• LE DÉPUCELAGE DE LOUIS XIV AU LOUVRE

     

    LE DÉPUCELAGE DE LOUIS XIV AU LOUVRE

    Louis XIV a eu de grandes responsabilités très jeune. Malgré la régence de sa mère Anne d’Autriche, il monte officiellement sur le trône à l’âge de 5 ans.

    Et la reine-mère veille sur les intérêts de son fils, jusque dans les moindres détails… Y compris sa vie très intime.

    Anne d’Autriche a longtemps souffert de l’indifférence sexuelle de son époux, Louis XIII, le père du Roi-Soleil.

    En effet, de nombreuses rumeurs courent sur son impuissance et sur son orientation sexuelle. Leur nuit de noces a été un un échec complet et la reine a dû attendre 23 ans après le mariage pour avoir son héritier.

    Une frustration qu’elle a certainement mal vécu puisqu’elle serait à l’initiative du dépucelage de Louis XIV.

    Pour mener son projet à bien, elle charge sa femme de chambre et confidente Catherine-Henriette Bellierd’accompagner le roi dans son passage charnel à l’âge adulte.

    LE DÉPUCELAGE DE LOUIS XIV AU LOUVRE


    Le roi de France Louis XIV entouré de sa famille. Attribué à Nicolas de Largilliere.

    Catherine-Henriette Bellier est l’épouse de Pierre de Beauvais, un marchand drapier. Cette femme connue sous le surnom de « Cateau La Borgnesse » a su gagner la confiance d’Anne d’Autriche dans son cabinet, et plus particulièrement en lui prodiguant ses lavements, pour la petite anecdote croustillante.

    Âgée de 20 ans de plus que le roi et ayant eu de nombreux amants, elle s’occupe d’initier le roi aux plaisirs de la chair alors qu’il fête tout juste sa majorité sexuelle à 14 ans. Primi Visconti, l’un des chroniqueurs de la Cour, raconte cet épisode « Tout affreuse qu’elle était, le prince étant fort jeune, l’ayant trouvé seul à l’écart dans le Louvre, elle le viola, ou du moins le surprit, de sorte qu’elle obtint ce qu’elle désirait ».

    Il semblerait que le roi ne lui ait pas tenu rigueur de son audace puisqu’il serait retourné la voir plusieurs fois…Pour ce « service rendu », Catherine de Beauvais obtient l’Hôtel de Beauvais (au numéro 68 de l’actuelle rue François-Miron, anciennement rue Saint-Antoine) une pension de 2000 livres et son époux devient baron

    S’il y a de fortes chances pour que « Cateau La Borgnesse » ait, effectivement, été borgne, cela n’entache pas son charme selon les témoins.

    Saint Simon, homme de cour et mémorialiste, la décrit alors comme une « créature de beaucoup d’esprit, d’une grande intrigue, fort audacieuse, qui eut le grappin sur la reine-mère, et qui était plus que galante… On lui attribue la première d’avoir déniaisé le roi à son profit ».

    Par cette action, elle restera dans les bonnes grâces aussi bien du roi que de sa mère.

    Pourtant, après la mort de son époux et fortement endettée, elle s’éloignera de la cour et mourra seule. Le roi Louis XIV, lui, est resté connu comme un fougueux amant au fort appétit sexuel. Merci Cateau !

    LE DÉPUCELAGE DE LOUIS XIV AU LOUVRE


    Un des mascarons de l’hôtel de Beauvais de Catherine-Henriette Bellier

     

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  • Les petites histoires de l’Histoire…

    Pour ceux qui cherchent à se cultiver un peu plus …

     

    LE SAVIEZ-VOUS ?

    La prochaine fois que vous vous laverez les mains
    et que vous trouverez la température de l’ eau pas vraiment agréable,

          ayez une pensée émue pour nos ancêtres…

    Voici quelques faits des années 1500 :

    La plu part des gens se mariaient en juin, parce qu’ ils prenaient leur bain annuel en mai
    et se trouvaient donc encore dans un état de fraîcheur « raisonnable » en juin.

    Mais évidemment, à cette époque, on commençait déjà à puer légèrement
    et c’ est pourquoi la mariée tentait de masquer un tant soit peu son odeur corporelle en portant un    bouquet.

    C’ est à cette époque qu’ est née la coutume du bouquet de la mariée.  
    Pour se baigner, on utilisait une grande cuve remplie d’ eau très chaude.
    Le Maitre de maison jouissait du privilège d’ étrenner l’ eau propre ;

    suivaient les fils et les autres hommes faisant partie de la domesticité
    puis les femmes et enfin les enfants…  Les bébés fermaient la marche.À ce stade, l’ eau était devenue si sale qu’ il aurait été aisé d’y perdre quelqu’un…
    D’ où l’ expression « Jeter le bébé avec l’ eau du bain » !
         

    En ces temps-là, les maisons avaient des toits en paille, parfois même la maison n’ était qu’ un toit.
    C’ était le seul endroit où les animaux pouvaient se tenir au chaud.
    C’ est donc là que vivaient les chats et les petits animaux (souris et autres bestioles nuisibles),
    Lorsqu’ il pleuvait, celui-ci devenait glissant et il arrivait que les animaux glissent hors de la paille et tombent du toit.
    D’ où l’ expression anglaise  » It’s raining cats and dogs  » (« Il pleut des chats et des chiens« ).
    Pour la même raison, aucun obstacle n’ empêchait les objets ou les bestioles de tomber dans la maison.
    C’était un vrai problème dans les chambres à coucher où les bestioles et déjections de toute sorte s’ entendaient à gâter la literie.
    C’est pourquoi on finit par munir les lits de grands piliers afin de tendre par-dessus une toile

    qui offrait un semblant de protection.

    Ainsi est né l’ usage du ciel de lit ;
    bien évidemment, les plus pauvres devaient s’en passer…

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    Le pain était divisé selon le statut social.
    Les ouvriers en recevaient le fond carbonisé,

    la famille mangeait la mie et les hôtes recevaient la croûte supérieure, bien croquante.

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    À cette époque, on cuisinait dans un grand chaudron perpétuellement suspendu au-dessus du feu.
    Chaque jour, on allumait celui-ci, et l’ on ajoutait des ingrédients au contenu du chaudron.
    On mangeait le plus souvent des légumes, et peu de viande.
    On mangeait ce pot-au-feu le soir et laissait les restes dans le chaudron.
    Celui-ci se refroidissait pendant la nuit et le cycle recommençait le lendemain.
    De la sorte, certains ingrédients restaient un bon bout de temps dans le chaudron…

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    Les plus fortunés pouvaient s’ offrir des assiettes en étain.
    Mais les aliments à haut taux d’ acidité avaient pour effet de faire migrer des particules de plomb dans la nourriture,

    ce qui menait souvent à un empoisonnement par le plomb (saturnisme)
    et il n’ était pas rare qu’on en meure.

    C’ était surtout fréquent avec les tomates
    ce qui explique que celles-ci aient été considérées pendant près de 400 ans comme toxiques.

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    Pour boire la bière ou le whisky, on utilisait des gobelets en plomb.

    Cette combinaison mettait fréquemment les buveurs dans le coma pour plusieurs jours !

     

    Et quand un ivrogne était trouvé dans la rue, il n’ était pas rare qu’ on entreprenne de lui faire sa toilette funèbre.
    Il restait ainsi plusieurs jours sur la table de la cuisine,

    où la famille s’ assemblait pour boire un coup
    en attendant que l’ olibrius revienne à la conscience : d’ où l’ habitude de la veillée mortuaire.

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    La Grande-Bretagne est en fait petite et à cette époque, la population ne trouvait plus de places pour enterrer ses morts ;
    du coup, on déterra des cercueils et on les vida de leurs ossements qui furent stockés dans des bâtiments ad hoc
    afin de pouvoir réutiliser les tombes.

    Mais lorsqu’on entreprit de rouvrir ces cercueils, on s’ aperçut que 4 % d’ entre eux portaient des traces de griffures dans le fond,
    ce qui signifiait qu’ on avait enterré là quelqu’un de vivant.
    Dès lors, on prit l’ habitude d’ enrouler une cordelette au poignet du défunt reliée à une clochette à la surface du cimetière ;
    et l’on posta quelqu’un toute la nuit dans les cimetières avec mission de prêter l’ oreille
    et c’est ainsi que naquit là l’expression « sauvé par la clochette ».

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    C’ est une grenouille en marbre sculptée sur un bénitier

          à l’ entrée de la cathédrale de Narbonne qui est à l’ origine de l’expression imagée

     ‘’grenouille de bénitier’’.
    Qui a donc dit que l’histoire était ennuyeuse ?

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  • Piqueurs (Des) parisiens s’attaquent
    aux postérieurs féminins !
    (D’après « Le Musée de la conversation », édition de 1897)
     
     
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    Dans la seconde moitié de l’année 1819, un incident assez original vint jeter l’émoi dans la partie la plus gracieuse de la population parisienne. Un certain nombre de femmes, des jeunes filles surtout, se plaignirent d’avoir reçu, en se promenant sur la voie publique, des blessures produites par des instruments pointus que quelques farceurs inconnus auraient dirigés contre les régions les plus proéminentes de leurs personnes...

    Voici à ce propos une note émanée de la Préfecture de police, que nous trouvons insérée dans le Moniteur universel du 4 décembre 1819 ; elle ne manque pas d’une certaine saveur :

    « Un particulier, dont on n’a pu se procurer le signalement que d’une manière imparfaite, se fait depuis quelque temps un plaisir cruel de piquer par derrière, soit avec un poinçon, soit avec une longue aiguille fixée au bout d’une canne ou d’un parapluie, les jeunes personnes que le hasard lui fait rencontrer dans les rues, sur les places ou sur les promenades publiques.

    Le résultat d'une Piqûre
    Le résultat d’une Piqûre

    « Celles sur lesquelles il semble qu’il ait de préférence exercé, jusqu’à ce jour, sa coupable et dangereuse manie, sont les jeunes personnes que les principes d’une éducation soignée, une timidité naturelle, ou la crainte d’occasionner un éclat ou du scandale, ont dû empêcher de se plaindre aussitôt qu’elles se sont senties blessées. »

    La note finissait en engageant tous les citoyens à s’unir à l’autorité pour l’arrestation du coupable, jusqu’alors resté insaisissable. Le même organe cite, à la date du 12 décembre, un extrait du Journal de Paris : « Ces bruits répandus par les journaux, disait-on dans cet article, ont jeté dans le public une sorte d’effroi et une alarme telle, qu’une demoiselle prend la fuite, si on semble l’approcher de trop près. »

    Naturellement l’aventure devait servir de prétexte à la réclame. Aussi lisons-nous dansl’Indépendant du 10 décembre une lettre d’un sieur Liébert, pharmacien, rue Saint-Louis, 21, au Marais ; recommandant un spécifique contre les piqûres, dont plusieurs, assure l’habile commerçant, lui ont laissé voir quelques apparences venimeuses. Cet antidote, appliqué à temps, devait arrêter tous les effets dangereux, « qui ne se manifestent ordinairement qu’au bout de quelques heures. »

    Inutile de dire que chansons et caricatures égayèrent le public aux dépens des malheureuses victimes de l’introuvable mystificateur. On publia une plaquette intitulée : Piqûre à la mode, complainte, romance et chansons, par un membre de la société d’Épicure. Il y eut aussi lesPiqûres en vaudeville. Quant aux caricatures, presque toutes anonymes, bien peu méritent d’être signalées.

    Nous ne nous occuperons que des moins convenables. L’une d’elles, intitulée le Résultat d’une Piqûre, représente une femme dans une position... préoccupante. Nous mentionnerons la suivante comme une des meilleures. Un ouvrier est en train de garnir d’une cuirasse de sûreté les parties les plus exposées d’une jeune dame fort élégante. On voit pendues au mur plusieurs cuirasses de même forme. On lit en haut de la feuille : Par brevet d’invention, cuirasses préservant des piqûres, et en bas : comme ils vont être attrapés !

    Une autre estampe, qui traite te même sujet, a pour titre : Étrennes pour le jour de l’an 1820. Préservatif certain contre la piqûre. Dans un magasin rempli de cuirasses de toutes grandeurs, une jeune femme essaie l’une de ces plaques protectrices à double convexité. A droite, un ouvrier forgeron les prépare. Au bas du dessin se trouvent ces vers :

    Une doublure en fer-blanc,
    La matière est un peu dure,
    Mais le soin le plus urgent,
    C’est d’éviter la piqûre

    Ça vous va-t-y bien,
    ça n’vous bless’t-y pas ?

    Finalement l’affaire se dénoua devant la police correctionnelle. Le Journal de Paris des 26 janvier et 2 février 1820 rend compte du Procès d’un individu prévenu d’être un piqueur. Comme le rédacteur ne manque pas de le faire observer, cette cause était de nature à piquerla curiosité des dames.

    Étrennes pour le jour de l'an 1820. Préservatif certain contre la piqûre
    Étrennes pour le jour de l’an 1820. Préservatif certain contre la piqûre

    Le prévenu était un malheureux garçon tailleur, âgé de 35 ans, nommé Bizeul. Bien que n’ayant pas été pris en flagrant délit, il fut reconnu par quelques-unes des parties intéressées et condamné à cinq ans de prison et 500 francs d’amende. A diverses reprises, notamment à la fin de juin 1895, la police eut à s’occuper de faits du même genre, qui semblent constituer un cas d’érotomanie parfaitement caractérisé. (l’Éclair des 5 juillet 1895 et 5 juillet 1896.)

    L’affaire des piqueurs avait eu un curieux précédent dans les dernières années du règne de Louis XVI. Mercier rapporte, dans son Tableau de Paris (tome XI), le cas d’un particulier surnommé le chevalier Tape-cul qui, vers 1788, époque où le volume parut, prenait plaisir à frapper au bas du dos les femmes qui se trouvaient sur son passage. L’auteur ajoute qu’en général, les dames, surtout celles d’un certain âge, ne se montraient pas trop offusquées des mauvaises plaisanteries de ce maniaque.

    Lejoncourt a fait figurer le chevalier Tape-cul dans sa Galerie des centenaires anciens et modernes (1842). Selon lui, ce vieillard, chevalier de Saint-Louis, qui n’était connu que sous ce sobriquet, serait mort vers 1802, à l’âge de 117 ou 118 ans. Jusqu’à la fin de sa vie, on le voyait se promener habituellement sur les quais Voltaire et Malaquais. Quand les femmes qu’il frappait s’irritaient de son audace, il leur répondait : « Allez, allez. vous direz que c’est un homme de cent dix-sept ans qui s’est permis cela, et on le lui pardonnera. »

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  • Pilules Orientales pour développer
    et raffermir les seins, il y a 100 ans
    (Réclame parue dans « Le Petit Parisien » du 20 janvier 1911)
     
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    En 1911, le pharmacien Ratié vante, témoignages nombreux et anonymes à l’appui, les mérites de ses "Pilules Orientales", capables de « développer et raffermir les seins », et promet aux dames et jeunes filles de tous les paysd’obtenir un corsage n’ayant « bientôt plus rien à envier à celui de (leurs) compagnes les plus favorisées ». La quête d’une poitrine avantageusepréoccupait-elle donc déjà nos proches ancêtres ?

    Ceci résulte de quantité de lettres, entr’autres de celle-ci, écrite par Madame H. L... Sa joie est immense. Elle avait très peu de poitrine : elle se désolait de voir passer les meilleures années de sa jeunesse et de n’avoir qu’un buste plat, une gorge osseuse. Enfin elle prend des Pilules Orientales et quinze jours après elle écrit : Voilà quinze jours que je prends vos Pilules Orientales et je remarque déjà avec satisfaction un résultat vraiment surprenant. Signé Mme H. L..., rue Gondart, Marseille.

    Réclame pour les "Pilules Orientales"
    Réclame pour les "Pilules Orientales"
    Ce résultat na pas de quoi surprendre. Je suis habitué depuis longtemps, à recevoir beaucoup de lettres semblables, telle cette autre, empreinte de satisfaction et de reconnaissance : Je vous dirai Monsieur que vos Pilules Orientales ont fait beaucoup de bien à la jeune fille, car elle a maintenant la poitrine très développée et elle a une mine charmante. Ainsi pour vous en faire voir la preuve : auparavant qu’elle prenne vos pilules elle pesait cent deux et maintenant elle pèse cent cinq. Elle a augmenté de ces trois livres depuis qu’elle prend de vos pilules et elle se porte très bien. J’en ai déjà parlé à d’autres personnes que rien ne leur a fait pour les faire grossir de la poitrine, ni pour leur donner des forces et qui m’ont demandé votre adresse. Signé Madame T..., rue Portepoivine, Loches.

    Je tais les noms par discrétion professionnelle, me conformant du reste au désir exprimé par mes correspondantes ; mais les lettres sont là qui font foi. Ainsi donc les Pilules Orientales développent la poitrine et fortifient la santé. De plus elles donnent a la figure cette fraîcheur de teint qui fait dire à Madame T..., « elle a une mine charmante ». En outre elles effacent les creux si disgracieux produits par les saillies osseuses sur une poitrine trop maigre. C’est ce dont témoigne la lettre suivante :Monsieur, Vos Pilules Orientales me réussissent très bien. Grâce à elles je vois avec bonheur les creux qui entouraient ma gorge se remplir petit à petit. Je ne désespère plus maintenant de retrouver ce que, depuis déjà plusieurs années, j’avais perdu. Louise M..., rue Franklin, Passy.

    Je termine ces citations par celle-ci dont l’enthousiasme ne le cède en rien aux autres :Monsieur, Sur la foi de vos annonces j’ai fait usage de votre reconstituant des seins et je vous en témoigne mon contentement, car j’ai déjà obtenu la poitrine parfaite que je désirais. C’est surprenant et pourtant exact. Mes sincères salutations. Emilie R..., Roubaix (Nord).

    Les Pilules Orientales produisent tous les jours d’innombrables résultats analogues, car elles ne se comptent plus, les dames et les jeunes filles de tous les pays, qui s’adressent à ces merveilleuses pilules pour développer et raffermir les seins ou les reconstituer. Une belle poitrine, harmonieusement développée, est en effet l’un des attraits les plus captivants chez une femme. De plus, elle est en général l’indice d’une santé florissante et les préférences instinctives ou raisonnées, vont vers celles que la nature a favorisées sous ce rapport. Vous qui vous désolez de n’être pas de ce nombre ayez recours aux Pilules Orientales : en quelques semaines vous verrez les seins se développer et se raffermir, les saillies osseuses disparaître et les salières se combler ; votre corsage n’aura bientôt plus rien à envier à celui de vos compagnes les plus favorisées. Beaucoup d’entre elles du reste doivent leur buste opulent tout simplement aux Pilules Orientales.

    Ne craignez point que ces pilules puissent présenter le moindre danger : depuis plus de trente ans que des milliers de dames et de jeunes filles en font usage elles n’ont jamais donné lieu au plus léger reproche à ce sujet. Au reste le corps médical les prescrit volontiers, et maintes lettres de docteurs attestent leur action bienfaisante autant que leur efficacité. Tout ceci consacre la réputation des Pilules Orientales, et les met au-dessus de toute comparaison possible avec aucun autre produit ou traitement similaire. Ainsi donc, quel que soit votre cas, qu’il s’agisse de développer, de raffermir ou de reconstituer n’hésitez pas à recourir à l’unique moyen qui s’offre à vous, d’obtenir ce que vous désirez.

    J’enverrai gratis, sur demande, à toutes celles qui pourraient être encore dans le doute une élégante brochure renfermant d’intéressants détails et des preuves irréfutables de la merveilleuse efficacité des Pilules Orientales. La même brochure sera, sur demande, jointe à chaque flacon de pilules expédié directement. Prix du flacon de pilules : 6 fr. 35 franco contre mandat ou bon de poste. Avoir soin de bien adresser lettres et commandes comme suit : J. RATIE, pharmacien, 5, passage Verdeau, Section 41, Paris.

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  • Pillage (Le) des collections publiques
    d’ouvrages rares par le comte Libri
     
    (D’après « Le Petit Parisien », paru en 1911)
     
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    En 1911, l’enlèvement de la Joconde au musée du Louvre incite Le Petit Parisienà narrer la rocambolesque histoire du comte Guillaume Libri qui, parvenant à se faire nommer secrétaire de la Commission du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, excelle dans le pillage de collections d’ouvrages de la Bibliothèque Mazarine, de l’Observatoire ou encore de la Bibliothèque nationale, ses relations avec de hautes figures de l’Etat lui évitant dans un premier temps une condamnation

    Une vieille histoire, amusante comme un roman de police, revient à l’esprit de ceux qui se souviennent c’est celle du comte Libri qui, membre de l’Institut et inspecteur général des bibliothèques, dévalisa méthodiquement, pendant des années, les richesses qu’il était chargé de surveiller. Un livre ou un manuscrit est évidemment plus facile à dérober qu’un tableau ou qu’une statue. Libri n’en fut pas moins, dans un genre tout spécial, un homme de génie, dont le succès prolongé confond l’imagination.

     

    Il était né en Italie en 1803, d’une noble famille florentine. Impliqué dans une affaire de conspiration, il dut abandonner la chaire de mathématiques qu’il occupait à l’Université de Pise et vint s’installer à Paris. Il y fit une rapide et brillante carrière, justifiée à la fois par son réel mérite et par un prodigieux esprit d’intrigue. Professeur au Collège de France et à la Sorbonne, membre de l’Académie des sciences, inspecteur général de l’instruction publique, ami intime de Guizot, alors tout puissant, le comte Libri avait une « façade » magnifique. Ce qui se cachait derrière était moins estimable.

     

    Les inspections et missions auxquelles il procédait ne devaient pas, en effet, tarder à affecter un caractère tout spécial. Quand Libri arrivait dans une bibliothèque ou un dépôt d’archives, il excellait à y découvrir, soit grâce au catalogue, soit par des recherches personnelles, les pièces rares et de grandes valeurs. Tantôt si c’était un volume maniable, il le mettait tranquillement dans sa poche et l’emportait. Tantôt s’il s’agissait d’un manuscrit important, il détachait seulement les feuillets les plus intéressants.

    Pratiqué discrètement et avec quelque réserve, ce jeu aurait pu, peut-être, durer longtemps, surtout en province. Mais Libri, qui portait dans ces opérations une passion de monomane doublée d’une avidité sans bornes, taillait dans le grand et, peu de mois après le début de ses « missions », les plaintes se faisaient si nombreuses que, bon gré mal gré, la torpeur des bureaux était forcée de se secouer.

    De toutes parts, en effet, les soustractions étaient signalées. Tour à tour, la bibliothèque Mazarine, la bibliothèque de l’Arsenal, la bibliothèque de l’Observatoire et celle de l’Institut de France dénonçaient les larcins dont elles étaient victimes. En province, les dépôts de Troyes, de Grenoble, d’Albi, de Poitiers, de Carpentras, de Montpellier clamaient également leur stupéfaction. Impossible de ne pas être frappé de ce fait que, partout où un vol était constaté, M. l’inspecteur général, membre de l’Institut, était passé une ou plusieurs fois.

    Soupçonner cependant un si haut fonctionnaire c’était une singulière audace. C’était surtout une grave imprudence, car on savait le personnage puissant et bien en cour. On hésita longtemps à s’en prendre à lui. En 1847 pourtant la coupe déborda. Un Théocrite, édition de 1495, dont la bibliothèque de Carpentras avait signalé la disparition fut vendu dans une vente faite par le comte Libri et qui produisit plus de cent mille francs. Quelques semaines plus tard, une constatation pareille était faite à propos d’un manuscrit enlevé à la bibliothèque de Troyes. Guizot, si partial qu’il fût en faveur de Libri, ne put pas empêcher les plaintes de se produire et d’être suivies.

    Le 4 février 1848 le procureur général les résuma dans un long rapport. Le gouvernement arrêta le document et il fallut, pour qu’il vît le jour, la chute de la monarchie de Juillet. Libri, cependant, avec une magnifique imprudence, continuait à se montrer et à aller à l’Institut. C’est là qu’un rédacteur du National lui fit passer un billet portant ces simples mots : « Vous ignorez sans doute la découverte qui a été faite du rapport judiciaire concernant vos inspections dans les bibliothèques publiques. Croyez-moi épargnez à la société nouvelle des réactions qui lui répugnent. Ne venez plus à l’Institut. »

    Deux jours après, Libri partait pour l’Angleterre, où il se faisait passer pour une victime de la politique. Il n’avait pas manqué, hâtons-nous de l’ajouter, d’emporter avec lui sa bibliothèque « particulière ». Particulière, cette bibliothèque l’était au plus haut point. Car constituée avec un art supérieur, elle se composait presque exclusivement de manuscrits ou de livres volés. La liste de ces vols a été imprimée. Je me souviens encore de la chaleureuse émotion, avec laquelle trois hommes qui ont honoré la science et l’érudition françaises, MM. Léopold Delisle, Ludovic Lalanne et Amédée Tardieu racontaient, il y a quelque vingt ans, les découvertes opérées dans la « collection » Libri. La bibliothèque Mazarine avait été dépouillée de ses plus beaux spécimens d’imprimés italiens. La bibliothèque de Troyes venait en second rang. Celle de Grenoble avait perdu des imprimés latins, celle de Montpellier une magnifique édition de Machiavel, celle de Carpentras le Théocrite, dont je parlais tout à l’heure, et que le concierge des Archives témoigna avoir vu entre les mains de Libri.

    Les dépôts d’autographes n’avaient pas été plus épargnés, notamment la bibliothèque de l’Observatoire. L’Institut avait perdu des lettres de Charles VII, de Charles VIII, de Louis XI, de François Ier, de Calvin, de Henri IV, du maréchal d’Ancre, d’Anne d’Autriche, de Séguier, d’Arnaud d’Andilly, de Christine de Suède, de Colbert, de Molé, de Robert Estienne, de Ronsard, de Léonard de Vinci, j’en passe et des meilleures.

    A la Bibliothèque nationale la collection Baluze, célèbre dans l’Europe entière, avait été mise à sac : des trésors historiques inappréciables avaient ainsi disparu. Il en avait été de même pour la collection Peiresc et la collection du Puy. A la bibliothèque de Montpellier, le pilleur d’archives avait volé les lettres de Christine de Suède ; à Carpentras, un manuscrit de Dante ; à l’Arsenal, une édition manuscrite de Lucrèce.

    C’était un véritable désastre. Notez, d’ailleurs, que, par ses ventes successives, Libri avait gagné une fortune qui n’était pas loin d’atteindre un million, joli chiffre pour l’époque. Les conclusions des experts étaient formelles. Le 22 juin 1850, Libri fut condamné à dix ans de réclusion, à la perte de ses emplois publics et à la dégradation civique. Il lui restait 50.000 livres de rente avec lesquelles il put vivre heureux en Angleterre.

    Chose étrange : il lui restait aussi des partisans. Dans l’entourage de Guizot, on s’obstinait, malgré tant de preuves écrasantes, à le tenir pour une victime. Mérimée écrivit en avril 1852 deux lettres parues dans la Revue des Deux Mondes, si violentes contre les juges de Libri, qu’il fut condamné à 15 jours de prison pour outrage à la magistrature. On fit circuler des pétitions. On réclama la révision. En réalité, le cas n’est pas douteux, et Libri n’est pas défendable.

     
     
     
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