• É C O U T E Z !

    É C O U T E Z !....................

    Écoutez !
    Puisqu'on allume les étoiles,
    c'est qu'elles sont à 
    quelqu'un nécessaires?
    C'est que quelqu'un désire

    qu'elles soient?

    C'est que quelqu'un dit perles 
    ces crachats?
    Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
    il fonce jusqu'à Dieu,
    craint d'arriver trop tard, pleure,
    baise sa main noueuse, implore 
    il lui faut une étoile! 
    jure qu'il ne peut supporter 
    son martyre sans étoiles.

     

    Ensuite,
    il promène son angoisse,
    il fait semblant d'être calme.
    Il dit à quelqu'un :
    " Maintenant, tu vas mieux,
    n'est-ce pas? T'as plus peur ? Dis ? "

    Écoutez !
    Puisqu'on allume les étoiles,
    c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
    c'est qu'il est indispensable,
    que tous les soirs
    au-dessus des toits
    se mette à luire seule au moins
    une étoile? 

    Vladimir Maïakovski

     

     

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  • Déclarations d'amour

     

    Je vous aime, vous... pour l'amour de Dieu, parce que vous êtes mon prochain, parce que vous êtes l'un de mes proches. Sans l'amour de Dieu, je ne vous aimerais pas, vous ne m'êtes pas sympathique.

     

    Je vous aime, vous... parce que vous êtes bon, parce que vous êtes sage, parce que vous agissez bien..., parce que... parce que... parce que...

     

    Je vous aime, vous... parce que vous êtes malheureux. Si vous ne l'étiez pas, je ne songerais pas à vous, et quand vous ne le serez plus, je vous oublierai.

     

    Je vous aime, vous... parce que vous pensez où je pense, voulez où je veux, aimez où j'aime et qu'il y a entre nous deux cette merveilleuse harmonie.

     

    Je vous aime, vous... parce que ça me fait plaisir.

     

    Et vous, je vous ai aimé, vous seul, parce que je ne pouvais pas m'en empêcher malgré le mal que vous aimer m'a fait. Je vous ai aimé sans voir, sans savoir, sans vouloir, sans pouvoir...

    Elyse Simorre interprète "Déclaration d'Amour"

    (Truespeech, Internet Explorer ou Realaudio)

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  • BÂILLON

    BÂILLON

    Je parle à tort et à travers.
    Je parle à travers et à tort
    Et je chanterai vif ou mort
    En rouge, en noir, en prose, en vers.

     

    C'est pour chasser le vol des mouches
    Ou bien, c'est pour mieux vous mentir
    Et mettre un bâillon sur la bouche
    D'un silence qui va tout dire.


    Extrait de "Poésies 1923-1988"
    éd. Poésie/Gallimard

     

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  • Tout au fond de l'océan

    Tout au fond de l'océan

    Tout au fond de l'océan
    Gît un coquillage arc-en-ciel.
    Il est là, toujours, brillant paisiblement
    Sous les plus hautes vagues des tempêtes
    Comme sous les bienheureuses vaguelettes
    Que le vieux Grec appelait rides de rire.
    Ecoute - tout au fond de l'océan
    Le coquillage arc-en-ciel chante.
    Il est là, toujours, chantant silencieusement.

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  • une femme qui portait un enfant dans les bras

    une femme qui portait un enfant dans les bras..................Khalil Gibran

    Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, 
    Parlez-nous des Enfants.
    Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
    Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
    Ils viennent à travers vous mais non de vous.
    Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

    Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
    Car ils ont leurs propres pensées.
    Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
    Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, 
    pas même dans vos rêves.
    Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, 
    mais ne tentez pas de les faire comme vous.
    Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

    Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
    L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance 
    pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
    Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
    Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.

    (extrait du recueil Le Prophète)
    (sculpture de Gudmar Olovson)

    ....Khalil Gibran 1883- 1931,

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  • LE LIVRE DE LA PAUVRETÉ
    ET DE LA MORT

    LE LIVRE DE LA PAUVRETÉ ET DE LA MORT...................

    Je suis peut-être enfoui au sein des montagnes
    solitaire comme une veine de métal pur ;
    je suis perdu dans un abîme illimité,
    dans une nuit profonde et sans horizon.
    Tout vient à moi, m'enserre et se fait pierre.

    Je ne sais pas encore souffrir comme il faudrait,
    et cette grande nuit me fait peur ;
    mais si c'est là ta nuit, qu'elle me soit pesante, qu'elle m'écrase,
    que toute ta main soit sur moi,
    et que je me perde en toi dans un cri.

     

      Rainer-Maria Rilke Tucholski Freidrich Nietzsche (Allemagne).........1875 - 1926 .

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  • Partout où se trouve la douleur, c'est terre sainte. 

    Un jour, on comprendra ce que cela veut dire. On ne saura rien de la vie avant cela. M. et des natures comme la sienne peuvent le comprendre. Quand, entre deux agents de police, je fus amené de ma prison à la Cours des Banqueroutes, M. attendit dans le long corridor sinistre, afin de pouvoir, devant la foule qu'une action si douce et si simple réduisit au silence, me soulever gravement son chapeau, tandis que,  les menottes aux mains et la tête baissée, je passais devant lui. Des hommes sont allés au ciel pour de plus petites choses que cela. C'est dans cet esprit et avec ce genre d'amour que les saints s'agenouillaient pour laver les pieds des pauvres ou s'inclinaient pour baiser le lépreux sur la joue. Je ne lui ai dit jamais un seul mot de ce qu'il fit là.
    Je ne sais même pas en ce moment s'il se doute que j'ai pu soupçonner son geste. Ce n'est pas une chose sur laquelle on adresse des remerciements formels en paroles formelles. Je l'ai serrée dans le trésor de mon coeur. Je l'y garde comme une dette secrète que je suis heureux de penser que je ne pourrai jamais payer. Elle est embaumée et rafraîchie par la myrrhe et les aromates de maintes larmes. Quand la sagesse ne me fut d'aucun profit, quand la philosophie demeura stérile, quand les proverbes et les phrases de ceux qui cherchèrent à me consoler furent comme de la poussière et de la cendre dans ma bouche, le souvenir de ce petit geste d'amour, adorable et silencieux, a descellé pour moi tous les puits de la pitié. Il a fait fleurir 1e désert comme une rose, il m'a arraché à l'amertume solitaire de l'exil pour me mettre en harmonie avec le grand coeur blessé et brisé du monde.

    De Profundis, écrit dans la Geôle de Reading 
    (Trad. par Henry D. DAVRAY

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  • La femme adultère

    La femme adultère..............Fédérico Garcia LORCA...

    Je la pris près de la rivière
    Car je la croyais sans mari
    Tandis qu'elle était adultère
    Ce fut la Saint-Jacques la nuit
    Par rendez-vous et compromis
    Quand s'éteignirent les lumières
    Et s'allumèrent les cri-cri
    Au coin des dernières enceintes
    Je touchai ses seins endormis
    Sa poitrine pour moi s'ouvrit
    Comme des branches de jacinthes
    Et dans mes oreilles l'empois
    De ses jupes amidonnées
    Crissait comme soie arrachée
    Par douze couteaux à la fois
    Les cimes d'arbres sans lumière
    Grandissaient au bord du chemin
    Et tout un horizon de chiens
    Aboyait loin de la rivière

     

    Quand nous avons franchi les ronces
    Les épines et les ajoncs
    Sous elle son chignon s'enfonce
    Et fait un trou dans le limon
    Quand ma cravate fût ôtée
    Elle retira son jupon
    Puis quand j'ôtai mon ceinturon
    Quatre corsages d'affilée
    Ni le nard ni les escargots
    N'eurent jamais la peau si fine
    Ni sous la lune les cristaux
    N'ont de lueur plus cristalline
    Ses cuisses s'enfuyaient sous moi
    Comme des truites effrayées
    L'une moitié toute embrasée
    L'autre moitié pleine de froid
    Cette nuit me vit galoper
    De ma plus belle chevauchée
    Sur une pouliche nacrée
    Sans bride et sans étriers

     

    Je suis homme et ne peux redire
    Les choses qu'elle me disait
    Le clair entendement m'inspire
    De me montrer fort circonspect
    Sale de baisers et de sable
    Du bord de l'eau je la sortis
    Les iris balançaient leur sabre
    Contre les brises de la nuit
    Pour agir en pleine droiture
    Comme fait un loyal gitan
    Je lui fis don en la quittant
    D'un beau grand panier à couture
    Mais sans vouloir en être épris
    Parce qu'elle était adultère
    Et se prétendait sans mari
    Quand nous allions vers la rivière

     

    Traduction Jean Prévost [Extrait de "El Romancero Gitano"]

     

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  • .Le Jardinier d'amour, XXXV).

    Rabindranath Tagore.................Le Jardinier d'amour, XXXV)


    De peur que je n'apprenne à te connaître trop facilement, tu joues avec moi. 
    Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes. 
    Je connais tes artifices. 
    Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire. 
    De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons. 
    De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part. 
    Je connais tes artifices. 
    Jamais tu ne prends le chemin que tu voudrais prendre. 
    Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi tu es silencieuse. 
    Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons. 
    Je connais tes artifices. 
    Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.
     


    (Le Jardinier d'amour, XXXV)

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