• Amour vomit sur moi sa fureur et sa rage, ..........Étienne Jodelle (1532-1573).

    Amour vomit sur moi sa fureur et sa rage, ..........Étienne Jodelle (1532-1573).

    Amour vomit sur moi sa fureur et sa rage,
    Ayant un jour du front son bandeau délié,
    Voyant que ne m’étais sous lui humilié
    Et que ne lui avais encore fait hommage ;
     
    Il me saisit au corps, et en cet avantage
    M’a les pieds et les mains garrotté et lié :
    De l’or de vos cheveux, plus qu’or fin délié,
    Il s’est voulu servir pour faire son cordage.
     
    Puis donc que vos cheveux ont été mon lien,
    Madame, faites-moi, je vous pri, tant de bien,
    Si ne voulez souffrir que maintenant je meure,
     
    Que j’aie pour faveur un bracelet de vous,
    Qui puisse témoigner dorénavant à tous
    Qu’à perpétuité votre esclave demeure.
     

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  • Commentaires

    2
    Vendredi 5 Juin à 12:27

    (1)  Acharnement d’un démon
          ------

    Obéir à la Loi, cela me met en rage,
    Ou qu’un ange de Dieu me reproche un délit ;
    J’élève donc la voix, mais je reste poli,
    Un mot inconvenant salirait mon image.

    L’ange défend le droit, mais pour quel avantage?
    En devenant esclave, il tombe, il s’avilit ;
    Sa liberté s’en va, son pouvoir s’abolit,
    D’un tyran créateur il est le pauvre otage.

    Observant des humains la stupide ferveur,
    Je ne sais que penser, ça me laisse rêveur;
    Ils se conduisent bien, ils vivent, puis ils meurent.

    Le sort de l’inframonde est plus noble à mes yeux,
    Ce refuge sacré, ce royaume sans Dieu,
    Comme il est bon d’avoir une telle demeure !

     

    (2)  Un doux rêveur
           ---------------

    Le fils du charpentier, sans fureur et sans rage,
    Nous a , pauvres humains, de nos maux déliés,
    Et consolés aussi, pauvres humiliés,
    Ce dont, jusqu’à ce jour, nous lui rendons hommage ;

    Pour son action sur Terre, il obtint l’avantage
    D’être, comme un bandit, les pieds et poings liés,
    Conduit vers le trépas, devant ses familiers,
    Des terrestres démons le volontaire otage.

    Un sphinx avait jadis, dans sa rude ferveur,
    Posé cette question à notre doux rêveur :
    -- Pour défendre le bien, faut-il que quelqu’un meure ?

    L’ascète avait souri jusqu’au fond de ses yeux,
    Disant : -- S’il advenait, ce Royaume de Dieu,
    Crois-tu qu’il semblerait une humaine demeure ?

      • Vendredi 5 Juin à 12:42

        Merci Cochonfucius pour ces 3 belles poésies

        Bonne journee

        LD

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