• BOUDDHISME

    Étendu au reste de l'Inde sous le règne du grand Asoka, roi de la dynastie Maurya (vers 269-232 avant notre ère), le bouddhisme, doctrine de justice et de nonviolence, gagna ensuite l'est et le sud de l'Asie. Il s'y est propagé selon deux écoles d'interprétation principales de l'enseignement du Bouddha: le Theravada, ou Hinayana, et le Mahayana. Toutefois, le déclin progressif du bouddhisme en Inde devait y entraîner sa disparition quasi complète au XIIIe siècle.

    NATURE DU BOUDDHISME.

    L'un des principes fondamentaux de la doctrine bouddhiste (ou dharma), ce en quoi elle se distingue des autres religions de l'époque, c'est l'effondrement de la notion de conscience: il n'existe pas de moi permanent. Rien de ce qui existe, le monde, les êtres, pas plus que le soi, n'échappe à l'éphémère: tout est condamné au changement perpétuel et, finalement, à périr. L'éphémère étant une donnée inévitable de la vie, nous ne pouvons prétendre à un bonheur réel qu'en nous détachant des notions illusoires de "conscience de soi" et de "possession". Un tel détachement s'obtient grâce à des techniques appropriées de méditation (dhyana).

    QUATRE NOBLES VERITES.

    Les bouddhistes croient que les enseignements de Gautama peuvent être exprimés succinctement dans les Quatre Nobles Vérités.
    1. Exister, c'est souffrir.
    2. La souffrance est causée par le désir et l'attachement aux choses.
    3. La souffrance cesse avec l'abolition du désir.
    4. Il existe une Voie pour mettre fin à cette souffrance.
    Cette Voie diffère selon le type de bouddhisme.
    Les bouddhistes du Pays pur comptent sur le pouvoir d'Amida pour être aidés.

    Les bouddhistes zen se basent sur la méditation.
    Les bouddhistes du Theravada ont une formule qui décrit la Voie: il s'agit du Noble Chemin à Huit Facettes.
    1. La parfaite compréhension, ou connaissance.
    2. La parfaite attitude, ou résolution.
    3. Le parfait discours.
    4. La parfaite action.
    5. La parfaite occupation, ou façon de vivre.
    6. L'effort parfait
    7. L'attention parfaite.
    8. La maîtrise de soi parfaite, ou méditation.
    Pour certains bouddhistes, ces perfections ne peuvent être atteintes qu'après une longue méditation et en menant une vie strictement morale. D'autres croient que le Bouddha aide ceux qui requièrent son assistance, ou que ces perfections sont déjà en chacun de nous.

    Les principaux courants du Bouddhisme.

    BOUDDHISME THERAVADA.

    On rencontre le Theravada "enseignement des Anciens", ou Hinayana "Petit Véhicule", principalement à Ceylan, en Birmanie, en Thaïlande et au Cambodge. Les adeptes du Theravada considèrent Gautama comme un être humain parvenu au nirvana (littéralement "extinction des flammes de la passion et du désir") après avoir vécu plusieurs vies de développement moral et spirituel.

    Imiter le Bouddha en devenant moine est le meilleur moyen d'atteindre l'Éveil.
    Le moine du Theravada se soumet à une discipline stricte: il ne se nourrit que d'offrandes, reste célibataire et ne fait pas de mal aux êtres vivants. La discipline de la vie monastique aide les moines du Theravada à oublier les soucis terrestres, ce qui leur permet de se concentrer sur les enseignements bouddhistes et de contrôler leur esprit grâce à la méditation.

    Les monastères dépendent entièrement de la bienveillance de la communauté des fidèles. Ceux-ci, par leurs dons généreux, espèrent ainsi gagner une meilleure renaissance et augmenter leurs chances de revivre sous la forme d'un moine. Les laïcs reçoivent égale- ment les conseils spirituels des moines et les imitent en observant certaines règles de la vie bouddhiste.
    Les fêtes bouddhistes du Theravada varient d'un pays à l'autre, mais elles célèbrent généralement la naissance et l'illumination de Bouddha ainsi que les événements bouddhistes importants qui ont marqué l'histoire du pays.

    BOUDDHISME MAHAYANA.

    Le Mahayana, ou "Grand Véhicule", s'est propagé par le Tibet en Chine, au Japon et en Corée. Il affirme que le Bouddha n'est pas Gautama mais un principe cosmique sans forme et éternel, constamment en action pour nous libérer de notre existence douloureuse. Dans sa sagesse et sa compassion, le Bouddha éternel utilise des moyens habiles (par exemple, des apparitions sous forme humaine comme celle du Bouddha Gautama) pour aider les hommes, victimes d'illusions, à se libérer du cycle des renaissances.
    Les mahayanistes recensent plusieurs Bouddha et de nombreux bodhisattvas "êtres illuminés », quasi-Bouddha qui ont différé leur entrée dans le nirvana pour aider l'humanité à trouver la voie de la lumière.
    Deux importants concepts religieux fondent le Mahayana. Le concept de vide d'une part: rien au monde ne contient de substance éternelle; même les doctrines bouddhistes sont vides et personne ne devrait s'y attacher. Le concept de l'"esprit seulement" d'autre part: le monde n'est qu'un produit de notre esprit au même titre qu'un rêve. La tâche du bouddhiste est de s'éveiller 'du rêve de l'existence.

    Hors de l'Inde, le bouddhisme du Mahayana se rencontre sous plusieurs, formes. Ainsi, un fidèle amidiste, adepte "lit) l'école du Pays pur où règne Amida, le Bouddha nippon, est sûr de renaître au Pays de la béatitude: il y trouvera les conditions les plus favorables à l'atteinte du nirvana, pourvu qu'il visualise la forme admirable du Bouddha et qu'il chante son nom.
    Le bouddhisme zen "méditation" met l'accent sur la discipline stricte de la méditation silencieuse accompagnée de méthodes inhabituelles, cris et coups parfois utilisés par les maîtres pour secouer l'esprit du moine et le faire parvenir à l'Éveil.
    Le bouddhisme vajrayana (ou "Véhicule du diamant") s'est principalement épanoui au Tibet. Pour lui, le disciple peut atteindre rapidement l'illumination grâce à des techniques spirituelles et physiques adéquates révélées par un maître.

    BOUDDHISME ACTUEL.

    Aujourd'hui, alors que le bouddhisme s'est étendu au monde entier, jusque dans certains pays occidentaux, ses adeptes s'interrogent sur son rôle et sur ses nouvelles orientations. Pour certains, le bouddhisme implique nécessairement un retrait du monde et son idéal de juste mesure s'oppose à tout engagement social. Pour d'autres, puisque les enseignements du Bouddha fournissent le schéma directeur d'une société meilleure, les bouddhistes devraient s'engager plus intensément dans les mouvements de réforme sociale. Il reste que l'attrait exercé par le bouddhisme sur la société industrielle moderne réside dans l'accent mis sur la recherche de la paix intérieure, dans son approche non matérialiste de la vie et dans sa philosophie introspective. Le bouddhisme nichiren, du nom d'un moine japonais du XIIIe siècle, se fonde sur des éléments ésotériques tels que le mantra; une sentence psalmodiée douée d'un pouvoir particulier.

    BOUDDHISME AU JAPON.

    Le moine japonais Nichiren (1222- 1282) prêchait la foi dans le Sutra du Lotus, l'un des principaux ouvrages de référence du bouddhisme mahayana. Fait surprenant de la part d'un bouddhiste, Nichiren s'en prennait violemment aux autres formes de bouddhisme qu'il qualifiait d'hérétiques. Il rendait le manque de foi populaire dans le Sutra du Lotus responsable des calamités, guerres civiles, famines et épidémies, qui décimaient le japon à son époque.

    Sa doctrine bouddhiste, malgré des débuts laborieux, acquit une grande popularité au japon et aboutit à la création d'une branche fanatique, la Nichiren Shoshu, la "vraie secte Nichirem". Les bouddhistes Nichiren psalmodient le titre du Sutra du Lotus, «Namu-myô-hô-renge-kyô». Nichiren enseignait que ce chant apportait l'illumination en éveillant la nature du Bouddha inhérente à l'individu. La Soka Gakkai, «société pour la création de valeurs», fut fondée en 1930 par Makiguchi Tsunesaburo, un instituteur qui voulait combiner la pratique du bouddhisme Nichiren avec ses propres théories éducatives progressistes. Réprimée par le gouvernement et touchée par la mort de Makigushi en prison pendant la Seconde Guerre mondiale, la Soka Gakkai vit toutefois le nombre de ses adeptes se porter à dix millions sous l'action des successeurs de Makiguchi, Toda josei et Ikeda Daisaku : ils en firent le mouvement laïc le plus populaire du japon. Cette association recruta ses disciples en prônant une philosophie utilitariste des valeurs. De nombreuses personnes ont été attirées par cette forme accessible de bouddhisme qui prétend qu'on peut obtenir tout ce qu'on désire par la seule psalmodie, un nouveau travail comme une nouvelle voiture. Mais la quête des biens matériels se révèle vite insuffisante et n'équivaut pas au vrai bonheur, qu'il convient alors de rechercher dans le cadre du bouddhisme enseigné par Nichiren. Malgré la croissance rapide du mouvement Soka Gakkai depuis 1945, ses dirigeants assurent qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle religion mais d'un mouvement laïc lié à la «vraie secte Nichirem> et considèrent Nichiren lui-même comme le Bouddha des temps modernes.

    BOUDDHISME

    BOUDDHISME

    Représentation artistique des divinités du bouddhisme.

    BOUDDHISME

     

    Selon la légende, à vingt-neuf ans, bouleversé par le spectacle des souffrances et frappé par la précarité de la condition humaine, Gautama décida de rompre avec l'existence protégée des membres de sa caste et de se consacrer à la recherche de la Vérité.

    Il ne la découvrit qu'après de longues années d'errance, Après avoir judicieusement renoncé à un ascétisme stérile, une nuit qu'il s'était arrêté au pied d'un figuier pour méditer. C'est là qu'il reçut l'Eveil, l'Illumination, la révélation de la Vérité. Il réunit alors ses premiers disciples dans sa propre communauté monastique (sangha), ordre religieux sans lieu de culte, bien qu'à chacune des étapes de leur itinéraire s'édifièrent plus tard des monastères bouddhiques.

     

    GARDIENS CELESTES

    VaisravanaVaisravana

    Les Gardiens Célestes, selon la croyance bouddhiste, veillent sur les quatre points cardinaux du monde et protègent la Loi bouddhiste. Ils habitent le mythique mont Meru aux portes du paradis d'Indra, le protecteur du bouddhisme. Les Gardiens célestes sont les acolytes d’Avalokiteshvara.

    À l'origine, ils étaient considérés bienveillants, mais au fil du temps ils se changèrent en guerriers menaçants. Ils sont habituellement représentés vêtus d'une armure et d'un heaume ou d'une couronne. Les Gardiens sont réputés avoir participé à la naissance de Bouddha Gautama et soulevé les sabots de son cheval pour qu'il puisse quitter sans bruit le palais de son père à son départ pour le monde extérieur.


    Le chef des Gardiens Célestes, Vaisravana, veille sur le nord et l'hiver. Son nom signifie « Celui qui sait ». Il est le seigneur des Yakshas, des êtres divins qui protègent et servent leur souverain.

    Le Gardien du sud, Virudhaka, ou « Le puissant », combat l'ignorance et protège l'étincelle de bonté qui brille au coeur des hommes. Il gouverne aussi l'été. Au Tibet, il est souvent représenté avec un heaume en forme de tête d'éléphant.

    Le Gardien de l'est, Dhritarashtra, ou « Celui qui maintient le royaume de la Loi », règne sur le printemps et préserve l'Etat.

    Enfin, le Gardien de l'ouest, Virupaksha, ou « Celui qui voit tout », règne sur l'automne ; il est généralement représenté vêtu d'une armure et debout sur un rocher ou un tas de démons.

    Dans l'hindouisme, les Gardiens portent le nom de Lokapalas. Vaisravana est adoré sous le nom de Kuvera, un dieu de la richesse qui garde ses trésors enterrés. Devenu le roi de Lanka, Kuvera conduisait un char magnifique, que le roi démoniaque Ravana utilisa au combat dans l'épopée hindoue du Râmâyana.

    CUNDI
    CundiCundi

    Cundi, ou Candra ou encore Cunda, est un bodhisattva considéré tantôt comme une forme féminine d’Avalokitésvara, tantôt comme une émanation de Vajrasattva, ou Vairocana, dont elle porte parfois la représentation sur sa couronne. Elle aurait donné naissance à 700 000 bouddhas, ce qui explique sa désignation de mère des bouddhas ».

    Cunda est vraisemblablement  dérivée d'Ushas,  la déesse de l’Aurore des Hindous. Dotée d’un seul visage mais de nombreux bras elle est soit blanche comme la lune, soit verte. Elle voyage sur le dos d'un homme prosterné C'est un bodhisattva à la fois bienveillant et effrayant qui possède des armes : un éclair, une épée, un arc, une flèche, une hache et un trident.
    Toutefois deux de ses mains font le signe de l’enseignement et de la charité. Si elle porte assistance aux bons elle est terrifiante pour les méchants. Selon une légende tibétaine elle un guerrier à se tuer d’une reine perverse qui prenait un nouvel amant tous les soirs pour s’en débarrasser le matin venu.

     

    MAHASIDDHA
     

    Nagarjuna et les 84 mahasiddha

    Mahasiddha dont le nom signifie approximativement « grand détenteur de facultés parfaites ». Dans le Vajrayâna, terme désignant un ascète qui possède une parfaite maîtrise de la doctrine des Tantras, Cet ascète se distingue par certaines facultés magiques (Siddhi), signes évidents de son Illumination.

    On connaît surtout le groupe de 84 Mahasiddha qui, entre le VIII et le XIIe siècle, constitua en Inde un mouvement religieux en réaction contre la culture monastique du bouddhisme Mahayana. On trouvait parmi eux des hommes et des femmes de toutes les origines sociales; leur manière hautement individuelle de mettre en oeuvre les leçons du Vajrayâna influença fortement le bouddhisme tibétain. Leurs chants spirituels jouèrent aussi un rôle important.

    Les biographies des 84 Mahasiddha qui nous sont parvenues dans leur version tibétaine décrivent des personnalités très marquées comme celles du mendiant Chatrapa, du tailleurKantali,  ou du potier Kumaripa. Le roi Indrabhûti et sa soeur Lakshmînkarâ en font également partie, de même que des lettrés comme Shântipa. Ce qui les unit en dépit de leurs différences d'origine, c'est leur manière de transformer les crises de l'existence en moyens de délivrance grâce aux enseignements d'un maître. Par le paradoxe et le non-conformisme de leur attitude, les Mâhasiddha expriment l'impossibilité d'appréhender la Réalité suprême.

    La biographie du Mahasiddha Tandhepa offre un bel exemple de rapprochement entre une situation humaine des plus humbles et un développement spirituel des plus intenses. Tandhepa perd toute sa fortune aux dés. Le jour où il apprend que le monde est aussi vide que sa bourse, il reçoit l'Illumination et entre dans le Nirvâna.

    Les chants des Mahasiddha appelés Doha abondent en images poétiques qui touchent l'imagination. Au Tibet, la tradition du Doha fut surtout pratiquée par Milarepa et Drugpa Künleg. Mais l'influence la plus grande revient sans doute aux chants du fabricant de flèchesSaraha. Voici comment celui-ci résume l'expérience spirituelle des Mahâsiddha : «Celui qui comprend que depuis le début des temps il n'y a jamais eu d'esprit réalise l'esprit des bouddhas des trois ères».

     

    AmitabhaAmitabha

    Amitâbha, l'un des cinq Dhyanibulldhas, est l'un des bouddhas les plus importants du bouddhisme mahayana, ou « Grand Véhicule ». Son nom signifie « Infinie Lumière » ou«Celui dont la splendeur est incommensurable ».

    Amitâbha règne sur le paradis occidental, un état de conscience appelé Sukhâvatî. Quiconque croit en ce bouddha est assuré d'entrer à Sukhâvatî, où il renaîtra. Amitâbha est donc une sorte de sauveur qui garantit une vie après la mort: chacun peut atteindre la libération en invoquant son nom, plutôt que de devoir subir d'innombrables renaissances.

    Dans une existence antérieure, Amitâbha était un roi qui, après avoir été en contact avec l'enseignement bouddhiste, abandonna son trône pour devenir le moine Dharmakara. Dharmakara fit 48 voeux, par lesquels il promit de venir en aide à ceux qui suivraient le chemin vers l'illumination. Grâce à la méditation, le moine réussit finalement à réaliser ses voeux et il devint le bouddha Amitâbha.

    Ayant l'eau pour élément, il est associé au crépuscule et à la vie dans l'au-delà. Il est généralement représenté en rouge, assis sur une fleur de lotus, ou parfois voyageant sur le dos d'un couple de paons. Ses mains font le mudra de la méditation, une main reposant simplement sur l’autre, son emblème est le lotus, le symbole de la renaissance spirituelle, et il est associé à la direction de l’ouest.

    Bien qu'il fût originaire de l'Inde, c'est en Chine et au Japon, où il porte le nom d'Amida (le bouddha qui a inspiré l'école de bouddhisme de la « Terre pure »), qu'Amitâbha fit l'objet de la plus grande vénération. Au VIII siècle, le moine indien Padmasambhava introduisit le culte d'Amitâbha au Tibet, où il attira de nombreux disciples.

    Au Tibet et au Népal, Amitâbha est représenté en Yab-Yum (la position de l'étreinte) avec Pandara, sa Shakti ou énergie féminine correspondante.

     
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