• Un paysan

    Un paysan

    Un paysan s'arrête au garage du coin pour faire réparer sa camionnette.

    Le garagiste ne peut pas le faire immédiatement et doit garder la camionnette.


    Le paysan se dit alors qu'il n'habite pas loin et qu'il va rentrer à  pied.      
     Sur le chemin du retour, il s'arrête dans une boutique où il  achète un seau et une boîte de 5 kg de peinture.


     Puis il s'arrête dans une autre boutique et prend deux poules et une oie.
     Mais, arrivé laborieusement dehors, il a un problème :

    comment porter  tous ses achats jusqu'à la maison ?
     Pendant qu'il se gratte la tête, une petite vieille s'approche de lui et  lui dit qu'elle est perdue.

    Elle lui demande :

    "Pouvez-vous me dire comment aller au 16 Allée du Buisson ?"
     Le paysan lui dit :

    "Eh bien, en fait, ma ferme est tout près de cette  maison.

    Je me mettrais bien en route, mais je n'arrive pas à porter tout ceci.
     "La vieille dame suggère :
     "Pourquoi ne mettez-vous pas la boîte de peinture dans le seau.

    Portez le seau d'une main, mettez une poule sous chaque bras et portez l'oie dans l'autre main ?"
     "Merci bien", dit-il, et il se mit en route accompagnant la vieille  dame.
     En cours de route, il dit :

    "Prenons mon raccourci et descendons par ce  sentier.

    Nous y serons en un rien de temps."
     La petite vieille le regarde attentivement et dit : 

    "Je suis une veuve sans personne pour me défendre...

    Qui me dit que quand nous serons dans le sentier vous n'allez pas me coincer contre un  mur, retrousser ma jupe et me faire Dieu sait quoi ?" 
     Le paysan dit :

    "Cré vingt dieux, ma petite dame, je porte un seau, une  boîte de 5 kg de peinture, deux poules et une oie.

    Comment diable pourrais-je vous coincer contre le mur et faire ça ?"
     La vieille dame répondit :

    "Posez l'oie, recouvrez-la avec le seau,  mettez la boîte de peinture sur le seau, et je tiendrai les poules..."

     

     

     

     

     

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  • J’écris

    J’écris........

    Lorsque j’étais enfant, fallait-il être fou !
    J’écrivais sur un banc des lettres au coucou
     
    À vingt ans, le bel âge! Les hommes sont naïfs
    Je gravais dans les arbres des prénoms au canif
     
    À trente, émerveillé de me croire poète
    Je couvrais mes cahiers de strophes imparfaites
     
    À quarante, déjà, je me pris par la main
    Je voudrais être moi; je me cherchais en vain
     
    À cinquante, c’est Dieu qui vint me tourmenter
    J’ai alors essayé de faire ce qu’il veut
     
    À soixante le doute me reprit la gorge
    J’œuvrais comme on forge le fer que l’on redoute
    Maintenant, assagi, humblement, comme on prie
    J’écris sur les genoux…
                                              …Ce que Dieu me dit
     
    Maurice Carême

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  • Je suis dans un pré...

    Je suis dans un pré.....Francis Jammes De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir

                                           I

    Je suis dans un pré où coule l’eau froide dans l’herbe,
    le long des cerisiers, sur des joncs, des cailloux.
    Les filles mettront les fleurs du pré vert en gerbes
    pour la procession quand le temps sera doux :
    les fleurs qu’on appelle bouquets faits, les joncs roses.
    Les jeunes filles seront en blanc et, le soir,
    la procession jonchera le reposoir
    et le curé dira de bien, bien belles choses.


                                            II

    Il élèvera le Saint-Sacrement doré
    et les larmes viendront aux yeux — ô gloire, gloire,
    gloire à Dieu, dira-t-on, que son nom soit sacré,
    il est le Dieu puissant, le Dieu de la victoire !
    Les encensoirs fumeront et les fleurs en l’air
    se mêleront ; les filles feront leur voix aiguë,
    et la procession reviendra dans la rue
    vers quatre heures, quand le soir est encore clair.


                                           III

    Les ronces pendent dans le chemin, le vent passe
    dans les feuilles transparentes des peupliers,
    et dans le lavoir jaune il y a des laveuses,
    et souvent des linges à côté sont pliés.
    Les canards, les poussins jaunes sont dans la boue,
    les grillons chantent dans la haie, les moucherons
    au-dessus de l’eau volent en faisant des ronds.
    Les frelons volent et les petits enfants jouent.
     

                                           IV

    Le ciel est bleu. Les herbes près de l’eau sont bleues,
    et au soleil les maisons en chaux sont plus blanches,
    et les paysans suivent à long pas les bœufs
    et derrière la herse qui racle ils se penchent.
    Le vent souffle tout doucement sur le blé vert,
    mais je passe ennuyé devant toutes ces choses
    et sur les ajoncs qui piquent près des jardins
    et près des fermes bien fraîches où aboient les chiens,
    sur le farouche rouge et sur le trèfle rose.


                                           V

    Bien que je m’ennuie, moi, je veux retourner là
    quand je serai malade encore, voir des bûches
    dans les vieux jardins et secouer des lilas
    pour faire pleuvoir les hannetons, boire aux cruches
    sur l’évier frais, dans la cuisine qui sent fort,
    et rester seul avec moi d’un air doux et triste
    et puis me promener seul sans aller trop vite.


                                           VI

    Les nuages sont blancs, la terre grise est tiède.
    Devant la ferme l’évier frais sue en dehors ;
    cet évier est une pierre usée qui est froide
    même à midi, quand tout est chaud et que tout dort.
    Les lézards courent sur les briques des murailles
    dont les ongles peuvent enlever des morceaux.
    Il fait chaud, il fait chaud, il fait chaud, il fait chaud,
    et l’on s’égratigne les jambes aux broussailles.

                                           VII

    La terre se fendille et nous avons été
    cueillir de la mousse pour une croix de tombe ;
    elle était jaune et sèche et j’ai gratté
    pour l’arracher ; sur des flaques d’eau jaune tombent
    des feuilles, et au fond il y a des têtards.
    Dans les prés il y a des fleurs fines qui bougent ;
    les pies viennent en criant sur les chênes ronds,
    et sitôt que quelqu’un arrive, elles s’en vont.
    Vers sept heures tout le fond du ciel est très rouge.

                                          VIII

    Il y a sur la place un soleil chaud et blanc.
    Sur la place on entend des marteaux qui résonnent
    dans la forge noire et rouge : un retombement.
    Les poulets piquent le grain dans la paille jaune.
    L’herbe a poussé entre les pavés près des bancs
    où sont des femmes qui causent et qui s’arrêtent
    de bavarder pour regarder passer les gens.
    On dirait que les coqs ont du sang à la crête.

                                           I

    Il y a des roses sur le mur où il a plu ;
    et dans la haie aussi et les feuilles sont molles.
    Ce matin il y a du brouillard gris, et plus
    on regarde loin, il est épais. Il se pose
    sur le coteau au haut des feuilles des pins noirs ;
    il fait un peu frais, mais pas trop. Je viens de voir
    des laitières près du mur mouillé plein de roses.
     

                                           II

    Sur la route il y a un peuplier écorcé
    dont le bois blanc est un peu jauni par la pluie ;
    j’avais les doigts froids pour les y avoir passés.
    L’osier mouillé qui tient les portes des champs crie ;
    le foin du pré est couché ; dans la haie on voit
    des branches noires de bois sec pleines de gouttes ;
    une pie est posée sur le bord de la route,
    la pluie coule de la paille des chars et des toits.


                                           III

    Le temps est gris, sans nuages : les hirondelles
    poussent des cris dans le ciel gris, humide et froid
    et elles font des croix noires avec leurs ailes.
    Leur cri est aigu et long au-dessus des toits
    d’où la fumée sort doucement des briques rouges.
    L’intérieur des mansardes est noir et profond,
    et l’on ne peut pas voir ce qu’il y a au fond.
    Il commence à pleuvoir un peu à grosses gouttes.


                                                                 1889.

    Francis Jammes De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir

     

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  • Sonnet : Que j'aime le premier frisson d'hiver...

    Sonnet : Que j'aime le premier frisson d'hiver.....Alfred de MUSSET   (1810-1857

    Que j'aime le premier frisson d'hiver ! le chaume,
    Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
    Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
    Au fond du vieux château s'éveille le foyer ;

    C'est le temps de la ville. - Oh ! lorsque l'an dernier,
    J'y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
    Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
    (J'entends encore au vent les postillons crier),

    Que j'aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
    Sous ses mille falots assise en souveraine !
    J'allais revoir l'hiver. - Et toi, ma vie, et toi !

    Oh ! dans tes longs regards j'allais tremper mon âme
    Je saluais tes murs. - Car, qui m'eût dit, madame,
    Que votre coeur sitôt avait changé pour moi ?

    Alfred de MUSSET   (1810-1857)

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  • ROSE DE NOVEMBRE

    ROSE DE NOVEMBRE

    Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne,
    Quand elle sait déjà que ses jours sont comptés,
    Et que près de sa fin, généreuse, elle donne
    Encor plus de parfum qu'aux beaux jours de l'été.
    Dans le brouillard léger d'une aube de novembre
    Alors que les oiseaux ne savent plus chanter,
    Elle va défroisser sa robe d'or et d'ambre
    Pour s'offrir aux regards dans toute sa beauté.
    Mais un souffle de vent la blesse, la défeuille.
    Sitôt qu'il a séché ses larmes de rosée,
    Elle cache ses joues dans son écrin de feuilles
    Pour vivre encor un peu, encor une journée.
    Ô toi qui ne sais pas combien est éphémère
    La rose qui s'endort et va vers son trépas,
    Si tu passes près d'elle au jardin de ta mère,
    Je t'en supplie, enfant, non, ne la cueille pas.
    Laisse la retenir la vie qui l'abandonne,
    Suivre des vols d'oiseaux glissant dans le ciel clair.
    Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne,
    Qui se meurt doucement, aux premiers jours d'hiver.


    Renée Jeanne Mignard

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