• ...ces choses qui ne reviennent pas.

    ...ces choses qui ne reviennent pas..... Édouard Boubat

    La petite fille aux feuilles mortes, 1947  

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    « ... il faut quand même saisir les choses, parce que comme le disait Rimbaud, le tour de bonté ne revient pas sans cesse. Pour parler d’une façon un peu plus vulgaire, les plats ne repassent pas forcément deux fois, et dans la photo que je fais, il faut bien se rendre compte que les moments uniques ou magiques ne reviennent pas. Et disons que l’art, l’art dans le sens travail, c’est plutôt de saisir ces choses qui ne reviennent pas. C’est ce qui fait souvent la grande valeur de la photo. »

     Édouard Boubat

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  • étrangèreté.

    étrangèreté...........   Renaud Camus

    L'enlèvement de Proserpine par Pluton, par François Girardon 

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    « L'art est toujours étranger. Il se reconnaît à ce qu'il n'est obstinément pas nous. Ce qui en lui est universel, c'est son étrangèreté . Dans un monde sans frontières nous serions partout chez nous, quelle horreur ! Verlaine toujours : “ Que me veut cet at home obèse ? ”.  Proust est universel parce qu'il est, entre autres choses, très entre autres choses, merveilleusement français (et même français de Saint-André-des-Champs , pour parler comme lui). L'art qui naît universel n'est pas de l'art : au mieux il relève de l'industrie culturelle, au pis de la propagande (c'est souvent la même chose). La France intéressait le monde entier quand elle était profondément la France. Universelle, elle n'intéresse plus personne : tout le monde a aussi bien ou pire chez soi. »  

     Renaud Camus

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  • ...comme Midas dans l'or massif....

    ...comme Midas dans l'or massif...............   Ernst Jünger

    Une paire de sabots Vincent Van Gogh, 1888 

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    « Quand le matérialisme extrême donne plus d' importance à une paire de chaussons qu'à un Raphaël, il y a là malgré tout la lueur d'une vérité : tous deux sont également importants et sans importance. Aucun maître ne pourra saisir la Vie qui habite dans la toile et la couleur de ses tableaux, dans son pinceau, dans un brin de paille. Il nous est permis de pressentir seulement cette profusion, sinon nous dépéririons comme Midas dans l'or massif. »

     Ernst Jünger

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  • mon cher Degas..

     
    Pierre-Auguste Renoir et Stéphane Mallarmé,
     photographiés par Edgar Degas



    Edgar Degas : “Votre métier est infemal. Je n’arrive pas à faire ce que je veux et pourtant je suis plein d’idées”.

    Stéphane Mallarmé  “Ce n’est pas avec des idées, mon cher Degas, que l’on fait des vers. C’est avec des mots. ”


    Photographie d'Edgar Degas

    Le Tub, pastel d'Edgar Degas, 1886



     

    Si tu veux nous nous aimerons
    Avec tes lèvres sans le dire 
    Cette rose ne l'interromps
    Qu'à verser un silence pire

    Jamais de chants ne lancent promptsLe scintillement du sourireSi tu veux nous nous aimeronsAvec tes lèvres sans le dire

    Muet muet entre les rondsSylphe dans la pourpre d'empireUn baiser flambant se déchireJusqu'aux pointes des aileronsSi tu veux nous nous aimerons.
    Stéphane Mallarmé
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  • Le fond tue les figures.

    Le fond tue les figures......... Eugène Delacroix

    Les baigneuses, Gustave Courbet 1853

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    « J'avais été, avant la séance, voir les peintures de Courbet. J'ai été étonné de la vigueur et de la saillie de son principal tableau; mais quel tableau! quel sujet! La vulgarité des formes ne ferait rien; c'est la vulgarité et l'inutilité de la pensée qui sont abominables; et même, au milieu de tout cela, si cette idée, telle quelle, était claire! Que veulent ces deux figures? Une grosse bourgeoise, vue par le dos et toute nue sauf un lambeau de torchon négligemment peint qui couvre le bas des fesses, sort d'une petite nappe d'eau qui ne semble pas assez profonde seulement pour un bain de pieds. Elle fait un geste qui n'exprime rien, et une autre femme, que l'on suppose sa servante, est assise par terre occupée à se déchausser. On voit là des bas qu'on vient de tirer: l'un d'eux, je crois, ne l'est qu'à moitié. Il y a entre ces deux figures un échange de pensées qu'on ne peut comprendre. Le paysage est d'une vigueur extraordinaire, mais Courbet n'a fait autre chose que mettre en grand une étude que l'on voit là près de sa toile; il en résulte que les figures y ont été mises ensuite et sans lien avec ce qui les entoure. Ceci se rattache a la question de l'accord des accessoires avec l'objet principal, qui manque à la plupart des grands peintres. Ce n'est pas la plus grande faute de Courbet. Il y a aussi une Fileuse endormie, qui présente les mêmes qualités de vigueur, en même temps que d'imitation. Le rouet, la quenouille, admirables; la robe, le fauteuil, lourds et sans grâce. Les Deux Lutteurs montrent le défaut d'action et confirment l'impuissance dans l'invention. Le fond tue les figures, et il faudrait en ôter plus de trois pieds tout autour » 


     Eugène Delacroix

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  • l’atmosphère où baignent les très belles œuvres d’art.

    l’atmosphère où baignent les très belles œuvres d’art............Auguste Rodin

    Persée tenant la tête de Méduse, par Antonio Canova 1804-1806 

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    « Le mystère est d’ailleurs comme l’atmosphère où baignent les très belles œuvres d’art. Elles expriment en effet tout ce que le génie éprouve en face de la Nature. Elles la représentent avec toute la clarté, avec toute la magnificence qu’un cerveau humain sait y découvrir. Mais forcément aussi elles se heurtent à l’immense Inconnaissable qui enveloppe de toutes parts la très petite sphère du connu. Car enfin nous ne sentons et nous ne concevons dans le monde que cette extrémité des choses par laquelle elles se présentent à nous et peuvent impressionner nos sens et notre âme. Mais tout le reste se prolonge dans une obscurité infinie. Et même tout près de nous, mille choses nous sont cachées parce que nous ne sommes pas organisés pour les saisir. »   

    ..Auguste Rodin

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  • adjuvant.

    adjuvant............ Félix Vallotton.

    Persée tuant le dragon, par Félix Vallotton, 1910

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    « La caractéristique chez moi est le désir d’exprimer par la forme, la silhouette, la ligne et les volumes ; la couleur n’étant qu’adjuvant, destiné surtout à mettre en valeur l’objet principal » 

     Félix Vallotton.

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  • un point c'est tout.

    un point c'est tout..........   Auguste Rodin

    Adam, Auguste Rodin 1880

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    « Il est parfaitement inutile de faire intervenir des lois, des règles, des principes qui n'ont germé que dans les cerveaux de commentateurs disséquant une série d'œuvres vingt siècles après et auxquelles jamais artiste n'a songé une minute. Il est tout aussi inutile d'employer un vocabulaire hérissé de bizarres mots forgés après coup et incompris de presque tout le monde : en art, les choses les plus difficiles s'expliquent avec des mots de concierge. [...] Il n'y a ni lois ni mots farouches : il y a un homme qui fait une statue, un point c'est tout. »  


    .   Auguste Rodin

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  • faire l'art.

    faire l'art...........Michel Leiris

    Le concert champêtre, par Giorgione vers 1508-1509

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    Question : une œuvre d'art peut-elle (à elle seule) donner la joie quasi-extatique que donne parfois un spectacle naturel ? — Il semblerait que non. Mais le spectacle naturel donnerait-il cette joie s'il ne renvoyait à des œuvres qu'on a vues ou à des lectures qu'on a faites ? Vœu : rester capable de « faire l'art » quand on n'est plus en âge de faire l'amour  


    Michel Leiris

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