• Chenille processionnaire du pin : qui s’y frotte s’y pique !

    Chenille processionnaire du pin : qui s’y frotte s’y pique ! 

    Chenille processionnaire du pin : qui s’y frotte s’y pique !

    Sous l’effet du changement climatique, la chenille processionnaire du pin, insecte extrêmement urticant, gagne du terrain en France. Une progression que pourrait freiner un meilleur choix des essences d’arbres plantées en ville. 

    Avec leurs poils jaunes et soyeux, les chenilles processionnaires ont un aspect duveteux qui attire la main des enfants et la truffe des chiens. Mais attention : qui s’y frotte s’y pique. La chenille sortie son nid est dotée de poils urticants qu’elle libère au moindre danger. Ces poils, en forme de harpon, peuvent se fixer sur l’épiderme, les yeux ou les voies respiratoires de l’imprudent et diffuser dans son organisme une protéine toxique appelée thaumétopoéine.

    Celle-ci provoque alors de fortes démangeaisons accompagnées de boutons qui disparaissent généralement au bout de deux ou trois jours. Mais parfois, la réaction va jusqu’à l’œdème et des cas heureusement rares conduit à un choc anaphylactique, une réaction allergique exacerbée nécessitant une hospitalisation.

    Du bassin méditerranéen à la Manche

    Jusque dans les années 90, le problème était limité au pourtour méditerranéen et au littoral Atlantique où étaient réunies les conditions climatiques et les arbres -pin et cèdres- propices au développement de l’insecte. Mais avec le réchauffement climatique, la chenille urticante a pu gagner des territoires plus septentrionaux où la température de -16°c, fatale pour l’insecte quand elle se maintient plus de trois jours, est désormais rarement atteinte.

    « Actuellement la processionnaire du pin a gagné l’Ile-de-France et s’étend plus largement d’une ligne reliant la Manche au Jura », détaille Jérôme Rousselet, zoologiste à l’Inra dont l’équipe vient de démontrer que l’insecte, considéré jusqu’à présent comme forestier, peut se déplacer physiquement d’un endroit à l’autre, même quand le paysage ne lui est pas favorable.

    Les arbres « hors forêt » mis en cause

    Ces cinq dernières années, les chercheurs ont étudié et cartographié les essences d’arbre présentes sur une zone de grandes cultures de 500 km² au nord de la Beauce. Ils ont alors été surpris de constater que l’absence de forêts dans cette région agricole n’avait pas fait barrage à la progression de cet insecte, les habitats favorables au nuisible étant bien plus nombreux qu’on ne l’imaginait.

    « Nos travaux montrent le rôle crucial des arbres « hors forêt » dans la dispersion de l’insecte. Ce sont en effet les arbres présents le long des routes et dans les zones urbaines ont pris le relais des massifs forestiers et permis l’avancée de la chenille »  explique Jean-Pierre Rossi, directeur de recherche à l’INRA, qui a également participé à l’étude.

    Autoroute à chenille

    Une « continuité écologique » qui explique pourquoi les villes et campagnes ne constituent plus un barrage naturel à la propagation de l’insecte, la distance d’un conifère à l’autre n’étant plus assez importante pour stopper son avancée. Parmi les essences d’arbre incriminées, on retrouve ainsi le pin noir (Pinus nigra), arbre ornemental largement planté au bord des autoroutes qui aurait constitué une voie d’accès rapide au nord du pays pour la chenille. Autre essence particulièrement appréciée de la petite bête urticante, le cèdre de l’Himalaya (Cedrus deodora) vendu en jardinerie et très présent en ville.

    Or c’est bien en milieu urbain que la propagation de la chenille processionnaire pose le plus de problèmes car les moyens de lutte y sont limités. L’épandage par voie aérienne d’insecticides biologiques qui permet de diffuser des bacilles (Bacillus thuringiensis) capables de parasiter et détruire les œufs et les larves de processionnaire n’y est pas autorisé.

    Les chercheurs de l’INRA souhaitent donc attirer l’attention des acteurs publics et des particuliers sur le choix des plantations d’arbres en ville. En les appelant notamment à éviter de planter des conifères en dehors de leur habitat naturel.

    Afin de mieux suivre l’expansion de la chenille processionnaire, l’institut de recherche a également développé une application sur SmartPhone permettant de signaler la présence de processionnaires.

    (Source : France Info)

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