• Petites histoires insolites et inspirantes

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    Les héros du Paradis

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    Dès sa plus tendre enfance, Albrecht Dürer (peintre allemand, 1471-1528) rêvait  de devenir peintre. Un jour, il quitta le domicile de ses parents pour devenir l’élève d’un grand maître.

    Il se lia d’amitié avec  un autre élève et tous deux décidèrent de partager une chambre. Comme ils avaient du mal à gagner leur vie tout en poursuivant leurs études, l’ami d’Albrecht offrit de travailler pour tous les deux, afin qu’Albrecht pût se consacrer entièrement à ses études.

    Une fois que les tableaux de ce dernier commenceraient à se vendre, son ami, à son tour, pourrait se consacrer à la peinture. A force de persuasion, Albrecht finit par accepter. Il s’adonna donc entièrement à la peinture pendant que son ami

    travaillait pour subvenir à leurs besoins.

    Un beau jour, Albrecht réussit à vendre une gravure sur bois, ce qui permit à son

    ami de reprendre les pinceaux. Hélas, le travail lui avait abîmé les mains ; il avait perdu ses aptitudes artistiques. Lorsque qu’Albrecht apprit la nouvelle, il en fut consterné.

    Un jour qu’il rentrait chez eux à l’improviste, il entendit son ami prier, et aperçut ses mains jointes, usées par le labeur. Il comprit qu’il ne pourrait jamais rendre à

    son ami le don qu’il avait perdu, et fut soudain inspiré par cette idée :

    « Au monde entier, je pourrais montrer ma gratitude envers lui si le dessinais ces mains qui prient, telles que je les vois maintenant »

    Dans cette gravure, devenue universellement célèbre, Dürer exprima sa reconnaissance.

    Nous avons aujourd’hui la Chance, non seulement de pouvoir contempler la beauté de cette gravure, mais aussi d’être encouragés par cette merveilleuse histoire de gratitude et d’amour fraternel.

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    Les chats, gardiens de l’Ermitage

     

    Un des plus grands musées au monde célèbre ses 250 printemps cette année.  Durant son illustre histoire, certains de ses fidèles serviteurs ont profité d’une vue chatoyante sur sa collection d’art.

    Le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg est le coffre au trésor de la Russie. Fondé par l’impératrice Catherine la Grande, ce palais situé au bord de la Neva contient une des collections d’art les plus renommées au monde. Mais cette grandeur baroque cache aussi un sous-sol composé de conduits de chauffage et de locaux d’entreposage. Ses murs ne sont pas couverts de Rembrandt et de Caravage, mais de photos de chats. L’histoire de ces derniers a accompagné cette institution, en y veillant pendant des siècles, de la splendeur à la pauvreté, avant de faire leur retour.

    Des souris et des chefs-d’œuvre

    Les chats habitent dans le palais d’Hiver depuis l’époque de l’impératrice Élisabeth 1ère de Russie. En 1747, elle a promulgué un décret demandant à un chauffeur d’amener au palais « des chats domestiques capables de chasser »  Une voiture pleine de bleus russes est ainsi arrivée à toute allure de Kazan dans la résidence impériale à Saint-Pétersbourg.

    C’est l’héritière d’Élisabeth, Catherine la Grande, qui a transformé le palais en une des plus extraordinaires institutions artistiques du monde. « Elle a très rapidement réalisé que l’art était un symbole de prestige parmi les dirigeants européens », indique Geraldine Norman, auteure de « The Hermitage : Biography of a Great Museum » et conseillère du directeur du musée.

    En 1771, Catherine ramène la première peinture en Russie. Huit ans plus tard, elle acquiert une collection de près de 200 pièces du premier ministre britannique Robert Walpole, qui comprend des tableaux de Rubens et Velazquez. En tout, Catherine a acquis près de 4 000 toiles de maîtres et un ensemble stupéfiant de  10 000 gravures que Norman décrit comme son « grand amour »

    « C’était une histoire d’amour, mais aussi de politique nationale, très intelligente qui plus est », explique Norman. « Elle était en compétition avec les Français, les Allemands et les Anglais, mais elle les surclassait en permanence dans ses acquisitions »

    La hausse du prestige de la collection de Catherine, devenue premier musée public du pays en 1852, se reflétait dans le statut accordé à ses gardes. Sous Catherine, le palais a commencé à distinguer les chats domestiques de ceux de la cour, qui étaient libres de se promener dans les couloirs. Leur travail était plus important que jamais : Catherine avait même écrit dans une lettre : « Les galeries accueillent très peu de visiteurs : juste moi et les souris »

    Vicissitudes de l'histoire

    En 1917, la révolution d’Octobre a chassé le tsar Nicolas II du palais d’Hiver. Selon Haltunen, les derniers Romanov avaient un faible pour les animaux et possédaient plusieurs chiens et chats. Alors que les chiens ont été fusillés en même temps que leurs maîtres, les félins ont été abandonnés dans le palais, échappant ainsi à ce funeste destin.

    Les bolchéviques ont nationalisé l’Ermitage, ouvrant une période douloureuse pour le musée qui durera pendant plus de trente ans. Dans les années 1930,

    Staline a commencé à revendre certaines œuvres du musée pour financer l’industrialisation soviétique (Les maîtres anciens ont été achetés par l’industriel américain Andrew Mellon et serviront de base à le National Gallery de Washington)

    Les jours les plus sombres viendront durant la Seconde Guerre mondiale, avec la mort de près d’un million et demi de personnes lors du siège de 872 jours sur Leningrad. La collection de l’Ermitage a été évacuée vers l’Oural, laissant seulement des cadres vides. Dans le même temps, la ville était affamée.  « Tous les animaux avaient disparus de la ville, même les oiseaux », ajoute Haltunen « Il n’y avait simplement plus rien à manger »

    Les chats permettaient à leurs maîtres de survivre en servant de nourriture, marquant la seule période durant laquelle ces animaux ont été absents de l’Ermitage. Après la guerre, l’Ermitage a recruté de nouveaux matous en provenance de villes comme Novgorod et Pskov. Avec la stabilisation du pays, le nombre de chats n’a cessé d’augmenter, à l’instar des objets exposés. Après la mort de Staline, le musée proposait de nouveau des toiles postimpressionnistes et modernistes.

    Félins à domicile

    Au début des années 1990, la chute de l’URSS a laissé l’Ermitage sans ressources. Dans le documentaire Ermitage révélé, le directeur du musée Mikhaïl Piotrovski rappelle que l’argent ne suffisait même pas pour réparer le toit.

    En 1995, peu après ses débuts comme employée du musée, Haltunen s’est rendue dans les sous-sols et a été choquée de voir des dizaines de chats la dévisager. Ils étaient un peu à l’image des lieux : sales, affamés et négligés.

    Haltunen et un ami ont commencé à apporter de la bouillie de la cafeteria afin de les nourrir. Ils ont ensuite lancé la campagne « Un rouble pour un chat » afin de récolter de l’argent pour la nourriture et des traitements médicaux. Ils ont également bénéficié du soutien de Piotrovski pour consacrer un endroit aux chats dans le sous-sol.

    Aujourd’hui, on y trouve plein de grattoirs, de gamelles et de couvertures placées sur les conduits de chauffages, où les chats se regroupent en hiver.

    Le musée connaît une seconde vie sous Piotrovski. Il y a deux ans, il a ouvert un département d’art contemporain innovant et cet été, il a accueilli la Biennale d’art contemporain Manifesta. Pour son montage vidéo Basement, l’artiste néerlandais

    Erik van Lieshout a passé neuf mois à vivre avec les chats dans le sous-sol alors qu’il était en rénovation. « Les chats sont l’âme de ce bâtiment », a indiqué Lieshout à RBTH « Ils représentent pour moi une sous-culture »

    Même si les chats n’errent plus dans les couloirs comme ils le faisaient à l’époque de Catherine, les plus sociables d’entre eux s’aventurent dans les    cours ou au bord du fleuve, s’arrêtant pour poser leurs griffes dans la porte d’entrée.

    Aujourd’hui, ils ont leur propre « passeport » et peuvent se vanter d’avoir à leur service une légion de volontaires et de vétérinaires dévoués. Ils ont même une fête annuelle en leur honneur durant laquelle les visiteurs font la file pour avoir la chance de les rencontrer (ou de les adopter)

    Ce sont désormais moins des chasseurs que des ambassadeurs culturels, ou des   « chats domestiques gâtés », comme aime à plaisanter Haltunen. Mais leur présence a toujours un effet dissuasif sur les souris. Ils restent une partie intégrante de l’histoire de l’Ermitage, certes moins essentielle que les peintures de Monet et son or ancien, ou les splendides couloirs du palais d’Hiver.

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    Les mystères de l’histoire russe : Le millet du Prophѐte, le kéfir et la prisonniѐre du Caucase

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    Il y a cent ans, les magasins de Moscou ont commencé à vendre une sorte de yaourt appelé kéfir pour lequel les gens étaient prêts à faire la queue. Le kéfir se vend aujourd’hui dans n’importe quelle laiterie mais c’était une boisson pour les élus jusqu’au début du XXe siècle. Le kéfir se fabriquait à base de lait de vache fermenté aux champignons de souche « kéfir », un mélange de plusieurs variétés de micro-organismes bons pour la santé.

    Certes, il n’y avait aucun problème avec le lait mais par contre le champignon se laissait mal élever en laboratoire. Son secret était détenu par les peuples du Caucase du Nord, les Karatchaïs et les Balkars, mais ils le gardaient jalousement. Dans ces conditions, les nobles russes fortunés étaient obligés d’entreprendre un long et périlleux voyage au Caucase du Nord.

    Les locaux appelaient le champignon à kéfir le millet du Prophète. A en croire la légende, Mahomet a remis ces boules jaunâtres en don aux montagnards du Caucase et leur a appris à préparer la boisson aux vertus curatives sous le nom de kéfir.

    La recette était bien simple : le lait était versé dans une outre et on y ajoutait le champignon. L’outre remplie et bien nouée était laissée au soleil devant la maison et tout passant pouvait lui donner un coup de pied. Il manifestait ainsi du respect pour le maître du kéfir parce que ce traitement facilitait la fermentation. Les montagnards tenaient beaucoup à ce champignon et ne l’offraient ni ne le vendaient à personne. Selon eux, dans ce cas, le champignon perdrait son pouvoir magique. Ceux qui osaient se séparer du « millet » du Prophète devaient se préparer aux grands malheurs.

    Nikolaï Blandov, grand laitier de Moscou a décidé en 1908 de se procurer chez les montagnards le magique « millet du Prophète »

    Il a confié cette mission à son assistante Irina Sakharova. Agée de 20, Irina était belle et avait plus d’une corde à son arc. Un an plus tôt, c’est elle qui avait reçu la médaille d’or de l’exposition internationale à Paris pour la recette originale du beurre.

    Blandov a envoyé Irina chez le prince karatchaï Baïtchorov, le plus grand fournisseur du lait et des fromages au Caucase du Nord dans l’espoir que cette jeune beauté allait charmer le Caucasien récalcitrant et le convaincre de vendre le champignon tant convoité.

    Le prince a reçu la jeune fille avec une hospitalité toute caucasienne, ne tarissait pas en compliments et promettait d’honorer le moindre de ses désirs. Pourtant, il changeait habilement de sujet dès lors qu’il s’agissait du champignon à kéfir.

    Irina faisait le tour des villages en tentant d’acheter le « millet du Prophète » chez les montagnards mais ceux-ci étaient intraitables.

    Un jour Sakharova se dirigeait à Kislovodsk en compagnie du gérant d’une laiterie Vassiliev. Soudain des coups de feu retentirent et des cavaliers masqués de noir entourèrent le phaéton. L’un d’eux saisit Irina, la mit en travers de selle et fonça au galop en direction des montagnes.

    Les cavaliers amenèrent la jeune fille apeurée à la maison de Baïtchorov. Après avoir galamment présenté ses excuses pour la veille tradition des montagnards habitués à voler les fiancées, le prince la demanda solennellement en mariage.

    Mais la jeune beauté russe pragmatique n’apprécia pas du tout l’élan romantique de Baïtchorov : elle voulait non pas son cœur mais le champignon à kéfir. Leprince s’emporta et la jeune fille rétive fut sauvée in extremis par les policiers amenés par le compagnon d’Irina Vassiliev. L’affaire fut portée devant la justice mais personne ne voulait de scandale et le juge a proposé aux parties de se réconcilier.

    « Je peux pardonner le prince à une condition, déclara la demoiselle, qu’il m’offre le champignon à kéfir » Le prince accepta l’offre et envoya le lendemain des champignons à kéfir et un énorme bouquet de fleurs magnifiques.

    Irina rentra à Moscou et se consacra à la fabrication de la boisson. Ce sont les patients de l’hôpital Botkine de Moscou qui reçurent le premier lot de kéfir et en 1913, la boisson fit également son apparition dans les laiteries de Moscou.

    Nous ne savons, malheureusement, pas grand-chose sur la vie d’Irina Sakharova. Elle se maria, mit au monde un fils et une fille, travailla longuement dans une entreprise laitière de Moscou et décéda dans les années 1970.

    C’est pour cette raison qu’en achetant aujourd’hui un emballage de kéfir, nous ne nous souvenons pas de cette femme charmante et très courageuse à laquelle nous devons cette excellente boisson.

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    La véritable histoire du coca-cola

    Où on va de surprise en surprise, où le mythe américain s'effondre... Le Coca-cola, emblème de l'Amérique, ne serait pas plus américain que moi (c'est pour dire!)

    J'ai fait cette découverte cruciale en lisant le France-Amérique, édition internationale du Figaro qu'on m'a gentiment donnée au consulat pour m'occuper, voyant mon désœuvrement qui allait bientôt tourner à la déprime -notez que cet acte de charité n'a pas suffi à me sauver d'un tel péril, en mai dernier. Pour rendre à César ce qui lui appartient, l'article d'origine est de Sylvain Chazot (ce n'est pas un copié-collé, hein!)

    L'histoire officielle: John Pemberton, pharmacien de son état, aurait inventé cette boisson en tant que nouveau médicament à Atlanta à la fin du 19e siècle.

    Mais aujourd'hui, Daniel Brooks, spécialiste et collectionneur de tout ce qui se rapporte à la célèbre boisson, lance une véritable polémique en affirmant que les origines du Coca-cola sont... corses !!

    Et il n'est pas le seul à soutenir cette théorie: Allan Petretti, auteur de "Coca-cola Collectibles Price Guide", explique que le "Pemberton Coca Wine de 1885" (première appellation de vous-savez-quoi) ressemble fort à une autre boisson, inventée quelques années plus tôt, appelée Vin Mariani.

    En 1863, Ange Mariani (Corse, vous l'aurez compris), de passage à Paris, incorpore dans son Bordeaux des feuilles de Coca, ces feuilles que les Incas mâchaient pour s'oxygéner.

    Son Vin Mariani remporte un franc succès et rapidement devient un médicament "universel": Mariani ouvre des bureaux à Londres et New York et fait fortune. En voyage à Manhattan, Pemberton rencontre Mariani...

    D'après Daniel Brooks, le pharmacien géorgien aurait changé de business du jour au lendemain, "se consacrant à un sirop dilué dans de l'eau et dans lequel on retrouve des feuilles de coca et du vin"

    On parle alors de French Wine Cola... C'est drôle comme l'allusion à l'origine française de la boisson a fini par disparaître de son intitulé ! Et l'Américain, peut-être parce qu'il avait de plus gros moyens ? Prit le marché, faisant disparaître le Vin Mariani.

    Depuis bien sûr, la formule a évolué: soyez rassuré(e), vos enfants n'absorbent pas une décoction de feuilles de coca ! Coca-cola n'a plus le droit d'en incorporer dans ses boissons depuis 1910.

    Certains jurent qu'il n'y en a même jamais eues mais Petretti possède une plaque publicitaire datant des débuts de la commercialisation du breuvage et prouvant clairement le contraire avec cette liste d'ingrédients: coca, vin, sucre, noix de kola et un aphrodisiaque: le damiana.

     Mariani fut en quelque sorte vengé car Pemberton eut une fin tragique: il mourut seul et pauvre, accro à la morphine, après avoir vendu sa compagnie pour... 285$24.

    Mais alors, sachant que Lady Liberty est française, si maintenant le Coca-cola est français... que reste-t-il à l'Amérique ?

    (Patrick : sans oublier que l’hymne Anglais « God save the Queen », est une création Française aussi !)

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    Que faire pour atténuer la douleur ?

    Laisser entrer des animaux !

    Un hôpital de l’Ontario, au Canada, permet aux animaux de compagnie de visiter leurs propriétaires gravement malades.

    L'hôpital Juravinski, situé dans la ville de Hamilton dans l'Ontario, a adopté le programme « Zachary's Paws for Healing » (en français « Les pattes de Zachary pour guérir ») lancé par Donna Jenkins.

    Mme Jenkins a été inspirée par son neveu de 25 ans qui a beaucoup bénéficié d'avoir ses chiens avec lui au cours de sa lutte contre le lymphome de Hodgkin.

    « Alors que Zachary était à l'hôpital depuis plusieurs semaines et se sentait très mal après avoir eu une transplantation de cellules souches, il suppliait de voir son chien Chase », raconte Mme Jenkins dans un entretien au site Bored Panda.

    « Nous nous sommes faufilés dans une unité de soins intensifs pour le voir et l'effet que ça a fait à Zachary était considérable. Quand Zachary s'est rendu compte qu'il ne survivrait pas à son cancer, il m'a fait promettre de lancer cette association. Nous avons eu notre première visite de patient officielle le 15 septembre 2015.

    « Nous savons que quand des patients ont l'occasion de voir leur animal de compagnie, cela peut améliorer leurs fonctions vitales, atténuer la dépression et le sentiment d'isolement, rétablit le dialogue et cela rappelle aux patients une raison de guérir et de rentrer chez eux.

    Les visites se font généralement la semaine pendant une heure. Les animaux de compagnie sont lavés minutieusement avant d'entrer dans l'hôpital et ils sont tenus à l'écart des autres patients »

     

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  • Le petit ange aveugle

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    Par une morne et grise journée d’hiver, je m’apprêtais, avec quelques amis, à passer l’après-midi dans une école pour enfants non-voyants située près de chez nous. C’était un de ces dimanches ordinaires où j’étais morte de fatigue après une semaine très occupée, et je n’avais qu’une envie : rester dans mon lit douillet et passer la journée à paresser à la maison.

    Je ne tenais aucunement à sortir ; après tout, tout le monde allait s’offrir une journée de repos, histoire de se relaxer et de se distraire un peu. Mais comme nous avions promis de passer dans cette école pour apporter un peu de joie aux enfants qui restaient seuls en ce dimanche après-midi, nous n’avions pas le choix, nous devions tenir parole.

    Le week-end, la plupart des familles venaient prendre leurs enfants non-voyants qui étaient en pension à l’école pendant la semaine. Il y avait donc relativement peu d’enfants ce dimanche-là, mais à voir la joie qui éclairait leur visage, ils étaient tous enchantés de notre visite.

    Nous n’avions rien prévu de particulier, mais nous avions amené une guitare, des maracas et un bongo dans l’espoir d’apporter un peu de bonheur à ces enfants dans leur monde apparemment pauvre en couleurs. Les enfants se pressaient autour de nous pour écouter la musique, nous demander d’où nous venions et essayer de comprendre à quoi nous ressemblions. Certains d’entre eux avaient leurs propres instruments, car la plupart sont doués pour la musique. Ils nous ont donc accompagnés, très heureux de nous montrer ce qu’ils savaient faire.

    Au milieu de tout ce brouhaha, j’ai remarqué une petite fille aux cheveux courts, l’air timide, qui était assise un peu à l’écart des autres enfants. Je me demandais qui pouvaient bien être ses parents et pourquoi ils n’étaient pas venus rendre visite à une aussi jolie petite fille. Je ressentais de la colère en me demandant comment cette enfant pouvait mériter d’être privée de la vue et vivre toute sa vie avec un handicap.

    Tandis que je l’observais, je fus frappée par le magnifique sourire qui éclairait son visage.

    « Comment cette petite fille peut-elle être aussi heureuse alors qu’elle est aveugle ? » me suis-je demandé. La maîtresse, qui avait suivi mon regard, me raconta son histoire. Seda, qui était âgée de sept ans, avait subi une opération au cerveau deux ans auparavant.

    — Je voyais les arbres, les oiseaux, le visage du docteur et tout le reste, ajouta Seda qui avait écouté sa maîtresse, mais quand je me suis réveillée de l’opération, je ne voyais plus rien. 

    J’ai eu l’impression qu’une grosse pierre était tombée du ciel et m’avait frappée en plein cœur ! J’ai continué à regarder la petite fille en silence.

    — Mais je suis super heureuse ! s’est-elle exclamée, en riant de bon cœur.

    — Et pourquoi es-tu heureuse, Seda ? a demandé sa maîtresse. 

    — Eh ben, parce que même si je ne vois plus dans cette vie, quand j’irai au Ciel, je verrai à nouveau ; et j’attends ce jour-là avec impatience !

    Je n’ai pas pu contenir mes larmes et je savais, en jetant un coup d’œil à la ronde, que mes amis ressentaient la même émotion. Seda est restée avec moi toute l’après-midi. Elle m’a pris la main et m’a fait visiter l’école. Elle s’est assise sur mes genoux et m’a parlé de tous ses aliments préférés, des fruits et des légumes qu’elle aimait manger, en m’expliquant pourquoi. Elle prenait un tel plaisir aux goûts et aux sons qui s’offraient à elle qu’elle paraissait avoir oublié qu’elle avait perdu la vue.

    Quand je suis rentrée à la maison ce soir-là, le visage de Seda était resté imprimé dans mon esprit. Que pouvait voir cette petite fille dans son monde de ténèbres pour la rendre si heureuse ? Par la suite, chaque fois que j’avais une journée particulièrement difficile dans mon travail et que j’étais tendue à cause d’un problème passager, je repensais à Seda : je savais que je n’avais pas le droit de me plaindre.

    Parfois, nous devons traverser des moments particulièrement pénibles qui nous paraissent insupportables, où nous n’avons pas la moindre lueur d’espoir. C’est un combat de tous les jours, et nous détestons ce que nous voyons autour de nous. Pourtant, je sais que si j’arrive à réagir comme ce petit ange qui a perdu la vue et que je tourne mon regard vers le Ciel comme elle le fait, je peux louer Dieu pour chaque jour qu’il m’est donné de vivre ici-bas.

    Chaque fois que je suis tentée de maudire les ténèbres et de pester contre ce que je vois autour de moi, le sourire radieux de cette petite fille me revient en mémoire. Je repense à sa foi et aux yeux qui lui ont été donnés pour percevoir la glorieuse lumière de demain, et je me dis que si elle peut être heureuse, je peux sûrement l’être, moi aussi.

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  • Elles sont des histoires vécues, et qui pourraient vous arriver personnellement. La vie est pleine de mystères et de surprises, n’est-ce pas ? Et nous avons chacun des choses insolites qui nous sont arrivées

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    L’homme qui plantait des arbres

     

    En 1913, un jeune homme d’une vingtaine d’années entreprit une randonnée pédestre à travers la Provence[1]. S’étant muni d’un sac à dos et d’un sac de couchage, il avait décidé d’emprunter les petites routes et les sentiers, de dormir à la belle étoile, de camper à la ferme ou dans les villages chez l’habitant.

    À l'époque, la Provence n’était qu’une terre aride et désolée. Le résultat d'une exploitation agricole intensive et d’une déforestation excessive. Le sol avait été raviné par les pluies du fait qu'il n'y avait plus assez d'arbres pour retenir la terre.

    L’activité agricole était réduite au minimum à cause de l’aridité du sol. Les villages étaient vétustes, les maisons délabrées, et la plupart des villageois avaient fui la contrée. En l'absence de sous-bois protecteurs, la faune et la flore avaient également disparu, faute de pouvoir y trouver l’eau et la nourriture nécessaires.

    Un soir, notre jeune randonneur s’arrêta dans l'humble demeure d'un berger. Celui-ci accusait une bonne cinquantaine d'années et avait encore l'air bien solide, malgré son âge et ses cheveux gris. Le jeune homme profita, cette nuit-là, de l'hospitalité du berger et finit par y passer les jours qui suivirent.

    Le visiteur observa, non sans curiosité, que le berger consacrait ses soirées à trier des graines à la lueur d'une lampe: il y avait là des glands, des noisettes, des châtaignes et bien d’autres graines. Il les examinait minutieusement, pour se débarrasser de celles qu’il jugeait mauvaises. Lorsqu'il en avait terminé, il mettait les bonnes graines de côté, dans un petit sac à dos.

    Le lendemain, il emmenait ses brebis aux pâturages et plantait les graines le long du chemin. Pendant que ses brebis broutaient, il prenait sa canne, faisait quelques pas, puis enfonçait l'extrémité de son bâton dans le sol pour y faire un petit trou. Ensuite, dans ce trou, il laissait tomber une graine, qu’il recouvrait de terre à l'aide de son pied. Puis à quelques pas de là, il recommençait l'opération. C’est ainsi qu’il passait le plus clair de son temps à arpenter la Provence tout en menant ses brebis en pâturage. Chaque jour, il plantait ses graines dans un nouvel endroit, là où les arbres étaient devenus rares.

    Tout en l'observant, notre jeune homme, qui se demandait ce que pouvait bien faire le berger, finit par lui poser la question.

    — Vous le voyez bien, mon jeune ami, je plante des arbres ! expliqua le berger.

    — Pourquoi vous donner cette peine? répliqua le jeune homme. Ces arbres ne vous seront d'aucune utilité avant des années !  Vous ne vivrez peut-être même pas assez longtemps pour les voir pousser !

    — C'est bien possible! Mais un jour ils seront très utiles à quelqu'un, et ils contribueront à redonner vie à ce pays. Moi, je ne verrai sans doute pas ce jour, mais mes enfants le verront ! répondit le berger.

    Le jeune homme ne put s’empêcher de s’émerveiller de l'esprit de sacrifice, de la générosité et de la prévoyance de ce berger qui préparait la terre pour les générations futures, sachant pourtant qu'il avait lui-même peu de chances de voir ou de profiter un jour du fruit de son labeur.

    Vingt ans plus tard, notre randonneur, qui avait maintenant dépassé la quarantaine, revint visiter cette même région et fut stupéfait du spectacle qui s’offrait à ses yeux. La vallée était entièrement recouverte d'une magnifique forêt naturelle, constituée de toutes sortes d'essences. Certes, les arbres étaient encore jeunes, mais c'était des arbres ! La vie avait jailli dans toute la vallée ! L'herbe et les bosquets avaient repoussé, la faune était réapparue, le sol avait retrouvé son humidité, et les fermiers s'étaient remis à cultiver la terre.

    Il se demanda ce qu’il était advenu du vieux berger. Il fut surpris d'apprendre qu'il était toujours en vie, toujours frais et gaillard, et qu'il habitait toujours sa petite cabane où il continuait de passer ses soirées à trier ses graines.

    Notre visiteur se laissa dire qu'une délégation de la Chambre des députés était récemment descendue de Paris pour examiner cette jeune forêt vigoureuse, qui semblait être sortie de terre de façon naturelle. Ils devaient apprendre qu’en fait, elle avait été plantée au fil des ans par un berger qui avait semé des graines, jour après jour, en gardant ses moutons. Et c'est ainsi que la vallée s'était recouverte de magnifiques arbustes et de sous-bois. Les membres de la délégation furent tellement impressionnés que, pour remercier le berger d’avoir, à lui seul, reboisé toute cette région, ils persuadèrent la Chambre de lui allouer une pension à titre exceptionnel.

    Notre visiteur était subjugué par les changements qu'il constatait : non seulement les arbres avaient poussé, mais l'activité agricole avait repris, la faune et la flore étaient réapparues et les prairies étaient redevenues verdoyantes. Les petites fermes prospéraient et les villages revivaient. Quel contraste étonnant avec les villages abandonnés et la désolation qui régnait partout quelque vingt ans plus tôt !

    À présent, tout prospérait ! Et ce, grâce à la prévoyance, à la grandeur d'âme, à la générosité, à la persévérance et à l’opiniâtreté d'un seul homme qui avait fait ce qui était en son pouvoir, jour après jour, inlassablement, pendant des années.

    Mais notre histoire ne s’arrête pas là. Vous vous souvenez que le jeune homme avait dit au berger : «Vous ne vivrez pas assez longtemps pour les voir pousser ! » Eh bien, il se trouve que le berger vécut jusqu’à 89 ans. Il eut le temps de voir sa magnifique forêt arriver à maturité et transformer toute la région. Dieu lui permit de vivre assez longtemps pour voir le fruit de son dur labeur, pour voir qu’il avait réussi à changer le monde autour de lui. Il vécut assez longtemps pour voir ce que Dieu avait accompli à travers lui.

    Cela me rappelle ce que disait l’Apôtre Paul dans le Nouveau Testament : « Faisons le bien sans nous laisser gagner par le découragement. Car si nous ne relâchons pas nos efforts, nous récolterons au bon moment »

     

     

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  • Angélina Jolie, un Miracle…

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    Dieu a planté des graines à Hollywood: ce qui pourrait sembler le plus improbable des lieux. L'actrice et réalisatrice Angelina Jolie s'est ouverte dans le passé au sujet de son incrédulité en Dieu.

    En 2000 Angelina a déclaré:

    « Je n'ai pas besoin d'un Dieu: Il y a quelque chose de spirituel, et de divin chez les gens ... »

    Mais récemment Angelina a eu un sérieux changement de cœur. Elle a dirigé le film « Unbroken »'(« invincible » en français) une histoire sur la vie du héros Louis Zamperini, athlète olympique et fervent chrétien, pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Angelina a passé beaucoup de temps avec Louis à discuter de son témoignage et comment il est venu à accepter Jésus-Christ comme son Seigneur et Sauveur. Mais le miracle que Dieu lui a envoyé sur le plateau m'a donné la chair de poule.

    Angelina avait désespérément besoin de soleil pour filmer la dernière scène du film, mais la pluie ne s’arrêtait pas. C'est alors que quelque chose d'extraordinaire s'est passé ! La fille de Louis Zamperini, Cynthia, a été témoin du miracle aux premières loges. Cynthia a dit:

    « Elle [Angelina] n'était pas une personne de foi et n'avait jamais prié auparavant, mais elle s'est retrouvée à la dernière scène du film ... ils avaient besoin de la lumière du soleil pour tourner cette scène très importante et il y avait eu une tempête qui durait depuis un certain temps »

    Angelina a dit, « Je ne sais pas ce que je vais faire, je vais faire ce que Louis ferait »

    Elle s'est mise à genoux, et elle a prié pour un miracle ... tout le monde l'a vu ... la pluie s'est arrêtée. Le soleil est apparu, un arc en ciel s'est levé, et elle a dit:

    « nous allons filmer la scène ! » Aussitôt dit, aussitôt fait: Quand elle a dit « coupez! », il s'est remis à pleuvoir de nouveau.

    Ce n'est pas le seul symptôme de la graine plantée dans le cœur d'Angelina. Lorsqu'Angelina a entendu dire que Louis Zamperini était sur son lit de mort, elle s'est précipitée à l'hôpital. Malheureusement, elle est arrivée trop tard, et Louis était déjà décédé... Mais, en s'adressant à sa famille, elle a déclaré :

    « Louis Je sais qu'il est avec nous, je sais qu'il est là avec Dieu »

    Il semble assez clair que tout cela était le plan de Dieu: Louis a planté une graine, Dieu a envoyé un miracle, et quelqu'un d'aussi opposé à l'idée de Dieu qu'Angelina Jolie a prié pour Lui demander Son aide...

    N'oubliez pas que si vous partagez l'amour de Dieu avec quelqu'un, même si vous ne voyez pas cette personne venir à Christ, ne vous découragez pas ! Peut-être serez-vous le seul à planter la semence de la foi afin que Dieu puisse l'aider à grandir.

    Nous en avons des frissons à entendre comment Dieu a œuvré pour le film ce jour-là, et nous espérons que ces événements ont ouvert le cœur d'Angelina Jolie.

    Nous prions pour que cette anecdote dans les coulisses du film, et l'histoire incroyable de cet homme, fervent chrétien, amènera plus de gens à connaître Jésus!

    ____________________________________________________

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  • Réveillon de Noël avec une prostituée

    *************

    Nous sommes en décembre, 1960, à Houston. Mon père venait de décéder quelques mois auparavant, laissant derrière lui un adolescent de 16 ans, avec un moral au plus bas, confus et plus rebelle que jamais. La présence de mon père me manquait plus que jamais et je ne sais pas si j’étais plus en colère contre lui ou contre Dieu.

    Le Réveillon de Noël arrivait. Les gens faisaient leurs achats de dernière minute, les mères s’occupaient à cuisiner leur grand repas, les familles se réunissant ensemble. Les enfants tous excités, remplis de curiosités par les beaux cadeaux sous l’arbre de Noël.

    C’était un moment dans l’année où tout le monde étaient supposés être heureux. Mais pour moi, l’esprit de Noël n’était pas au rendez-vous. J’étais trop rempli de confusion et d’émotions négatives pour pouvoir l’apprécier.

    Ma mère cuisinait un repas de Réveillon pour ma sœur, mon frère et moi-même. Mais j’avais le cœur trop gros et n’en pouvant plus ; j’ai attrapé mon blouson, m’esquivant discrètement de la maison pour prendre un bus pour le centre-ville. Je voulais être seul et voir les décorations de Noël en ville.

    Aussitôt que je suis monté dans le bus, je me suis senti beaucoup mieux, essayant de me décontracter le mieux que je pouvais, admirant les lumières de Noël à travers les fenêtres du bus.

    « Main Street and Preston ! » Se mit à crier le chauffeur du bus. Je sautais en dehors.

    Il y avait beaucoup de gens dans les rues ; je suppose qu’ils venaient de finir leurs courses effrénées de Noël pour rentrer chez eux et célébrer Noël dans leurs familles.

    Je décidais de faire un peu de lèche-vitrine. C’était amusant. Je me voyais suivi par un vendeur qui prenait mes commandes. Pendant les trois heures qui suivirent, j’étais devenu un gosse de riche, dépensant mon argent sans compter.

    Mais au bout d’un moment, mon estomac commença à gargouiller. Je réalisais que j’avais faim et qu’il était le temps de revenir à la maison.

    En mettant la main dans ma poche, je découvris qu’il ne me restait plus d’argent pour prendre le bus et rentrer à la maison. J’avais quitté la maison précipitamment, oubliant de prendre assez d’argent pourle retour.

    A ma stupéfaction, regardant autour de moi, je découvris que les rues étaient devenues désertes ; seulement quelques SDF trainaient sur l’avenue principale, à la recherche d’un endroit chaud pour passer la nuit.

    J’étais sûr que ma mère devait se faire du souci, ne me voyant pas à la maison. Je commençais à me sentir très mal en pensant que  j’étais en train de gâcher le Réveillon de Noël pour ma mère, mon

    frère et ma sœur. Je n’avais même pas assez de monnaie pour téléphoner chez moi et les avertir. Je me suis mis à remonter le col de mon blouson, marchand au hasard dans la rue.

    C’est à ce moment-là que la plus merveilleuse odeur vint chatouiller mes narines. Je regardais de l’autre côté de la rue, où un restaurant était complètement éclairé. En traversant la rue et m’approchant de la grande vitrine, je vis que les tables étaient remplies de personnes, buvant et mangeant leur dîner de Noël.

    A ce moment-là, la seule chose que je voulais, c’était un bon repas chaud.

    Je m’aperçus qu’à une table, il y avait une jeune femme noire qui mangeait toute seule. Elle me fit un geste pour que j’entre dans le restaurant et que je vienne à sa table. Un peu surpris, je regardais autour de moi, pour ne voir personne. Une seconde fois, elle me fit le geste d’entrer et de venir la rejoindre. La faim étant trop forte, je décidais d’entrer et de venir m’asseoir à sa table.

    — Que fais-tu seul dans la rue par une nuit aussi froide ? C’est tard et c’est le Réveillon de Noël. 

    Je m’assis, essayant du mieux que je pus, en balbutiant quelques paroles cohérentes, de raconter mon histoire. Mais avant que je puisse finir, elle appela le serveur.

    — Ordonne ce que tu veux, elle me dit en buvant une gorgée de son café chaud.

    — Je n’ai pas d’argent pour payer,  je répondis.

    — Hey, ne t’inquiète pas, c’est moi qui paye ton repas de Noël, ce soir, okay ! 

    J’ai ordonné un plat avec de la dinde et de la farce, enrobée d’une délicieuse sauce de cranberry. Une purée de citrouilles et un verre de lait.

    J’étais assis devant cette femme, savourant le plus délicieux repas que je pensais n’avoir jamais

    mangé de ma vie. De temps en temps, elle jetait un regard vers moi en souriant.

    Après que j’eus terminé de manger, elle alluma une cigarette et me demanda :

    — Comment penses-tu revenir chez toi cette nuit ? 

    J’avais complètement oublié à ce sujet.

    — Je…ah…,  je ne suis pas sûr. Je n’ai pas d’argent en poche et en plus, les bus ne roulent plus à

    cette heure tardive de la nuit. Je suppose que je vais aller à l’arrêt de bus et dormir là-bas.  J’essaierais de revenir par mes propres moyens demain. 

    La jeune femme pensante, s’appuyant sur le dos de sa chaise et tirant une bouffée de sa cigarette en l’air, me dis :

    — Et bien, tu vas devoir venir dormir chez moi ce soir et je vais prendre soin de toi, tu ne peux pas rester dormir dehors avec une nuit aussi froide. Ne t’inquiète pas. 

    Amicalement, elle me donna une tapette sur mon bras.

    — Mon nom est Mae et je travaille dans la rue. 

    — Dans la rue ? 

    — Ne t’inquiète pas mon garçon, relax toi et profite de cette nuit ! 

    Plusieurs pensées commençaient à m’envahir, mais à ce moment-là, cela n’avait pas tellement d’importance, j’avais l’estomac rempli et la perspective d’une bonne nuit au chaud. Je sentis de la chaleur au fond de moi-même, un bien-être. D’ailleurs, Mae n’était plus une étrangère pour moi, mais une amie !

    Mae vivait dans une petite chambre qu’elle avait décorée avec beaucoup de goût.

    — Veux-tu manger quelque chose en plus ? Me montrant où se trouvait la cuisine.

    La chambre à un lit et un divan aussi.

    — Tu coucheras dans le lit, et moi, je dormirais sur le divan. 

    Mae attrapa mon blouson pour le suspendre dans la penderie. Soudainement, je réalisais combien j’étais fatigué. Je me déshabillais et m’engouffrait dans les draps, pour m’endormir profondément.

    Le lendemain matin, je me réveillais pour trouver un breakfast appétissant sur la table : des œufs, des toasts et un verre de lait.

    Après le breakfast, Mae me donna un peu de monnaie pour que je puisse prendre un bus

    pour rentrer chez moi.

    — Cela devrait être assez pour que tu puisses rentrer chez toi. 

    Elle m’accompagna à la porte et me serra la main tendrement et avec affection. Je pouvais voir que ses yeux étaient humides.

    — Au revoir Mae, merci pour tout ce que tu as fait pour moi cette nuit ! 

    — Bye et rentre directement à la maison, tu m’as entendu ? 

    — Yes, ma’am ! 

    Dans le bus, regardant à travers la vitre, je me rappelle les derniers quarante-huit heures. J’étais heureux ! J’avais pensé que Dieu m’avait abandonné durant ce mois de décembre, mais j’avais tort ; il m’a surpris ! Il m’a montré combien il m’aimait, en me donnant le plus beau Noël de ma vie !

    Le plus beau présent, il me l’a donné d’une façon la plus inattendue.

    Je ne peux pas penser à Noël sans penser à Mae, et quand je le fais, je prie pour elle !

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  • Le Noël de grand-père Ray

    ***************

    Martin Raymond était responsable de la bibliothèque municipale de Watercrest. Dans sa jeunesse, il avait été à l’école de Watercrest, et par la suite, il y avait enseigné l’histoire. Mais maintenant il était âgé, et bien qu’il aimât être entouré d’enfants, sa mauvaise santé ne lui aurait pas permis d’assumer des cours quotidiens.

    La bibliothèque était devenue toute sa vie ; il quittait d’ailleurs rarement le bâtiment puisqu’il y louait une petite chambre au deuxième étage. Bien qu’il ne se soit jamais marié et qu’il  n’ait  jamais   eu  d’enfants, il était fier qu’on l’appelle “Grand-père Ray’’

    On prétendait qu’il avait lu tous les livres de la bibliothèque, et il en prenait grand soin. Certains disaient en plaisantant qu’après son chien Minnie, les livres étaient son plus grand amour.

    Tous les enfants aimaient Grand-père Ray. D’ailleurs s’ils venaient à la bibliothèque, c’était plus souvent pour écouter ses anecdotes historiques hebdomadaires que pour emprunter des livres. Il n’avait pas son pareil pour captiver les enfants avec ses histoires, ses diapositives, ses films et ses anecdotes sur les personnages célèbres du passé.

    Il y avait quelque chose de magique chez lui qui donnait le sourire à tous ceux qui le rencontraient, qu’ils soient jeunes ou plus âges. On aurait dit que rien ne pouvait le décourager. Quand on lui demandait le secret de cette paix contagieuse, Grand-père Ray l’attribuait au fait que tous les soirs après la fermeture de la bibliothèque, il consacrait une bonne heure à prier et à lire sa Bible.

    Noël approchait et Grand-père Ray espérait bien pouvoir célébrer Noël avec tous les élèves de Watercrest, dans la bibliothèque.

    La veille du réveillon de Noël, il avait prévu de transformer son coin historique en crèche vivante. Après tout, la naissance de Jésus n’était-elle pas un épisode important de l’histoire de l’humanité ? Joseph et Marie seraient là avec le bébé dans la mangeoire. Il y aurait aussi quelques agneaux et un veau prêtés pour l’occasion par un fermier du village.

    Grand-père Ray avait de nombreux amis et il ne serait pas difficile pour lui de trouver des volontaires pour coudre les costumes ou prêter du bois et de la paille, ou tout ce dont il pourrait avoir besoin…

    Comme les fêtes approchaient, Grand-père Ray passa encore en revue  tous  les  moindres  détails. Il voulait que ce soit une occasion joyeuse et mémorable ! Il acheta un magnifique sapin de Noël et le recouvrit de décorations.

    Quand le grand jour arriva, il ferma à tous la bibliothèque du matin au soir, sauf à ceux qui venait l’aider. Grand-père Ray fut plus occupé que jamais avec les menuisiers qui montaient la crèche et avec les figurants. Il n’eut même pas le temps d’ouvrir un livre de la journée. Mais il y a une chose qu’il n’oublia pas ! Comme il serait à la fête ce soir, il décida de prendre son heure de prière plus tôt dans  la journée.

    Alors qu’il demandait à Dieu sa bénédiction pour la fête qui allait avoir lieu dans quelques heures, il eut soudain un sentiment étrange. Quelque chose comme un avertissement de ne pas avoir la crèche et les sièges pour les spectateurs dans son “coin historique’’ comme d’habitude, mais dans le coin opposé de la bibliothèque.

    “Quelle idée étrange !’’ se dit-il, en essayant de se débarrasser de ce sentiment bizarre.

    Non seulement il venait de passer des heures avec les autres volontaires pour tout préparer, mais il se faisait tard et les volontaires étaient prêts à partir ! En plus cela faisait des années qu’il donnait la fête dans le “coin d’histoire’’. Déplacer toute la scène et la crèche ainsi que les décors dans le coin opposé de la bibliothèque qui était plus petit, et cela à la dernière minute semblait ridicule et stupide !

    “Je suis en train de devenir fou’’ pensa-t-il !

    Pourtant, comme les minutes passaient, il ne parvenait pas à se débarrasser de ce sentiment urgent qu’il devait tout déplacer. Finalement il n’y tint plus. Il se dirigea vers les volontaires fatigués qui étaient sur le point de rentrer chez eux. 

    Comment allait-il leur faire accepter ce surcroît de travail uniquement à cause d’une impression qu’il avait eu en priant ?

    La plupart des bénévoles étaient déjà partis, et il n’en restait que quelques-uns pour une tâche qui en nécessiterait beaucoup plus. La détermination de Grand-père Ray, qui semblait tout à fait convaincu qu’on n’avait pas le choix, avait ému ceux qui acceptaient de rester. Chose étonnante, ils parvinrent à déplacer la crèche en très peu de temps. Ils avaient à peine terminé lorsque les premiers enfants arrivèrent.

    La soirée se déroula sans aucun problème ! Tout le monde avait oublié le changement de dernière minute. Les enfants grignotaient des amuse-gueules tout en se mêlant aux personnages de la crèche. Ils serraient la main à la “Sainte famille’’ et prenaient le bébé Jésus dans leur bras à tour de rôle, pendant que leurs parents prenaient des photos ou discutaient entre eux.

    Pourtant Grand-père Ray se sentait mal à l’aise. Pourquoi avait-il fallu déplacer toute la crèche vers une autre partie de la bibliothèque ? Etait-il en train de perdre la tête ? Il décida de ne plus y penser et de s’amuser avec ses invités. Il fit signe à  ses  assistants  d’apporter le gâteau  d’anniversaire.  Après   tout, c’était l’anniversaire de Jésus qu’on célébrait ce soir !

    Il demanda aux enfants de s’asseoir en demi-cercle, en faisant face à la crèche, et tous ensemble entonnèrent “Joyeux Anniversaire’’ et applaudirent lorsqu’on apporta le gâteau.

    Tout à coup, un terrible fracas en provenance du coin d’histoire interrompit la fête. Sous le regard terrifié de l’assistance, un énorme camion était en train de défoncer la bibliothèque ! De toute évidence, le chauffeur avait perdu le contrôle de son véhicule alors qu’il empruntait la bretelle d’autoroute. Les vitres volèrent en éclats, les murs s’écroulèrent et les étagères pleines de livres s’effondrèrent au passage du poids-lourd renversé sur le coté, qui écrasait tout sur sa lancée.

    Pendant quelques terribles instants, il sembla que rien ne pourrait arrêter ni ralentir le camion qui se dirigeait vers la foule terrifiée.

    Et soudain, comme par miracle, il s’arrêta à quelques mètres de la foule. Paralysés par la peur, personne n’avait été capable de courir ni même de crier durant ces quelques secondes fatidiques.

    Lorsque le calme fut revenu, tout le monde put sortir du bâtiment par une porte de derrière qui débouchait sur un parking. Des petits groupes se formèrent ; certains montèrent dans leur voiture, tandis que d’autres se dépêchèrent de faire le tour du bâtiment pour contempler les dégâts.

    La façade de la bibliothèque de Watercrest avait été entièrement démolie. A l’intérieur, des milliers de livres jonchaient le sol. A l’emplacement du coin historique, se trouvait maintenant un camion renversé et recouvert de gravats.

    Les secours arrivèrent et dégagèrent le chauffeur de sa cabine. On fut soulagé de découvrir qu’il était sain et sauf, et qu’il n’y avait eu aucune victime. La seule partie de la bibliothèque qui n’avait pas été détruite était celle où s’étaient assis les parents et les enfants !

    Il fallut un certain temps aux rescapés pour qu’ils se rendent compte du miracle qui leur avait sauvé la vie.

    Mais ce Noël là, dans toutes les églises de la région, tous remercièrent Dieu de les avoir épargnés d’une terrible tragédie !

    Et de tous ceux qui remercièrent Dieu à Noël, nul ne fut sans doute plus reconnaissant que Grand-père Ray qui avait agi sur une intuition, en apparence absurde, placée par Dieu dans son cœur.

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  • L’escalier miraculeux

    ***********

    Dans cette fraîche matinée de décembre 1878, les rayons de soleil caressaient les rues poussiéreuses de Santa-Fé au Nouveau Mexique. Ils scintillaient sur les tuiles de la Chapelle de notre Dame des Lumières, et sur les fenêtres de l’école dirigée par les sœurs de Loretto. Dans le couvent, la mère supérieure interrompit ses préparatifs car quelqu’un venait de sonner à la porte.

    — C’est un autre charpentier, révérende mère, expliqua sœur Francis-Louise l’air embarrassé ; je lui ai dit que vous alliez partir et que vous n’aviez pas le temps de le recevoir, mais il a dit…

    — Je peux très bien imaginer ce qu’il a dit, répondit mère Magdalena en continuant ses bagages ; qu’il a entendu parler de nos problèmes dans la nouvelle chapelle, qu’il est le meilleur charpentier de tout le Nouveau Mexique, qu’il peut construire une cage d’escalier pour monter jusqu’au chœur en dépit du fait que le brillant architecte de Paris qui a fait les plans ait oublié de laisser de la place pour cela ; et en  dépit  du  fait  que  cinq  maîtres charpentiers aient déjà essayé sans succès ! C’est vrai sœur Francis-Louise, je n’ai pas le temps d’écouter cette histoire à nouveau !

    — Mais il est si gentil, répondit sœur Francis-Louise, et il est là dehors avec son âne…

    — Je suis sûre, interrompit mère Magdalena avec un sourire, qu’il est un homme charmant et que son âne est adorable. Mais il y a la maladie à Santo Domingo Pueblo et c’est peut-être le choléra. Sœur Marie-Hélène et moi-même sommes les seules qui ont eu le choléra. Je dois donc y aller, et vous dirigerez l’école en mon absence.

    Puis elle appela Manuela ! Une jeune indienne de 12 ou 13 ans arriva en souriant. Elle était muette. Elle pouvait entendre, mais les sœurs n’avaient pas réussi à lui apprendre à parler. La mère supérieure lui dit gentiment :

    — Descends mes affaires jusqu’au chariot, mon enfant, j’arrive tout de suite.

    Puis s’adressant à sœur Francis-Louise :

    — Pouvez-vous dire à ce charpentier  de  revenir  dans 2 ou 3 semaines,  s’il  vous  plaît ;  je  le verrai à mon retour !

    — 2 ou 3 semaines ?

    — Si le Seigneur le veut, je l’espère ma sœur !’’

    Dans la rue, Mère Magdalena aperçut le charpentier, un homme barbu, robuste et plus grand que la plupart des mexicains, avec des yeux noirs et un visage souriant, buriné par le soleil. A côté de lui, chargé d’outils et de morceau de bois, un âne attendait patiemment.

    Manuela lui caressait le museau en regardant timidement son propriétaire. Les adieux furent brefs, et commença la piste poussiéreuse, les montagnes mauves au loin, et le Rio Grande comme un ruban d’émeraude loin sur la droite. Le pas était lent, mais Mère Magdalena et sœur Marie Hélène se racontaient des histoires de Noël et chantaient pendant que le soleil montait et descendait sur l’horizon. Leur conducteur écoutait en souriant et hochait la tête.

    Il leur fallut 2 jours pour atteindre Santo Domingo Pueblo, où la maladie n’était pas le choléra mais la rougeole. Elles restèrent pour aider le Père Sébastian à soigner les enfants fiévreux du village.

    Le soir, elles étaient bien fatiguées, mais quelquefois Mère Magdalena parlait au Père Sébastian de l’inauguration de la  nouvelle chapelle. Elle  devait avoir lieu en Avril. Elle aurait dû être inaugurée plus tôt, si ce n’avait pas été à cause du problème du chœur, sans voie d’accès sauf par une échelle.

    — Je l’ai dit à l’évêque, que ce serait une erreur de faire les plans à Paris ! Mais il voulait que notre chapelle soit faite d’après la Sainte Chapelle de Paris, et qui suis-je pour contredire l’évêque Lamy ? Alors le talentueux  M.Mouly a  dessiné un balcon pour le chœur sous la rosette et aucun moyen d’y accéder !

    — Peut-être pensait-il à un chœur céleste, vous savez, avec des ailes…

    — Ce n’est pas drôle, répondit Mère Magdalena. J’ai prié et prié encore, mais apparemment il n’y a aucune solution. Il n’y a pas assez de place sur le sol de la chapelle pour recevoir les supports d’un escalier.

    Les jours passaient et Noël approchait. Deux fois des cavaliers avaient apporté des nouvelles de sœur Francis Louise.

    — Les enfants vont bien, disait-elle, et notre petite Manuela est devenue très amie avec le charpentier.

    — Le charpentier ?! Mais que fait ce charpentier encore là-bas ?! Pensa Mère Magdalena.

    La seconde lettre parlait encore du charpentier.

    — Chaque matin, il vient avec un nouveau chargement  de bois et chaque soir il s’en va. Quand on lui demande par quelle autorité il fait ces choses, il sourit sans rien dire. Nous avons essayé de le payer pour son travail, mais il n’accepte rien…

    — Travail ! ? Mais quel travail ? Est-ce que la trop gentille sœur Francis Louise lui aurait donné la permission de travailler dans la chapelle ? S’inquiéta Mère Magdalena.

    Elle écrivit une lettre pour faire cesser immédiatement le travail, et la remit sans plus attendre à un indien en route pour Santa-Fé. Mais cette nuit-là, la première neige tomba, si épaisse que l’indien dût rebrousser chemin. Le jour suivant, le soleil se leva sur un monde étincelant de mille diamants. Mais Mère Magdalena savait qu’une nouvelle chute de neige pourrait rendre son retour impossible avant Noël.

    La maladie régressait rapidement à Santo Domingo et cet après-midi-là, elles commencèrent le long voyage de retour.

    Il était tard, la veille de Noël, près de minuit, quand les chevaux fatigués franchirent la porte du couvent. Les lampes brûlaient encore.

    Manuela dévala les escaliers, la sœur Francis-Louise la suivant de près. Malgré son engourdissement et sa fatigue, Mère Magdalena sentit immédiatement une excitation qu’elle ne pouvait expliquer. Elle ne comprit pas non plus  quand on la conduisit dans la chapelle où brûlaient quelques bougies.

    — Regardez, révérende Mère, souffla sœur Francis-Louise, regardez !

    Comme une spirale de fumée, l’escalier se dressait devant elles, comme dans un rêve. Sa base reposait sur le sol de la chapelle et son sommet atteignait le balcon du chœur. Rien d’autre ne le supportait. Il semblait flotter en l’air !

    — Il y a 33 marches, chuchota sœur Francis Louise, une pour chaque année de la vie de notre Seigneur.

    Mère Magdalena s’approcha comme dans une transe. Elle posa le pied sur la première marche, puis la seconde et la troisième. Il n’y eut pas un craquement. Elle regarda en arrière stupéfaite.

    — Mais c’est impossible ! Il n’y avait pas assez de temps !

    — Il a fini hier, dit la sœur, il n’est pas venu aujourd’hui. Personne ne l’a vu à Santa-Fé ; il est parti.

    — Mais qui était-il ? Ne savez-vous pas son nom ?

    La sœur secoua la tête. Manuela s’approcha la bouche ouverte ! Elle prit sa respiration et émit un son dans le silence. Les sœurs la regardèrent ébahies.

    Elle essaya à nouveau : « José »

    Elle serra la main de la Mère supérieure et répéta le premier mot qu’elle ait jamais dit : « José »

    Sœur Francis Louise se signa. Mère Magdalena sentit son cœur se contracter. José, le nom de Joseph en espagnol ; Joseph le charpentier, Joseph le maître charpentier de …

    Les yeux de Manuela se remplirent de larmes : « José »

    Personne ne bougea. Mère Magdalena entendit au loin une cloche sonner minuit. Elle descendit l’escalier lentement.

    Elle se sentit envahie d’un sentiment de gratitude, de compassion et d’amour. Et elle sut ce que c’était : c’était l’esprit de Noël, et il était sur eux tous.

    Note de l’auteur

    Vous pouvez le voir vous-même à Santa-Fé aujourd’hui. Il n’a pas changé depuis plus de cent ans, sauf pour la balustrade qui fut ajoutée plus tard.

    Les touristes regardent et s’émerveillent. Les architectes secouent la tête et disent : “impossible’’

    Personne ne connaît l’identité du constructeur. Tout ce que  savent les sœurs, c’est que le problème existait. Se tournant vers le ciel pour avoir de l’aide, les sœurs commencèrent 9 jours de prières à Saint Joseph, le Saint patron des charpentiers. Le dernier jour, un homme est arrivé de nulle part avec son âne et quelques outils et construisit le joli escalier, puis disparut sans laisser de traces. Les 33 marches font 2 tours  complets sans support central. Il n’y a aucun clou, seulement des chevilles en bois. Les supports courbes sont assemblés avec une parfaite précision. Le bois provient d’une variété de résineux dur qui n’existe pas au Nouveau Mexique. Les archives de l’école montrent qu’aucun paiement ne fut fait pour l’escalier ! Mère Magdalena était bien la première Mère supérieure. Elle arriva à Santa-Fé  par le  bateau de rivière et en  chariot bâché en 1852.

    Dale Evans Rogers

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  • « Dieu qui peut sauver cet homme d’une mort certaine »

    ***********

    C’était la veille de Noël 1875. Ira D.Sankey remontait la rivière Delaware en bateau à vapeur. C’était une nuit calme et étoilée et beaucoup de passagers étaient sur le pont.

    Mr Sankey fut invité à chanter. Il était dans son intention de chanter une chanson de Noël, mais il se sentit poussé presque contre sa volonté à chanter « Saviour like a shepherd lead us » (Sauveur, comme un berger guide-nous) Il se fit un calme profond. Les paroles et la mélodie qui émanaient de l’âme du chanteur  flottaient  sur  le pont et la rivière tranquille. Chacun à bord fut profondément touché. Quand la chanson fut terminée, un homme au visage buriné par le soleil s’approcha de Mr Sankey et dit :

    — Avez-vous jamais servi dans l’armée fédérale ?

    — Oui, répondit Mr Sankey, du printemps 1860 jusqu’à la fin de la guerre.

    — Vous souvenez-vous si vous étiez de garde un soir de pleine lune 1862 ?

    — Oui, répondit Mr Sankey, de plus en plus surpris.  

    — Moi aussi, dit l’étranger, mais je servais dans l’armée confédérée. Quand  je  vous  ai  vu  vous tenir  à votre poste, je me suis dit, ce gars-là ne va pas sortir d’ici vivant. J’ai épaulé mon arme et visé lentement. Je me tenais dans l’ombre, complètement dissimulé, alors que la lumière de la lune était sur vous.

    A cet instant, comme il y a quelques minutes, vous avez levé les yeux vers le ciel et vous avez commencé à chanter. La musique et spécialement les chansons ont toujours eu un effet merveilleux sur moi, et j’ai ôté mon doigt de la gâchette.

    — Laissons-le  finir sa chanson, me dis-je, je le tuerai après ; il est ma victime quoi qu’il arrive et ma balle ne peut pas le manquer. Mais la chanson que vous chantiez était la même que vous avez chanté ce soir. Je pouvais entendre les paroles parfaitement :

    — Nous sommes à toi, mon Dieu, tu es le gardien de nos âmes…

    Quand vous avez fini votre chanson, il était impossible de vous viser à nouveau.

    — Le Dieu qui peut sauver cet homme d’une mort certaine, doit certainement être grand et puissant, pensais-je ! Depuis ce jour, j’ai travaillé ici et là, mais quand je vous ai vu vous tenir là et prier comme l’autre fois, je vous ai reconnu. Mon cœur fut blessé alors par votre chanson. Maintenant, s’il vous plait, aidez-moi à trouver la réponse aux questions qui me troublent l’esprit.

    Profondément ému, M. Sankey prit dans ses bras l’homme qui pendant la guerre avait été son ennemi. Et cette nuit-là cet homme découvrit et accepta le bon berger comme son sauveur.

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  • Le refuge dans la tempête

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    Avez-vous déjà eu l’expérience de ne presque pas faire un acte charitable pour découvrir plus tard que sans cette action de votre part, une expérience très importante n’aurait pas pu  arriver  à  quelqu’un d’autre ? Quand je suis tenté d’être indifférent ou paresseux de cette façon, je me souviens invariablement de ce Noël en Corée, en 1951.

    Il était  déjà  tard  dans  l’après-midi du 24 décembre. J’étais revenu au QG en camion après un trajet froid et misérable sous la neige. Après avoir ôté tous mes vêtements mouillés, je me suis allongé et j’ai commencé à somnoler. Un jeune soldat entra, je l’entendis dire au garde :

    — J’aimerai bien pouvoir parler de ça au sergent !

    — Allez-y je lui dis, je ne dors pas.

    Ce soldat me rapporta alors qu’un groupe de civils coréens avait été forcé de quitter leur village incendié par l’ennemi. Dans le groupe se trouvait une femme sur le point d’accoucher. Ces informations provenaient d’un garçon qui disait que ces gens avaient grand besoin d’aide. Ma première réaction fut :

    — comment allons-nous pouvoir les trouver dans cette neige ?

    En plus j’étais épuisé. Pourtant quelque chose me dit qu’on devrait essayer.

    — Allez chercher Crall, Pringle et Graff’’ demandai-je au garde.

    Quand ces soldats arrivèrent, je leur expliquai mon plan et ils furent d’accord pour m’accompagner. Nous avons rassemblé de la nourriture et des couvertures. Puis mon regard s’arrêta sur les caisses de colis de Noël dans un coin de la pièce. C’était des cadeaux envoyés par des organisations de charité des Etats-Unis. Nous en avons pris une bonne pile chacun et nous sommes partis en jeep.

    Après avoir conduit quelques kilomètres,  la neige devint si aveuglante que nous avons décidé de continuer à pied. Après un laps de temps qui nous parut interminable, nous sommes arrivés à une mission abandonnée. Le toit n’était plus là, mais les murs étaient intacts. Nous avons allumé un feu dans la cheminée en nous demandant bien quoi faire après !

    Graff ouvrit un des colis de Noël et en sortit un petit sapin de Noël artificiel et des bougies de couleur qu’il plaça sur la cheminée. Je savais qu’il n’y avait aucun sens à continuer dans ce blizzard. Nous avons décidé de laisser la nourriture là, ainsi que les couvertures et les colis de Noël dans l’espoir que quelqu’un dans le besoin les trouverait. Puis nous sommes revenus aux QG fatigués et transis de froid.

    En Avril 1952, je fus blessé en action et transporté à l’hôpital de Won Ju. Un après-midi, alors que je me reposais au soleil, un jeune Coréen se joignit à moi. Il était très loquace et je n’écoutais qu’à moitié ses bavardages. Puis il commença à me raconter une histoire qui me fit littéralement sauter  de  ma  chaise !

    Quand il eut fini, je l’emmenais à notre aumônier qui m’aida à trouver un responsable de l’église coréenne locale qui confirma l’histoire de ce jeune garçon.

    — Oui, c’était un vrai miracle, un acte divin’’, nous dit cet homme d’église.

    Puis il nous raconta comment, la veille de Noël dernier, il avait fait partie d’un groupe de civils coréens qui erra pendant des jours après que des soldats Nord-Coréens aient brûlé leur village. Ils étaient pratiquement morts de faim quand ils arrivèrent à la vieille mission. Une femme enceinte parmi eux avait désespérément besoin d’un endroit pour mettre son bébé au monde.

    — Quand nous nous sommes approchés de la mission, nous avons vu de la fumée qui sortait de la cheminée, dit l’homme ; nous avons eu peur que des soldats Nord-Coréens soient là, mais nous nous sommes approchés quand même ! A notre grand soulagement, la mission était vide. Mais chose incroyable, il y avait des bougies sur la cheminée ainsi qu’un petit arbre de Noël ! Il y avait de la nourriture, des couvertures et même des cadeaux ! C’était un miracle !

    Les yeux du vieil homme se remplirent de larmes quand il dit comment ils tombèrent tous à genoux pour remercier Dieu de cette délivrance. Ils firent un lit pour la femme enceinte et construisirent un toit en branche au-dessus d’elle. Il y avait beaucoup de bois à brûler et de nourriture à manger et ils furent confortables pour la première fois depuis des semaines ! C’était la veillée de Noël.

    — Le bébé est né le jour de Noël, dit l’homme en marquant une pause ; la situation n’était pas très différente de cette autre naissance, il y a bien des années !’

    Vous ne savez jamais à l’avance quand vous allez avoir un rôle spécial à jouer dans un des miracles de Dieu !

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