• À M. VICTOR HUGO..................Aloysius Bertrand (1807-1841)...

    À M. VICTOR HUGO

    À M. VICTOR HUGO..................Aloysius Bertrand (1807-1841)...

          La gloire ne sait point ma demeure ignorée,
          Et je chante tout seul ma chanson éplorée,
                Qui n’a de charme que pour moi.
    CH. BRUGNOT. — Ode.


    Nargue de vos esprits errants, dit Adam, je ne m’en inquiète pas plus qu’un aigle ne s’inquiète d’une troupe d’oies sauvages ; tous ces êtres-là ont pris la fuite depuis que les chaires sont occupées par de braves ministres, et les oreilles du peuple remplies de saintes doctrines.
    WALTER SCOTT. — L’Abbé, chap. XVI.

     

     

    Le livre mignard de tes vers, dans cent ans comme aujourd’hui, sera le bien choyé des châtelaines, des damoiseaux et des ménestrels, florilège de chevalerie, décaméron d’amour qui charmera les nobles oisivetés des manoirs.

    Mais le petit livre que je te dédie aura subi le sort de tout ce qui meurt, après avoir, une matinée peut-être, amusé la cour et la ville qui s’amusent de peu de chose.

    Alors, qu’un bibliophile s’avise d’exhumer cette œuvre moisie et vermoulue, il y lira à la première page ton nom illustre qui n’aura point sauvé le mien de l’oubli.

    Sa curiosité délivrera le frêle essaim de mes esprits qu’auront emprisonnés si longtemps des fermaux de vermeil dans une geôle de parchemin.

    Et ce sera pour lui une trouvaille non moins précieuse que l’est pour nous celle de quelque légende en lettres gothiques, écussonnée d’une licorne ou de deux cigognes.

     

    Paris, 10 septembre 1836.
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