• BLASON CÉLESTE........José Maria de Heredia.... (1842-1905)

    BLASON CÉLESTE

    BLASON CÉLESTE..........Heredia (1842-1905)

    J’ai vu parfois, ayant tout l’azur pour émail,
    Les nuages d’argent et de pourpre et de cuivre,
    À l’Occident où l’œil s’éblouit à les suivre,
    Peindre d’un grand blason le céleste vitrail.
     
    Pour cimier, pour supports, l’héraldique bétail,
    Licorne, léopard, alérion ou guivre,
    Monstres, géants captifs qu’un coup de vent délivre,
    Exhaussent leur stature et cabrent leur poitrail.
     
    Certe, aux champs de l’espace, en ces combats étranges
    Que les noirs Séraphins livrèrent aux Archanges,
    Cet écu fut gagné par un Baron du ciel ;
     
    Comme ceux qui jadis prirent Constantinople,
    Il porte, en bon croisé, qu’il soit George ou Michel,
    Le soleil, besant d’or, sur la mer de sinople.

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    Samedi 4 Juillet à 12:30

    (1)  Ambiporc d’azur
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    Je suis l’ambicochon, vêtu d’un noble émail,
    Je n’ai pour tout trésor que des pièces de cuivre;
    Où sont les songes bleus que j’aimais tant poursuivre?
    Fourbus de lassitude, ils dorment au bercail.

    Une reine jadis admira mon travail,
    Qui, je ne sais pourquoi, s’est transformée en vouivre;
    Le roi me tutoyait quand il était bien ivre,
    Puis me reconduisait jusqu’à son grand portail.

    Je sais qu’au bout d’un temps la vie devient étrange,
    Que ce soit pour un porc ou bien pour un archange;
    Je n’ai pas d’opinion sur les décrets du Ciel.

    Je termine mes jours sans maître et sans disciple,
    Et je ne marche plus vers le pont Saint Michel,
    Mais ces nouveaux quartiers ont des splendeurs multiples.

     

    (2)  Splendeur des blasons
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    Chandelle de sinople, incomparable émail,
    Ornant de tes reflets le robinet de cuivre,
    Au pays des blasons ma plume te veut suivre !
    Tu seras le sujet d’un étonnant vitrail

    Où se promènera le magique bétail :
    De sable un crocolion, de platine une vouivre,
    D’argent un gidouillon, d’orange un rhapsode ivre,
    Plus une basilique avec son grand portail.

    Le soleil, traversant cette verrière étrange,
    Fera sur mon bureau danser quelques archanges,
    Comme s’ils désiraient se disputer le ciel,

    Comme rivalisant auprès de leurs disciples,
    Comme voulant piquer son trône à Saint Michel,
    Ou pour (car c’est dimanche) amuser le dieu triple.

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