• Tempête en Héraldie

    soleil noir

    image d’Héraldie

    Ce matin le Soleil est de sable, c’est à cause d’un petit carré de sinople qui, lorsqu’il se répand sur le plan d’argent, puise toute l’énergie du Soleil qui bientôt va mourir sauf si un autre petit carré de sinople vient conjurer l’action du premier.

    Les Héraldiens ne veulent pas disparaître dans la vallée de l’ombre et de la poussière alors ils sont parvenus tant bien que mal à mettre le petit carré de sinople sous contrôle. Mais  le Blasonneux déclare que même si le carré de sinople est sous contrôle, le Soleil de sable est une force difficile à maîtriser car il est l’expression des souvenirs les plus ténébreux d’Héraldie. Cependant sa Dame pense que l’autre petit carré de sinople est en train de se configurer et que par conséquent Héraldie retrouvera son équilibre.

     

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    Toujours est-il que le Bestiaire héraldique n’entend pas se laisser ainsi menacer par un petit carré de sinople. La Licorne la première montre au petit carré qu’elle peut faire aussi bien que lui. Sa belle encolure peut être de sable mais dans un ciel d’argent et ses pieds peuvent rester d’argent tout en défiant l’océan de sable. Trois Grenouilles de sinople l’accompagnent pour rappeler au petit carré qu’elles ne le craignent pas. Quant aux Chevaliers héraldiens, ils sont d’argent et ravagent avec la Licorne, l’océan de sable.

    Le Soleil de sable ne craint pas la Licorne d’argent et de sable, il ne craint rien d’ailleurs sauf celui qu’il veut détruire : le Soleil d’or.

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    Alors cachant le petit carré de sinople, il se dit qu’il allait s’amuser un peu. Il se métamorphose en mille sombres oiseaux illustrant une obscure psychose et ainsi envahit lui-même le plan d’argent. De temps en temps les corbeaux de sable se transforment en Aigles-Taureaux de sable également, mais attention ! le lecteur averti voit très bien qu’il ne s’agit pas des véritables Aigles-Taureaux héraldiennes, les pattes roses les trahissent. La véritable Aigle-Taureau possède des pattes d’or ou de gueules selon qu’elle est ange ou démon. On ne badine pas avec les couleurs en Héraldie ! Or le soleil de sable se trahit lui-même en ne respectant pas le code des couleurs. De ce fait personne n’est effrayé par le lugubre ballet du Soleil de sable, les Héraldiens détestent tourmenter leur âme. Ils sont prêts à tout pour supprimer la cause de leurs tourments. « Soleil de sable ne nous nargue pas trop ! pensent-ils, tu n’es pas le bienvenu ici. »

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    Ainsi, comme le Soleil de sable a caché le petit carré de sinople, les Héraldiens décident de le chercher partout afin de neutraliser son action. Tout objet de sinople devient alors suspect et les fameux bouviers d’or se mettent à garder les lieux particulièrement de sinople. Les bouviers d’or sont plutôt simples et heureux de vivre si bien qu’ils ne sont pas effrayés sur les champs de sinople.

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    Par contre le lièvre d’argent panique lorsqu’il se trouve en terrain de sinople, même son sommeil en est troublé car il voit des Goupils de gueules le poursuivre.

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    Mais aujourd’hui un détail important marque l’attention des Héraldiens : sur un triangle de sinople on distingue un arbre d’argent manifestement paresseux et en détresse. Serait-ce ici que se trouve le carré de sinople ? Les Héraldiens après maintes recherches ne voient rien mais se souviennent de la remarque du Blasonneux : « C’est juste un petit carré de sinople sur un plan d’argent. Mais ce carré, certains jours, en occupe toute la surface. Il s’y répand telle une tache d’huile sur la mer. Ces jours-là, le soleil est noir. Il luit au fond de la vallée. » N’y aurait-il pas un lien entre le carré de sinople et l’arbre de Paresse d’argent ? Les Héraldiens décident alors d’aller chercher le Blasonneux pour faire le point avec lui et dès qu’ils arrivent devant lui, horreur ! Ils voient clairement le petit carré de sinople. C’est bien lui! Il n’y a pas de doute, le carré de sinople est là devant eux près du carré d’argent.

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    Interdits, les Héraldiens n’osent pas bouger. Tous les oiseaux d’Héraldie se taisent sauf les corbeaux de sable qui reprennent leur lugubre ballet se métamorphosant de temps en temps en faux Aigles-Taureaux, même le vent s’arrête, on dit que certains Héraldiens ont vu à cet instant précis l’ombre de l’Aigle bicéphale passer puis repartir aussitôt, saisie d’effroi. Déjà le Lion héraldique se teinte de sable tant sa peine est lourde, il sait qu’il ne peut pas laisser le Blasonneux en liberté, le carré de sinople est trop dangereux pour l’équilibre d’Héraldie. Ce dernier cependant plaide sa cause : « Mais, il est sous contrôle ! », sa Dame pleure et se tord les mains de douleur : « Je vous assure qu’un autre petit carré de sinople est en train de se configurer, il annihilera l’action de celui-là, je vous en prie, donnez du temps au Blasonneux, faites-lui confiance. »

    Mais le Lion héraldique ne pouvait prendre ce risque. Le Blasonneux est alors enfermé au cachot et les bouviers d’or qui maintenant n’avaient plus aucune raison de surveiller les champs de sinople en gardent l’entrée.

    Héraldie est maintenant sans dessus-dessous. Tous les animaux deviennent incertains, les Chiens d’azur se mettent à danser, les coqs demandent grâce, voyez le cavalier d’argent dans quel état il est, il ne sait plus où donner de la tête ! La Licorne d’argent frôlant la folie se coiffe d’un bicorne à cocarde.  Même les corbeaux de sable deviennent monstrueux et se mêlent aux autres Héraldiens.

    Le Griffon d’or, le cousin du Lion héraldique, devient de gueules et voici que soudain triple tête il porte ! Sa trajectoire ronde, se fermant sur lui ne le conduit nulle part, alors il grogne, revenant sans cesse à son point de départ : « Toujours personne en vue ! Serais-je seul au monde ? »

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    Devant un tel désastre, le Lion héraldique, fou de désespoir, lutte férocement contre son désir de tuer  le Blasonneux.  Le soleil de sable l’envahit mais armé et langué de gueules, il parvient à garder un soupçon de lucidité : « Non, tuer le Blasonneux n’est pas une solution,  tuer le Blasonneux est sûrement ce que veut le soleil de sable, tuer ne mène à rien, le mal resurgit toujours ailleurs… Il trouvera… le Blasonneux trouvera en lui-même la solution… »

    Épuisé, le Lion héraldique tombe dans un profond coma, laissant son peuple en proie à une folie furieuse.

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    Les sages bouviers d’or qui ont les deux pieds bien sur terre parviennent malgré ce chaos en Héraldie, à garder leur âme en accord avec l’Univers. Ils gardent donc tranquillement le cachot du Blasonneux, encouragés par des Minotaures volants. Cependant le coma du Lion héraldique, l’enfermement du Blasonneux, plongent Héraldie dans une période douloureuse.batracien
    Les nuits sont terriblement longues et seuls quelques batraciens d’or éclairent l’obscurité épaisse, plus aucun Héraldien ne se promène au clair de lune et les étoiles ont disparu, alors les Héraldiens se couchent et dorment en espérant uniquement que demain sera un jour meilleur.autres-jongleursLes journées sont rougeoyantes tant les Héraldiens désirent se débarrasser du petit carré de sinople qui, lorsqu’il se répand sur le plan d’argent, puise toute l’énergie du Soleil qui bientôt va mourir. Alors pour les distraire, des Jongleurs léonins parcourent l’Héraldie, ces Jongleurs sont certes habiles et gracieux mais ils ne sont que des commensaux du Lion héraldique terrassé par le coma. Sans leur Lion, les Héraldiens se sentent déjà à moitié morts.Enfermé dans son cachot,  le Blasonneux est de plus en plus taciturne. Le petit carré de sinople qui l’habite est tranquille maintenant à l’ombre de ce cachot pour achever son silencieux travail de sape! Et en effet  le Blasonneux se vide de sa vie à vue d’oeil, le pire est qu’il se laisse faire, persuadé qu’on ne peut pas échapper à son destin. Il se met à répéter inlassablement les mots : « Enfermant. finissant. Rien n’est dit. Jamais. Parce que rien n’est vraiment vécu.» Il se met à rêver qu’un boulet de fonte traîne à ses pieds. Chaque jour lui pèse. Chaque individu lui apparaît comme un monde finissant, craquelé et moisi. Il se prend à penser que rien ne tient, tant le petit carré de sinople, travailleur acharné, le harcèle en revenant malgré lui à la surface, mettant à jour des souvenirs ténébreux qui le tuent. Sans relâche le petit carré de sinople appelle le soleil de sable qui bientôt viendra éteindre la dernière luminosité qui anime encore  le Blasonneux.
    Heureusement, le plus sage des Bouviers d’or qui le gardent s’aperçoit de son état et se souvient que le lion héraldique a dit que la mort n’était pas une solution, si bien qu’il alerte ses compagnons qui aussitôt avertissent les Minotaures volant. Sans tergiverser et malgré le coma du Lion héraldique, l’ordre de libérer le Blasonneux est donné.ar-gl-pourLes Minotaures volant cependant mandent l’Oie sauvage de sable parce qu’ elle a si souvent croisé le soleil de sable au cours de ses vols qu’elle en est imprégnée, mais armée et becquée de gueules elle sait comment lui résister. Elle seule, pensent les Minotaures volant, peut trouver une issue à cette situation inextricable. Les Goupils d’azur deviennent d’argent afin d’aider l’Oie sauvage de sable à lutter contre le petit carré de sinople qui envahit le plan d’argent.(Certes le lecteur averti se dit sûrement que cette Oie n’a pas l’air très sauvage mais qu’il se détrompe en lisant la suite)Dans l’ Héraldie, de sable la nuit et rougeoyante le jour, l’Oie sauvage de sable armée et becquée de gueules n’est ni plus ni moins que le Lion héraldique qui était lui-même de sable armé et langué de gueules. Il revient d’un lointain séjour où il a rencontré les plus grandes puissances d’Héraldie, au moins aussi puissantes que le petit carré de sinople, différemment certes mais de force sûrement égale.

    Le Lion héraldique qui a pu, au cours de son voyage, s’entretenir avec les Juges d’or d’Héraldie, revient avec la ferme intention de se débarrasser du petit carré de sinople. Tant sa colère est grande que son corps est devenu de gueules, sa tête a cependant encore les traits de l’Oie sauvage de sable. Le Lion héraldique est ivre de colère si bien que les Goupils d’argent pour s’en protéger préfèrent se déguiser en Ânes d’argent volants. Le Lion héraldique ordonne que le Blasonneux soit placé sur une Nef de sable voguant sur une mer d’argent, car il doit affronter son destin, les Vents d’or veillent néanmoins sur lui.

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    Alors on voit un effroyable combat s’organiser sur les flots d’Héraldie. Un combat intérieur intense, vue la densité du chargement des Nefs, dont les répercussions altèrent l’équilibre cosmique de toute l’Héraldie. La mer s’agite et devient de sinople, tous les Héraldiens comprennent qu’il s’agit du petit carré qui s’étend sur le plan d’argent. Les Licornes, les Mouettes, les Étoiles, d’argent viennent lui faire signe mais rien n’y fait la mer de sinople devient de plus en plus houleuse.

    Le Blasonneux semble avoir perdu le contrôle de sa Nef car le gouvernail d’argent qui pourtant était fort solide, vient de se détacher.

    Mais alors que les vagues s’apprêtent à engloutir la Nef de plus en plus fragile et désorientée, et cela malgré la voile d’argent qui vient d’être hissée, un Hibou d’or tenant un rameau d’argent se manifeste dans le ciel.asnelles copy.pngLa mer redevient alors ondée d’azur et d’argent, les Héraldiens réalisent que le Blasonneux entre dans une période religieuse, sans doute s’interroge-t-il sur des questions existentielles. Le Lion héraldique accompagné de poissons volants, le tout d’argent, l’encouragent à poursuivre sa réflexion intérieure. Même si de temps en temps, il se laisse distraire par quelques Trolls hilares.pauillac copyLe calme apparemment s’installe sur les flots, l’argent semble avoir pris le contrôle du carré de sinople puisque l’équilibre s’installe entre le sable et l’argent. Alternativement en effet, la Mouette de sable et la Mouette d’argent tournoient autour du signe de l’Harmonie.paris-nef-d-argent copyQuand soudain surgit une hideuse Nef de sinople et de sable, énorme, très probablement invincible.saint-nicolas-de-port copy.pngL’Ange contemporain des Grandes Pyramides est alors dans l’obligation d’intervenir s’il ne veut pas que le carré de sinople triomphe. Aidé de quatre Lunes d’argent, des Licornes d’argent et des Goupils d’argent déguisés en Ânes volants, il parvient à rétablir l’équilibre de la Nef du Blasonneux. Même une petite Étoile de mer de gueules participe, car elle se dit qu’elle est peut-*
    être utile
     
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    La Nef devient d’or puis d’argent puis d’or et d’argent, tant le combat intérieur du blasonneux est agité. Ces atermoiements durent longtemps, longtemps… « Mais que fait le Blasonneux ? pensent les Héraldiens, quand prendra-t-il enfin le Taureau par les cornes ? L’Ange contemporain des Grandes Pyramides est patient certes, mais il ne peut pas rester en permanence à côté du blasonneux, il doit prendre en main son destin lui-même ! »L’événement tant espéré se produit alors :  le Blasonneux devient subitement le maître incontesté de sa Nef voguant sur une mer d’or.nef taureau.pngimage d’HéraldieTous les Héraldiens  sont persuadés que cette prise de position sera durable. Pourquoi? parce que sur la voile d’argent, on voit que les cornes du Taureau  sont de sinople, cela signifie que le Blasonneux  contrôle totalement le carré de sinople, il est à son service désormais, entièrement lié à son esprit. Le petit carré de sinople est assujetti à sa volonté. Le Blasonneux est libre maintenant de naviguer vers son étoile.helsinkiLorsque tout fut calme à nouveau en Héraldie, on vit, naviguant sur une mer d’argent, un Fringant papillon, le pilote des Nefs héraldiennes. Il savourait cette victoire sur le petit carré de sinople. Il avait eu si peur qu’au cours de ce terrible combat sur la mer héraldienne, Héraldie soit engloutie. Que serait-il devenu lui qui vivait là, parmi sur ses fleurs?Pour fêter la fin du combat, on fit venir des tonneaux du meilleur vin d’Héraldie. Les Héraldiens chantèrent et dansèrent toute la nuit jusqu’au lever du soleil d’or.ares copy.png
    Fin du conte : Tempête en Héraldie,

    inspiré et illustré par Cochonfucius

    Pierrette

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  • LA FABLE DU PÊCHEUR MEXICAIN

    ****

    « Sur les ordres de son médecin, un homme d’affaires américain est parti en vacances au Mexique, dans un petit village au bord de la mer.

    Le premier matin, incapable de se rendormir après un coup de téléphone urgent de son bureau, il sort marcher jusqu’à la jetée pour se changer les idées.

    Un petit bateau avec un pêcheur à son bord est à quai et dans le bateau, il y a plusieurs gros thons jaunes. L’Américain complimente le Mexicain sur sa pêche.

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     « Vous les avez pris en combien de temps ? », demande l’Américain.

    « Pas très longtemps », répond le Mexicain dans un anglais impeccable.

    « Pourquoi est-ce que vous ne restez pas en mer plus longtemps pour prendre davantage de poissons ? » demande alors l’Américain.

    « J’en ai suffisamment pour faire vivre ma famille et en donner quelques uns à des amis », dit le Mexicain tout en déchargeant sa pêche dans un panier.

    « Mais… et le reste du temps, vous faites quoi ? »

    Le Mexicain relève la tête en souriant: « Je me lève tard, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme, Julia, et, tous les soirs je vais jusqu’au village, boire du vin et jouer à la guitare avec mes amis. J’ai une vie riche et bien remplie, señor. »

    L’Américain éclate de rire et bombe le torse: « Monsieur, j’ai un MBA de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez passer davantage de temps à la pêche et, avec les bénéfices, acheter un plus gros bateau. En un rien de temps, vous pourriez acheter plusieurs bateaux. Et vous finirez à la tête d’une flottille de pêche. »

    Il poursuit: « Au lieu de vendre votre poisson à un intermédiaire, vous le vendriez directement aux consommateurs, et vous finiriez par ouvrir votre propre conserverie. Vous contrôleriez le produit, la transformation et la distribution. Il vous faudrait alors quitter ce petit village, naturellement, pour vous installer à Mexico, puis à Los Angeles et, pourquoi pas, à New York, où vous trouveriez les bonnes compétences pour continuer à développer vos activités. »

    Le pêcheur mexicain demande alors : « Mais señor, ça va prendre combien de temps, tout ça ? »

    A quoi l’Américain répond: « Oh, quinze à vingt ans. Vingt-cinq max. »

    « Et après señor ? »

    L’Américain rit et dit: « C’est là que ça devient vraiment intéressant. Au bon moment, vous entrez en bourse, vous vendez le capital de votre société et vous devenez très riche. Vous gagneriez des millions. »

    « Des millions, señor ? Et après ? »

    « Après? Vous prenez votre retraite et vous vous installez dans un petit village au bord de la mer, où vous dormez tard, pêchez un peu, jouez avec vos enfants, faites la sieste avec votre femme et allez faire un tour au village le soir, boire du vin et jouer de la guitare avec vos amis… »

    Le temps est ce qu’on a de plus précieux. Alors, pourquoi l’échanger contre toujours plus d’argent ?

    Pour gagner du temps ?

    Ça n’est pas logique !

     ****

    Pas étonnant que cette petite fable plaise tant au célèbre Pierre Rabhi  !

    Citation : " Ainsi pourrons-nous remettre l’humain et la nature au coeur de nos préoccupations, et redonner enfin au monde légèreté et saveur.

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  • Philosophes hardis, qui passez votre vie
    A vouloir expliquer ce qu'on n'explique pas,
    Daignez écouter, je vous prie,
    Ce trait du plus sage des chats.
    Sur une table de toilette
    Ce chat apperçut un miroir ;
    Il y saute, regarde, et d'abord pense voir
    Un de ses frères qui le guette.
    Notre chat veut le joindre, il se trouve arrêté.
    Surpris, il juge alors la glace transparente,
    Et passe de l'autre côté,
    Ne trouve rien, revient, et le chat se présente.
    Il réfléchit un peu : de peur que l'animal,
    Tandis qu'il fait le tour, ne sorte,
    Sur le haut du miroir il se met à cheval,
    Deux pattes par ici, deux par là ; de la sorte
    Partout il pourra le saisir.
    Alors, croyant bien le tenir,
    Doucement vers la glace il incline la tête,
    Apperçoit une oreille, et puis deux... à l'instant,
    A droite, à gauche il va jetant
    Sa griffe qu'il tient toute prête :
    Mais il perd l'équilibre, il tombe et n'a rien pris.
    Alors, sans davantage attendre,
    Sans chercher plus longtemps ce qu'il ne peut comprendre,
    Il laisse le miroir et retourne aux souris :
    Que m'importe, dit-il, de percer ce mystère ?
    Une chose que notre esprit,
    Après un long travail, n'entend ni ne saisit,
    Ne nous est jamais nécessaire.
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  • La Fable Du Porc-Épic !

    La Fable Du Porc-Épic ! La Morale De Cette Histoire !

    C'était l'hiver le plus froid jamais vu.
    De nombreux animaux étaient morts en raison du froid.
    Les porcs-épics, se rendant compte de la situation 
    avaient décidé de se regrouper.

    De cette façon ils se couvraient et se protégeaient eux-mêmes! 

    Mais les piquants des porcs-épics de chacun
    blessaient leurs compagnons les plus proches
    même s'ils se donnaient beaucoup de chaleur les uns aux autres.

    Après un certain temps, ils ont décidé de prendre leur distance l'un de l'autre et ils ont commencé à mourir, seuls et congelés.

    Alors, ils devaient faire un choix :
    accepter les piquants de leurs compagnons ou disparaître de la terre. 
    Sagement, ils ont décidé de revenir en arrière pour vivre ensemble. 

    De cette façon, ils ont appris à vivre avec les petites blessures
    causées par l'étroite relation avec leurs compagnons
    mais la partie la plus importante était la chaleur qui venait des autres.
    De cette façon, ils ont pu survivre. 

    La meilleure relation n'est pas celle qui rassemble les gens parfaits, 
    mais le mieux est quand chacun apprend à vivre 
    avec les imperfections des autres et on peut y découvrir et admirer
    les bonnes qualités des autres personnes. 

    La morale de l'histoire : 
    « Apprendre à aimer les piquants dans notre vie. » 

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  • L’AIGLE ET LE ROITELET

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     Un jour il y eut une grande dispute entre l’aigle et le roitelet.

    Vous direz que la dispute était étrange et devait être inégale, car entre un oiseau aussi puissant et aussi terrible que l’aigle et un tout petit roitelet de rien du tout, on pourrait penser que la lutte serait vite terminée !!

    Voici quel était l’objet de leur contestation. Ils avaient parié à qui volerait le plus haut.

    Tous les oiseaux du royaume d’Oisellerie devaient assister au tournoi.

    Le vainqueur devait être proclamé ROI.

    Vous pensez si l’aigle se mit à rire en se présentant pour lutter avec le roitelet.

    Mais le roitelet, lui, ne riait pas, il était même tout à fait sérieux.

    On donne donc le signal :

    1 … 2 … 3 …

    Les deux rivaux partent ensemble, mais chacun d’une façon différente.

    L’aigle s’envole en faisant de grands cercles suivant sa coutume. Quand au roitelet, il monte tout droit dans les airs.

    Lorsque l’aigle arrive à sa hauteur, le petit roitelet qui sent la fatigue se faire sentir, et qui va être distancé par l’aigle, se pose tout bonnement sur son dos.

    Les plumes de l’aigle sont si épaisses et sa peau si dure, et de plus, le roitelet est si petit, si petit, si léger, que l’aigle ne sent rien du tout.

    L’aigle continue à voler, de toutes ses forces et de plus en plus haut. Il atteint des hauteurs inaccessibles, si bien qu’il finit lui aussi à ressentir la fatigue.

    Alors il crie :

    – Ah ! ça ! où es-tu petit roitelet ? Je pense que tu es à trois mille pieds au dessous de moi, et que tu renonces à la lutte ??

    – Mais non, mais non, mon ami répond le roitelet, je suis juste au dessus de toi !!!

    Et c’étai la vérité …

    L’aigle, trop las pour continuer, s’avoue donc vaincu et cède pour une année sa couronne au roitelet, qui de ce fait devient …

    …. le plus petit roi que le royaume d’Oisellerie n’ait jamais eu .

    roitelet

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  • La Fable Du Porc-Épic !

    La Fable Du Porc-Épic !

    C'était l'hiver le plus froid jamais vu.
    De nombreux animaux étaient morts en raison du froid.
    Les porcs-épics, se rendant compte de la situation
    avaient décidé de se regrouper.

    De cette façon ils se couvraient et se protégeaient eux-mêmes!

    Mais les piquants des porcs-épics de chacun
    blessaient leurs compagnons les plus proches
    même s'ils se donnaient beaucoup de chaleur les uns aux autres.

    Après un certain temps, ils ont décidé de prendre leur distance l'un de l'autre et ils ont commencé à mourir, seuls et congelés.

    Alors, ils devaient faire un choix :
    accepter les piquants de leurs compagnons ou disparaître de la terre.
    Sagement, ils ont décidé de revenir en arrière pour vivre ensemble.

    De cette façon, ils ont appris à vivre avec les petites blessures
    causées par l'étroite relation avec leurs compagnons
    mais la partie la plus importante était la chaleur qui venait des autres.
    De cette façon, ils ont pu survivre.

    La meilleure relation n'est pas celle qui rassemble les gens parfaits,
    mais le mieux est quand chacun apprend à vivre
    avec les imperfections des autres et on peut y découvrir et admirer
    les bonnes qualités des autres personnes.

    La morale de l'histoire :
    « Apprendre à aimer les piquants dans notre vie. »

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  • LES CHATS DE LA ROMIEU

    À La Romieu dans le Gers, la légende raconte qu'au Moyen-Âge, alors que la famine sévissait, tous les chats avaient été mangés pour le plus grand bonheur des rats qui s'en prirent à la récolte suivante.

          

    Pourtant, Angéline , qui adorait les chats, réussit à en abriter quelques-uns clandestinement et alors que les rats s'en donnaient à coeur joie aux grand désespoir des villageois, elle proposa à ceux-ci d'apporter l'aide de ses protégés.

                                                                

    C' est ainsi que le village fut sauvé par les chats d' Angéline qui débarrassèrent les greniers des rats voraces, évitant ainsi une nouvelle famine.

    La légende dit aussi que le visage d'Angéline, au fil des ans, ressembla de plus en plus à un chat et que ses oreilles se transformèrent en oreilles de chat.

    C'est en écoutant une grand-mère raconter à ses petits enfants la légende des chats d'Angéline,qu'un sculpteur Orléanais aujourd'hui décédé, Maurice SERREAU, eut l'idée de la faire revivre en déposant des sculptures de chats autour de la place.

    LES CHATS DE LA ROMIEU...............

     

    Présentation de salix44

     

     

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  • LE RÉSÉDA DU CURÉ

    *************

    J’ai connu jadis, dans un village du Bocage, un saint homme de curé qui se refusait toute sensualité, pratiquait le renoncement avec allégresse et ne connaissait de joie que celle du sacrifice. Il cultivait dans son jardin des arbres fruitiers, des légumes et des plantes médicinales. Mais, craignant la beauté jusque dans les fleurs, il ne voulait ni roses ni jasmin. Il se permettait seulement l’innocente vanité de quelques pieds de réséda, dont la tige tortueuse, si humblement fleurie, n’attirait point son regard quand il lisait son bréviaire entre ses carrés de choux, sous le ciel du bon Dieu. Le saint homme se défiait si peu de son réséda  que, bien souvent, en passant, il en cueillait un brin et le respirait longtemps. Cette plante ne demande qu’à croître. Une branche coupée en fait renaître quatre. Si bien que, le diable aidant, le réséda du curé en vint à couvrir un vaste carré du jardin. Il débordait sur l’allée et tirait au passage par sa soutane le bon prêtre qui, distrait par cette plante folle, s’arrêtait vingt fois l’heure de lire ou de prier. Du printemps à l’automne, le presbytère fut tout embaumé de réséda.

    Voyez ce que c’est que de nous, et combien nous sommes fragiles ! On a raison de dire qu’une inclination naturelle nous porte tous au péché. L’homme de Dieu avait su garder ses yeux ; mais il avait laissé ses narines sans défense, et voilà que le démon le tenait par le nez. Ce saint respirait maintenant l’odeur du réséda avec sensualité et concupiscence, c’est-à-dire avec ce mauvais instinct qui nous fait désirer la jouissance des biens sensibles et nous induit en toutes sortes de tentations. Il goûtait dès lors avec moins d’ardeur les odeurs du ciel et les parfums de Marie ; sa sainteté en était diminuée, et il serait peut-être tombé dans la mollesse, son âme serait devenue peu à peu  semblable à ces âmes tièdes que le ciel vomit, sans un secours qui lui vint à point. Jadis, dans la Thébaïde, un ange vola à un ermite la coupe d’or par laquelle le saint homme tenait encore aux vanités de ce monde. Pareille grâce fut faite au curé du Bocage. Une poule blanche gratta tant et si bien la terre au pied du réséda, qu’elle le fit tout mourir. On ignore d’où venait cet oiseau. Pour moi, j’incline à croire que l’ange qui déroba, dans le désert, la coupe de l’ermite se changea en poule blanche pour détruire l’obstacle qui barrait au bon prêtre le chemin de la perfection.

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  • FABLE DU BUCHERON ET DU BOULANGER

     

    Il était une fois un bucheron et un boulanger. Chaque jour le bucheron vendait ses fagots au boulanger pour 4 sous et le boulanger vendait en retour au bucheron du pain pour 4 sous aussi. Vint un grand incendie qui détruisit la forêt où travaillait le bucheron. Le bucheron devait dorénavant marcher jusqu’à la forêt voisine et surtout en rapporter le bois sur ses épaules. Face à cette nouvelle difficulté, le bucheron rapportait dorénavant moitié moins de fagots. Le bucheron et le boulanger se concertèrent bien ennuyés car le bucheron n’avait plus assez de fagots à vendre pour acheter son pain. Le boulanger, lui, perdait un client et en était fort gêné aussi. Que faire se demandèrent-ils ? 

    • Il faut que tu achètes mon bois plus cher lui dit le bucheron, sans quoi je n’aurais plus assez à manger.
    • Impossible lui répond le boulanger, je n’aurai plus de quoi acheter ma farine.
    • Alors fabriquons ensemble une charrette pour aller chercher ton bois ou trouvons un remplacement : peut-être pouvons-nous cuire le pain avec un feu de tourbe.

    Alors qu’ils se concertaient vint un économiste. Il donna 4 sous au bucheron qui s’en trouva soulagé. Le bucheron pu alors acheter son pain au boulanger. Le boulanger, lui, se retrouvant avec 8 sous au lieu de 4 se trouvait bien plus riche et fort embêté de manquer de bois accepta alors d’acheter son bois plus cher. Finalement, au lieu d’avoir fabriqué leur charrette ou trouvé une alternative au bois, le boulanger et le bûcheron, plus riches de 4 sous se retrouvent en fait plus pauvres d’un fagot par jour et dans la situation même qu’ils souhaitaient éviter. Le surplus de monnaie, en donnant l’illusion de richesse à court terme bloque les investissements nécessaires pour ajuster offre et demande au lieu même de favoriser ces investissements comme il est communément admis.

    Cette fable légère

    Elle est bien sûr simpliste mais construite à partir des travaux sur la dynamique monétaire de l’économiste français Maurice Allais, elle illustre comment l’inflation rend plus pauvre en donnant d’abord l’illusion d’être plus riche. Elle explique aussi en partie pourquoi les efforts gigantesques consentis par les les État et banques centrales depuis 2008 pour relancer l’économie se sont avérés contre-productifs.

    Olivier Perrin

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