• Le classement 2020 des villes vertes en France

    Par Marine Guiffray
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    Parcs, jardins publics, arbres d'alignement, initiatives pour préserver la biodiversité, pistes cyclables... En matière d'écologie, certaines villes sortent du lot. Tous les trois ans depuis 2014, l'Observatoire des villes vertes établit son palmarès des 10 communes les plus engagées en faveur de l'environnement parmi les 50 plus peuplées de France. Découvrez le classement 2020 ! 

     

    10 – Brest

    Le jardin des Explorateurs, créé en 2002, recense des espèces botaniques importées des quatre coins du monde.

    Avoir les pieds dans l’eau n’empêche pas de virer au vert ! La preuve : en 2020, Brest fait son entrée dans le classement. Avec une note de 64,5/100, elle est promue 10e ville la plus verte de France. Une distinction qu’elle doit notamment à ses nombreux jardins publics : le jardin de Kerraros, le parc d’Eole, le jardin des Explorateurs…


    9 – Nancy

    Jardin du musée de l'école de Nancy.

    Un constat cette année : les meilleurs élèves se situent dans la moitié nord du pays. Deuxième plus grande ville de Lorraine, Nancy se voit ainsi attribuer une note de 65/100 par l’Observatoire. Ce dernier salue notamment les efforts de la métropole pour aménager davantage de pistes cyclables, planter des arbres d’alignement et entretenir ses nombreux espaces verts. On citera seulement le parc de la Pépinière, les rives de la Meurthe en pleine mutation ou encore le plateau de Haye.

    8 – Caen

    65,5/100. C’est la note que l’Observatoire des villes vertes a donnée à la ville normande, qui chute de trois places au classement depuis 2017. Il faut dire que les résultats sont serrés et qu’au pied du podium, les communes se talonnent. Caen conserve toutefois son titre de deuxième ville de France à avoir la densité d’espaces verts publics la plus importante (après Angers). Le grand chantier qui fait mouche : l’aménagement du nouveau quartier des rives de l’Orne placé sous le signe du végétal.

    7 – Renne

    Le parc du Thabor.

    De 6e ville la plus verte de France en 2017, Rennes passe désormais 7e. Rien d’alarmant pour le fief d'Ille-et-Vilaine, qui offre une belle qualité de vie à ses habitants. D’après la start-up Kermap – rennaise, certes – qui a collaboré avec l’Observatoire des villes vertes pour cette étude, elle est en effet plus arborée que la moyenne nationale, avec 37 m2 par habitant.

    6 – Poitiers

    Grâce à ses initiatives récentes pour développer des promenades plantées et aménager les berges du Clain, Poitiers glane la note de 69,5/100. 6e du classement général, elle atteint la 3e place quand il s’agit de densité d’espaces verts. Le plus célèbre parc du centre-ville ? Celui de la Roseraie, créé en 1978, et qui s’étend sur 3,7 hectares.

    5 – Lyon

    Élue capitale française de la biodiversité en 2019, Lyon creuse l’écart avec ses concurrentes en obtenant une note de 73,5/100. Plus que les autres, en effet, la métropole s’engage en faveur de la protection de sa faune et de sa flore. Elle demeure toutefois moins arborée que la moyenne nationale selon Kermap, avec 16% de patrimoine arboré contre 22% à Marseille et 20% à Paris.

    4 – Amiens

    Avec une note de 75/100, Amiens fait un bond dans le classement : 10e du palmarès 2017, elle se place cette année au 4e rang des villes les plus vertes de France. Ses points forts ? La promotion de ses espaces verts auprès de ses habitants et un budget important alloué à leur entretien et développement.

    3 – Metz

    Sur la 3e marche du podium, nous retrouvons donc le Grand Est. Capitale de la Lorraine, Metz se distingue en incluant fortement les citoyens dans ses politiques « vertes », à travers diverses manifestations culturelles : « L’Art dans les jardins », « Jard’in Metz », « Constellations de Metz »... L’Observatoire rappelle en outre qu’elle fut la première à proposer un budget participatif « éco-citoyen » dédié aux espaces verts. Elle obtient la note de 78/100.

    2 – Nantes

    La grande gagnante de ce palmarès 2020 est la région Pays de la Loire, dont les deux plus grandes villes caracolent en tête. Nantes, avec une note de 83,5/100, coche presque toutes les cases : promotion de son patrimoine, protection de sa biodiversité et une part significative de son budget allouée aux chantiers de végétalisation de la ville ; plus de 41 millions d’euros par an, selon l’Observatoire.

    1 – Angers

    Port fluvial sur la Maine.

    En 2020, Angers conserve sa place de n°1. En plus d’investir de manière significative dans ses espaces verts – 98 euros par habitant en moyenne –, elle s’attache à limiter leur arrosage automatique et l’utilisation de pesticides dans leur entretien. Des initiatives qui s’inscrivent dans un projet de « Smart city » à long terme, engagé sur 12 ans.

     

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  • Les trésors de Belle-Île-en-Mer

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    Criques secrètes et longues plages, falaises exposées au grand large et vastes baies abritées, villages campagnards et ports de pêche. Belle-Île-en-Mer présente un bel intérêt : elle distribue tous les types de paysages bretons. Elle ne mesure que dix-sept kilomètres sur neuf dans ses plus grandes dimensions ; aussi, en deux jours à vélo, vous visiterez tous les sites.

    Les trésors de Belle-Île-en-Mer

    Le nord et l'ouest de Belle-Île

    Les trésors de Belle-Île-en-Mer

    Depuis le débarcadère, suivez les quais et longez l’arrière-port jusqu’à l’écluse du bassin à flot. La route de Sauzon la traverse mais, avant de vous rendre au petit port si pittoresque, le détour s’impose par la pointe de Taillefer, où se dresse un sémaphore désaffecté, et par la plage de Port-Fouquet au fond d’une étroite crique. Dirigez-vous ensuite vers Sauzon, en suivant le balisage cycliste via Le Pavillon et Quinenec, puis la D30. Cette route atteint Sauzon par l’extrême fond de son arrière-port. S’il est devenu célèbre grâce aux cartes postales – le phare planté sur le quai à côté d’un hôtel au toit de tuiles éclatantes sur des murs blanchis à la chaux –, le port de pêche n’a rien perdu de son authenticité. Mais le meilleur point de vue sur Sauzon se trouve sur la rive opposée : à Port-Blanc, où conduit un sentier longeant l’arrière-port ; il n’est accessible qu’aux seuls piétons.

    Les trésors de Belle-Île-en-Mer

    Depuis Sauzon, un itinéraire cycliste celui-là, et balisé, mène à la pointe des Poulains via Bordéry, Deuborh puis la route D25. Vous êtes devant l’ancienne résidence de Sarah Bernhardt, dominant le phare des Poulains. En 1894, la tragédienne, tombée sous le charme de Belle-Île, y achète un fortin qu’elle aménage. Elle désire faire partager son petit paradis à ses amis et, comme le fort est trop petit pour les accueillir, elle fait bâtir une première villa à côté (Les Cinq Parties du monde), puis une seconde (Lysiane), avant d’acheter un manoir (Penhoët) – lequel sera détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, Les Cinq Parties du monde est un exceptionnel espace muséal qui raconte la passion de Sarah Bernhardt pour l’île. Quant au fortin, il a été refait à l’identique, avec un grand sens du détail. La villa Lysiane, elle, a été restaurée par le Conservatoire du littoral et sert d’accueil aux visiteurs du site. Là, vous pourrez consulter l’horaire des marées pour savoir si le passage vers la presqu’île des Poulains est possible. Si c’est basse mer, n’hésitez pas à vous rendre au phare et passez par la maison du gardien transformée en centre d’information sur la côte.

    Une balade d'une heure et demie

    Les trésors de Belle-Île-en-Mer

    Pour atteindre les sites de la Côte sauvage, comme on appelle le rideau de falaises qui constituent le littoral occidental de l’île, reprenez la route par laquelle vous êtes venu jusqu’à Bordéry. Sur la droite, le balisage indique la direction de Logonnet puis celle de Borcastel. Laissez votre vélo sur le parking de la plage de Ster Vraz. Vous marchez à présent sur le sentier côtier qui longe cette anse magnifique – un vrai fjord – et donne sur l’étroite et profonde crique de Ster Ouen. En poursuivant votre chemin le long de la côte, vous atteindrez la grotte de l’Apothicairerie. Une route y conduit les autocars de touristes mais, en fait, l’entrée dans la grotte n’est plus possible. Le plus beau, en réalité, se trouve à la pointe de Penmarc’h, qui marque l’entrée de Ster Vraz. Cette belle et grande balade vous demandera une heure et demie de marche... Ayant repris le vélo, revenez jusqu’à la route D30, où vous tournez à droite. Suivez maintenant le balisage cycliste vers Kerguec’h, Magorlec, Borderun, Bordelann, Kerlédan, Bormené et le côté Nord de la plage de Donnant. Ouverte au grand large entre deux falaises, cette plage est aussi belle que dangereuse ! Les vagues et le courant interdisent la baignade. Mais quel spectacle ! Pour revenir au Palais, reprenez l’itinéraire balisé jusqu’à Anvort et le menhir Jean au bord de la D25. Suivez cette dernière sur la droite jusqu’au carrefour suivant, marqué par un calvaire. Tournez à droite, et encore à droite après 500 m. Le balisage cycliste conduit alors au Palais par le hameau de Bordustart et le lieu-dit Le Potager.

    Le sud et l'est de Belle-Île

    La découverte des parties Sud et Est de l’île commence sur la plage de Donnant, déjà approchée la veille. Mais vous y arrivez par un nouvel iti- néraire. Suivez les quais jusqu’au fond du port : continuez dans cette direction par la route qui monte vers Kersablen et l’aérodrome. Après avoir traversé la route D25, poursuivez en face jusqu’au hameau de Cosquet. Tournez à droite pour atteindre la plage de Donnant mais par son côté Sud, cette fois : diffé- rent, il mérite le coup d’œil tout autant !

    Un décor inspirant

    Les trésors de Belle-Île-en-Mer

    Les Aiguilles de Port-Coton.

    Revenez vers le hameau de Donnant. Tournez à droite pour atteindre Borzose. Prenez à nouveau la route à droite jusqu’au hameau du Vazen où, sur la gauche, une petite route puis une piste mènent au site des Aiguilles de Port-Coton. Sauf si vous avez opté pour un vélo à assistance électrique, après le premier fjord traversé, la pente à gravir est rude. Le décor, lui, est magnifique. Les étonnants rochers pointus, déchiquetés par l’érosion, valent d’être admirés à contre-jour : c’est-à-dire en fin d’après-midi. Vous comprendrez alors pourquoi ils ont inspiré trente-six toiles à Claude Monet...

    Les trésors de Belle-Île-en-Mer

    L'anse de Port-Goulphar.

    Une large route vous conduit à Kervilahouen, en passant par un point de vue exceptionnel sur l’anse de Port-Goulphar. Au fond de la crique se trouvent une plage et un mouillage utilisé par les pêcheurs de homards. À l’entrée de Kervilaouen, vous ferez ensuite un aller-retour au Grand Phare, dont le vrai nom est Goulphar. Achevée en 1835, sa tour haute de 52m supporte une lanterne et une galerie, à laquelle on accède au bout de 247 marches. Le panorama sur l’intérieur de l’île et la Côte sauvage est tout simplement époustouflant. De retour à Kervilahouen, tournez à gauche et immédiatement à droite vers Bordelouet : au premier croisement, prenez à droite vers Domois que vous éviterez pour continuer tout droit jusqu’au sémaphore du Talut. Il y a une très belle vue sur les falaises, où s’égosillent les oiseaux de mer. N’approchez pas le bord de la falaise, les ruptures de pente soudaines y sont sournoises, bien plus que dans le nord de l’île.

    Un calvaire et un moulin

    Revenez à Domois, où vous tournerez à droite vers Bornor puis Kérel. En contrebas, la grande plage de Port Kérel, sertie dans la falaise sauvage, offre une de baignade tranquille. On y accède facilement via Grand Village, en faisant un aller-retour. Ensuite, suivez le balisage qui flèche le bourg de Bangor, mais en prenant la première route à droite : elle conduit à Calastren, où vous tournez à gauche. Après avoir passé les maisons de Bortémon, vous arrivez à un croisement. Admirez le calvaire. Tournez alors à droite et passez Kervarijon puis Borlagadec pour trouver Herlin. À droite, une piste descend jusqu’à la plus belle plage de toute la côte Sud de Belle-Île. Remontez à Herlin, où le balisage cycliste vous guide ensuite vers le Grand-Cosquet et Ti-Sévéno. Prenez à droite vers Pouldon. Ici encore, une piste conduit à un autre bel endroit : le port de Pouldon. De retour au hameau, tournez à gauche sur la voie parfaitement rectiligne qui mène au moulin de Bourhic. Vous y tournerez à gauche pour remonter jusqu’à la route D 25 : prenez-la sur la droite.

    Deux plages royales

    Les trésors de Belle-Île-en-Mer

    Locmaria, voyez la belle église romane crépie de blanc sous son clocher carré couvert d’ardoises. Puis continuez tout droit par la rampe qui descend sur la plage de Port-Maria. Vous y découvrirez la cale aménagée pour les pêcheurs et l’ancien fort transformé en villa. De Locmaria, le balisage vous mène à Port an Dro par Borderenne, Kerzo et Borderhouat. Cette jolie plage bien abritée fut protégée par deux fortins à l’époque (fin du XIXe siècle), où on craignait un débarquement anglais ! Ce qui n’empêche pas qu’un point de vue voisin ait été baptisé « Rocher de la reine Victoria » ! Il ne vous reste alors plus qu’à revenir au Palais par la route D30a, laquelle longe la côte en passant par deux grandes plages superbes : les Grands Sables et Port Yorc’h qui possèdent l’avantage d’être parfaitement abritées de la houle du large, si dangereuse sur la Côte sauvage.

     

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  • Île de Groix : qui voit Groix voit sa joie

    Par Dominique Le Brun
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    Nul ne sait l’origine du dicton, mais il suffit d’y avoir passé quelques heures pour être à son tour convaincu qu’en effet, Groix est une île heureuse. Au temps de la Compagnie des Indes, les navires long-courriers venaient y attendre que s’établissent les vents favorables, et la tradition de la voile s’y est maintenue jusqu’après la Seconde Guerre mondiale, avec une impressionnante flotte de thoniers.

    Île de Groix : qui voit Groix voit sa joie

    Située à seulement 6 kilomètres de la côte, l’île de Groix n’est pourtant pas à portée immédiate de Lorient : entre la gare maritime et Port-Tudy, presque la moitié de la navigation s’effectue dans l’estuaire. C’est un voyage à grand spectacle, lorsque, traversant la rade de Pen-Mané, se succèdent les quais du port de commerce de Kergroise, le port de pêche et la base sous-marine de Kéroman, puis la rade de Port-Louis, son port de plaisance de Kernével et sa citadelle. Sur votre droite, guettez le clocher de Larmor-Plage : lorsqu’ils partent en campagne, les bâtiments de la Marine nationale ne manquent jamais de le saluer. Il semble que cette tradition remonte au temps de la Compagnie des Indes.

    Une arrivée colorée 

    En ce qui nous concerne, il serait étonnant que la traversée soit agitée, car l’île protège bien les Courreaux, le détroit entre Groix et la côte. L’arrivée à Port-Tudy est un moment coloré. Après avoir longé le long môle qui se termine par un élégant petit phare vert, le bateau rase un feu jumeau, mais rouge, avant d’accoster dans l’avant-port face à des maisons crépies dans les couleurs les plus vives qu’on puisse oser, comme le rose orangé du café-hôtel de l’Escale ou le jaune citron d’un loueur de cycles. Et les bateaux amarrés en quai ajoutent encore quelques touches de couleur au tableau.

    Une journée de balade

    Île de Groix : qui voit Groix voit sa joie

    Ne dépassant pas 8 kilomètres sur 3 dans ses plus grandes dimensions, Groix peut s’explorer rapidement entre le bateau du matin et celui du soir, surtout si vous louez un vélo. Dans le même laps de temps, un bon marcheur peut même en faire le tour complet par le sentier du littoral. Mais peut-être vaut-il mieux limiter ses ambitions à ce qui vaut vraiment la peine d’être vu. En ce cas, nous vous proposons l’itinéraire suivant, pédestre : vous éviterez l’attente chez le loueur de vélos !

    Fjords profonds, ports miniatures 

    Île de Groix : qui voit Groix voit sa joie

    Au fond du port, à gauche de la route du Bourg, prenez la direction de Locmaria, l’autre village de Groix. Vous y longerez le fond du port par la droite, et continuerez à suivre la côte par le sentier du littoral. C’est ainsi la côte sauvage qui vous accueille, avec l’impressionnant panorama de la pointe de l’Enfer. Les points de vue superbes se succèdent ensuite jusqu’au Port-Saint-Nicolas, profond fjord s’achevant sur de jolies plages. Le sentier en fait le tour et conduit au hameau de Kerlard. Prenez le temps de visiter l’intéressante reconstitution de maison de pêcheur.

    Île de Groix : qui voit Groix voit sa joie

    Ensuite, par une route étroite et plus que tranquille, vous vous rendrez au hameau de Quelhuit, qui domine la côte nord de Groix. Sur la droite du hameau, un sentier descend vers la mer au creux d’un vallon. Vous y trouverez le sentier du littoral qui vous ramènera à Port-Tudy. Ce faisant, vous découvrirez la petite plage de Port-Melin, ourlant une crique, et le port miniature de Port-Lay où les chaloupes sardinières accostaient autrefois devant la conserverie. À Port-Tudy, si vous en avez le temps avant d’embarquer pour Lorient, n’hésitez pas à visiter le remarquable écomusée : il vous donnera forcément envie de revenir à Groix, et d’y séjourner plus longuement !

     

     
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  • Sainte-Suzanne, rebelle par nature

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    Perchée sur un promontoire de Mayenne, la « perle du Maine » semble scruter l’horizon, inlassablement. Derrière les pans de ses glorieux remparts, se cachent un château et son donjon : l’occasion de faire un fabuleux voyage dans le temps…

    Vue d’ensemble de l’imprenable Sainte-Suzanne. Au centre, dissimulé derrière les arbres, le donjon du XIe siècle est le vestige le plus ancien de la cité. 

    Une cité imprenable

    Les remparts de ce bourg médiéval (XIIIe siècle) viennent compléter un dispositif naturel déjà prévu pour ralentir les assaillants : une butte de grès aux pentes escarpées est en effet visible de l'autre côté du village : de quoi rendre la cité imprenable. 

    Visible à des kilomètres à la ronde, en lisière des monts des Coëvrons et de la plaine d’Anjou, il est un village fortifié niché sur un monticule au pied duquel coule une rivière : Sainte-Suzanne. Une belle cité qui, sous son apparente tranquillité, dissimule un tempérament rebelle. À la fin du XIe siècle, elle résiste en effet à l’assaut des troupes de Guillaume le Conquérant, préservant ainsi son donjon.

    Paisible, la cité médiévale veille jalousement sur son patrimoine et garde un oeil sur son passé.

    Le duc de Normandie et roi d’Angleterre tente de l’assiéger, en vain, notamment grâce « aux rochers et à l’épaisseur des vignes qui l’entouraient de toute part », disent certains. Ce n’est que trois siècles plus tard, en 1425, que le château tombe aux mains des Anglais, avant d’être restitué aux Français en 1439 par Jean de Bueil. 

    Son Centre d'interprétation

    Sainte-Suzanne nous réserve un voyage dans le temps, sans transition ni artifice. À travers un dédale de ruelles pavées, nous oscillons ainsi entre Moyen Âge et Renaissance, dans un décor sobre et dépouillé où les styles se mélangent. La balade débute au monument aux morts et se poursuit jusqu’au donjon roman, puis au Logis. Construit au début du XVIIe siècle par Fouquet de la Varenne, ancien ministre de Henri IV et premier gouverneur général des Postes, la demeure abrite dorénavant le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine 

    La vie de château du patrimoine mayennais

    ​Depuis 2009, le Logis abrite le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, sorte de vitrine ludique et pédagogique révélant le patrimoine – historique, architectural, artistique et culturel – du pays d’art et d’histoire Coëvrons-Mayenne. Toute l’année, y sont proposés des conférences, expositions (photos, vidéos), reconstitutions en 3D, visites de découverte, ainsi que des ateliers éducatifs et des animations (concerts, visites guides, cinéma en plein air, etc.).

    Patrimoine religieux

    De la porte de Fer au Vieux Manoir, en passant par les rues du Four, du Grenier-à-Sel, Guillaume-le-Conquérant ou par la promenade de la Poterne, on s’aperçoit que chaque nom de lieu retrace l’histoire ancestrale de la cité. Et pourtant, de récentes fouilles archéologiques effectuées au pied du logis ont remis en question les origines du site, qui aurait été habité pour la première fois, non pas au Moyen Âge, mais dès le VIe siècle avant J.-C.

    Restaurée à la fin du XIXe siècle, la façade de l’église présente certes moins d’intérêt que les remarquables statues qu’elle renferme, et notamment celle de sainte Suzanne, la sainte patronne des Fiancés. Juste en face, le musée de l’Auditoire ouvre ses portes à tous les visiteurs désireux d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de la commune et des enfants du pays. ll ne faudrait pas non plus oublier de faire un tour au-delà des remparts, où souffle un vent de liberté…

    Une cité, mais pas que...

    L’heure est venue de prendre un grand bol d’air, de céder à la tentation d’une balade au bord de l’eau, de parcourir ce relief peu marqué, mais néanmoins jalonné de collines verdoyantes. En contrebas de la cite médiévale, 17 moulins s’égrènent au fil de l’Erve, un affluent de la Sarthe. On découvre çà et là papeteries, carteries et autres bâtisses illustrant ce riche passé industriel qui fit jadis la gloire de tout un village. Et, une poignée de kilomètres plus loin, repose le plus ancien monument de la Mayenne : le ddolmen des Erves, datant de 6 000 ans avant J.-C. Longtemps aux prises avec l’histoire, les vestiges de Sainte-Suzanne constituent aujourd’hui ses plus beaux atouts ; il serait dommage de passer à côté.

    Lieux à découvrir

    • La porte du Guichet, sur le chemin de la Poterne, était l'une des portes d'entrée de Sainte-Suzanne
    • Le Logis, demeure de plaisance du tout début du XVIIe siècle, a été construit pour Guillaume Fouqet de la Varenne
    • Une balade dans la cité intra-muros vous révèlera des détails d'architecture qui remontent le temps
    • Le Près de Sainte-Suzanne
    • Office de tourisme des Coëvrons - Voir la fiche
    • Centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine (CIAP) - Voir la fiche
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  • Compiègne, un palais royal et impérial

    Compiègne, un palais royal et impérial

    Compiègne fut le terrain de chasse favori des têtes couronnées et la destination festive des impératrices. Ville-musée, elle offre, le temps d’un week-end, une immersion dans un passé de folie et de génie. Découvrez

    Le Palais impérial de Compiègne : dans l’intimité des souverains

    De Clovis à Napoléon III, presque tous les souverains français ont séjourné à Compiègne. Idéalement situé au confluent de l'Aisne et de l'Oise, carrefour de communication entre Soissons et Beauvais, le château a été la résidence d'été des têtes couronnées qui y ont reçu les brillants esprits de leur époque.

    Compiègne, un palais royal et impérial

    La forêt de Compiègne s’étend sur 14 500 hectares dans la vallée de l’Oise, à 80 km au nord de Paris. C’est l’un des plus grands massifs forestiers du pays. Façonné par les rois de France, son cadre naturel exceptionnel a été le théâtre de nombreux événements historiques.

     

    Un patrimoine architectural et paysager exceptionnel

    Compiègne, un palais royal et impérial

    La chambre à coucher de l'empereur.

    À 50 minutes de Paris, l’Oise est une terre de princes, de rois et d’empereurs qui rayonne par la diversité des personnages qui l’ont façonné. Seule commune française qui compte quatre familles royales et impériales, Compiègne abrite l’un des plus beaux palais de l’architecture néo-classique. Ancienne résidence d’été de la cour, remise en état après la Révolution sur ordre de Napoléon Ier pour y accueillir sa seconde femme, le palais connut aussi des heures de gloire sous le Second Empire. Séjour favori de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie, c’est là qu’eurent lieu, dès 1956, les fameuses “Séries de Compiègne” qui accueillaient chaque année, les têtes couronnées et l’élite parisienne : politiques, artistes et scientifiques. Pendant un mois et demi, les souverains conviaient, chaque semaine, une centaine d’invités qui étaient conduit par train affrété au départ de Paris.

     

    Les musées du Second Empire

    Compiègne, un palais royal et impérial

    Le Palais impérial de Compiègne.

    Au sortir des appartements impériaux, l'opportunité vous est offerte de poursuivre votre voyage dans l'histoire du règne de Napoléon III en découvrant les musées du Second Empire. Installés dans des espaces destinés au temps des « séries » à des hôtes prestigieux, tels le prince et la princesse de Metternich ou encore le baron Haussmann, le musée du Second Empire et le musée de l'Impératrice font revivre la mémoire de cette époque à travers une collection de tableaux, de sculptures et de mobilier. Des objets qui évoquent les arts décoratifs fastueux du temps des premières Expositions universelles. Certains proviennent du palais, d'autres des résidences impériales détruites de Saint-Cloud et des Tuileries, d'autres encore de familiers de la cour.

     

    La forêt de Compiègne : dans les pas de l’impératrice Eugénie

    Compiègne, un palais royal et impérial

    Depuis le Palais impérial de Compiègne, prenez la direction de l’Allée des Beaux-Monts, une percée de 4 km qui le relie à la forêt, l'une des plus belles de France. D’une superficie de 14 000 hectares, c’est l’un des plus grands massifs forestiers et la 3ème forêt domaniale de France. Une forêt dans laquelle il est impossible de se perdre : à chaque carrefour, les poteaux étoilés sont marqués d’une pastille rouge qui indiquent la direction du Palais impérial ! Une idée ingénieuse de Napoléon III pour aider Eugénie à retrouver son chemin. Créée en 1810 et achevée en 1853 sur ordre de Napoléon III, l’allée visait à reproduire la perspective de Schönbrunn près de Vienne, le palais d’été de la dynastie austro hongroise dont Marie-Louise, l’épouse de l’Empereur était issue.

     

    Le festival des forêts

    Compiègne, un palais royal et impérial

    Depuis 1992, le Festival des Forêts met en espace la musique classique dans les décors naturels des forêts de Laigue et de Compiègne. Afin de préparer le spectateur à l'écoute de la musique, le Festival a imaginé un "concert-randonnée", promenade permettant, avant le concert, de découvrir le patrimoine naturel et historique de la région. Avec l’exigence qui lui est chère, le Festival conçoit dans des lieux souvent insolites, des concepts toujours plus novateurs qui associent la musique classique à la danse, au cinéma et aux feux d’artifice.

     

    Le Musée de la Figurine historique : revivez la bataille de Waterloo

    Compiègne, un palais royal et impérial

    1er musée de cette importance dévolu aux sculptures miniatures, il vit le jour en 1927 grâce au legs de la collection d’Alfred Ternisien. Dans ce coffre à jouets rêvé des enfants, fourmillant de détails, plus de 100 000 figurines de 6 à 20 cm déroulent nombre d’épisodes de l’histoire de France, comme la fameuse bataille de Waterloo. Avec près de 12 000 pièces, c’est le plus important diorama du musée. 25m2 de reconstitution, mettant en scène les principaux protagonistes, Napoléon, Wellington et le bataillon hanovrien d’Ompteda, permettent de comprendre la défaite du 18 juin 1815.

     

    Le théâtre impérial de Compiègne

    Compiègne, un palais royal et impérial

    L’une des salles les plus parfaites du monde, plus accomplie que celle du Musikverein de Vienne

     Carlo-Maria Giulini, chef d’orchestre

    Ce lieu d’exception en France est né de la volonté de Napoléon III qui souhaitait un bâtiment à la hauteur des fastes qu’il offrait à ses nombreux invités lors de ses séjours réguliers à Compiègne. Dès sa conception, le Théâtre Impérial a eu pour objectif de recevoir au mieux ses hôtes. Et l’on peut dire que ses qualités architecturales et acoustiques en font un véritable joyau considéré comme l’un des théâtres les plus parfaits au monde, comme le soulignait le célèbre chef d’orchestre Carlo Maria Giulini.

    Depuis 2009, sous la conduite de son directeur, Eric Rouchaud, le projet du Théâtre Impérial qui a pour objectif d’accorder une place privilégiée à la musique et à l’art lyrique, notamment au chant français, explore différents axes artistiques (opéra, récital, musique baroque, musique symphonique, ainsi que théâtre musical ou ballet) du baroque à nos jours.

     

    Du Palais au jardin : une chambre d'hôtes impériale

    Compiègne, un palais royal et impérial

    À 50 m du Palais impérial, cet hôtel particulier de 300 m² a été reconstruit sur les ruines d’un ancien couvent. Ses meubles d’époque et sa décoration raffinée font revivre les fastes des fameuses "Séries de Compiègne". Petit-déjeuner dans une salle à manger au sol à cabochons, détente dans le petit salon en parquet de Versailles et chambres impériales avec vue sur le Palais : une maison d’hôtes qui rend le temps réversible !

     

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  • Yport : petit port et grand large

    Par Hugues Dérouard

    Beaucoup moins connue qu’Étretat, à 10 kilomètres de là, la petite station balnéaire d’Yport est un ancien village de pêcheurs. Son charme est irrésistible.

    Vous venez de passer
par la valleuse du Curé, l’aiguille de Belval, Vaucottes. Yport est à vos pieds, bien protégé par la pointe du Chicard. Pendant des siècles, les Yportais grossirent les rangs des équipages des terre-neuvas et des « islandais ». Pêcheurs sans port, ils développèrent également une pêche côtière à bord des « caïques », barques ventrues, treuillées par des cabestans sur les galets de l’estran.

    On le découvre blotti dans un vallon au bout d’une route sinueuse et boisée. Dans le bourg tout de brique et de silex se cachent des villas bourgeoises de la fin du XIXe siècle – dont une insolite villa mauresque – et son église dont l’intérieur est tapissé d’ex-voto. Deux falaises encadrent la plage de galets sur laquelle s’alignent de jolies cabanes blanches. Plus de marins-pêcheurs à Yport, mais toujours une pléiade de caïques colorées, ces bateaux traditionnels conçus pour être glissés sur les galets et qui font aujourd’hui le bonheur des amateurs de pêche en mer. Ici, l’ambiance est restée familiale, hors du temps, tant l’endroit, pourtant fréquenté par Eugène Boudin, Renoir, Maupassant ou Guide, a su rester authentique.

     

     

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  • Falaises d'Étretat : spectacle au grand air

    Par Hughes Derouard

    En Normandie, découvrez les falaises d'Etretat, un paysage grandiose et époustouflant entre Manche et verts bocages.

    Célèbres spécimens de « falaises vives », les falaises d’Étretat présentent des découpures insolites. Depuis la grève, vue sur la porte d’Amont (et son arche), taillée dans la falaise crayeuse aux strates si horizontales qu’on les imaginerait être le résultat d’harmonieuses sculptures.

    Un paysage complètement fou

    Entre Ault et Le Havre, une falaise déploie ses verticalités plissées de blanc et d’or, de gris et de noir. Au pied de ce rideau, la Manche opaline roule des tonnes de galets. En haut, le bocage compose un nuancier de verts et de bruns. Aux pays de Bray et de Caux, 70 mètres de calcaire lisse isolent la campagne de la mer. Et c’est à Étretat que la falaise compose le paysage le plus fou.

    Vers Étretat, la falaise se creuse d’arches et se prolonge au large sous la forme d’aiguilles que l’on croirait jaillies de la houle. La meilleure façon d’aborder le site consiste à y venir depuis le cap d’Antifer, dont le phare se dresse solitaire, entre la campagne, le ciel et la mer. Et voici qu’une arche creusée dans une avancée de falaise se détache sur la mer. C’est la Manneporte, au bout de la crique du Petit-Port, sous laquelle des plaisanciers font souvent le pari de passer, reprenant la suggestion faite par Maupassant dans Une vie : « Les grandes arcades d’Étretat, pareilles à deux jambes de la falaise marchant dans la mer, hautes à servir d’arche à des navires… »

    Puis apparaît une seconde arche, plus impressionnante encore : la porte d’Aval, à côté de ce cône acéré qui jaillit de la Manche, l’Aiguille d’Étretat. Le paysage est tellement célèbre que vous croiriez marcher dans une carte postale… ou dans Arsène Lupin : « En face de lui, presque au niveau de la falaise, en pleine mer, se dressait un roc énorme, haut de plus de quatrevingts mètres, obélisque colossal, d’aplomb sur sa large base de granit que l’on apercevait au ras de l’eau et qui s’eflait ensuite jusqu’au sommet, ainsi que la dent gigantesque d’un monstre marin. Blanc comme la falaise, d’un blanc gris et sale, l’effroyable monolithe était strié de lignes horizontales marquées par du silex, et l’on voyait le lent travail de siècles accumulant les unes sur les autres les couches calcaires et les couches de galets. » Le feuilleton de Maurice Leblanc a si bien marqué la culture populaire qu’il n’est pas rare d’entendre ce commentaire : « Ah, voilà l’Aiguille creuse d’Étretat ! »

    Entre Yport (au sud) et Fécamp (au nord), la Côte d’Albâtre vous amène au vallon de Grainval. Une rampe d’accès vous dépose sur le platier rocheux, au pied d’un millefeuille de craie tendre et de silex dur. Au premier plan et à l’extrême droite de l’image, deux superbes exemples de valleuses.

    Au niveau du terrain de golf, la Chambre des demoiselles, curieuse excavation dans la falaise, offre le plus beau coup d’œil sur la plage de galets et les toits d’ardoises d’Étretat. Un escalier raide y plonge. De la plage, vous pouvez envisager de longer le pied de la falaise pour voir les arches admirées d’en haut. Attention, ce sera au prix d’un crapahutage sur des algues glissantes ! Et surtout, sachez que le passage au pied de la falaise est submergé pendant 6 heures. Autrement dit, l’élémentaire prudence interdit la balade en dehors de la marée descendante, de façon à disposer d’un maximum de temps devant vous. Vues du niveau de la mer, l’arche et la falaise donnent encore plus le vertige que de là-haut. Mais voyez ces vestiges de bassins au pied de la falaise d’Aval : ils servaient autrefois à purifer les huîtres. La reine Marie-Antoinette y possédait, dit-on, un élevage réservé à sa consommation personnelle.

    Sur le long trait de côte formant les falaises du pays de Caux, les falaises d’Aval et d’Amont d’Étretat culminent à 85 mètres. À découvrir en cheminant, sur le sentier des douaniers (GR®21).

    De l’autre côté de la plage, soit en longeant le pied de la falaise (si la marée le permet), soit en passant par le casino, vous trouverez un escalier qui grimpe vers la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde et le monument à la mémoire des aviateurs Nungesser et Coli. En suivant le sentier côtier, vous atteignez la porte d’Amont, que Maupassant compare à « la fgure d’un éléphant énorme enfonçant sa trompe dans les fots » ; ce qui paraît très bien vu. Enfin, plus loin dans l’est vous attend l’aiguille de Belval. Si elle est moins connue que l’Aiguille d’Étretat, « l’Aiguille creuse », elle paraît tout aussi impressionnante, parce que plus solitaire. Surtout quand des cormorans noirs planent autour de la craie si blanche…

    La caloge, habitat des marins

    II n’y a qu’à Étretat que l’on peut voir encore ces étranges cabanes constituées d’une barque chapeautée d’un toit de chaume. C’est une tradition datant de l’époque où, sur la côte normande, les barques de pêche s’usaient très vite à force d’être tirées au sec entre deux sorties en mer. Une fois retirées du service, elles vivaient une seconde vie. Parfois rehaussées, elles devenaient des cabanes où les équipages remisaient leurs apparaux de pêche. Mais les plus grands bateaux – comme les caïques d’Yport – pouvaient se transformer en véritables petites maisons !

    • Office de tourisme d'Étretat - Infos touristiques - Voir la fiche

     

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  • Orléans et ses trésors

    Par François Silvan
     

    Orléans regorge de trésors antiques, médiévaux et surtout Renaissance. Des trésors parfois cachés, qui valent le détour ! Suivez le guide.

    Depuis les berges du Grand Fleuve, le pont Georges-V (encore appelé pont Royal) et la cathédrale Sainte-Croix annoncent Orléans. Au XVIe siècle, on vantait les qualités de son vin et de son eau, la pureté de son air et la beauté de ses maisons : la Renaissance fut une bénédiction pour la ville aimée des rois. En 1820, elle comptait parmi les six villes les plus riches de France. Puis vint le temps pour elle de se replier et se faire oublier. Jusqu’au sursaut des années 1960 : elle accueille de nouveau une université et redore peu à peu son blason. Amie avec son glorieux passé qui lui donne une patine inimitable, Orléans, visage ouvert et confiant, vit bien avec son temps.

    La très belle perspective de la rue Jeanne-d’Arc sur la cathédrale Sainte- Croix. Le grand portail et les deux tours de 81 mètres datent de... 1829.

    Sur l’immense place du Martroi, la non moins imposante statue équestre de Jeanne d’Arc, œuvre du sculpteur Denis Foyatier réalisée en 1855 : 4,40 mètres de hauteur sur un piédestal équivalent. L’épopée de l’icône de la ville est également représentée sur les vitraux de la cathédrale.

    La place du Châtelet donne quasiment sur la Loire et témoigne du dynamisme de cette marine du fleuve, disparue à la fin du XIXe siècle. De cette époque d'échanges fructueux, la place garde la mémoire. Aujourd'hui joliment restaurée et rendue aux piétons, elle accueille commerces et restaurants. remarquez ses maisons, dont celle du marchand orléanais Jean Dalibert qui date du XVIe siècle (au n°6), et remontez dans le temps.

    Un tramway doré, il fallait oser ! Les travaux (tous les automobilistes orléanais s’en souviendront) se sont étalés sur 12 années, de 2000 à 2012, le temps de réaliser les deux tranches du programme et leurs quarante kilomètres de lignes.

    Suggestion de balade

    Le canal d’Orléans reste un lieu de balade méconnu en dépit de son charme. À Combleux, vous cheminez sur la levée, Loire d’un côté, canal de l’autre ! Sur l’ancien chemin de halage, un GR® vous mène jusqu’à Chécy (3 km), puis à Fay-aux-Loges (10 km), avec sa centrale électrique à charbon de 1912 destinée au fonctionnement des écluses. Ultime tentative pour relancer le trafic moribond des chalands. Creusé en 1676, le canal permit de relier la Loire à la Seine via le canal de Briare. Après son déclassement en 1954, il est prévu de le rouvrir au tourisme fluvial en 2020. En attendant, tentez une croisière sur L’Oussance, seul bateau promenade à naviguer sur le canal. Autre option : trois parcours du Loiret à Vélo (22 à 34 km) vous font longer ici le canal avant de s’enfoncer dans la forêt.

    Sur la place du Général- de-Gaulle a été reconstituée (en 1960) la maison où résida Jeanne d’Arc du 29 avril au 9 mai 1429. La visite en est instructive et agréablement scénarisée.

    Au centre-ville, le parc Louis-Pasteur, quatre hectares de bonheur.

    Dans la rue de Bourgogne, un sujet d’étonnement : le temple circulaire (14,80 m de diamètre) inauguré en 1839.

    La magnificence et le goût du détail chers à la Renaissance s’expriment sur la façade de l’hôtel Groslot, édifié à partir de 1530.

     

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  • Notre-Dame de Cléry-Saint-André : à la mémoire du grand Louis XI

    Par François Silvan

    En empruntant la D951 (qui devient D751 en Indre-et-Loire), le plus agréable chemin pour rejoindre Blois, Amboise et Tours, ou même Chambord, qui longe le plus souvent la rive gauche de la Loire, vous passerez près des murs imposants de la basilique Notre-Dame de Cléry-Saint-André, à 15 kilomètres d’Orléans.

    Notre-Dame de Cléry-Saint-André : à la mémoire du grand Louis XI

    Sous les voûtes de 27 mètres de hauteur, cherchez le dernier pilier sud : une dalle marque l’emplacement du cœur enseveli de Charles VIII. Dans le chœur, la petite Vierge de Cléry, copie du XVIe siècle.

    Cet imposant édifice gothique, rendu d’autant plus impressionnant par la modestie du village, constitue un double lieu de recueillement. D’abord auprès d’une statue de la Vierge millénaire – elle fut découverte en 1280 – qui fait l’objet de pèlerinages depuis lors (Cléry étant sur les routes de Compostelle), au point que Philippe Le Bel dut faire ériger ici une collégiale en 1309 pour pouvoir accueillir tous les pèlerins.

    Notre-Dame de Cléry-Saint-André : à la mémoire du grand Louis XI

    Le cénotaphe 
de marbre du sculpteur orléanais Michel Bourdin représentant Louis XI en prière date de 1622, le monument de bronze initial avait en effet été détruit en 1562 par les troupes du prince de Condé, qui dispersèrent aussi les cendres royales.

    Mais la basilique abrite aussi le tombeau d’un des seuls rois de France non enterré à la basilique Saint-Denis. Et quel roi ! Louis XI, ordonnateur de notre État-Nation, fut inhumé ici en 1483. Un hommage s’impose ! D’autant qu’il fut aussi l’initiateur des châteaux de la Loire avec la construction de Langeais, dans les années 1460. On lui doit la refondation de la basilique, pour avoir prononcé le vœu, lors du siège de Dieppe en 1443, de donner son poids en argent pour la reconstruction de Notre-Dame de Cléry s’il prenait la ville aux Anglais sans trop de dommages. Promesse tenue, avec trois travées supplémentaires et une nef en pur gothique flamboyant éclairée de vastes fenêtres. Dans la basilique reste le souvenir des exactions des troupes protestantes du prince de Condé, en 1562, qui détruirent le tombeau de Louis XI. Un témoignage supplémentaire de la violence des guerres de Religion, dont tout le Val de Loire porte les traces.

     

     

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