• La barbarie, la vie et la beauté…

    La barbarie, la vie et la beauté…..........

    Sans tenir compte de l’homme, qui en fait bien sûr partie, la vie elle-même, végétale ou animale – y compris dans les phénomènes particulièrement brutaux qui ont permis son éclosion – n’est-elle pas fondamentalement barbare (voir Leïla ZhourBarbaries) ? Paradoxalement, la vie doit détruire pour construire. Comment l’homme qui, pour exister, détruit à peu près tout, peut-il changer cet ordre – fondamental – des choses ?

    Et comment supporter cette absurdité, d’autant plus que la beauté, dans ses multiples manifestations, est une autre évidence ? Dès lors, n’y a-t-il d’autre voie que de chercher la beauté, à l’instar des personnages de roman ci-dessous ?

    Muriel BarberyL’élégance du hérisson. Finalement, c’est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n’est plus le même. C’est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèse dans le temps, de suspension, un ailleurs ici-même, un toujours dans le jamais. Oui, c’est ça, un toujours dans le jamais… je traquerai désormais les toujours dans le jamais. La beauté dans le monde.

    Donna Tartt, Le chardonneret. Je pense à ce qu’a dit Hobie : la beauté modifie le grain de la réalité, [mais] la poursuite de la beauté pure est un piège, une voie rapide menant à l’amertume et au chagrin, parce que la beauté doit être associée à quelque chose de plus profond. Mais quelle est donc cette chose ?… Comment puis-je voir aussi clairement que tout ce que j’aime ou dont je me soucie n’est qu’illusion, et cependant, à mes yeux en tout cas, que tout ce qui vaut la peine d’être vécu se résume à ce charme-là ?

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Sur le banc

     Sur le banc..............Marmotteuse

    Dans nos vies, il y a toujours un banc, un petit coin offert pour arrêter le temps, banc caché ou perdu au fond d’un jardin, à Tokyo, à Paris ou Berlin. Un banc pour reposer son âme, pour ne penser à rien mais simplement regarder les mouvements du vent et entendre le petit silence, petites larmes, flaques blanches de l’eau.

     

    Un banc, pour des passants, des impatients pour la joie des enfants, sur un petit chemin un banc tout bariolé, un banc repeint en blanc. Un banc presque oublié, délaissé, ravagé, abandonné, rouillé et fatigué, un banc d’été ou d’hiver.

    Pour les curieux, le nez en l’air, un banc d’émotions folles, de saisons qui s’envolent, un banc poétique pour les amoureux de la chanson, un banc pour la rupture, un banc pour des blessures, un banc pour se dire pardon. Si tu viens t’asseoir un moment, je t’inventerais des histoires de bancs, histoire de faire passer le temps.

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  Caravelle,..

    L’ombre des nuages avance sur la forêt,

    L’ombre des nuages avance sur la forêt, les vagues défilent sans fin sur la grève, le vent poursuit son équateur sans s’essouffler jamais, les plantes refluent vers leurs racines avant de s’élancer vers une autre saison. Chut ! L’hivernage endort l’espace et ouvre la porte du temps sec.

     

    Plus loin, dans le monde habité, des hommes outillés de fer rejouent la naissance de l’Histoire et blessent la terre, un petit peintre use ses tubes et ses pinceaux à la recherche d’une voie pour lui, partout des enfants scrutent le ciel et fuient la confusion des langues en leur esprit ; ils jouent et c’est leur vrai langage.

    Dessous mouvants sous ce qui semble immuable, l’île bouge et craque, caravelle minérale sur une route dont tout nous échappe, on la croit ancrée ici ceinturée d’océan, certes ! Certains imaginent qu’ils la possèdent – partout c’est ainsi – mais en vérité, seul le vent sait son lent voyage. Il porte loin et haut son effort indolent qui mène à demain encore et encore.

    Si on affûte son oreille, on entend l’antique mélodie d’une liberté que rien n’altère, inéluctable, même sous la laideur ou les grincements des marchands de chaînes.

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Prendre le crayon de bois

    Prendre le crayon de bois..........

    Prendre le crayon de bois pour tracer en soi de nouvelles lignes. Le carnet muet me renvoie l’écho de la page blanche. Vide absolu. Ma solitude est là, je peux la porter à mains nues. Quel est ce vent irrévérencieux qui s’amuse sous la jupe des mots ? D’où vient ce plaisir à vouloir être en solitude pour écrire ? Et pour écrire à qui, à quoi ? Parler de quoi ? Quel est le problème ? Des millions de gens se croisent et se rencontrent, fuyant trop vite leurs solitudes. Ils se parlent et peuvent même s’aimer. Pour ne pas être seuls, ils donneraient leurs chiens.

     

    J’aime cette solitude, cet espace dans le temps rien que pour moi. J’aime la peupler dans l’infini de paroles qui surgissent sur le seuil comme ça, sans crier gare. La maison des mots s’habille de mes silences, et ce sont eux qui donnent chaleur, ambiance, mouvements. Dans cette solitude choisie, expérimentée tant et tant de fois, j’émerveille, j’invente, je peaufine et confronte mes doutes à mes possibles, mes impuissances à mes absurdes, et rien ne me fait peur ici, et rien ne me fait taire.

    Au loin, juste à côté, le temps continue et le cœur de la vie bat son rythme régulier. Juste à côté, il y a le chat et la fleur. Tous les deux peuvent danser dans les rêves du vent. La solitude marche à côté de la vie, elle en emprunte tous les chemins. A ce monde j’appartiens, de ce monde je suis un élément et je m’enivre d’être, tout simplement. Et lorsque ma solitude voudra rejoindre les étoiles, je veillerai à trouver dans cette nouveauté assez de mots dans la lumière.

    Tabou de solitude, je veux en parler. Tabou, mot inventé par l’homme pour éviter ses peurs. Tabou, mots en tas, bout à bout de mots, mots mis en bouts, mots debouts, à bout sur un tas de vie. Tabou, comme un tambour amputé d’un bras qui ne pourrait plus battre. Parler du silence et de la solitude pour vivre, exister, respirer. Se déposséder de soi pour voir plus loin, pour sentir en soi des ailleurs.

    Solitude, comme un point suspendu sur le fil du temps. La musique entraîne toujours très loin et rejoint souvent d’autres musiques, d’autres mélodies. De ce monde, je m’étourdis souvent, dans la pensée de cette multitude infinie qui arrive, seule et nue, puis vit, danse, chante, pleure, se marie, puis repart, si seule et anonyme. De ce monde, de son souffle sacré, nous sommes tous, un à un, reliés.

     Solitude

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Et si c’était toi celui que j’attendais,

    Et si c’était toi celui que j’attendais,..............

    Et si c’était toi celui que j’attendais, à qui je rêvais tout bas, que je voulais rencontrer ? Et si c’était toi celui qui me manquait, que je m’étais imaginé, pour ne plus douter de moi ?

     

    Et si c’était toi ma raison d’être là, ma lueur dans le noir, mon aube dans le soir ? Et si c’était toi l’auteur de ma joie, le détenteur de mes envies, le gardien de ma vie ?

    Et si c’était ma moitié que je venais de trouver ? Et si c’était toi que je rêvais d’aimer ?

    , Et si c’était toi ?

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Ici encore, je ne sais pas tout

    Ici encore, je ne sais pas tout............Célia Bornert,

    Ici encore, je ne sais pas tout. Je sais ce que je sais et c’est tout ! J’ai remarqué, dans mon chemin de fourmi, qu’on avait vite fait de faire des pas de géant vers l’absurde et dérisoire pensée qu’en avançant vite, on avançait mieux.

     

    Spirale infernale d’une quête perpétuelle du parfait, du toujours plus haut, du toujours plus brillant, où l’on finit par s’éteindre, imperceptiblement. Se ratatiner, basculer si vite vers oublier de vivre ! Alors, je m’interloque ! Je m’esclaffe : à quoi rime tout cela ? Non, décidément, ça ne rime à rien, ça ne rime en rien.

    Et la chute, aussi brillante soit-elle en tête, a des fonds de grisaille, de pâleur, de platitude : mieux vaut s’émerveiller en mangeant quelques fraises acidulées dans un sous-bois plein de fourmis.

    ..Célia Bornert, Jamais plus

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Télécharger «

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Télécharger 

    Google Bookmarks

    votre commentaire