• Cependant que tu dis ta Cassandre divine..........Joachim DU BELLAY.1522 - 1560

    Cependant que tu dis ta Cassandre divine

    Recueil : "Les Regrets"

    Cependant que tu dis ta Cassandre divine..........Joachim DU BELLAY.

    Cependant que tu dis ta Cassandre divine,
    Les louanges du roi, et l’héritier d’Hector,
    Et ce Montmorency, notre français Nestor,
    Et que de sa faveur Henri t’estime digne :

    Je me promène seul sur la rive latine,
    La France regrettant, et regrettant encor
    Mes antiques amis, mon plus riche trésor,
    Et le plaisant séjour de ma terre angevine.

    Je regrette les bois, et les champs blondissants,
    Les vignes, les jardins, et les prés verdissants
    Que mon fleuve traverse : ici pour récompense

    Ne voyant que l’orgueil de ces monceaux pierreux,
    Où me tient attaché d’un espoir malheureux
    Ce que possède moins celui qui plus y pense.

    ***********

    1. Inspiration fugitive
      ---------------------

      Le rhapsode, captant la lumière divine
      En songe, en a rempli son godet à ras bord ;
      Tel un pêcheur tirant, du torrent fier et fort,
      Les diamants qui feront sourire les ondines,

      Ou le navigateur, sous sa voile latine,
      Jusqu'au vaste estuaire accomplissant l'effort
      Qui lui fait regagner, chargé de son trésor,
      Les jardins familiers de la rive angevine.

      Mais que restera-t-il, dans le jour finissant,
      De ce soudain plaisir, de l'espoir languissant
      Qui, chaque jour, se veut sa propre récompense ?

      Rien, ces deux ou trois mots, cet ouvrage léger
      Qui traduit, malhabile, un émoi passager ;
      La faible vibration d'une plume qui pense.

       
    2. Ambilibellule
      ----------------

      Une ambilibellule est d’essence divine ;
      Et le nectar, pour elle, est servi à ras bord ;
      Nul archange des cieux n’est plus fier ni plus fort
      Que cet insecte ailé, qui charme les ondines.

      Elle maîtrise bien la grammaire latine,
      Paraphrasant Virgile et Phèdre sans effort ;
      Son antre souterrain regorge de trésors,
      Quelle-même a creusé dans la rive angevine.

      Elle aime à réciter, dans le jour finissant,
      D’un rhapsode inconnu, les sonnets languissants,
      Sans réclamer pour ça la moindre récompense.

      Depuis quatre mille ans, cet animal léger
      Est, au-dessus des eaux, des brises passager,
      Et c’est, dans tout son corps, la nature qui pense.

    « Les oreilles d’Amaranthe..............Pierre de MARBEUF.de 1619 à 1623.Aucun jour je ne me suis dit.............Anna de NOAILLES.1876 -1933. »
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