bon ou mauvais, était perçue comme un héritage ayant vaillamment traversé les siècles. Voici son émouvant témoignage.
     
     

    J’étais occupé, tout à l’heure, à lire les journaux du matin, lorsqu’on est venu m’interrompre : « Monsieur, monsieur, c’est aujourd’hui la Chandeleur ! C’est le jour des crêpes ! »

    Et toute une suite de ressouvenirs m’est revenue y, la mémoire ; les lointains jours de février, quand la bonne Julie me tendait la poêle où, sur la couche de beurre doré, elle avait versé la pâte blanche finement délayée et, très émue, se demandait si monsieurallait bien retourner sa crêpe.

    C’est une des superstitions et des coutumes de la vieille France, un de ces vieux débris de traditions populaires que les folkloristes ramassent et gardent dans leurs recueils, comme des ossements de mastodontes dans les musées de province. Il y a tout un monde de légendes, de croyances poétiquement puériles que des savants, qui sont aussi des poètes, ont juré de ne point laisser périr. Et ils vont, à travers champs, faisant leurs gerbes de souvenirs, recueillant de la bouche des paysans, des vieilles gens, toutes ces traditions orales qui se perdraient sans ce soin pieux.

     

    A la Chandeleur, dit Abel Hugo dans sa France pittoresque, si les laboureurs ne faisaient point de crêpes, leur blé de l’année serait carié. Et celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse pas tomber à terre ou qui ne la l’attrape point dans la poêle, sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur – de l’argent, cette forme tangible du bonheur – jusqu’à la Chandeleur prochaine.

    C’est pourquoi la pauvre Julie, autrefois, était si inquiète lorsque je prenais et tenais, comme on dit, la queue de la poêle. Mais quel rire joyeux quand la crêpe, lancée en l’air, retombait correcte clans la poêle chaude après avoir tournoyé sur elle-même devant le fourneau tout rougi ! Une bonne Chandeleur équivalait, pour la brave servante, à une certitude de succès. Et, pendant les heures lourdes de toute une année, aux moments de trouble et de doute, quelle consolation de se rappeler la Chandeleur passée et de se dire, quand on a la foi des pauvres gens : « Bah ! tout finira par s’arranger, les crêpes ont été bien retournées ! »

    La Chandeleur ! Le nom est joli, il évoque la vision des processions anciennes et des cierges brillant aux mains des croyants. Nodier a écrit un conte exquis, la Neuvaine, en songeant à ces vieilles coutumes qui ne sont peut-être que la continuation de fêtes païennes. Le paysan de France, qui bat sa farine pour en faire des crêpes afin que son blé soit bon, se doute-t-il qu’il rend, comme le fit tel ancêtre anonyme perdu dans la nuit des temps, un hommage à Cérès ?

    Que de traditions de ce genre dans nos mœurs et qui subsistent encore, en dépit des siècles ! Il y a l’atavisme des croyances et du mystère comme celui des tempéraments et de la chair. L’humanité est une grande personne un peu vieillie qui se chante parfois à elle-même, pour se rajeunir, les chansons de sa nourrice et se conte doucement les contes d’autrefois...

    Que si tout homme qui tient, en France, la queue d’une poêle quelconque a fait des crêpes lundi, pour la Chandeleur de l’an nouveau, je souhaite qu’il ait adroitement retourné sa galette, pour le bonheur des siens et pour notre sécurité à tous.

    Une Chandeleur ensoleillée, c’est une promesse de gelée et nous devons, paraît-il, souhaiter de la neige pour la santé de Jean Blé-Mûr. Les vieux proverbes le disent tous :

    Neige que donne février
    Met beaucoup de bled au grenier.

    Pluie et neige de février
    Valent autant que du fumier.

     

    Faites donc entendre ces vérités populaires à ces Parisiens qui se préoccupent surtout d’avoir du beau temps pour les futures cavalcades. L’agriculture ? Qu’est-ce que c’est que ça, et le blé ne pousse-t-il pas tout seul ? De toutes les décorations instituées poux la gloire des boutonnières humaines, celle dont le Parisien se soucie le moins est peut-être la plus respectable : le Mérite agricole.

     

     
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