• Folle (La) de Tréhoudy
    près de la Mettrie (Mayenne)
    (D’après « La Tradition », paru en 1904)
     
    ***********
     
    Près de Mayenne, au delà du village de la Mettrie, il existait sur les bords de l’Aron, un moulin appelé « Tréhoudy », qui a été détruitdepuis des siècles. Ce nom serait même perdu, s’il n’était resté attaché à une planche, qui permet de franchir la rivière en cet endroit et à la légende mettant en scène deux enfants du même village amoureux depuis leur plus jeune âge.

    Jardiau et Blouette étaient enfants du même village, de la monnerie de Tréhoudy et s’aimaient depuis le berceau, pour avoir, ensemble, joué, ri et pleuré, cherché des nids, cueilli des mûres, mordu tour à tour aux mêmes fruits. Il était grand, aussi fort qu’un bâton de mêlier ; elle, petite et mincette. Quand, pour lire dans « la Croi de Dieu », ils allaient au bourg d’Aron, par le chemin de la Mettrie, il la passait sur son dos aux mauvais pas, ou bien avançait son sabot pour qu’elle y posât le pied. Tous deux se regardaient : Jardiau était fier, Blouette souriait.

    Jardiau eut dix-huit ans, Blouette seize, et ils continuaient de s’aimer : l’amour avait, à leur insu, cheminé du cœur de l’un au cœur de l’autre. Elle était brune et jolie, mais le regard qui jaillissait de ses prunelles un peu fauves, avait parfois des langueurs troublantes, qu’il fut perdu dans le bleu du ciel ou abaissé sur les bouleaux, dont le reflet grêle trempait dans le bief du moulin.

    D’ordinaire, pensive, Blouette parlait peu et n’avait que des éclairs de gaieté. D’aucuns l’appelaient : « la belle qui dort » ; d’autres « la belle qui soupire », et personne ne la recherchait, quoiqu’elle fût bonne et douce. On n’aime chez nous que les filles qui ont le sang aux joues et le rire aux dents. Elle ne levait pas les yeux quand Jardiau l’abordait. Quelquefois, lorsqu’elle revenait de la fontaine, à la chute du jour, il la rejoignait à la dérobée et se chargeait de sa buire, qu’il portait jusqu’à l’entrée du village. Ils n’échangeaient que quelques paroles rapides, indifférentes, et se quittaient par un « bonsoir Blouette, bonsoir Jardiau », sans plus, mais leurs cœurs, un instant rapprochés, avaient battu plus près l’un de l’autre et c’était assez pour leur joie d’un ou deux jours.

    Cet amour de jouvenceau qui n’ose, de jouvencelle pudique, dura plusieurs années. Un dimanche pourtant que Blouette cueillait des brindilles de genêts pour s’en faire un balai, et que, près de là, Jardiau, par passe-temps cherchait des noisettes, il vint à elle et lui dit : « Quand nous marierons-nous ? » Elle répondit : « Quand nous pourrons ! » et devint plus rouge qu’un coquelicot.

    La rivière Aron à Buchaud (Mayenne)
    La rivière Aron à Buchaud (4 km du bourg d’Aron), en Mayenne

    Les voisins plaisantaient de cette affection discrète et silencieuse. Qu’attendaient nos amoureux pour s’épouser ? Qu’ils eussent gagné cinquante écus, afin de se mettre en ménage. L’argent était rare autrefois et Blouette ne gagnait que quelques deniers par jour : pourtant elle filait du lever au coucher du soleil. Ils souffraient dans l’espoir d’un bonheur à venir, sans se douter qu’ils caressaient une chimère.

    L’espérance est une molle berceuse, qui endort l’homme dans la quiétude et le réveille souvent dans les tourments. Jardiau reçut l’ordre de se rendre à l’armée du roi, et il lui fallut en trois jours dire adieu à père, à mère, à frères, à sœurs, à l’âtre de sa chaumière, aux grands arbres de la fontelaie, aux ajoncs et aux bruyères de la lande, et le vin que lui versa le sergent du roi ne le consola point.

    La veille de son départ, il vint, sur le soir, trouver Blouette à la fontaine. En s’abordant, leurs yeux roulèrent des larmes. Ils allèrent l’un près de l’autre, le long du bief, sans parler, lui tremblant, elle frissonnante.

    — M’attendras-tu, lui dit Jardiau ?

    — Oui, reprit-elle.

    Et leurs regards se marièrent un instant, ce qu’ils n’avaient pas fait depuis qu’ils étaient petits. Il ajouta en avançant les lèvres : « Veux-tu ? » et avant qu’elle n’eût répondu, il la serra dans ses bras et lui donna un long baiser sur la joue. Elle, prit la main de son fiancé et y déposa deux pièces d’argent et une médaille de la Vierge qu’elle portait à son cou : c’était tout ce qu’elle possédait. Puis, ils se quittèrent en se disant : Nous nous aimerons toujours !

    Le lendemain, Jardiau s’en alla à Mayne (forme ancienne du nom de Mayenne), accompagné de ses frères, et Blouette qui le guettait, blottie derrière une haie du chemin, le vit passer. Il chantait, le soldat du roi, puis s’arrêtait par instant pour étouffer un sanglot et s’essuyer les yeux du revers de la main.

    Après le départ de son promis, Blouette devint plus blanche que les liserons des bois, mais, chose étrange, la joue sur laquelle avait été déposé le baiser de Jardiau, resta empourprée comme d’une fleur de pommier. Les jours et les semaines passèrent et cette efflorescence demeura : l’empreinte avait été frappée au feu brûlant des lèvres de son ami.

    Les commères des alentours la plaisantèrent, et l’une d’elle avança qu’elle avait une marque du diable. A ces moqueries, Blouette ne répondait rien, joyeuse en son âme de porter cette fleur de baiser, qui était un souvenir toujours vivant de la tendresse de son bien-aimé.

    Jardiau et Blouette ne devaient plus se revoir. Lui fut tué à l’armée du roi et la nouvelle en arriva au pays. Blouette l’apprit et ses yeux s’ouvrant démesurément, elle regarda fixement devant elle et ne pleura pas. Elle ne pleura jamais, mais n’eut plus pour personne le moindre sourire. La douleur figea ses joues, tarit ses larmes et peu après elle perdit la raison.

    Tous les soirs, en allant à la fontaine, elle s’arrêtait longtemps à l’endroit où Jardiau lui avait dit son dernier adieu, et là elle écoutait. Son oreille troublée s’emplissait confusément de plaintes, de soupirs, de bruits de baisers, alors que dans le calme de la fin du jour, on n’entendait que les pleurs du gâtoir du moulin et le cri des orfraies.

    Pendant le jour, elle errait çà et là, la tête penchée et dolente, fuyant le monde, cueillant des fleurs, ou se faisant des colliers et des couronnes de torsades de houblons et de clématites sauvages. Dans les ombres du crépuscule, elle découvrait, disait-elle, le visage de Jardiau, le mirodait au clair de lune, jusque dans les ondes moirées d’argent des remous de la rivière. Sa figure s’empourprait alors un instant, puis s’éteignait dans une pâleur livide.

    Un soir, l’infortunée crut l’apercevoir mouvant et voltigeant dans un feu follet. Elle se précipita vers l’apparition, sans songer au danger qui l’environnait et poussa tout à coup un grand cri. Elle était tombée dans le bief. On l’en retira, mais quelques jours après, la vie s’échappait de ses lèvres au moment où elle venait de prononcer le nom de son fiancé et celui de la Vierge Marie.

    C’est ainsi que Blouette mourut de mal d’amour, disait la vieille paysanne, qui nous contait cette légende. Elle ajoutait : « On laisse trop les petits enfants s’amignonner, et l’on en rit. En grandissant, il arrive que leurs cœurs se prennent, se serrent et s’unissent à ne pouvoir les séparer. Ce sont des branches nouées ; lorsqu’on coupe l’une d’elles, l’autre périt. »

    Depuis ce temps-là, quand une fille d’Aron est garçonnière ou a des tendresses trop tôt écloses, sa mère ne manque pas de lui dire : « Malheureuse, tu me fais honte, tu finiras comme la folle de Tréhoudy ! »

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  • L'Histoire Des Poupées Russes..

     

    L'Histoire Des Poupées Russes..

    Ce conte est une belle réussite, il nous plait énormément, autant du côté du texte que des illustrations.

    C’est une histoire qui réunit tous les ingrédients pour plaire aux enfants, mais également aux parents.

    On y retrouve, en effet, une angoissante sorcière, mais également de l’amour et de la tendresse.

    La chute de l’histoire ne manque pas de surprendre les petits et les grands.

    C’est une histoire qui nous fait voyager en Russie d’une manière poétique, elle nous emmène à la découverte de l’origine des poupées Matriochkas.

    L'Histoire Des Poupées Russes..

    L’histoire Du Livre Matriochka...

    Ivan et Natacha, un couple de modestes moujiks, vivent au Nord-Est de Moscou dans la forêt de Semenov.

    Ils sont les heureux parents de cinq filles qui s’entendent à merveille, qui sont toutes plus belles les unes que les autres et que seule la taille différencie.

    Chacune des filles possèdent un don particulier...

    Katérina, l’ainée, cuisinait des plats délicieux.
    Anna, la seconde, avait une voix enchanteresse.
    Marina, la troisième, cousait et brodait à la perfection.
    Tatiana, la quatrième, lisait dans les pensées.
    Quant à la cinquième, Véra, elle était championne d’échecs.

    L'Histoire Des Poupées Russes..

    Les poupées russes ou matriochkas sont des séries de poupées de tailles décroissantes placées les unes à l'intérieur des autres.

    ****

    Un jour, une triste nouvelle force l’ainée des cinq filles à travailler chez Baba Yaga, une horrible sorcière qui adore dévorer les petites filles.

    Pas question pour ses sœurs de la laisser seule avec l’ogresse. La plus jeune décide qu’elles se cacheront sous sa robe afin de l’aider si elle veut la manger.

    La grande complicité des filles et leurs talents permettront de vaincre la terrible sorcière.

    Ce conte est un plaisir à lire, il suscite des émotions variées...

    On sourit devant la complicité des filles, on est triste lorsque l’ainée est forcée de partir, on frissonne devant la sorcière...

    On est impressionné par le courage, la solidarité et l’ingéniosité des sœurs qui sont, par ailleurs, très attachantes.

    Au fil des pages, on en apprend davantage sur l’origine des Matriochkas qui sont le symbole de la fertilité.

    L'Histoire Des Poupées Russes..

    Ce qui arrive à la sorcière à la fin du conte nous le rappelle avec tellement de douceur. À ce moment, l’impressionnante sorcière n’est plus qu’un lointain souvenir.

    C’est un conte qui permet aux enfants de découvrir une nouvelle culture notamment à travers les vêtements traditionnels que l’on découvre dans les illustrations.

    L'Histoire Des Poupées Russes..

    L'Histoire Des Poupées Russes..

    L'Histoire Des Poupées Russes..

    L'Histoire Des Poupées Russes..

    L'Histoire Des Poupées Russes..

    Les illustrations sont assez remarquables, elles sont colorées et dégagent une fantastique ambiance.

    Elles nous transportent dans un merveilleux voyage en Russie.

    Les illustrations ont un aspect légèrement ancien ce qui donne encore un peu plus de charme au conte.

    L’histoire est passionnante, elle peut être exploitée de nombreuses façons..

    Ouverture sur le monde, classement de grandeur, dénombrement, vocabulaire nouveau, bricolage sur le thème des poupées russes…

    C’est une lecture à découvrir en ayant les poupées près de soi, cela rend la lecture encore plus vivante et intéressante.

    Louise a tout de suite fait le rapprochement entre cette histoire et celle du Petit Poucet...

    Fratrie, pauvreté, ogresse, forêt… Ce n’est pas faux, mais Matriochka me semble tout de même moins angoissant que le Petit Poucet...

    Dont le suspens et certaines scènes peuvent être assez difficiles pour les enfants les plus sensibles.

    Je vous recommande ce conte russe sans aucune réserve, à la maison nous l’apprécions énormément, c’est un coup de cœur.

    PS : le joli bricolage, que vous pouvez apercevoir sur la première photo, a été réalisé à l’école par ma grande puce 

    Matriochka – Éditions Père Castor / Bouquet d’histoires – Sandra Nelson & Sébastien Pelon

    Âge conseillé...Dès 5 ans

    L'Histoire Des Poupées Russes..

     

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  • Le chouchou de la maîtresse Bribri !!

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    faut bien rire de temps en temps !!!


    Le chouchou de la maîtresse Bribri !!!
    (QUE C’EST MIGNON) 


    Le paon et le palais 
    Un jeune paon, imbu de son plumage 
     Fût pris dès son plus jeune âge
     En mains par une vieille pintade
     Qui laissa son vieux coq en rade.
    Lors, notre jeune volatile 
     Qui se trouvait fort volubile
     Ne fût plus satisfait de son habitat
     Et se rêva en costume d’apparat. 
    Pourquoi, se disait-il, se contenter 
     D’un simple poulailler, fût-il doré,
     Alors que, sans travailler,
    Je puis demeurer au palais.
    Il me suffit, si mes calculs sont bons, 
     De prendre mes congénères pour des pigeons
     Et, pour les prochaines élections,
     De bien jouer les trublions.
    Ainsi fût fait, et contre toute attente, 
     Il prît la place laissée vacante
     Par tous les vieux coqs déplumés
     Dont tout le monde s’était lassé.
    Pour constituer sa basse-cour 
     Il fit appel à des vautours
     Aptes à tondre la laine,
     A amasser toutes les graines. 
    Ses anciens congénères 
     Qu’Il jugeait fort vulgaires
     Virent enfin, mais un peu tard,
    Qu’on les prenait pour des bâtards.
    Fort de son plébiscite aux élections, 
     Nôtre dieu-paon, tel Pygmalion,
     Favorisa un jeune sardouk 
     Dont il se servait comme bouc.
    Grisé par ses nouvelles prérogatives, 
     Celui-ci, de manière fort hâtive,
     Se crût par son maître autorisé
    De jeunes oisons brutalisés.
    Las, malgré la volonté manifeste 
     De céler ces faits funestes,
     L’histoire vînt à transpirer
     Hors de murs du Palais. 
    Devant ce gros scandale, 
     Notre apprenti Sardanapale
     Dût rétropédaler
     A son grand regret.
    Il envoya ses janissaires 
     Désigner un bouc émissaire
     Mais la sauce ne prît pas
    Et l’oisillon resta sans voix.
    Moralité : 
     Même les rois de l’enfumage,
     Ceux mêmes qui se voulaient rois mages,
     Tombent un jour de leur piédestal
     Et devront quitter leur habit royal.
    C'est bien dit manu !!!

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  • Fable De Lafontaine ( Retravaillée).

    Fable De Lafontaine ( Retravaillée).

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  • Un Conte À Lire Aux Enfants Qui Doutent...

    D’eux-Mêmes & Souffrent Du Regard D’autrui...

    Un Conte À Lire Aux Enfants Qui Doutent...  D’eux-Mêmes & Souffrent Du Regard D’autrui...

    Je Partage Avec Vous Un Conte De Sagesse Qui Aidera Petits & Grands 

    A Retrouver Confiance En Eux & À Ne Plus Se Comparer.

    Il y avait un jour un roi qui avait planté près de son château toutes sortes d’arbres, de plantes et de fleurs.

    Son Jardin Était D’une Grande Beauté

    Chaque jour, il s’y promenait. C’était pour lui une joie et une détente.

    Un Jour, Il Dut Partir En Voyage...

    À son retour, il s’empressa d’aller marcher dans le jardin. Il fut désolé en constatant que les plantes et les arbres étaient en train de se dessécher.

    Il s’adressa au pin, autrefois majestueux et plein de vie, et lui demanda ce qui s’était passé.


    Le Pin Lui Répondit... 

     » J’ai regardé le pommier et je me suis dit que jamais je ne produirais les bons fruits qu’il porte.

    Je me suis découragé et j’ai commencé à sécher. »

    Le Roi Alla Trouver Le Pommier Qui Lui Aussi Se Desséchait. Il L’interrogea& Celui-Ci Dit...

     » En regardant la rose et en sentant son parfum, je me suis dit que jamais je ne serais aussi beau et agréable et je me suis mis à sécher. »

    Comme La Rose Elle-Même Était En Train De Dépérir, Il Alla Lui Parler & Elle Lui Dit..

    « Comme c’est dommage que je n’ai pas l’âge de l’érable qui est là-bas et que mes feuilles ne se colorent pas à l’automne.

    Dans ces conditions, à quoi bon vivre et faire des fleurs ?

    Je me suis donc mise à dessécher. »

    Poursuivant son exploration, le roi aperçut une magnifique petite fleur. Elle était toute épanouie. Il lui demanda comment cela se faisait qu’elle soit si vivante.

    « J’ai failli me dessécher car au début je me désolais. Jamais je n’aurai la majesté d’un pin qui garde sa verdure toute l’année...

    Ni le raffinement et le parfum de la rose. J’ai commencé à mourir, mais j’ai réfléchi et je me suis dit...

    « Si le roi, qui est riche, puissant et sage, et qui a organisé ce jardin, avait voulu quelque chose d’autre à ma place, il l’aurait planté.

    Si donc il m’a planté, c’est qu’il me voulait moi, telle que je suis » et à partir de ce moment là, j’ai décidé d’être la plus belle possible. »

     Auteur Inconnu

     

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  • L’Atlantide A-t-elle Vraiment Existé ?

    L’Atlantide A-t-elle Vraiment Existé ?

    Le mystère de l’Atlantide est entré dans l'histoire par quelques phrases d'un dialogue de Platon. Les premières références connues de l’Atlantide apparaissent dans deux de ces dialogues, le Critias et le Timée.
    L'énigmatique empire des Atlantes défie la sagacité des chercheurs depuis vingt-cinq siècles. Des milliers de volumes lui ont été consacrés. A peu prés autant d'hypothèses ont été formulées sur la localisation de l’Atlantide. Trois sont sérieuses.

    Le Témoignage De Platon

    Vers 355 avant notre ère, le Timée et le Critias fondent le mythe de l’Atlantide. Comme les autres œuvres du philosophe, les textes se présentent sous forme d’entretiens entre plusieurs personnes :

    Socrate, le maître de Platon

    Timée, philosophe pythagoricien

    Critias, politicien sans scrupule

    Hermocrate, ancien général syracusien

    «Oui, Solon, il fut un temps, avant la plus grande destruction par les eaux, où la cité qui est aujourd'hui celle des Athéniens était, de toutes, la meilleure dans la guerre (..)

    En ce temps-là, on pouvait passer par cette mer (l'océan Atlantique?) Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez les Colonnes d'Hercule (..)

    Or, dans cette île Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux (..) Cette puissance, ayant une fois concentré toutes ses forces, entreprit en un seul élan, d'asservir votre territoire et le nôtre, et tous ceux qui se trouvent de ce côté-ci du détroit.

    C'est alors, ô Solon, que la puissance de votre cité fit éclater aux yeux de tous son héroïsme et son énergie. Car elle l'a emporté sur toutes les autres par la force d'âme et par l'art militaire (..)

    Mais, dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre effroyables et des cataclysmes.

    Dans l'espace d'un seul jour et d'une nuit terrible, toute votre armée fut engloutie d'un seul coup sous la terre, et, de même, l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut.

    Voila pourquoi, aujourd'hui encore, cet océan est difficile et inexplorable, par l'obstacle des fonds vaseux et très bas que l'île, en s'engloutissant, a déposés."

    Timée, Traduction 1925

    Ce passage du Timée, détaillé et confirmé dans le Critias (ou l'Atlantide), un autre des dialogues de Platon, entretient le « mystère atlante » depuis prés de vingt-cinq siècles.

    Platon

    Buste De Platon

    Ces renseignements rapportés par Platon proviennent d'une tradition recueillie en Égypte par Solon, un des sages qui ont donné à Athènes ses premières lois.

    Les prêtres de Sais auraient communiqué au voyageur grec ce qu'ils savaient de la mystérieuse île et de l'empire qu'elle commandait.

    Selon ces Égyptiens, neuf mille ans avant la venue de Solon, les ancêtres des Athéniens auraient repoussé des envahisseurs venus de l'Ouest, depuis un vaste continent «plus grand que la Libye et l'Asie réunies ».

    Situé en face des colonnes d'Hercule, nom antique du détroit de Gibraltar. (Pour les Grecs, la « Libye » était une vaste région de l'Afrique.)

    Selon les prêtres de Sais, les Athéniens auraient réussi à triompher de cette redoutable puissance, mais au prix de terribles sacrifices.

    En fait, leur victoire finale n'aurait été acquise qu’après le cataclysme qui aurait détruit l'Empire atlante.

    Si le Timée évoque la fin de l'île atlante, le Critias fournit davantage de renseignements sur son histoire, son organisation et ses ressources.

    L’Atlantide Selon Platon

    Poséidon, le dieu des flots, aurait confié un titre royal à Atlas. Celui-ci aurait alors donné son propre nom et des lois au grand empire occidental.

    D'après le récit de Platon, la richesse minière de l'île atlante était considérable. On y trouvait de l'or, mais on y fabriquait surtout de l'orichalque, que plusieurs historiens, dans ce cas précis, identifient à l'ambre des côtes baltiques de l'Europe.

    Le sol était recouvert de forêts, qui fournissaient d'importantes quantités de bois pour la construction des bateaux. Bétail et gibier abondaient, ainsi que champs de céréales et vergers. Bref, l'île atlante était une sorte de pays de cocagne.

    carte de l'Atlantide

    Une carte de l'Atlantide, exécutée à l'époque classique d'après Platon et Diodore .

    Zoom carte

    On y voyait, toujours selon le récit de Platon, de nombreux éléphants. La pierre y était de bonne qualité et permettait la construction de monuments impressionnants.

    L'ami de Socrate précise : « Les Atlantes tiraient cette pierre de dessous la périphérie de l'île centrale. Il y en avait de la blanche, de la noire et de la rouge. »

    La force militaire des Atlantes était à la mesure des richesses de leur contrée : une flotte de mille deux cents navires, une armée de dix mille chars...

    Bien entendu, les chiffres rapportés par Platon doivent être considérés avec méfiance. Ils n'en traduisent pas moins un ordre de grandeur impressionnant.

    Malheureusement, le Critias est resté inachevé et son auteur n'a pas eu le temps de nous raconter, en détail, la fin de l'Empire atlante.

    A La Recherche De L’Atlantide

    Curieusement, l'existence d'un tel État n'a pas été confirmée par les autres récits qui nous restent de l'Antiquité.

    Dans les textes homériques, on trouve bien le nom d'Atlas, et l'île d'Ogygie, où règne la redoutable Calypso, qui pourrait éventuellement être l'Atlantide.

    Mais elle n'offre que peu de ressemblances avec le récit platonicien.

    La lutte de Zeus contre les Titans, évoquée dans la cosmogonie écrite par Hésiode, pourrait également rappeler la guerre entre les Athéniens et les Atlantes.

    C'est Une Hypothèse Risquée

    Déjà, á l'époque de Platon, on tend á mettre en doute l'authenticité du récit transmis par Solon.

    Crantor de Soles, le premier commentateur de Platon, se serait rendu en Égypte pour vérifier, auprès des prêtres de Sais, la véracité des événements contés au Grec Solon au VIe siècle avant notre ère.

    Il n'a pas dû trouver beaucoup de preuves : il n'existe aujourd'hui aucune source égyptienne pour confirmer le Critias et le Timée.

    Sauf, bien entendu, si l'on identifie les Atlantes à ces mystérieux Peuples de la mer et du nord venus déferler en Égypte vers la fin du IIe millénaire.

    Les soldats des

    Les soldats des "Peuples de la Mer" apparaissent sur les murs du temple de Médinet Habou, en Egypte. Ces Peuples ont été vaincus par Ramsès III. By kairoinfo4u

    Par la suite, de nombreux géographes et philosophes antiques refuseront de prendre au sérieux l'existence de l'île atlante.

    Aristote, Strabon, Ptolémée ou Pline s'en moqueront ouvertement, tandis que Philon le Juif, Jamblique ou Proclus, philosophes de l'école néo-platonicienne d'Alexandrie, se contenteront de reprendre les propos de Platon, mais sans rien y ajouter.

    Depuis la fin du XIXe siècle, de nombreuses théories se sont succédé. Trois de ces théories semblent plus sérieuses que les autres.

    V.Battaglia (05.08.2006)

    Partie 1 : L’Atlantide a-t-elle existé ?

    À Suivre dans  Atlantide 2..

    ***

    À La Recherche De L’Atlantide..Chapitre 2.

    L’Atlantide A-t-elle Vraiment Existé ?

    De la Palestine au continent américain, l'Atlantide s'est promenée dans tous les coins de la planète.

    La plupart de ces localisations sont complètement dénuées de fondement scientifique et d'intérêt. Le débat sur l'Atlantide n'est pas clos pour autant.

    Au cours des dernières décennies, plusieurs faits nouveaux sont venus grossir le volumineux dossier atlante.

    Les trois hypothèses classiques sur la localisation de l'Atlantide, les seules à avoir un minimum de rigueur et de crédibilité historique, promènent le continent englouti de l'Atlantique à la mer Égée, en passant par la mer du Nord...

    L'hypothèse « atlantique » » est une des plus connues, et la bande dessinée lui a donné de nouvelles lettres de noblesse...

    Blake et Mortimer, les deux héros d'Edgar P. Jacobs, partent ainsi, dans L'Énigme de l'Atlantide, à la recherche des Atlantes et les retrouvent sous terre, au fond d'immenses grottes situées sous les îles Canaries.

    Les Açores

    Avec les premières recherches océanographiques, l'hypothèse de l'océan Atlantique revient en force.

    L'exploration des hauts-fonds prés des Açores révèle l'existence d'une chaîne sous-marine de montagnes volcaniques, qui sépare en deux l'océan Atlantique.

    Ce rift est une sorte de cicatrice, qui témoigne de la dérive des continents pressentie au début du XXe siècle par le géophysicien allemand Wegener.

    Enthousiasmé par ces découvertes, L. Donelly en déduit que l'Atlantide est bien la mère de toutes les civilisations...

    Il explique ainsi les ressemblances architecturales entre pyramides égyptiennes et précolombiennes.

    Évidemment, il ne tient aucun compte des écarts chronologiques qui existent entre les bâtisseurs de ces monuments !

    Les Acores

    Vue Panoramique Aux Açores.

    By Vida de vidro

    Ultérieurement, O. H. Muck, développant des arguments avancés par les archéologues Kircher et Schliemann, soutient que les Açores sont l'ancienne Atlantide.

    II insiste sur la situation géographique des Açores, note qu'elles forment une zone de fracture de l'écorce terrestre et qu'elles sont riches de volcans en activité.

    Mais d'autres pensent que l'Atlantide se trouvait en fait dans la partie ouest de l'océan Atlantique, à proximité de l'île de Bimini (archipel des Bahamas). En 1968, une structure engloutie est découverte dans cette zone.

    Des recherches s'ensuivent, menées par M. Valentine, conservateur honoraire du musée des sciences de Miami, et D. Rebikoff, expert en photographies sous-marines.

    Deux murs sont reconnus, orientés perpendiculairement l'un à l'autre.

    Ile de Bimin

    Ile De Bimini Vue D'avion.

    By Esthr

    Bimini s'enfonçant régulièrement dans l'océan, les deux chercheurs datent ces constructions d'il y a 8 à 10 000 années...

    C'est-à-dire d'une époque où aucun peuple de la région connu des archéologues ne possédait un niveau technique lui permettant de réaliser de tels murs.

    Le seul problème est qu'on a mis en doute, depuis, l'origine humaine de telles structures, considérées aujourd'hui plutôt comme un phénomène naturel.

    L’hypothèse Crétoise

    Cette hypothèse, défendue par des scientifiques de valeur, tente de concilier le récit de Platon et les derniers acquis de la géologie et de l'océanographie atlantique.

    Un préhistorien de renom, Georges Poisson, a cru pouvoir en présenter une synthèse cohérente.

    D'après lui, il existait, dans l'Atlantique Nord, un pont terrestre qui, depuis la fin de l'ère secondaire, permettait de rejoindre l'Amérique à pieds secs, depuis l'Europe.

    L'Atlantide aurait été une des presqu'îles de cette langue de terre et cette presqu'île aurait été orientée vers le sud.

    Petit à petit, ce continent intermédiaire entre les deux continents actuels se serait effondré sous la mer et l'Islande n'en serait plus qu'un vestige septentrional.

    L'instabilité des îlots volcaniques du rift atlantique, la présence, au nord des Açores, de roches immergées depuis à peine quelques milliers d'années et l'existence de la mer des Sargasses seraient autant de preuves supplémentaires de l'immersion de ce continent.

    Sur le plan historique, Georges Poisson accepte la date de neuf mille ans avant Solon proposée par Platon, ce qui soulève immédiatement deux contradictions insolubles.

    Selon le Critias, nous l'avons vu, l'île atlante était riche en métaux et son agriculture était prospère.

    Or, l'Europe était à cette époque en pleine glaciation würmienne...

    La civilisation du renne ignorait aussi bien l'élevage que la domestication du cheval ou l'usage des armes métalliques.

    Elle ignorait encore plus la navigation et l'architecture, sciences dans lesquelles, selon Platon, les Atlantes excellaient.

    Il n'aurait donc rien pu y avoir de commun entre les premiers balbutiements des Européens et l'éclat culturel des Atlantes.

    Curieusement, Georges Poisson, aveuglé par le souci de défendre sa thèse, refuse de tenir compte du Critias de Platon, qu'il range parmi les récits légendaires de l'Antiquité, mais se réfère au Timée, beaucoup plus imprécis et donc... beaucoup plus facile à interpréter !

    Pourquoi, si l'on considère le Critias comme le fruit de l'imagination d'un Athénien soucieux de mettre sa ville et son victorieux passé en avant, ne pas adopter la même attitude critique à l'égard du Timée ?

    Georges Poisson ne se pose pas la question et affirme que la lutte entre Athéniens et Atlantes n'était qu'une transposition mythique de la lutte entre la race de Cro-Magnon et celle des hommes de Combe Capelle.

    Une fois de plus, le théoricien de l'Atlantide atlantique demeure brouillé avec la chronologie : rien ne vient prouver que ces deux races d'hommes préhistoriques aient pu se rencontrer et se combattre...

    Enfin, la géologie sous-marine n'a pas apporté à l'hypothèse canarienne de l'Atlantide la moindre preuve : le continent disparu a si bien disparu qu'il n'a même pas laissé de traces sous la mer !

    L’île De Santorin

    Regardons donc du côté de la mer Égée. Cette hypothèse, contrairement à la première, repose sur des bases géologiques incontestables.

    Il est possible que le tremblement de terre décrit par Platon soit celui qui ébranla, à 110 km au nord de la Crète, Thira ou Thêra (Santorin).

    Thera

    On estime, de façon réaliste, qu'un gigantesque raz de marée a dû venir ravager la côte nord de la Crête.

    Il y aurait eu une vague haute de 200 m, tandis qu'un nuage de cendres aurait obscurci le ciel de la mer Égée pendant une semaine.

    Après quelques jours, ce nuage a probablement laissé sur le sol une couche de cendres d'une quarantaine de centimètres d'épaisseur, qui a rendu la vie impossible aux survivants.

    Spiridon Marinatos, l'archéologue grec qui a le mieux étudié ce cataclysme, a découvert, dans l'île de Thêra, des vestiges minoens enfouis sous la cendre depuis trente-cinq siècles.

    Il en a déduit, avec bon nombre de scientifiques, que ces vestiges présentaient certaines analogies avec l'Atlantide de Platon qui aurait donc pu se situer en Crête.

    Thera

    Vestiges Des Habitations D'un Quartier...

    De La Voie Sacrée De Théra...

    By Danoots

    Des recherches récentes, analyses dendrochonologiques, de dépôts volcaniques et études de carottes glaciaires, prouvent que ces séismes ont eu lieu 50 ans avant le début du déclin crétois, en 1450 avant notre ère.

    Arguments & Contre Arguments

    Là encore, le problème de la chronologie se pose...

    La civilisation minoenne est parfaitement datée, aux alentours du deuxième millénaire avant notre ère.

    Ce qui fait tout de même un décalage de sept mille à huit mille ans avec la chronologie platonicienne.

    Selon certains exégètes du Timée et du Critias, Solon aurait pu être abusé par les prêtres égyptiens et il aurait pu confondre, en transcrivant les hiéroglyphes, les siècles et les millénaires.

    Dans cette hypothèse de confusion, l'effondrement de l'Atlantide se place à peu près à l'époque de l'explosion du volcan de la mer Égée.

    Ile de Santorin

    Ile De Santorin

    By Maeusel ( on vacation )

    On pourrait alors admettre que le tableau de la civilisation atlante laissé par le Critias correspond à ce que devait être la civilisation crétoise du deuxième millénaire, avec ses palais fastueux, sa marine et ses éléphants.

    Justement, avec les éléphants, on peut commencer à se poser des questions. On peut également s'en poser sur la présence des métaux, en Crête, à cette époque-là.

    Les pierres rouges, blanches et noires dont parle Platon rappellent incontestablement celles que l'on peut trouver, aujourd'hui, dans l'actuelle Santorin.

    Les recherches sous-marines menées par le commandant Cousteau sont venues confirmer l'ampleur de la catastrophe volcanique, qui peut seule expliquer l'énigme archéologique que posait le déclin brutal de la Crête minoenne au XVIe siècle avant notre ère.

    Les choses se compliquent pourtant quand on aborde le problème de la guerre entre Atlantes et Athéniens : les Minoens étaient des marins, des commerçants et des pêcheurs, mais pas du tout des guerriers.

    Les Égyptiens, qui les nommaient les Keftiou, ne les considéraient pas comme offensifs et ne les ont jamais confondus avec les fameux « Peuples de la mer et du nord », dont nous reparlerons.

    On voit donc mal les paisibles Crétois se doter de moyens militaires considérables et se lancer dans une politique d'invasion pour le moins aventureuse.

    Même en admettant l'exagération naturelle propre aux conteurs athéniens, qui voulaient, en magnifiant la force de leur adversaire, magnifier leur propre victoire, un tel décalage entre ce que nous savons des Minoens et ce que nous croyons savoir des Atlantes étonne.

    S'ils ont fait du commerce dans toute la Méditerranée, les Crétois n'ont jamais dominé « la Libye jusqu'à l'Égypte » ou « l'Occident jusqu'à l'Étrurie ».

    Hormis la légende du Minotaure, difficile à interpréter sur le plan historique pur, il n'y a pas de traces d'une tentative de soumission des habitants de l'Attique par les Crétois.

    C'est même l'inverse qui s'est produit : la Crête a d'abord été envahie par les Achéens, et ensuite par les Doriens.

    Cnossos

    Scène De Tauromachie.

    Fresque Provenant Du Palais De Cnossos, En Crète.

    Minoen Récent, Vers 1500 Avant J.-C.

    By Jorge-11

    Seulement, Platon parle également de sacrifices de taureaux.

    Là, en revanche, nous savons que les Crétois vouaient un culte spécial au taureau.

    Ce culte ne leur était d'ailleurs pas particulier : il est attesté sur tout le pourtour méditerranéen, de l'Anatolie à l'Espagne.

    Cnossos

    Vestiges D'un Portique Solennel...

    Fortemment Restauré Par Evans...

    By Gbaku

    Enfin, en s'en tenant à la localisation géographique indiquée par Platon, l'Atlantide se serait trouvée « au-delà des colonnes d'Hercule », c'est-à-dire à l'ouest de Gibraltar.

    Et les envahisseurs seraient venus « des profondeurs de la mer atlantique ».

    Est-ce là une indication qui vient renforcer l'hypothèse « nordique », émise par Jurgen Spanuth, un pasteur allemand ?

    Est-il seulement possible d'y voir clair, entre une archéologie incertaine et un texte littéraire douteux ?

    V.Battaglia (06.08.2006)

    L’Atlantide a-t-elle existé ?  

    Les Atlantes sont-ils des peuples nordiques ?

    < Enigmes Paléontologie. Archéologie

     *************

    Atlantide...La Théorie Des Peuples Nordiques...

    Chapitre 3...Suite & Fin...

    L’Atlantide A-t-elle Vraiment Existé ?

     

    Source :Atlantis (en grec ancien Ἀτλαντίς, ίδος, « fille d'Atlas ») désigne, dans la mythologie grecque, les filles du Titan Atlas.

    C'est aussi le nom employé par Platon lorsqu'il évoque l'île passée dans la postérité sous le nom francisé d'Atlantide.

    histoire de l'atlantide

    Pour Jürgen Spanuth, le texte de Platon est à respecter. Les indices qu'il contient peuvent être précieux pour localiser enfin l'Atlantide.

    Le Timée et le Critias n'ont qu'un seul défaut...

    Ils situent la chute de l'Atlantide dans les flots prés de neuf mille ans avant l'époque de Solon, soit cent quinze siècles avant la nôtre. Pour lui, ce n'est pas raisonnable.

    Ce docteur en théologie et en archéologie préfère situer l'engloutissement de l'Empire atlante au XIIe siècle avant l'ère chrétienne, soit á une époque compatible avec l'hypothèse crétoise et égéenne.

    Des Vagues D’envahisseurs

    Jürgen Spanuth a été frappé de constater que, douze cents ans avant notre ère, des vagues d'envahisseurs venus du nord ont déferlé sur le bassin méditerranéen, à la fois par la terre et par la mer.

    C'est à cette époque-là que les Doriens arrivent en Grèce et détruisent la civilisation mycénienne. C'est à cette époque-là que les Phrygiens rayent de la carte l'Empire hittite. C'est à cette époque-là que les Philistins s'emparent de la Palestine et donnent leur nom à ce pays.

    Au même moment, en Égypte, les attaques des « Peuples de la mer » font courir un danger mortel á la civilisation des pharaons. Ramsès III devra engager toutes ses forces pour les repousser et les dissuader pour longtemps de revenir dans le delta du Nil.

    Des Bouleversements Géologiques

    Le XIIe siècle avant notre ère est également une période cruciale pour le paysage méditerranéen lui-même : le Sahara entre alors dans sa phase finale et définitive de désertification.

    Le relief des côtes du nord de l'Europe se modifie. De nombreux séismes ravagent le bassin oriental de la Méditerranée. Le volcan de l'île de Santorin explose.

    L’Atlantide A-t-elle Vraiment Existé ?

    L'île de Santorin. By Wolfgang Staudt

    Sur les parois du temple de Médinet Habou, Ramsès III a fait graver le récit de sa campagne victorieuse contre les Peuples de la mer. Sur ces bas-reliefs, on peut voir comment l'océan a submergé les îles et la capitale des envahisseurs venus du nord.

    La Bible aussi conserve un souvenir précis du Déluge : peut-être s'agit-il d'un même souvenir d'engloutissement de cités humaines par les eaux, transmis de génération en génération jusqu'au peuple hébreu, par l'intermédiaire des savants mésopotamiens.

    En tout cas, deux choses sont certaines les habitants de Delphes se sont toujours présentés comme les descendants des « Hyperboréens »

    Et l'étude géologique des littoraux danois a confirmé que, au cours du IIe millénaire avant notre ère, une partie de la côte s'est abîmée dans les flots.

    Vestiges Égyptiens

    Sur les bas-reliefs de Médinet Habou, les guerriers venus du nord sont représentés avec des casques á cornes et de curieuses coiffures en forme de couronnes.

    Les sculpteurs du pharaon ont également transmis le dessin de leurs chars, de leurs navires et de l'organisation de leur armée.

    Medinet Habou

    Bas-reliefs de Médinet Habou. Temple de Ramsès III.

    By kairoinfo4u

    A l'époque de ces combats pour la possession du riche delta du Nil, aux greniers débordants de céréales, il est probable qu'une autre vague d'envahisseurs venus du nord, par la terre cette fois, ait dû se heurter aux guerriers de l'Attique.

    Ce qui pourrait expliquer que la région d'Athènes soit longtemps restée imperméable à l'influence dorique.

    Les Peuples De La Mer

    Dans Le Secret de l'Atlantide (Éditions Copernic, 1977), Jürgen Spanuth rappelle que, pour évoquer le pays des Peuples de la mer, les textes égyptiens parlent du « pays de l'obscurité ».

    On peut voir là une allusion aux brumes du nord et á l'interminable hiver qui obscurcit le ciel sous les latitudes septentrionales.

    De plus, par une subtile exégèse, le pasteur archéologue affirme qu'il faut traduire le texte de Platon d'une manière un peu plus rigoureuse...

    Quand Platon parle d'un pays « à l'abri des vents du nord »

    Jürgen Spanuth avance qu'il faut comprendre que les envahisseurs viennent d'un pays « en direction des vents du nord ».

    Les Peuples de la Mer. Medinet Habou

    Les "Peuples de la Mer" illustrés sur les murs du temple de Médinet Habou, en Egypte.

    By kairoinfo4u

    A Médinet Habou, les artistes du pharaon ont très précisément reproduit les armes des Peuples de la mer...

    On y reconnaît, entre autres, les fameuses épées à sole plate et à rivets, caractéristiques des cultures indo-européennes, et qui ont été retrouvées, en grand nombre, dans le nord de l'Europe, et des boucliers ronds, eux aussi caractéristiques de ces cultures.

    Même la forme des bateaux, absolument comparables à ceux qui sont reproduits sur certaines pierres gravées du sud de la Suède, est un indice sérieux en faveur de l'hypothèse « nordique » de localisation de l'Atlantide.

    Platon parlait d'un « rocher dominant la mer à pic » et de « pierres blanches, noires et rouges ».

    Pour Jürgen Spanuth, Basileia, la ville royale et la capitale des Atlantes, peut ainsi être située à Héligoland, une île de la mer du Nord, au large des côtes allemandes et danoises.

    Une colline, submergée depuis, aurait pu être l'oppidum dont parlait Platon.

    Héligoland

    Héligoland. By Badboy of Maths

    En 1953, des plongeurs sous-marins ont découvert des restes d'enceintes, á 9 km d'Héligoland, l'« île sacrée » des anciennes cultures nordiques. Faute de moyens, ces fouilles sous-marines n'ont pas été poursuivies. On ne peut que le regretter...

    Platon parlait beaucoup de l'orichalque, un mystérieux minerai dont les Atlantes auraient fait la base de leur commerce et la source de leur richesse.

    Peut-être s'agit-il, si la démonstration de Jürgen Spanuth est juste, de l'ambre, cette résine fossile que les anciens peuples européens appréciaient autant que l'or...

    Notamment pour faire des parures, et qu'on ne trouvait que sur les côtes des mers nordiques.

    Arguments & Contre Arguments

    Chercheur « parallèle », en tout point comparable á Schliemann, l'homme qui a découvert le site de Troie, Jürgen Spanuth a vu sa thèse très contestée.

    On lui a beaucoup reproché son amateurisme. Il est vrai que, souvent, il s'arrange pour tourner ou pour écarter certains faits gênants.

    On pourrait s'étonner, en effet, de voir des éléphants s'ébattre sur les côtes danoises.

    Le texte de Platon est pourtant formel. Jürgen Spanuth évoque alors une confusion entre elephas « l'éléphant » et elaphos « le cerf ».

    Faut-il alors placer l'Atlantide du côté d'Héligoland et faire des Peuples de la mer les descendants des Atlantes qui auraient survécu à l'engloutissement de leurs terres ?

    La prudence s'impose. Une seule certitude : l'effondrement, dans la mer, il y a plus de trente siècles, d'une partie des côtes du Jütland.

    Tous les autres indices (les bas-reliefs de Médinet Habou, les armes nordiques, l'ambre, etc.) ne sont pas des preuves.

    L'archéologie a pourtant donné un nouvel atout á Jürgen Spanuth : on a retrouvé, sur le site même d'Héligoland et dans différents gisements sous-marins, des lingots de cuivre et de nombreuses traces d'une exploitation très ancienne de minerai.

    Or, le texte de Platon mentionnait la présence, parmi les richesses du sous-sol atlante, de « cuivre sous une forme dure et malléable ».

    Le Texte De Platon Est-Il Fiable ?

    Mais faut-il croire au texte de Platon ? Il se peut que plusieurs traditions se soient mêlées, au cours de centaines d'années de récits et de légendes orales, pour donner naissance au mythe de l'Atlantide.

    L'invasion des Peuples de la mer, chassés de leurs terres par un cataclysme marin naturel et l'explosion du volcan de Thêra, lui aussi destructeur d'une civilisation, ont ainsi pu se confondre, avec d'autant plus de facilité que les Grecs anciens ignoraient à peu près tout de leur histoire.

    Vouloir à tout prix prouver la cohérence du texte de Platon est sans doute faire une mauvaise approche du problème de l'Atlantide.

    On sait qu'un texte littéraire peut « transformer » la réalité : très près de nous, La Chanson de Roland en est un exemple parfait.

    Les récits homériques de L'Iliade et de L'Odyssée, longtemps considérés comme légendaires, ont fini par être reconnus comme vrais et « décodés », au sens strict du terme.

    La vérité sur l'Atlantide sortira probablement d'une critique serrée du texte de Platon et de sa « généalogie ». Ce texte devra être confronté aux données historiques et géologiques disponibles.

    Un jour, l'Empire atlante cessera peut-être d'être promené sur tous les continents ou même sur toutes les planètes, puisque certains auteurs ont même soutenu que les Atlantes, vaincus par les Athéniens, n'étaient, en réalité, que des ... extra-terrestres !

    V.Battaglia (06.08.2006)

    Partie I : L’Atlantide a-t-elle existé ?
    Partie II : A la recherche de l’Atlantide
    Partie III : Les Atlantes sont-ils des peuples nordiques ?

    < Enigmes Paléontologie. Archéologie

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  • Le secret de la licorne

    Le secret de la licorne – Eric de La Brume

    Illustration : Nath La Muse
    Texte : Eric de La Brume
    Le 27 juin 2018

    ^^^^

     

    Dans notre monde, il en existe plusieurs : Le monde du réel et du visible que tout le monde connaît, et celui de l’inconnu ou de l’invisible.

    Celui dont je vais vous conter l’histoire, fait partie du 2ème
    que le commun des mortels ne peut voir mais qui, parfois peut apparaître.

    Il s’agit de l’île fantastique, une île, voguant dans l’espace, entre les étoiles et sur laquelle y vivent des animaux
    qu’on ne rencontre nulle part ailleurs.

    Mais je vais vous parler d’un de ceux que j’ai rencontrés et qui peuple parfois nos rêves d’enfants en quête de merveilleux.

    Une nuit, je me suis échappé, de notre réalité et parcouru l’espace à la recherche d’aventures et découvertes
    et ai abouti sur l’île fantastique.

    Une île peuplée d’animaux extraordinaires, dont notamment des  licornes, dragons et griffons, qui étonnamment n’ont développé aucune agressivité et qui chose étrange, ne connais-sent pas la mort.

    C’est là que j’ai rencontré Flamme, une licorne, blanche comme de la neige, sa corne bien droite, plantée qui me dévisageait du haut d’un rocher.

    En un instant, pendant la nuit, en traversant l’espace,
    je suis arrivé sur l’île fantastique et me suis laissé séduire.

    Une forêt rutilante, des sources d’eau vive, une luminosité incomparable et des animaux au formes étranges qu’on ne peut voir que là.

    D’un saut leste, la licorne me rejoint et m’adressa la parole.
    J’ai un secret me dit- elle, je n’ai pas toujours été comme ça.

    Il y a fort longtemps, j’étais un ange et j’ai commis une faute,
    une faute d’orgueil et j’ai été déchu et voilà ce que je suis devenu.

    Repenti, on m’a pardonné et placé sur cette île entre ciel et terre et répandre le bien.

    C’est une île où la vie est sans fin, il n’y existe aucune agressivité et la  nourriture est abondante et suffisante pour tous.

    Je t’invite à la visiter avant de retourner dans ton monde où
    y règne tant de haine et d’incompréhension.

    Flamme m’en fit faire le tour et je n’y trouvai que beauté et enchantement.

    Un vrai retour au paradis terrestre, mais l’homme y était absent et tout n’y semblait qu’harmonie et partage.

    Les oiseaux chataient à tue-tête et s’ébrouaient dans l’eau de la rivière, les fleurs s’épanouissaient avec grâce et les grands fauves doux comme des agneaux.

    Le temps passa aussi vite que l’éclair et je pris le chemin de retour avec un message de paix et d’amour à partager.

    J’ouvris les yeux, et de mon lit je regardai le ciel empli d’étoiles et que la lune éclairait d’une lueur blafarde.

    Au loin, j’aperçus comme une minuscule étoile qui scintillait et se déplaçait lentement.

    C’était l’île fantastique et j’étais le seul à pouvoir l’entrevoir.

    .

    © Eric de la Brume 27/06/2018

     

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  • Le rêve d’Aurore. (Version conte de fées « classique ») – Sophie Sophie

    Le rêve d’Aurore. (Version conte de fées « classique ») – Sophie Sophie

    Après avoir été réveillé par de la poudre de fées et non par le Prince Charmant, la Belle-au-Bois Dormant se voit développer des dons : elle se découvre la faculté de rendre ses rêves réels.

     

    Le soleil a disparu dans les contrées du Royaume de la Belle-au-Bois-Dormant et chaque habitant s’interroge sur cette soudaine disparition. Fées, elfes et lutins sont ainsi déconcertés. Tout le petit monde féerique se retrouve déboussolé. 

    Quelques fées décident de se rendre chez la princesse en espérant en apprendre davantage. Celle-ci leur répond:

    – J’ai fait un rêve dans lequel j’ai vu la Fée Tempête prendre le soleil pour le mettre dans une perle et le jeter dans un étang. Je ne sais ou est cet étang aussi je vous invite à me suivre pour le trouver.

    Les fées et lutins suivirent alors Aurore au travers de Contrées ou se trouvaient des étangs. Mais ils ne trouvèrent aucune perle. Un prince vint à passer. Les fées, lutins et la princesse lui demandèrent alors s’il n’avait pas vu une fée avec une perle.

    – J’ai vu des tempêtes et des éclairs, et, au milieu d’eux, une fée qui se dirigeait vers les contrées de la Bête,répondit-il.

    – C’est sûrement elle, c’est ainsi que je l’ai vu dans me rêves! renchérit Aurore. La princesse remercia le prince qui lui demanda à son tour:

    – N’avez-vous pas vu une princesse aux longs cheveux noirs et aux lèvres rouge comme le sang prénommée Blanche-Neige?

    – Si, nous l’avons vu près du hameau des Nains avec le druide Humaniste soigner ses patients avec des plantes. Elle va un peu mieux depuis son accident causé par la sorcière.

    Le prince remercia à son tour et après s’être salué, ils reprirent chacun leur route.

    Arrivée dans les Contrées de la Bête, la princesse rencontre un faon prénomme Bambi avec un chat botté sur le dos. Aurore les interpelle alors et leur demande s’ils ont vu la Fée Tempête.

    – Oui, nous l’avons vu, miaula le chat en regardant de ses grands yeux verts la princesse. Elle s’est rendue au château de la Bête où elle a fait éclater des tempêtes. La princesse Belle, qui a le don de rendre réel ce qu’elle imagine l’a chassé du château en imaginant la projeter dans d’autres contrées. Mais vous  pouvez lui demander ce qui s’est passé… la voici.

    Alors que le chat botté prononçait ses paroles, Belle (La Belle et la Bête) surgit. Aurore la salua et lui conta ses mésaventures . Belle proposa alors:

    – Je vais imaginer un nuage sur lequel vous pourrez voyager. Il aura pour faculté de trouver la perle que vous cherchez… il s’arrêtera au-dessus de l’étang qui contient la perle.

    Aussitôt dit, aussitôt fait, un nuage apparut. La princesse Aurore ainsi que les lutins et les fées qui l’accompagnaient s’installèrent dessus. Elle remercia Belle et s’envola dans les airs… et c’est ainsi, que, quelques contrées plus loin, le nuage s’arrêta au dessus d’un étang non loin d’un château ou jouaient des princes et des princesses. Aurore descendit de son nuage et s’approcha de l’étang. Elle fut étonnée de voir une grenouille avec une petite couronne sur la tête l’interpeller.

    – Que viens-tu faire ici princesse?

    Aurore lui exposa alors son histoire.

    – J’ai ce que tu cherches. Mais, avant de te donner la perle, fais venir ici la princesse que tu vois là-bas qui est à la recherche de sa balle qu’elle a perdue et qui est tombée dans mon étang.

    Aurore fit venir la princesse près de l’étang. La grenouille tendit alors la perle à Aurore. Celle-ci la remercia, puis s’en retourna dans ses contrées ou l’accueillit le petit peuple. 

    Là, elle ouvrit la perle et aussitôt le soleil réapparu. 

     

    © Sophie Sophie – 02/07/2018

    https://www.plume-de-poete.fr/le-reve-daurore-version-conte-de-fees-classique-sophie-soph

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  • La Chouette et le Hibou

    La Chouette et le Hibou – Eric de La Brume

    La nuit vint à s’étendre sur la forêt ; un Hibou de grande envergure s’éveilla et étira ses grandes ailes en scrutant le ciel de ses yeux jaunes..

        Il était temps de s’éveiller et de se mettre à chasser,
    mais il avait la flemme et venait à peine de quitter sa famille.
       

        Je me sens bien seul, se disait-il, il faudra bientôt que je fonde famille et que je m’enquière de trouver épouse.
    Allons courage, ne soyons pas timide !

        Il se mit à hululer pour lancer un appel en espérant trouver une future compagne et pouvoir ainsi fonder famille pour avoir quelques beaux rejetons.

        Soudain à son appel, lui arriva une réponse, un cri plus aigu que le sien et moins puissant. il tourna la tête de tous côtés pour enfin apercevoir celle qui lui avait répondu.

        Avec ses grands yeux, il put la distinguer. Elle était à deux arbres de lui, debout sur une branche et le regardait avec admiration.

        Lui, n’avait jamais vu de hibou de cette sorte. Plus petite, elle avait un visage rond et deux grands yeux ronds et jaune d’or qui lui dévoraient le visage.

        Belle comme une nuit claire et lumineuse, pensa-t-il et il prit son envol pour aller se poser à ses côtés.

        La lune reflétait son ombre sur le sol. En deux trois coups d’ailes, le voilà arrivé.

        Oh que vous êtes beau et majestueux, lui dit-elle ; 
    c’est la première fois que je vois quelqu’un comme vous.

        Et vous, lui répondit-il avec emphase, quel joli petit visage rond, et ces beaux yeux qui vous mangent la face.
    Voulez-vous devenir mienne ? Oh que oui, j’aimerais bien devenir la compagne d’un beau seigneur tel que vous,
    au moins je me sentirais protégée.

        Allez, venez, dit le Hibou, je vais vous présenter à mes parents, Ils m’ont forcé à quitter le nid,
    prétendant que j’avais l’âge d’indépendance.

        Et voilà, que tous deux, ils prirent leur envol jusqu’au nid familial de notre jeune hibou, se sentant joyeux et plein d’allégresse en pensant qu’un jour, ils allaient vivre ensemble.

        A leur arrivée, ils furent bien surpris de voir le regard étonné des deux parents de notre hibou.

        Après avoir fait les présentations, Maître Hibou s’esclaffa bruyamment. Vous ne pouvez vivre ensemble, finit-il par dire, c’est impossible, car bien qu’ayant des mœurs et habitudes communs, vous n’êtes pas de la même espèce.

       Tu es Hibou et elle est Chouette. Vous reproduire est impossible. Si vous vivez ensemble, jamais vous n’aurez d’enfants.

       Quel choc, ce fut pour nos deux tourtereaux d’apprendre cette différence essentielle. S’aimer est une chose, mais il n’est pas toujours possible de supprimer toutes les incompatibilités.

       Il s’en allèrent donc chacun de leur côté, tout en restant amis
    et finirent un jour par trouver chaussure à leur pied et fonder chacun une famille.

    .

    Titre et illustration : Nath La Muse
    Texte : Eric de La Brume
    Le 8 juillet 2018

    https://www.plume-de-poete.fr/la-chouette-et-le-hibou-eric-de-la-brume/

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