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  • Le départ
     

    Le départ..........


    Les Alpes ont beau faire et m’opposer leur dos
    Leurs glaciers verts et bleus aux terribles passages
    Et leurs pics décharnés où les sombres nuages
    Viennent traîner le ventre et se mettre en lambeaux 

    Tombent, tombent sur moi, leurs effrayantes eaux
    Leurs torrents bondissants, leurs neiges, leurs orages
    Et que les vents sortis de cent rochers sauvages
    Déchirent mes poumons comme de froids couteaux !

    J’irai, je foulerai, car, j’en ai l’espérance
    Les champs délicieux de la douce Florence
    Et les vieux monts sabins que Virgile adora

    Je verrai le soleil et la mer de Sorrente
    Et mollement couché sur la plage odorante
    Je boirai ton air pur, ô terre d’Ischia !
     
    Auguste Barbier

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  • C'est le sort des garçons

    C'est le sort des garçons...JA

    - Mon fils ne se sent pas prêt pour la rentrée.

    - Il a le temps d'y penser.

    - Vous croyez qu'il s'habituera ?

    - Pourquoi pas !

    C'est le sort des garçons

    D'aller en pension.

    Après ce sera le service militaire.

    Croyez-moi, lui ne doit pas s'en faire.

     

    - Elles veulent toutes avoir raison.

    Ce n'est pas elles qui y vont.

    Dans huit jours, elles seront encore à discuter,

    Et moi, grec et latin à étudier...

     

    Au village, les flirts et les derniers baisers...

    Et moi qu'est ce que je fais ?

    Je suis comme un hanneton, 

    Qui se cogne à tous les horizons...

    J.A. 

    ---------

    En relisant mes écrits de cette époque, j'ai quelquefois pris à mon compte cette chanson de Jacques Brel, que je cite partiellement de mémoire.

    "C'est le temps où j'étais dernier

    Rosa, rosae, rosarum.

    C'est le tango du temps des zéros,

    J'en avais tant, des minces et des gros.

    Rosa, rosae, rosarum.

    C'est le tango du temps béni,

    Rosa, rosae, rosarum.

    C'est le tango que l'on regrette..."

     

    Si je regrette un peu mes zéros, je ne regrette pas la culture latine que mes vieux maîtres s'appliquaient à nous inculquer, à une époque où l'Europe était à feu et à sang.

    Si c'est aussi le symbole de ce qui reste quand on a tout oublié, c'est aussi le parfum des fleurs du printemps de son adolescence.

    Il affleure sans cesse à ma mémoire, à l'énoncé d'un mot, à la lecture d'une inscription, même aux souvenirs d'une guerre récente ou viennent  se mêler les réminiscences d'autres guerres bien plus anciennes, ces batailles de l'Antiquité, découvertes à travers l'odeur fade et poussiéreuse de l'exercice de la version.

    À l'époque, si tout ce qui sortait de ma plume abondait en solécismes et en barbarismes, en faux sens et en contresens, du moins en ai-je gardé  de comprendre à présent à peu près l'occitan parlé, et un peu d'italien écrit, sans les avoir étudiés.

    À l'encontre de H.G Wells qui comparait les professeurs d'humanités à "des gens qui manient indéfiniment des clefs pour ouvrir des portes vides", puis-je me permettre de conseiller aux "mecs plus ultra" qui entrent au collège de ne pas négliger cet apport exceptionnel dont la plasticité se prête à tout et s'adapte à tout, même aux sciences exactes qui utilisent le latin et le grec dans la chimie, la médecine, la pharmacie, etc.

    Quant aux Chrétiens qui s'enrouent sur des textes débiles ou pleurards (ils ne le sont pas tous, heureusement), je les renvoie à Georges Brassens. 

    "Sans le latin, sans le latin,

    Plus de mystère magique.

    Le rite qui nous envoûte

    S'avère alors anodin..."

    J.A. "Quand j'étais ado", Un vieux cahier.

    --------

    Illustration internet

    Engagement à retirer l'image en cas de demande des ayants droi

     

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  • Songe

    Songe.........


    Cet instant qu'il suffit aux âmes de partager
    Que le temps même a choisi de figer, l'instant,
    Ce bonheur furtif, cette union désirée
    Fut le plus beau, notre feu si ardent.
     
    Une harmonie du corps et de l'esprit
    Une impression de vivre ailleurs
    On se donne droit aux interdits
    Un frisson parcourt le cœur.
     
    Comme le vent qui souffle si brusquement
    Me décourage et me retire toute foi
    Et s'en va lentement
    L'image d'à présent de toi.
     
    Tous ces mots cachés au plus profond de mes sentiments,
    Tous ces sourires, ne reflètent que les échos
    Qu'un jour,  je te soufflerai doucement,
    Mon âme sombrant dans le chaos.
     
    Marie_Louise

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  • LA VISITATION DE L’AMOUR

    LA VISITATION DE L’AMOUR...........  

    Je veux que l’Amour entre comme un ami dans notre maison,
    Disais-tu, bien-aimée, ce soir rouge d’automne
    Où dans leur cage d’osier les tourterelles monotones
    Râlaient, palpitant en soudaine pâmoison.
     
    L’Amour entrera toujours comme un ami dans notre maison,
    T’ai-je répondu, écoutant le bruit des feuilles qui tombent,
    Par-delà le jardin des chrysanthèmes, sur les tombes
    Que la forêt étreint de ses jaunes frondaisons.
     
    Et voici, l’Amour est venu frapper à la porte de notre maison,
    Nu comme la Pureté, doux comme la Sainteté ;
    Ses flèches lancées vers le soleil mourant chantaient
    Comme son rire de jeune dieu qui chasse toute raison.
     
    Amour, Amour, sois le bienvenu dans notre maison
    Où t’attendent la flamme de l’âtre et la coupe de bon vin.
    Amour, ô toi qui es trop beau pour ne pas être divin,
    Apaise en nos pauvres cœurs toute crainte de trahison !
     
    Et l’amour est entré en riant dans notre maison,
    Et nous ceignant le cou du double collier de ses bras,
    Il a forcé nos bouches closes et nos yeux ingrats
    À voir et à dire enfin ce que nous leur refusons.
     
    Depuis, nous avons fermé la porte de notre maison
    Pour garder auprès de nous le dieu errant Amour
    Qui nous fit oublier la fuite furtive des jours
    En nous chantant le secret éternel des saisons.
     
    Mais nous l’ouvrirons un jour, la porte de notre maison,
    Pour que l’Amour, notre ami, aille baiser les hommes
    Sur leurs lèvres et leurs yeux — aveugles et muets que nous sommes ! —
    Comme il nous baisa sur les nôtres, ce soir plein d’oraisons !
     
    Et ce sera Pâques alors autour de notre maison,
    Et l’on entendra prier les morts autour des tombes,
    Et l’on verra s’essorer comme des âmes les colombes
    Entre le soleil mort et la lune née à l’horizon.
     

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  • LE MÉNÉTRIER

    LE MÉNÉTRIER..........  

    Étouffant en la nuit la rumeur de ses pas
    Le vieux ménétrier sous l’horreur de la lune
    Rôde comme un garou par la lande et la dune.
     
    Sur la grève des mers il balance ses pas,
    Pris d’un doux mal d’amour pour sa dame la lune
    Qui le leurre au plus loin de la lande et la dune.
     
    Et le voilà qui vague au vouloir de ses pas
    Vers le miroir des mers où palpite la lune,
    Oublieux du réel de la lande et la dune.
     
    Les bras en croix, les yeux aux cieux, à larges pas,
    Au plus glauque des flots le lunatique, ô lune,
    Va s’engloutir sans deuils de la lande et la dune.
     
    Nul mutisme plus grand ne dit la mort de pas.
    Un remous mollement remue au clair de lune,
    Puis la lame, et le vent sur la lande et la dune.
     

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  • LA VILLE MORIBONDE

    LA VILLE MORIBONDE.............

    À Edmond Pilon

                 
    C’est la Ville malade et lasse comme une mère,
    Qui dort d’un lourd sommeil au bord d’un fleuve de mort.
    Tant de ses fils, jadis, casqués d’ailes de chimère,
    Sont partis, poings crispés à leur bannière éphémère,
        Qu’elle a peur, ce soir-ci, des souvenirs du sort.
     
    Aussi dort-elle, au son monotone de ses cloches,
    Auprès du pont de pierre où nul voyageur ne va
    Plus. Et tous ses chemins qui mènent, par bois et roches,
    Avec des croix de fer aux bornes, vers les champs proches,
        Sont déserts, car bientôt l’Effroi va passer là.
     
    Ses petites maisons s’accroupissent sur la rue,
    Pignons penchés, fenêtres closes comme des yeux,
    Afin de retenir dans l’ombre soudain accrue
    Leurs larmes de lumière. Et la vie est disparue
        Avec le bruit des pas des vieilles et des vieux.
     
    Ceux-ci, lents, ont gravi la pente de la colline
    Pour aller à l’église où la Vierge, lourde d’or,
    N’exauce plus les vœux de leur foule qui décline
    La parole et le chant de la prière latine
        Dont le sens leur est clos comme un ancien trésor.
     
    Parfois l’orgue s’éveille en des sanglots que saccade
    Tout le regret des temps ; et jusqu’au fleuve de mort,
    Et par-delà le pont de pierre et l’estacade
    Tonne sa voix pleurant les pompes de la croisade
        De jadis, où la Foi rendait tout homme fort.
     
    Et les bateaux pourris que retiennent les amarres
    Au bord du quai moussu, semblent alors tressaillir
    Dans un désir d’essor vers la terre des Barbares,
    Là-bas sur la mer noire où l’on ne voit plus les phares,
        Loin de la Ville, enfin, qui ne sait que vieillir.
     

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  • Je suis ce roi des anciens temps ............Stuart Merrill (1863-1915).

    Je suis ce roi des anciens temps
    Dont la cité dort sous la mer
    Aux chocs sourds des cloches de fer
    Qui sonnèrent trop de printemps.
     
    Je crois savoir des noms de reines
    Défuntes depuis tant d’années,
    Ô mon âme ! et des fleurs fanées
    Semblent tomber des nuits sereines.
     
    Les vaisseaux lourds de mon trésor
    Ont tous sombré je ne sais où,
    Et désormais je suis le fou
    Qui cherche sur les flots son or.
     
    Pourquoi vouloir la vieille gloire
    Sous les noirs étendards des villes
    Où tant de barbares serviles
    Hurlaient aux astres ma victoire ?
     
    Avec la lune sur mes yeux
    Calmes, et l’épée à la main,
    J’attends luire le lendemain
    Qui tracera mon signe aux cieux.
     
    Pourtant l’espoir de la conquête
    Me gonfle le cœur de ses rages :
    Ai-je entendu, vainqueur des âges,
    Des trompettes dans la tempête ?
     
    Ou sont-ce les cloches de fer
    Qui sonnèrent trop de printemps ?
    Je suis ce roi des anciens temps
    Dont la cité dort sous la mer.

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  • LA FLÛTE

    LA FLÛTE..........

     

    À Stéphane Mallarmé


    Au temps du gazouillis des feuilles, en avril,
    La voix du divin Pan s’avive de folie,
    Et son souffle qui siffle en la flûte polie
    Éveille les désirs du renouveau viril.
     
    Comme un appel strident de naïade en péril
    L’hymne vibre en le vert de la forêt pâlie
    D’où répond, note à note, écho qui se délie,
    L’ironique pipeau d’un sylvain puéril.
     
    Le fol effroi des vents avec des frous-frous frêles
    Se propage en remous criblés de rayons grêles
    Du smaragdin de l’herbe au plus glauque des bois :
     
    Et de tes trous, Syrinx, jaillissent les surprises
    Du grave et de l’aigu, du fifre et du hautbois,
    Et le rire et le rire et le rire des brises.
     

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