• Les mines de sel des collines qui entourent le village de Hallstratt ne sont dorénavant plus qu’une attraction touristique mais avant, elles étaient l’épine dorsale de l’économie locale. Aujourd’hui, ce petit village attire les visiteurs en partie grâce à son charme désuet. Vous n’êtes pas complètement convaincu par l’attrait de Hallstratt ? D’autres le sont… En effet, une réplique exacte du village à été construite en 2012 en Chine !

     

    Photos de Hallstatt Autriche

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  • SERIEUX S'ABSTENIR   ON FETE LES ....... COCUS

    ******



    ben oui quoi ,il y a de la brûme dans la rue,
    c'est la saint cocu  a cause des cornes
    de  brûme.
    non je n'ai pas dit que c'était ta fête ..
    quoique des fois !
    par contre les escargots vont fêter ça .
    alors ,question !
    es-tu plutôt escargot ou taureau ?

    cosmos

    http://vignette3.wikia.nocookie.net/desencyclopedie/images/f/f7/Signe_Cocu.jpg/revision/latest?cb=20080409070537

    http://www.racontemoilhistoire.com/wp-content/uploads/2014/04/joli-devant-gentil-derri%C3%A8re.jpg

    Paroles de la chanson Le Cocu par Georges Brassens

    Comme elle n'aime pas beaucoup la solitude,
    Cependant que je pêche et que je m'ennoblis,
    Ma femme sacrifie à sa vieille habitude
    De faire, à tout venant, les honneurs de mon lit.
    Eh ! oui, je suis cocu, j'ai du cerf sur la tête,
    On fait force de trous dans ma lune de miel,
    Ma bien-aimé’ ne m'invite plus à la fête
    Quand ell' va faire un tour jusqu'au septième ciel.
    Au péril de mon cœur, la malheureuse écorne
    Le pacte conjugal et me le déprécie,
    Que je ne sache plus où donner de la corne
    Semble bien être le cadet de ses soucis.
    Les galants de tout poil viennent boire en mon verre,
    Je suis la providence des écornifleurs,
    On cueille dans mon dos la tendre primevère
    Qui tenait le dessus de mon panier de fleurs.
    En revenant fourbu de la pêche à la ligne,
    Je les surprends tout nus dans leurs débordements.
    Conseillez-leur le port de la feuille de vigne,
    Ils s'y refuseront avec entêtement. 

     
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  • Le survol du volcan.

    .. Le survol du volcan......Vahé Godel (1931 - ) :..

    on survole un océan de nuages (nul

    rivage en vue)

                             mais tout à coup

    l’aveuglante blancheur se déchire se troue

    et l’on découvre avec stupeur

    au fond de l’entonnoir

    un énorme cratère dont tout porte à croire

    qu’il est mort

                             mais comment

    ne pas trembler  ô voyageur

    aérien glissant à mi-distance

    du tout et du rien

                                  vous

    qui brûlez que ressurgisse la langue

    de feu

                vous qui rêvez que s’éternise

    le survol du volcan

     

    Revue « le nouvel Ecriterres, N°5, printemps 1991 »

    29720, Plonéour-Lanvern, 1991

     

     

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  • Tentative de jalousie

     Tentative de jalousie ..........MarinaTsvétaïeva  (1892 – 1941) :

    Comment ça va la vie avec une autre,

    plus simple, n'est-ce pas ? _ Rames, claquez ! _

    S'est-il vite, le profil de la côte,

    Le souvenir, s'est-il vite masqué.

     

    De moi, de moi, île désamarrée ?

    (Voguant de par le ciel, non sur les flots !)

    Ames ! Jamais amantes ne serez !

    Soeurs vous serez ! Soeurs : vous ! C'est votre lot !

     

    Comment ça va la vie près d'une femme

    Simple ? C'est comment sans divinités ?

    Votre souveraine, prince profane,

    Détrônates (ledit trône quitté),

     

    Comment ça va la vie, les froissis d'ailes,

    Les tracas ? Le lever, comment se passe ?

    Pauvre créditaire de l'immortelle

    Médiocrité, comment faites-vous face ?

     

    "Tressauts et syncopes, stop ! Je suis quitte !

     

    Un toit me louerai ! Suffit, le déluge !"

    Comment ça va avec n'importe qui,

    Dites, comment, quand on est mon élu ?

     

    Pour sûr plus comestible, domestique,

    La table ? Qu'on s'en lasse, faute à qui ?

    Comment ça va la vie près d'un pastiche

    Pour vous qui trahîtes le Sinaï ?

     

    Comment ça va près d'une d’ici-bas

    D’une si peu vôtre ? Son flanc vous plaît ?

    A toute bride Zeus ne fouette pas

    Votre front ? La honte vous laisse en paix ?

     

    Comment ça va "vivre", comme va-t-elle

    La force d'être ? Et de chanter, la force ?

    Pauvret, la blessure de l'immortelle

    Conscience, comment y faites-vous face ?

     

    Comment ça va la vie près d'un produit

    De pacotille ? Un peu abrupt, le prix ?

    Les marbres de Carrare reconduits,

    Comment ça va la vie près d'un débris

     

    De plâtre. (Taillé dans la masse même,

    - Dieu, sa tête : presque aussitôt détruite !)

    Comment ça va avec la cent-millième,

    Dites, pour vous qui connûtes Lilith !

     

    L'or de pacotille vous intéresse

    Encore ? Las des grâces magiciennes,

    Comment ça va auprès d'une terrestre,

    C'est comment une femme sans sixième

     

    Sens ?

                Bon, la tête entre deux mains : heureux ?
     

    Non ? Des fonds sans profondeur étant l'hôte,

    Comment ça va, l'ami ? Plus douloureux,

    Moins douloureux que pour moi près d'un autre ?"

    19 novembre 1924

     

    Traduction de Pierre Léon et d'Eve Mallaret.

    In, "Le ciel brûle, suivi de Tentative de jalousie" 

    Edition Gallimard (Poésie), 

    ***********

    Попытка ревности

     

    Как живётся вам с другою, —

     

    Проще ведь? — Удар весла! —

    Линией береговою

    Скоро ль память отошла

    Обо мне, плавучем острове

    (По́ небу — не по водам!)

    Души, души! быть вам сёстрами,

     

    Не любовницами — вам!

    Как живётся вам с простою

    Женщиною? Без божеств?

    Государыню с престола

    Свергши (с оного сошед),

    Как живётся вам — хлопочется —

    Ёжится? Встаётся — как?

    С пошлиной бессмертной пошлости

    Как справляетесь, бедняк?

    «Судорог да перебоев —

    Хватит! Дом себе найму».

    Как живётся вам с любою —

    Избранному моему!

    Свойственнее и съедобнее —

    Снедь? Приестся — не пеняй…

    Как живётся вам с подобием —

    Вам, поправшему Синай!

    Как живётся вам с чужою,

    Здешнею? Ребром — люба?

    Стыд Зевесовой вожжою

    Не охлёстывает лба?

    Как живётся вам — здоровится —

    Можется? Поётся — как?

    С язвою бессмертной совести

    Как справляетесь, бедняк?

    Как живётся вам с товаром

    Рыночным? Оброк — крутой?

    После мраморов Каррары

    Как живётся вам с трухой

    Гипсовой? (Из глыбы высечен

    Бог — и на́чисто разбит!)

    Как живётся вам с сто-тысячной —

    Вам, познавшему Лилит!

    Рыночною новизною

    Сыты ли? К волшбам остыв,

    Как живётся вам с земною

    Женщиною, бе́з шестых

    Чувств?

    Ну, за голову: счастливы?

    Нет? В провале без глубин —

    Как живётся, милый? Тяжче ли,

    Так же ли, как мне с другим?

     

    19 ноября 1924

     

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  • J’arrive en cette jungle

     J’arrive en cette jungle….........Alexis Gloaguen (1950 -

    J’arrive en cette jungle creusée non loin des routes, au revers de

    notre monde. Là, d’anciens talus, encerclés par l’étang, forment des

    îles géométriques. Sous les branches couve une eau huileuse, ennuagée

    de noir. A la lumière du soir, elle éclot en gel de cristaux, en vitraux

    de bulles, lacérée en surface par le geste des saules, animée en profondeur

    par la vie qui ondoie entre les feuilles d’hiver.

         Je m’installe sur un promontoire de joncs. En transparence, les

    éphémères montent hors des gobages qui marquent le liséré de l’eau. Ils

    survolent les arbres renversés, l’affairement d’un animal dans les fourrés.

         Les reflets se réverbèrent sur les troncs obliques, les balaient de séismes

    et d’orages. Un fantôme de soleil luit comme un cœur cellulaire. Un reste

    de chaleur m’atteint à l’extrême nord de la peau.

         Un monde se dispose comme en attente. Et je guette ce que présage

    l’alarme d’un rouge-gorge. Rien ne vient, le long du talus inondé. Je reste

    là, baigné par l’air, à digérer la pureté de l’absence, à me nourrir en miroir,

    à décider d’une immersion totale.

     

    (étang de Noyalo)

     

    Revue « Le nouvel Ecriterres, N°2, Mai 1990 »

    29720 Plonéour-Lanvern

     

     

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  • Si tu viens pour rester

     Si tu viens pour rester… .Guy Goffette (1947 - )

    Si tu viens pour rester, dit-elle, ne parle pas.

    Il suffit de la pluie et du vent sur les tuiles,

    il suffit du silence que les meubles entassent

    comme poussière depuis des siècles sans toi.

     

    Ne parle pas encore. Écoute ce qui fut

    lame dans ma chair : chaque pas, un rire au loin,

    l’aboiement du cabot, la portière qui claque

    et ce train qui n’en finit pas de passer

     

    sur mes os. Reste sans paroles : il n’y a rien

    à dire. Laisse la pluie redevenir la pluie

    et le vent cette marée sous les tuiles, laisse

    le chien crier son nom dans la nuit, la portière

    claquer, s’en aller l’inconnu en ce lieu nul

    où je mourais. Reste si tu viens pour rester.

     

    La vie promise

    Editions Gallimard,1991

     

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  • Au chêne.

     Au chêne..........Shū Ting / 舒婷 (1952 - ) :.

    Je t’aimerais…

    non comme font les fleurs de givre grimpantes

    qui t’empruntent ta plus haute branche pour te faire valoir ;

    je t’aimerais…

    non comme fait l’oiseau enamouré

    qui rabâche pour ton ombre un chant pur ;

    je ne m’en tiendrai pas à imiter la source

    qui a longueur d’année offre la fraîcheur de sa consolation ;

    ni les sommets périlleux

    qui te rehaussent, font sortir ta dignité.

    Ou même la lumière.

    ou même la pluie.

    Non, tout cela ne suffirait pas !

    Je devrais être un pied de fromager à proximité de toi,

    en tant qu’image de l’arbre être debout avec toi.

    Racines s’empoignant sous terre,

    feuilles se touchant dans les nuages,

    à chaque souffle de vent

    nous nous saluerions,

    mais personne

    ne comprendrait notre langage.

    Tu aurais la solide charpente

    du couteau, de l’épée

    ou d’une hallebarde :

    j’aurais mes grosses fleurs rouges

    tels de lourds soupirs

    ou des torches héroïques.

    Nous partagerions vagues de froid, orages, foudre,

    mais aussi la brume, les vapeurs, l’arc-en-ciel,

    on nous croirait séparés pour toujours

    pourtant nous serions liés à la vie.

    Tel est le sublime amour,

    là réside la constance :

    l’amour…

    aimer non seulement ta haute stature,

    mais ta stabilité et la terre à tes pieds.

     

    1977

     

    Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro

    In, « Le ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise »

    Editions Circé, 88210 Belval, 2004

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  • Terre prochaine /Tierra próxima...

    Terre prochaine /Tierra próxima..............Luis Mizón (1942 - ) :

    1

    De l’extrémité de la table

    la mer interrompait nos conversations

    gréant et désarmant

    l’antique réalité

    que personne ne connaissait,

    que personne ne savait connaître.

    La terre prochaine

    qu’il fallait toucher avec nos doigts aveugles.

    Nous avions perdu

    son contour de lumière

    ou abîmé la trame

    des signes

    ou, peut-être,

    dans la perspective

    nous avions perdu les pas,

    les contes et les traces. 

    2

    La ville semblable

    à une photographie jaunissante

    à un souvenir de plâtre

    à une grande tristesse.

     

    3

    Si la terre ne sait pas s’éveiller

    si la ville cache

    sa jarre d’éclairs bleus

    si sur les blocs de ciment

    les maisons la plage et le quai

    la mémoire du vent amoureux n’est plus.

    La poésie est alors

    la violence nécessaire

    qui le saisit

    au col de sa veste indifférente.

    Une porte distraitement ouverte

    une invitation à entrer dans la ville

    de rues en rues en trébuchant.

    4

    Amis de la poésie

    il faut parfois

    laisser croître l’ombre de tes bras

    sur la terre dénudée

    pousser de la hauteur de la montagne

    une armure sans poids

    et cheminer de la nuit à l’aube

    du fond de la mer et de la nuit

    du fond de la nuit et de la ville.

    5

    La lumière de la mer

    a écaillé les portes et les murs

    la peinture des wagons

    les couleurs de la terre prochaine.

    6

    La perspective montre

    le voisinage de l’étonnement

    la céramique antique des coteaux

    les chemins mal tracés

    et par-delà le rire

    du semeur des mouettes

    et l’éclat des vagues d’obsidienne :

    la parole défaite

    et le geste fugace.

    Partout la ville se cache

    Comme le blé du poème.

    7

    Il faut lever un candélabre

    parmi les stalactites ;

    marcher sous le feuillage en émoi des clochers

    illuminer les champs d’épandage

    d’où surgissent les béquilles

    du mendiant de la mer

    couverte de coquillages tropicaux.

    8

    Et les chambres des escaliers

    les banques les cuisines les caves

    les dortoirs inondés

    où la lumière pourrit comme le vin.

    9

    Il faut monter aux mansardes

    tapissées de soleil

    pour écouter une voix ancienne

    de forêt et de houle

    qui tourne parmi les oiseaux.

    10

    Et dormir dans la mémoire de la plage

    dans l’éloignement et le voisinage

    où le bateau échoué et la coquille

    rêvent les mêmes rêves sans images

    de l’algue calciné et de l’étoile

    11

    Où est la voix

    le corps et l’ombre

    le visage et le sourire

    et les lèvres

    modelées par d’infimes secrets ?

    Et le bateau qui sombre

    le bateau qui sombra

    parmi les décombres du soleil antique

    algues de bronze vert

    et le vol des mouettes solennelles ?

    12

    Reconnaissables

    entre les wagons rouillés du faubourg

    ferroviaire

    dans les cours industrielles

    imbibées de pétrole

    dans les entrepôts des douanes

    parmi les changements clandestins

    et les ancres tordues

    rongées pat les coraux.

    Là où l’asphalte

    recouvrit les adieux

    où le dernier tremblement de terre

    rompit les degrés submergés.

    13

    Tu as souvent navigué

    dans ce navire démantelé

    à la dérive.

    Tu connais la coque de bois

    oscillante

    le mascaron au front fendu

    et le spectre des voiles

    aboyant dans le brouillard

    lorsque tu reviens chez toi du fond

    de la mer

    aveuglé par les vagues miraculeuses

    dans le désordre de la houle.

    Lorsque tu reviens en titubant

    les bras ouverts

    accrochés au fil de la lune.

    Lorsque tu montes de la mer à ta maison

    à l’aube

    couverte d’étoiles de mer. 

    14

    Pour apaiser ses doigts

    l’aveugle centenaire

    fabrique de son ongle

    des scories de soleil sur la guitare.

    Le rameur vend des cravates

    et soigne les maux d’amour.

    La vigie descendue de l’étoile

    et du mât

    ouvrit un commerce de paroles.

    Il a oublié comment resplendissent les cris

    dans les déroutes de l’air

    il a enfilé son costume de lâche

    pour que personne ne le cherche

    interrogeant çà et là sur la terre proche.

    C’est un professionnel très connu

    et qui ment toujours

    il ment même en dormant

    il ment par métier et par politesse.

    Les cris resplendissent comme des épées

    dans les dérives de l’air. 

    15

    J’ai surpris plusieurs fois

    dans les recoins profonds

    d’antiques équipages dispersés

    se chauffant les mains

    avec un verre d’eau-de-vie

    approchant de leurs visages

    et de leur profil aux lèvres châtiées

    une allumette mal protégée de la bourrasque.

    16

    Tous déserteurs

    nous sommes insolemment vivants

    assis à la table

    dans les auberges

    cheminant par les quais.

    17

    Tu explores la nuit

    comme une amie qui s’endort

    dans tes bras

    tu explores son corps

    nu inaperçu et tout proche

    comme si c’était la nuit et la ville.

    18

    Car elle s’est dévêtue

    durant une heure

    pour te remplir le cœur de lumière

    et pour éloigner quelque démon qui hante

    la cour d’une église

    mouillée de pluie.

    19

    Ton rire vole

    de ton corps de femme

    rêvant de la mer

    où je suis assurément

    une paire d’ailes engourdies

    tournoyant au-dessus de la cime

    de l’ultime vague.

    Et je crois que ton rire arrive tard

    comme l’écho de la côte

    et le cri de ton ombre plus jeune

    entourée de mouettes.

    Maintenant je vis

    dans la proximité svelte et forte

    de tes genoux pliés comme des îles

    dans les poteries lourdes et fragiles

    de nos corps nus.

    Ton dos est la ligne de l’horizon

    la lumière la plus vaste

    la nuit sous-marine

    où je me perds et voyage

    avant que l’air ne vieillisse

    marchant et trébuchant

    les yeux ouverts

    sous l’eau.

     

    20

    Soudain

    nous écoutons le fleuve

    qui emporte les paroles

    proférant des cris

    parmi les grands arbres

    et les squelettes des usines

    par-delà les récifs

    qui entourent la ville.

    21

    Ami de la poésie

    il faut parfois

    cheminer par-delà le cri

    briser avec poings et lèvres

    l’écho et l’écorce des murs

    découvrir la chair vive

    les dessins de la grotte

    les oiseaux les voiliers

    le profil d’un visage anonyme

    un nom et une date :

    tatouages du temps

    illuminés soudain par le strict

    discours

    qui nous brûle les doigts.

    22

    Ton ombre croît sur la terre dépouillée

    dans une cage bleue pleine de vent.

    Tes cris transpercent le cœur

    décoloré de l’aube

    ils épouvantent les initiales brisées des oiseaux.

    Ce sont alors tes gestes

    qui meuvent

    les cendres de l’air.

    23

    Il faut parfois

    cheminer par-delà le geste et

    sa statue écroulée sur les dunes

    il faut laisser les creux se remplir d’ombre

    il faut cheminer de la nuit à l’aube

    du fond de la mer et de la nuit

    du fond de la nuit et de la ville.

     

    Il faut laisser en arrière les traces

    où ton corps était

    assis conversant avec des amis

    cheminant par les quais.

    Il faut être nu comme une épée

    dans le cœur de ses reflets

    et rester

    avec tout l’équipage dispersé

    dans les coins profonds

    de la terre prochaine

    où le soleil multiplie ses instants

    de lumière.

     

    Il faut

    éloigner de la main

    la frêle toile d’araignée de tes pas

    de tes cris et de tes gestes

    pour retrouver une autre fois

    la tentation du navigateur :

    les câbles détachés

    l’étoile qui déchire l’horizon

    l’image de la rose des vents

    ardent sur le parchemin des plages.

    24

    Tes gestes tes cris tes pas

    gréent à la fin une étendue ordonnée.

    Ils élèvent un mât de voiles en haillons

    sur la tiédeur du port

    et conduisent la ville

    au délire

    de ses intimes métaux détruits

    dans le creux de tes mains

    où danse l’aiguille magnétique

    dans sa tasse de bronze.

    25

    Dans ce lieu ouvert

    de la terre prochaine

    où ton ombre solitaire

    se consume comme un hérétique

    nous poserons la statue

    d’un jeune sourire

    chevauchant nu.

     

    Traduit de l’espagnol par Claude Couffon

    In, Luis Mizon « Poèmes du Sud et autres poèmes.

    Poema del Sur. Edition Bilingue »

    Editions Gallimard (Du monde entier), 1982

    Du même auteur :

    Prisons / Prisiones (05/08/2014)

    L’arbre / El árbol (05/08/2015)

    Vent du Sud / Viento Sur (05/08/2017

     

    *************************** 

    Tierra próxima

    1

     

    Desde el extremo de la mesa

    el mar interrumpía nuestras conversaciones

    armando y desarmando

    la famosa realidad

    que nadie conocía  

    que nadie sabía conocer.

    La tierra próxima

    que había que tocar con dedos ciegos

    porque habíamos perdido

    su contorno de luz

    o gastado la trama

    de los signos

    o quizás ,

    en la perspectiva

    habíamos perdido los pasos,

    los cuentos y las huellas

     

    2

    Las ciudad parecida

    a una fotografía amarillenta

    a un souvenir de yeso

    a mucha tristeza

     

    3

    Si la tierra no sabe despertar

    si la ciudad oculta

    su cántaro de relámpagos azules

    si en los bloques de cemento

    el caserío la playa y el muelle

    ya no está la memoria del viento enamorado.

    El poema es entonces

    la violencia necesaria

    que agarra tu solapa indiferente.

    Una puerta distraidamente abierta

    una invitación a entrar en la ciudad

    andando por las calles dando tumbos.

     

    4

    Amigo de la poesía

    es necesario alguna vez

    dejar crecer la sombra de tus brazos

    en la tierra despejada.

    Empujar desde la altura del cerro

    una armadura sin peso

    y caminar desde la noche al alba

    desde el fondo del mar y de la noche

    desde el fondo de la noche y la ciudad

     

    5

    La luz del mar

    ha gastado las puertas y los muros

    la pintura de los carros de carga

    los colores de la tierra próxima

     

    6

    La perspectiva muestra

    el vecindari.o del asombro

    la cerámica antigua de los cerros

    los caminos mal trazados

    y más allá a de la risa del sembrador

    de gaviotas

    y el brillo de las olas de obsidiana :

    la palabra deshecha

    y el gesto fugitivo.

    Y la ciudad se oculta en todas partes

    como el trigo del poema

     

    7

    Es necesario levantar un candelabro

    entre las estalactitas.

    Caminar en el follaje conmovido de los campanarios

    iluminar los grandes basurales

    donde asoman las muletas

    del mendigo de mar

    adornadas de conchas tropicales.

     

    8

    Y las habitaciones las escalas

    los bancos las cocinas las bodegas

    los dormitirios inundados

    donde la luz se pudre como el vino

     

    9

    Es necesario subir a los desvanes

    empapelados de sol

    a escuchar una vieja voz

    de bosque y marejada

    girando ente los pájaros.  

    10

    Y dormir en la memoria de la playa

    en la distancia y en la cercanía

    donde el barco tumbado y el caracol

    sueñan el mismo sueño sin dibujos

    del alga calcinada y de la estrella.

     

    11

    ¿ Dónde está la voz 

    el cuerpo y la sombra

    el rostro y la sonrisa

    y los labios

    modelados por mínimos secretos ?

    ¿ Y el barco que naufraga

    el barco que naufragó

    entre los escombros del sol antiguo

    algas de bronce verde

    y el vuelo de las gaviotas solemnes ?

     

    12

    Reconocibles

    entre los carros oxidados del duburbio

    ferroviario

    en los patios industriales

    saturados de petróleo

    en los almacenes de la aduana

    entre los cargamentos clandestinos

    y las ancias torcidas

    manchadas de coral.

    Ahí donde el asfalto

    cubrió las despedidas

    y el ultimo terremoto

    quebró los escalones sumergidos.

     

    13

    Has navegado muchas veces

    en ese barco desmantelado

    a la deriva.

    Conoces el casco de madera

    bamboleante

    el mascarón de la frente rajada

    y el espectro de las velas

    ladrando en la neblina

    cuando regresas a tu casa desde el fondo

    del mar

    cegado por las olas milagrosas

    en el desorden de la marejada.

    Cuando regresas dando tumbos

    con los brazos abiertos

    amarrados a los hilos de la luna.

    Cuando subes desde el mar hasta tu casa

    en el alba

    cubierta de estrellas de mar.

     

    14

    Para apaciguar sus dedos

    el ciego de cien años

    fabrica con la uña

    escorias de sol en la guitarra.

    El remero vende corbatas

    y cura los males del amor.

    Y el vigía que bajó de la estrella

    y el mástil

    abrió una compraventa de palabras.

    Olvidó como brillan los gritos

    en las derrotas del aire

    y se puso su traje de cobarde

    para que nadie lo buscara

    preguntando por la tierra próxima.

    Es un profesional muy conocido

    y miente en todas partes

    miente hasta dormido

    mente por oficio y cortesía.

    Los gritos brillan como espadas

    en las derrotas del aire.

     

    15

    He sorprendido muchas veces

    en los rincones hondos

    antiguas tripulaciónes dispersas

    calentándose las manos

    con la copa de aguardiente

    acercándose al rostro

    y al perfil de los labios castigados

    un fósforo mal protegido del chubasco.

     

    16

    Todos los desertores

    estamos descaradamente vivos

    sentados a la mesa

    en los mesones

    caminando por los muelles .

     

    17

    Explorando la noche

    como una amiga que se duerme

    entre tus brazos.

    Explorando su cuerpo

    desnudo inadvertido

    y proximo

    como si fuera la noche y la ciudad.

     

    18

    Porque ella se ha desvestido

    durante una hora

    para llenarte de luz el corazon

    o para alejar algún demonio obstinado

    en el patio de una iglesia

    mojada por la lluvia.

     

    19

    Tu risa vuela

    desde tu cuerpo de mujer

    soñando con el mar

    donde soy seguramente

    un par de alas torpes

    que rondan la cima

    de la última ola.

    Y creo que tu risa llega tarde

    como el eco de la costa

    y el grito de tu sombra más joven

    rodeado de gaviotas.

    Ahora vivo

    en la proximidad esbella y fuerte

    de tu rodillas plegadas como islas

    en la alfarería pesada y frágil

    de nuestros cuerpos desnudos.

    Tu espalda es la línea del horizonte

    la luz, más extensa

    la noche submarina

    donde ne pierdo y viajo

    antes que el aire envejezca

    andando y dando tumbos

    con los ojos abiertos

    bajo el agua.

     

    20

    De pronto

    escuchamos el río

    que se lleva las palabras

    dando gritos

    entre los grandes árboles

    y los esqueletos de las fábricas

    más allá de los arrecifes

    que rodean la ciudad

     

    21

    Amigos de la poesía

    es necesario alguna vez

    caminar más allá del grito

    y romper con los puños y los labios

    el eco y la corteza de los muros

    y descubrir la carne viva

    los dibujos de la gruta

    los pájaros los veleros

    el perfil de un rostro anónimo 

    un nombre y una  fecha :

    tatuajes del tiempo

    que de pronto ilumina la palabra

    estricta

    que nos quema los dedos.

     

    22

    Tu sombre crece en las tierra despejada

    en una jaula azul llena de viento.

    Tus gritos atraviesan el corazón

    descolorido del alba

    espantan las iniciales quebradizas de los pájaros 

    y son entonces tus gestos

    los que mueven

    las cenizas del aire.

     

    23

    Es necesario alguna vez

    caminar más allá del gesto

    y su estatua derrumbada en las dunas

    y dejar que los huecos se llenen de sombra

    y caminar desde la noche al alba

    desde el fondo  del ma y de la noche

    desde el fondo de la noche y la ciudad.

     

    Es necesario dejar atrás las huellas

    donde estuvo tu cuerpo

    sentado conversando com amigos

    caminando  por los muelles.

    Y estar desnudo como una espada

    en el corazón de sus reflejos.

    Y quedarse

    con toda la tripulación dispersa

    en los rincones hondos

    de la tierra próxima

    donde el sol multiplica sus instantes

    de luz.

     

    Es necesario

    apartar con una mano

    la frágil teleraña de tus pasos

    tus gritos y tus gestos

    para encontrar otra vez

    la tentación del navegante :

    los cordeles desatados

    la estrella que triza el horizonte

    la imagen de la rosa de los vientos

    ardiendo sobre el pergamino de las playas

     

    24

    Tus gestos tus gritos tus pasos

    arman por fin una estensión ordenada

    elevan un mástil de velas andrajosas

    sobre la tibezia del puerto

    y orientan la ciudad

    sobre el delirio

    de sus íntimos metales destruidos

    en tus manos  ahuecadas

    donde baila la aguja magnética

    en su taza de bronce.

     

    25

    En ese lugar abierto

    de la tierra próxima

    donde tu sombra solitaria

    arde como un hereje

    pondremos la estatua

    de una joven sonrisa

    cabalgando  desnuda.

     

    Tierra próxima

     

    José ManuelCaballero Bonald : Ma prophétie, c’est ma mémoire / Mi propia profecía es mi memoria (10//07/2016)

     

     

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  • O douleurs de l’amour !.

     O douleurs de l’amour !..............Robert Desnos (1900 – 1945) :

    O douleurs de l’amour !

    Comme vous m’êtes nécessaires et comme vous m’êtes chères.

    Mes yeux qui se ferment sur des larmes imaginaires, mes mains

         qui se tendent sans cesse vers le vide.

    J’ai rêvé cette nuit de paysages insensés et d’aventures dangereuses

         aussi bien du point de vue de la mort que du point de vue de la

         vie

    qui sont aussi le point de vue de l’amour.

    Au réveil vous étiez présentes, ô douleurs de l’amour, ô muses du

         désert, ô muses exigeantes.

    Mon rire et ma joie se cristallisent autour de vous. C’est votre fard,

         c’est votre poudre, c’est votre rouge, c’est votre sac de peau de

         peau de serpent, c’est vos bas de soie

    et c’est aussi ce petit pli entre l’oreille et la nuque, à la naissance du

         cou

    c’est votre pantalon de soie et votre fine chemise

    et votre manteau de fourrures

    votre ventre rond

    c’est mon rire et mes joies

    vos pieds

    et tous vos bijoux

    En vérité comme vous êtes bien vêtue et bien parée.

     

    O douleurs de l’amour, anges exigeants, voilà que je vous imagine

         à l’image même de mon amour 

    que je vous confonds avec lui

    O douleurs de l’amour, vous que je crée et habille

    vous vous confondez avec mon amour dont je ne connais que les

         vêtements et aussi les yeux, la voix, le visage, les mains, les

         cheveux, les dents, les yeux.

     

    Poèmes à la mystérieuse

    In, Revue « La Révolution surréaliste, N° 7, 15 Juin 1926 »

     

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