• Berthe de Hollande (née vers 1055, morte le 30 juillet 1094)

    Berthe de Hollande (née vers 1055, morte le 30 juillet 1094)
     
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    Roi à huit ans sous la tutelle de Baudouin, comte de Flandre, Philippe Ier épousa à dix-neuf ans une princesse assez belle, Berthe de Hollande, fille du comte de Hollande Florent Ier et de Gertrude de Saxe. C’était en 1072 ; le mariage répondait à des nécessités politiques. Cinq ans plus tôt, Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, avait conquis (...)
     
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    Le titre proprement dit de reine de France ne devrait pas, à la rigueur, remonter au-delà de sainte Clotilde femme de Clovis, puisque c'est sous le règne de ce prince que la Gaule fut identifiée au royaume des Francs, et que ce Clovis est le véritable fondateur de la monarchie française
     
     

    Avant lui, on le sait, les Francs élisaient leurs chefs en les plaçant sur un bouclier, après les avoir choisis parmi la plus illustre famille de la tribu. Ce n'était pas, certes, le pouvoir absolu que possédaient ces hommes à longue chevelure, ainsi proclamés librement, puisque Clovis lui-même n'était pas investi de la domination à ce point ; mais c'était le plus haut grade, la dignité par excellence, la souveraineté en principe, la royauté sans le nom de roi. Encore quelques historiens le leur confèrent-ils.

    Puisqu'il en est ainsi et que l'histoire nous a laissé, d'une façon un peu confuse peut-être, mais fort vraisemblable, les noms de certains de ces chefs appartenant aux Francs Saliens, pourquoi ne parlerions-nous pas de leurs compagnes ? En ce temps, la femme était fort peu considérée par l'homme et partout où ne régnait pas le christianisme, elle était réduite au rang d'esclave, courbée sur la terre qu'elle avait seule la mission de cultiver.

    Certaines femmes étaient
    destinées à grandir
    dans la vie guerrière

     

     

     

     

    Mais elle était aussi, dit un historien autorisé, destinée à grandir dans la vie guerrière, car elle avait alors la force plus que la grâce ; sa taille colossale lui permettait, vierge encore, de manier le javelot. Elle devait donc devenir la compagne des dangers de l'homme, unie à son destin, dans la vie, dans la mort. « Elle ne s'éloigne pas, ajoute-t il, du champ de bataille, elle l'envisage, elle y préside, elle devient la fée des combats, la walkirie charmante et terrible, qui cueille, comme une fleur, l'âme du guerrier expirant qu'elle va chercher jusque sur la plaine funèbre ».

    Ces femmes sont avec l'or, l'objet des guerres, le but des courses héroïques ; on craint souvent de leur désobéir, témoin cet épisode de la guerre des Huns, pendant laquelle certain marhgraf du nom de Rüdiger se voit obligé de combattre les Burgondes qu'il aime, pour complaire à l'épouse d'Attila, Chriemhild, qui le lui ordonne. C'est avec les larmes aux yeux que l'intrépide guerrier s'avance vers son ami Hagen, dont on le force à faire un ennemi. Il lui prête son bouclier et voudrait lui en faire présent ; mais il en est empêché par cette même femme et s'écrie alors :

     

    Je te donnerais volontiers mon bouclier.
    Si j'osais te l'offrir devant Chriemhild...
    N'importe ! prends-le, Hagen, et porte-le à ton bras.
    Ah ! puisses-tu le porter jusque chez vous, jusqu'à la terre des Burgondes.

     

    Elles méritent donc de prendre place près de leurs époux, ces personnalités qui auraient pu devenir si envahissantes que l'on trouvait bon, dès cette époque, de promulguer une loi pour les éloigner du trône. Cette loi, que l'on appela la loi salique du nom des Francs Saliens eux-mêmes, est le plus généralement attribuée à Pharamond qui, selon l'abbé Trithème, serait fils de Marcomir V, un des princes les plus renommés de cette peuplade salienne qui, dès la fin du IVe siècle, avait pénétré dans l'île des Bataves (aujourd'hui la Hollande), entre les embouchures du Rhin et de la Meuse. Pharamond est dit le premier de nos rois, son histoire est peu connue puisqu'un écrivain a pu la résumer en un distique assez facile.

     

    En l'an quatre cent vingt, Pharamond, premier roi,
    Est connu seulement par la salique loi.

     

    Quoi qu'il en soit, sa femme doit être appelée la première de nos reines. Elle passe pour être fille du roi des Cimbres et aurait porté le nom d'Argote.

    NOTE : Sous les Mérovingiens et les Carolingiens, les fils du roi défunt se partagent son royaume. À partir de la dynastie capétienne, cette règle change, un seul héritier de la couronne étant désigné. La liste des épouses de souverains rassemblées ici comporte des reines ayant régné sur :

    • une ou plusieurs division(s) de la France d'alors (vert clair) :
      • Austrasie ; Neustrie ; Bourgogne (ces 3 régions sont issues du partage du royaume en 561)
      • Aquitaine ; Lotharingie ; Empire d'Occident
    • la totalité du royaume de France (vert foncé)
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