• Tu te verras ton ivoire crêper

    Tu te verras ton ivoire crêper...............

    Tu te verras ton ivoire crêper
    Par l'outrageuse et tardive vieillesse.
    Lors sans pouvoir en rien participer
    D'aucune joie et humaine liesse,
    Je n'aurai eu de ta verte jeunesse,
    Que la pitié n'a su à soi ployer
    Ni du travail qu'on m'a vu employer
    A soutenir mes peines éphémères
    Comme Apollon, pour mériter loyer,
    Sinon rameaux et feuilles très amères
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  • Si l'on chante un dieu

    Si l'on chante un dieu............

    Si l'on chante un dieu,
    ce dieu vous rend son silence.
    Nul de nous ne s'avance
    que vers un dieu silencieux.

    Cet imperceptible échange
    qui nous fait frémir,
    devient l'héritage d'un ange
    sans nous appartenir.
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  • C'est le paysage longtemps ...

    C'est le paysage longtemps ............  Imprimer Rainer Maria RILKE 1875 - 1926.

    C'est le paysage longtemps, c'est une cloche,
    c'est du soir la délivrance si pure -;
    mais tout cela en nous prépare l'approche
    d'une nouvelle, d'une tendre figure ...

    Ainsi nous vivons dans un embarras très étrange
    entre l'arc lointain et la trop pénétrante flèche :
    entre le monde trop vague pour saisir l'ange
    et Celle qui, par trop de présence, l'empêche.
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  • L'hiver

    L'hiver..............Claude-Emmanuel Lhuillier, dit CHAPELLE 1626 - 1686

    A Monsieur l'abbé de Chaulieu.


    Cher abbé, souviens-toi qu'Horace
    Veut qu'on mette pendant ces froids
    Largement du vin dans la tasse
    Et dans le foyer force bois.
    Vois-tu nos arbres et nos toits
    Soutenir à peine le poids
    De la neige qui s'y ramasse ?
    Vois-tu nos fleuves, comme en Thrace,
    Si bien arrêtés pour deux mois,
    Que bientôt à la même place,
    Où roulaient les flots autrefois,
    Tu verras rouler les charrois
    Sur leur ferme et stable surface ?

    Les aquilons ont glacé l'air ;
    Le soleil n'ose plus aller,
    Et, puisque tant de temps se passe
    Sans qu'il paraisse dans les cieux,
    Crois que le forgeron des dieux
    Lui ferre ses chevaux à glace.

    La terre aussi, s'émerveillant
    De voir de la céleste voûte
    Lui manquer le secours brillant,
    De crainte se cache en déroute ;
    Et, partout aux yeux défaillant,
    S'en va bientôt faire, sans doute,
    Au peuple brute banqueroute,
    Qui n'a plus, dans tout son vaillant,
    Que l'écorce du bois qu'il broute.

    Plus desséché qu'un hareng pec,
    Le poisson meurt sous ses entraves ;
    Pour mettre de quoi dans leur bec,
    Les oiseaux se font nos esclaves ;
    Et nous-mêmes, sans choux ni raves,
    Ne vivons dans ce rude échec
    Que de ce dont Melchissédec
    Reput Abraham et ses braves,
    C'est-à-dire de beau pain sec,
    Et du bon gros vin de nos caves.

    Abbé, long sera ce désordre,
    Qui tout l'univers a transi ;
    Et nous va ce grand hiver-ci
    Donner bien du fil à retordre.
    Il a nos jardins endurci,
    Et corrompu tous nos mets, si
    Que qui peut y trouver à mordre
    Au ciel doit un beau grand merci.

    Tenons-nous donc, toi dans Évreux,
    Où soir et matin tu festines
    Avec la fleur des héroïnes,
    Moi dans Anet, lieu plein de jeux
    Et de bons vins, les plus fameux
    De France et des îles voisines.
    Aussi m'y crois-je tant heureux
    Et comblé de faveurs divines,
    Que, pendant tout ce temps affreux,
    Pour en sortir, d'un mois ou deux
    Ne feront place à mes bottines
    Mes souliers, si tu ne le veux
    Et qu'âprement tu ne t'obstines,
    Ou que, pour faire au ciel des voeux,
    Jussac, du bien vivre amoureux,
    A Noel ne m'entraîne à matines.
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  • Contre ses parents

    Contre ses parents.................

    Sonnet irrégulier.

    A Monsieur Moreau.


    Oui, Moreau, ma façon de vivre
    Est de voir peu d'honnêtes gens
    Et prier Dieu qu'il me délivre
    Surtout de messieurs mes parents.

    Ce que j'ai souffert avec eux
    Surpasse même la souffrance
    De celui qui, pour sa constance,
    Dans l'Écriture est si fameux.

    Hélas ! ce sage misérable
    N'eut jamais affaire qu'au diable
    Qui le mit nu sur son fumier.

    Pour voir sa patience entière,
    Il fallait que Job eût affaire
    Aux deux soeurs de Monsieur Lhuillier.
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  • A Ninon

    A Ninon.............Claude-Emmanuel Lhuillier, dit CHAPELLE 1626 - 1686

    De grâce, introduis-moi chez elle
    Je brûle de voir cette belle
    Si c'est mon mal, si c'est mon bien
    Je veux mourir si j'en sais rien.
    ....
    Elle est ou contraire ou propice
    Selon qu'il plaît à son caprice
    Et son caprice, ce dit-on
    Vaut souvent mieux que sa raison.
    ...
    Ami courons à ces délices
    Allons offrir sous tes auspices
    Et mon coeur et ma liberté
    A cette mortelle beauté
    Ne trompe pas mon espérance
    Je meurs d'impatience
    Et si je ne la vois mardi
    Tu me verras mort mercredi.
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