• DANS LE SABLE DU TEMPS

    DANS LE SABLE DU TEMPS...........Christophe CONDELLO

    « Quand l'homme n'aura plus de place pour la nature,
    peut-être la nature n'aura t-elle plus de place pour l'homme »

    Stefan EDBERG




    Une aube
    doucement se déploie
    dans ta main

    bientôt peut-être
    une caresse

    Christophe CONDELLO



    Un pas
    se perd
    dans la lenteur
    du sable

    le temps se retire

    Christophe CONDELLO

    ************

    La lune immobile
    étale ses couleurs

    une mer infinie
    repose l'œil

    Christophe CONDELLO

    ***********


    L'audace
    sur nos lèvres
    hésite

    le sel éveille
    un peu chacun
    de nos frissons

    Christophe CONDELLO




    Christophe Condello est un des derniers brûleurs de loups.
    À la fois poète, pacifiste et philosophe, il est né à Grenoble et vit maintenant à Laval (Québec).
    Il a siégé au conseil d'administration de la Société littéraire de Laval, comme membre du jury du Conseil des Arts et des Lettres du Québec pour les bourses aux écrivains ainsi que pour l'attribution du prix Jacqueline Déry-Mochon.
    Il est membre de l'U.E.R.A. (Union des Écrivains de Rhône-Alpes), de Poètes du monde et ancien responsable de la poésie de la revue Brèves littéraires.
    Il a publié dans de nombreuses revues :
    Exit, Trois, Moébius, N4728, Contemporary Verse 2, RALM, Les cahiers de poésie, Brèves littéraires, Ancrages, Alter texto, Poètes contre la guerre, les éditions Mélonic, CroûtOthon, Florilège 2007 SOC & FOC, Le capital des mots, le journal Métro, Le livre d'or pour la paix, Mondes francophones, Terra Nova, Les Adex, Une étape dans la clairière, Plexus S, Point barre, Mouvances, Ploc, Francopolis et Alcôves
    et 4 recueils de poésie :
    Les jours fragiles au Noroît,
    L'ailleurs éparpillé au Loup de gouttières,
    La seconde résurrection au Cygne et
    Le jour qui s'attarde chez Éclats d'encre.
    Il aime particulièrement la vie, le vin, les voyages improvisés et sans fin, le bruit du vent dans les feuilles et le plaisir de pêcher sans appât.

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  • LA POÉSIE

    LA POÉSIE..........

    Elle est le verbe qu'on accueille,
    Reste pudique et cependant,
    Sait mettre à nu le sentiment
    Comme une rose qu'on effeuille

    Elle est des dieux, fille bénie,
    Grave et légère tour à tour,
    Et peut jouer la symphonie
    Avec des mots de tous les jours

    De son pouvoir surgit l'image,
    Que le rêve met en couleur.
    Elle est même dans le malheur
    Un cri d'amour à chaque page.

    Magui CHAZALMARTIN

    Poème extrait de "Secrètes Harmonies", prix de poésie 2008 Yolaine et Stephen BLANCHARD et publié dans le recueil "A quatre temps" ©2008, Editions Les Presses Littéraires

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  • Poèmes de .....Christine CHATILLON

    LXIII

    D’où te vient cette ivresse qui la nuit m’attend ?
    Des étoiles sans doute - Moi aussi j’en viens.
    D’où vient cet univers qui le jour m’entretient,
    Et me vient et me vers et m’enivre le temps ?

    D’où vient que tu es là comme un parfum d’antan,
    Toi qui ne connais pas l’intense de mes riens ?
    Toi que j’aime et je songe et je lis comme mien,
    D’où vient que je m’absente et tu es là pourtant ?

    D’où vient que je te rêve depuis si longtemps ?
    Mais tu étais un autre et nous sommes un lien.
    Que l’étoile s’allume comme un enfant tien…

    Peut-être es-tu un mal mais tu bâtis mon bien.
    Peut-être es-tu l’aurore qui nous brise tant ?
    Ne laisse pas le bruit de mes pleurs en partant.

    Christine CHATILLON

    XI

    Souvent les grands tombeaux m'appellent comme en rêve.
    J'entends leur chant plaintif de sirènes blessées.
    Y gisent immobiles les âmes lassées.
    Je sais que les morts vivent : je vis de leur sève.

    Mon corps maudit ne peut franchir la froide pierre.
    Mais âpres sont les larmes des coeurs trépassés,
    Et leur voix, plus profonde que l'éternité,
    Ronge de l'intérieur le marbre comme un ver.

    Morts, vos silences bruissent comme des symboles,
    Et vos cris assassinent comme l'éphémère ;
    Mais la sombre nuit seule pleure vos mystères.

    Morts, laissez-moi dormir au creux de votre épaule :
    Il fait nuit dans mon âme et le chaos me tue.
    Rendez-moi l'éternel que le monde a perdu.


    Christine CHATILLON

    Mon coeur


    Mon coeur, quitte ton lit
    Et sors de ta pénombre,
    De tes rêves sans nombre,
    De tes rêves sans bruit.

    Mon coeur, pleure ta pluie,
    Ton visage est trop sombre,
    Reconstruis tes décombres,
    Goûte ton sang qui luit.

    Mon coeur, aime ta vie,
    Dans les plis de ton ombre,
    Souviens-toi que tout sombre,
    Souviens-toi qu’on oublie.

    Christine CHATILLON

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  • Jardinier de l’aube

    Jardinier de l’aube.......

    Tu viens. Tu as la tendre complicité
    des astres du petit matin nu et chaste comme une pêche.
    Mon corps se berce, te devine dans une rivière de draps;
    il entend au loin tes pas qui s’avancent en foulant l'herbe .
    Ma bouche comme dans un rêve devient une boussole douce et charnue
    cherchant la musique de ton sentier apaisant.
    Elle chuchote ton nom, tu peines, dans la douce pénombre de la chambre.
    Tu marches, jardinier de l'aube. Tu te diriges vers mon centre
    jusqu’mon nombril d’argent que tu arroses comme des colibris de feu.
    Tu viens … tu t'imprègnes d’or comme la chevelure du soleil
    et tu te laves dans le calme avec la rosée des feuillages.
    Puis tu frappes à la porte de ma maison. Des tournesols de lumière
    ouvrent lentement les fenêtres de mon corps.
    Tu entres. Et ta peau transporte le parfum du dernier bois,
    l'humide innocence d'une fleur de lotus endormie dans l'eau.
    La clarté de tes yeux attiédit mes pieds perdus dans l'ombre.
    Tu t'approches. Tu creuses avec tes lèvres fraîches un trou dans ma joue
    et tu y déposes la semence d’un baiser.
    Ensuite, tu déchires le voile fragile du rêve comme un pétale volant.
    Et tu me réveilles …
    Avec prudence tu laisses tes doigts emprunter les chemins occultes de mon visage jusqu’à ma bouche qui comme une trappe rouge les attend.
    Tu construis les premières tours de mon corps.
    Tu vaincs les mauvaises herbes de ma pudeur illuminée
    et, jardinier, tu répands le langues du soleil,
    l'odeur sauvage du dernier bois et de la rosée ardente des feuilles, réchauffée par tes mains.
    Le jardin de mon ventre explose, s’enflamme comme le rubis de l'aube.
    Ta pupille brille dans le lac de mon âme.
    Et dans la forge de nos corps
    s’éteint la douce lampe.

    Diana Irene BLANCO,
    traduit de l'espagnol argentin par Maggy De Coster

    **********************

    Jardinero en el alba


    Vienes. Tú dispones la rosada complicidad
    de los astros cuando la mañana baja
    desnuda y casta como un durazno.
    Mi cuerpo se mece, te adivina en un río de sábanas;
    oye tus pasos que inclinan la hierba
    mientras avanzas, lejos, todavía.
    Gira mi boca en el sueño, brújula suave y carnosa,
    y busca la música de tu blando sendero.
    Susurra tu nombre, apenas, en la sedosa penumbra del cuarto.
    Caminas, jardinero del alba. Caminas hacia el centro de mí.
    Donde bebe colibríes de fuego mi ombligo de plata.
    Vienes… te empapas de oro dulce entre las cabelleras del sol
    y lavas tu cuerpo en el rocío que baja por las hojas en calma.
    Al fin, toca tu mano la puerta de mi casa. Girasoles de luz
    abren despacio las ventanas de mi cuerpo.
    Entras. Y traes en la piel la fragancia del último bosque,
    la húmeda inocencia de una flor de loto dormida en el agua.
    La claridad de tus ojos entibia mis pies distraídos en la sombra.
    Te acercas. En mi mejilla cavas un hoyo con tu boca fresca
    y depositas la semilla de un beso.
    Luego, rasgas con el vuelo de un pétalo la tela delgada del sueño.
    Y me despiertas…
    La sabia prudencia de tus dedos desciende
    por los caminos ocultos de mi cara, donde espera
    la boca, roja como una trampa.
    Trepas las primeras torres de mi cuerpo.
    Vences las malezas de mi pudor iluminado
    y derramas, jardinero, las lenguas del sol ,
    el olor salvaje del último bosque y el ardiente rocío
    de las hojas encendido en tus manos.
    Estalla, se enciende el jardín de mi vientre
    como un dócil rubí en el alba.
    Brilla tu pupila en el lago de mi alma.
    Al fin, en la fragua de nuestros cuerpos
    se apaga la dulce lámpara.

    Diana Irene BLANCO

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  • De simples résidents des miroirs

    De simples résidents des miroirs...... Diana Irene BLANCO,

    Nous fûmes les architectes d'une lune en travers
    du fil des rêves,
    les éclaireurs des primevères agglutinés,
    les propriétaires absolus des jours sur mesure,
    comme un nouveau vêtement.
    Nous fûmes les inventeurs du feu inachevé,
    toujours sur le dos du ciel presque comme un délire.
    Le temps, innocent comme un couteau sans propriétaire,
    nous avait nommés gardiens assidus des flammes,
    exterminateurs de la tristesse déclarée indésirable.
    Quelqu'un nous avait, en outre,
    déclarés en état d'urgence.
    Pour avoir les cœurs inondés,
    les mains incendiées, les yeux insurgés.
    Nous fûmes l'anti-métaphore de la mélancolie.
    Nous sommes … de simples résidents des miroirs.


    Diana Irene BLANCO,
    traduit de l'espagnol argentin par Maggy De Coster

    ************

     

    Tenues habitantes de los espejos


    Fuimos arquitectos de una luna atravesada en el
    hilo de los sueños,
    los adelantados luminosos de apretadas primaveras,
    los propietarios absolutos de los días que llegaban
    a medida,
    como un traje nuevo.
    Fuimos los fundadores del fuego inconcluso,
    del cielo siempre a cuestas casi como un delirio.
    El tiempo, inocente como un cuchillo sin dueño,
    nos había nombrado incesantes guardianes de las llamas,
    exterminadores de la tristeza declarada indeseable.
    Alguien nos había proclamado,
    además,en estado de emergencia.
    Por tener los corazones inundados,
    las manos incendiadas, los ojos insurrectos.
    Fuimos la antimetáfora de la melancolía.
    Somos…los tenues habitantes de los espejos.

    Diana Irene BLANCO

     

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