• VIE D'UN PAPILLON

    4 - VIE D'UN PAPILLON

    Dans la nuit de mes sens

    Je t’ai cherché Ô Seigneur

    Enveloppée du cocon de mes croyances

    J’étais liée par la peur.

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    Je cherchais sans relâche

    Une ouverture, une faille

    Qui pourrait me libérer de cette emprise

    Et soudain au travers de ma faiblesse

    Voici que le jour a percé

    Dépliant les ailes de la liberté

    Je réussis à m’envoler.

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    Enivrée de lumière, je me suis posée

    Dans un jardin aux milles fleurs
    Des papillons de toutes les couleurs

    Chatouillaient mon cœur

    N’écoutant que mon âme

    Je me suis reposée.

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    Du soleil de l’ Amour, je me suis désaltérée

    Restaurée du nectar Divin

    J’ai continué m on chemin

    Le vent la tempête

    N’ont pas arrêté ma quête.

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    Sur les ailes de l’espoir

    J’ai traversé le noir

    C’est au bout de la route

    Qu’on chasse les doutes.

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    Planant sur le manteau du vent

    Je fus emportée   au bout de mon temps

    Dans une vallée verdoyante

    Aux fleurs qui chantent.

    Sur un tapis de bonheur

    Mille papillons en chœur

    M’enveloppaient de douceur.


     Bien-aimée

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  • BIENHEUREUX LES SIMPLES D"ESPRIT CAR LE ROYAUME DE DIEU EST À EUX
     

     BIENHEUREUX LES SIMPLES D"ESPRIT CAR LE ROYAUME DE DIEU EST À EUX

    Pour être simple il est fondamental de vivre dans le cœur et non dans la tête avec toutes sortes  de théories , de concepts et de savoir emprunté .

    Pour être simple , il faut redevenir ‘ COMME ‘ un enfant comme le disait si bien Jésus :’ Si vous ne redevenez pas comme un petit enfant , vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. ‘ Aujourd’hui , on vit dans un monde compliqué plein de bidules électroniques . L’homme est devenu un robot , un robot savant qui ne fait que répéter inlassablement comme un perroquet  : ‘ distanciation 2m , porter des masques …’ Comment alors peut-il devenir simple comme un  enfant ? Comment peut -il vivre dans la simplicité du cœur ?

    Mahomet a dit un jour : ce sont surtout les simples d’esprit qui vont au Paradis. Il rejoint ce qu’a dit Jésus dans le Sermon sur la Montagne dans la première Béatitude : ‘ Heureux les simples , car le Royaume des Cieux est à eux ‘

    Ce qu’il faut comprendre ici, ce n’est pas facile de devenir un simple d’esprit. Cela vous demande de renoncer à tout ce que la tête a appris pour entrer dans la cœur. Mais pour cela il faut reconnaître qu’on est ignorant. Lorsque vous regardez le phénomène de la pandémie , vous voyez plein d’experts , plein de spécialistes médicaux qui se targuent de comprendre pourquoi le virus se propage , et pourtant le coronavirus continue à se propager. Ces soi-disant experts se contredisent les uns les autres. Car quand on dit expert dans un domaine , cela signifie qu’on est ignorant dans un autre domaine. Mais personne n’accepte de reconnaître qu’elle est ignorante sinon elle perdrait sa face. C’est pourquoi quand on s’avoue vaincu avec tout le savoir qu’on a alors on peut entrer dans le cœur par la prière et la méditation constantes , alors le cœur renouvelé nous donne des insights intuitifs où chercher pour trouver la solution à nos problèmes.

    Einstein a bien raison de dire : ‘On ne peut solutionner un problème avec la même conscience ( la tête ) qui a produit le problème ‘

    Lorsqu’on reconnaît cela , on s’aperçoit que dans la vie il existe différents types de simples d’esprit :

    • Le premier est celui qui ne sait et ne sait pas qu’il ne sait pas : un simple d’esprit simple càd un enfant
    • Le deuxième est celui qui ne sait pas mais croit qu’il sait : un simple d’esprit complexe , éduqué , instruit : il sait et pourtant il ne sait pas parce qu’il n’en a pas fait l’expérience . Il a écouté , mémorisé et il régurgite ce qu’il a  dans son armoire de  données càd sa boîte mentale.
    • Le troisième est celui qui sait qu’il ne sait pas : un simple d’esprit heureux ou béni dont parle Jésus.

     

    Dans l’histoire de Jésus , les rabbins , les religieux juifs , les prêtres du Temple de Jérusalem étaient des simples d’esprits éduqués , des érudits intellectuels  : pour eux tolérer Jésus leur était impossible .Car Jésus simple d’esprit béni dérange toujours les  simples d’esprits éduqués, alors ces prêtres le font assassiner.

    Jésus irradiait tellement la paix l’ amour , la Lumière de DIEU que cela les menaçait car tant que Jésus était vivant , ils ne seraient que des idiots instruits. La même chose était arrivée aussi à d’autres simples d’esprits bénis comme Socrate qui a été tué par les érudits.

    Seuls les êtres courageux peuvent être des simples d’esprit bénis qui ont fait un saut quantique du deuxième type au troisième type. Pour suivre Jésus ou Bouddha , cela prend énormément du courage , de l’humilité , de la patience et de l’abnégation, ce n’est pas pour les  faibles de cœur.

     
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  • Le sapin de Noël dans l'Histoire

    Les Celtes avaient coutume d'associer à chaque mois lunaire un arbre. Le mois de décembre était celui de l'épicéa. En effet, cet « arbre de l'enfantement » avait été choisi pour célébrer la naissance du Soleil, qui a eu lieu un 24 décembre selon les Celtes.

    Les premières traces écrites d'une décoration de ce célèbre conifère ont été découvertes en 1510 à Riga, en Lettonie. À cette époque, des marchands dansaient autour d'un arbre décoré de roses artificielles, avant de le brûler sur un bûcher.

    L'arbre de Noël en France

    En France, l'arbre de Noël a été introduit à Versailles par la femme de Louis XV.

    Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le sapin de Noël se pare de lumière. En guise de bougies, on remplit des coquilles de noix avec de l'huile pour illuminer le sapin.

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  • Le roi et le faucon qui ne voulait pas voler

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    Il était une fois un roi qui avait reçu le cadeau de deux magnifiques faucons.
    C'étaient des faucons pèlerins, les plus beaux oiseaux qu'il ait jamais vus.
    Il a donné les précieux oiseaux à son fauconnier à former.

    Le mois passa et un jour, le fauconnier principal informa le roi que, bien que l'un des faucons volait majestueusement, s'élevant haut dans le ciel, l'autre oiseau n'avait pas quitté sa branche depuis le jour de son arrivée.

    Le roi invita des guérisseurs et des sorciers de tout le pays à s'occuper du faucon, mais aucun ne put faire voler l'oiseau.
    Il présenta la tâche au membre de sa cour, mais le lendemain, le roi vit à travers la fenêtre du palais que l'oiseau n'avait toujours pas bougé de son perchoir.

    Après avoir essayé tout le reste, le roi se dit :

    Peut-être aurais-je besoin de quelqu'un de plus au fait de la campagne pour comprendre la nature de ce problème.

    Alors il a crié à sa cour, ...
    Va chercher un fermier.

    Au matin, le roi fut ravi de voir le faucon s'élever au-dessus du jardin du palais.

    Il a dit à sa cour :

    Amène-moi, le faiseur de ce miracle.

    La cour a rapidement localisé le fermier, qui est venu et s'est tenu devant le roi.
    Le roi lui demanda :
    Comment as-tu fait voler le faucon ?
    Avec sa tête inclinée, le fermier dit au roi :

    C'était très facile, Votre Altesse, j'ai simplement ...

    coupé la branche où l'oiseau était assis.

    Nous sommes tous faits pour voler ...

    pour réaliser notre incroyable potentiel en tant qu'êtres humains.
    Mais parfois nous sommes assis sur nos branches, accrochés à des choses qui nous sont familières, elles restent à découvrir.
    Nous nous conformons au familier, au confortable et au banal.
    Donc, pour la plupart, nos vies sont médiocres au lieu d’être

    excitantes et enrichissantes.

    Apprenons à détruire ...

    La branche de la peur à laquelle nous nous accrochons

    et libérons-nous à la gloire de la fuite.

    Histoire Soufi

    ***

    Les deux chèvres

    Un homme qui se promenait dans la montagne observa la scène suivante:

    Deux chèvres avançaient le long d’un étroit sentier de montagne. L’une montait, l’autre descendait. Il remarqua que toutes deux allaient devoir passer par un endroit où le sentier se rétrécissait encore, au point qu’une seule aurait la place de passer. Curieux de savoir ce qui allait arriver, il se posta quelque part et redoubla d’attention.

    Les chèvres amorcèrent un coude du chemin et se trouvèrent soudain face à face. Instinctivement, elles reculèrent, comme si elles allaient bondir l’une sur l’autre. Mais il se passa quelque chose de très surprenant.

    La chèvre qui se trouvait en contrebas se coucha en travers du sentier, tandis que l’autre, celle qui descendait, lui passa sur le dos. Puis la première se releva et poursuivit son ascension ...

    Patrick : Ne pensez-vous pas que Noël, cette fête d’amour, est un bon moment pour se pardonner, renouer des liens affectueux, effacer l’ardoise des mauvais souvenirs, des déceptions et des rancœurs ?

    Parfois, les animaux peuvent nous apprendre d’importantes leçons.

    ***

    Une conception positive de la vie

     

    ― Citations ―

     

    Dans toute calamité, l’optimiste voit une opportunité.

    Dans toute opportunité, le pessimiste voit une calamité.

    ― Sir Winston Churchill

     *********

    Puisque nous savons qu’il y a deux façons de voir les choses, du bon ou du mauvais côté,

    choisissons de ne les voir que du bon côté.

    — Mahatma Gandhi

     **************

    Dans la vie,

    on peut toujours se montrer reconnaissant                                 

    de ce qu’on a reçu,

    plutôt que de se plaindre

    de ce qu’on n’a pas reçu.

    L’un ou l’autre

    deviendra une habitude.

    — Elisabeth Elliot

     **************

    Si tu n’as pas tout ce que tu veux,

    pourquoi ne pas penser à ce que tu n’as pas                                                  

    et que tu ne voudrais pas avoir ?

    — Oscar Wilde

     **************

    À quoi bon ronchonner et voir les choses en noir,

    Au lieu de se réjouir et jouir de l’existence ?

    Si Dieu, mon Créateur,

    choisit de faire pleuvoir,

    Eh bien alors,

    la pluie devient ma préférence.

    — James Whitcomb Riley

     ************

    La porte du bonheur s’ouvre vers l’extérieur.

    — Søren Kierkegaard

     *****************

    Si je devais revivre ma vie,

    je m’accorderais plus de droit à l’erreur.      

    Je serais moins tendu.

    Je prendrais le temps de gravir des montagnes,    

    de me baigner dans les rivières,                                                                

    de sortir du sentier pour aller cueillir des pâquerettes.                                 

    J’aurais plus de vrais problèmes

    mais moins de problèmes imaginaires.

    — Don Herold

     ***************

    Les obstacles ne peuvent m’écraser.

    Devant une solide détermination,

    un obstacle ne peut que céder.

    Quiconque s’attache à une étoile

    ne peut être ébranlé.

    — Léonard de Vinci

     *******************

    La vraie joie de vivre,

    c’est de servir une grande cause,

    une cause que l’on  reconnaît comme telle.

    C’est être une force de la nature au lieu d’être

    un petit égoïste fébrile et maladif,

    imbu de lui-même,

    toujours en train de se plaindre,

    de se lamenter parce que le monde

    est incapable de le rendre heureux.

    — George Bernard Shaw

     *****************

    Le bonheur est ce que nous en faisons.

    Certaines personnes sont incroyablement joyeuses

    au milieu des épreuves et des obstacles ;

    d’autres se plaignent des moindres contrariétés.

    Les premières,

    celles qui recherchent le bon côté

    dans les difficultés,

    y gagnent en qualité de vie.

    Et par le rayonnement de leur attitude positive,

    ils éclairent le chemin des autres.

    Chloe West

     *********************

    Il y a toujours des fleurs pour ceux qui veulent les voir.

    Henri Matisse

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  • Charles de Foucauld - la confession renversante qui lui a donné la foi

    Charles de Foucauld - la confession renversante qui lui a donné la foi

    Charles de Foucauld - la confession renversante qui lui a donné la foi

    Aliénor Goudet

    De riche héritier débauché et indiscipliné à ermite retiré dans le désert d’Algérie, Charles de Foucauld (1858-1916) a vécu une conversion plutôt renversante. Ce chemin a pourtant été long et laborieux mais l’éveil à la vraie foi de cet homme extraordinaire remonte à un instant bien précis : une confession inattendue à Paris.

    Paris, 1886. Il fait bon en cette matinée d’octobre. C’est sans doute l’un des derniers jours chauds de l’année. Vêtu d’un costume blanc, un homme rondelet marche lentement dans le quartier de Saint-Lazare.

    Il est tôt, et il ne croise presque personne à part quelques oiseaux matinaux. Mais si le ciel est dégagé, l’esprit de Charles ne pourrait être plus nuageux.

    Il songe à sa jeunesse débauchée et indisciplinée au sein de l’armée. Il n’a que 28 ans mais en cet instant, il lui semble avoir gaspillé une vie entière. Pourtant, les trois dernières années à la découverte du Maroc ont été pleines d’aventures et de découvertes.

    Mais si ses connaissances linguistiques et culturelles ont été enrichies par l’exploration du monde arabe, c’est un gouffre de manque qu’il a découvert au fond de lui-même. Un gouffre dont il sait intuitivement que le seul remède est Dieu.

    Les nombreuses rencontres avec les tribus israélites lui ont fait découvrir la beauté de la relation à Dieu. Le Coran lui parle et il admire la ferveur des peuples musulmans, mais il y manque toujours quelque chose.

    Au fond de lui, il désire être encore plus proche de Dieu que cela. C’est une conviction sans appel : c’est l’amour de Dieu qu’il veut découvrir puisque c’est lui qui peut combler la faim de son âme. Et pourtant, il en est si loin … comme perdu au milieu d’un désert de doute.

    Enfin, Charles arrive à l’immense église Saint-Augustin. Il est tôt mais quelques fidèles plutôt âgés attendent de pouvoir se confesser.

    L’abbé Huvelin, le directeur de conscience de sa chère cousine Marie que cette dernière lui a conseillé d’aller voir, est sûrement bien occupé au confessionnal. Alors Charles s’agenouille sur un prie-Dieu et courbe la tête. Il repense encore à son triste passé sans Dieu qu’il trouve aujourd’hui si vide de sens.

    – Mon Dieu, dit-il, si vous existez, faites que je vous connaisse.

    Il répète cette formule comme une litanie encore et encore. Les secondes deviennent des minutes. Les minutes deviennent des heures. Mais pour Charles, le temps s’est arrêté et il serait resté une éternité ainsi si une main ne s’était posée sur son épaule pour le ramener à la réalité. Mais lorsqu’il lève les yeux, il ne voit personne. N’était-ce qu’une impression? C’est alors qu’il voit l’abée Huvelin sortir du confessionnal. Il se lève et de ce pas, le rejoint.

    – Bonjour mon père. Je suis Charles de Foucauld. J’aimerais que vous me parliez de Dieu. Je voudrais avoir des lumières sur Lui.

    – Confessez-vous ! réplique l’abbé

    – Mais je ne suis pas venu pour cela…

    – Confessez-vous.

    Réalisant qu’il ne pourrait avoir de réponse sans adhérer à cette vive requête, Charles obéit docilement. Il s’agenouille et confesse douze années de fautes. Le père Huvelin lui donne l’absolution … et soudainement, le gouffre de son âme disparaît et devient un puits de lumière qui brûle l’ombre du doute qui planait dans l’esprit de l’ancien soldat.

    Une nouvelle conviction le saisit au cœur : Dieu est là, tout près. Et il l’appelle.

    – Ah mon père, s’exclame-t-il, submergé par la clarté, que dois-je faire pour servir le Seigneur et propager cette lumière ? Que dois-je donner ? Où dois-je aller ?

    – Calmez-vous, Charles. Cette soudaine passion peut être éphémère. Apprenez d’abord à la tirer de votre prière et de votre vie quotidienne. Lisez l’Evangile, apprenez des saints. Si Dieu vous appelle réellement, le temps n’aura pas d’emprise sur cette vocation.

    Si l’abbé Huvelin reste prudent face à la nature impulsive de Charles, la vocation, elle, est bien réelle. Il suggère au nouveau croyant de partir en pèlerinage en Terre Sainte, en Galilée et en Judée pour y découvrir la vie du Christ parmi les hommes. Mais sur le champ, il lui propose aussitôt de communier.

    Au cours de ses pèlerinages, Charles est séduit par l’image du Christ souffrant. C’est décidé : il sera pauvre parmi les pauvres. La Providence divine veut, qu’une fois consacré, il retourne en Syrie puis en Algérie dans ce monde arabe qu’il aime pour tenter de fonder une communauté et convertir.

    Si ces deux missions n’aboutissent pas, tous ceux qui croisent son chemin trouvent en lui une humanité honorable et digne d’amitié.

    Charles de Foucauld trouvera la mort à Tamanrasset où il est tué par un jeune rebelle touareg lors d’une invasion du fort de de l’Assekrem, le 1er décembre 1916. Il est béatifié par le pape Benoît XVI en 2005 et en cours de canonisation depuis mai 2020.

    ***  

    Charles Eugène de Foucauld de Pontbriand, vicomte de Foucauld, O.C.S.O., né le 15 septembre 1858 à Strasbourg et mort le 1ʳ décembre 1916 à Tamanrasset, est un officier de cavalerie de l'armée française devenu explorateur et géographe, puis religieux catholique, prêtre, ermite et linguiste.

    ***

    Charles de Foucauld - la confession renversante qui lui a donné la foi

    Charles de Foucauld, le soldat qui nous apprend les vertus du désert

    Père Philippe Neveu

     

    Par son humilité, sa soif d’absolu et son sens du combat intérieur, Charles de Foucauld a tracé une route qui demeure un exemple pour les militaires.

    Il faut passer par le désert, disait-il, un enseignement qui vaut pour tous les chrétiens.

    C’est une grande de joie pour toutes les armées de savoir que le bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ancien saint-cyrien atypique qui a servi dans la cavalerie au 4e hussards en Algérie puis au 4e chasseurs d’Afrique lors d’une opération extérieure dans le Sud-Oranais, sera prochainement canonisé par le pape François.

    Ce sera pour l’Armée française le premier militaire canonisé et une référence que beaucoup déjà parmi nous aiment prier chez eux, en école militaire, au quartier, en manœuvre ou plus particulièrement en opération extérieure, lieu où notre futur saint a pu découvrir l’attrait du désert et s’interroger sur l’existence de Dieu !

    Plusieurs conversions

    Sa vie est très étonnante. Après une enfance éprouvée par le deuil de ses parents et par une jeunesse mouvementée, le jeune Foucauld s’oriente par tradition familiale vers l’armée.

    Admis à Saint-Cyr en 1876, il va vivre ces années comme un pacha profitant de sa fortune personnelle, mais se creuse en lui un vide intérieur qui le poussera à se poser de vraies questions existentielles.

    Il ne s’est jamais senti victime de son histoire mais petit à petit, il a appris à l’assumer et à rendre grâce en découvrant celui qui va apaiser son cœur. Il avait en lui cette soif d’absolu et il fit tout pour la combler.

    Ce n’est pas une seule conversion qu’il a eue, mais plusieurs au fil des années qui ont succédé à sa vie militaire. Alors qu’il aurait pu se marier et mener grand train dans un château de Touraine ou dans le Périgord de ses aïeux, il a choisi les paysages désertiques de l’Algérie pour vivre avec les Touaregs comme ermite. Aussitôt qu’il crut qu’il y avait un Dieu, il comprit qu’il ne pouvait faire autrement que de ne vivre que pour Lui.

    Et c’est au désert en opération extérieure que commence sa conversion et qu’il va se révéler comme un excellent chef de peloton et camarade. Il écrit à cette époque :

    La vie de camp me plaît autant que la vie de garnison me déplaît … 

    Durant une campagne dans le Sud-Oranais, le général Laperrine qui était de l’expédition et qui pouvait juger son camarade écrivait :

    Au milieu des dangers et des privations de colonnes expéditionnaires, ce lettré fêtard se révéla un soldat et un chef ; supportant gaiement les plus dures épreuves, payant constamment de sa personne, s’occupant avec dévouement de ses hommes, il faisait l’admiration des vieux Mexicains du régiment, des connaisseurs ! 

    Il faut passer par le désert 

    Le lieutenant Charles de Foucauld aime la vie militaire, certes hors du quartier, mais qui va lui permettre de réveiller son intelligence et sa foi. Il dira plus tard dans ses écrits après de longues années au désert :

    Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu ; c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul […] (Lettre au Père Jérôme du 19 mai 1898).

    Il est frappant de constater encore aujourd’hui, un siècle après, pas très loin de Tamanrasset, au Sahel, que des militaires français peuvent vivre la même expérience que notre frère universel.

    Être confronté à la chaleur, à l’âpreté et au silence du désert lors d’opérations ou pendant les tours de garde seul, pour veiller sur la base avancée : le soldat du monde découvre un autre monde, une réalité qui l’interroge intérieurement.

    Cela lui donne une expérience unique, une épaisseur d’être que Charles de Foucauld a aussi connue. La vie militaire et d’ermite est différente mais elle demande dans les deux cas un dépouillement, de l’humilité et un oubli de soi pour aller jusqu’au bout de la mission et accepter de ne pas tout maîtriser.

    Combien de fois ai-je entendu des militaires de toutes armes confondues me parler durant de belles discussions de l’expérience de leurs déserts, qu’ils soient extérieurs ou intérieurs.

    Cette recherche d’absolu nous attire ou nous révulse mais personne ne peut y rester insensible ! Passer au désert, est une expérience unique qui ouvre des horizons ! Étienne de Montéty écrit :

    Foucauld, maître en humilité et en dépouillement, voilà la grande affaire de toute une vie.

    Oui, par son sens de l’abnégation, son humilité, sa bonté, sa soif d’absolu et sa volonté d’imiter le Christ, Charles de Foucauld nous a tracé la route et il restera un exemple pour tous les militaires français.

    C’était un battant qui a su dépasser ses échecs en s’abandonnant entre les mains de notre Seigneur et en étant bon avec tous. Profitons de sa future canonisation pour lui demander les grâces dont nous avons besoin et réjouissons-nous de cette bonne nouvelle qui permettra à beaucoup de dépasser leur peur et de faire confiance à Dieu à travers tous les déserts de leur vie. Et, que le bienheureux et futur saint Charles de Foucauld bénisse et garde tous nos militaires qui servent la France avec honneur et fidélité !

    ***

    Charles de Foucauld - la confession renversante qui lui a donné la foi

    La foi héroïque des Filles de la Charité pendant la guerre de Crimée

     

    Fondée le 23 novembre 1633, les Filles de la Charité ont rapidement développé une vocation hospitalière au service des armées françaises en soignant les soldats blessés au combat.

    Saint Vincent de Paul lui-même s’extasiait de voir ces jeunes filles affronter les dangers des champs de bataille avec la sérénité et la simplicité que donne l’abandon total en Jésus-Christ. Elles en ont témoigné lors de la terrible guerre de Crimée (1854-1856).

    La guerre de Crimée marque le début d’une ère de grand rayonnement pour les établissements des Filles de la Charité. Ce conflit, qui oppose l’empire russe à une coalition composée de la France, du Royaume-Uni et de l’empire ottoman, se déroule essentiellement autour de la base navale de Sébastopol.

    Gagnée par la France et ses alliés, cette guerre est un effroyable carnage pour l’époque. La plupart des soldats succombent à des maladies, choléra, typhus, dysenterie.

    Sur les 95.000 morts français, seuls 20.000 sont tués au combat ou meurent des suites de leurs blessures.

    Les Filles de la Charité s’occupent de soigner les corps, mais leur présence est aussi un réconfort spirituel immense pour les soldats hospitalisés

    Appelées par la France et l’empire ottoman pour soigner les soldats, 225 Filles de la Charité françaises sont envoyées dans la région, et 25 sœurs italiennes les rejoignent. Elles ont en charge une douzaine d’hôpitaux militaires français basés à l’arrière du front, la plupart à Istanbul.

    L’épidémie de choléra, pendant les mois de l’été 1854, est extrêmement violente et nécessite une organisation spécifique, avec isolement des malades sous tentes. Les Filles de la Charité se dévouent sans relâche au chevet des soldats, dans des conditions matérielles plus que sommaires.

    Elles n’œuvrent pas seulement à l’arrière, mais travaillent également comme ambulancières, non loin des champs de bataille. De plus, elles rendent visite aux prisonniers, soit des Français détenus pour délit, soit des Russes.

    Une centaine d’entre elles contractent le choléra ou le typhus, et 33 y laissent la vie.

    Certes, les Filles de la Charité s’occupent de soigner les corps, mais leur présence est aussi un réconfort spirituel immense pour les soldats hospitalisés.

    Leur amour de Dieu et leur vie de prière les rendent infiniment patientes et douces.

    Leur foi vécut jusqu’à l’héroïsme est exemplaire, et elle irrigue, fortifie ou ranime celle des soldats. Combien d’âmes n’ont-elles pas sauvées in extremis.

    L’aide et le dévouement des Filles de la Charité lors de cette terrible campagne militaire font l’admiration de tous.

    Un reporter anglais vante dans le Times leur talent d’infirmière.

    Le médecin français Lucien Baudens, venu en Crimée pour inspecter les services médicaux de l’armée, évoque dans son rapport, avec beaucoup de chaleur et d’admiration, l’action des Filles de la Charité.

    Le général directeur des ambulances anglaises écrit : Avec quatre sœurs, une ambulance française fait bien plus de bien que moi avec vingt infirmiers.

    À la fin de la guerre, le sultan, voulant reconnaître les services rendus par les sœurs, songe à leur offrir des décorations. Elles préfèrent cependant qu’il leur permette de continuer l’œuvre entreprise dans la région.

    Le gouvernement ottoman leur cède alors un très vaste terrain sur lequel est bâti un hôpital appelé Notre-Dame-de-la-Paix, en souvenir des circonstances de sa fondation.

    En Turquie et dans tous les Balkans, les œuvres des Filles de la Charité connaissent alors pendant plus d’un siècle une expansion considérable.

    Hôpitaux, orphelinats, écoles, maisons de retraite leur permettent de vivre pleinement leur charisme : honorer Dieu par le service des pauvres.

     

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  • C’était la veille de Noël et, fidèle à son habitude, George Mason était le dernier à quitter le bureau. Il se dirigea vers la chambre forte, en fit tourner les cadrans puis ouvrit la lourde porte. Après s’être assuré qu’elle ne se refermerait pas sur lui, il entra.

     

    Un petit carton blanc était scotché juste au-dessus de la rangée supérieure des coffres. Quelques mots y étaient inscrits. George y fixa son regard : il ne pouvait oublier…

     

    Un an plus tôt exactement, il était aussi entré dans cette chambre forte. Et puis, derrière son dos, lentement, silencieusement, la grosse porte s’était refermée sur lui !

     

    Il était pris au piège, plongé soudain dans une terrifiante obscurité ! Dans un cri rauque comme une explosion de rage, il se jeta de tout son poids contre la porte, mais celle-ci ne montra pas le moindre signe de faiblesse. Comme aucune minuterie n’en contrôlait le mécanisme, la chambre forte resterait fermée jusqu’à ce que quelqu’un l’ouvre de l’extérieur. Le lendemain matin.

     

    C’est là qu’il prit conscience de la terrible réalité. Demain, à vrai dire, personne ne viendrait : demain c’était Noël !

     

    Une fois de plus, il se jeta contre la porte en poussant un cri sauvage ; finalement, à bout de force, il se laissa choir sur les genoux. Il s’ensuivit un long silence, un silence perçant et assourdissant tout à la fois. Plus de trente six heures allaient s’écouler avant que personne ne vienne le libérer : trente-six heures dans une boîte en acier d’un mètre sur deux mètres cinquante, et d’un peu plus de deux mètres de haut. Aurait-il même suffisamment d’oxygène ?

     

    Haletant, transpirant à grosses gouttes, il inspecta le sol à tâtons. Dans le coin au fond à droite, juste en bas du mur, il découvrit un petit orifice circulaire. Vite, il y enfonça le doigt et ressentit, faiblement mais distinctement, un courant d’air frais.

     

    Il en éprouva un tel soulagement qu’il éclata en sanglots. Puis, pour finir, il prit le parti de s’asseoir. Non, c’était impossible, il n’allait pas rester là enfermé trente-six heures ! Il y aurait bien quelqu’un pour remarquer, déplorer son absence. Mais qui donc ?

     

    Il était célibataire et vivait seul. La femme de ménage ? Elle n’était qu’une domestique, et c’est bien ainsi qu’il l’avait toujours traitée. Son frère l’avait invité à passer Noël dans sa famille, mais les enfants… Ils  lui tapaient sur les nerfs, et puis ils s’attendaient à des cadeaux. Alors il avait décliné l’invitation.

     

    Un ami lui avait demandé de l’accompagner, le jour de Noël, dans une maison de personnes âgées, histoire de jouer du piano, car il était bon musicien. Mais il s’était trouvé une excuse. Il comptait rester chez lui à écouter les nouveaux enregistrements qu’il s’était offerts, tout en savourant un bon cigare.

     

    Donc personne ne viendrait le délivrer. Personne. Non, personne. La nuit s’écoula lentement, puis toute la journée de Noël et la nuit qui suivit...

     

    Le lendemain de Noël au matin, le chef du service arriva au bureau à l’heure habituelle, ouvrit la chambre forte, puis se rendit à son bureau privé.

     

    Sans se faire voir, George Mason se précipita dans le couloir en titubant. Il courut au distributeur d’eau et but à grosses gorgées. Personne ne le vit sortir. Personne non plus ne le vit prendre un taxi pour rentrer chez lui.

     

    Une fois arrivé à la maison, le temps de se raser et de se changer, il avala un petit déjeuner sur le pouce et retourna à son bureau, où ses employés le saluèrent d’un geste machinal.

     

    Ce jour-là, il rencontra quelques connaissances, il eut même une conversation avec son frère. Mais il lui fallut se rendre à l’évidence : durant la grande célébration de la fraternité (que Noël est censé être), il avait disparu de la société des humains sans que personne n’eût regretté son absence.

    Le cœur serré, il se mit à réfléchir sur le vrai sens de Noël. Se pouvait-il que, toutes ces années, il eût été à ce oint aveuglé par l’égoïsme, l’indifférence et l’orgueil ? Après tout, donner n’était-il pas l’essence même de Noël, parce que c’est le message que Dieu a donné au monde en envoyant Jésus ?

     

    Tout au long de l’année qui suivit, à travers de menues gentillesses, de petits actes de générosité qui souvent passaient inaperçus, George Mason essaya de se préparer… Et voilà que c’était à nouveau la veille de Noël…

     

    À reculons, précautionneusement, il sortit de la chambre forte et en referma la porte. D’un geste de la main presque affectueux il toucha la sinistre paroi d’acier et quitta le bureau.

     

    Maintenant, le voilà qui marche d’un pas décidé, vêtu de son sombre pardessus et coiffé de son chapeau noir, le même George Mason que l’année dernière. Mais est-ce bien le même homme ?

     

    Il descend la rue, la distance de quelques pâtés de maisons, puis hèle un taxi, car il ne veut surtout pas être en retard. En effet, ses neveux comptent sur lui pour les aider à décorer le sapin. Ensuite, il emmènera son frère et sa belle-sœur à une représentation de Noël.

     

    Pourquoi est-il si heureux ? Il est chargé de paquets et il lui faut, avec peine, se frayer un chemin dans la foule, mais tout cela le réjouit, le grise même. Comment une telle transformation est-elle possible ?

     

    Peut-être que le petit carton blanc y est pour quelque chose, celui qu’il a scotché à l’intérieur de sa chambre forte au premier jour de la Nouvelle année. On peut y lire ces mots, écrits de la main même de George Mason :

     

    AIMER LES GENS

    SE RENDRE INDISPENSABLE QUELQUE PART

    TEL EST LE SENS DE LA VIE

    TEL EST LE SECRET DU BONHEUR

    VIVE NOEL !

     

    Réveillon de Noël avec une prostituée

     

    Nous sommes en décembre, 1960, à Houston. Mon père venait de décéder quelques mois auparavant, laissant derrière lui un adolescent de 16 ans, avec un moral au plus bas, confus et plus rebelle que jamais. La présence de mon père me manquait plus que jamais et je ne sais pas si j’étais plus en colère contre lui ou contre Dieu.

    Le Réveillon de Noël arrivait. Les gens faisaient leurs achats de dernière minute, les mères

    s’occupaient à cuisiner leur grand repas, les familles se réunissant ensemble. Les enfants tous excités, remplis de curiosités par les beaux cadeaux sous l’arbre de Noël.

    C’était un moment dans l’année où tout le monde étaient supposés être heureux. Mais pour moi, l’esprit de Noël n’était pas au rendez-vous. J’étais trop rempli de confusion et d’émotions négatives pour pouvoir l’apprécier.

    Ma mère cuisinait un repas de Réveillon pour ma sœur, mon frère et moi-même. Mais j’avais le cœur trop gros et n’en pouvant plus ; j’ai attrapé mon blouson, m’esquivant discrètement de la maison pour prendre un bus pour le centre-ville. Je voulais être seul et voir les décorations de Noël en ville.

    Aussitôt que je suis monté dans le bus, je me suis senti beaucoup mieux, essayant de me décontracter le mieux que je pouvais, admirant les lumières de Noël à travers les fenêtres du bus.

    Main Street and Preston ! Se mit à crier le chauffeur du bus. Je sautais en dehors.

    Il y avait beaucoup de gens dans les rues ; je suppose qu’ils venaient de finir leurs courses effrénées de Noël pour rentrer chez eux et célébrer Noël dans leurs familles.

    Je décidais de faire un peu de lèche-vitrine. C’était amusant. Je me voyais suivi par un vendeur qui prenait mes commandes. Pendant les trois heures qui suivirent, j’étais devenu un gosse de riche, dépensant mon argent sans compter.

    Mais au bout d’un moment, mon estomac commença à gargouiller. Je réalisais que j’avais faim et qu’il était le temps de revenir à la maison.

    En mettant la main dans ma poche, je découvris qu’il ne me restait plus d’argent pour prendre le bus et rentrer à la maison. J’avais quitté la maison précipitamment, oubliant de prendre assez d’argent pour le retour.

    A ma stupéfaction, regardant autour de moi, je découvris que les rues étaient devenues désertes ; seulement quelques SDF trainaient sur l’avenue principale, à la recherche d’un endroit chaud pour passer la nuit.

    J’étais sûr que ma mère devait se faire du souci, ne me voyant pas à la maison. Je commençais à me sentir très mal en pensant que  j’étais en train de gâcher le Réveillon de Noël pour ma mère, mon frère et ma sœur. Je n’avais même pas assez de monnaie pour téléphoner chez moi et les avertir. Je me suis mis à remonter le col de mon blouson, marchand au hasard dans la rue.

    C’est à ce moment-là que la plus merveilleuse odeur vint chatouiller mes narines. Je regardais de l’autre côté de la rue, où un restaurant était complètement éclairé. En traversant la rue et m’approchant de la grande vitrine, je vis que les tables étaient remplies de personnes, buvant et mangeant leur dîner de Noël.

    A ce moment-là, la seule chose que je voulais, c’était un bon repas chaud.

    Je m’aperçus qu’à une table, il y avait une jeune femme noire qui mangeait toute seule. Elle me fit un geste pour que j’entre dans le restaurant et que je vienne à sa table.

    Un peu surpris, je regardais autour de moi, pour ne voir personne. Une seconde fois, elle me fit le geste d’entrer et de venir la rejoindre. La faim étant trop forte, je décidais d’entrer et de venir m’asseoir à sa table.

    — Que fais-tu seul dans la rue par une nuit aussi froide ? C’est tard et c’est le Réveillon de Noël. 

    Je m’assis, essayant du mieux que je pus, en balbutiant quelques paroles cohérentes, de raconter mon histoire. Mais avant que je puisse finir, elle appela le serveur.

    — Ordonne ce que tu veux, elle me dit en buvant une gorgée de son café chaud.

    — Je n’ai pas d’argent pour payer,  je répondis.

    — Hey, ne t’inquiète pas, c’est moi qui paye ton repas de Noël, ce soir, okay ! 

    J’ai ordonné un plat avec de la dinde et de la farce, enrobée d’une délicieuse sauce de cranberry. Une purée de citrouilles et un verre de lait.

    J’étais assis devant cette femme, savourant le plus délicieux repas que je pensais n’avoir jamais mangé de ma vie. De temps en temps, elle jetait un regard vers moi en souriant.

    Après que j’eus terminé de manger, elle alluma une cigarette et me demanda :

    — Comment penses-tu revenir chez toi cette nuit ? 

    J’avais complètement oublié à ce sujet.

    — Je…ah…,  je ne suis pas sûr. Je n’ai pas d’argent en poche et en plus, les bus ne roulent plus à cette heure tardive de la nuit. Je suppose que je vais aller à l’arrêt de bus et dormir là-bas.  J’essaierais de revenir par mes propres moyens demain. 

    La jeune femme pensante, s’appuyant sur le dos de sa chaise et tirant une bouffée de sa cigarette en l’air, me dis :

    — Et bien, tu vas devoir venir dormir chez moi ce soir et je vais prendre soin de toi, tu ne peux pas rester dormir dehors avec une nuit aussi froide. Ne t’inquiète pas. 

    Amicalement, elle me donna une tapette sur mon bras.

    — Mon nom est Mae et je travaille dans la rue. 

    — Dans la rue ? 

    — Ne t’inquiète pas mon garçon, relax toi et profite de cette nuit ! 

    Plusieurs pensées commençaient à m’envahir, mais à ce moment-là, cela n’avait pas tellement d’importance, j’avais l’estomac rempli et la perspective d’une bonne nuit au chaud. Je sentis de la chaleur au fond de moi-même, un bien-être. D’ailleurs, Mae n’était plus une étrangère pour moi, mais une amie !

    Mae vivait dans une petite chambre qu’elle avait décorée avec beaucoup de goût.

    — Veux-tu manger quelque chose en plus ? Me montrant où se trouvait la cuisine.

    La chambre à un lit et un divan aussi.

    — Tu coucheras dans le lit, et moi, je dormirais sur le divan. 

    Mae attrapa mon blouson pour le suspendre dans la penderie. Soudainement, je réalisais combien j’étais fatigué. Je me déshabillais et m’engouffrait dans les draps, pour m’endormir profondément.

    Le lendemain matin, je me réveillais pour trouver un breakfast appétissant sur la table : des œufs, des toasts et un verre de lait.

    Après le breakfast, Mae me donna un peu de monnaie pour que je puisse prendre un bus pour rentrer chez moi.

    — Cela devrait être assez pour que tu puisses rentrer chez toi. 

    Elle m’accompagna à la porte et me serra la main tendrement et avec affection. Je pouvais voir que ses yeux étaient humides.

    — Au revoir Mae, merci pour tout ce que tu as fait pour moi cette nuit ! 

    — Bye et rentre directement à la maison, tu m’as entendu ? 

    — Yes, ma’am ! 

    Dans le bus, regardant à travers la vitre, je me rappelle les derniers quarante-huit heures. J’étais heureux ! J’avais pensé que Dieu m’avait abandonné durant ce mois de décembre, mais j’avais tort ; il m’a surpris ! Il m’a montré combien il m’aimait, en me donnant le plus beau Noël de ma vie !

    Le plus beau présent, il me l’a donné d’une façon la plus inattendue.

    Je ne peux pas penser à Noël sans penser à Mae, et quand je le fais, je prie pour elle !

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  • L’escalier miraculeux (Histoires de Noël)  

    L’escalier miraculeux

    Dans cette fraîche matinée de décembre 1878, les rayons de soleil caressaient les rues poussiéreuses de Santa-Fé au Nouveau Mexique. Ils scintillaient sur les tuiles de la Chapelle de notre Dame des Lumières, et sur les fenêtres de l’école dirigée par les sœurs de Loretto. Dans le couvent, la mère supérieure interrompit ses préparatifs car quelqu’un venait de sonner à la porte.

    — C’est un autre charpentier, révérende mère, expliqua sœur Francis-Louise l’air embarrassé ; je lui ai dit que vous alliez partir et que vous n’aviez pas le temps de le recevoir, mais il a dit …

    — Je peux très bien imaginer ce qu’il a dit, répondit mère Magdalena en continuant ses bagages ; qu’il a entendu parler de nos problèmes dans la nouvelle chapelle, qu’il est le meilleur charpentier de tout le Nouveau Mexique, qu’il peut construire une cage d’escalier pour monter jusqu’au chœur en dépit du fait que le brillant architecte de Paris qui a fait les plans ait oublié de laisser de la place pour cela ; et en  dépit  du  fait  que  cinq  maîtres charpentiers aient déjà essayé sans succès ! C’est vrai sœur Francis-Louise, je n’ai pas le temps d’écouter cette histoire à nouveau !

    — Mais il est si gentil, répondit sœur Francis-Louise, et il est là dehors avec son âne …

    — Je suis sûre, interrompit mère Magdalena avec un sourire, qu’il est un homme charmant et que son âne est adorable. Mais il y a la maladie à Santo Domingo Pueblo et c’est peut-être le choléra. Sœur Marie-Hélène et moi-même sommes les seules qui ont eu le choléra. Je dois donc y aller, et vous dirigerez l’école en mon absence.

    Puis elle appela Manuela !

    Une jeune indienne de 12 ou 13 ans arriva en souriant. Elle était muette. Elle pouvait entendre, mais les sœurs n’avaient pas réussi à lui apprendre à parler. La mère supérieure lui dit gentiment :

    — Descends mes affaires jusqu’au chariot, mon enfant, j’arrive tout de suite.

    Puis s’adressant à sœur Francis-Louise :

    — Pouvez-vous dire à ce charpentier  de  revenir  dans 2  ou  3   semaines,  s’il  vous  plaît ;  je  le verrai à mon retour !

    — 2 ou 3 semaines ?

    — Si le Seigneur le veut, je l’espère ma sœur !

    Dans la rue, Mère Magdalena aperçut le charpentier, un homme barbu, robuste et plus grand que la plupart des mexicains, avec des yeux noirs et un visage souriant, buriné par le soleil. A côté de lui, chargé d’outils et de morceau de bois, un âne attendait patiemment.

    Manuela lui caressait le museau en regardant timidement son propriétaire. Les adieux furent brefs, et commença la piste poussiéreuse, les montagnes mauves au loin, et le Rio Grande comme un ruban d’émeraude loin sur la droite.

    Le pas était lent, mais Mère Magdalena et sœur Marie Hélène se racontaient des histoires de Noël et chantaient pendant que le soleil montait et descendait sur l’horizon. Leur conducteur écoutait en souriant et hochait la tête.

    Il leur fallut 2 jours pour atteindre Santo Domingo Pueblo, où la maladie n’était pas le choléra mais la rougeole. Elles restèrent pour aider le Père Sébastian à soigner les enfants fiévreux du village.

    Le soir, elles étaient bien fatiguées, mais quelquefois Mère Magdalena parlait au Père Sébastian de l’inauguration de la  nouvelle chapelle. Elle  devait avoir lieu en Avril. Elle aurait dû être inaugurée plus tôt, si ce n’avait pas été à cause du problème du chœur, sans voie d’accès sauf par une échelle.

    — Je l’ai dit à l’évêque, que ce serait une erreur de faire les plans à Paris ! Mais il voulait que notre chapelle soit faite d’après la Sainte Chapelle de Paris, et qui suis-je pour contredire l’évêque Lamy ? Alors le talentueux  M.Mouly a  dessiné un balcon pour le chœur sous la rosette et aucun moyen d’y accéder !

    — Peut-être pensait-il à un chœur céleste, vous savez, avec des ailes …

    — Ce n’est pas drôle, répondit Mère Magdalena. J’ai prié et prié encore, mais apparemment il n’y a aucune solution. Il n’y a pas assez de place sur le sol de la chapelle pour recevoir les supports d’un escalier.

    Les jours passaient et Noël approchait. Deux fois des cavaliers avaient apporté des nouvelles de sœur Francis Louise.

    — Les enfants vont bien, disait-elle, et notre petite Manuela est devenue très amie avec le charpentier.

    — Le charpentier ?! Mais que fait ce charpentier encore là-bas ?! pensa Mère Magdalena.

    La seconde lettre parlait encore du charpentier.

    — Chaque matin, il vient avec un nouveau chargement  de bois et chaque soir il s’en va. Quand on lui demande par quelle autorité il fait ces choses, il sourit sans rien dire. Nous avons essayé de le payer pour son travail, mais il n’accepte rien…

    — Travail !? Mais quel travail ? Est-ce que la trop gentille sœur Francis Louise lui aurait donné la permission de travailler dans la chapelle ? S’inquiéta Mère Magdalena.

    Elle écrivit une lettre pour faire cesser immédiatement le travail, et la remit sans plus attendre à un indien en route pour Santa-Fé. Mais cette nuit-là, la première neige tomba, si épaisse que l’indien dût rebrousser chemin.

    Le jour suivant, le soleil se leva sur un monde étincelant de mille diamants. Mais Mère Magdalena savait qu’une nouvelle chute de neige pourrait rendre son retour impossible avant Noël.

    La maladie régressait rapidement à Santo Domingo et cet après-midi, elles commencèrent le long voyage de retour.

    Il était tard, la veille de Noël, près de minuit, quand les chevaux fatigués franchirent la porte du couvent. Les lampes brûlaient encore.

    Manuela dévala les escaliers, la sœur Francis-Louise la suivant de près. Malgré son engourdissement et sa fatigue, Mère Magdalena sentit immédiatement une excitation qu’elle ne pouvait expliquer. Elle ne comprit pas non plus  quand on la conduisit dans la chapelle où brûlaient quelques bougies.

    — Regardez, révérende Mère, souffla sœur Francis-Louise, regardez !

    Comme une spirale de fumée, l’escalier se dressait devant elles, comme dans un rêve. Sa base reposait sur le sol de la chapelle et son sommet atteignait le balcon du chœur. Rien d’autre ne le supportait. Il semblait flotter en l’air !

    — Il y a 33 marches, chuchota sœur Francis Louise, une pour chaque année de la vie de notre Seigneur.

    Mère Magdalena s’approcha comme dans une transe. Elle posa le pied sur la première marche, puis la seconde et la troisième. Il n’y eut pas un craquement. Elle regarda en arrière stupéfaite.

    — Mais c’est impossible ! Il n’y avait pas assez de temps !

    — Il a fini hier, dit la sœur, il n’est pas venu aujourd’hui. Personne ne l’a vu à Santa-Fé ; il est parti.

    — Mais qui était-il ? Ne savez-vous pas son nom ?

    La sœur secoua la tête. Manuela s’approcha la bouche ouverte ! Elle prit sa respiration et émit un son dans le silence. Les sœurs la regardèrent ébahies.

    — Elle essaya à nouveau : José !

    Elle serra la main de la Mère supérieure et répéta le premier  mot  qu’elle  ait jamais dit : José !

    Sœur Francis Louise se signa. Mère Magdalena sentit son cœur se contracter. José, le nom de Joseph en espagnol ; Joseph le charpentier, Joseph le maître charpentier de …

    Les yeux de Manuela se remplirent de larmes : José !

    Personne ne bougea. Mère Magdalena entendit au loin une cloche sonner minuit. Elle descendit l’escalier lentement.

    Elle se sentit envahie d’un sentiment de gratitude, de compassion et d’amour. Et elle sut ce que c’était : c’était l’esprit de Noël, et il était sur eux tous.

     

    Note de l’auteur

    La chose merveilleuse à propos des légendes est la façon dont elles s’embellissent d’année en année. Mais toutes les bonnes légendes contiennent une base de vérité, et dans ce cas, le fait irréfutable au cœur de l’histoire est l’escalier lui-même.

     Vous pouvez le voir vous-même à Santa-Fé aujourd’hui. Il n’a pas changé depuis plus de cent ans, sauf pour la balustrade qui fut ajoutée plus tard.

    Les touristes regardent et s’émerveillent. Les architectes secouent la tête et disent : impossible.

    Personne ne connaît l’identité du constructeur. Tout ce que  savent les sœurs, c’est que le problème existait. Se tournant vers le ciel pour avoir de l’aide, les sœurs commencèrent 9 jours de prières à Saint Joseph, le Saint patron des charpentiers.

    Le dernier jour, un homme est arrivé de nulle part avec son âne et quelques outils et construisit le joli escalier, puis disparut sans laisser de traces.

    Les 33 marches font 2 tours  complets sans support central. Il n’y a aucun clou, seulement des chevilles en bois. Les supports courbes sont assemblés avec une parfaite précision.

    Le bois provient d’une variété de résineux dur qui n’existe pas au Nouveau Mexique. Les archives de l’école montrent qu’aucun paiement ne fut fait pour l’escalier !

    Mère Magdalena était bien la première Mère supérieure. Elle arriva à Santa-Fé  par le  bateau de rivière et en  chariot bâché en 1852.

    L’évêque J.B.Lamy était bien son évêque, et M Projectus Mouli de Paris, l’architecte étourdi.

    Sœur Francis Louise ? Il y a dû y avoir quelqu’un comme elle !

    Et Manuela la petite indienne était venue pour aider à la broderie.

    Quant au charpentier ? Ah ! Qui peut le dire ?!   

    Dale Evans Rogers

    (Avec la courtoisie de ‘The new Guideposts Christmas Treasury’)

     

    ***

    Reine, l’africaine

    HUGH KERR

     

    C'était Noël dans cette mission d’Afrique occidentale et les chrétiens étaient venus célébrer la naissance du Seigneur. Ils ne recevraient pas des cadeaux de la mission, mais ils apporteraient leurs plus beaux cadeaux à Jésus, vu que Noël est Son anniversaire.

    À la fin de l'office de prières et de louanges, et après avoir chanté comme on chante à Noël, les fidèles se dirigèrent vers l'autel en une longue procession, et chacun à son tour remit au missionnaire le don qu'il avait préparé pour le Sauveur et pour Son œuvre.

    Ces chrétiens étaient extrêmement pauvres, et leurs offrandes étaient si modestes qu’elles nous auraient fait sourire. Mais chacune manifestait tant d’amour et de générosité ! Car ils ne donnaient pas de leur abondance, mais de leur pauvreté. Rappelez-vous ce que disait Jésus :

    La femme qui avait déposé ses deux petites pièces avait donné bien plus que le riche. Car Jésus ne considère pas ce que l’on donne, mais ce qu'il nous reste. Elle avait tout donné, il ne lui restait plus rien. (cf. La Bible, Marc 12:41-44)

    Donc ces Africains apportaient leurs offrandes, les uns une poignée de légumes, les autres un bouquet de fleurs, d'autres encore une petite pièce.

    Or, cette année-là, il y avait parmi eux un nouveau visage. Je ne connais pas son vrai nom, mais nous l'appellerons Reine. C'était une ravissante jeune fille de 16 ans qui, après avoir adoré les idoles, s’était récemment convertie.

    Du repli de sa robe usée, elle sortit une pièce en argent, qu'elle déposa dans la main du missionnaire.

    Si grande fut la surprise de ce dernier qu’il refusa tout d’abord de l’accepter, et fit comprendre à la jeune fille de venir le retrouver après la cérémonie. Il tenait à s’assurer, en privé, qu’une telle fortune n’avait pas été volée.

    À son grand étonnement, il apprit que pour pouvoir apporter une offrande à Jésus, une offrande qui fût à la mesure du désir qu’elle avait de Lui plaire, celle-ci s’était vendue comme esclave, pour le reste de sa vie, à un planteur de la région.

    Et c’était là le produit de sa vente: une pièce d’argent, qu’elle venait ici déposer aux pieds de Son Seigneur. Aux pieds de Celui qui l’avait rachetée d’une forme d’esclavage bien pire encore.

    Je ne sais comment se termina cette histoire… J'imagine que le missionnaire racheta sa liberté. Mais je sais que cette fille était animée d'un immense amour, et je me demande s'il existe, dans le monde entier, de plus grand amour que le sien.

    Un tel amour l'avait inspirée à se donner tout entière, pour que, grâce à Son offrande, d'autres aient la chance de connaître la merveilleuse histoire de Noël et le don d'amour que Dieu fit au monde.

    Car à Noël, Dieu n’a pas donné au monde de l’or, de l’argent ou des richesses quelconques, Il s’est donné Lui-même, comme le fait tout amour authentique.

    ***

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  • Le Noël de grand-père Ray (Histoires de Noël)
     

     

    Le Noël de grand-père Ray

    Martin Raymond était responsable de la bibliothèque municipale de Watercrest. Dans sa jeunesse, il avait été à l’école de Watercrest, et par la suite, il y avait enseigné l’histoire. Mais maintenant il était âgé, et bien qu’il aimât être entouré d’enfants, sa mauvaise santé ne lui aurait pas permis d’assumer des cours quotidiens.

    La bibliothèque était devenue toute sa vie ; il quittait d’ailleurs rarement le bâtiment puisqu’il y louait une petite chambre au deuxième étage. Bien qu’il ne se soit jamais marié et qu’il  n’ait  jamais   eu  d’enfants, il était fier qu’on l’appelle Grand-père Ray.

    On prétendait qu’il avait lu tous les livres de la bibliothèque, et il en prenait grand soin. Certains disaient en plaisantant qu’après son chien Minnie, les livres étaient son plus grand amour.

    Tous les enfants aimaient Grand-père Ray. D’ailleurs s’ils venaient à la bibliothèque, c’était plus souvent pour écouter ses anecdotes historiques hebdomadaires que pour emprunter des livres. Il n’avait pas son pareil pour captiver les enfants avec ses histoires, ses diapositives, ses films et ses anecdotes sur les personnages célèbres du passé.

    Il y avait quelque chose de magique chez lui qui donnait le sourire à tous ceux qui le rencontraient, qu’ils soient jeunes ou plus âges. On aurait dit que rien ne pouvait le décourager. Quand on lui demandait le secret de cette paix contagieuse, Grand-père Ray l’attribuait au fait que tous les soirs après la fermeture de la bibliothèque, il consacrait une bonne heure à prier et à lire sa Bible.

    Noël approchait et Grand-père Ray espérait bien pouvoir célébrer Noël avec tous les élèves de Watercrest, dans la bibliothèque.

    La veille du réveillon de Noël, il avait prévu de transformer son coin historique en crèche vivante. Après tout, la naissance de Jésus n’était-elle pas un épisode important de l’histoire de l’humanité ? Joseph et Marie seraient là avec le bébé dans la mangeoire. Il y aurait aussi quelques agneaux et un veau prêtés pour l’occasion par un fermier du village.

    Grand-père Ray avait de nombreux amis et il ne serait pas difficile pour lui de trouver des volontaires pour coudre les costumes ou prêter du bois et de la paille, ou tout ce dont il pourrait avoir besoin…

    Comme les fêtes approchaient, Grand-père Ray passa encore en revue  tous  les  moindres  détails. Il voulait que ce soit une occasion joyeuse et mémorable ! Il acheta un magnifique sapin de Noël et le recouvrit de décorations.

    Quand le grand jour arriva, il ferma à tous la bibliothèque du matin au soir, sauf à ceux qui venait l’aider. Grand-père Ray fut plus occupé que jamais avec les menuisiers qui montaient la crèche et avec les figurants. Il n’eut même pas le temps d’ouvrir un livre de la journée. Mais il y a une chose qu’il n’oublia pas !

    Comme il serait à la fête ce soir, il décida de prendre son heure de prière plus tôt  dans  la journée. Alors qu’il demandait à Dieu sa bénédiction pour la fête qui allait avoir lieu dans quelques heures, il eut soudain un sentiment étrange. Quelque chose comme un avertissement de ne pas avoir la crèche et les sièges pour les spectateurs dans son “coin historique’’ comme d’habitude, mais dans le coin opposé de la bibliothèque.

    Quelle idée étrange ! Se dit-il, en essayant de se débarrasser de ce sentiment bizarre.

    Non seulement il venait de passer des heures avec les autres volontaires pour tout préparer, mais il se faisait tard et les volontaires étaient prêts à partir ! En plus cela faisait des années qu’il donnait la fête dans le coin d’histoire.

    Déplacer toute la scène et la crèche ainsi que les décors dans le coin opposé de la bibliothèque qui était plus petit, et cela à la dernière minute semblait ridicule et stupide !

    Je suis en train de devenir fou, pensa-t-il !

    Pourtant, comme les minutes passaient, il ne parvenait pas à se débarrasser de ce sentiment urgent qu’il devait tout déplacer. Finalement il n’y tint plus. Il se dirigea vers les volontaires fatigués qui étaient sur le point de rentrer chez eux. 

    Comment allait-il leur faire accepter ce surcroît de travail uniquement à cause d’une impression qu’il avait eu en priant ?

    La plupart des bénévoles étaient déjà partis, et il n’en restait que quelques-uns pour une tâche qui en nécessiterait beaucoup plus. La détermination de Grand-père Ray, qui semblait tout à fait convaincu qu’on n’avait pas le choix, avait ému ceux qui acceptaient de rester. Chose étonnante, ils parvinrent à déplacer la crèche en très peu de temps. Ils avaient à peine terminé lorsque les premiers enfants arrivèrent.

    La soirée se déroula sans aucun problème ! Tout le monde avait oublié le changement de dernière minute. Les enfants grignotaient des amuse-gueules tout en se mêlant aux personnages de la crèche. Ils serraient la main à la Sainte famille et prenaient le bébé Jésus dans leur bras à tour de rôle, pendant que leurs parents prenaient des photos ou discutaient entre eux.

    Pourtant Grand-père Ray se sentait mal à l’aise. Pourquoi avait-il fallu déplacer toute la crèche vers une autre partie de la bibliothèque ? Etait-il en train de perdre la tête ?

    Il décida de ne plus y penser et de s’amuser avec ses invités. Il fit signe à  ses  assistants  d’apporter le gâteau  d’anniversaire.  Après   tout, c’était l’anniversaire de Jésus qu’on célébrait ce soir !

    Il demanda aux enfants de s’asseoir en demi-cercle, en faisant face à la crèche, et tous ensemble entonnèrent Joyeux Anniversaire et applaudirent lorsqu’on apporta le gâteau.

    Tout à coup, un terrible fracas en provenance du coin d’histoire interrompit la fête. Sous le regard terrifié de l’assistance, un énorme camion était en train de défoncer la bibliothèque !

    De toute évidence, le chauffeur avait perdu le contrôle de son véhicule alors qu’il empruntait la bretelle d’autoroute. Les vitres volèrent en éclats, les murs s’écroulèrent et les étagères pleines de livres s’effondrèrent au passage du poids-lourd renversé sur le coté, qui écrasait tout sur sa lancée.

    Pendant quelques terribles instants, il sembla que rien ne pourrait arrêter ni ralentir le camion qui se dirigeait vers la foule terrifiée.

    Et soudain, comme par miracle, il s’arrêta à quelques mètres de la foule. Paralysés par la peur, personne n’avait été capable de courir ni même de crier durant ces quelques secondes fatidiques.

    Lorsque le calme fut revenu, tout le monde put sortir du bâtiment par une porte de derrière qui débouchait sur un parking. Des petits groupes se formèrent ; certains montèrent dans leur voiture, tandis que d’autres se dépêchèrent de faire le tour du bâtiment pour contempler les dégâts.

    La façade de la bibliothèque de Watercrest avait été entièrement démolie. A l’intérieur, des milliers de livres jonchaient le sol. A l’emplacement du coin historique, se trouvait maintenant un camion renversé et recouvert de gravats.

    Les secours arrivèrent et dégagèrent le chauffeur de sa cabine. On fut soulagé de découvrir qu’il était sain et sauf, et qu’il n’y avait eu aucune victime. La seule partie de la bibliothèque qui n’avait pas été détruite était celle où s’étaient assis les parents et les enfants !

    Il fallut un certain temps aux rescapés pour qu’ils se rendent compte du miracle qui leur avait sauvé la vie.

    Mais ce Noël là, dans toutes les églises de la région, tous remercièrent Dieu de les avoir épargnés d’une terrible tragédie !

    Et de tous ceux qui remercièrent Dieu à Noël, nul ne fut sans doute plus reconnaissant que Grand-père Ray qui avait agi sur une intuition, en apparence absurde, placée par Dieu dans son cœur.

     

    ***

     

    Nous sommes à toi, mon Dieu, tu es le gardien de nos âmes

     

    C’était la veille de Noël 1875. Ira D.Sankey remontait la rivière Delaware en bateau à vapeur. C’était une nuit calme et étoilée et beaucoup de passagers étaient sur le pont.

    Mr Sankey fut invité à chanter. Il était dans son intention de chanter une chanson de Noël, mais il se sentit poussé presque contre sa volonté à chanter :

    Saviour like a shepherd lead us (Sauveur, comme un berger guide-nous)

    Il se fit un calme profond. Les paroles et la mélodie qui émanaient de l’âme du chanteur  flottaient  sur  le pont et la rivière tranquille. Chacun à bord fut profondément touché.

    Quand la chanson fut terminée, un homme au visage buriné par le soleil s’approcha de Mr Sankey et dit :

    — Avez-vous jamais servi dans l’armée fédérale ?

    — Oui, répondit Mr Sankey, du printemps 1860 jusqu’à la fin de la guerre.

    — Vous souvenez-vous si vous étiez de garde un soir de pleine lune 1862 ?

    — Oui, répondit Mr Sankey, de plus en plus surpris.

    — Moi aussi, dit l’étranger, mais je servais dans l’armée confédérée. Quand  je  vous  ai  vu  vous tenir  à votre poste, je me suis dit, ce gars là ne va pas sortir d’ici vivant.

    J’ai épaulé mon arme et visé lentement. Je me tenais dans l’ombre, complètement dissimulé, alors que la lumière de la lune était sur vous.

    A cet instant, comme il y a quelques minutes, vous avez levé les yeux vers le ciel et vous avez commencé à chanter. La musique et spécialement les chansons ont toujours eu un effet merveilleux sur moi, et j’ai ôté mon doigt de la gâchette.

    Laissons-le  finir sa chanson, me dis-je, je le tuerai après ; il est ma victime quoi qu’il arrive et ma balle ne peut pas le manquer. Mais la chanson que vous chantiez était la même que vous avez chanté ce soir. Je pouvais entendre les paroles parfaitement :

    Nous sommes à toi, mon Dieu, tu es le gardien de nos âmes …

    Quand vous avez fini votre chanson, il était impossible de vous viser à nouveau. Le Dieu qui peut sauver cet homme d’une mort certaine, doit certainement être grand et puissant, pensais-je !

     Depuis ce jour, j’ai travaillé ici et là, mais quand je vous ai vu vous tenir là et prier comme l’autre fois, je vous ai reconnu. Mon cœur fut blessé alors par votre chanson. Maintenant, s’il vous plait, aidez-moi à trouver la réponse aux questions qui me troublent l’esprit.

    Profondément ému, M. Sankey prit dans ses bras l’homme qui pendant la guerre avait été son ennemi. Et cette nuit-là cet homme découvrit et accepta le bon berger comme son sauveur.

     

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  • C’EST QUOI AU JUSTE, NOËL ?


    C’EST QUOI AU JUSTE, NOËL ?  

     

    Il a une barbe et des cheveux blancs, il porte une fourrure rouge et blanche et il est au centre des célébrations de Noël. On l’appelle le Père Noël. Mais est-ce vraiment lui qui donne son sens à Noël ? 

     

    Il se faisait tard en cette veille de Noël et je m’enfonçai dans mon fauteuil, fatigué mais content. Les enfants étaient couchés, les cadeaux empaquetés, le lait et les biscuits disposés devant la cheminée pour le Père Noël. Alors que j’admirais l’arbre décoré, je ne pouvais m’empêcher de ressentir que quelque chose manquait. Bercé par le scintillement des lumières, je ne tardais pas à m’endormir.

     

    Je ne sais pas combien de temps j’ai dormi, mais soudain je sentis une présence. Vous pouvez imaginer ma surprise lorsqu’en ouvrant les yeux, je vis le Père Noël, debout devant  mon sapin. Il était revêtu de fourrure de la tête aux pieds. Mais il ne correspondait pas à l’image du joyeux luron que nous décrit la légende. L’homme qui se tenait devant moi semblait triste et désenchanté. Des larmes même lui mouillaient les yeux.

     

    ─ Père Noël, qu’est-ce qui ne va pas ? Lui demandai-je. Pourquoi pleurez-vous ? 

    ─ C’est à cause des enfants, dit-il tristement.

    ─ Mais ils vous aiment, lui répondis-je.

    ─ Oh ! Je sais bien qu’ils m’aiment, ainsi que les cadeaux que je leur apporte, répliqua-t-il. Mais, de nos jours, les enfants semblent avoir oublié le véritable esprit de Noël. Ce n’est pas de leur faute. C’est que les adultes ont oublié de les instruire. D’ailleurs beaucoup d’entre eux ignorent ces choses.

    ─ Et que faut-il apprendre aux enfants ? Demandai-je.

     

    Le visage du vieil homme, empreint de bonhomie, se radoucit encore. Ses yeux se mirent à briller au milieu de ses larmes. Il parlait avec tendresse.

     

    ─ Il faut leur apprendre le vrai sens de Noël. Leur apprendre que Noël, c’est bien plus que les choses que l’on voit, que l’on entend ou que l’on touche. Leur apprendre le symbolisme qui se cache derrière les coutumes et les traditions de Noël. Leur montrer ce qu’elles représentent réellement.

     

    Le Père Noël mit la main dans son sac pour en retirer un tout petit sapin, qu’il posa sur le manteau de ma cheminée :

     

    ─ Apprends-leur le sens de l’arbre de Noël. Le vert est la deuxième couleur de Noël. Le sapin majestueux, dont la couleur ne change pas, représente l’espérance de la vie éternelle en Jésus. Sa cime, qui pointe vers le ciel, nous rappelle que les pensées de l’homme devraient, elles aussi, se tourner vers en-haut.

     

    Le Père Noël replongea sa main dans le sac et en sortit une étoile brillante qu’il installa au sommet du petit arbre :

     

    ─ L’étoile était le signe céleste de la promesse. Dieu promit un sauveur au monde et, à la naissance de Jésus, l’étoile fut le signe de l’accomplissement de cette promesse. Apprends aux enfants que Dieu tient toujours Ses promesses et que les hommes sages, à l’instar des mages, continuent de Le chercher.

     

    Le rouge est la première couleur de Noël, poursuivit le Père Noël, tout en sortant un ornement rouge dont il habilla le petit sapin. Le rouge est une couleur vive, intense, profonde, la couleur du sang qui coule dans nos veines. C’est le symbole du plus grand don de Dieu. Apprends aux enfants que le Christ a donné Sa vie et a versé Son sang pour qu’ils aient la vie éternelle. Quand ils voient la couleur rouge, cela devrait leur rappeler ce don merveilleux de la vie. 

     

    Le Père Noël trouva une clochette dans son sac, qu’il accrocha à l’arbre : 

     

    ─ Les brebis égarées retrouvaient leur chemin grâce au son de la clochette. Il en est de même aujourd’hui : elle continue de tinter pour que tous puissent retrouver le troupeau. Apprends aux enfants à suivre le vrai Berger qui a donné Sa vie pour les brebis. 

     

    Le Père Noël posa une bougie sur la cheminée et l’alluma. La douce lueur de sa petite flamme illumina la pièce :

     

    ─ La lumière de la bougie exprime la reconnaissance des hommes envers Dieu parce qu’Il leur a donné Son Fils en cette veille de Noël, il y a de cela bien longtemps. Enseigne aux enfants à suivre les pas du Christ, à faire le bien tout autour d’eux. Apprends-leur à faire briller leur lumière devant les hommes, afin qu’en la voyant, ils glorifient Dieu. Tel est le sens des lumières qui scintillent dans l’arbre, on dirait qu’il y a des centaines de bougies qui brillent. Chacune d’elles représente l’un des précieux enfants de Dieu.

     

    À nouveau, le Père Noël plongea la main dans son sac et, cette fois, en sortit un petit sucre d’orge rayé de rouge et de blanc. Il le suspendit à l’arbre en disant doucement :

     

    ─ Le sucre d’orge est une canne de bonbon dur.  De couleur blanche, il symbolise la naissance virginale et la pureté de Jésus. Il est en forme de « J » en souvenir du nom de Jésus, qui vint sur terre pour nous sauver. Sa forme rappelle aussi la houlette du Bon Berger, utilisée pour secourir tous ceux qui, comme des brebis, se sont égarés ou sont tombés dans les précipices du monde. À l’origine, le sucre d’orge était décoré de trois petites rayures rouges. Celles-ci représentaient les lacérations endurées par Jésus, qui nous ont valu notre guérison. Sur le sucre d’orge se trouvait également  une large bande rouge qui représentait le sang que Jésus a versé sur la croix pour nous obtenir la vie éternelle. Enseigne toutes ces choses  aux enfants. 

     

    Le Père Noël sortit une magnifique couronne de verdure fraîche et odorante, liée par un joli nœud rouge.

     

    ─ Le ruban nous rappelle le lien parfait, qui est l’amour. La couronne représente toutes les bonnes choses que nous apporte Noël, pour ceux qui ont des yeux pour voir et des cœurs pour comprendre. Elle est faite d’aiguilles de conifères qui se tournent vers le ciel, elle est rouge et verte. Le nœud nous raconte l’histoire de l’amour de Dieu envers tous, et sa couleur nous remémore encore une fois le sacrifice du Christ. Sa forme même est symbolique, représentant l’éternité et le caractère éternel de l’amour du Christ. C’est un cercle sans commencement ni fin. Voilà ce qu’il faut enseigner aux enfants. 

     

    ─ Mais alors, Père Noël, quelle est votre place dans tout ça ? M’enquerrai-je.

     

    Maintenant qu’il avait séché ses larmes, son visage vint s’illuminer d’un grand sourire. Il éclata de rire :

     

    ─ Ah, mon cher ami ! Dieu te bénisse ! Je ne suis moi-même qu’un symbole. Je représente la gaieté familiale et la joie de donner et de recevoir. Si on enseigne tout le reste aux enfants, je ne risque pas de devenir trop important.

     

    J’ai dû me rendormir. À mon réveil, je me suis dit : Je commence enfin à comprendre. Était-ce un rêve ? Je ne sais pas trop. Mais je me souviens des derniers mots du Père Noël :

     

    ─ Si tu n’enseignes pas tout cela aux enfants, qui le fera ?

     

    ─ Auteur anonyme

     ***

    Noël, c’est …

     

    L’amour d’une mère pour son fils nouveau-né,

    La joie qu’un sacrifice aux autres va donner,

    Et pour l’enfant d’un autre, la tendresse d’un père,

    Un message qui vient du Roi de l’univers,

    Un problème insoluble qui tout à coup s’arrange,

    Au milieu de la nuit, le cantique des anges,

    La vision d’un prophète enfin réalisée,

    Un immense miracle par mon Dieu préparé.

     

    Sublime don d’amour venu du cœur de Dieu,

    D’heureuses retrouvailles, des sourires radieux,

    Les efforts d’un ami qui va tendre la main

    Pour se mettre à la place de l’autre, son prochain,

    Une âme voyageuse cherchant la vérité

    Qui découvre son rêve en suivant une étoile,

    Un merveilleux époux venu chercher sa belle,

    Oui, voilà ce qui fait la magie de Noël.

     

    ─ Ian Bach

    ***

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