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  • je te vois de mon paradis de chiens

     je te vois de mon paradis de chiens,.........? c'est très beau

     

    Imagines un endroit avec des balles que des anges lancent sans jamais se lasser,

    Des gamelles remplies de boulettes de viandes, d'autres de friandises,

    Des bacs pleins d'os qu'on a le droit d'enterrer,

    Pas de laisse, pas de collier,

    Pas de bain savonneux, juste des rivières pour y gambader,

    De faux chats que l'on peut courser et qui ne donnent pas de coups de griffes

     

    C'est vrai que je ne reçois plus de caresses ni de baisers,

    C'est vrai que les jeux que tu inventais me manquent.

    C'est vrai que je n'ai plus de jouets qui couinent pour m'amuser,

    Mais ne t'inquiète pas, j'ai emporté tout cela dans mes souvenirs,

    J'en rêve chaque jour.

     

    Tu sais, je te vois de mon paradis de chiens,

    Je continue à veiller sur toi et à te suivre partout où tu vas

    Car moi non plus je ne t'oublierais jamais.

    Tu as été une merveilleuse maîtresse.

    Avant je croyais que c'était normal de recevoir tant l'amour.

    D'ici je vois toute la misère des chiens battus, maltraités ou abandonnés...

    Je te dis un grand Merci pour la vie que tu m'as donnée.

    Maintenant,

    Oublie tes larmes,

    Pense seulement à tous nos merveilleux moments,

    Quand je te faisais tellement rire

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  • MURMURE


     
    Les doux mots que morte et passée...
    On dirait presque des mots d’amour,
    De sommeil et de demi-jour...
    La plupart des mots que l’on sait
    N’enferment pas tant de bonheur.
    On dit Marthe et l’on dit Marie,
    Et cela calme et rafraîchit. —
    Il y a bien des mots qui pleurent ;
    Ceux-là ne pleurent presque pas...
    Marthe, c’est, au réveil, le pas
    Des mères dans la chambre blanche,
    C’est comme une main qui se pose,
    Et l’armoire sent la lavande...
    Il faut murmurer quelque chose
    Pour se bien consoler, des mots,
    N’importe lesquels s’ils consolent,
    S’ils endorment et tiennent chaud. —
    Ah ! loin des meilleures paroles,
    Les doux noms que Marthe et Marie,
    Les doux mots que morte et passée...
     

                                                           
    [1893.]

     

     

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  • Le passé, c’est un second cœur qui bat en nous...
    On l’entend, dans nos chairs, rythmer à petits coups,
    Sa cadence, pareille à l’autre cœur, — plus loin,
    L’espace est imprécis où ce cœur a sa place,
    Mais on l’entend, comme un grand écho, néanmoins,
    Alimenter le fond de l’être et sa surface.
    Il bat. Quand le silence en nous se fait plus fort
    Cette pulsation mystérieuse est là
    Qui continue... et quand on rêve il bat encor,
    Et quand on souffre il bat, et quand on aime il bat...
    Toujours ! C’est un prolongement de notre vie...
    Mais si vous recherchez, pour y porter la main,
    Où peut être la source heureuse et l’eurythmie
    De son effluve... Rien !... Vous ne trouverez rien
    Sous les doigts... Il échappe. Illusion... Personne
    Ne l’a trouvé jamais... Il faut nous contenter
    D’en sentir, à coups sourds, l’élan précipité,
    Dans les soirs trop humains où ce grand cœur résonne.
     
    Le passé ! Quel mot vain ! C’est du présent — très flou,
    C’est du présent de second plan, et voilà tout.
    Il n’est pas vrai que rien jamais soit effacé.
    Le passé n’est jamais tout à fait le passé.
    N’avez-vous pas senti comme il rôde partout,
    Et tangible ? Il est là, lucide, clairvoyant,
    Non pas derrière nous, comme on croit, mais devant.
    L’ombre de ce qui fut devant nous se projette
    Sur le chemin qui va, sur l’acte qui s’éveille.
    Ce qui est mort est encor là qui nous précède, —
    Comme le soir on voit, au coucher du soleil,
    Les formes qu’on avait peu à peu dépassées
    Envoyer leur grande ombre au loin, sur les allées,
    Sur tout votre avenir, plaines, taillis, campagnes !
    Et s’en aller toucher de l’aile les montagnes...
     
    Ainsi, tout ce qui fut, jeunesse, enfance, amour,
    Tout danse devant moi sa danse heureuse ou triste.
    Rien derrière !... Le groupe est là qui vole et court.
    Mais j’ai beau me hâter, la distance persiste
    Entre nous deux... Tel je m’en vais, épris du bleu
    Lointain, et quelquefois si je titube un peu
    Ce n’est pas que le sol sous mes pas se dérobe,
    C’est que parmi le soir, les yeux plein de passé,
    Ô toi qui vas devant, Souvenir cadencé,
    J’ai marché sur la traîne immense de ta robe !
     

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  • POSSESSION

    Puisque ma bouche a rencontré
    Sa bouche, il faut me taire. Trêve
    Aux mots creux. Je ne montrerai
    Rien qui puisse trahir mon rêve.
      

     
    Il faut que je ne dise rien
    De l’odeur de sa chevelure,
    De son sourire aérien,
    Des bravoures de son allure,
     
    Rien des yeux aux regards troublants,
    Persuasifs, cabalistiques,
    Rien des épaules, des bras blancs
    Aux effluves aromatiques.
     

     
    Je ne sais plus faire d’ailleurs
    Une si savante analyse,
    Possédé de rêves meilleurs
    Où ma raison se paralyse.
     
    Et je me sens comme emporté,
    Épave en proie au jeu des vagues,
    Par le vertige où m’ont jeté
    Ses lèvres tièdes, ses yeux vagues.
     

    On se demandera d’où vient
    L’influx tout-puissant qui m’oppresse,
    Mais personne n’en saura rien
    Que moi seul... et l’Enchanteresse.
     

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  • BONNE FORTUNE

    BONNE FORTUNE................

    À Théodore de Banville.


    Tête penchée,
      Œil battu,
    Ainsi couchée
      Qu’attends-tu ?
     
    Sein qui tressaille,
      Pleurs nerveux,
    Fauve broussaille
      De cheveux,
     
    Frissons de cygnes
      Sur tes flancs,
    Voilà des signes
      Trop parlants.
     
    Tu n’es que folle
      De ton corps.
    Ton âme vole
      Au dehors.
     
    Qu’un autre vienne,
      Tu feras
    La même chaîne
      De tes bras.
     
    Je hais le doute,
      Et, plus fier,
    Je te veux toute,
      Âme et chair.
     
    C’est moi (pas l’autre !)
      Qui t’étreins
    Et qui me vautre
      Sur tes seins.
     
    Connais, panthère,
      Ton vainqueur
    Ou je fais taire
      Ta langueur.
     
    Attache et sangle
      Ton esprit,
    Ou je t’étrangle
      Dans ton lit.
     

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  • À M. HAUSSMANN

    À M. HAUSSMANN.................

    ANCIEN PRÉFET DE LA SEINE


    La maison est démolie,
    Le petit nid est en l’air
    Où j’eus ton cœur et ta chair,
    Ma maîtresse si jolie !...
     
    Je vois toujours dans l’ouest clair
    Cette comète abolie.
    Tombez pierre, ciment, fer !
    L’amour jamais ne s’oublie.
     
    Démolissez les maisons,
    Changez le cours des saisons,
    Plongez-moi dans l’opulence,
     
    Vous ne pourrez effacer
    La trace de son baiser.
    Le vrai c’est ce que je pense.

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  • NOVEMBRE

    NOVEMBRE..............


     
    Je te rencontre un soir d’automne,
    Un soir frais, rose et monotone.
    Dans le parc oublié, personne.
     
    Toutes les chansons se sont tues :
    J’ai vu grelotter les statues,
    Sous tant de feuilles abattues.
     
    Tu es perverse. Mais qu’importe
    La complainte pauvre qu’apporte
    Le vent froid par-dessous la porte.
     
    Fille d’automne tu t’étonnes
    De mes paroles monotones...
    Il nous reste à vider les tonnes.
     

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  • TRANSITION

    TRANSITION................

     

    À Édouard Manet.


    Le vent, tiède éclaireur de l’assaut du printemps,
    Soulève un brouillard vert de bourgeons dans les branches.
    La pluie et le soleil, le calme et les autans,
    Les bois noirs sur le ciel, la neige en bandes blanches,
    Alternent. La nature a comme dix-sept ans,
    Jeune fille énervée, oscillant sur ses hanches,
    Riant, pleurant, selon ses caprices flottants.
     
    Pas encor le printemps, mais ce n’est plus l’hiver.
    Votre âme, ô ma charmante, a ces heures mêlées.
    Les branches noires sont pleines d’un brouillard vert.
    Les mots méchants et les paroles désolées,
    Sur vos lèvres, bouton d’églantine entrouvert,
    Cessent à mes baisers. Ainsi les giboulées
    Fondent, et le gazon s’émaille à découvert.
     
    Votre moue est changée en rire à mes baisers,
    Comme la neige fond, pâle retardataire,
    Aux triomphants rayons du soleil. Apaisés,
    Vos yeux, qui me jetaient des regards de panthère,
    Sont bien doux maintenant. Chère, vous vous taisez
    Comme le vent neigeux et froid vient de se taire.
    Votre joue et le soir sont tièdes et rosés.
     

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