• Mon Père

    Mon Père..............

    Tenez, lecteur ! - souvent, tout seul, je me promène 
    Au lieu qui fut jadis la barrière du Maine. 
    C'est laid, surtout depuis le siège de Paris. 
    On a planté d'affreux arbustes rabougris 
    Sur ces longs boulevards où naguère des ormes 
    De deux cents ans croisaient leurs ramures énormes. 
    Le mur d'octroi n'est plus ; le quartier se bâtit. 
    Mais c'est là que jadis, quand j'étais tout petit, 
    Mon père me menait, enfant faible et malade, 
    Par les couchants d'été faire une promenade.
    C'est sur ces boulevards déserts, c'est dans ce lieu 
    Que cet homme de bien, pur, simple et craignant Dieu, 
    Qui fut bon comme un saint, naïf comme un poète,
    Et qui, bien que très pauvre, eut toujours l'âme en fête, 
    Au fond d'un bureau sombre après avoir passé
    Tout le jour, se croyant assez récompensé
    Par la douce chaleur qu'au coeur nous communique 
    La main d'un dernier-né, la main d'un fils unique, 
    C'est là qu'il me menait. Tous deux nous allions voir 
    Les longs troupeaux de boeufs marchant vers l'abattoir, 
    Et quand mes petits pieds étaient assez solides, 
    Nous poussions quelquefois jusques aux Invalides,
    Où, mêlés aux badauds descendus des faubourgs, 
    Nous suivions la retraite et les petits tambours. 
    Et puis enfin, à l'heure où la lune se lève, 
    Nous prenions pour rentrer la route la plus brève ; 
    On montait au cinquième étage, lentement ; 
    Et j'embrassais alors mes trois soeurs et maman, 
    Assises et cousant auprès d'une bougie.
    - Eh bien, quand m'abandonne un instant l'énergie, 
    Quand m'accable par trop le spleen décourageant,
    Je retourne, tout seul, à l'heure du couchant,
    Dans ce quartier paisible où me menait mon père ; 
    Et du cher souvenir toujours le charme opère. 
    Je songe à ce qu'il fit, cet homme de devoir, 
    Ce pauvre fier et pur, à ce qu'il dut avoir 
    De résignation patiente et chrétienne 
    Pour gagner notre pain, tâche quotidienne, 
    Et se priver de tout, sans se plaindre jamais.
    - Au chagrin qui me frappe alors je me soumets, 
    Et je sens remonter à mes lèvres surprises 
    Les prières qu'il m'a dans mon enfance apprises.
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  • Le vrai de la chose

    Ah ! c'est pas sa chair qui m'est tout,
    Et suis pas qu'un grand cœur pour elle ;
    Non, c'est d'aller faire les fous
    Dans des histoires fraternelles !

    Oh ! vous m'entendez bien !
    Oh ! vous savez comme on y vient ;
    Oh ! vous savez parfaitement qu'il y a moyen,
    Et comme on s'y attelle.

    Lui défeuiller quel Tout je suis,
    Et que ses yeux, perdus, m'en suivent !
    Et puis un soir : " Tu m'as séduit
    " Pourtant ! " - et l'aimer toute vive.

    Et s'aimer tour à tour,
    Au gras soleil des basses-cours,
    Et vers la Lune, et puis partout ! avec toujours
    En nobles perspectives...

    Oh ! c'est pas seulement la chair,
    Et c'est pas plus seulement l'âme ; 
    C'est l'Esprit édénique et fier
    D'être un peu l'Homme avec la Femme
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  • Pierrots, V

    Pierrots, V

    Blancs enfants de choeur de la Lune, 
    Et lunologues éminents, 
    Leur Église ouvre à tout venant, 
    Claire d'ailleurs comme pas une.

    Ils disent, d'un oeil faisandé, 
    Les manches très-sacerdotales, 
    Que ce bas-monde de scandale 
    N'est qu'un des mille coups de dé

    Du jeu que l'Idée et l'Amour, 
    Afin sans doute de connaître 
    Aussi leur propre raison d'être, 
    Ont jugé bon de mettre au jour.

    Que nul d'ailleurs ne vaut le nôtre, 
    Qu'il faut pas le traiter d'hôtel 
    Garni vers un plus immortel, 
    Car nous sommes faits l'un pour l'autre ;

    Qu'enfin, et rien du moins subtil, 
    Ces gratuites antinomies 
    Au fond ne nous regardant mie, 
    L'art de tout est l'Ainsi soit-il ;

    Et que, chers frères, le beau rôle 
    Est de vivre de but en blanc 
    Et, dût-on se battre les flancs, 
    De hausser à tout les épaules.
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  • Hymne au soleil

    Hymne au soleil.............

    À André Borel.

    Pauvre bougre !
    JULES JANIN.


    Là dans ce sentier creux, promenoir solitaire
    De mon clandestin mal,
    Je viens tout souffreteux, et je me couche à terre
    Comme un brute animal.
    Je viens couver ma faim, la tête sur la pierre,
    Appeler le sommeil.
    Pour étancher un peu ma brûlante paupière ;
    Je viens user mon écot de soleil !

    Là-bas dans la cité, l'avarice sordide
    Des chefs sur tout champart :
    Au mouton-peuple on vend le soleil et le vide ;
    J'ai payé, j'ai ma part !
    Mais sur tous, tous égaux devant toi, soleil juste,
    Tu verses tes rayons,
    Qui ne sont pas plus doux au front d'un Sire auguste,
    Qu'au sale front d'une gueuse en haillons.
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  • Plus loin que les gares, le soir

    L'ombre s'installe, avec brutalité ;
    Mais les ciseaux de la lumière, 
    Au long des quais, coupent l'obscurité, 
    A coups menus, de réverbère en réverbère.

    La gare immense et ses vitraux larges et droits 
    Brillent, comme une châsse, en la nuit sourde, 
    Tandis que des voiles de suie et d'ombre lourde 
    Choient sur les murs trapus et les hautains beffrois.

    Et le lent défilé des trains funèbres 
    Commence, avec leurs bruits de gonds 
    Et l'entrechoquement brutal de leurs wagons, 
    Disparaissant - tels des cercueils - vers les ténèbres.

    Des cris ! - Et quelquefois de tragiques signaux, 
    Par-dessus les adieux et les gestes des foules. 
    Puis un départ, puis un arrêt - et le train roule 
    Et roule avec des bruits de lime et de marteaux.

    La campagne sournoise et la forêt sauvage 
    L'absorbent tour à tour en leur nocturne effroi ;
    Et c'est le mont énorme et le tunnel étroit 
    Et la mer tout entière, au bout du long voyage.

    A l'aube, apparaissent les bricks légers et clairs, 
    Avec leur charge d'ambre et de minerai rose 
    Et le vol bigarré des pavillons dans l'air 
    Et les agrès mentis où des aras se posent.

    Et les focs roux et les poupes couleur safran,
    Et les câbles tordus et les quilles barbares,
    Et les sabords lustrés de cuivre et de guitran
    Et les mâts verts et bleus des îles Baléares,

    Et les marins venus on ne sait d'où, là-bas, 
    Par au delà des mers de faste et de victoire, 
    Avec leurs chants si doux et leurs gestes si las 
    Et des dragons sculptés sur leur étrave noire.

    Tout le rêve debout comme une armée attend : 
    Et les longs flots du port, pareils à des guirlandes,
    Se déroulent, au long des vieux bateaux, partant 
    Vers quelle ardente et blanche et divine Finlande.

    Et tout s'oublie - et les tunnels et les wagons
    Et les gares de suie et de charbon couvertes -
    Devant l'appel fiévreux et fou des horizons 
    Et les portes du monde en plein soleil ouvertes.
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  • La Messe dans un Camp de nudistes, l'été dernier.

     

    La Messe dans un Camp de nudistes, l'été dernier.

     Un prêtre a célébré l'office du dimanche dans un camp de nudistes.

     On l'interrogea, à la fin de la messe :

     « Quelle a été votre impression de vous trouver devant cinq cents personnes totalement nues ? »

    « J'étais inquiet, avoua-t-il. »

     « Pour quelle raison ? »

     

     « Je me demandais où ils allaient trouver l'argent au moment de la quête. »

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  • Blagounette

    La belle-mère arrive à la maison et trouve son gendre furieux en

     train de faire ses bagages.

     - Mais qu'est-ce qui t'arrive ?

     ­­­- Qu'est-ce qui m'arrive ? Je vais vous le dire !

     J'ai envoyé un mail à ma femme en disant que je rentrais de voyage

     aujourd'hui.

     J'arrive chez moi et devinez ce que je trouve ?

    Votre fille, oui votre fille, ma femme quoi, avec un mec dans notre lit

     conjugal !

     C'est fini, je la quitte !

     - Du calme" dit la belle-mère ! "Il y a quelque chose de bizarre dans

     cette histoire.

     Ma fille ne ferait jamais une chose pareille !

     Attends, je vais vérifier ce qui s'est passé.

     Quelques instants plus tard, la belle-mère est de retour avec un grand

     sourire :

     "Je te l'avais dit qu'il devait y avoir une explication simple :

     

     Elle n'a pas reçu ton mail !

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  • PECHE D’ADULTERE :

    PECHE D’ADULTERE :

    Fidèle à ses habitudes, Simone assiste à la Messe du matin, quand tout à coup le curé dit :

    - Que tous ceux qui ont commis le Péché d'Adultère s'avancent.

     

    La Petite Vieille, plutôt dure d'oreille, demande à son voisin :

    - Qu'est-ce que vient de dire Monsieur le Curé ?

    Ce dernier répond :

    - Il a dit que tous ceux qui désirent une Pastille à la Menthe s'avancent.

     

     

    La Petite Vieille, chancelante et s'appuyant sur sa canne, se lève alors avec peine.

    Le Curé lui lance, offusqué :

    - Vous ? Madame ? A votre âge, vous n'avez pas honte ?

    - C'n'est pas parce que je n'ai plus mes dents que je ne suis pas capable d'en sucer une petite de temps en temps, vous savez! 

     

     

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  • Parfum

    Parfum................Marie Lacroix-Pesce S'ABONNER.......2019

    Terza rima

    J'ai butiné le pollen de tes yeux ma douce, 
    Quand l'amour s'irisait à l'angle du miroir, 
    Pour se parer vainqueur d'une lumière rousse.

    À l’ombre de ta peau qu'accompagnait le soir, 
    J'ai vu s’épanouir une aurore complice,
    Éclaboussant le ciel des couleurs de l'espoir.

    À l'appel de ma bouche émergeait un calice, 
    Qui marbrait de plaisir ta chair en éventail, 
    Pour qu'au cœur du désert une source jaillisse.

    J'accrochais sur tes seins des perles de corail, 
    Le souffle de la mer et ses pâleurs d'écume, 
    Dérobant les clartés d'un somptueux vitrail.

    Sur l’envol d'un futur que la fièvre consume, 
    Palpitait la ferveur du désir apaisé, 
    Et l'écho d'un soupir exilé dans la brume.

    Il me restait captif, le parfum d'un baiser.

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