• Ma Dame,...............

    Ma Dame, je me meurs abandonné d’espoir :
    La plaie est jusqu’à l’os : je ne suis celui même
    Que j’étais l’autre jour, tant la douleur extrême
    Forçant la patience, a dessus moi pouvoir.
     
    Je ne puis ni toucher, goûter, n’ouïr ni voir :
    J’ai perdu tous mes sens, je suis une ombre blême :
    Mon corps n’est qu’un tombeau. Malheureux est qui aime,
    Malheureux qui se laisse à l’Amour décevoir !
     
    Devenez un Achille aux plaies qu’avez faites,
    Un Télèphe je suis, lequel s’en va périr :
    Montrez-moi par pitié vos puissances parfaites,
     
    Et d’un remède prompt daignez moi secourir.
    Si votre serviteur, cruelle, vous défaites,
    Vous n’aurez le Laurier pour l’avoir fait mourir.
     

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  • Une pastourelle gentille, ..........Clément Marot (1496-1544).

    Une pastourelle gentille,
    Et un berger, en un verger,
    L’autre hier en jouant à la bille
    S’entredisaient, pour abréger :
                    Roger
                    Berger
                    Légère
                    Bergère
    C’est trop à la bille joué :
    Chantons Noé ! Noé ! Noé !
     
    Te souvient-il plus du prophète
    Qui nous dit cas de si haut fait
    Que d’une pucelle parfaite
    Naîtrait un enfant tout parfait ?
                    L’effet
                    Est fait,
                    La belle
                    Pucelle
    A un fils du ciel avoué :
    Chantons Noé ! Noé ! Noé !
     

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  • D’où vient cela, belle, je vous supplie
    Que plus à moi ne vous recommandez ?
    Toujours serai de tristesse rempli,
    Jusques à tant qu’au vrai le me mandez.
    Je crois que plus d’Ami ne demandez,
    Ou mauvais bruit de moi on vous révèle,
    Ou votre cœur a fait amour nouvelle.
     
    Si vous laissez d’amour le train joli,
    Votre beauté prisonnière rendez ;
    Si pour autrui m’avez mis en oubli,
    Dieu vous y doint le bien qu’y prétendez ;
    Mais si de mal en rien m’appréhendez,
    Je veux qu’autant que vous me semblez belle,
    D’autant ou plus vous me soyez cruelle.
     

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  • Quand j’ai pensé en vous, ma bien-aimée,
    Trouver n’en puis de si grande beauté :
    Et de vertu seriez plus estimée,
    Qu’autre qui soit, si n’était cruauté.
        Mais pour vous aimer loyaument
        J’ai récompense de tourment :
        Toutefois quand il vous plaira,
        Mon mal par merci finira.
     
    Dès que mon œil aperçut votre face,
    Ma liberté du tout m’abandonna,
    Car mon las cœur, espérant votre grâce,
    De moi partit, et à vous se donna.
        Or s’est-il voulu retirer
        En lieu d’où ne se peut tirer,
        Et vous a trouvée sans si,
        Fors qu’êtes Dame sans merci.
     
    Votre rigueur veut doncques que je meure,
    Puisque pitié votre cœur ne remord.
    Si n’aurez-vous (de ce je vous asseure)
    Los ni honneur de si cruelle mort :
        Car on ne doit mettre en langueur
        Celui qui aime de bon cœur :
        Trop est rude à son ennemi,
        Qui est cruel à son ami.
     

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  • ESPOIR TIMIDE

    ESPOIR TIMIDE.............  

    Chère âme, si l’on voit que vous plaignez tout bas
    Le chagrin du poète exilé qui vous aime,
    On raillera ma peine, et l’on vous dira même
    Que l’amour fait souffrir, mais que l’on n’en meurt pas.
     
    Ainsi qu’un mutilé qui survit aux combats,
    L’amant désespéré qui s’en va, morne et blême,
    Loin des hommes qu’il fuit et de Dieu qu’il blasphème,
    N’aimerait-il pas mieux le calme du trépas ?
     
    Chère enfant, qu’avant tout vos volontés soient faites !
    Mais, comme on trouve un nid rempli d’œufs de fauvettes,
    Vous avez ramassé mon cœur sur le chemin.
     
    Si de l’anéantir vous aviez le caprice,
    Vous n’auriez qu’à fermer brusquement votre main,
    — Mais vous ne voudrez pas, j’en suis sûr, qu’il périsse !
     

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  • Je rêve, tant Paris m’est parfois un enfer,
    D’une ville très calme et sans chemin de fer,
    Où, chez le sous-préfet, en vieux garçon affable,
    Je lirais, au dessert, mon épître ou ma fable.
    On se dirait tout bas, comme un mignon péché,
    Un quatrain très mordant que j’aurais décoché.
    Là, je conserverais de vagues hypothèques.
    On voudrait mon avis pour les bibliothèques ;
    Et j’y rétablirais, disciple consolé,
    Nos maîtres, Esménard, Lebrun, Chênedollé.
     

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