• Recette de femme

    Recette de femme

    Que les très laides me pardonnent mais la beauté est fondamentale. Il faut dans tout cela qu'il y ait quelque chose d'une fleur, quelque chose d'une danse, quelque chose de haute couture dans tout cela (ou alors 
    Que la femme se socialise élégamment en bleu comme dans la République Populaire Chinoise). 
    Il n'y a pas de moyen terme. Il faut que tout soit beau. Il faut que, tout à coup on ait l'impression de voir une aigrette à peine posée, et qu'un visage acquière de temps en temps cette couleur que l'on ne rencontre qu'à la troisième minute de l'aurore. 
    Il faut que tout cela soit sans être, mais que cela se reflète et s'épanouisse dans le regard des hommes. Il faut, il faut absolument que tout soit beau et inespéré. Il faut que des paupières closes rappellent un vers d'Eluard, et que l'on caresse sur des bras quelque chose au delà de la chair : et qu'au toucher ils soient comme l'ambre d'un crépuscule. Ah, laissez-moi vous dire

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  • Je prends congé, je rentre 

    Je prends congé, je rentre ....................

    Je prends congé, je rentre 
    chez moi, dans mes rêves,
    je retourne en Patagonie
    où le vent frappe les étables
    où l'océan disperse la glace.
    Je ne suis qu'un poète 
    et je vous aime tous,
    je vais errant par le monde que j'aime :

    dans ma patrie 
    on emprisonne les mineurs
    et le soldat commande au juge.
    Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
    de mon petit pays si froid.
    Si je devais mourir cent fois,
    c'est là que je voudrais mourir
    et si je devais naître cent fois
    c'est là aussi que je veux naître 
    près de l'araucaria sauvage,
    des bourrasques du vent du sud
    et des cloches depuis peu acquises.

    Qu'aucun de vous ne pense à moi. 
    Pensons plutôt à toute la terre, 
    frappons amoureusement sur la table.
    Je ne veux pas revoir le sang
    imbiber le pain, les haricots noirs,
    la musique: je veux que viennent
    avec moi le mineur, la fillette,
    l'avocat, le marin
    et le fabricant de poupées,
    Que nous allions au cinéma, 
    que nous sortions 
    boire le plus rouge des vins.

    Je ne suis rien venu résoudre.

    Je suis venu ici chanter
    je suis venu
    afin que tu chantes avec moi.

    Extrait de "El Canto General" Traduction collégiale.

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  • BUREAU DE TABAC

    BUREAU DE TABAC...................

    Je ne suis rien
    Jamais je ne serai rien.
    Je ne puis vouloir être rien.
    Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

    Fenêtres de ma chambre,
    de ma chambre dans la fourmilière humaine unité ignorée
    (et si l'on savait ce qu'elle est, que saurait-on de plus ?),
    vous donnez sur le mystère d'une rue au va-et-vient continuel,
    sur une rue inaccessible à toutes les pensées,
    réelle, impossiblement réelle, précise, inconnaissablement précise,
    avec le mystère des choses enfoui sous les pierres et les êtres,
    avec la mort qui parsème les murs de moisissure et de cheveux blancs les humains,
    avec le destin qui conduit la guimbarde de tout sur la route de rien.

    Je suis aujourd'hui vaincu, comme si je connaissais la vérité;
    lucide aujourd'hui, comme si j "étais à l'article de la mort,
    n'ayant plus d'autre fraternité avec les choses
    que celle d'un adieu, cette maison et ce côté de la rue
    se muant en une file de wagons, avec un départ au sifflet venu du fond de ma tête,
    un ébranlement de mes nerfs et un grincement de mes os qui démarrent.

    Extrait de Alvaro de Campos

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  • Béni soit le jour et le mois et l'année..

    Béni soit le jour et le mois et l'année...............François Pétrarque

    Béni soit le jour et le mois et l'année
    Et la saison, le temps, et l'heure et le moment,
    Le beau pays, les lieux où je trouvai
    Ces deux beaux yeux qui furent ma prison

    Et bénie soit la douceur affligée
    Que je senti, pris dans ces liens d'amour,
    Bénis soit l'arc et la flèche acérée
    Qui à mon cœur fit une plaie d'amour

    Que soit bénie cette voix qui s'éraille
    A proclamer le beau nom de sa Dame
    Et les soupirs, le désir et la larmes.

    Que bénis soient tous les poèmes écrits
    Qui la célèbrent; et bénie soit mon âme
    Qui vers elle s'élance, ignorant ses rivales.


    Traduction Club des Poètes 

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  • Au coeur qui bat.

    Au coeur qui bat...............Bernard

    Tout ce qu'il y a de silence
    Dans un nuage qui passe,
    Tout ce qu'il y a de chagrin
    Dans l'orage qui vient !
    J'ai caressé ton ombre
    Les mains dans les étoiles
    Et n'ai saisi que du vent.
    Si j'ai suivi tes pieds d'argent
    Sur les nuages de mon rêve,
    Jamais je n'ai pu trouver ton chemin.
    Oser tes lèvres, mais ce n'était qu'un rêve !
    Je n'ai que ton silence pour demain.

    II

    J'ai hésité entre le jour et la nuit,
    Le silence des arbres et le cri des oiseaux.
    J'ai toujours hésité entre le feu et l'eau.
    Un rêve m'accompagne à la tombée du jour.
    Ta voix parfume mon sommeil.
    La nuit sans toi est aveugle.
    Ta main devient ma canne blanche,
    Le grain de ta peau le braille de mes lèvres.
    Je t'aime comme on aime le soleil
    Sans jamais l'approcher
    Et sans vraiment le voir.
    Tu es mon cantique, ma sonate du soir,
    Ma lumière invisible entre des cils noirs.

    III

    Tu es toujours mon manque, mon désir,
    Île d'Eros, encore mystérieuse
    A jamais inaccessible rocher.
    A trop te rechercher,
    J'ai fini par te perdre
    Au beau milieu de l'océan.
    A force de caresses
    Que je n'ai pas données,
    Mes mains se sont usées
    Comme une pierre sous le vent.
    J'écoute toujours à ta porte
    Pour t'entendre m'appeler
    Dans le chant de tes rêves.
    S'il me faut la chair et le sang,
    Les cailloux et la terre,
    C'est pour mieux oublier
    Que mon coeur est la serre
    Où ta fleur a poussé.

    IV

    Je m'étends prés de toi
    Sans jamais te le dire.
    Tu t'endors dans mes bras
    Sans même que je te touche.
    L'épée de Tristan avive mon désir
    Quand mon souffle sur ta tempe
    Vient bercer tes cheveux.
    Ma main sur ta joue
    Est gantée de soleil
    Mais tu ne la sens pas
    Blottie dans ton sommeil.
    C'est toujours ton âme que je bois
    Quand j'effleure sur ta bouche
    Tes songes silencieux.

    V

    Je parle ton langage,
    Je connais ta grammaire,
    Je sais les mots de ton voyage,
    C'est le monde que je vois
    Quand tu ouvres les yeux.
    Je te suis pas à pas
    Pour dissiper tes doutes
    Et tes hésitations.
    Je te tiens par la main
    Pour te donner confiance.
    Je regarde devant toi
    Pour t'ouvrir l'horizon.
    Tu prends en moi le rire.
    De toi, je garde le silence.

    VI

    Je retrouve le froid des trottoirs,
    La souffrance des rues
    Quand ta lampe s'éteint
    Derrière tes volets.
    Je ne reste jamais loin de ta porte,
    Muet comme un adolescent.
    Je t'ai toujours parlé
    Pour ne jamais rien dire,
    Mais tu devinais tout
    A la caresse du vent.
    Des deux, c'est moi l'enfant perdu
    Des larmes ou de la pluie.

    VII

    Je t'ai donné ma force
    Et mon désir de vivre.
    Tu restes le présent.
    Je ne suis plus l'avenir.
    Je ne suis que l'écorce
    Où tu graves un sourire.
    Tu retrouves le calme
    Aux mots que je prononce.
    Je ne suis que l'escale
    Quand une tempête s'annonce.
    Je suis le passé révolu,
    Les heures oubliées.
    Ma mémoire succombe
    Et je me sens vieillir.
    Je t'aime au prix fort
    Car mon silence est d'or,
    Et j'aurais tout perdu
    Si je t'avais parlé.
    Pour toi, j'ai enterré les mots
    Au cimetière du silence
    Et suis resté muet,
    Mais je chante encore
    Ton nom en secret
    Sur des chemins de lune.

    VIII

    La pluie a cessé
    Aux vitres de la nuit
    Et le silence renaît.
    J'emporte tes seins,
    J'emporte ton corps
    Et tes yeux dans mes yeux
    Pour faire naître le jour.
    Le bonheur, c'est toujours
    Que tu vives, même absente,
    Même bouche fermée.
    Tu es encore l'obscurité
    D'une ville qui dort
    Mais je t'offre la lumière
    D'une aube retrouvée.
    Je veux que tes mains
    Soient fleuries d'espérance,
    Ôter de ta peau
    L'épine des souffrances.
    Quand tu seras seule,
    Ma main tendue
    Te redira je t'aime.
    Je serai grain de blé
    Lorsque tu auras faim.
    Mon bras sur ton épaule
    Te servira de laine.
    Je sècherai tes larmes
    Et tu n'auras plus froid.
    Toi et moi, sans jamais se confondre,
    Toujours deux différents
    Pour toujours mieux se comprendre.
    Je resterai ton ombre
    Lorsque tu marcheras.

    IX

    Je ne regrette pas
    Ce temps passé ensemble,
    Cet espace entre nous
    Qui rétrécissait peu à peu.
    Nos lèvres auraient pu se toucher
    Au hasard du mois d'août
    Et nos mains se surprendre
    Au soleil de juillet.
    Je t'ai jadis accompagnée
    Au mur de ton jardin
    Et opposé un non à ton invitation.
    L'audace m'a manqué depuis
    Pour traverser ta rue.
    La vie était passée déjà
    Quand je t'ai reconnue.
    L'automne était déjà venu,
    Nous étions en novembre
    Et je ne le savais pas.
    Je t'ai tout dit pourtant
    Avec les yeux de mon silence
    Et j'ai chanté ton nom
    Avec des mots d'enfant.
    Ta bouche est restée close
    Et le feu sous la cendre.
    Tu sais bien que je t'aime
    Même si je reste coi.
    Je voulais vivre le présent
    Sans chercher l'aventure.
    Tu rêvais d'un futur
    Mais je n'y étais pas.
    Tu voulais mon silence
    Et je voulais ton cri.
    Tu as gagné :
    Tu voulais le soleil
    Et je t'offrais la nuit.

    X

    Je t'ai gardée
    Comme un beau livre
    Que je feuillette page à page
    Lorsque le temps est à la pluie
    Et que mon coeur est à l'orage.
    Tu es venue. J'ai agrandi
    Les murs de ma prison.
    Tu m'as fait le cadeau
    D'une enfance retrouvée.
    Avec toi, j'ai réappris
    Le sel des larmes
    Et l'épine des roses.
    Tu es toujours vivante.
    Mon coeur est l'urne
    Où ton sourire repose.

     

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  • Tu voulais le soleil et je t’offrais la nuit…

    Tu voulais le soleil et je t’offrais la nuit…...........

    Tout ce qu’il y a de silence Dans un nuage qui passe, Tout ce qu’il y a de chagrin Dans l’orage qui vient ! J’ai caressé ton ombre Les mains dans les étoiles Et n’ai saisi que du vent. Si j’ai suivi tes pieds d’argent Sur les nuages de mon rêve, Jamais je n’ai pu trouver ton chemin. Oser tes lèvres, mais ce n’était qu’un rêve ! Je n’ai que ton silence pour demain.

    J’ai hésité entre le jour et la nuit, Le silence des arbres et le cri des oiseaux. J’ai toujours hésité entre le feu et l’eau. Un rêve m’accompagne à la tombée du jour. Ta voix parfume mon sommeil. La nuit sans toi est aveugle. Ta main devient ma canne blanche, Le grain de ta peau le braille de mes lèvres. Je t’aime comme on aime le soleil Sans jamais l’approcher Et sans vraiment le voir. Tu es mon cantique, ma sonate du soir, Ma lumière invisible entre des cils noirs.

    Tu es toujours mon manque, mon désir, Île d’Eros, encore mystérieuse A jamais inaccessible rocher. A trop te rechercher, J’ai fini par te perdre Au beau milieu de l’océan. A force de caresses Que je n’ai pas données, Mes mains se sont usées Comme une pierre sous le vent. J’écoute toujours à ta porte Pour t’entendre m’appeler Dans le chant de tes rêves. S’il me faut la chair et le sang, Les cailloux et la terre, C’est pour mieux oublier Que mon coeur est la serre Où ta fleur a poussé.

    Je m’étends près de toi Sans jamais te le dire. Tu t’endors dans mes bras Sans même que je te touche. L’épée de Tristan avive mon désir Quand mon souffle sur ta tempe Vient bercer tes cheveux. Ma main sur ta joue Est gantée de soleil Mais tu ne la sens pas Blottie dans ton sommeil. C’est toujours ton âme que je bois Quand j’effleure sur ta bouche Tes songes silencieux.

    Je parle ton langage, Je connais ta grammaire, Je sais les mots de ton voyage, C’est le monde que je vois Quand tu ouvres les yeux. Je te suis pas à pas Pour dissiper tes doutes Et tes hésitations. Je te tiens par la main Pour te donner confiance. Je regarde devant toi Pour t’ouvrir l’horizon. Tu prends en moi le rire. De toi, je garde le silence.

    Je retrouve le froid des trottoirs, La souffrance des rues Quand ta lampe s’éteint Derrière tes volets. Je ne reste jamais loin de ta porte, Muet comme un adolescent. Je t’ai toujours parlé Pour ne jamais rien dire, Mais tu devinais tout A la caresse du vent. Des deux, c’est moi l’enfant perdu Des larmes ou de la pluie.

    Je t’ai donné ma force Et mon désir de vivre. Tu restes le présent. Je ne suis plus l’avenir. Je ne suis que l’écorce Où tu graves un sourire. Tu retrouves le calme Aux mots que je prononce. Je ne suis que l’escale Quand une tempête s’annonce. Je suis le passé révolu, Les heures oubliées. Ma mémoire succombe Et je me sens vieillir. Je t’aime au prix fort Car mon silence est d’or, Et j’aurais tout perdu Si je t’avais parlé. Pour toi, j’ai enterré les mots Au cimetière du silence Et suis resté muet, Mais je chante encore Ton nom en secret Sur des chemins de lune.

    La pluie a cessé Aux vitres de la nuit Et le silence renaît. J’emporte tes seins, J’emporte ton corps Et tes yeux dans mes yeux Pour faire naître le jour. Le bonheur, c’est toujours Que tu vives, même absente, Même bouche fermée. Tu es encore l’obscurité D’une ville qui dort Mais je t’offre la lumière D’une aube retrouvée. Je veux que tes mains Soient fleuries d’espérance, Ôter de ta peau L’épine des souffrances. Quand tu seras seule, Ma main tendue Te redira je t’aime. Je serai grain de blé Lorsque tu auras faim. Mon bras sur ton épaule Te servira de laine. Je sècherai tes larmes Et tu n’auras plus froid. Toi et moi, sans jamais se confondre, Toujours deux différents Pour toujours mieux se comprendre. Je resterai ton ombre Lorsque tu marcheras.

    Je ne regrette pas Ce temps passé ensemble, Cet espace entre nous Qui rétrécissait peu à peu. Nos lèvres auraient pu se toucher Au hasard du mois d’août Et nos mains se surprendre Au soleil de juillet. Je t’ai jadis accompagnée Au mur de ton jardin Et opposé un non à ton invitation. L’audace m’a manqué depuis Pour traverser ta rue. La vie était passée déjà Quand je t’ai reconnue. L’automne était déjà venu, Nous étions en novembre Et je ne le savais pas. Je t’ai tout dit pourtant Avec les yeux de mon silence Et j’ai chanté ton nom Avec des mots d’enfant. Ta bouche est restée close Et le feu sous la cendre. Tu sais bien que je t’aime Même si je reste coi. Je voulais vivre le présent Sans chercher l’aventure. Tu rêvais d’un futur Mais je n’y étais pas. Tu voulais mon silence Et je voulais ton cri. Tu as gagné : Tu voulais le soleil Et je t’offrais la nuit.

    Je t’ai gardée Comme un beau livre Que je feuillette page à page Lorsque le temps est à la pluie Et que mon coeur est à l’orage. Tu es venue. J’ai agrandi Les murs de ma prison. Tu m’as fait le cadeau D’une enfance retrouvée. Avec toi, j’ai réappris Le sel des larmes Et l’épine des roses. Tu es toujours vivante. Mon coeur est l’urne Où ton sourire repose.

    Bernard, 16 février 2004, 

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  • Le premier amour

    Le premier amour..............Véronique Olmi, 

    Après Lyon, j’ai roulé lentement, le bras à la fenêtre, dans la campagne floue de ce jour de juin, l’air tremblait d’une chaleur condensée qui éclaterait bientôt. Quelque chose venait de cette terre qui m’était connue et qui m’appartenait, un peu comme un foulard pris dans les branches, que l’on ne parvient pas à atteindre et qui se balance au vent, un signe de nous-mêmes, personnel et perdu. J’avais perdu quelque chose dans cette campagne si française, aux verts dégradés, aux clochers fins comme des lames, aux cours d’eau clairs empoisonnés. J’ai arrêté la voiture et marché le long d’un chemin sec, et cela enflait, un rêve présent mais impossible à saisir, je cherchais une image, un mot qui aurait ouvert la voie, mais devant moi il y avait juste le calme trompeur de villages éparpillés et de routes délaissées, et les gens d’ici, semblables aux gens de toutes les enfances, les personnages de la campagne, leurs mots lourds, les chiens aboyeurs dans les jambes sombres des femmes.

     

     

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  • Glisser..

     Glisser......................Valérie Doussaud,

    Comme un éveil glorieux, un matin à l’air tranquille, des cimes qu’agite la brise, comme un rayon de soleil glissant par la fenêtre, comme l’invite d’une blanche page,

     

    profond et paisible revient le souffle d’une nuit immobile, brusquement revient l’idée de glisser sur les dunes,

    soudain revient l’envol par-dessus les collines, comme le bruissement d’un vol d’oiseaux sauvages au fond du ciel, comme le pas rapide du guerrier, l’espace fulgurant du vent fou, comme le sentiment d’aimer,

    reviennent en un instant le plongeon, l’envol après les doutes, le survol après les craintes, plus haut et plus loin qu’avant.

     

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  • Petite pluie.

    Petite pluie.....................Amélie Ambry,

    Cette pluie qui tombe sur mes joues, mes yeux, mes lèvres. Cette pluie froide est comme mon amour pour toi. Il est froid, piquant mais si agréable. Il est doux sur mes lèvres, calme sur mes yeux, insolent sur mes joues. Mais il n’est pas chaud comme je me l’étais imaginé. Je l’avais vu suave et crémeux. Je le croyais tiède il n’est que froid. S’il me brûle c’est comme la glace. Mais c’est ainsi que je l’aime. Et tes doigts ne sont jamais si sensuels que quand ils sont froids. Et les sentiments que tu dessines en moi sont des petites aiguilles de douceur, comme cette eau divine et printanière qui tout à l’heure me rappelait combien je souffre pour toi.

    Le vent rugit à mes oreilles et me rappelle les cris que j’ai poussés, les gémissements de mon corps autour du tien, quand tu me donnais les poussières de ta vie. Il me parle de tes grognements de fatigue, de ta voix sombre qui me pousse dans l’abîme de ta chaleur, des tourbillons de plaisir dans tes draps.

    Mais la pluie est froide et le vent chaud. Mon amour est glacé. Mais rien ne me rappelle la chaleur du lit. Même ma jouissance ressemble à une marée de sel sur mon corps de plaies. Je souffre par toi et rien n’est plus doux. Tes doigts éveillent cet intérieur par des gouttes de glace. Tes baisers au goût étranger de fumée sont des lames de rasoir sur ma langue. Ton plaisir transperce mon ventre d’une déchirure si douce qu’elle me fait pleurer.

    Mais ce froid devient cruel quand je regarde tes sentiments. Il m’écartèle à travers le glacier de ton regard car tu me regardes avec le métal de ton esprit quand je voudrais voir la soie de ton âme. Tu me fais mal, tu me fais mal. Mais je supporterai toujours car c’est la seule chose qui me vienne de toi. Si je souffre pour toi c’est pour que ta chair se console.

     

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