• UN ECHANGE DE CADEAUX

    Un échange de cadeaux - (Histoires de Noël)

    J’ai grandi avec l’impression que Noël est une période où des choses étranges et merveilleuses se passent où des visiteurs sages et royaux arrivent à cheval, où à minuit les animaux dans les étables se mettent à parler, et où, la lumière d’une étoile fabuleuse, brille.

    Dieu était descendu parmi nous sous la forme d’un petit enfant.

    Noël a toujours été pour moi un moment d’enchantement, et jamais autant que l’année où mon fils eut 8 ans.

    C’était l’année où mes enfants et moi-même sommes allés vivre dans un  mobil-home douillet, dans une région boisée, juste à la sortie de Redmond, Washington.

    Comme les fêtes approchaient, nos cœurs étaient joyeux, et n’étaient découragés ni par la pluie hivernale ni par la boue qui salissait notre intérieur.

    Durant tout Décembre, Marty fut plein d’entrain et plus occupé que nous tous.

    Il était mon plus jeune, un garçon blond, gai et joueur, avec l’habitude mignonne de vous regarder en penchant la tête sur le côté comme un petit chien quand vous lui parliez.

    En fait, la raison de ceci était que Marty était sourd de l’oreille gauche, mais il ne s’en plaignait jamais.

    Depuis plusieurs semaines je l’observais. Je savais qu’il se passait quelque chose en lui dont il ne me parlait pas.

    Je vis avec quel enthousiasme il faisait son lit, sortait les poubelles, mettait la table soigneusement et aidait Rick et Pam à préparer le dîner.

    Je vis comment il mettait minutieusement de côté le peu d’argent de poche qu’il recevait sans rien en dépenser.

    Je n’étais pas sur de ce qu’il mijotait, mais je soupçonnais que cela avait à faire avec Kenny.

    Kenny était le copain de Marty, et depuis qu’ils s’étaient rencontrés, au printemps dernier, ils étaient inséparables.

    Si vous en appeliez un, les deux rappliquaient.

    Leur terrain  de jeux était  la prairie où ils attrapaient des grenouilles et des lézards, cherchaient des trésors cachés, ou passaient l’après-midi à nourrir de cacahuètes les écureuils !

    Les  temps  étaient  durs  pour  notre petite famille et nous devions nous serrer la ceinture pour y arriver.

    Avec mon petit boulot au supermarché et beaucoup d’ingéniosité, nous arrivions à vivre décemment. Mais pas la famille de Kenny. Ils étaient désespérément pauvres, et sa mère  avait  beaucoup de difficultés à nourrir et à habiller ses deux enfants. Ils étaient une famille unie, mais la mère de Kenny était fière et avait des principes stricts.

    Marty et Kenny restaient parfois tranquilles à table pour nous aider à faire une guirlande, puis soudain, l’un chuchotait quelque chose à l’oreille de l’autre, et les deux se faufilaient dehors et se glissaient prudemment sous la clôture électrique qui séparait notre foyer de celui de Kenny.

    Un soir, peu avant Noël, alors que j’étais en train de faire des biscuits pour les fêtes, Marty m’approcha et me dit d’un air fier et satisfait :

    — Maman, j’ai acheté un cadeau pour Kenny ; Tu veux le voir ?

    — Ainsi c’était ce qu’il mijotait, pensais-je.

    — C’est quelque chose qu’il veut depuis longtemps.  

    Après avoir essuyé ses mains, il sortit de sa poche une petite boîte. En ouvrant le couvercle, je découvris la boussole que mon fils, en économisant son argent de poche si fidèlement, avait pu acheter. Une petite boussole qui aiderait un aventurier de  8 ans à ne pas  se perdre dans les bois.

    — C’est un très beau cadeau, Marty !

    Mais une pensée pénible me vint à l’esprit.

    Je savais comment la mère de Kenny ressentait leur pauvreté. Ils arrivaient à peine à s’offrir des cadeaux entre eux, et faire des cadeaux aux autres était hors de question. J’étais sur que la mère de Kenny ne permettrait pas que son fils reçoive quelque chose sans rendre la pareille.

    Gentiment et avec précaution, j’expliquai le problème à Marty qui comprit parfaitement.

    — Je sais, Maman, je sais ! …Et si c’était un secret ? Et si ils ne savaient jamais qui l’a donné ?

    Je ne savais pas quoi lui répondre.

    La veille de Noël fut pluvieuse et froide. La pluie continuait à tomber. Je regardai par la fenêtre et ressentis une tristesse étrange. Il me semblait que des choses merveilleuses et magiques n’arrivaient que quand les nuits sont claires et étoilées.

    Comme je me retournai pour surveiller le pain  qui chauffait  dans le four, j’aperçus Marty qui se faufilait dehors. Il avait mis son manteau par-dessus son pyjama et tenait une petite boîte bien empaquetée dans sa main.

    Il traversa le pré détrempé, se glissa sous la clôture électrique et se retrouva dans le jardin de la maison de Kenny. Il gravit les marches à pas de loup, ouvrit la porte moustiquaire et déposa son cadeaux sur le seuil de la porte. Puis, en retenant sa respiration, il appuya un grand coup sur la sonnette. Il se retourna rapidement, descendit les quelques marches en courant, et traversa le jardin à toute allure pour ne pas être vu.

    Puis soudain il se cogna contre la clôture électrique !

    Le choc l’envoya rouler par terre. Quelques secondes, il resta étendu sur le sol. Je me précipitai pour sortir l’aider, mais je me retins en pensant que la mère de   Kenny pourrait me voir dans la lumière si j’ouvrai la porte.

    Lentement Marty se releva, et confu, continua  son  chemin jusque chez nous.

    — Marty, lui criai-je, alors qu’il entrait en titubant, qu’est-ce qui s’est passé ?

    Ses lèvres  tremblaient  et  ses  yeux s’embuèrent.

    — J’ai oublié la clôture et je suis rentré dedans !

    Je le pris dans mes bras. Il était encore abasourdi et une marque rouge commençait à se former sur son visage entre la bouche et l’oreille.

    Rapidement je m’occupai de sa blessure et une tasse de chocolat chaud l’aida à retrouver son sourire. Ce soir là quand je le mis au lit, il me dit :

    — Tu sais, maman, Kenny ne m’a pas vu. Je suis sur qu’il ne m’a pas vu.

    Cette soirée de Noël, je me couchai confuse. Il semblait que ce qui était arrivé était une chose bien triste pour un petit garçon qui accomplissait sa mission de Noël en faisant ce que Dieu veut que chacun de nous fasse : donner aux autres, et donner dans le secret en plus !

    Je ne dormis pas bien cette nuit là. Au fond de moi, je ressentais comme une déception que la nuit de Noël était venue et qu’il n’y avait eu aucun enchantement. Mais je me trompais.

    Le lendemain matin, la pluie avait cessé et le soleil brillait. La marque sur le visage de Marty était très rouge, mais je pouvais voir que la brûlure n’était pas sérieuse.

    Nous avons ouvert nos cadeaux et bientôt Kenny frappait à notre porte impatiente de montrer à Marty sa nouvelle boussole et de lui parler du mystère de son arrivée.

    Il était clair que Kenny ne soupçonnait rien, et comme les deux discutaient, Marty souriait et souriait encore.

    Puis je remarquai que, comme les deux garçons comparaient leurs cadeaux en secouant la tête et en bavardant, Marty ne penchait plus sa tête comme il le faisait avant. Marty semblait écouter avec son oreille sourde !

    Quelques semaines plus tard, un rapport arriva du docteur scolaire pour confirmer ce que Marty et moi savions déjà : Marty avait maintenant une ouïe parfaite des deux oreilles !

    Le mystère sur la façon dont Marty retrouva l’ouïe est resté précisément cela : un mystère !

    Les docteurs supposent bien sur que le choc de la clôture électrique en fut responsable. Peut-être. Mais quelle qu’en soit la raison, je suis reconnaissante envers Dieu pour l’échange de cadeaux qui eut lieu cette nuit là.

    Et vous voyez que, malgré tout, des choses étranges et merveilleuses arrivent encore la nuit de Noël. Et il n’est pas besoin que la nuit soit claire pour suivre une étoile fabuleuse !

    Diane Rayner

    ***

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  •   Il n’y a pas de coïncidences

    Par Warren Miller

      Il n’y a pas de coïncidences

    La tempête durait depuis 3 jours !

     

    Dans la Sierra Nevada la neige s’amoncelait. Au pied de la Sierra, dans la bourgade de Grass Valley, en Californie, les rues étaient inondées et dans certains quartiers de la ville l’électricité était coupée à cause des arbres qui avaient arrachés les câbles en tombant. Le vent et la pluie martelaient les fenêtres de la petite église avec une violence que le Père O’Malley n’avait encore jamais vue.

     

    Dans sa petite chambre, le téléphone sonna ; comme il décrochait pour répondre, une voix demanda :

     

    — Etes-vous le Père O’Malley ?

    — Oui, c’est bien moi.

     

    — J’appelle de l’hôpital d’Auburn, dit une femme ; nous avons un patient en phase terminale qui demande à recevoir l’extrême onction. Pouvez-vous venir rapidement ?

     

    — Je vais faire de mon mieux, répondit-il, mais la rivière a débordé et il y a des arbres cassés un peu partout ! Il me faudra au moins deux heures !

     

    L’hôpital était à seulement 45 km.

     

    Le voyage fut long et fastidieux. Enfin il aperçut au loin les lumières de l’hôpital et il espéra ne pas arriver trop tard. Avec sa vieille Bible dans la poche de son manteau, il poussa la porte de l’hôpital que le vent  referma en claquant derrière lui.

     

    L’infirmière de nuit  vint à sa  rencontre  et dit :

     

    — Je suis contente que vous soyez là parce que l’homme pour lequel je vous ai appelé est très faible ; mais il est conscient. Il est alcoolique et son foie ne fonctionne plus. Il est là depuis 2 semaines et personne n’est venu le voir ; il vit tout seul dans les bois ; c’est tout ce que je sais de lui.

     

    — Comment s’appelle-t-il ?

    — Je ne sais pas ; ici tout le monde l’appelle Tom.

     

    L’infirmière conduisit le Père jusqu’à la chambre de Tom.

     

    — Hello, Tom, je suis le père O’Malley.

     

    Puis il commença les prières. Quand il eut fini, Tom bougea un peu et semblait vouloir parler.

     

    — Voulez-vous vous confesser ?

    — Pas du tout, mais j’aimerai parler un peu avec vous avant de partir.

     

    Alors ils se mirent à parler de la guerre de Corée, de la férocité des tempêtes hivernales, des hautes herbes jusqu’aux genoux et de la beauté des arbres en fleurs au printemps …

     

    Au bout de deux heures, comme c’était la quatrième ou la cinquième fois que le Père O’Malley lui posait la même question, Tom répondit :

     

    — Mon Père, quand j’étais jeune, j’ai fait quelque chose de si affreux qu’il ne se passe pas un seul jour sans que j’y repense !

    — Je suis sûr que Dieu vous pardonnera, dit le Père O’Malley, il est Amour ; Il veut que nous confessions nos fautes afin de pouvoir recevoir son pardon. Il veut que vous soyez libéré de cette chose qui vous tourmente depuis si longtemps.

     

    — Même maintenant, j’ai du mal à en parler, dit Tom tristement, même à vous, mais maintenant il est trop tard pour que quiconque me fasse du mal, alors je peux bien vous le dire. J’ai travaillé pour les chemins de fer toute ma vie jusqu’à ce que je prenne ma retraite. Il y a 32 ans j’étais aiguilleur à Bakersfield dans une nuit comme celle-ci. C’était deux nuits avant Noël. Il y avait des vents de 100 km/h et presque aucune visibilité. On avait tous bien bu pendant la nuit et au matin je me suis porté volontaire pour actionner le levier de l’aiguillage pour le train de marchandises de 8h30.

     

    Tom   continua   presque  en chuchotant.

     

    — Je devais être plus ivre que je ne le pensais parce que j’ai poussé le levier dans la mauvaise direction. A 80 km/h ce train est rentré dans une voiture au passage à niveau suivant et a tué un jeune couple et leur deux filles.”

     

    Puis en pleurant, il dit :

     

    — J’ai dû vivre en sachant que j’étais responsable de leur mort toutes ces années.

     

    Il y eu un long moment de silence. Le Père O’Malley mit sa main sur l’épaule de Tom et dit doucement :

     

    — Je sais que Dieu peut vous pardonner parce que je le peux. Dans cette voiture il y avait mon père, ma mère et mes deux sœurs.

     

    ***

    Le jour où l’ange a chanté pour moi

    Scott Mac Gregor, d’après Billy Tyler

     

    Je ne sais toujours pas pourquoi je me suis arrêté ce jour-là. J’en étais venu à m’identifier à Ebenezer Scrooge de Charles Dickens.

     

    Au début, ce n’était qu’une plaisanterie, mais au fil des années, je sentais mon cœur et mon esprit se dessécher comme une feuille morte. Tout cet engouement, toutes ces histoires de faire le bien autour de soi à Noël étaient absurdes et c’était plus que je ne pouvais en supporter.

     

    Parler de paix sur terre n’était qu’une mascarade pour cet ancien du Vietnam que j’étais, car j’étais revenu au pays avec la conviction que sur terre il n’y avait rien que la guerre, et que, tout au mieux, celle-ci était ponctuée de périodes de lassitude où les combattants s’arrêtaient un moment, histoire de reprendre leur souffle.

     

    Je me montrais cynique à l’égard de ceux qui à Noël se croyaient meilleurs que les autres en prêchant la bonne volonté, mais vivaient dans l’insouciance, oublieux de la douleur et du chagrin qui frappaient leurs voisins, proches ou éloignés.

     

    Pour la plupart de ces gens-là, cela dit en passant, le plus loin ils étaient de ces voisins, le mieux ils s’en portaient.

     

    Pour cet auteur de bandes dessinées, cet homme désabusé, la vie n’était autre qu’une longue souffrance qu’il fallait endurer.

     

    Oui, croyez-le ou pas, j’écrivais des scénarios de bandes dessinées pour enfants  — le genre d’histoire où le héros pourfend les méchants et où le bien triomphe de tous les maux.

     

    Ainsi, non seulement je passais mes jours à haïr le monde, mais je gagnais ma vie en écrivant des bêtises forgées de toutes pièces, que je haïssais tout autant.

     

    Alors, comment ai-je pu m’arrêter pour regarder des enfants chanter Noël ? Cela demeure un mystère. Je contemplais leurs visages, en me demandant ce qui pouvait bien les motiver à braver le froid et à chanter pour les passants.

     

    Je vous assure que je n’avais qu’une idée en tête, c’était de reprendre mon chemin, comme la plupart des autres badauds, pour aller trouver un peu de chaleur dans un magasin ou un restaurant aux alentours. Mais quelque chose me retenait.

     

    Je restai planté là à les regarder jusqu’à la fin de leur répertoire.

     

    Imaginez, je crois même que je leur aie souri ! Ils étaient loin d’être d’excellents chanteurs, mais j’ai dû voir en eux quelque chose que je n’avais pas vu depuis très longtemps, surtout en me regardant dans le miroir. J’ai vu dans leurs yeux de la sincérité et de l’espoir.

     

    J’ai été frappé en particulier par une petite fille au premier rang. On aurait dit que c’était sa première expérience, parce que, de toute évidence, elle ne connaissait pas trop bien les paroles. Elle ne cessait de regarder les plus grands, comme si elle était sûre qu’il lui suffirait de suivre le mouvement de leurs lèvres pour se tirer d’affaire.

     

    Toute ma vie, moi aussi, je m’étais plus ou moins tiré d’affaire, mais chez elle, c’était très différent.

     

    Elle n’était pas sceptique ni amère comme moi.

     

    Elle suivait les autres en toute confiance, persuadée qu’ils lui viendraient en aide, alors que moi, tout au long de mon existence, j’avais toujours eu peur de me faire écraser par les autres.

     

    Elle était naïve, bien sûr, mais combien j’enviais cette naïveté !

     

    L’expérience que j’avais du monde m’avait appris à me tenir constamment sur mes gardes, et, à la longue, c’était fatigant.

     

    Leurs chansons terminées, alors que nos jeunes chanteurs s’apprêtaient à partir, la petite fille me sourit. Puis, tandis que les autres s’éloignaient, elle me fit des signes de la main.

     

    Ces mélodies avaient eu l’effet de m’adoucir, mais ce simple sourire changea ma vie.

     

    Je me demande encore ce qui s’est passé, mais depuis ce moment-là, je me sens plus heureux, et – si vous voulez bien me croire — je suis plus aimable à l’égard de mes semblables, moins renfrogné.

     

    Et je suis au moins parvenu à la conclusion suivante : je crois que Dieu m’a souri à travers le visage de cette enfant.

     

    Je ne sais toujours pas s’il existe des anges avec des ailes, mais je suis sûr qu’il en existe avec des écharpes rouges et des bonnets de laine verts.

     

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  • Mon fusil de Noël (Histoires de Noël)

    Mon fusil de Noël (Histoires de Noël)

    Mon fusil de Noël

    Par Matthew B. Miles

     

    Mon père n’a jamais eu beaucoup de compassion pour les fainéants, ni pour ceux qui gaspillent leurs biens et qui ensuite ne peuvent subvenir à leurs besoins. Mais pour ceux qui étaient véritablement dans la nécessité, il avait le cœur sur la main. C’est de lui que j’ai appris que les plus grandes joies de la vie viennent en donnant, et non pas en recevant.

     

    C’était la veille de Noël 1881 ; j’avais 15 ans et le sentiment que le monde entier autour de moi s’effondrait parce qu’il n’y avait pas assez d’argent pour m’acheter le fusil que je voulais tant cette année là pour Noël.

     

    On avait fini nos corvées plus tôt que d’habitude ; je pensais que P’pa voulait avoir un peu de temps pour qu’on puisse lire la Bible ; donc après le souper, j’ai enlevé mes bottes et je me suis étiré devant le feu en attendant que P’pa descende sa vieille Bible. Pour être honnête, je continuais à m’apitoyer sur mon sort, et je n’avais aucune envie de lire les écritures.

     

    Mais P’pa ne descendit pas la Bible. Au lieu de ça, il s’emmitoufla bien et sortit. Je ne comprenais pas pourquoi, parce qu’on avait déjà fini toutes les corvées ; mais bien vite je n’y pensais plus ; j’étais bien trop occupé à ruminer ma déception ; P’pa revint bientôt. C’était une de ces nuits claires et froides, et il y avait de la glace dans sa barbe.

    — Viens avec moi, Matt ; mais habille toi bien parce qu’il fait froid ce soir !

     

    J’étais vraiment contrarié ; non seulement je n’avais pas eu mon fusil pour Noël, mais en plus P’pa me demandait de ressortir dans le froid sans raisons apparentes !

     

    On avait déjà fini toutes nos corvées, et je ne voyais pas ce qu’il pouvait bien y avoir à faire dehors surtout dans une nuit comme celle-là. Mais je savais que P’pa n’était pas très patient avec ceux qui traînent les pieds.

     

    Je me suis levé, j’ai remis mes bottes puis j’ai mis mon manteau, mon écharpe, ma casquette et mes moufles ; Ma me fit un sourire mystérieux au moment où je sortais ; il se passait quelque chose mais je ne savais pas quoi !?

     

    Dehors, je devins encore plus perplexe ; Là devant la maison, les deux chevaux étaient attelés au grand traîneau ; je compris tout de suite que quoique ce soit qu’on allait devoir faire n’allait pas être un petit travail de 5 minutes.

     

    On n’attelait jamais le grand traîneau à moins d’avoir quelque chose de très lourd à tirer. P’pa était déjà sur le siège, les rennes en main. A contre cœur, je m’assis à ses côtés ; le froid commençait déjà à m’envahir et je me sentais misérable. P’pa fit le tour de la maison et vint s’arrêter devant la réserve de bois ; il descendit et je le suivis.

    — Je pense qu’on aura besoin des grandes ridelles, dit-il, viens m’aider.

    Les grandes ridelles ! Là je compris qu’on était parti pour un travail de plusieurs heures ! Après avoir changées les ridelles, P’pa entra dans la remise et en ressortit les bras chargés de bûches, les bûches que j’avais passé tout l’été à descendre de la montagne et à scier tout l’automne. Pourquoi faisait-il tout ça ? Finalement je lui demandai

     — P’pa, qu’est-ce que tu fais ?

    — Est-ce que tu es passé chez la veuve Jensen dernièrement ?

    La veuve Jensen vivait à environ 3 km de chez nous. Son mari était mort il y avait un peu plus d’un an et elle se retrouvait seule avec 3 enfants, dont l’aîné avait juste 8 ans.

    — Oui, je l’ai vu il n’y a pas très longtemps ; mais pourquoi ?

    — J’y suis passé ce matin, dit P’pa, et j’ai vu le petit Jacky qui cherchait quelques branches dans la remise ! Il n’ont plus de bois, Matt !

     

    Ce  fut  tout  ce qu’il  dit, puis il retourna dans la remise chercher une autre brassée de bois. Je le suivis. On remplit le traîneau si haut que je me demandais si les chevaux allaient être capables de le tirer !

     

    Puis P’pa se dirigea vers le fumoir et décrocha un jambon et un gros morceau de bacon. Il me les tendit et me demanda de les mettre sur le traîneau et de l’attendre ; quand il revint, il portait un sac de farine sur l’épaule et un autre petit sac de quelque chose dans la main gauche.

     

    — Qu’est-ce qu’il y a dans le petit sac ? Demandai-je.

    — Des chaussures ! Ils n’ont plus de chaussures. Le petit Jacky avait juste de vieux  chiffons  autour  des pieds quand je l’ai vu ce matin ; et j’ai aussi quelques sucreries pour les enfants ! Ca ne serait pas vraiment Noël s’il n’y avait pas quelques sucreries !

     

    On parcourut les 3 km en silence jusque chez les Jensen. J’essayais de comprendre ce que P’pa faisait ; on n’était pas riche nous-même.

     

    Bien sûr on avait beaucoup de bois, bien que ce qui restait maintenant fussent des troncs qu’on allait devoir scier et fendre avant de pouvoir s’en servir. On avait de la viande aussi et de la farine, qu’on pouvait partager, mais on n’avait pas d’argent ; alors comment P’pa leur avait-il acheté des chaussures et des sucreries ?

     

    Pourquoi faisait-il tout ça ? La veuve Jensen avait d’autres voisins plus proches que nous ! Ce n’était pas à nous de l’aider !

     

    On arriva par derrière la maison des Jensen et on déchargea le bois aussi vite que possible. Puis on s’approcha avec la viande, la farine et les chaussures et on frappa à la porte qui s’ouvrit de quelques centimètres.

     

    Une petite voix demanda timidement,

     

    Qui est-ce ?

     

    — C’est Lucas Miles madame, et mon fils Matt. Pouvons-nous entrer quelques minutes ?

     

    La veuve Jensen ouvrit la porte et nous fit entrer. Elle avait mis une couverture par-dessus ses vêtements. Les enfants, eux aussi emmitouflés dans des couvertures, étaient assis devant un tout petit feu qui ne donnait presque pas de chaleur. La veuve Jensen chercha une allumette pour allumer la lampe.

     

    — On vous a apporté quelques bricoles madame, dit P’pa en posant le sac de farine.

     

    Je posai la viande sur la table, et P’pa lui tendit le sac avec les chaussures ; elle l’ouvrit avec hésitation et en sortit les chaussures, une paire à la fois ; il y avait une paire pour elle et une paire pour chaque enfant—des bonnes chaussures, les meilleurs ; des chaussures qui allaient durer.

     

    Je la regardai attentivement. Elle se mordait la lèvre inférieure pour l’empêcher de trembler et des larmes remplirent ses yeux et commencèrent à couler sur ses joues. Elle regarda P’pa comme si elle voulait dire quelque chose, mais rien ne sortit.

    — On a apporté un chargement de bois aussi, Madame, dit P’pa.

    Puis en se tournant vers moi :

    — Matt, voudrais-tu en amener un peu pour ranimer ce feu ?”

     

    Quand je sortis pour chercher du bois, je n’étais plus le même. J’avais un nœud dans la gorge, et bien que je n’aime pas l’admettre, j’avais les yeux plein de larmes.

     

    Dans mon esprit je revoyais ces trois petits assis près du feu et leur mère debout là avec de grosses larmes qui lui coulaient sur les joues et tant de gratitude dans le cœur qu’elle ne pouvait même pas parler.

     

    Une joie indescriptible remplit mon âme, une joie que je n’avais jamais ressentie auparavant. Plusieurs fois déjà j’avais donné à Noël, mais jamais cela n’avait fait une telle différence. Je pouvais voir qu’on avait pratiquement sauvé la vie de ses gens.

     

    Un  bon  feu  ronronna  bientôt  dans la cheminée et l’esprit de chacun se détendit. Les enfants commencèrent à sourire quand Pa leur donna des biscuits, et la veuve Jensen regardait avec un sourire qui n’avait sans doute pas éclairé son visage depuis longtemps.

     

    Finalement elle dit :

    — Que Dieu vous bénisse ! Je sais que c’est Dieu lui-même qui vous a envoyé ; les enfants et moi avions priés pour qu’Il nous envoie un de ses anges pour nous aider.

     

    Malgré moi, ma gorge se serra à nouveau et mes yeux se remplirent de larmes. Je n’avais jamais pensé à P’pa en ces termes auparavant, mais maintenant que la veuve Jensen le disait, je pouvais voir que c’était vrai.

     

    J’étais maintenant sûr qu’il n’y avait jamais eu sur terre un homme meilleur que mon père. Je commençais à me remémorer toutes les fois où il avait aidé des voisins et la liste semblait sans fin.

     

    P’pa insista pour que chacun essaye ses nouvelles chaussures avant qu’on parte, et elles allaient toutes parfaitement.

     

    Au moment de partir, P’pa pris chacun des enfants dans ses bras pour les embrasser. Ils s’accrochaient à lui et ne voulaient pas qu’on parte. Je pouvais voir que leur père leur manquait et j’étais content d’avoir toujours le mien.

     

    A la porte, P’pa se tourna vers la veuve Jensen et dit :

    — Ma femme veut vous inviter pour le repas de Noël demain midi ; la dinde sera plus qu’on ne peut manger à 3, et un homme devient coléreux s’il doit manger de la dinde 3 jours de suite ! On viendra vous chercher vers 11 heures ; ce sera  bien  d’avoir des petits enfants avec nous pour Noël.

     

    En effet, j’étais le plus jeune ; mes deux frères et mes deux sœurs étaient tous mariés et vivaient loin.

     

    — Merci tellement, Mr Miles, et je n’ai pas besoin de dire que Dieu vous bénisse, parce que je sais qu’il va le faire.

     

    Dehors, sur le traîneau, je ressentis une chaleur qui venait de l’intérieur et je ne remarquais même pas le froid. Après s’être éloigné un peu, P’pa se tourna vers moi :

    — Matt, je voudrais t’expliquer quelque chose ; ta mère et moi avions économisé toute l’année pour pouvoir t’offrir ton fusil, et ce matin j’étais parti pour aller l’acheter, mais en chemin j’ai vu le petit Jacky qui cherchait du bois, les pieds entourés de chiffons et j’ai su ce que je devais faire ; alors j’ai dépensé l’argent pour acheter les chaussures et quelques friandises pour ces enfants ; est-ce que tu comprends ?

     

    Je compris et mes yeux s’embuèrent à nouveau. Et j’étais tellement heureux qu’il l’ait fait. A ce moment là, le fusil me sembla bien loin dans ma liste de priorités ; P’pa m’avait donné tellement plus ; il m’avait  donné  cette  lumière  sur le visage de la veuve Jensen et les sourires radieux des enfants.

     

    Pour le restant de ma vie, chaque fois que j’ai revu un des Jensens, ou chaque fois que j’ai fendu un bloc de bois, je me suis souvenu ; et ce souvenir m’a toujours  apporté  la  même joie que j’avais ressentie ce soir là en rentrant à la maison au côté de P’pa.

     

    P’pa  m’avait donné bien plus qu’un fusil cette nuit-là ; il m’avait donné le plus beau Noël de ma vie.

     

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  • L’esprit de Raton (Les histoires e Noël)

    L’esprit de Raton (Les histoires e Noël)

    L’esprit de Raton

    Par Daniel ‘Chip’ Ciammaichella

     

    Se découpant sur un fond de nuages noirs menaçants, le majestueux pic enneigé de la Sierra Grande se dressait comme une sentinelle qui semblait garder un œil vigilant sur le semi-remorque qui faisait son chemin sur l’US Highway 87.

     

    Mike guidait son camion avec le peu de lumière qui parvenait à filtrer à travers les nuages. Le cône grisâtre du volcan Capulin s’élevait comme un fantôme alors que les nuages commençaient à cracher un fin voile de neige blanche qui fit disparaître tous signes de montagnes à l’Ouest, et le pays Mesa au Nord.

     

    Mike connaissait bien les dangers de cette portion de l’US 87 en hiver ; cela faisait plusieurs années qu’il naviguait entre Amarillo au Texas et Taos au Nouveau Mexique. Ce soir-là, il était pressé de rentrer chez lui à Taos, déterminé à ne pas manquer son premier Noël avec sa femme et leur nouveau-né !

     

    Il appuya sur l’accélérateur de son Peterbuilt, déterminé à couvrir autant de kilomètres que possible avant que la tempête ne l’atteigne. Il se pencha pour allumer sa radio et très vite la mélodie de Douce nuit, sainte nuit remplie la  cabine, en provenance de Radio KRTN à Raton, à environ 45 Km à l’Ouest.

     

    Quelques minutes plus tard les premiers flocons commencèrent à moucheter le pare brise et des rafales de vent à secouer la cabine. Très vite la neige se mit à tomber serré, et le vent se transforma en blizzard. Bien qu’il fût incapable de voir même le nez de son camion, Mike continua à avancer dans ce néant.

     

    Il savait qu’il devrait s’arrêter et attendre une accalmie, mais un coup d’œil à la jauge de gasoil lui dit que s’il s’arrêtait, il n’aurait pas assez d’essence pour maintenir le moteur allumé pour fournir de la chaleur et de la lumière pour être vu des autres véhicules, et ensuite arriver à la prochaine station à Raton.

     

    Quand le tracteur commença à glisser sur la droite et à traverser la bande d’arrêt d’urgence, il réalisa qu’il aurait dû s’arrêter. Il donna un coup de volant à gauche et accéléra, mais c’était trop tard.

     

    Cette tentative désespéré causa seulement un tête-à-queue du tracteur et la remorque se mit en travers. Avant que Mike puisse laisser échapper un mot, le camion s’écrasa sur le côté comme une baleine sur la plage, le projetant sur le siège du passager.

     

    A part son orgueil, Mike n’était pas blessé. Sa première réaction fut d’attraper le micro de sa  CB qui se balançait au-dessus de sa tête et d’appeler de l’aide. Il essaya les 40 canaux, mais ses appels restèrent sans réponse. Ecœuré, il donna un coup de pied au pare-brise qu’il regretta aussitôt comme le vent et la neige s’engouffrèrent dans l’habitacle.

     

    Réalisant qu’il venait d’éliminer toutes ses options de rester dans le camion, Mike se faufila avec précaution à travers le pare-brise cassé et se laissa glisser sur le capot jusqu’au sol. Le vent et la neige commençaient  à effacer rapidement les traces de l’accident alors que Mike gravissait à quatre pattes le talus pour sortir du fossé et remonter sur la route pour marcher en direction de Raton.

    Il ne fallut pas longtemps pour que Mike réalise qu’essayer de marcher dans ce blizzard était insensé et peine perdu. Chaque décision qu’il avait faite jusqu’ici s’avéra être la mauvaise, et il commençait à se demander si le destin n’avait pas décidé que son temps sur terre était terminé.

     

    La neige l’aveuglait alors qu’il  titubait, ne sachant même pas s’il allait dans la bonne direction. La tempête blanche qui l’enveloppait modifiait la dimension des choses et effaçait toutes indications, et il n’était même plus sur du terrain sur lequel il marchait parce que ses pieds devenaient insensibles.

     

    Le vent glacé transperçait tous ses vêtements et pénétrait ses os même. Comme dans une transe, Mike continuait, jusqu’à ce que finalement il trébuche et tombe d’un talus qui bordait la route. Il était fatigué, si fatigué qu’il n’essaya même pas de se relever ; au lieu de ça, il se recroquevilla sur lui-même et ferma ses yeux.

     

    — Je vais juste me reposer ici pendant quelques minutes et après je repartirai pensa-t-il en sombrant dans un état d’inconscience.

     

    Mike se sentait bien et confortable, et il pouvait voir sa femme assise sur leur vieux canapé, tenant dans ses bras leur fils de 3 mois. Il se sentait parfaitement bien, jusqu’à ce qu’une voix perce le brouillard et le ramène à la réalité.

     

    — C’est le moment de te réveiller mon garçon, je pensais que tu étais mort !

     

    Mike ouvrit ses yeux pour découvrir qu’il était assis dans une voiture, recouvert d’une couverture. Comme il commençait à regarder autour de lui, il remarqua l’équipement radio entre lui et le siège du conducteur. Il se demanda alors s’il était dans un véhicule de police ou de pompier, mais sa question trouva rapidement une réponse quand il regarda sur la gauche ; l’homme qui conduisait était de toute évidence un policier vu le badge de Police de Raton qu’il avait sur l’épaule droite.

     

    Mais l’homme lui-même aurait très bien pu être un modèle pour un poster d’officier de police. Ces cheveux et sa moustache étaient gris, et comme il quitta des yeux la route pendant une fraction de seconde pour regarder Mike, ses lunettes ne pouvait pas dissimuler des yeux bleus brillant de jeunesse. Sa voix était empreinte d’autorité et de compassion.

     

    — Alors ! Comment vous sentez-vous ? Vous savez vous avez drôlement de la chance que je vous ai trouvé ! Vous auriez pu mourir de froid !

     

    — Oui, j’en suis conscient, répondit Mike, j’aurai mieux fait de rester dans mon camion. En fait je n’aurais jamais dû continuer à rouler dans cette neige !

     

    — Puis Mike hésita, comment faites-vous pour conduire dans ce blizzard et pourquoi ? On ne peut même pas voir l’avant de la voiture !

     

    — L’officier de police sourit : Oh, je peux voir ; préfèreriez-vous que je sois resté à Raton en train de siroter du café pendant que vous mourriez de froid ? En parlant de café, il y en a dans cette thermos à côté de vous. Servez-vous !

     

    — Ah, merci !

     

    Il se servit une tasse de café bien chaud, et après quelques gorgées il demanda,

     

    — Comment m’avez-vous trouvé ?

     

    — Quelqu’un vous a vu sortir de la route et nous a appelé.

     

    — Mais n’est-ce pas la police de la route qui s’occupe des cas de ce genre au milieu de nulle part ?

     

    — Normalement oui, mais on fait tous ce qu’on peut. Ils n’ont pas assez de personnel pour être partout à la fois. Et en plus j’aime bien faire une petite virée dans une tempête de neige. Vous n’étiez pas difficile à trouver ; vous étiez à peine à 100 mètres de votre camion après avoir tourné en rond plusieurs fois !

     

    Il se tourna vers Mike avec un grand sourire. Mike n’était pas un fan de policiers, mais celui-ci était très sympathique, le genre de personne qu’on ne peut pas s’empêcher d’admirer. Après un court silence, l’officier de police reprit la parole.

     

    — J’ai téléphoné et je vous ai réservé une chambre dans un motel ; comme ça vous pourrez vous reposer et faire les appels et les arrangements que vous avez besoin de faire.

     

    Mike pensa à sa femme et à son fils.

     

    — J’espérais louer une voiture pour rentrer à Taos. Ma femme et moi avons eu notre premier enfant récemment, et j’aurai tant aimé être avec eux pour notre premier Noël !

     

    — Désolé fiston, mais je doute que vous trouviez une voiture à louer à cette heure-ci la veille de Noël. Et la police de la route a fermé toutes les routes qui partent de Raton ; si bien que même si vous trouviez une voiture à louer, vous ne pourriez aller nulle part. Mais ne vous inquiétez pas ! Si vous avez un peu de foi, les choses peuvent s’arranger.

     

    Mike ne répondit rien, mais son visage montrait sa déception.

     

    — Vous avez des enfants ?

     

    — Oui, répondit le policier d’un air attendris, j’ai la meilleure femme au monde et nous avons trois enfants merveilleux. Nous sommes souvent ensembles, mais je sais ce que c’est que d’être loin de ceux qu’on aime ; j’ai aussi deux autres enfants de mon premier mariage et ça me fait de la peine de ne pas pouvoir passer du temps avec eux comme je le voudrais ! Mais le fin mot de l’histoire, c’est de vivre sa vie dans les circonstances que Dieu nous a donné, et d’en tirer le meilleur. Votre femme et votre fils vous aiment comme vous les aimez, et personne ne peut changer ça. Je pense qu’il faut  apprécier ce qu’on  a, et ne pas gaspillez notre temps sur les embûches que le destin nous envoie. La vie est trop courte.

     

    Ils entraient maintenant dans Raton et au premier rond-point ils tournèrent à gauche pour arriver enfin au Robin Hood Motel. Au lieu d’aller au bureau, le policier s’arrêta devant la première rangée de chambres et remit une clé à Mike.

     

    — Et voilà ! Tout est déjà arrangé pour vous, avec les compliments de la ville de Raton.

     

    Mike prit la clé, surpris de l’efficacité du policier.

     

    — On dirait que vous saviez que j’allais venir, dit-il en sortant de la voiture ?!

     

    — C’est vrai, je le savais !

     

    Mike se retourna et regarda le policier. Ces yeux bleus brillaient, mais ne donnaient aucune indication pour savoir s’il plaisantait ou non. Leurs yeux se croisèrent.

     

    — Sérieusement, je ne sais pas comment vous remercier ! Je vous dois la vie !

     

    — Ce n’est rien ! Soyez un peu plus prudent en conduisant et prenez bien soin de votre femme et de votre bébé. Peut-être vous pourrez me payer une bière la prochaine fois que vous passez par là !

     

    — Je le ferai, dit Mike en fermant la porte et en regardant la voiture s’éloigner.

     

    Avec la neige qui tombait, la voiture sembla disparaître dans un tourbillon immaculé.

     

    Mike ouvrit la porte de sa chambre et se demandait pourquoi la lumière était déjà allumée, quand il  découvrit sa femme assise sur le lit en train de jouer avec leur bébé !

     

    — Ferme la porte, chérie ! Il ne faut pas que le bébé prenne froid, dit-elle en s’approchant pour l’embrasser.

     

    — Mais comment… ? Comment as-tu fait pour arriver jusqu’ici ?

     

    — Je croyais que tu l’avais envoyé !

     

    — Envoyé qui ?

     

    — Cet officier de police très gentil qui est venu à Taos et qui m’a amené ici pour te rencontrer ! Il m’a dit que tu l’avais envoyé parce que tu allais être retardé à Raton. Il a même amené tous nos cadeaux de Noël et nous a  acheté ce petit arbre que tu vois. C’était vraiment quelqu’un de bien. ! …  Imagine conduire jusqu’ici dans ce blizzard  juste pour rendre service à un inconnu !

     

    Mike se souvint des dernières paroles du policier quand il était sorti de sa voiture, et dit en souriant,

     

    — Je crois que ce policier doit être une sorte d’ange.

     

    Il raconta les évènements de la soirée à sa femme qui écoutait bouche bée, reconnaissante qu’il ne soit pas blessé et qu’ils puissent être réunis pour cette occasion spéciale ! Le bébé commença à s’agiter, et leur attention se tourna vers lui. Mike n’essaya pas d’expliquer pourquoi et comment  ce  policier l’avait amené pour passé Noël avec sa famille ; il était juste reconnaissant qu’il l’ait fait. Il regarda dans les yeux verts de sa femme :

     

    — Joyeux Noël ma chérie !

     

    Mike n’essaya même pas de louer une voiture le jour de Noël, mais se contenta de passer du temps avec sa famille. Ils s’offrirent un bon repas de Noël au High Country Kitchen restaurant juste à côté. Il n’avait jamais passé beaucoup de temps à Raton, et il était surpris de la gentillesse des gens qu’il rencontrait.

     

    Un couple, en entendant qu’ils n’avaient pas de voiture, les emmena visiter la ville, leur montra l’arbre de Noël du parc Ripley, et la fameuse ville de Bethléhem exposé au Climax Canyon. A la fin de la journée, Mike était convaincu que Raton était un endroit où il aimerait bien vivre.

     

    Le lendemain de Noël, Mike n’eut aucun problème à louer une voiture. Avant de rentrer au motel pour passer prendre sa femme et son fils, il décida de faire un saut au poste de police pour remercier celui qui avait tant fait pour lui. Il entra dans le hall et s’approcha de l’ouverture dans la vitre et dit à  la standardiste.

     

    — Je voudrais parler à l’un de vos officiers pour le remercier de m’avoir aidé  la veille de Noël.

     

    — Pas de problèmes, répondit la standardiste, quel est son nom ?

     

    — Je ne connais pas son nom. Il était grand, avec des cheveux gris, des lunettes et des yeux très bleus.

     

    Le téléphone sonna.

     

    — Excusez-moi une minute, dit la standardiste en prenant le téléphone, mais si vous regardez à droite, sur le mur, vous pourrez peut-être le reconnaître sur une de ces photos.

     

    Mike examina les photos mais l’officier qui l’avait aidé ne figurait sur aucune d’entre-elles. Comme il se retournait vers la standardiste, il vit un cadre dans un coin de la pièce.

     

    — Non, il n’est pas sur ces photos, mais c’est lui là dans ce cadre !

     

    — Quel cadre ? Elle se retourna pour suivre des yeux l’endroit que Mike lui montrait et laissa échapper le téléphone. Au même moment, le chef de police entra dans la pièce.

     

    — Bonjour, je suis le brigadier Marcus. Que puis-je faire pour vous ?

     

    Il ne remarqua pas la standardiste pétrifié et blanche comme un linge qui ne pouvait détacher ses yeux de la photo,  les yeux plein de larmes.

     

    — Bonjour brigadier. J’étais en train de dire à votre standardiste que j’aurai bien voulu remercier l’officier de police qu’on voit sur cette photo pour m’avoir aidé la veille de  Noël.

     

    En disant cela, il montrait du doigt le cadre dans le coin de la pièce. Le chef regarda là où pointait Mike et devint comme pétrifié lui aussi pendant quelques secondes. Puis il se tourna vers Mike avec la colère dans les yeux.

     

    — Je ne sais pas quelle sorte de lunatique vous êtes, Monsieur, mais votre plaisanterie n’est pas drôle du tout. Vous feriez mieux de partir vite avant que je vous arrête et que je jette la clé !

     

    Ce fut au tour de Mike d’être fâché et interloqué.

     

    — Excusez-moi, mais qu’est-ce que j’ai fait ? Tout ce que je voulais c’était remercier cet officier pour m’avoir sauvé la vie et pour avoir fait ce qu’il fallait pour que je puisse passer Noël avec ma famille. Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle là-dedans ! Remercier bien cet officier de ma part,  quant à moi je rentre à Taos !

     

    Mike sortit du bâtiment et entra dans sa voiture. Comme il démarrait le moteur, il entendit quelqu’un frapper à la portière. Il descendit la vitre avec colère. C’était le chef de police.

     

    — Qu’est-ce que vous voulez ? Est-ce que vous allez me mettre une contravention ?”

     

    Une expression de douleur avait remplacé la colère sur le visage du chef.

     

    — Excusez-moi de m’être emporté, Monsieur. Vous ne pouvez pas comprendre. S’il vous plaît, revenez à l’intérieur pour me dire ce qui s’est passé la veille de Noël.

     

    Le regard de Mike rencontra celui du chef de police. Aucun d’eux ne dit un mot pendant quelques instants. Puis Mike sortit de sa voiture et commença à raconter ce qui s’était passé. Le chef écouta en silence. Quand ils entrèrent dans le bâtiment, Mike remarqua que la standardiste avait pleuré.

     

    — Ca s’est passé comme ça, brigadier, dit Mike quand il eut fini son récit ; Je lui dois la vie !

     

     Le brigadier resta silencieux quelques instants, puis il se tourna vers la photo de l’officier. Mike remarqua que les yeux du brigadier étaient pleins de larmes aussi.

     

    — Oui, c’était un homme formidable !

     

    — C’était ? répéta Mike, vous voulez dire que …

     

    Le brigadier respira profondément, et dit d’une voix cassée :

     

    — C’était le Lieutenant Vinnie Harrelson. Le meilleur Lieutenant que j’ai jamais eu, ainsi qu’un très bon ami. Il est mort l’année dernière dans un accident d’avion ainsi que sa femme, leurs trois enfants et son beau-père.

     

    Mike ne pouvait plus détacher ses yeux de la photo de Vinnie Harrelson. Peut-être était-ce les larmes dans ses yeux, mais il lui sembla que l’officier lui fit un clin d’œil et lui sourit.

     

    Note de l’auteur : Bien que nos amis Vinnie, Katie, Audrey,  Erica et Ryan Harrelson ne soient plus parmi nous, leurs esprits seront toujours prêts de nous à Raton et spécialement à Noël.

    ***

     

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  • La prière d’un soldat

    Ces vers ont été découverts par un brancardier, sur un soldat qui les avait griffonnés au dos d’un paquet de cigarettes peu de temps avant de trouver la mort sur un champ de bataille de la première guerre mondiale.

     

    Tu le sais, je ne t’ai jamais adressé la parole,

    Mais à présent je veux te dire : Comment ça va ?

    C’est qu’on m’a dit, vois-tu, que tu n’existais pas,

    Et dire que j’y ai cru, moi qui jouais les mariolles !

     

    Hier soir, j’ai vu ton ciel du fond d’un trou d’obus.

    J’ai compris qu’ils m’avaient raconté des sornettes.

    Si j’avais regardé les belles choses que t’as faites,

    Je m’ serais rendu compte qu’ils avaient l’esprit tordu.

     

    Est-ce que tu voudras bien, Dieu, me serrer la main ?

    Quelque chose me dit de ne pas m’en faire.

    Curieux qu’il m’ait fallu venir dans cet enfer

    Pour pouvoir découvrir ton visage serein.

     

    À tout cela, y a pas grand-chose à ajouter.

    Juste que j’ suis content, Dieu, de t’avoir rencontré !

    On dirait que déjà, j’entends sonner le glas,

    Pourtant je n’ai pas peur, je sais que tu es là.

     

    Ça y est, c’est le signal : Mon Dieu, faut que j’y aille.

    Je t’aime de tout mon cœur, j’ voulais que tu le saches.

    C’est déjà la mêlée et les canons qui crachent…

    Qui sait ? Ce soir peut-être, je serai au bercail...

     

    Envers toi, dans ma vie, j’ n’ai pas été trop chaud

    Mais p’tet bien que, quand même, tu m’attends à ta porte.

    Je ne vais pas m’inquiéter, et les larmes qu’importe,

    Mais j’aurais tant voulu te connaître plus tôt.

     

    Maintenant, Dieu, faut que j’y aille et je te dis bye bye.

    Curieux…, depuis que je t’ai rencontré, je n’ai plus peur de mourir.

     

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  • Le refuge dans la tempête (Histoires de Noël)

     	Le refuge dans la tempête (Histoires de Noël)

    Avez-vous déjà eu l’expérience de ne presque pas faire un acte charitable pour découvrir plus tard que sans cette action de votre part, une expérience très importante n’aurait pas pu arriver à quelqu’un d’autre ?

     

    Quand je suis tenté d’être indifférent ou paresseux de cette façon, je me souviens invariablement de ce Noël en Corée, en 1951.

     

    Il était  déjà  tard  dans  l’après midi du 24 décembre. J’étais revenu au QG en camion après un trajet froid et misérable sous la neige.

     

    Après avoir ôté tous mes vêtements mouillés, je me suis allongé et j’ai commencé à somnoler.

     

    Un jeune soldat entra, je l’entendis dire au garde :

     

    J’aimerai bien pouvoir parler de ça au sergent !

     

    Allez-y je lui dis, je ne dors pas.

     

    Ce soldat me rapporta alors qu’un groupe de civils coréens avait été forcé de quitter leur village incendié par l’ennemi. Dans le groupe se trouvait une femme sur le point d’accoucher.

     

    Ces informations provenaient d’un garçon qui disait que ces gens avaient grand besoin d’aide.

     

    Ma première réaction fut : comment allons-nous pouvoir les trouver dans cette neige ?

     

    En plus j’étais épuisé. Pourtant quelque chose me dit qu’on devrait essayer.

     

    Allez chercher Crall, Pringle et Graff, demandai-je au garde.

     

    Quand ces soldats arrivèrent, je leur expliquai mon plan et ils furent d’accord pour m’accompagner. Nous avons rassemblé de la nourriture et des couvertures. Puis mon regard s’arrêta sur les caisses de colis de Noël dans un coin de la pièce. C’était des cadeaux envoyés par des organisations de charité des Etats-Unis. Nous en avons pris une bonne pile chacun et nous sommes partis en jeep.

     

    Après avoir conduit quelques kilomètres,  la neige devint si aveuglante que nous avons décidé de continuer à pied.

     

    Après un laps de temps qui nous parut interminable, nous sommes arrivés à une mission abandonnée.

     

    Le toit n’était plus là, mais les murs étaient intacts. Nous avons allumé un feu dans la cheminée en nous demandant bien quoi faire après !

     

    Graff ouvrit un des colis de Noël et en sortit un petit sapin de Noël artificiel et des bougies de couleur qu’il plaça sur la cheminée.

     

    Je savais qu’il n’y avait aucun sens à continuer dans ce blizzard.

     

    Nous avons décidé de laisser la nourriture là, ainsi que les couvertures et les colis de Noël dans l’espoir que quelqu’un dans le besoin les trouverait. Puis nous sommes revenus aux QG fatigués et transis de froid.

     

    En Avril 1952, je fus blessé en action et transporté à l’hôpital de Won Ju.

     

    Un après-midi, alors que je me reposais au soleil, un jeune Coréen se joignit à moi.

     

    Il était très loquace et je n’écoutais qu’à moitié ses bavardages.

     

    Puis il commença à me raconter une histoire qui me fit littéralement sauter  de  ma  chaise !

     

    Quand  il eut fini, je l’emmenais à notre aumônier qui m’aida à trouver un responsable de l’église coréenne locale qui confirma l’histoire de ce jeune garçon.

     

    Oui, c’était un vrai miracle, un acte divin, nous dit cet homme d’église.

     

    Puis il nous raconta comment, la veille de Noël dernier, il avait fait parti d’un groupe de civils coréens qui erra pendant des jours après que des soldats Nord-Coréens aient brûlé leur village. Ils étaient pratiquement morts de faim quand ils arrivèrent à la vieille mission.

     

    Une femme enceinte parmi eux avait désespérément besoin d’un endroit pour mettre son bébé au monde.

     

    Quand nous nous sommes approchés de la mission, nous avons vu de la fumée qui sortait de la cheminée, dit l’homme ; nous avons eu peur que des soldats Nord-Coréens soient là, mais nous nous sommes approchés quand même ! A notre grand soulagement, la mission était vide. Mais chose incroyable, il y avait des bougies sur la cheminée ainsi qu’un petit arbre de Noël ! Il y avait de la nourriture, des couvertures et même des cadeaux !

     

    C’était un miracle !

     

    Les yeux du vieil homme se remplirent de larmes quand il dit comment ils tombèrent tous à genoux pour remercier Dieu de cette délivrance.

     

    Ils firent un lit pour la femme enceinte et construisirent un toit en branche au-dessus d’elle. Il y avait beaucoup de bois à brûler et de nourriture à manger et ils furent confortables pour la première fois depuis des semaines ! C’était la veillée de Noël.

     

    Le bébé est né le jour de Noël, dit l’homme en marquant une pause ; la situation n’était pas très différente de cette autre naissance, il y a bien des années !

     

    Vous ne savez jamais à l’avance quand vous allez avoir un rôle spécial à jouer dans un des miracles de Dieu !

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  • L’Amour de Noël

    Un petit arbre recouvert de neige

     

    Lorsque nous sommes arrivés au cimetière, nous avons été submergés d’émotion par ce que nous avons trouvé.

     

    Un jour, peu avant Noël, notre troisième enfant est né ; c’était Bay, notre premier fils. Alors que je disais au revoir ce soir-là à ma femme épuisée mais heureuse et que je quittais l'hôpital, la chaleur et la joie qui accompagnaient la naissance de mon fils ont terrassé le froid glacial de cette belle nuit de décembre.

     

    Au mois de décembre de l’année suivante, nous avons célébré le premier anniversaire de notre fils aux yeux noirs et aux cheveux bruns. Le lendemain de Noël, alors que nous passions la soirée à jouer au domicile de mes beaux-parents, nos réjouissances furent interrompues par le cri de ma belle-mère :

     

    Il ne respire plus!

     

    Elle était allée voir Bay qui dormait sur son lit et avait découvert son corps froid et sans vie. Nous avons immédiatement emmené notre fils à l'hôpital, en pratiquant sur lui une réanimation cardio-respiratoire. Arrivés à l’hôpital, nous avons été effondrés d’apprendre qu’on ne pouvait plus rien faire pour lui sauver la vie.

     

    Il était décédé du syndrome de mort subite du nourrisson.

     

    Depuis ce jour, Noël a un sens beaucoup plus profond pour notre famille. Chaque année, à la veille de Noël, lorsque nous remplissons de cadeaux les chaussettes de Noël de nos autres enfants, une chaussette solitaire reste sur le manteau de cheminée.

     

    Pendant le reste de la période des fêtes, la chaussette est là pour nous rappeler Bay.

     

    Chaque année, aux environs de l'anniversaire de Bay, ma femme et moi allons au cimetière où il repose.

     

    A chaque visite, nous découvrons que quelqu'un d'autre est arrivé avant nous et a placé quelque chose sur la tombe de notre fils : une année c'était de délicates petites fleurs; l'année suivante, un ours en peluche; l'année d’après, un petit sapin de Noël orné de décorations miniatures. Nous n'avons aucune idée de l’identité de la personne responsable de ces cadeaux qui nous touchent profondément, car ils ne sont jamais accompagnés d'une note ou d'une carte.

     

    Quand j'ai laissé entendre à ma belle-mère que je connaissais son secret, elle a nié savoir de quoi je parlais.

     

    L'année suivante, alors qu'elle et mon beau-père étaient partis en mission à l'étranger, nous avons à nouveau découvert que quelqu'un avait placé un cadeau sur la tombe de notre fils. Même après avoir interrogé d'autres membres de la famille et des amis, nous n'avons pas pu résoudre le mystère.

     

    Dix ans après la mort de notre fils, une série de tempêtes de neige nous ont empêchés de voyager même sur de courtes distances. Nous avons dû reporter notre visite annuelle sur la tombe de notre fils de plusieurs jours.

     

    Lorsque nous y sommes finalement arrivés, nous avons vu un petit sapin de Noël décoré, en partie enseveli sous la neige, mais se tenant courageusement debout devant la petite tombe de Bay.

     

    L'effort qu'il a fallu à quelqu'un pour se rendre au cimetière en dépit des chutes de neige nous a submergés d’émotion. Des larmes coulaient sur nos visages quand nous nous sommes rendu compte que quelqu'un partageait encore notre chagrin et notre perte.

     

    Par la suite, nous étions plus que jamais résolus à découvrir l'identité de notre bienfaiteur et à le/la remercier de faire preuve de tant de compassion. Mais en y réfléchissant, nous nous sommes rendu compte que la personne responsable de ces actes de bonté ne tenait pas à être identifiée.

     

    Nous avons décidé de permettre à notre ami/amie de rester anonyme. Nous avons échangé notre besoin de remercier notre ami par l’envie de simplement d’avoir une vie meilleure.

     

    Maintenant nous sommes beaucoup moins enclins à dire du mal ou à critiquer nos amis ou les membres de notre famille, parce qu’il se pourrait que l'un d'entre soit notre ami anonyme.

    Souvent lorsque nous servons dans la mission, ma femme et moi nous arrêtons pour examiner nos cœurs : faisons-nous des bonnes œuvres pour être vus par les autres ou pour l'amour pur et désintéressé du Christ et de nos semblables ?

     

    Pour nous, la charité–humble et qui ne recherche jamais son propre intérêt–est symbolisée par un sapin de Noël magnifiquement décoré, à moitié enterré dans la neige, dans un cimetière tranquille.

     

    —DarrellSmart

     

    ***

     

    Mon premier Noël au ciel

     

    (Ce poème a été écrit par un garçon de 13 ans décédé le 14 décembre 1997 d'une tumeur au cerveau contre laquelle il s’était battu pendant quatre ans. Il l’avait offert à sa mère avant de mourir)

     

    Je vois d’innombrables arbres de Noël

    Tout autour du monde d’en-bas

    Et de minuscules lumières, pareilles aux étoiles du ciel,

    Miroitant sur la neige.

     

    La vue est spectaculaire,

    Essuyez vos larmes, s'il vous plaît.

    Car cette année,

    Je passe Noël avec Jésus-Christ.

     

    J'entends les nombreux chants de Noël

    que les gens chérissent

    Mais cette musique ne peut se comparer

    A la chorale de Noël ici.

     

    Je n'ai pas les mots pour dire

    la joie que leurs voix m’apportent,

    C'est une joie indescriptible,

    Que d'entendre chanter les anges.

     

    Je sais à quel point je te manque,

    Je vois la douleur que tu ressens.

    Mais je ne suis pas bien loin,

    Nous ne sommes pas vraiment séparés.

     

    Soyez heureux pour moi, mes chers amis,

    Je sais que vous m’aimez.

    Alors réjouissez-vous que je passe Noël

    avec Jésus-Christ cette année.

     

    Je vous ai tous envoyé un cadeau spécial,

    Du haut de ma demeure céleste.

    Je vous ai envoyé à chacun un souvenir

    de mon amour éternel.

     

    Après tout, l'amour est un cadeau

    Bien plus précieux que l'or pur.

    L’amour était toujours suprême

    dans les histoires racontées par Jésus.

     

    Aimez-vous les uns les autres,

    comme l'a demandé mon Père.

    Car les bénédictions et l'amour

    qu'Il a pour chacun de vous sont immenses.

     

    Je vous souhaite un Joyeux Noël

    Et s’il vous plait séchez ces larmes.

    Rappelez-vous, je passe Noël

    Avec Jésus-Christ cette année.

     

    —Ben

     

    ***

     

    Une rose de Noël

     

    Je me précipitais dans le grand magasin local pour acheter des cadeaux de Noël à la dernière minute. Je regardais tous les gens et je n’étais pas de très bonne humeur. Je me retrouvais coincé ici alors que j'avais tellement de choses à faire.

     

    Noël commençait à devenir une véritable corvée. J'aurais bien aimé pouvoir dormir pendant toute la saison de Noël. Mais je me suis dépêché de traverser la foule pour aller jusqu'au rayon des jouets.

     

    Encore une fois, j'ai rouspété en moi-même en voyant le prix de tous ces jouets.    Et je me suis demandé si mes petits-enfants allaient même jouer avec.

     

    Je me suis retrouvé au rayon des poupées. Du coin de l'œil, j'ai aperçu un petit garçon d'environ 5 ans qui portait une jolie poupée. Il lui touchait les cheveux et il la tenait avec beaucoup de tendresse.

     

    Je ne pouvais pas m'empêcher de regarder le petit garçon et je me demandais pour qui était la poupée. Je l'ai regardé se tourner vers une femme qu’il a appelé sa tante en disant : Tu es sure que je n'ai pas assez d'argent ? Elle lui a répondu d’un ton impatient : Tu sais bien que tu n'as pas assez d'argent en ajoutant qu’elle devait acheter d’autres choses et qu’elle serait de retour d’ici quelques minutes. Puis elle a quitté le rayon des jouets.

     

    Le garçon continuait de tenir la poupée. Après un moment, j'ai demandé au garçon pour qui était la poupée. Il m’a répondu : C'est la poupée que ma sœur aurait voulu avoir à Noël. Je lui ai dit que le Père Noël allait peut-être la lui apporter. Il a dit : Non, le Père Noël ne peut pas aller là où est ma sœur... Il faut que je donne la poupée à ma maman pour qu'elle la lui apporte.

     

    Je lui ai demandé où était sa sœur. Il m’a regardé les yeux remplis de tristesse et a dit : Elle est partie avec Jésus. Mon père dit que maman va aller la retrouver.

     

    Mon cœur a failli s’arrêter de battre.

     

    Puis le garçon m’a regardé à nouveau en disant : J'ai dit à mon papa de dire à maman de ne pas y aller tout de suite. Puis il m'a demandé si je voulais voir sa photo. Je lui ai dit que j'adorerais la voir.

     

    Il a sorti des photos qu'il avait prises devant le magasin. Il a ajouté : Je veux que ma maman emporte ça avec elle pour qu'elle ne m'oublie jamais. J'aime très fort ma maman et j'aimerais tellement qu'elle ne soit pas obligée de me quitter. Mais papa a dit qu'il faut qu’elle aille rejoindre ma sœur.

     

    J'ai vu que le petit garçon avait baissé la tête et qu'il était devenu silencieux.

    Pendant qu'il ne regardait pas, j'ai pris quelques billets de mon portefeuille et j'ai demandé au petit garçon : Tu veux qu’on recompte ton argent encore une fois? Il était tout excité et m'a dit : Oui, je sais qu’il doit y en avoir assez.

     

    Alors j'ai glissé mon argent avec le sien et on a commencé à recompter.

     

    Bien sûr, c’était largement suffisant pour la poupée. Il a dit à voix basse : Merci Jésus de m’avoir donné assez d’argent.

     

    Puis il a ajouté : J'avais demandé à Jésus de me donner assez d'argent pour pouvoir acheter cette poupée pour que maman puisse l'emporter avec elle et la donner à ma sœur. Et Il a entendu ma prière. Je voulais Lui demander aussi de m’en donner assez pour acheter une rose blanche à ma maman, mais j’ai oublié de Lui demander, mais il m'a quand même donné assez d’argent pour acheter la poupée et une rose pour ma maman. Elle aime tellement les roses blanches.

     

    A peine quelques minutes plus tard, la tante est revenue, alors je me suis éclipsé en poussant mon chariot. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser au petit garçon, alors que je finissais de faire mes courses dans un esprit totalement différent de celui dans lequel j'étais en arrivant.

     

    Et je me suis souvenu d'une histoire que j'avais lue dans le journal quelques jours auparavant à propos d'un conducteur ivre qui avait eu un accident et tué une petite fille dont la mère était dans un état critique. La famille n’était pas sure de savoir si elle voulait ou non débrancher la machine qui les gardait en vie.

     

    Ce petit garçon n'avait sûrement rien à voir avec cette histoire. Deux jours plus tard, j'ai lu dans le journal que la famille avait débranché la machine qui gardait la maman en vie et que la jeune femme était morte.

     

    Je n’arrivais pas à oublier le petit garçon et je me demandais si les deux étaient liés. Plus tard dans la journée, je suis sorti et je n'ai pas pu m'empêcher d’acheter des roses blanches et de les amener au salon funéraire où se trouvait la dépouille de la jeune femme.

     

    Et elle était là, tenant une magnifique rose blanche, la belle poupée et la photo du petit garçon dans le magasin. Je suis sorti du magasin en pleurs, ma vie venait de changer pour toujours.

     

    —John London

     

    ***

     

    QUI VEUT DU FILS ?

     

    Jamais, je ne pourrais m’acquitter de la dette que j’ai envers votre fils 

    Un riche amateur d’art et son fils aimaient à collectionner quantité de chefs-d’œuvre de grands maîtres, de Raphaël à Picasso. Ils se retrouvaient souvent pour admirer les tableaux de leur collection.

    Lorsque la guerre éclata, le fils partit au front. Très courageux, il trouva la mort en sauvant la vie d’un de ses camarades. À cette nouvelle, le père fut très affligé.

    Environ un mois plus tard, quelques jours avant Noël, quelqu’un vint frapper à sa porte. En ouvrant, il vit un jeune homme qui tenait à la main un gros paquet.

    ― Vous ne me connaissez pas, Monsieur, dit le jeune homme en guise d’introduction, je suis le soldat que votre fils a sauvé en sacrifiant sa vie. Il avait déjà sauvé plusieurs de nos camarades, ce jour-là : j’étais blessé, et il me mettait à l’abri lorsqu’une balle l’a touché en plein cœur. Il est mort sur le coup. Il parlait souvent de vous et de votre passion pour la peinture.

    Il tendit le paquet qu’il tenait à la main et ajouta :

    ― Je sais que ce n’est pas grand-chose, et je ne suis pas très doué comme artiste, mais je crois que votre fils aurait voulu que vous ayez ceci.   

    Le paquet contenait un portrait du fils peint par le soldat. Le père examina le portrait et admira pendant un long moment la façon dont l’artiste avait saisi sa personnalité. Il était irrésistiblement attiré par le regard de son fils, à tel point que ses yeux finirent par se remplir de larmes. Il remercia le jeune homme et voulut le payer pour le tableau.

    ― Il n’en est pas question, Monsieur, je vous l’offre ! Je sais que jamais je ne pourrai m’acquitter de la dette que j’ai envers votre fils.

    Le père accrocha le tableau dans l’entrée au-dessus de sa cheminée. Chaque fois qu’il avait des visiteurs, il leur montrait le portrait de son fils avant même de leur montrer sa collection de chefs-d’œuvre.

    À la mort du père, on publia un avis informant le public que sa collection d’œuvres d’art serait mise aux enchères. De nombreuses personnalités et amateurs d’art fortunés vinrent assister à la vente, chacun espérant acquérir un ou plusieurs chefs-d’œuvre de la collection. Sur un chevalet près de l’estrade, on avait placé le portrait du fils. Le commissaire-priseur abaissa son marteau.

    ― Nous allons démarrer les enchères avec ce portrait du fils. Quelqu’un veut-il faire une offre pour ce portrait ?

    Silence. Puis, du fond de la salle, quelqu’un s’écria : 

    ― Nous voulons voir les tableaux des maîtres ! Est-ce qu’on pourrait sauter celui-là ?! 

    Imperturbable, le commissaire-priseur répéta sa question :

    ― Quelqu’un veut-il faire une offre pour ce portrait ? Les enchères commencent à 100 dollars. Y a-t-il preneur à cent dollars ?

    ― Nous ne sommes pas venus voir ce portrait. Nous sommes venus pour les Van Gogh et les Rembrandt. Procédons à la vraie vente maintenant ! s’exclama quelqu’un d’autre sur un ton d’impatience. 

    Le commissaire, toujours impassible, renouvela sa question :

    ― Le fils … y a-t-il preneur pour le fils ?

    Finalement une voix se fit entendre du fond de la salle. C’était le jardinier qui avait été  longtemps au service de la famille :

    ― Je suis preneur pour dix dollars !

    Il avait un peu honte de proposer une somme aussi dérisoire, mais c’est tout ce que le pauvre homme pouvait se permettre.

    ― Nous avons preneur à 10 dollars. Qui dit 20 dollars ?

    ― Donnez-lui le tableau pour 10 dollars. De grâce, passons aux tableaux des maîtres !

    ― L’enchère est à 10 dollars … qui dit 20 dollars ?

    Le public commençait à perdre patience. Ils n’étaient pas venus pour ce portrait.

    ― 10 dollars une fois … dix dollars deux fois … adjugé, vendu ! déclara le commissaire-priseur en frappant la table de son marteau.

    ― Bon ! Maintenant j’espère qu’on va pouvoir passer à la collection ! s’écria un homme assis au premier rang.

    Mais le commissaire posa son marteau et annonça :

    ― Mesdames et messieurs, la vente aux enchères est maintenant terminée.

    ― Comment ça terminée ? …. et les tableaux ?

    ― Je regrette, mais la vente est terminée. Lorsque cette vente m’a été confiée,  j’ai pris connaissance d’une clause secrète figurant dans le testament du propriétaire, clause que j’étais tenu de ne pas révéler jusqu’à cette heure : seul le portrait du fils serait mis aux enchères. Le testament stipulait que la personne qui l’achèterait hériterait de tous les biens du propriétaire y compris les tableaux de grands maîtres. La personne qui a pris le fils hérite de tout !

    Le Fils de Dieu est mort pour nous il y a deux mille ans. Comme le commissaire-priseur, Dieu nous pose la question : Qui veut du fils ? Car voyez-vous, celui qui prend le Fils héritera de tout !

     

    Auteur inconnu.

     

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  • L'étonnante histoire du Christ qui veille sur les sauveteurs en montagne

    L'étonnante histoire du Christ qui veille sur les sauveteurs en montagne

    C’est pour rendre hommage aux sauveteurs en montagne qu’une statue du Christ a été déposée le 15 août 1988 sur une vire dominant le refuge du Requin, situé au cœur du massif du Mont-Blanc.

    On dit souvent que la montagne offre à l’homme tout ce que la société oublie de lui donner. Mais elle lui prend aussi beaucoup. Parfois même jusqu’à sa vie, comme en témoigne les quelque 100 personnes qui meurent chaque année en montagne en France. Un chiffre qui pourrait être bien plus important sans le travail fourni par les secours en montagne.

    Équipages d’hélicoptères de la Sécurité civile, de la gendarmerie, sauveteurs de la Fédération Française de la Montagne, compagnies de sapeurs-pompiers, pisteurs secouristes, moniteurs de ski, guides de haute montagne, maîtres-chiens d’avalanche…

    C’est pour leur rendre hommage ainsi qu’aux milliers de personnes secourues qu’une statue du Christ a été installée il y a 32 ans, le 15 août 1988, sur une vire dominant le refuge du Requin, au cœur du massif du Mont-Blanc, et que l’on aperçoit de toute la Vallée Blanche.

    Son histoire mérite d’être contée. Secrétaire de l’amicale d’un groupement d’hélicoptère de Chamonix, Francis Delafosse entreprend au cours des années 1980 les démarches administratives afin d’installer une représentation stylisée d’un Christ Rédempteur afin de rendre hommage au Secours en montagne.

    J’ai entrepris les démarches administratives sans rencontrer toutefois beaucoup d’enthousiasme auprès des autorités concernées, raconte-t-il dans un témoignage oublié sur un site spécialisé dans les hélicoptères.

    En réponse aux nombreux courriers, nous recevons une lettre en provenance de la Secrétairerie d’État du Vatican écrite par Mgr Martinez, il nous transmet un message de Jean Paul II (lui-même grand amateur de montagne, ndlr) soutenant pleinement notre démarche.

    Dès lors les choses s’accélèrent. Mais il faudra encore l’approbation de Gilles Ménage, directeur de Cabinet de François Mitterrand, pour voir s’ouvrir enfin les portes récalcitrantes aux autorisations nécessaires.

    C’est le sculpteur René Broissand qui est retenu pour réaliser le projet : une statue en inox de deux mètres quarante de hauteur et d’un poids de 130 kilos.

    Nous avons pu obtenir que celle-ci soit hélitreuillée par nos soins de la place du Mont Blanc jusqu’au sommet de l’Aiguille du Capucin du Requin à 3.300 mètres d’altitude, en hommage aux sauveteurs et aux 30.000 personnes secourues depuis les années 1950, détaille encore Francis Delafosse.

    Le grand jour est fixé au 15 août 1988, fête de la compagnie des guides de Chamonix.

    Tous deux mécaniciens d’équipage, Noël Rivière et moi-même, placés côte à côte pour stabiliser la statue accrochée au câble, prenons la direction du centre-ville à bord de notre Alouette, pilotée par Roger Colin le chef de la base, relate encore Francis Delafosse.

    Sur la place du Mont Blanc, la statue installée sur un véhicule des sapeurs-pompiers, se trouve entourée de plusieurs centaines de personnes.

    Nous arrivons très vite sur zone et nous descendons lentement le câble vers elle. Sitôt accrochée, elle remonte vers l’hélico en stationnaire qui prend la direction de la Vallée Blanche, le tout escorté par les deux autres Alouette et entourés de ‘quatre hélicoptères’ privés chargés du transport des cameramen et photographes.

    Souvenez-vous que vous avez là un guide qui vous conduira vers d’autres sommets, vers d’autres chemins, ceux de la vie éternelle.

    Quelques minutes plus tard, arrivée au sommet de l’Aiguille du Capucin, la statue est réceptionnée par quatre représentants du secours en montagne (C.R.S., gendarme, civil et sapeur-pompier) pour être fixée sur le rocher.

    L’opération réussie, nous prenons du recul pour admirer cette œuvre qui se présente majestueuse et brillante, telle une statue de glace dominant la Vallée Blanche, conte Francis Delafosse.

    Depuis lors, elle veille sans relâche sur celles et ceux qui s’élancent sur les flancs du massif du Mont-Blanc mais aussi sur ceux qui y ont perdu la vie.

    Le Christ ressuscité nous rappelle que toute vie est précieuse. Que tous ceux qui passent près de cette statue au départ comme au retour d’une course ne demeurent pas indifférents.

    ***

     

    À Chamonix, un Christ monumental veille sur les skieurs

    Caroline Becker

     

    À l'approche des sports d'hiver, n’ayez plus peur d’affronter la piste noire de la commune des Houches (Haute-Savoie), le Christ-roi veille sur vous !

    Peter Jackson se serait-il directement inspiré du Christ-roi dominant la vallée de Chamonix pour créer ses deux grandes statues de pierre des rois du Gondor, Isildur et Anarion, dans le Seigneur des anneaux ? Avec leurs bras levés et l’épée au poitrail, tout porte à le croire.

    Car la petite commune des Houches, près de Chamonix, peut s’enorgueillir de posséder une statue extraordinaire du Christ-roi, de 25 mètres de hauteur, classée deuxième plus haute statue de France après celle de la Vierge du Mas Rillier, située à Miribel (Ain).

    Construite en 1933 à l’initiative du curé des Houches, l’abbé Claude-Marie Delassiat, ce dernier voulait rendre hommage au pape Pie XI qui avait proclamé, dans son encyclique Quas Primas, la royauté universelle du Christ-roi, soit la primauté du Christ sur l’homme alors que montait en Europe une vague de dictatures.

    Réalisée par le sculpteur George Serraz, la statue est construite en béton armé, matériau phare de l’époque, et adopte les codes typiques du style Art déco où s’épanouissent la symétrie et les formes géométriques.

    Dans son socle, une petite chapelle abrite deux autels et deux statues représentants le pape Pie XI et Marie, reine du monde.

    Pour les plus aventuriers, un escalier de 84 marches permet d’accéder à un balcon situé juste derrière la couronne du Christ. Une place de choix pour admirer la beauté de la vallée de Chamonix.

    Perchée à 1265 mètres d’altitude, on la distingue à peine au milieu de l’immensité de la montagne. Mais les quelques skieurs qui l’apercevront de loin pourront lui adresser une prière avant de se lancer sur la piste !

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  • La main et le Covid


     

     La Main

    Parmi les différentes mesures prises pour lutter contre l'épidémie du coronavirus, il est demandé de ne pas se serrer la main.

     

    Par contre, il est possible – et c'est même recommandé – de se serrer les coudes. Il ne faut donc plus tendre la main, ne plus faire des pieds et des mains, seulement des appels du pied afin de garder les mains libres.

     

    Si vous êtes à la tête d'une association et que vous vouliez vous retirer, impossible de passer la main ; certes, il reste la solution de vous faire sortir à coups de pied dans l'arrière-train mais ce n'est pas très élégant et l'on peut très vite en venir aux mains.

     

    Pour les amoureux qui ont le cœur sur la main il est illusoire de le donner, ni même de le partager : les mariages vont tomber en désuétude car plus personne ne fera une démarche pour demander la main de l'être aimé.

     

    Autre conséquence grave pour la démocratie : désormais la politique de la main tendue est vouée à l'échec, être pris la main dans le sac sera moins grave que de donner un coup de main.

     

    Bien sûr, la main gauche doit ignorer ce que fait la main droite mais si elle a donné de l'argent de la main à la main, il sera nécessaire de lui passer un savon.

     

    C'est dans la tribulation qu'il convient d'être fort, l'épidémie génère un sentiment de peur ; la solution ? - S'en laver les mains et prendre son courage à deux mains, surtout en mains propres.

     

    Au revoir et à 2 mains

                                                                    Un vrai bonheur la langue française

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